I. BASILE (Saint). — I. Vie. II. Écrits. III. Doctrine
I. Vie. — Basile naquit à Césarée de Cappadoce, en 329. Sa famille était originaire du Pont. Lors de la persécution de Dioclétien, son grand-père et sa grand'mère paternels avaient vécu en fugitifs dans les forêts de cette province pendant sept années. Son père, nommé aussi Basile, fut avocat et professeur de rhétorique à Césarée. et eut d'Emmelie dix enfants, dont quatre sont partii-iilin .m. ni célèbres : l'aîné des fils, qui est notre lUi-ili . li-^mh-, futur évêque de Nysse, Pierre, futur .A. iin ili >/li.i-te, et la vierge Macrine. Basile étudia à CL^ar c Li iLJlurique et la philosophie. Il passa ensuite aux écoles de Constantinople. Il alla enlîn à Athènes, pour y compléter et y perfectionner son éducation. Dans cette ville il noua avec Grégoire de Nazianze une amitié qui devait durer toute leur vie. Il y connut un autre étudiant, le futur empereur Julien. Basile quitta Athène* vers l'âge de vingt-six ans, en 355. Revenu en Cappadoce, il professa pendant quelque temps la rhétorique à Césarée. C'est alors que, cédant aux conseils de sa sœur Macrine, qui vivait en ascète avec sa mérr devenue veuve et quelques compagnes dans un I. III liih f miilial du Pont, il résolut de se consacrai i 1^ que son ami Grégoire, il n'était encoi' Il II I le baptême des mains de Dianée, évéqii.- .1 II -Il ■ Ses pensées se tournèrent alors vers la vie monastique. Donnant l'exemple avec le précepte, Basile, pendant cette période de sa vie, se dépouilla peu à peu de ses biens, qui furent distribués aux pauvres.
Basile appartenait déjà au clergé, ayant reçu de l'évêque Dianée, peu après son baptême, le rang de lecteur. Après la mort de Dianée, les évêques réunis à Césarée, cédant à la pression populaire, étirent en 362 pour lui succéder le laïque Eusèbe. Celui-ci, désireux d'attacher à son Église, en' ce moment surtout où sévissait la persécution de Julien, un homme de la valeur de Basile, se hâta de l'ordonner prêtre. Mais des dissentiments s'élevèrent bientôt entre l'évêque et son nouveau
collaborateur, dont l'influence parait avoir excité sa jalousie. Basile quitta Césarée et regagna sa solitude du Pont. Cependant l'orthodoxie était de nouveau en péril, non plus par la persécution de Julien, mais par la fa- ■ veur que l'empereur Valens portait à l'arianisme. Précisément un voyage de Valens à Césarée était annoncé. . Grégoire de Nazianze réconcilia l'évêque et son prêtre, et, dans le courant de 365, Basile rentra à Césarée. Pendant cinq années, il y fut l'auxiliaire dévoué d'Eusèbe, C'est alors qu'il composa son second recueil de Règles monastiques. Il contribua efficacement à la réforme de la liturgie. Ses homélies sur l'Hexameron, sur les Psaumes, beaucoup de ses discours sont de cette époque. Son livre Contre Eiinome appartient aussi au temps de sa prêtrise. Lors d'une famine qui affligea la Cappadoce en 367 ou 368, Basile, que la succession de sa mère venait d'enrichir de nouveau, vendit encore une fois ses biens, provoqua des souscriptions, ouvrit des cantines populaires, et soulagea les affamés.
Malgré une assez vive opposition, Basile fut appelé en 370, après la mort de l'évêque Eusèbe, à le remplacer sur ce grand siège de Césarée, qui n'était pas seulement la métropole ecclésiastique de la Cappadoce, mais dont la juridiction parait s'être étendue sur cinquante suffragants, répartis dans onze provinces. Un an plus tard, le protecteur déclaré des ariens, l'empereur Valens, se dirigea de iiouveau vers Césarée. On connaît la célèbre réponse de Basile au préfet de la Cappadoce, qui, échouant dans ses efforts pour l'amener à se plier aux caprices religieux de son maître, s'étonnait de la liberté de son langage : « C'est que peut-être tu n'as jamais roncontré d'.'véqne. » Vis-à-vis de Valens, Basile montra II un m. In nu d'. sans oublier les égards dus au princn. I r.i|i|i J. i e^pect, l'empereur, qui à ce moment m. inr ]H 1 -Il iil lit cruellement les Églises orientales, n'osa rien entreprendre contre celle de Césarée. Mais d'autres soucis accablaient Basile. La Cappadoce avait été, en 371. divisée en deux provinces. Basile essaya vainement de faire rapporter cette mesure, qui humiliait et ruinait les habitants de Césarée. Anthime, évêque de Tyane, devenue la capitale de la Seconde Cappadoce, prétendit alors se substituer à Basile comme métropolitain de tout le territoire détaché de l'ancienne province. Basile, attentif à défendre les droits de son Église, crut s'assurer un utile auxiliaire en nommant son ami Grégoire évêque de Sasinies, bourg qui commandait les routes par où étaient apportés les tributs dus au siège de Césarée. Il y eut, à cette occasion, un pénible dissentiment entre les deux amis. Grégoire ne se résigna qu'avec peine à ncrviur l:i d'UM-cration épiscopale, protesta contre la ciDilimnl. ni.niile qu'il subissait, et recula le moment ili pi. min |hissession de son évêché, dont Anthime cul li- li-nip- ilr .s'emparer. Une transaction finit par intervenir entre celui-ci et Basile : on n'en connaît pas les détails, mais il est probable que l'évêque de Césarée céda à l'usurpateur tout ou partie de ses droits sur ce qui était devenu la Seconde Cappadoce.
Mutilée ou non, la province ecclésiastique confiée aux soins de Basile eut en lui un administrateur de premier ordre. Sous sa main ferme, qui corrigeait les scandales et même les bizarreries, les prêtres et les moines devinrent des modèles de régularité. Des abus, dont s'étaient rendus coupables certains chorévêques, furent réprimés. Basile ne se montra pas moins attentif à faire prévaloir vis-à-vis du pouvoir civil les immunités ecclésiastiques. Il réclama pour le clergé séculier et régulier l'exemption des impôts, et pour lui-même la juridiction sur les délits commis au préjudice des églises ou dans leur enceinte. Sa sollicitude s'étendit à tous les faibles. Nombreuses sont ses lettres demandant des exemptions ou des remises d'impôts, de charges, de redevances, en faveur soit de pauvres gens, soit même de bourgs ou de
BASILE :SAINT
villes, défendant des diocésains injustement accusés, suppliant un maître de pardonner à un esclave, un païen de se réconcilier avec son fils converti à la foi chrétienne. Il brave le péril et la calomnie pour protéger une veuve, qu'un magistrat, soutenu par le préfet de la province, veut épouser malgré elle. C'est surtout dans l'organisation de la charité qu'il manifeste son zèle. Dans chaque circonscription administrée par un chorévèque, il établit un hospice ; il construit à Césarée un grand établissement charitable, à la fois hôtellerie, hospice, hôpital, léproserie. Bien que cette fondation, qui ressemblait, dit-on, à une nouvelle ville, ait excité les défiances du pouvoir civil, Basile obtint un tel ascendant que, malgré leurs dissidences religieuses, Valens le chargea de rétablir en Arménie la concorde entre les évêques et de pourvoir aux sièges vacants.
Basile eut de chers et illustres amis, Grégoire deNazianze, Eusèbe de Samosate, Amphiloque d'Iconium. Mais il eut aussi des adversaires. Plusieurs de ses suffragants, envieux de son élévation, se dérobèrent à ses avances, et cherchèrent même à répandre des doutes sur son orthodoxie. C'est pour repousser un soupçon de ce genre, qu'il écrivit le traité Du Saint-Espi-it. Mais, parmi les défections dont il soull'rit le plus, fut celle d'Eustathe, évéque de Sébaste, qui avait été l'un des initiateurs de la vie monastique en Asie, et avec qui il entretint longtemps d'afl'ectueuses relations. La correspondance de Basile raconte en détail leur rupture, les imputations calomnieuses dont il fut noirci à cette occasion, en même temps qu'elle montre son courage à souffrir en silence. Plus pénible encore fut pour Basile le malentendu qui pesa longtemps sur ses rapports avec l'Occident. A diverses reprises, de 371 à 376, Basile et ses amis correspondirent soit avec les évêques occidentaux, soit avec le pape saint Damase, pour les prier d'intervenir dans les affaires de l'Orient, désolé à la fois par la compétition de Mélèce et de Paulin à Antioche, et par la diffusion de l'hérésie. Mais, à Rome et en Occident, on soutenait Paulin, tandis que les plus illustres orientaux; étaient partisans déclarés de Mélèca : on voyait aussi avec défiance certains ménagements, de pure forme, dont usaient souvent Basile et ceux qui marchaient avec lui, dans le but de ramener à l'unité les meilleurs des semi-ariens. « Damase, écrit à ce propos Mur Duchesne, était fort mal renseigné sur les alfaires religieuses de Syrie et d'Asie Mineure; servant à son insu certaines rancunes alexandrines, il se montrait trop favorable à de petites coteries et n'appréciait pas à leur valeur les grands évêques auxquels était dû, après tout, le mouvement qui ramenait l'Orient à la foi de Nicée. Basile essaya plusieurs fois de l'intéresser à cette réaction salutaire. On ne lui fit qu'un froid et décourageant accueil. » Duchesne, Églises séparées, -1896, p. 186. Cf. du même, L'Église d'Oi-ient, de Dioclélien à Mahomet, dans la Revue du monde catholique, ISS\; tirage à part, p. 17. Basile s'en plaint dans plusieurs lettres, avec une amertume dont l'expression parait quelquefois excessive. Ce fut un des épisodes douloureux de sa vie.
La mort de Valens, défait et tué en 378 par les Goths prés d'Andrinople, amena enfin la délente après laquelle soupirait liasile. Déjà même, dès les derniers mois de Valens, la persécution s'était ralentie. Une loi de son successeur Graticn rétablit la liberté religieuse. A Constantinople, les catholiques, opprimés depuis trentehuit ans, appelèrent, à la fin de 378, Grégoire de Nazian/.e à relever leur Église : la réponse favorable qu'il fit à leurs instances fut concertée avec Basile. Ce fut le dernier acte et la dernière joie de celui-ci. Bien qu'âgé de quarante-neuf ans seulement, Basile, épuisé par le travail, les soucis et les austérités, était près de sa fin. Il mourut le I" janvier 379. Ses funérailles à Césarée furent un Iriomplio.
Presque aussitôt après sa mort, on fêta publiquement cet anniversaire. Nous possédons deux discours prononcés en sou honneur le 1" janvier, l'un par son frère, saint Grégoire de Nysse, l'autre attribué plus ou moins exactement à saint Amphiloque. L'Église d'Orient a continué à faire, le 1" janvier, la fêle de saint Basile; depuis le ix« siècle, on trouve la commémoration de sa mort marquée à cette date par les 'martyrologes latins; mais sa fête, dés cette époque, se célébrait en Occident le 14 juin, comme on la célèbre encore de nos jours.
Les principales sources pour l'tiistoire de saint Basile sont ; ses propres ouvrages; les discours, ix, x, xi, xvin, et surtout xlhi, de saint Grégoire de Nazianze, P. G., t. xxxv, xxxvii; diverses letti-esdu même Père, et le poème Devitasua, P. G., t. xxxvi:; le discours de saint Grégoire de Nysse, In laudem fratris Basilii, son De vita Macrinie, et le 1. I de son Adversus Eimomium, P. G.,'t. XLiv, XLv; le c. cxvi du De viris illustribus de saint Jérôme, P. L., t. xxiii; quelques chapitres des Histoires ecclésiastiques de larien Philostorge, VII, «-13, P. G., t. Lxv; de Théodoret, iv, 19, P. G., t. Lxxxn'; de Rutîn, ii, 9, P. i., t. XXI, col. 517-520; de Socrate, iv, 26, P. G., t. LXVItl, col. 528- 536; de Sozomène, VI, 15 sq., P. G., t. Lxvii, col. 1329 sq. Voir la vie de saint Basile par Maran, P. G., t. xxix, col. iv-CLXxvii.
n. Écrits. — Comme on a pu le voir, saint Basile est surtout un homme de gouvernement et d'action. Aussi la plus grande partie de son œuvre écrite est-elle oratoire; une autre partie considérable est sa correspondance ; les livres composés à loisir, lentement médités, sont rares sous sa plume. II se montre métaphysicien et théologien quand les circonstances l'amènent soit à défendre le dogme catholique contre des adversaires, soit à défendre l'intégrité de sa propre foi contre des calomniateurs; mais la pente naturelle de son esprit semble le porter d'abord vers l'enseignement de la morale chrétienne, vers ce qui se traduit surtout en application pratique et en actes.
Dans L'Eglise et l'empire romain au iv siècle, t. iv, p. 230, M. de Broglie a mis en relief ce double aspect de saint Basile. Parlant de ses écrits plus spécialement dogmatiques, « dès qu'on y jette les yeux, dit-il, on se sent porté, pour ainsi dire, en pleine merde philosophie : le platonisme, le péripatétisme, l'éclectisme d'.\lexandrie, toutes ces variétés de la pensée métaphysique de l'antiquité sont évidemment familières à l'esprit de l'écrivain; il y emprunte à tout instant des idées, des explications, des définitions. Sur la nature divine, sur les rapports des diverses hypostases dont elle se compose, sur le rôle de chacun de ces éléments de l'indivisible Trinité, des lumières sont puisées tour à tour à ces foyers divers. Mais une philosophie du dogme propre à Basile, et suivie par lui dans toutes ses pensées, plus d'un commentateur l'a cherchée, trompé par ce nom de Platon chrétien que les contemporains lui avaient décerné. La recherche a toujours été infructueuse. Rien de semblable n'a été et ne sera trouvé. L'arme de la philosophie est entre les mains de Basile purement défensive. Quand les ennemis de la foi attaquent le dogme ou le dénaturent en vertu d'un argument tiré d'un système philosophique, Basile entre à leur suite dans le système qu'ils ont adopté, pour leur prouver que leur argument est sans force et ne porte pas la conséquence qu'ils en font sortir. Puis, une fois l'attaque repoussée, il entre dans la citadelle du dogme et la referme sur lui. « A propos de la partie oratoire de son œuvre, le même historien s'exprime ainsi : « Basile est le premier orateur qu'ait compté l'Église. Avant lui, Athana.se avait harangué les soldats de la foi, comme un général qui monte à la brèche; Origène avait dogmatisé devant des disciples; Basile le premier parle à toute heure,devant toute espèce d'hommes, un langage à la fois naturel et savant, dont l'élégance ne diminue jamais ni la simplicité ni la force. Nulle faconde plus ornée, plus nourrie de souvenirs classiques que la sienne; nulle pourt;int qui soit plus à la main, coulant plus naturelleuicnl de source, plus accès-
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sible à toutes les intelligences. L'élude n'a fait que lui préparer un trésor toujours ouvert, où l'inspiration puise, sans compter, pour les besoins du jour. Pour ce mérite de facilité à la fois brillante et usuelle, son condisciple Grégoire lui-même ne peut lui être comparé. L'imagination est peut-être plus vive chez Grégoire, mais elle se complaît en elle-même, et celui qui parle, entraîné à la- poursuite ou de l'expression qu'il a rencontrée, ou de l'idée qu'il entrevoit, oublie parfois et lai?si' ri, i;)ii i,,ii; r, Ini i|iii l'i'coute. La parole est encore un on..,, .1 ',1 ,iiL': pour Basile, elle n'est
quni, , ' i,i , |, i^n.'e, si bien ciselée qu'elle
soil, Il - i! ,iii 1 ,iii,,iur[ la pointe plus avant. Il y a du rhéteur souvent, et toujours du poète chez Grégoire. L'orateur seul respire chez Basile. » Ibid., t. v,
Fénelon avait exprimé les mêmes pensées d'une manière plus simple et encore plus forte : après avoir rapproché saint Jean Chrysostome et saint Grégoire, et dit de ce dernier i|u il est », plus concis et plus poétique.
à la persuasion », il ajoute ;4rave, sententieux, austère jirofondément médité tout i-i lil .1 fond les maladies ,1 ,1, ,iti-e pour le régime
■ '. III
Mh I ;,ivile est le seul des
mais un peu liquide saint Basil i même dans l.i ,li, ;,, ;, le détail de 1 h\aiiL;il, . ,i de l'homme, et c'esl un i , des âmes. » Dialogn- -
Mgr Batiffol fait oh^, 1 1 , r ,[ Pères à qui les Grecs aient donné le surnom de « grand ». Peut-être, ajoute-t-il, « faut-il voir là le bénétice que Basile a tiré de l'exceptionnelle maîtrise de son stvle. Photius, cod., Ul, 143, 191, P. G., t. cm, col. 420, 421, 633, le range parmi les écrivains de premier rang pour l'ordre et la netteté des pensées, pour la pureté et la propriété du langage, pour l'élégance et le naturel; Basile est pour lui l'écrivain classique. Les critiques modernes, moins sensibles à ces qualités de forme, se plaisent à admirer en lui l'équilibre de dons variés de spéculation, d'érudition, de rhétorique et de gouvernement. » Anciennes littératures chrétiennes : la littérature grecque, 1897, p. 286.
1» Écrits exéçiéliijues. — L'œuvre exégétique de saint Basile comprend neuf homélies sur l'Hexanieron, P. G., t. XXIX, col. 3-208. et treize homélies sur les Psaumes. Ibid., col. 209-494. Il va sons dire que le mot « exégèse » n'a pris i,'i !,. =..ii« nir.fl.-i-n.^ de critique des textes, mais celui '!,■ ,■,•;, i-, :ii.:;i- .-lin-'iix.
Li - ', ! , - - I // ,./o«, ou création du monde en six jniir-. Imii., I. I-Ji,. lurent prononcées par Basile, encore simple prêtre, pendant une semaine de carême, où presque tous les jours il prêcha deux fois: pour une cause que l'on ignore, il s'arrêta après avoir décrit l'œuvre du cinquième jour, et ne fit point le discours sur la création de l'homme, que saint Grégoire de Xysse composa plus tard, afin de compl'''ler louviMue de son frère. Dans cette série de discours, saint Basile s'attache surtout à faire le tableau de la création, en développant et en expliquant le texte de la Genèse. Il prend celui-ci à la lettre, et s'élève même en passant, Homil., III, contre l'abus des explications allégoriques de la sainte Écriture. Il rattache à son sujet d'excellentes leçons de philosophie populaire : soit que.
persoiiijili.i Dieu ; soit ( et le dinp,,
il oppose l'immutabilité de la parole divine
,Iictoires des philosophes, qui se dé-
utres; soit que, Homil., ii, il s'at-
qui soutenaient l'éternité de la
-ii's unostique ou manichéenne qui
liHnipi- mauvais pour l'opposer à
II,', llniiiil., VI, il signale la puérilité
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iuUDr.Jlomil.,
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tinct une image obscure de la loi naturelle et de la conscience morale, également exemptes d'erreur. Homil., IX. C'est ainsi que, de connaissances scientifiques fort imparfaites, comme étaient celles de son temps, Basile fait sortir le spiritualisme chrétien le plus élevé et le plus délicat. L'éloquence de ces discours est à la fois familière et brillante ; on y retrouve, dit M. Villemain, « le génie grec, presque dans sa beauté native, doucement animé d'une teinte orientale, plus abondant et moins attique, mais toujours harmonieux et pur. » Tableau de l'éloquence chrétienne au iv siècle, 1849, p. 114. Saint Ambroise a fait des homélies sur l'Hexanieron le plus bel éloge, en les imitant. P. L., t. xiv, col. 123-294.
Les homélies sur les Psaumes sont probablement, elles aussi, antérieures à l'épiscopat de Basile. Treize seulement sont considérées comme authentiques : celles qui se rapportent aux Ps. I, vu, xiv, xxviii, xxix, xxxii, XXXIII, XLiv, XLV, XLViii, Lix, Lxi, cxiv. Ce n'est probablement qu'une partie de son commentaire du Psautier. On en posséderait quelques autres débris, si les fragments publiés en 1888 par le cardinal Pitra, Analecta sacra, t. i, p. 76-103, sont authentiques. Dans les discours que nous possédons, Basile commente, verset par verset, le texte d'un psaume. Il en tire surtout des applications morales, et le fait quelquefois avec une grande hardiesse. C'est une série de prédications populaires, en partie improvisées, comme le commentaire de l'Hexanieron.
On compte encore, parmi les ouvrages attribués à saint Basile, un commentaire fort étendu des seize premiers chapitres d'Isa'ie. P. G., t. xxx, col. 118-666. Mais son authenticité est contestée. Saint Jérôme ne le cite pas. De viris illustribus, 116, parmi les ouvrages de saint Basile. Tillemont, Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique des six premiers siècles, a. 187 et note 85e sur saint Basile, t. ix, p. 292, 683, le croit authentique. Certains détails de ce traité font croire qu'il fut écrit dans la seconde moitié du i\' siècle, et probablement par un Cappadocien.
2° Écrits ascétiques. — L'ensemble des écrits ascétiques attribués à saint Basile, P. G., t. xxx, comprend : une sorte de préface générale sur la vie chrétienne, col. 620-625; un discours sur la renonciation au monde, col. 625-648; un discours sur la vie ascétique, col. 648- 652; un discours sur le jugement de Dieu, col. 653-676; un discours sur la foi, col. 676-692; un recueil de 80 préceptes de morale, r.fv.y.i, col. 692-869; deux autres 'a'oïoi àay.rj%i/.o\. i jI. .^C'.i-.^s,-; ; un recueil de 55 règles monastiques,',',, ,:. -/ :,.. col. 889-1052; un recueil de 313 règles iii,,ii , i: i . -. , -, v. y.x-' rèiToixr.v, col. 1052- 1305; une sorir de p.uikuliel monastique, È!ïi-i|i(a, col. 1305-1320; un recueil de constitutions monastiques, à<jy.y)Tixa\ SiaviEstç, col. 1321-1328.
Il s'en faut que tout soit authentique. Certaines piécei sont de bon aloi, comme les à<r/.-r,ity.a\ SiatifEtç, mais n'appartiennent pas à Basile. D'autres sont manifestement apocryphes, comme rèîiiTiijtx. Photius a possédé, cod. 144, 191, P. G., t. cm, col. 421. 4:33, un 'A(jxr,Tix'ov de Basile, en deux livres : le I" contenant le discours sur le jugement de Dieu, wEpi /.ptiiaToç Oeoj, et le discours sur la foi, Titpi •rturreu; ; le II' contenant les ■rfiiy.i, les Spoi xaTa ■nXi-o; et les ôooi y.ai' âmTojJiTiV. Beaucoup de critiques y reconnaissent le recueil des vrais écrits ascétiques du saint docteur. Il est certain qu'il composa un 'Aff/.-/iTixôv; saint Jérôme le dit dès 392. De viris illustribus, 116. Rufin donne de ce fait, en 397, une autre attestation, en adaptant librement, sous le titre commun de Regulie sancli Basilii episcopi Cappaclocise ad monachos, P. L., t. xxi, col. 483-554, les opoi xa-à Tt),à-o; et les ôpoi xa-' ixi-o[j.r,v. Il ne semble pas que contre cette tradition puisse prévaloir le passage de Sozomène, écrivant, au v» siècle, que « plusieurs
BASILE (SAINT
disent que IAuxtitixt, pjgXo; attribué à Basile de Cappadoce est d'Eustathe de Sébaste ». H. E., m, 14, P. G., t. Lxvii, col. 1080. Moins encore peut-on arguer (cf. Batiffol. Anciennes littératures chrétiennes : la littérature grecque, p. 255) contre l'existence de régies composées par saint Basile, d'un mot d'une de ses lettres, où il renvoie un futur moine « aux maximes des saints Pères et à leurs expositions écrites »; d'autant plus qu'il ajoute qu'il faut lui proposer ensuite tout ce qui peut lui apprendre l'ascétisme, montrant ainsi que d'autres enseignements ne sont pas exclus. Epist., xxiil, P. G., t. x.NXll, col. 295. On doit aller plus loin, et ajouter le témoignage direct de saint Grégoire de Xazianze; dans une lettre à Basile, il lui rappelle qu'alors qu'ils habitaient ensemble l'ermitage du Pont, ils travaillèrent en commun à composer « des règles écrites et des canons », ôpoi; YpasToU /.où xavôircv, Epist., VI, P. G., t. xxxvi, col. 30; dans son panégyrique de saint Basile, il dit que celui-ci, prêtre à Césarée, « donna de vive voix et par écrit des règles monastiques, » vonoOEatat ixovauTûv, ËYvpaîot TE xal aypaçoi. Oral., XLtli, 30, P. G., t. xxxvi, col. 5i2. Il est difficile de ne pas voir dans ces passages une allusion aux deux recueils de règles rédigés par Basile.
Le premier (ôpoi y.x-zk nXixo;, regulse fusius tractatm) est, comme le rappelle le prologue, du temps où Basile résidait « dans un endroit silencieux, à l'écart des bruits du monde », c'est-à-dire dans la retraite. Il se compose de cinquante-cinq régies, ou plutôt d'un résumé de cinquante-cinq entretiens sur les questions les plus importantes de la vie religieuse. Le second (ôpo; y.x-:' litiTOnv;, rcgulx brevitis tractalse) contient trois cent treize règles, beaucoup moins étendues, roulant à peu près sur les mêmes pensées que le premier, mais entrant davantage dans les détails; il reçut apparemment sa forme définitive dans le temps auquel saint Grégoire attribue les règles parlées et écrites données par saint Basile aux moines, c'est-à-dire pendant qu'il exerçait les fonctions sacerdotales à Césarée. Il faut remarquer que l'un et l'autre recueil ne sont que le développement des idées exprimées par saint Basile, dans une lettre où il décrit à son ami Grégoire la vie menée par lui dans le Pont avec les premiers compagnons de sa retraite. Epist., ii, P. G., t. xxxii, col. 223-
Ces règles (surtout les premières, ôpoi xatixXâTo;, où la pensée de IBasile se répand dans toute sa plénitude) donnent la forme de la vie monastique telle qu'elle se propagea vers celte époque en Cappadoce et de là dans toute l'Asie romaine. Basile ne recommande pas l'existence isolée de l'anachorète, qu'il considère comme périlleuse; il ne cherche pas à reproduire les grandes colonies religieuses, de plusieurs centaines d'individus, qu'il a observées en Egypte; il préconise les couvents de dimension médiocre, de population peu nombreuse, où chacun puisse connaître son supérieur et être connu de lui. Le travail manuel y sera obligatoire, mais coupé de prières communes, revenant à heures fixes : outre celles du malin (laudes) et de minuil (nocturne), cinq fois au moins dans la journée, à tierce, à sexle, à midi, à none, au crépuscule (vêpres), au commencement de la nuit (compiles; cf. Revue d'histoire et de littérature religieuses, 1898, p. 460), les moines devront se réunir pour louer Dieu. Des règles d'une extrême prudence sonl posées pour les cas, fréquents dans la société antique, où des hommes mariés demandent à être reçus dans le monastère, où des esclaves y cherchent un asile, où des parenls y prési-nlent leurs enfants. Basile semble aussi imposer aux moines de se dépouiller de leurs biens avant d'embrasser la vie religieuse.
Cependant, si détaillées qu'elles soient, les règles de saint Basile, par leur forme même d'entretiens, de queslions et di> ri'ponses, n'ont point la pn'-cision d'un code.
Elles posent surtout des principes. « La règle basilienne frappe surtout par sa discrétion et sa sagesse. Elle laisse aux supérieurs le soin de déterminer les mille détails de la vie locale, individuelle et journalière... En évitant de condenser toute la pratique de la vie religieuse dans un certain nombre de formules inflexibles, qui ne peuvent prévoir tous les cas et qu'il est toujours facile d'éluder, le prudent législateur s'approche doucement du moine, s'empare de lui, et l'enlace si bien à travers toutes les vicissitudes de son existence et les changements de son caractère, qu'il finit par le mettre et le maintenir tout entier sous le joug divin... A cause de cette discrétion, la règle basilienne s'applique aux femmes tout aussi bien qu'aux hommes. Les règles grandes et courtes s'occupent des relations qui peuvent exister entre les uns et les autres. Quelques-unes des petites sont faites uniquement pour les religieuses. » J.-M. Besse, Les nioines d'Occident antérieurs au concile de Clialcédoine, 1900, p. 90-91.
3» Écrits dogmatiques. — SaintGrégoirede Nazianze, dans son panégj'rique de saint Basile, Orat., XLiii, 67, P. G., t. XXXVI, col. 687, dit que l'illustre docteur composa « des livres pour réfuter ceux des hé'rétiques ». Il cite celui qu'il écrivit sur le Saint-Esprit, et renvoie d'un mot à « ses autres traités, » xa'.i a).).xi; llr^yfiniafi, sans donner sur eux d'explications. Nous possédons un seul de ceux-ci, les livres contre Eunome. Saint Augustin, Contra Jtdiatiuni, i, 16, P. L., X. XLiv, col. 650, attribue à saint Basile un ouvrage Contre les manichéens, qui ne nous est point parvenu.
L'écrit contre Eunome, 'AvarpETt-ixô; toj 'AwoXoyïitixoO To-j Ô'jC'tsSo;; 'Euvo(ji:'o-j, P. G., t. XXIX, col. 497-773, est antérieur à l'épiscopat de Basile. Celui-ci en parle dans une lettre au sophiste Léontius, £;««/., xx, P. G., t. XXXII, col. 286, écrite en 364. De cet ouvrage, les trois premiers livres seulement, sur cinq, sont de saint Basile. Les deux derniers ont été, sans preuves, attribués à Apollinaire. Cf. Voisin, L'apollinarisme, 1901.
Dans le I"' livre, Basile réfute la thèse principale contenue dans VAiJologeticus de l'hérésiarque (reproduit jP. g., t. XXX, col. 837-868), qui faisait consister dans le t'o à7£vvr,Tov slvai l'essence de la divinité, la réservant ainsi au Père seul, et la refusant aux deux autres personnes de la Sainte Trinité. Le II' livre démontre que le Fils, bien qu'étant « né », a la même substance et la même divinité que le Père. Le III« livre défend contre l'hérésiarque la divinité du Saint-Esprit.
Eunome répondit à l'ouvrage de Basile, dans une 'AvîoJ.OYia; à-noXoyia., aujourd'hui perdue. Philostorge, H. E., VIII, 12, P. G., t. Lxv, col. 565, raconte à ce sujet une fable : Basile, ayant lu ce livre, et se sentant incapable d'y répondre, serait mort de désespoir. Photius, cod. 138, P. G., t. cm, col. 416 sq.,nous apprend au contraire qu'Eunome, après avoir employé de longues années à la composition de sa réponse, renonça à la publier du vivant de Basile. Ce que l'on peut dire, c'est que Basile s'occupa souvent des thèses d'Eunomc. Le fond de la doctrine de celui-ci était l'absolu rationalisme. Il affirmait que la raison humaine peut connailre parfaitement l'essence divine, et c'est ainsi qu'ayant déclaré qu'en '< l'innascibilité » consistait celte essence, il en tirait des conclusions contraires à la divinité du Fils et du .Saint-Esprit. On n'est pas sûr que la lettre xvi, P. G., t. XXXII, col. 279-281, attribuée par les bénédictins au règne de Julien l'Apostat, par conséquent antérieure aux livres contre Eunome, soit de saint Basile. Certains critiques y voient un fragment du I. V de saint Grégoire de Nysse contre le même hérésiarque. L'auteur, quel qu'il soit, réfute ainsi les prélenlions rationalistes de celui-ci : Comment l'homme cunnaltrait-il la nature incompréhensible de Dieu, quand il ne connaît pas inéiiie celle de la fourmi'? Mais, en 375, c'est-à-dire vers la fin lie la vie de Basile, nous vovons l'évéque .le Ce-
BASILE (SAINT
sarée occupé à discuter à fond la thèse fondamentale des eunoméens ; répondant à des questions posées par Amphiloque au sujet delà doctrine de ceux-ci : « La vérité même, dit-il, est notre Dieu. C'est pourquoi la principale fonction de notre intelligence est de connaître notre Dieu, mais de le connaître comme la puissance infinie peut cMre connue par le tout petit. » Epist., ccxxxiii, col. 863-868. n Nous disons, écrit-il dans une autre lettre, que smuI connues de nous la majesté de Dieu, et sa IM1I-- m -, : ! sa^'esse, et sa providence, et sa
. a'JTTjV 7T1V o-jTiav...
La 1-1 . 1 ! .[ue Dieu est, non à connaître ce
qu'il csi, ',:. ^;t: i-);o;, o-jy\ -ci èo-ti. » Epist., CCXXXIV, col. 868, 869. Et précisant encore sa doctrine, dans la lettre suivante : « Dans la foi en Dieu, écrit-il, se trouve d'abord cette pensée, que Dieu est : nous l'apprenons des créatures. » Epist., ccxxxv, col. 872. Ces trois lettres peuvent être considérées comme un complément des livres contre Eunome.
Le second écrit dogmatique que nous ayons de saint Basile est son traité Z)« Saint-Esprit, Tltçii toO àvio-j nv60[j.aTo;, P. G., t. XXXII, col. 67-218. Il fut composé vers 375. C'est une œuvre de circonstance : Basile l'écrit pour sr ilifi'iiJiT. En ?•']. di- i niirmis l'accusèrent d'avoir. .Im- un (li-ri.iii-. juil- i-n lormes équivoques de la (Iniiiil- .In S,iiiil-t,~|ii il. S. i.ii -..ire de Nazianze, Epist. ,i\\\i, MX, /'. a., 1. xxwii, cof. 113-120. Trois ans plus tard, on l'incrimina parce que, concurremment à l'ancienne doxologie en usage dans l'Église de Césarée : « Gloire au Père par le Fils dans le Saint-Esprit, » il avait employé celle-ci : « Gloiro au P.' ic a\.c le Fils et avec le Saint-Esprit. » De Spinl'i S,i,iri.,, i. 3, P. G., t. XXXII, col. 72. Son ami Aiiii.l.il...[ii. - .\.'|iie d'Iconium, l'avertit des accusations qui, a e.' pi..]..;.-;, étaient répandues contre lui : à Amphiloque il dédia le livre composé pour y répondre.
Comme c'est d'abord une querelle de mots qui lui a été suscitée, il consacre plusieurs chapitres à disserter sur l'importance qu'il convient d'attacher aux mots dans les questions de théologie et de philosophie, comme aussi sur l'abus qui en est fait : puis, examinant sous toutes ses faces, discutant, démontant en quelque sorte la double formule qui a donné occasion à la controverse, et s'élevant constamment des mots aux idées, il en vient à exposer dans tous les détails la théologie du Saint-Esprit. Le livre se termine par deux chapitres d'une grande valeur historique : l'un, r.xxix, on il passe en revue tous ceux des Pères qui ont employé les expressions qu'on lui reproche, l'autre, cx.vx, dans lequel il expose, en paroles amères, l'état présent des Églises.
4» Discours divers. — Nombreuses sont les homélies prononcées, à diverses époques de sa vie, par saint Basile. Nous avons déjà rattaché à l'exégèse celles qu'il consacre à commenter le commencement de la Genèse ou les Psaumes. En dehors de e. - il. u\ -, on possède vingt-quatre discours con-i i : authentiques. P. G., t. XXXI, col. -163-1. ! ,. Il I i. I iil -e diviser en trois classes. Les uns, connue Ihounlie »ur la foi, l'homélie sur les premières paroles de l'Évangile selon saint Jean, l'homélie « contre les sabelliens, Arius et les eunoméens », xv, xvi, xxiv, pourraient être rangées parmi les œuvres dogmatiques. La seconde classe de discours, de beaucoup la plus nombreuse, a surtout pour objet la morale chrétienne, ri^iy.oî; "Aoyoi;xDcl wpxy.Tixo;;, selon l'expression de saint Grégoire de Nazianze, Orat., XLiii, 67, P. G., t. xxxvi, col. 585 : soit que Basile s'élève contre les retards apportés à recevoir le baptême (xiii), soit qu'il donne des conseils à ses concitoyens éprouvés par une famine (viii), soit qu'il démontre « que Dieu n'est pas l'auteur des maux » (ix), soit qu'il fulmine contre l'avarice ou traite de l'usage et de l'abus des richesses (vi, vu). Ces homélies abondent en traits
intéressants : elles reflètent les idées économiques de saint Basile et de son temps : elles s'élèvent contre d'épouvantables abus, comme la vente des enfants pour être esclaves par le père. L'homélie vi, où elle est dénoncée, a été librement traduite par saint Ambroise, De NebutheJe:raelita,w, 21-24, P. L., t. xiv, col. 731-756. Une autre homélie (xxii) est célèbre : c'est le « Discours aux jeunes gens sur la manière de lire avec profil les auteurs païens». Fénelon le résume ainsi : « Quand on a bien fait ces études, on en peut tirer un grand fruit pour l'intelligence même de l'Écriture, comme saint Basile l'a montré dans un traité qu'il a fait exprès pour ce sujet. » Dialogues sur l'éloriucnce, m. Une troisième classe d'homélies a trait à l'histoire des martjTS : elle comprend les panégyriques de quatre saints ou groupes de saints particulièrement honorés en Cappadoce : Julitta, Gordius, les quarante martyrs de Sébaste, Mamas (v, xviii, XIX, xxili). L'homélie xvii, sur saint Barlaam, a été attribuée à tort à saint Basile : elle est probablement de saint Jean Chrysostome. Les homélies de saint Basile sur les martyrs ont excité l'enthousiasme de saint Grégoire de Nazianze : « Quand je le lis, dit-il, je méprise mon corps, je deviens par l'âme le compagnon de ceux qu'il a loués, et je brûle de combattre comme eux. » Orat., XLiil, 67, P. G., t. xx.xvi, col. 585. Cf. Fialon, Étude littéraire sur saint Basile, Paris, 1861, p. 115-
5» Liturgie. — Saint Grégoire nous apprend que Basile, étant prêtre à Césarée, y régla « l'ordre des prières », eJxwv SiaxiEsi;. Oi-at., XLlii, 34, col. 541. On possède une liturgie attribuée à saint Basile. P. G., t. xxxi, col. 1630- 1684. Dans quelle mesure conserve-t-elle l'œuvre du saint docteur'? C'est ce qu'il est difficile de savoir. La seule chose que l'on puisse dire, c'est que Basile paraît avoir emprunté à l'Église d'Antioche l'usage des veillées saintes et des psalmodies à deux chœurs, qui de la même source se répandit dans tout l'Orient : quelques Églises, cependant, comme celle de Néocésarée, y furent d'abord réfraclaires. Epist., ccvii, P. G., t. xxxii, col. 764. La liturgie qui porte le nom de saint Basile, et dont le texte actuel est attesté dès le commencement du \i' siècle, est encore en usage à cerlains jours dans tous les patriarcats de l'Orient. Duchesne, Origines du culte chrétien, 1889, p. 70-72.
&» Corrr^poih-tnii.-r. — Les; iVIiteurs b.inédictins ont divisé .■!.'. 1 . ' I-., 1 . , Ml I i-]i,.ii.l m.,, de saint Basile : lettre? . . . . , . i.. -n il lïil .a., pi.'. 1. -lires écrites pendant sr:; li.iil iiiii.'.'- .1 .'pi^ciial ; L'ilres de date incertaine. P. G., 1. xxxii, col. 219-1112. On pourraiten faire d'autres divisions : beaucoup se rapportent aux affaires générales de l'Église ; d'autres ont trait à la vie monastique; quelques-unes sont de véritables traités sur la théologie et la discipline; un très grand nombre se rapporte à la multitude d'intérêts publics et privés que l'activité infatigable de Basile s'était donné la charge de protéger. Il est de fort belles lettres de consolation adressées à des parents ou à des époux en deuil. Il en est de fort touchantes écrites à des pécheurs, particulièrement à des religieux infidèles. « On ne peut rien voir de plus éloquent, dit Fénelon, que son épitre (xLvi) à une vierge qui était tombée. A mon sens, c'est un chef-d'œuvre. » Dialogues sur l'éloquence, m.
Quelques critiques ont douté à tort de l'authenticité des troisépîtres dites canoniques, CLXXXviii, cxcix, ccxvii, adressées à Amphiloque. Ce sont des réponses à des consultations de l'évêque d'Iconium. Peu d'écrits de saint Basile sont plus curieux. Elles nous initient à la discipline et à la casuistique du temps, et nous renseignent sur les règles de la pénitence canonique dans l'Orient chrétien du iv^ siècle.
Les bénédictins ont publié 366 lettres de Basile ou de ses correspondants. Sur ce nombre, plusieurs sont apocryphes : par exemple la correspondance avec Libanius,
BASILE (SAINT
Episl., cccxxxv-ccCLix, et la correspondance avec l'empereur Julien. Epist., xxxix-XLi, CCCLX. On a douté aussi de celle de Basile avec Apollinaire de Laodicée. Epist., CCCLXI-CCCLXIV. M. Drœseke, Apollinaris von LaocL, Leipzig, 1902, la croit authentique; M. Béthune-Baker, The meaning of Homoousios in the Constanlinopnlitiin cieed, Cambridge, 1901, hésite à se prononcer; M. Voisin, L'apoUinarisme, Louvain, 1901, la rejette comme apocryphe. Comme on le verra, ce sont des raisons de fond plutôt que de forme ou de tradition littéraire qui ont inlluencé, dans l'un ou dans l'autre sens, ces divers critiques.
Les œuvres de saint Basile ont été plusieurs fois imprimées, en 1520, 1528, 1532, 1535, 1551, 1618. La meilleure édition est celle des bénédictins, 3 in-fol., Paris, 1721-1730; les deux premiers volumes furent préparés par dom Gamier, le troisième par dom Maran. Ils sont reproduits, avec quelques additions, dans Migne, /*. G., Paris, 1857 (réimpression, 1886-1888), t. xxi.v-xxxii.
m. Doctrine. — Les caractères généraux de l'enseignement doctrinal de saint Basile nous paraissent suffisamment expliqués par l'analyse détaillée qui vient d'être faite de ses ouvrages. Nous signalerons spécialement quelques points principaux.
1" La raison et la révélation. — De sa polémique avec Eunome, telle que nous l'avons résumée, il résulte qu'à ses yeux la foi par la révélation, la raison par la contemplation des créatures, nous font connaître l'existence de Dieu, mais ne nous font point comprendre son essence. Cf. Fialon, Etude littéraire sur saint Basile, p. 136-145.
La révélation nous est transmise par deux voies, l'Écriture sainte et la tradition. Basile, dans le traité Du Saird-Esprit, s'élève à plusieurs reprises contre ceux « qui exigent à grands cris des preuves tirées des Écritures, et ne font aucun cas du téumiLniL:' n ciit
de nos pères ». C. x, P. G., t. xxxii I I I J l'rs dogmes et des enseignements gardés im i I Ji Jit-il, il y en a qui nous ont été transmis p-u I l.ciilun;, d'autres que nous avons reçus de la tradition injstérieuse des apôtres : les uns et les autres ont la même force pour la piété. » C. xxvii, ibid., col. 188. .\ la suite de ce passage, saint Basile énumère, à titre d'exemples, un certain nombre de pratiques venues, selon lui, de cette tradition, comme le signe de la croix, la coutume de prier en se tournant vers l'Orient, les paroles de la consécration au saint sacrifice, la triple immersion du baptême, les rites de l'extrême onction.
2" La Trinili'. — Pour faii-e Tici' aux hérétiques de
mysléredcl. lii ' h i il il ..lil démontrer, contre I ' ) ! • Il I ■ . !'i mi.i ti iii.ir I II r |iji' certains ariens, qu'un L'k u il \ a liui., pi i.-uiiiii., .iislinctes et non pas une seule et luèuie personne qui remplirait trois rôles distincts; contre les ariens, que le Fils est consubstantiel au Père et n'est pas sa créature; contre les cunoméens et les macédoniens, que le Saint-Esprit est l'égal des deux autres personnes, dont il procède, et qu'il n'est pas la créature du Fils.
1. La Trinité des personnes dans l'unité de nature. — Comme les autres Pères grecs, saint Basile considère directement dans la Trinité divine les personnes, et il montre qu'elles ont la même et unique nature divine et que les trois personnes ne sont qu'un seul Dieu. En Dieu, il y a trois hyposlases réellement distinctes, et ce serait une grave calomnie de laisser dire que quelcpies catholiques admettent une seule hypostase du Père, du Fils et du Saint-Esprit, tout en reconnaissant la distinction des personnes. Sabellius maintenait cette distinction et disait que Dieu est réellement nn en hyposla.se, quoiqu'il ail voulu iipoTo)7to-o -T'ia :/.',-,...;, se manifester dans l'Écriture sous les .iiili p nii li n.s de l'ère, de Fils et de Saint-Esprit." Si .1 ii< i(. h', i il, (|ueliiues-uns d'entre nous disent cpif |. Ii ii !■ I li- it
le Saint-Esprit sont un comme suppôt, êv' -û iîtoxîi- [jlIvw, en reconnaissant en même temps seulement trois personnes parfaites, -pix TtpoTuna -é'i.v.'x, ne sembleront-ils pas fournir une preuve irréfragable à la calomnie des ariens (qui prétendaient que les catholiques enseignaient que le Fils était consubstantiel y.aTi tt.v i<7t<S<7Ta(7iv)? » Epist., ccxiv, 3, P. G., t. xxxii, col. 788- 789. En 375, il avait écrit aux notables de N'éocésarée, Episl., ccx, 5, ibid., col. 776 : « Il ne suffit pas de compter les personnes différentes, il faut encore confesser que chaque personne existe dans une véritable hypostase. » Ceux qui rejettent les hypostases renouvellent l'erreur de Sabellius. C'est pour maintenir la formule des trois hypostases qu'il soutint constamment et avec force le parti de Mélèce.
La doctrine de l'illustre Cappadocien sur la Sainte Trinité était déjà exposée ainsi, dans une lettre de 360: « Il faut confesser Dieu le Père, Dieu le Fils, Dieu le Saint-Esprit, comme l'ont enseigné les divines Écritures et ceux qui les ont le plus profondément comprises. Quant à ceux qui nous reprochent d'adorer trois Dieux, que cette réponse suffise : nous confessons un .seul Dieu, non par le nombre, mais par l'essence, » êva (-)£ov 0-J Tw àptOfjiw, à),).à Tfj cp-Jo-Ei. Epist., XIII, p. G., t. x.\xii, col. 248. ■
Les trois personnes ont la nature divine et donnent ce qu'elles ont. Le Père, puisqu'il est Père, donne à son Fils toute sa nature et le Fils la transmet au Saint-Esprit. L'unité de nature résulte donc des processions divines. Elle résulte aussi de la communauté des opérations. Cf. Epist., CLX^sXix, 6, 7, P. G., t. xxxii, col. 692-693. Or le Verbe de Dieu est le coopérateur de Dieu dans la production des êtres matériels, Homil., m, in Hexaem.,^, P. G., t. XXIX, col. 56, et dans la création df riioniine. Homil., IX, in He.raem.,G, ilml . .ni jni n<:. |., ^,inl- Esçvii esliesouflle de Dieu 'l'n , :~ , Gen., 1,2, ou plutôt, suivant la M iiiii. I n , ; j i -sive du texte syriaque, qui rLchaull.ul ri [■■ cuiuLnl la nature des eaux comme un oiseau couve ses ujulset leur communique par sa chaleur la force vitale. Homil., il, in Eexaeni., 6, ibid., col. 44. Saint Basile caractérise encore mieux l'intervention des personnes ili\iiii-, il,ms la création des anges. Le Père est la cau-i |,i un.i.haK' de tout; le Fils, la cause opératrice, et le Snui-I -pi it, la cause perfectionnante. Toutefois les Uuis Inpuslasus ne sont pas trois principes ; il n'y a qu'un seul principe des êtres, opérant par le Fils, perfectionnant par l'Esprit. L'opération de chaque personne u'i'st pas imparfaite. Le Père opère par son seul \eiil,.i|i. mii^ il veut par le Fils; et le Fils agit avec I I' i i ni perfectionner par l'Esprit. Il faut C(jii-iiI i i m mile les trois : le Seigneur décrétant, le Veib. ui'er uii, i i£.sprit consolidant. De Spiritu Sanclo, 16, P. C, t. xxxil, col. 136.
Les trois personnes divines possèdent tellement l'unité de nature que la connaissance de l'une conduit l'intelligence humaine à la connaissance des deux autres. La "l'rinité des personnes ne détruit pas l'unité de nature, ni le dogme de la monarchie. En effet, les personnes divines ne sont pas subnuniérées, et les chrétiens ne comptent pas trois dieux comme font les païens. De Spiritu Sancto, 18, ibid., col. 148-153. Le saint docteur s'était demandé auparavant, ibid., 17, col. 144-, en quoi consisterait cette subnuméralion, et il rejette toute espèce de subdivisions. S'il y a en Dieu trois hypostases, nous ne reconnaissons pas trois dicu\. Le Père et le Fils sont distincts sous le rapport des propriétés personnelles; mais sous le rapport commun de la nature, ils sont un seul être. Comment n'y a-t-ll pas deux dieux'.' Parce que le roi et l'image du roi ne font pas deux rois, à puissance partagée, à gloire ilivisée. Le Fils est image de son Père par nature; et le Saint- Esprit est un, autant uni au Père et au Fils que l'unité
BASILE (SAINT
appado-
est propre à l'unité. C'est ici que le docteur cien rencontrait le mystère : Comment peut-il y avoir trois hj'postases en une unique substance? Eunome prétendait que le nombre trois introduisait en Dieu la multiplicité. Afin d'expliquer que trois hypostases ne constituent pas trois êtres, saint Basile écrivit une lettre sur la diflérence entre l'essence et l'hypostase. Epist., x.\xviii, P. G., t. XXXII, col. 325-8iO. Il étudie la question en philosophe et adopte la définition de rindi\i-Iii. (l'iiii'r par Amraonius, disciple de Porphyr. . il lie cette distinction. Distinguant
entiT ' , iiii^ . t le singulier, il déclare que l'es-
sencf I i> ii.i III .uncept du commun, et l'hypostase à celui du singulier. Il en fait l'application i\ l'iiisloire de Job, telle qu'elle est rapportée dans l'Ecrilure, et il assure qu'on n'errera pas en transportant cotte distinction dans le dogme trinitaire. Tout ce que nous penserons de l'essence du Père, nous le dirons du Fils et du Saint-Esprit; tous trois, par exemple, sont incréés et incompréhensibles, ilais si l'essence est commune, les hypostases sont distinctes. Saint Basile reproduit plusieurs fois cette distinction, et il fait consister la distinction des hypostases divines dans la paternité, la filiation et la puissance sanctificatrice. Epist., ccxiv, 4, P. G., t. XXXII, col. 789. Cf. Epist., ccxxxvi, 6, ibid., col. 88i. Par cette doctrine, l'évêque de Césarée conçoit en Dieu un mystère ineffable de communauté et de distinction : la différence des hypostases ne détruit pas le continu de la nature, et la communauté de substance ne confond pas les caractéristiques personnelles. Et il se sert de l'exemple de r.Trr-on-rifl qui. selon lui, est à la fois continu et divi-- . |h,iM iiir.comprendre d'une certaine manière quini un inr -nj.t est à la fois conjoint et distinct. Episl.. wxviii. 1. .'., ibid., col. 332-333.
2. Le Verbe. — Saint Basile a été toute sa vie le défenseur du « consubstantiel ». Au concile de Nicée, ditil, « les trois cent dix-huit Pères n'ont parlé que par l'inspiration du Saint-Esprit. » Epist., cxv, P. G., t. xxxil, col. 529. Quand le préfet de Cappadoce le somma d'obéir à Valens en supprimant du symbole le mot ôsj.ooJ<7ioî, il répondit « qu'il était si éloigné d'ôter ou d'ajouter quelque chose au symbole de la foi, qu'il n'oserait pas seulement y changer l'ordre des paroles ». Ses deux ouvrages dogmatiques et beaucoup de ses lettres contiennent la démonstration de la « consubstantialité » du 'Verbe. L'épitre Lit, P. G., t. xxxil, col. 393, expose les raisons qui ont fait adopter xb ôjioo-jdtov par le concile. Basile explique ailleurs pourquoi il ne peut être question, à propos du Père et du Fils, de « similitude » ou de « dissnnilitude », o'jTe ijiioio-/ o-jte àvôiioiov, mais seulement de « consubstantialité », -o 6i;.ooû(jiov. Episl., viii, ibid., col. 249.
Cependant, pour ne pas contrarier le mouvement qui entraînait les semi-ariens vers la foi de Nicée sans effacer encore leurs préventions contre le mot « consubstantiel », saint Basile se contente volontiers d'équivalents, pourvu qu'il ne puisse y avoir de doute sur le sens. Aussi déclare-l-il accepter l'expression « semblable en essence », ofioiov xat' oû<7e'av, à condition qu'on y ajoute : « sans différence aucune, » àuaoaXXaxTwç, comme signifiant la même chose que « consubstantiel », wçetç Ta-jTÔv Tw ojioo'jiriw çépoucrav. Epist., IX, ibid., col. 272. A-t-il été pins loin dans ses concessions de langage, et a-t-il vraiment écrit à Apollinaire que le mot « semblable sans aucune différence », fj toû àitapa'/.'/xy.rto: iu.oio'j çuvr), est plus convenable que le mot « riiii-nK^iintii I n, nàXXov ?,W£p T| TO-J OLioo-jcriou àpiiO'T:-. ' ; ' i ■ i XI, ibid., col. tlO'l. On comprend que d r c- llcni- . Mli.|ues aient hésiti' ;'i lui riltiiliiicr cette phrase, et aient des lors con-
sid' 1 i|ii'>i\ plie sa correspondance avec Apol-
lin.iii. \l,ii j.i iii-i 11-,, l'argument n'est-il pas bon, car, méinr iilli iii>. -liiit Basile, en ces délicates matières.
ne semble pas avoir toujours évité l'impropriété ou l'imprécision du langage. Cf. Revue d'histoire et de littérature religieuses, 1901, p. 534.
3. Le Saint-Esprit. — Sur la doctrine du Saint-Esprit, Basile ne s'est pas montré moins conciliant dans la forme, tout en restant aussi ferme pour le fond. Il considérait la troisième personne de la sainte Trinité comme « consubstantielle et égale en dignité », ôjioo-jiriov xïi ojiÔTiiiov, aux deux premières. S. Grégoire de Nazianze, Orat., XLiii, 69, P. G., t. xxxvi, col. 590. Le III« livre de son Contra Eunomium et le traité De Spirilu Sancto sont consacrés à l'établir. Le nom de Dieu, que ce soit un nom de nature ou d'opération, convient au Saint-Esprit, parce qu'il y a identité de nature et d'oporalion dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Episl., viii, 11, P. G., t. xxxii, col. 264-265; CLXxxix, 7, col. 683. Cependant il arriva à Basile dans ses prédications d'omettre à dessein le nom de Dieu en parlant du Saint-Esprit. Il employait alors des expressions équivalentes, afin de ménager des auditeurs dont la foi hésitante n'était pas encore soutenue, sur ce point, par une définition conciliaire. Cf. S. Grégoire de Nazianze, Orat., XLiii, 68, col. 588. Cette réserve trouva des censeurs. S. Grétroire de Xnzinnze, Epist., Lviii, P. G., t. XXXMI,
col. fi:;. s. i;,imI, . E,,;st., lxxi, P. G.^ i. xxxii, col.436. Attentif, il, III- 1 I t.it ilr crise où étaient alors les Églises d'Asie, :i ic.irtiT l.s obstacles du chemin des hommes de bonne volonté, il recevait dans sa communion tous ceux qui confessaient que le Saint-Esprit n'est pas une créature. Epist., cxiil, cxiv, P. G., t. xxxii, col. 525, 528, 529. Cf. Episl., cclviii, 2, col. 949. Sur cette conduite de saint Basile vis-à-vis des semi-ariens, voir'^les réflexions de M. de Broglie, L'Église et l'empire romain, t.\, p. -121-123.
En ce qui concerne la « procession » du Saint-Esprit, il suffit, croyons-nous, de lire sans parti pris les deux traités dogmatiques de saint Basile pour reconnaître que. dans son enseignement, la troisième personne de la Sainte Trinité procède du Père et du Fils, ou, selon la formule orientale, du Père par le Fils. Même si l'on ne se sert pas du texte contesté au concile de Florence par les Grecs, et reproduit seulement en note dans l'édition des bénédictins, JP. G., t. xxix, col. 655, note 79, la pensée de Basile ressort d'autres passages de ses écrits. Après avoir dit, dans l'homélie xxiv : « L'Esprit procède du Père, » m IlvsOijLa Ix to-j Ila-pb; êxîiops-jETai, il complète cette parole parla phrase suivante : « Le Fils est du Père par la génération, l'Esprit, d'une manière sacrée et mystérieuse, est de Dieu, » iù.X' à [ièv l'îô; ix ToO Ila-pb^ Yevvr,Twç, to 6k nv=*jp.a àppr,TCoç èx to*j 0so*j. P. G., t. XXXI, col. 616. « La bonté essentielle, la sainteté essentielle et la dignité royale, dit-il ailleurs, découlent du Père par le Fils un,ique sur l'Esprit, » f, çuoixr, àyaOïÎTïiç, xa\ 6 xavà çOatv àyia.rs\i.Oi, xa\ za paffàixbv dc|i(i)[ia ix Ilarpo; 6'ia to-j MovoyevoCç ItcI tô IIveû(j.a Sirixsi. De Spiritti Sancto, 18, P. G., t. xxxii, col. 153. Et encore : « L'Esprit est un, relié au Père par le Fils, et complétant par soi la glorieuse et bienheureuse Trinité, » £v Se xa\ -rb aytov HveOixa, xal aùrb [lOvaStxàiç ti!l'(-!£.XX6y.e.vo•^, Si' évb; TSoO Tû év"i IlaTpi (rjvairuôjnevov, xa'i 8i' éauTOÛ o-uiiitXïipoûv -niv îtoXuij|j.v^TOV xal jiaixapfav Tp.iSa. Ibid., col. 152.
Sur la doctrine trinil lii ilf - lint lï.isile, voir Th. de hégaon, Études de llir: , - -o- In sainte Tri-
nité, i" série, Paris. Is j i . -rliwane. Histoire
des dogmes, trad. Dcgeri. l'ui-. iiin:;, t. ii, p. 232 sq.; Revue d'histoire ecclésiaslique, Louvain, 1903, p. 687-
Baert, dans Acta sanctorutn, 1698, i lemont, Mémoires pour servir ù l'ins six premiers siècles, 1703, t. ix, 1721, dans Migne, P. G., t. xxix, cl.
ibid., col. ca\n-ccLXXv: Ceillier, II'
BASILE (RÈGLE ET MOINES DE SAINT
leurs sacrés et ecclésiastiques, 1737, t. VI, p. 66-433; A. Jahn, Bnsilius platonizans, Berne, 1838; E. Fialon, Étude liltéraire sur saint Basile, Paris, 1861 ; A. de Broglie, L'Église et l'empire romain au /i- siècle, 1866, t. v, p. 1-234; Bayle, Saint Basile, archevêque de Césarée, 1898; Venables, Basilius of Csesarea, dans Dictitmarij of Christian biography, 1877, t. i, p. 282-297; Bardenhewer, Les Pères de rEglise, leur vie et leurs œuvres, trad. Godet et Verscliaflel, Paris, 1899, t. Il, p. 69- 89; Paul Allard, Saint Basile (collection « Les Saints «), 4- édit., Paris, 1903. ,
P. Allard.
II. BASILE (Règle et moines de saint). — I. Vie monastique. II. Règle. III. .Moines de saint Basile.
I. Vie .MONASTiyiE. — S.iint Basile éprouvait un vif attrait pour la vie monastique. Il ne trouvait en Cappadoce aucun moyen de le satisfaire pleinement. Il entreprit un voyage à travers l'Orient monastique. Ce qu'il lui fut donné de voir et d'entendre à Alexandrie, en Egypte, en Palestine, en Célésyrie et en Mésopotamie, lui révéla toute la tradition des maîtres de la vie religieuse. Plusieurs de ses compatriotes voulaient, eux aussi, mener la vie des moines. Grégoire de Xa/.ianze était du nombre. Ils se retirèrent avec Basile sur les bords de l'Iris, dans une profonde solitude (vers ;i.')(i). Sainte Macrine, sœur de Basile, gouvernait une communauté de vierges sur la rive opposée du fleuve. Les aspirants affluèrent nombreux; ce qui nécessitai la création de plusieurs monastères dans le Pont. Le retour de Basile à Césarée (364|, après son ordination sacerdotale, provoqua en Cappadoce une semblable efllorcscence du monachisme. .4u moment de son élection épiscopale, les moines furent assez nombreux pour exercer une grande influence.
TUllemont, ^fénu)ires pour servir à l'histoire ecclésiastique, t. VI ; Allard, Saint Basile, Paris, 1898; dcœ Besse, Les moines d'Orient, Paris, 1900.
II. RÈGLE. — C'est dans son monastère des bords de l'Iris que saint Basile rédigea sa règle. Il eut pour collaborateur saint Grégoire de Nazianze. Cette règle se compose de deux parties : les grandes et les petites règles. Les premières comprennent cinquante-cinq interrogations et autant de réponses; il y en a trois cent treize dans les secondes. Celles-ci sont plus courtes; de là leur nom. Voir col. HT.
Le législateur a adopté la forme catéchistique. Le disciple interroge le maître. Le texte de la question, en entrant dans le corps même de la règle, précise le sens de la réponse. Cette méthode contribue beaucoup à la clarté de la doctrine. Toutes ces questions et réponses viennent d'un même auteur ; elles se complètent les unes les autres. On y reconnaît un même esprit.
Saint Basile suppose le monastère organisé matériellement. Aussi no pourrait-on avec le seul secours de sa règle reconstituer la vie monastique telle que la pratiquaient les moines de la Cappadoce. Ces observances furi'nt inculquées aux moines verbalement; elles se transmettaient par la tradition. Saint Basile laissait ainsi aux supérieurs une plus grande liberté pour les adapter :iux circonstances de lieux, de personnes et de temps. Il se Contente de poser des principes sûrs et lumineux, qui pourront éclairer les moines et guider leur conduite.
Le législateur s'efface complètement pour mettre son disciple à l'école des divines l-xritures; il répond à la plupart (les questions par un texte sacré qu'il complète soit au iiiciyi'ii d'une glose personnelle soit en le rapprochant iIm pass;i;;.s iiiialogues. La Bible reste ainsi le fondement (le la b'gisl.ition monastique, la règle véritable. L'œuvre de saint Basile frappe surtout par sa discrétion et sa sagesse. Le monachisme cependant ne perd rien de sa vigueur. On ne sauniit pousser plus loin la prati(|ue de l:i pauvreté religieuse, de l'obéissance, du renoncement et de la morl à soi-même.
Ui rcfcle basilieniie s'appli(|ue aux femmes loul aussi bien (|u'aiix hommes. Klle fut prompicment adopt(''e par
les monastères de la région. Rufîn, qui la connut pendant ses voyages en Orient, en fit une traduction latine, à la demande d'Urseus, abbé d'un monastère de l'Italie méridionale. Sans la moindre préoccupation de rendre exactement le texte primitif, il réduisit les deux règles en une seule : Régula sancU Basilii episcopi CappadociiB ad monachos, P. L., t. cm, col. 483-554, où on ne trouve que deux cent trois interrogations. C'est sous cette forme que saint Benoit l'a connue et qu'elle ligure dans le Codex regularum de saint Benoit d'Aniane. Elle fit partie des règles dont se servirent les abbés de la France mérovingienne aux v» et vi' siècles pour organiser leurs monastères.
On a faussement attribué à l'évêque de Césarée les Conslilutiones nwnaslicx, P. G., t. xxxi, col. 131i>li28, rédigées à une époque postérieure dans une contrée où es cénobites elles anachorètes étaient nombreux.
Les règles de saint Basile reçurent dans la suite de nombreuses additions, qui, sans modifier leur texte, en précisèrent davantage la pratique et les complétèrent par l'adjonction d'observances nouvelles. Les conciles et les patriarches de Constantinople ont enrichi de nombreuses ordonnances le corps des lois monastiques de l'Orient. Il convient de citer Jean le Jeûneur, Nicéphore et Photius. Les abbés de quelques monastères célèbres fondirent en un tout méthodique ces éléments épars de la discipline religieuse orientale, qu'ils eurent soin d'expliquer et de commenter. Les constitutions que saint Nil rédigea pour son monastère de Sainte- Marie de Chypre, celles de saint Théodore pour le monastère de Stoud'ion à Constantinople et de saint Alhanase pour le mont Athos sont les plus importantes; elles ont exercé sur le développement du monachisme oriental une grande influence. Les empereurs de Byzance, Justinien en particulier, légiférèrent souvent pour les moines. Un grand nombre de ces lois et de ces règlements sont aujourd'hui tombés en désuétude. Les monastères basiliens actuels en conservent assez néanmoins pour garder leur physionomie archaïque. Beaucoup parmi eux ont adopté des observances spéciales, mais elles ne suffisent pas pour établir entre eux des dilVérences comparables à celles qui distinguent les ordres religieux en Occident.
S. Basile, Regulœ fusius tractatm. P. G., t. XXXI, col. 889- 1052; ReguUe brevius trtictatœ, ibid., col. 1051-1506; Ascetica, ibid., col. 619-889 ; Pitra, Juris ecclesiastici Grxcorum historia et monumenta, Rome, 1864.
III. Moines. — Nous préférons ce terme de «loin^sde saint Basile à celui d'ordre. Le dernier laisserait supposer toute une organisation hiérarchique du monachisme qui n'a jamais existé en Orient. Le père Clavel, Antigiiedad de la religion y régla de san liasilio, Madrid, 1645, voudrait faire remonter jusqu'à saint Basile une organisation de ce genre. Les papes Libère, saint Damase et saint Léon auraient solennellement approuvé sa règle. La plupart dos monastères de l'Orient et de l'Occident l'auraient immédiatement adoptée. De là Ve\- Irême facilité avec laquelle les historiens basiliens inscrivent parmi les bienheureux do leur famille monastique tous les saints moines et moniales, qui ont vécu depuis le V" siècle. Saint Benoît lui-même appartiendrait à l'ordre de saint Basile. Dom Mennuti, Kalendarium sanclorum ordinis sancti Basilii. Ces prétentions, communes aux ordres religieux anciens, ne méritent aucune confiance.
La règle de saint Basile devint peu à peu là norme des monastères des églises suivant la liturgie grecque, dans toutes les contrées soumises à la domination byzantine, sans que l'on puisse fixer une date précise pour chacun d'eux. Leurs moines furent intimement mêlés à la vie de l'Église, j Raconter leur histoire ce serait faire riiisloirc des églises de l'Orient. Leur activité fut très
BASILE (RÈGLE ET MOINES DE SAINT
grande; aclivité intellectuelle, activité artistique, activité apostolique. Il sortit de leurs rangs des patriarches : Maximien, Eutychius, Jean le Jeûneur, Cjtus, Nicéphore, Méthode, Ignace, etc., pour le seul siège de Constantinople , et d'innombrables évèques. Même l'épiscopat finit par se recruter exclusivement dans les cloîtres du jour où le mariage se généralisa parmi le clergé séculier. C'est encore ce qui se passe de nos jours.
Les moines prirent une part très active aux discussions théologiques qui agitèrent les églises d'Orient, monophysisme. monothélisrae, alVaire des trois chapitres, question des saintes images. S'il y eut parmi eux de nombreux hérétiques, ils surent donner à l'orthodoxie ses champions les plus intrépides ; par exemple, saint Jean Damascène, qui lutta avec tant d'énergie contre les iconoclastes, s.iint .M;i\ii]]i>, le plus redoutable adversaire des niuiM'ilH 11!' -. -iint Théodore Studite, saint Etienne du monl S,init-Aii\,iice, saint Sabbas, higoumène du Stoudion. La perstcuUun iconoclaste fit parmi eux une légion de martyrs.
Les moines furent en Orient les propagateurs de la foi au milieu des pa'iens. Les peuples slaves qui habitaient par delà les froniières il. 1 Ijnpiiv v\ surtout ceux qui les franchirent plus il un. i i-, i . uunt d'eux l'Évangile. Saint Cyrille et saijii M. ii.,.,l. ~..jul les plus connus de ces moines apôtres, luus apportèrent aux nouveaux convertis, avec la liturgie grecque, la vie monastique, telle que la pratiquaient les basiliens. Les monastères devinrent nombreux et influents dans ces régions gagnées à la foi.
Les moines cultivèrent les lettres divines et humaines. Les défenseurs de l'orthodoxie, énumérés plus haut, furent, en même temps, les hommes les plus instruits de leur époque, des théologiens très estimés. Il y eut encore dans les monastères des chroniqueurs, tels que Georges le Syncelle, son ami Théophane (f 817) ; des hagiographes, dont la plume fut particulièrement féconde; des poètes et des hymnographes, qui ont enrichi de leurs compositions la littérature liturgique. Les plus connus sont le saint abbé Maxime de Chrysopolis, saint Théodore Studite et saint Romanos. Beaucoup parmi eux cultivèrent les beaux-arts, particulièrement la peinture et la miniature. C'est resté une tradition clière aux
graiiiU I :i>l. i. ~ !i:.sili.iis. La transcription des manu-
scril- .!,.ii I iiir .1.- ." .iipations les plus utiles des moiiii -. iMM.! III /il' '|ii il- \ mettaient, leurs principaux rnonaslLTL's liuii fiit pai po=>éder de riches bibliothèques, où les rnanijscrits étaient conservés avec un soin religieux. Même après des siècles, les bibliothèques monastiques de l'Orient rendent à l'activité intelligente et au savoir étendu des basiliens du passé un éclatant hommage. Les érudits modernes y ont fait de nombreuses découvertes et ils sont loin d'avoir épuisé les trésors qu'elles renferment. Les plus riches sont celles du Sina'i et du mont Athos.
Les progrès incessants de l'islamisme et l'affaissement de la vraie vie chrétienne qui suivit le schisme de Byzance ann'u.' 1. iil l'.riiii k-s moines basiliens une irrémédiable déciil' II. ' I II Li jiiJ nombre de monastères disparurent, d'anh. - -iil'-i-i. Ml l'HCore, mais en dépit des moines plus .'Il m "in- iii'iiil.reux qui les peuplent et d'une fidélité rigide à certaines observances, ce ne sont plus que des ruines morales. Ces monastères tiennent cependant une place très importante dans la vie religieuse des Églises orieiil.l'-. I..- [.lu- connus elles plus influents sont celui lin :. -n.: . lui de Saint-Sabbas en Palestine et le gr.jiii Il iii-l.res du mont Athos. Les basiliens soiil 1 : . i\ .11 (Irèce et dans les îles de rArcliii'.l, Il II \ I l'iiis dévie intellectuelle et apostolique daii- 1 ' - iu"ii,i-i, 1 1 s depuis qu'ils sont devenus la proie du .-..liiM.' \"ii ^:.INST\^•TI^■0PLE {Église de).
Lui l.i^liscr. .|ui ont suivi Constantinople dans son
schisme conservent une population monastique assez nombreuse. Les basiliens de Russie sont ceux qui méritent le plus de fixer l'attention. Voici la liste de leurs principaux monastères : Petchersky de Kiew, Saint-Serge de Troïtsa au nord de Moscou et Saint-Alexandre Xewski à Pétersbourg, qui portent le nom de laures, et Potchaïef en Volhynie ; ce sont les grands sanctuaires de la Russie. Il y a au-dessous d'eux un grand nombre de monastères de moindre importance. Ils tiennent une place considérable dans la constitution de l'Église orthodoxe. Voir Russie.
Dans le mouvement de retour à l'union avec Rome, qui faillit anéantir le schisme chez les Ruthènes, les moines eurent un grand rôle à jouer. Leurs monastères réformés par Buslri et saint Josaphat furent les instruments dont Rome se servit pour reprendre contact avec ces églises. Le partage de la Pologne et la politique des tsars a fait repasser au schisme la plupai-t des basiliens ruthènes. Ceux de la Galicie, soumis à l'empire d'Autriche, avec leurs confrères de la Hongrie, conservent encore leur fidélité au souverain pontife. Les premiers forment une congrégation, sous le vocable du Saint-Sauveur, avec 14 monastères; les seconds en forment une autre, composée de 7 monastères. Léon XIII a fondé à Rome le collège gree-ruthène près de l'église des Saints- Serge et Bacchus et l'a donné aux basiliens.
Les grecs unis possèdent en Orient un certain nombre de monastères basiliens distribués en trois congrégations gouvernées par un abbé général : celle du Saint-Sauveur, fondée en 1715, avec 8 monastères, 21 hospices et 400 religieux; celle d'Alep, avec 4 monastères et 2 hospices, et celle des valadites avec le même nombre de monastères et 3 hospices. Ces deux dernières sont répandues dans le Liban.
Les basiliens ont eu en Occident de nombreux monastères, surtout en Sicile et dans l'Italie méridionale. La fondation de la plupart d'entre eux remonte au temps de la persécution iconoclaste et de la domination des princes normands. Toutefois, ces princes, après avoir accordé quelques privilèges aux moines grecs, ont cherché à les remplacer par des bénédictins. Le changement de leur conduite à l'égard de? basiliens s'explique par leur attachement au saint-siège et au rite latin et aussi par leur antagoiiisinc politique avec la cour de Byzance. Le mmia^t. Il .|. l;..--:.].... 1 un des plus célèbres, consei-\a |.'i.i' iii|'- I'- iH' il! lires traditions littéraires de
Byzaii..', ^l'i"' siH'i.'iii I teur, à l'abli.' - nul ll.irll Néophytas. Olni .1. ^m moins célèbri'. Suni-^ni
rata, dans les Kl il- ( i
Le retour éphémère dis quelque vie à ces mona-l.
cile de Florence. Ils 1" i Byzantins vers l'Occiduul
lut .\"il le jeune, son fonda- 1' niy et aux moines Paul et Nicolas dOtrante n'est pas iir lie Messine et Grotta Fer- ..iu\. furent aussi illustres.
' .- a l'imilé romaine donna .s ii.liniis au temps du conli. I. I' ni il'' l'émigration des ipin- la prise de Constantinople. .\ussi voit-on leur nom figurer avec une certaine dignité dans l'histoire de la Renaissance. Le cardinal Bessarion, abbé coramendataire de Grotta Ferrata, et protecteur de tous les basiliens, ne négligea rien de ce qui pouvait stimuler leur vie intellectuelle et mettre à profit les trésors littéraires enfermés dans leurs bibliothèques.
Le relâchement fut profond dans ces monastères au xvp siècle. Pour y remédier, Grégoire XIII entreprit une réforme (1573). Les monastères italiens formaient les trois provinces de Sicile, de Calabre et de Rome. Ils suivaient la liturgie grecque avec des usages empruntés à la liturgie latine, telle la consécration du pain azyme. Quelques monastères obtinrent du souverain pontife de suivre intégralement la liturgie romaine. Il n'y avait plus que 22 abbayes en Sicile, 13 dans le royaume de Naples et quelques-unes dans les Étals pontificaux, à la fin du xviif siècle. Elles ont presque toutes disparu dans les
459 BASILE (RÈGLE ET MOINES DE SAINT
BASILE D'ACHRIDA 460
révolutions du siècle suivant. Grotta Ferrata est le seul monastère ayant quelque célébrité.
L'ordre de saint Basile eut plusieurs maisons en Espagne, suivant la liturgie latine. Elles se recrutaient parmi les Espagnols, et reconnaissaient l'autorité du supérieur général résidant à Rome. Elles formaient les deux provinces de Caslille et d'Andalousie. Le frère Mathieu délia Fuente fonda, vers 1557, la congrégation réformée de Turdon, au diocèse de Cordoue. Ces menas- I tères espagnols ont complètement disparu.
Qavel, Antiguedad de la religion y régla de San Basilio, 1645; Heimbucher, Die Orden und Kongregationen der katUolischen Kirche, 1896, t. I, p. 44-49; Hélyot, Histoire des ordres religieux, 1792, t. i; Lenormant, La Grande Grèce, Paris, 1881, t. II ; Marin,tes moines de Constantinople, Paris, 1897 ; Batiffol, L'abbaye de Bossano, Paris, 1891; Leroy-Beaulieu, L'empire des tsars, Paris, 1889, t. m, La religion.
J. Besse.
2. BASILE, archevêque de Novgorod (1330-1352), écrivit en forme de lettre à Théodore, évèque de Tver (1347), un traité où il développa longuement ses théories sur le paradis. Cette lettre, intitulée : Le paradis /leurissant sur la terre, esta la fois un des monuments de l'ancienne littérature russe et un ouvrage dont la lecture a toujoursété agréableà la foi naïve des moujiks. Selon Basile, les justes, après leur mort, ne montent pas au ciel. Ils continuent à demeurer ici-bas dans un Éden que des marchands de Novgorod ont rencontré sans réussir néanmoins à y pénétrer. Ce ne sera qu'après le second avènement du Christ que les saints monteront au ciel spirituel, appelé ainsi par opposition à celui où ils resteront jusqu'à la fin du monde. Basile confirme ses assertions par des récits tirés des livres apocryphes et des traditions populaires. Il est vénéré comme saint, le 4 octobre, par l'Eglise orthodoxe russe.
Zdravomyslov, Les prélats de l'éparchie de Novgorod depuis les temps les plus anciens jusqu'à yios jours, Novgorod, 1897, p. 21-22; Macaire, Histoire de l'Église russe, t. v ; Ignace Malychev. Courtes biographies des saints russes, Saint-Pétersbourg, 1875 ; Bouslaev, Chrestomathie russe ; monuments de l'ancienne littérature russe, Moscou, 1870 ; Andréievski, Lexique encyclopédique, Saint-Pétersbourg, t. x, p. 582 ; Philarèle, Aperçu de la littérature ecclésiastique russe, p. 70; Dobroklonski, Histoire de l'Église russe, t. i, p. 234-235 ; Znamenski, Histoire de l'Église russe, p. 122 ; Arsénicv, Lexique des écrivains de la première période de la littérature russe, Saint- Pétersbourg.
A. Palmiebi.
3. BASILE, archevêque de Séleucie, en Isaurie, depuis l'an 431, a joué dans l'atTaire de l'eutychianisme un rôle équivoque et terni sa réputation par son inconséquence. Au sein du concile de Constantinople de 448, il avait, comme saint Flavien, excommunié Eutycliès et anathémalisé la nouvelle hérésie. L'année d'après, au Brigandage d'Éphcso, soit légèreté d'esprit, soit phitût peur de Dioscore, il adhéra au monophysisme et vota la réhabilitation d'Eutychès en même temps que la déposition de saint Flavien. Mais, dans le concile de Chalcédoine de 451, il prévint la déposition dont il était à son tour menacé, en souscrivant la lettre dogmatique de saint Léon le Grand et en condamnant Eutychès et Dioscore. Il ne sortit plus dès lors du sentier de l'orlhodoxie. Nous possédons, dans Mansi, Cnncil, t. vu, p. 559-503, le texte latin d'une lettre synodale que Basile écrivit en 458 à l'empereur Léon l", pour soutenir l'autorité du concile de Chalcédoine et protester contre l'intrusion récente du monophysitc Timothée .Elure sur le siège d'Alexandrie. Basile mourut dans les premiers mois de l'an 459.
Il nous est resté de lui, outre la lettre synodale susmentionnée, d'une part, 41 discours, ).4yoii sur des passages de l'Ancien et du Nouveau Testament, P. G., t. Lxxxv, col. 27-474; d'autre part, une histoire en deux livres et en prose de la vie et des miracles de la prétendue prolomarlyre sainte Thècle, P. G., ibid., col.
DICT. DE IllÉOI.. CATIIOl..
474-618, récit auquel les Actes apocryphes de Paul et de Thècle ont servi de canevas et dont plus d'un critique a dénié à Basile la paternité. L'origine de quelques discours, celle notamment du Il«, du 38', du 39« et du 41«, parait très suspecte. Ces questions d'authenticité, aussi bien que la théologie de Basile, mériteraient une étude approfondie. Photius, qui connaissait quinze de ces discours, y reprend, Bibliolh., cod. 168, P. G., t. cm, col. 491, l'abus de la rhétorique, le luxe des métaphores, une allure parfois théâtrale et, par suite, le manque de simplicité et de naturel. L'exégèse biblique de Basile semble calquée sur celle de saint Chrysost -
Basile, au dire de Photius, ibid., avait célébré en vei les œuvres, les combats et les riomphes de sainte Thècle. Ce poème depuis longtemps est perdu.
Héfélé, Hist. des conc, trad. franc., t. î, p. 512, 521, 523, 531, 560, 566 sq., 571 ; t. m, p. 21, 28, 30, 47 TiUemont, Mémoires, t. XV, p. 340-347; Fabricius, Bibliotlieca grxca, édit. Harless, t. IX, p. 90-97, et P. G., t. LXXXV, col. 9-18; Fessier, Imtitutiones patrologix, édit. lungmann, Inspruck, 1896, t. il b, p. 290-293 ; Bardenhewer, Les Pères de l'Église, trad. franc., Paris, 1899, t. m, p. 5-7.
P. Godet.