Humanae natui-œ subli- L'élévation de la nature hu
matio et exaltatio in consortium maine et son exaltation à la divina; naturœ débita fuit inte- participation de la natm-e diiiiitati primœ conditionis, et vlne étaient dues à l'intégrité proindf iialur.alis dicenda est, de son premier état; aussi l'tirii-iii.i 11, iim.ili-. Déprima doit-on l'appeler natm-elle, et /,..,/y,. ,: ' 1 I ^ . VI. quant non pas surnaturelle.
nu -. Il ;/."'. ' |i 92. L'intégrité de la première
•2(;. liih^riia- iiiina; creatio- ci'éation n'était pas une élévanis non fuit indeljita hunianœ tion gratuite de la natui-e hunatui-ae exaltatio, sed naturalis maine, mais bien sa condition ejus conditio. Ibid., c. iv. naturelle.
La proposition 21», prise textuellement, ne se trouve pas et ne peut pas se trouver dans Baius, puisque dans son système il n'y avait ni élévation, ni exaltation proprement dite de la nature humaine; mais le docteur lovaniste se sert de l'expression integritas primœ ci-eationis, et comme il avait établi que cette intégrité comprend, comme premier élément, l'inhabitation du Saint- Esprit avec tous les dons qui s'y rattachent, la rédaction de la bulle substitue aux termes de Baius leur équivalent théologique et me ainsi en relief la portée de sa
doctrine, en montrant qu'elle revient à ceci : ce qu'on appelle communément élévation de la nature humaine et son exaltation à la participation de la nature divine n'est, au fond, que l'état normal de la nature humaine sortant des mains du créateur. La proposition 26«, portant sur l'intégrité de la première création, est plus générale, car, d'après Baius, cette intégrité renfermait non seulement la justice intérieure, mais encore l'exemption de la concupiscence. Ainsi entendues, les deux assertions se rattachent intimement à l'idée fondamentale de l'auteur : l'homme étant naturellement destiné à la pleine connaissance et à la parfaite possession de Dieu, les dons de l'intégrité lui étaient dus, comme moyens proportionnés à cette fin, et dans le même sens, ils lui étaient naturels. Dès lors, plus de grâce qui soit une élévation de la créature raisonnable au-dessus de son état et de son rang; la grâce se trouvera seulement dans l'état de la nature déchue, où l'homme aura perdu le droit aux dons primitifs, alors aussi l'élévation de la nature humaine pourra s'appeler en nous surnaturelle, « comme la vue serait appelée surnaturelle en ceux qui devraient à la vertu divine de la recouvrer miraculeusement. » La comparaison est de Baius dans son apologie à Pie V. Baiana, p. 92. Il y soutient nettement la doctrine contenue dans les propositions 21 >■ et26«, en se référant surtout aux témoignages anciens où les dons primitifs sont dits naturels.
Baius se trompait en supposant que l'union à Dieu par la vision intuitive et la possession immédiate étaient nécessairement la fin dernière de toute créature raisonnable; en cela il faisait une confusion entre la question de fait et la question de droit. Mais il se trompa surtout dans les conséquences qu'il tira de cette supposition et dans l'exégèse des témoignages anciens qu'il avait invoqués. Il aurait dû remarquer que le terme naturel se prend dans des sens très différents. On donne parfois ce nom à ce qui se trouve en nous dès notre naissance, alors même qu'il ne s'agit ni d'une partie constitutive ni d'une propriété essentielle de notre nature; c'est en ce sens que saint Paul dit que nous sommes par nature enfants de colère, natura filii irai. Eph., Il, 3. On appelle encore naturel tout ce qui est convenable à un être, tout ce qui le perfectionne, par opposition à ce qui- le diminue et le dégrade; ainsi la vertu est naturelle à l'homme, et le vice, contre nature. Mais on donne plus strictement le nom de naturel à ce qui appartient en propre à un être considéré dans ses éléments essentiels et les propriétés ou exigences qui en découlent. Les témoignages anciens que Baius invoquait, s'expliquent dans les deux premiers sens; leur donner la troisième signification, c'était en dépasser la portée réelle; c'était méconnaître tous ces autres témoignages des Pères, saint Augustin compris, où ils appellent grâce les dons de la justice originelle et nous montrent en eux des biens d'ordre supérieur et divin, qui dépassent en eux-mêmes les forces et les exigences de notre nature. Bellarmin, BefutoLtio Baii, ins., fol. 150 sq. ; De gratia primi hominis, c. v-viii ; Ripalda, Adversus Baium, disp. V; Casinius, Quid est homo sive controversia de statu purie naturx, ¥ édit., Mayence, 1862, a. 1, 6, 7; Palmieri, De Dec créante et élevante, th. XXX sq., Rome, 1878.
Aussi, quand on lui soumit la doctrine de Baius relative aux dons de la justice originelle, l'université de Salainanque émit ce jugement : « Bien que l'intégrité de la première création et les dons conférés au premier homme dès le début de son existence puissent s'appeler naturels, en ce sens qu'ils lui furent comme innés et qu'ils devaient se transmettre avec la nature aux descendants d'.\dam, si celui-ci avait persévéré dans l'état d'innocence; toutefois, en affirmant que ces dons étaient dus à la nature humaine, et en niant qu'on doive les appeler surnaturels, la proposition est erronée. » Après
BAI us
la bulle de Pie V, les docteurs de Louvain professent la même doctrine dans leur corps de doctrine, c. ii; ils donnent à la justice originelle le nom de grâce, dans le sens de don gratuit et de bienfait non dû à la nature, quia gratuittini munus et indebitum naturx beiiefichir», et, parlant de l'élévation du premier homme à la participation de la nature divine, ils en fondent la gratuité sur ce que « ni la condition de la nature humaine ni l'intégrité d'un simple état d'innocence n'exigeait un si liaut degré d'honneur et de gloire ». Baiana, p. 163. Il faut donc conclure que la vocation effective du premier homme à la justice originelle constituait une élévation réelle et gratuite de la nature humaine au-dessus de son état et de son rang, et qu'elle n'était nullement sa condition naturelle.
Plus tard, on tenta d'éluder la censure en séparant les idées de surnaturel et de gratuité. Le pape, liton dans les Hexaples et autres livres jansénistes, le pape aura voulu condamner ceux qui prétendaient, à l'exemple de Luther et de Calvin, que l'amour de Dieu et la justice originelle n'étaient pas en Adam des grâces distinguées de la nature, que c'étaient des propriétés qui découlaient naturellement de son être, et qui lui appartenaient, comme le froid appartient à l'eau, et la santé appartient aux corps des animaux formés de la main de Dieu. De là cette proposition de Quesnel, où il conserve l'idée, ou du moins le mot de grâce par rapport à la personne, et rejette le caractère de gratuité par rapport à la nature : Gralia Adanii erat sequela creationis, et erat débita natwx sansi et integrœ. Denzinger, Knchiridion, n. 1250. C'était fausser la censure de Pie V, qui tombait sur la doctrine de Baius entendue dans le sens de son auteur; car celui-ci, en appelant naturels les dons primitifs, n'entendait nullement dire qu'ils fissent partie intégrante de la nature humaine ou qu'ils en découlassent comme propriétés physiques, il prétendait seulement que l'intégrité de la première création les exigeait. En un mot, il afiirmait ce qu'on peut appeler le naturel d'exigence, et non le naturel de constitution. La proposition de Quesnel fut condamnée, comme l'avaient été celles de Baius. Le synode janséniste de Pistoie n'en reprit pas moins la même erreur, c-ii traitant de cet état d'heureuse innocence où se trouvait .\dam, état comprenant, outre l'intégrité ou exemption de concupiscence, la justice intérieure avec l'union à Dieu par l'amour de charité, et la sainteté primitive en partie restituée après la chute. Pie 'VI, dans la bulle Aucloi-em fidei, qualifia cette doctrine de fausse, déjà condamnée dans Gains et dans Quesnel, erronée et favorisant l'hérésie pélagienne, falsa, alias daninata in Baio cl QuèsncUio, erronea, f avens hieresi pelagianse. La raison de cette nouvelle condamnation, c'est que, prise dans son ensemble, la doctrine du synode insinuait ((ue cet état était une conséquence de la création, qu'il ne constituait pas un bienfait gratuit de Dieu, mais était dû en vertu des exigences naturelles et de la condition de la nature humaine, debitum ex nalwali ej-igenlia et conditione humanœ naluric. Denzinger, Encliiridion, n. 1379. L'Église proclamait ainsi sa propre doctrine sur le caractère strictement surnaturel des dons primitifs, et le sens où celle de Baius avait été condanméc. C'est un commentaire authentique des propositions 21' et 26".