‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 232 sur 741 · BÉNÉDICTION NUPTIALE · texte numérisé non relu

BÉNÉDICTION NUPTIALE

niatnmonium conjungo, in nomine Patris ^ etFilii et Spiritus Sancti. Amen. Ou bien qu'il se serve d'autres paroles selon le rite reçu de chaque province. Ensuite qu'il les asperge avec l'eau bénite. »

Ce n'est qu'au moyen âge qu'on voit paraître la formule Kgn vos cnijungo, dans quelques liturgies. D'après Maiiiii.'-, /l'C. .'/,,,■. l'x, a. 3, n. 6, p. 608, elle n'est guère anhrnnii ,111 w ^i.•cle. puisqu'on ne la trouve ni dans le rilu'l li.- I .diliivr du Bec, ni dans celui de Bourges, ni dans le missel de Paris, ni dans les pontificaux de Sens, de Lyon, d'Amiens, qui .sont à peu près de l'an 1400. Parmi les quinze documents liturgiques antérieurs au xvi« siècle que publie cet auteur, loc. cit., p. 614- 664, un seul renferme la formule en question, et c'est le plus récent : ordo .\v, rituel de Milan, loc. cit., p. 649. Les théologiens qui ont considéré la bénédiction Ego vos conjungo comme la forme du sacrement de mariage, conviennent eux-mêmes que l'emploi de ces paroles ne remonte pas à une date très éloignée. L'un d'eux, Gibert. qui p«I du yvin' =iécle, .'■crit: <■ La forme Ego

de rE'ilise .SI , t. I, p. 206.

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Les autres formules auxquelles font allusion le concile de Trente et le rituel romain, assez nombreuses autrefois, mais presque parlout remplacées aujourd'hui par la fornmle romaine, présentent des différences appréciables dans les termes sinon dans le sens. Nous relevons les suidai, Ir. ,l,n.I-.inwai;r eil.- .Ir .Marlriif. Missel de Renne-, \i m. vL^ : /),■,, s Ahm/,.:,,,. Ih',is l.^i,,.-.

DeuS Jacob, i;-^'- >■<•■< ,.,,,/,,,,,;,,/, i m iilr.rl./iK' hrii.'iliil in-

nem suam in nJ,i'.. iinl., n. /,,. . ni., p, i;|7, — l'.mtifical d'Arles, .xiir' si,.;l-v l)r„s .\l.,;,l,n, ,,.... ipsf ^,i

V0hiscum,ipse vos COllliin<l<il . Hfi jj.'<:h/fir I., ■,,,', lirlmn, 'm

suam in vobis. Ordo \ . /m, , //.. p li-j.'i, — lliln.-l .!.• Chalons, XV» siècle: Betir,lir<il r,<\ l'nlr, ./ Films ri SpirKus Sanctus qui trinus m /"',.i. ,<. ,■/ ,.;i..s ,,, Ik'ilate vivit et régnât per oniiiin sur,, in s:rrrl,,rr,,r ( h-do xi, loc. cit., p. 639. - Manuel a In-a:;,. du ,liMrr,e de Reims, XV» siècle: Desponso vos in facie Ecclrsiœ. Ordo xill, loc. cit., p. 645. — Les théologiens de Wurzbourg citent les rituels de Constance et de Wurzbourg en usage de leur temps, xviii' siècle. Rituel de Constance: Matrimoniuni per vos contractttin secundunt ordinem ma- Iris Ecclesiœ, ego auctoi-itale qua in hac parte fungor, ralifico, con/irnio, et benedico, in nomine Patris, etc. De Wurzbourg: Ideo matrimonimn per vos coulracluin confirmo, ratifico et benedico. Theologia dogm., Paris, 1854, t. V, p. 492. Perrone de son côté mentionne les formules usitées encore dans queUpu-s iliocrses (l'Allemagne à l'époque où il écrivail ,!siiii. ,\ WuivlMiurg, celle que nous venons de cil. r, A I hIi~i,iI1 Mninmonium inler vos contractum Urr^ mn/imni ri njo m facir Un illnd s<ili'innizo. A .Munich et à Frisingue: Matrinirrnr,,! ni fine Dei inler vos contractum Deus confiriiiri. ri orrhuiUilc Ecclesiœ Dei, ego illud approbo, per/iriu atqnc sulriiutizo. In nomine. etc. De tyiatrimonio christiano, Liège, 1861, t. i, p. 154.

Une conclusion se dégage de ces citations. Puisque toutes ces formules, malgré leurs différences, sont admises comme équivalentes à la forme ordinaire Ego vos conjungo, le sens de celle-ci n'est pas : u Je constitue le lien du mariage entre vous, » mais: « Je vous déclare unis au nom de Dieu et à la face de la sainte Église. »

II. us.iGE. — Nous ne discutons pas ici l'opinion d'après laquelle la bénédiction qui nous occupe serait la forme essentielle du sacrement de mariage. Cette ma-

idhui

diction Ego vos conjungo n'est pas cependant d'utt usage facultatif. Elle est obligatoire en raison: 1» de la pratique universelle et constante de l'Église; 2» desprescriptions positives des papes et des conciles, particulièrement du concile de Trente, loc. cit. ; 3" de la rubrique du rituel romain, loc. cit. Donc le prêtre qui l'omettrait de propos délibéré commettrait une faute. Quelle serait la gravité de cette faute? Saint Liguori, Theol. mor., 1. VI, n. 1094, Paris, 1883, t. m, p. 816, cit& des auteurs d'après lesquels il y aurait seulement péché véniel. Mais le plus grand nombre sont d'avis qu'il y aurait péché mortel, et le saint docteur considère cette seconde opinion comme plus probable, « parce qu'il semble bien, dit-il," qu'il s'agit là d'une obligation en matière grave. » — Le prêtre qui doit prononcer les paroles de la bénédiction est le même qui reçoit le consentement des époux; c'est-,à-dire le propre curé ou son délégué. Concile de Trente et rituel, loc. cit.

Le prêtre doit-il prononcer ou non les paroles Ego vos conjungo, dans les mariages mixtes, contractés entre catholiques et hérétiques ? La S. C. du Saint-Office a répondu à cette question, le 26 novembre 1835; « Le prêtre assistant à un mariage mixte doit s'abstenir de prononcer ces paroles. » Gasparri, Tract, can. de matrimonio, Paris, 1891, t. i, p. 306. Une réponse identique avait été donnée déjà par le Saint-Office le 1" août 1821. Cf. Collectanea S. C. de Propaganda fide, n. 1543. L'instruction Elsi sanctissimiis adressée par la secrétairerie d'État, au nom du pape Pie IX, à tous les archevêques et évêques du monde catholique, sur l'empêchement de religion mixte, r.TiouMllr la II,, pi i.liihition : Insuper in tribuendis 1mjrsnrnh ' 1 1 ^ / u r ^ , , I , , > n I bus p cic I cr enuntlatos cauHoncs . . . luljrriir .pi.rjrr jrrriinl couditioues. Ut hsbc nnxttt conirijir ,\,ir,i r.rl.'snnn et absque parochi benedictione rilr.jrr :ili,i iirlcsiastico ritu celebraH debeant. Acla

s,i,n lir sr.hs, t. VI, p. 456.

I.a Ih 11, (liclion nuptiale, qui se trouve au rituel, doit être (iMiiih c aux ronjoints catholiques, même en tempsprohil"', Jr,,i,,r«lu non adsit consuetudo non controrhenili iiiiiirniiuinrni. cticim sine solemnitate, tempore vetilo. S. C. de la Propagande, 21 juillet 1841, Collectanea, n. 1551, ad 1""', a""». Une décision de la S. C. des- Rites, en date du 14 août 1858, exige, dans ce cas, l'autorisation de l'évêque.' Ibid., n. 1556, ad 3""'. Si la bénédiction du rituel est suppléée aux conjoints qui ont auparavant validement contracté mariage, le prêtre doit prononcer la formule : Ego vos conjungo, sans faire renouveler le consentement. Ibid., n. 1551, ad 4"™.

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