‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 234 sur 741 · BENEDICTION NUPTIALE · texte numérisé non relu

BENEDICTION NUPTIALE

BENEDICTIS

Il est certain cependant que le souverain pontife peut, •s'il le juge à propos, dispenser de cette régie pour des raisons particulières un diocèse ou une province. Pie IX t'a fait pour les diocèses du Canada, sur la demande des Pères du concile de Québec appuyée par la S. C. de la Propagande, le 5 février 1865. Mais ces concessions particulières n'ont rien changé au droit commun. Lehmkulil, Theol. mot:. De matrimonio, n. 694, Fribourg- •en-Brisgau, 1898, t. ii, p. 492.

II. rs.uif. — La bénédiction solennelle est interdite ou ordonnée selon les circonstances.

Elle ne doit pas être donnée aux mariages célébrés pendant les périodes de l'année qui vont du premier <limanchc de l'A vent 'jusqu'au jour de l'Epiphanie inclu- •sivement, et du mercredi des Cendres jusqu'au dimanche .après Pâques. Ainsi ordonne le concile de Trente, qui ne fait d'ailleurs que renouveler sur ce point les anciennes règles canoniques. Sess. XXIV, c. x. De réf. matrimonii. Voir Temps prohibé. La dispense accordée par l'évêque <Ie contracter mariage en temps prohibé n'entraîne pas l'autorisation de donner au.x époux la bénédiction solennelle, et l'évêque n'a pas le droit d'accorder cette autorisation. S. C. des Rites, 14 août 1858, Collectanea S. C. de Propaganda fuie, n. 1556, ad 4''">.

Elle ne doit pas être donnée non plus, quand la femme <|ui se marie l'a déjà reçue dans un précédent mariage. Cette règle fut en vigueur à toutes les époques de la législation canonique. VoirEsmein, Le mariage en droit canonique, Paris, 1891, t. i, p. 107; t. ii, p. 101 sq. L'ancien droit était même plus sévère et interdisait la bénédiction aux secondes noces quelles qu'elles soient sans distinguer si c'était l'homme ou la femme qui se mariait pour la seconde fois. La preuve en est dans cette décrétale du pape Urbain III (xii" siècle), I. IV décrétai., tit. XXI, De secundis nuptiis, c. ii ; Vir auteni et niulier ad diganiiani transiens, non débet a presbytero benedici, quia cuni alia vice benedicti sint, eoruni benediclio tolerari non débet. Aujourd'hui, en raison de la coutume qui s'est introduite dans beaucoup de diocèses modifiant sur ce point la législation du moyen âge, le prêtre est libre de donner la bénédiction solennelle au mariage d'un veuf avec une femme qui n'a pas été mariée jusque-là, mais il reste entendu qu'il ne la réitérera jamais à une femme qui l'a déjà reçue. C'est ce que dit formellement le rituel romain sous le titre De sacranicnto niatrinionii, § Caveat eliam. Cf. décision de la Propagande, du 21 septem.bre 1843, Collectanea, n. 1554, ad I-».

Quand, pour des raisons spéciales, un mariage est célébré en dehors de l'église, on ne donne pas la bénédiction solennelle, puisqu'il n'y a pas de messe. Cf. décision de la S. C. des Rites, du 14 août 1858, Collectanea a. C. de Propaganda fide, n. 1556, ad l"". On ne la donne pas non plus aux mariages mixtes, pour le même motif, et pour celle raison plus générale que toute cérémonie extérieure est interdite dans ces mariages.

En dehors des circonstances que nous venons d'énumérer, le prêtre doit dire sur les «poux toutes les prières de la bénédiction comme elles se trouvent au missel. Il doit les dire, même quand la femme a eu des enfants avant le mariage. Ainsi l'a déclaré la S. C. du Sainl- Office, par un décret du 2 octobre 1593, que confirme un plus récent, du 31 août 1881, tous deux dans Rosset, De sacrant, niatrinwnii, Paris, 1896, t. v, p. 17, 19. La S. C. de la Propagande a fait une déclaration identiqus, le 21 juillet 1841. Collectanea, n. 1551, ad 3»'». Le 31 août 1881, Ir Saint-Offico a déclaré encore que la bénédiction solennrili' des conjoints doit être donnée selon les rubriqucs cl on dehors du temps prohibé aux époux qui, pour une cause quelconque, ne l'ont pas reçue au jour de leur mariage, etiamsi pctanl posiquam diu jain in nialrinionio vixerint, duniniodo niulier, si vidua, betiedictionem ipiani in aUi$ nuptiis nun accejK'rit. En

outre, il faut exhorter les conjoints catholiques, dont le mariage n'a pas été solennellement bénit, à le faire bénir primo tempore. Mais il faut leur expliquer, surtout s'ils sont néophytes ou s'ils ont contracté mariage avant leur conversion de l'hérésie, que cette bénédiction appartient ad rituni et solemnitatem, non vero ad substantiam et validitatem conjugii. Ibid., n. 1560. Cf. n. 1538, 1551, ad 2'"", 1561. Quant aux époux infidèles qui sont convertis, le Saint-Office avait déclaré, le 20 juin 1860, optinie facere si Ecclesiœ benedictiones recipiunt, adstringi lamen ad di non dcbere. Mais si un seul est converti et a reçu le baptême, il ne faut pas donner la bénédiction nuptiale. Jbid., n. 1557. — Quel péché ferait le prêtre qui omettrait volontairement ces prières liturgiques? Réserve faite du mépris formel de la loi et du scandale possible, nous pensons, avec saint Liguori et la majorité des théologiens, qu'il ne commettrait qu'une faute vénielle. S. Liguori, Theol. nior., 1. VI, n. 988, loc. cit., p. 767.

Il reste à dire que le ministre de la bénédiction solennelle est, d'après le concile de Trente, sess. XXIV, c. I, De réf. matrimonii, le propre curé des époux, le même qui a juridiction pour recevoir l'échange des consentements et donner la bénédiction simple. La peine de suspense est portée ipso jure contre quiconque usurperait ce droit de bénir les époux. Voir Clandestinité, Curé, Domicile.

Martène, De antiquis Ecclesiœ ritibas, Rouen, 1700, t. II ; Chardon; Histoire des sacrements, dans Migne, Theotogise curstts, Paris, 1840,t. XX ; Gibert, Tradition de l'Église sur lesacremenl de mariage, Paris, 1725; Benoit XIV, De synodo diœcesana, l.XÏU, c. xii, xiii, dans Migne, Tfteotoffiœ citrsii.'!, t. .\xv; Duchesne, Origines du culte chrétien, Paris, 1889 ; Esmein, Le mariage en droit canonique, Paris, 1891 ; Gasparri, Tractatus canonicus de matrimonio, c. vi, Paris, 1891, t. n; Rosset, De sacramento matrimonii, 1. III, c. m, Paris, 1896, t. v.

A. Bei'GN'ET.

BENEDICTIS (Jean-Baptiste de), né à Ostuni le 25 janvier 1641, reçu dans la Compagnie de Jésus le 2 février 1658, enseigna avec distinction huit ans la philosophie, cinq ans la théologie, mourut à Rome le 15 mai 1706. Il publia son cours de philosophie sous le titre : Philosophia peripatetica toniis quinque comprehensa, in-12, Naples, 1687-1692 (le v« tome ne parut point; les quatre publiés contiennent la logique, la physique et la métaphysique). Cet ouvrage fut réédité à Venise en 1723 et en 1749, et à Valence (Espagne) en 1766. Il fit paraître ensuite, sous le pseudonyme de Benedelto Aletino, cinq Leltere apologetiche in difesa délia teologia scolastica e filosofia peripatetica, in-12, Naples, 1694; il y combattait le cartésianisme, qui comptait alors plusieurs patrons notibles en Italie. Ceux-ci ne manquèrent pas de répliquer; le principal de ces adversaires fut l'avocat napolitain Constantin Grimaldi, qui opposa aux Lettres de Benedetio Aletino trois Risposte, 1699, 1702, 1703, réimprimées plus tard avec des additions, sous ce titre : Discussioni istoriche, teologiche e filosoftclie faite per occasionc délie risposte aile Lettere apologetiche di Ben. Aletino, 3 in-4», 1725. Ces Discussioni furent mises à l'Index par décret du 23 septembre 1726, avec les Risposte d'où elles étaient sorties. Le P. de Benedictis publia en 1703 et en 1705, à Rome, des apologies de ses lettres. Il prit également part à la controverse soulevée par les Provinciales de Pascal, et écrivit, pour la défense des casuistes jésuites, La sciniia del lîonlallo, cioè un libricciuolo intilolato : Apologia in favore de' SS. Padri contra quel, che nelte niaterie morali fanno dei niedesinio poca stinia, convinto di fahità da Fr. de Bonis, in-12, Graz, 1098. Cet opuscule fut mis à l'Index, le H septembre 1701, par décret du Saint-Oflice, avec celui qu'il combatlail et dont l'auteur était le P. Bernardin Ciafl'oni, min. conv. Enfin le P. .I.-B. de Bcncdictis est l'auteur de plusieurs opuscules anonymes, qui (parurent pour la justification des

BENEDICTIS

BEXOIST

missionnaires jésuites de Chine dans la question de la tolérance des rites chinois. On en trouve le détail dans De Backer et Sommervogel.

De Backer et Soinniervogel,;Bi6(ioîftèqMe de la C" de Jéstis, 1. 1, col. -1298-1302; t. vm, col. 1813; Hurler, Nomenclator, t. il, col. 660; H. Reusch, Der Itidea; t. il, p. 511-512, 607-609. Jos. Brvcker.

BENET, BENETI, BENEDICTUS, Cyprien, Aragonais, religieux de l'ordre de saint nominique, vivait dans la première moitié du x\ i -n i !■ T, i |ilii- i unie partie de sa vie religieuse se 1 1.1 .< i lin l'n hi iiit les ouvrages suivants : i/h<6(/ li.

Alhanasii,D. Dklymi , Aurel. '. " ■' ', /' ' ;;; .'.<■(

plurimoriim prxslaittiiim virùruin) ûpitscuia, in-fûl., Paris, 1500; Tractatiis quatuor: h'^ de pnma orbis srck': 11"^ de concilio; lll"' de ecclesiastica polestate; /r"s de pontificis maximi auctoritate sive de SS. D. N. jiapx supremo et insuperabili dominio, in-4», Rome, 1512; Tractatus de non mitlando Paschale et contra servile pecus Judœorum aculeus, in-4<>, Rome, 1515; Dialogus. de excellenlia et utilitate theologix, in-4'>, Rome, 1518; De CaroU I régis Hispaniarum postea cœsaris ac imperatoris V prsseminentia et clenientia, in-4», Rome, 1518.

Voir Echard, Scriptores ord.prsedicatorum, in-fol., Pai-is, 1721, t. II, p. 49; N. Antonio, Bibliotlteca hispana notia, in-fol., Madrid, 1783, t. I, p. 259.

B. Heirtebize.

BENI Paul, littérateur, né dans lile de Candie vers 155'2, mort à Padoue le 12 février 1625. Il est souvent appelé Eugubinvs p.ircf qu'il pa^^n toute son enfance à Gubbio. Après phisienr- uiii. ■ - ;.:i~-i'es dans la Compagnie de.Iésus, Paul Ilni! d , nii -■ ( r i.iiro du cardinal Madrucci et de François-M.ii i.' Il, .lue d Trljin. Il professa à Pérouse et à Rome, et f n l.'i9!) fut choisi pour enseigner les belles-lelires à l'université de Padoue. C'était un ardent et redoutable polémiste. Parmi ses écrits nous ne mentionnerons que les deux suivants : De ecclesiaslicis Baronii annalibus disputalio, in-4'', Rome, 1596; Qua tandem ratione dirinii possit controversia r/uss in pressens de efficaci Dei auxilio et libero arbitrio inter nonnuUos calhoUcos agitatur, in-4<', Padoue, 1603, ouvrage condamné par le Saint-Oflice, le 13 mai 1604.

Feller, Dictionnaire historique, Paris, 1818, t. "il, p. 132-133. B. Heurtebi/.e.

BÉNITIER. Voir E.\i bé.nite.

BENOEST René, célèbre curé de Paris qui joua un

rùb- inqji'i i.Mil -.iii- Ibnri III et Henri IV. Il naquit en

lôil ni ■ ( hii <! - -1)1 la paroisse de Savennières, à

troi- Il II- il \ii,.i-. ^. - hulcs, commencées avec une arilcui iuciuuiIiIl a I abbaye de Saint-Xicolas, près de cette ville, s'aclievcrent à son université, où il prit les degrés en théologie. Aussitôt après il fut pourvu de la cuiv .le Paint-Mauiille de> Ponts-de-Cé. Il ne la garda pas !. , 17 Ml- ' - iiii 'i Paris, attiré parle

de-! Inde de la philoso-

plii' \ II! II!- la société de Na-

vaiii i'-ii. ^1 - 1,1 ,1 Ilr^.,. I II Cambrai, « collège

royal des Iccleuis du Roy d (ImS), il voulut, bien que déjà docteur en théologie de l'université d'Angers, entrer en licence dans celle de Paris : il est marqué le 4« sur 27 dans la liste de 1560, et la même année il prit le bonnet de docteur. Grâce à la protection du cardinal de Lorraine il fut attaché à la reine Marie Stuart en qualité de confesseur et de prédicateur (1560). De retour à Paris en 1563 il se consacra au ministère de la prédication, « prédicateur qui de tous preschoit le plus purement, » dit le Journal de l'Estoile. Curé de Saint- Pierre-des-Arcis en 1566. il devint, par la résignation de son oncle Jean Lecoq, curé de Saint-Eustache (1568), paroisse alors la plus populeuse de la capitale. Par sa bonhomie et sa franchise, son savoir et son activité.

sa modération et son esprit pratique, il acquit une autorité telle au temps de la Ligue, qu'on l'appelait le pape des halles. Toutefois devant les excès de ce parti il s'en retira et soutint les droits de Henri IV, à la conversion duquel il prit une grande part et dont il devint le confesseur. Les événements politiques et les soins de sa cure n'absorbèrent pas entièrement son activité : il composa plus de 150 ouvrages, ou opuscules, la plupart écrits de circonstances, dont un bon nombre sont devenus fort rares. Le cardinal Du Perron se plaint qu'il « ne se trouvoit point de verbes en ce qu'il escrivoit ; il entrelassoit son style de parenthèses et ne revenoit jamais au logis ». Son style ne manque pas cependant de force et de trait ; mais il a surtout une certaine naïveté mêlée de finesse. D'ailleurs il n'écrit pas pour écrire. S'il prend la plume, c'est pour répondre à telle ou telle objection présente des hérétiques : par exemple, sur la messe, le purgatoire, les indulgences, le jeune, etc. C'est pour fortifier la foi des fidèles sur les dogmes catholiques attaqués, principalement l'eucharistie, ou les éclairer sur la pratique de leurs dévotions mal comprises ou tournées en dérision, par exemple, la croix, les images, les processions, etc., sur les confréries, les dîmes, etc.

Voici quelques-uns de ses principaux ouvrages : Epistre à Jean Calvin, dit ministre de Genève, pour luy remonstrer qu'il répugne à la parole de Dieu en ce qu'il escrit des usages des chrestiens, avec un chres tien advertissement à luy mesme de se réunir à l'Église catholique et romaine, in-8», Paris, 1564; Du sacrifice évangélique où manifestement est prouvé que la sainctc messe est le sacrifice éteitiel de la nouvelle loi, que J.-C. le premier l'a célébrée et commandée aux ministres de son Église, avec un petit traité de la manière de célébrer la sainte messe en la primitive Église, in-S", Paris, 1564; 2« édit., 1586; réimprimé en 1858 par le prince Galitzin; Brièvc response aux quatre exécrables articles contre la saincte messe publiés à la foire de Guibray, in-S", Paris, 1565; Catholicque discours de la confession sacramentelle auquel il est prouvé icelle estre de droit divin, aussi qu'en la seule Église catholique est baillée la grâce de Dieu et rémission des pécher, in-8», Paris, 1566; Antithèse des bulles du pape pour le jubilé, pardon et remission des péchez, proposée en l'Église de J.-C. qui est la catholicque, universelle et romaine, et de celle de l'Église prétendue réformée, où le tout est poussé et examiné par la vive touche di> la parole de Dieu. Aussi est adjouslé un brief ^r,.,;un'^ r,:n!rn,n,i Jrs ,-hns,-s néccssaires à tous chrrsi-, <:- / ;.:,',■ ;, jiihil,' ri lous autres par-

dons. i;i - '' ''liiT, !ir l'iiz-iiiuliiiti et de l'abus

surix'ifr ,< (.,/,.(,, s j..,pnlaircs ifrcc la reformation, nécessaire en icelles, iu-S", Paris, 1578; Le grand ordinaire ou instruction commune des chrestiens... nouvellement reveu, corrigé et augmenté, avec trois petits traictez fort utiles en ce temps à ceux qui désirent vivre chastement tant en religion qu'en dehors, in-8°, Paris, 1580; La manière de cognoistre véritablement et ■ recognoistre salutairement J.-C. pour avoir par son moyen icy la grâce de Dieu et puis après cette vie caduque la gloire éternelle; divisé en i2 livres, in-8», Paris, 1584; Deux traitez catholiques. Le premier est de l'existence du purgatoire des chrestiens imparfaits après celte vie morlfllc. Le second est de la qualité et condition des dmcs sépnrées des corps mortels, in-8'», Paris, 1588; Notables resolutions des presens difjérens de la Religion, prononcées par diverses prédications en plus de cinquante caresmes... le tout dressé sur chacun jour de caresme, 2 tom. en 1 in-S", Paris, 1608. L'exemplaire de la réserve à la Bibliothèque nationale est relié en vélin aux armes de Henri IV.

Le même zèle apologétique lui fit entreprendre une édition de la Bible traduite en français à l'usage des

BENOIST — lîENOlT III

fidèles : car les Bibles protestantes en langue vulgaire étant lues avec avidité par le peuple, il y avait un grand danger pour sa foi. Xe sachant pas suffisamment l'hébreu et le grec pour faire une nouvelle traduction, Benoist prit celle de Genève, qui était plus goûtée, en se contentant d'y changer des mots ou même des phrases suspectes pour lui donner un sens plus catholique. Mais les notes furent son œuvre toute personnelle. Cependant les changoment.s, surtout par la faute des imprimeurs, ne furent pas suffisants; si ses intentions furent toujours droites, son œuvre laissa à désirer et fut condamnée par la Sorbonne, 15 juillet 1567 et 3 septembre 1569, et par Grégoire XIII le 3 octobre 1595. René Benoist pn'lendait donner un sens catholique aux passages incriminés; mais les fidèles qui lisaient sa traduction pouvaient trop facilement, étant données les circonstances, y voir un sens protestant. Richard Simon, Hisl. a'it. du Vieux Testament, 1. II, c. x.\v, fait beaucoup de cas des notes de cette Bible, et prétend qu'en y réformant peu de choses, on aurait pu en faire un bon ouvrage. L'histoire de cette Bible et de sa condamnation se trouve dans d'.Argentré, CoUectin judiciofuni de novis enunbus, Paris, 1728, t. ii, p. 392-398, 404-411, 426-i42, 53i. R. Benoist ne voulut pas d'abord acquiescer purement et simplement à sa condamnation: et c'est sans doute ce qui porta la cour de Rome à lui refuser les bulles, quand il fut nommé par le roi à l'évéché de Troyes fl.59i). Après dix ans d'attente inutile, il se vit forcé lie résigner en faveur de René de Breslay, grand arcliidincre d .\nL:er.s. En 1598 cependant il s'était rétracté : ce qui lui permit de reprendre son titre de doyen de la faculté de théologie; il était déjà surintendant du collège de Navarre. C'est à lui, dit Félibien, Hisl. de Paris, t. il, col. 1257, qu'on doit les réformes introduites alors dans l'université. Il mourut le 7 mars 1008, âgé de 87 ans, étant, comme on le fit alors remarquer, doyen de la faculté, doyen dos curés et doyen des prédicateurs (il avait prêché plus de 50 carêmes). Son portrait a été gravé par Stuerîiell; le cuivre est au musée d'Angers.

Nicéron. Mémoires l'Oi/r «-■*■»•;/■ // ffiistoire des hommes iWiMrrcs, Paris, 1740. 1. m ii I.

ou brochures qui aUcivrii' i ' \Tai, ne sont que des r \^' s précédemment pu-

bliés. Pour la liste comi : ;,• ; iclI.i. de ses ouvrages (llw). voir J. Denais, Le pape des halles, liené Benoist, in-8-, extrait de la Revue de l'Anjou, 1872, janvier, mars et juin ; Clélestin Port, Dielionnaire historique, géo*jraphique et biograpltiqiie de Maine-et-Loire, .\ngers, 1878, t. i, p. 307-313. Une grande partie de ses ouvrages se trouvent indiqués au Catalogue général des lim-es imprimés de la Bibliothèque nationale. Auteurs, t. X, col. 900 sq. L'oraison funèbre de René Benoist fut prononcée par Victor Cayet, docteur en théologie : Oraison funèbre sur le trépas regrettable et enterrement honorable du révérend, vénérable et scientifique messire René Benoist, prononcé dans Saint-Eusiacbo à l'heure et office divin de son enterrement dans ladite église, le lundy 10 mars 1608, Paris, 1608 ; réimprimée par le prince Aug. Galitzin à 100 exemplaires sous ce titre : Messire liené Benoist, Angevin, confesseur liuRog Henri llll, Angers, 1864. Voir aussi Tombeau de M. René Benoist, conseiller et confesseur du Roy, doyen de la sacrée faculté de théologie et curé de Saint-Eustache à Paris, avec son épitaphe : i Messieurs do Saint-Eustache. par G. Gérard, Ardenois, Paris,

E. Levesque.

1. BENOIT I", pape, successeur du pape Jean III, consacré le 3 juin .574, mort le 'M ou le 31 juillet 578.

Fils du Romain Boniface, Benoit I" eut à faire face aux Lombards qui s'efforeaient de soustraire peu à peu l'Italie à la domination des empereurs d'Orient. Ce fut la difficulté des communications avec Byzance qui relarda bi consécration de Benoit, élu peut-être peu de temps après la morl de .lean III arrivée le 13 juillet 573; mais il était de règle alors d'attendre l'approbation de l'élection. Une grande famine mil en évidence Jn charité de

1 liste de ses ouvrages

ce pape qui mourut pendant le siège mis devant Rome par le premier duc lombard de Spolète.

JaJTé, Regesta pontificum, 2' édit., t. i, p. 137; Duchesne, Liber potuificalis, Paris, 1886, t. i, p. 308; Paul Diacre, Historia Langobardorum, II, 10; m, 11, édit. de Waitz, dans les Monumenta Germanise, Scriptores rerum Langob. et Itul. sec. 6-9, Hannover, 1878, p. 92, 119. Outre les histoires générales de l'Église, cf. Langen, Geschichte der rœmischen Kirche von Léo I bis Nikolatts I, Bonn, 1885, p. 403; Gregorovius, Geschichte der Stadt Rom in Mittelalter, 3' édit., Stuttgart , 1876, t. Il, p. 19.

H. IlEMMER.

2. BENOIT II, pape, successeur de Léon II, élu en 063. consacré le 26 juin 684, mort le 8 mai 685.

Pontife pieux et zélé, Benoît dut attendre près d'un an la confirmation de son élection. Dans l'intervalle il se qualifie Benedictus presbyter et in Dei noinine electtis sanctse sedli apostoiicie. Jaffé 2125. Afin d'éviter au siège de Rome des vacances trop prolongées, l'habitude se prit de demander la confirmation de l'élection à l'exarque de Ravenne; après Benoit II, la consécration des élus n'est plus différée que pendant deux mois environ; mais il est tout à fait invraisemblable que les empereurs aient renoncé à leur droit de confirmation comme semblerait l'indiquer le Liber ponlificaUs , d'après lequel Constantin Pogonat aurait permis aux Romains ut persona, qui electus fueril ad sedem apostolieani, e vestie/io absque larditale pontifex ordinelur.

Benoît s'appliqua à faire accepter le VI« concile œcuménique et à faire condamner l'hérésie monothélite par les évêques d'Espagne, réunis en concile à Tolède l)8'n, voir Tolède {Conciles de) ; il ordonna de restituer à Wilfrid, évêque d'York, le siège dont il avait été injustement privé. .\ Rome, on célèbre sa fête le 7 mai.

JaCfé, Regesta pont., 1. 1, p. 241; Duchesne, Liber pontiflcalis, Paris, 1886, t. i, p. 363. Vita Wilfridi, 42 sq., dans Gale, Hist. Ttrit. script., Oxford, 1691, t. I, p. 74. OuU-e les histoires générales de l'Église, voir les ouvrages mentionnés à propos de Benoit I", de Langen, p. 579, de Gregorovius, p. 67 ; Hefele, Conciliengeschichte, 2- édit., t. III, p. 322.

H. Hemmer.

3. BENOIT III, pape, successeur de Léon IV, élu au mois de juillet 855, consacré le 29 septembre do la même année, mort le 7 avril 858.

Deux partis s'étaient trouvés en présence parmi les électeurs à la mort du pape Léon, arrivée le 17 juillet : le parti impérialiste et le parti pontifical; ce dernier, très opposé à l'aggravation du protectorat exercé par l'empereur sur Rome, élut, aussitôt après la mort de Léon IV, le pape Benoit III; mais le décret d'élection notifié à l'empereur Louis II ne fut pas approuvé par lui; ses légats vinrent à Rome, ramenant avec eux le prêtre Anastase que Léon IV avait frappé de divers anathémes, très probablement avec l'intention d'écarter un jour sa candidature. Anastase, conduit au Latran par les impérialistes, s'empara de la personne de Benoit; mais la pression impériale ne put amener les clercs romains à résipiscence; il fallut négocier avec Benoît, qui, après une nouvelle élection, fut réinstallé au Latran, consacré le dimanche suivant à Saint-Pierre. La sentence de déposition prononcée par Léon IV contre Anastase fut renouvelée par un synode qui le réduisit à la communion laïque.

Le gouvernement de Benoit, très ferme, prélude à celui du futur Nicolas \", qui commence à exercer une grande iniluence : à la demande de Ilincmar. Benoi approuve le W concile de Boissons célébré en 853 et reconnaît la primauté de Ilincmar dans la province de Reims, IJiœceseos lieniensis, Jaffé, 2664; il mande à comparaître devant lui Hubert, un clerc do famille illustre, frère de la reine 'l'heutberge, qui avait envahi les monastères de Saint-Maurice et de Luxeuil, Jatl'é, 2669; défenseur des droits de l'épiscopat, il proteste contre des laïques de la Grande-Bretagne qui avaient

BENOIT III

BENOIT VIII

chassé des évêques de leurs sièges, Ja£fé,2671, et mande au patriarche Ignace de Constantinople de lui adresser

les actes du procrs iiu'il av.iil inl.nl,' ;'i l'nrclifvf'qii.^ dp Syracuse, Gi'''uoiir \],-,-\.,~. }.,i\. . -Ji;<.:. ,l. T n-i ni' . nlin

verains à conli:iiiuliv In^^ln n,l-^ Inun..- .In cunite Boson, à quitter son sùducleur et à réintégrer le domicile conjugal. JafTé, 2673.

On loue la bienfaisance de ce pape envers les veuves, les pauvres, les orphelins, son zèle à réparer et orner

JalTé. B-

: pon-

lijhul. iMi- '. /. dhist. et de litt. relig., 1896, p. 321-

324. 1- ':■■- i .1 i ;î.:> pour Benoit I", Langen, p. 844, Grego-

roviii>. J I liii,, I. m. ]'. 124; Dummler, Gesch. des ostfrànkischiii ;;.v- ;.s. J r.lii.. 3 vol., 1887, 1888; Hergenrotlier, Photius. Ratisbùiinc, Isi.T, t. i. p. 358; t. n, p. 230; Schroers, Hinkmai-

! RIa'i

H. Hemmer.

4. BENODT IV, pape, successeur de Jean IX, élu vers le mois de mai de l'an 900, mort vers les mois de juillet-août de l'an 903.

Imitant son prédécesseur, Benoit reconnut comme évèque légitime de Rome, le pape Formose qui l'avait ordonné prêtre, et il sacra empereur en février 901 Louis l'Aveugle à qui le roi d'Italie, Bérenger, enleva bientôt sa couronne. Au milieu des disputes entre les dynasties transalpines et les éphémères rois d'Italie, l'Etat pontilical tend alors à se constituer en principauté indépendante par la prédominance d'une famille de l'aristocratie, celle du sénateur Théophylacte et de ses filles Marozie et Théodora. Sous Benoit IV, Théophylacte est consul et sénateur, duc et magisler mililvm.

Jaffé, Regesta pontiftcum, t. i, p. 443; Duchesne, Liber poniificalis, Paris, 1892, t. n. p. SG: Wattcricli. Pontificum romanorum vitse.L i, p. 659, " : , . jinérales de l'Église

et du Saint-Empire gern ti. p. 311, Gregoro-

vius, 2" édit., t. m, p. 251 Knoil I"); Dummler,

Gesch. des ostfrdnkiscl: i, Leipzig, 1888, t. m,

p. 536; Hefele. Concilie, Hiesrlncl, le, -j , dit., t. iv, p. 570. H. Hemmer.

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