‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 25 sur 741 · Deus non potuisset ab Dieu à l'origine n"aiu:ait pas · texte numérisé non relu

Deus non potuisset ab Dieu à l'origine n"aiu:ait pas

initie talem creare hominem, pu créer l'homme tel qu'il nait qualis nunc nascilm-. De pec- maintenant. cat. orig., c. V ; Baiana, p. 110, 136, 145.

Proposition célèbre, mais délicate ; Baius a nié constamment qu'elle se trouvât dans ses écrits, soit quant aux termes, soit quant au sens; le contraire y est plutôt indiqué, dit-il dans son apologie au cardinal Simonetta. Alors, comment expliquer 'la censure'? En rétablissant les faits et en se rappelant la clause in sensu ab assertofibus intenta. La proposition n'a pas été forgée; elle est dans le chapitre v du traité Depeccalo originis, mais en style indirect et sous une forme contournée, de telle façon cependant qu'on la reconnaît aussitôt. Dans ce chapitre, l'auteur explique pourquoi la concupiscence est un péché daii< l'homme plutôt que dans les animaux; il s'objecte à ce propos un passage où saint Augustin semble concevoir la concupiscence en dehors d'un péché qui la précède et en soit la cause. De libero arbitrio, 1. 111, c. XX, P. L., t.xxxii. col. 1298. Baius commence par remarquer que l'évéque d'Hippone n'affirme pas que Dieu aurait pu à l'origine créer l'homme tel qu'il nait maintenant, licel nonasseral hominem ab initio talem a ûen creari poluisse, qualis nunc nascitur, mais qu'il

veut seulement dire que, dans l'hypothèse, la cause des manichéens n'en serait guère avancée. Cette remarque faite, le docteur lovaniste ajoute : « Supposons cependant, suivant une fiction de Julien dont parle saint Augustin, que Dieu puisse créer un homme dans ces conditions, alors, comme chacun est par nature ce que Dieu l'a fait, la concupiscence en cet homme ne serait, par nature, ni péché ni peine ni même vice... Mais en nous qui tenons de Dieu une autre nature, qui aliam a Deo naturam sorliti sumiis, la rébellion de la chair contre l'esprit est nécessairement un vice. » Tel est le langage de Baius ; il justifie cette réfiexiondu P. Duchesne, dans son iw éclaircissement, p. 45 : « Je demande à tout homme de bon sens, si, dire que cette proposition affirmative : Dieu apu créer l'homme tel qu'il nait aujourd'hui, est une fiction de Julien, non un sentiment de saint Augustin, dans un homme qui, en ce point même, fait profession de suivre saint Augustin, n'est pas nier formellement, que Dieu n'a pu créer l'homme dans l'état où il nait aujourd'hui '? »

Pour compléter cette réponse, il suffit de relever une équivoque où Baius s'est évidemment complu. Il ne nie pas qu'à la rigueur Dieu ait pu créer l'homme tel qu'il naît maintenant, soif; mais il ajoute des explications restrictives qui reviennent à ceci: cependant il n'aurait pas pu Cl' '1 1 II iiiiM' i\ec la concupiscence telle qu'elle est dan- 1' ■■ lil- .1 AJam. Pourquoi'.' parce qu'en nous la concuiii-i , uci .si !•• péché originel, et Dieu ne pourrait être l'auteur de ce péché, Deus non potuisset ab inilio esse auctor peccali originis; argument dont Baius se sert dans sa grande apologie. De là celte affirmation qu'un homme de ce genre, talis quispiani lionio, aurait une autre nature que nous; ce qui doit s'entendre de la nature considérée, non pas dans ses parties constitutives ou ses propriétés physiques, mais dans son être moral de créature raisonnable, appelée à une moralité supérieure et incompatible avec la loi de la chair. Prise en ce sens, la proposition 55" est bien de Baius ; toutes ses apologies ne font que le confirmer. Là se trouve la raison et la justification de la censure portée par Pie V et maintenue en dépit de toutes les récriminations. Que Dieu ne puisse pas être l'auteur du péché originel, qu'il ne puisse ci.-i 1 l'Imiinur /.cV/ieio- comme il nait maintenant, tout le m ihI' . ii r-imicnt; aussi la proposition 55« est de cellrs i.n -. \.iiiii 1,1 clause, quanquam nonnullse aliqtto jiwi,, siisHiirj'i pussent. Mais que la concupiscence soitproprementlupéchéoriginel,etqu'à ce titre Dieu n'ait pas pu créer l'homme tel qu'il nait maintenant, c'est là une assertion erronée et incompatible avec la doctrine du concil (I. Tii ni. -iir le péché originel et la concupiscen. . 1 ; ; : .n 55» a donc été condamnée

comn I ! ! - . i/i rigore el proprio verbo^-um

sensu ah .'>>• . . ' ..> miento. Et c'est pourquoi les docteurs de Louvain, dans leur déclaration de 1586, c. iv, lui opposent cette doctrine : « Dieu aurait pu créer l'homme tel qu'il nait maintenant, non pas qu'il ait pu le former pécheur ou vicieux et dépravé, comme il nait maintenant, mais il aurait pu lui donner un corps fragile et mortel, soumis à la loi de la vieillesse, de la maladie et de la mort; il aurait pu lui donner une âme à l'esprit lent, obtus, arrivant avec peine à la vérité et tombant facilement dans l'erreur, une âme portée et inclinée aux plaisirs des sens. » Baiana, p. 166. Ils invoquent l'autorité de saint Augustin, De libero arbitrio, 1. III, c. XX, XXII, passages que Baius interprète d'une façon arbitraire; De donc persev., c. xi, P. L., t. XLV, col. 1009; Relraclat., 1. 1, c. ix, P. L.,l. xxxii, col. 598. Voir Ripalda, op. cit., disp. IX; Casinius, op. cit., a. 4; Palmieri, op. cil., th. XLiv.

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