‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 27 sur 741 · Falsa est doctorum sen- Les docteurs errent qui · texte numérisé non relu

Falsa est doctorum sen- Les docteurs errent qui

tentia, primum hominem po- affirment que Dieu ait pu créer tuisse a Deo crcari et inslilui et former l'homme sans la Justine juslitia naturali. Baiana, tice naturelle, p. 123, 146.

Celte proposition, comme la précédente, n'appartient pas en propre à Baius; il s'en est seulement occupé dans son apologie à Pie V et sa déclaration de 1570, mais en la considérant d'une manière incomplète. Elle est, en effet, susceptible de deux sens différents. On peut entendre par justice naturelle un don, habituel ou actuel, distinct de la nature et conférant à l'homme un état positif de moralité dans l'ordre naturel, par opposition à un état de simple aptitude où la raison et la volonté ne seraient ni droites, ni courbes, mais pourraient se porter soit au bien, soit au mal. liaius n'a trouvé que ce premier sens dans la proposition 79"; et n'ayant pas. dit-il, de principes scriptur;iirrs |...ni-l.i n'snu.h-.^. il .i .Nprimé son étonnement (!•• la ^.iil liiM-rnii. iilwi.'.i ,\w- .hsrulée. Mais le terme il'' in-in,- in'hnrllr |miii\ ui in.'.ire signifier, d'après l.i l rhnnol.rjir luiani-l'-, la ju^lice ■■■p. ter sous une autre forme ce i-inèmedans le traité /)e primo >ips de doctrine rejette à bon

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ion, soil dans la seconde, n'est qu'un corollaire des pages qui précèdent.

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sitions o position

la cliariti' habituelle, <

au salut, constituaient une propriété naturelle de la créature raisonnable et lui étaient dues à ce titre; puis ils opposaient à cette assertion, seule condamnée par l'Église, disaient-ils, leur propre doctrine: Dieu se devait à lui-même, il devait à sa sagesse, à sa bonté ou aux convenances, d'aider la créature raisonnable, au moins par un secours actuel, à mener ici-bas une vie digne de sa fin naturelle, la pleine possession de Dieu, et par conséquent à obtenir la charité actuelle. Mais toute cette prétendue opposition entre la position de liaius et la leur ne répond pas aux faits. Baius n'a nullement vu dans la justice originelle un naturel de constitution, mais seulement un naturel d'exigence. De plus, l'analyse de son opuscule sur la charité et les développements qui viendront ensuite, montrent le peu d'importance qu'il attachait à la charité habituelle; son unique préoccupation est d'affirmer et de prouver qu'à la créature raisonnable est dû le secours du Saint-Esprit pour atteindre la vie éternelle,son unique fin. D'ailleurs, et cette considération est décisive. Pie VI, dans la bulle Auctoreni fidei, enseigne la gratuité absolue de « l'impulsion vers Dieu par l'amour de charité ». Reste uniquement la distinction, faite par les mêmes théologiens et quelques autres, entre la puissance divine absolue et la puissance ordonnée ou réglée dans ses opérations par la sagesse et la bonté. Mais là encore il est difficile de séparer ces théologiens de Baius; car, pour prouver que Dieu se doit à lui-même d'élever la créature raisonnable à la vision intuitive, ils n'apportent pas au fond d'autre raison que le docteur lovaniste, l'inconvénient qu'il y aurait à laisser inassouvies les aspirations de la créature raisonnable et à la faire tomber ainsi dans une éternelle misère. Là se trouve, chez eux comme chez Baius, l'erreur fondamentale, à savoir que la pleine possession de Dieu tel qu'il est en lui-même est due aux exigences naturelles de l,i crralnrc raisonnable; erreur que le concile du Vatican - |ini|., ut .!.• proscrire enfin formellement. Sc/ieni« .-' muuiciede

doctrina cathoHca, c. ni, diu~ A ' raticani,

CoUectio Lacensis,TT\ho\ivg-vii \.i i^^Aii, l.-'.)0, t. vu, col. 555, 516, 5i7 sq.La condamnation de liaius conduit donc logiquement au rejet de l'opinion dite augustinienne. Voir Palmieri, De Deo créante, th. xxxviii.

;/. pnoposmoxs hel.uiv

1. Nec angeli, nec primi hominis adhuc integri mérita recte vocantur gratia. De meritis operum, 1. 1, c. iv.

3. Et bonis angelis, et primo homini, si in statu illo persévérasse! usque ad uUimum vitœ, félicitas esset merces, et non gratia. Ibid., c. ni, iv.

7. Primi hominis integri mérita fuerunt primae creationis munera ; sed juxta modum loquendi Scripturœ sacraî non reclc vocantur gratia; quo fit, ut tantum mérita, non eliam gratia, dcbeant nuncupari.

Ibid., c. IV.

9. Dona concessa homini intogro et angclo, forsitan non iinprobanda ratione, possunt dici gratia, sed quio usum sacra; Scripturee, nomine gratia; ea tantum munera inlelligiinlur. qua; per Jesum Chrislum maie merentibus et indignis conferuntur, ideo ncquo mérita, ncque merces, quiE iliis redditur, gratia dici débet.

[biJ., c. IV ; Daimw, p. 82 sq.

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