SAINT-ESPRIT
lil.ASTARKS
laisser aller, de remettre le péché; donc pour le blasphémateur du Saint-Esprit il n'y aura pas de relâche, de rémission ni en ce monde ni en l'autre. II faut donc reconnaltreque Xoire-Seigneurdit du blasphème contre le Saint-Esprit, non pas certes qu'il est irrémissible, mais bien que de fait il ne sera pas remis. Cette interprétation s'impose et devrait être acceptée, même si on ne pouvait pas expliquer convenablement le fait affirmé si catégoriquement. Toutefois, les Pères et les théologiens ont cherché à l'expliquer et ils ont dit ou bien que Jésus, en annonfanl la non-rémission du blasphème contre le Saint-Esprit, avait prévu que les pharisiens qui s'en étaient rendus coupables ne s'en repentiraient pas et n'en feraient pas pénitence, ou bien que Dieu avait résolu de ne pas accorder aux hommes qui commettraient un crime semblable à celui des pharisiens les grâces efllcaces qui leur seraient nécessaires pour se convertir.
Un bon nombre de Pères et de commentateurs catholiques ont accepté le principe de l'irrémissibilité du blasphème contre le Saint-Esprit, tout en l'appliquant à des objets différents selon la diversité de leurs sentiments sur la nature de celte faute. Cf. S. Hilaire de Poitiers, Comment, in Malth., xit, 17. P. t., t. ix, col. 989; S. Athanase, Episl., iv, ad Serapioneni, n. 12. 17, iS,P.G., t. XXVI, col. 653, 661,663;S. Chrjsostome, Jn Malth., homil. xli, n. 3, P. G., t. lvii, col. 449; S. Ambroise, De Spirittt Sancto, 1. 1, c. m, n. 53, P.L., t. .\vi. col. 717; De pœnit., I. II, c. iv, n. 20, ibkl., col. 502; Exposit. Ev. Luc, 1. VII, c. xil. n. 121, P. L., t. XV, col. 1729-1730; S. .lérôme, Episl., XLii, ad Manellani.P. L., t. XXII, col. 478; Didyme, Liber de Spifitii Sanclo.n. 63, P. G., t. xxxix, col. 1085; S. Pacien, Epist., m, 15, P. L., t. xiii, col. 1074; S. Augustin, Serm., Lxxx. c. vi, n. 10, c. xxii, xxiii, P. L., t. xxviii, col. 450, 465, 466; S. Bède, In Marc, 1. I, c. m, P. L., t. xcii, col. 16i, 165; Raban Maur, Comment, in Matlh., P. L., t. cvil, col. 929; Druthmar, Exposit. in Malth., c. xxxiv, P. L., t. cvi, col. 1367; Anselme de Laon, Enarr. in Matlh., c. xii, P. L., t. CLXii, col. 1362 ; Rupert, In quatuor evangelislas, c. xxiv, P. L.,t. CLXVli, col. 1563; Zacharie, De concordia evangelislariini , 1. II, c. LXii, P. L., t. CLXXXvi, col. 200-202; Richard de Saint-Victor, De spirilu hlasphemiae, P. L., t. cxcvi. col. 1189. Cf. Pierre Lombard, Sent., 1. II, disl. XLIII, n. 2, P. L., t. cxcii, col. 75i; Véga, Tridenlini decreli de justificatione exposilio, 1. XIII, c. ix, Alcalu. 156i, p. 448.
Cette explication de la non-rémission du blasphème contre le Saint-Esprit n'enlève ni ne diminue le pouvoir des clefs de l'fcglise. Celle-ci a reçu le pouvoir de remettre tous les péchés dont les coupables font l'aveu et se repentent. S'il se rencontre des pécheurs qui n'ont pas le repentir de leurs fautes, le prêtre ne peut les absoudre, non pas parce que le pouvoir lui en fait défaut, mais parce que le pénitent manque des dispositions nécessaires pour recevoir le pardon. Tels sont les blasphémateurs contre le Saint-Esprit qui, sans être privés
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