II. 0|-VHA(iES. — I:ï.|.111 CI1C\c1o|j, llhjlU', Uliulu^Ull
philosophe, savant et poète en même temps (ju'liouinie d'État, Boèce n'a pas accompli la tâche dont il avait rêvé, l'explication d'Aristole et de Platon avec la conciliation de leurs deux systèmes'; sa vie n'a pas suffi à ce \asle dessein. Il nous a pourtant laissé nombre d'ouvrages, que l'on peut diviser en trois classes : I" opuscules théologiques; 2" œuvres philosophiques; > œuvres scientifiques.
I" Les opuscules théologiques, qui vont en général à formuler les dogmes chrétiens dans le langage de la philosophie, à nous donner des mystères de la foi une idée ou conception rationnelle, sont au nombre de cinq. Le premier. De saiicta Trinilate, P. L., t. LXlv, col. 1247-1256, établit, en s'inspirant de saint Auguslin, l'unité de la nature des trois personnes divines. Le <econd, dédié au futur pape Jean I", étudie rapidement If rapport des trois personnes divines à la nature de Dieu : Uirum l'alrr H l'ilius et Spiritus Sanctus de divinitatc xiibxlaiitialiler prxdicentur. P. L., ihid., col. 1299-ll!(>2. Le troisième, Quomodo substanlix in eo quod sint bonw sint, eum non sint substantialiu bona, P. L., ibid., col. I311-13li. est dédié pareillement au futur pape Jean I". Le quatrième. De (ide caihulica ou Brerit fidei chrislianm complexio, P. L., ibid., col. 13;t3-i;S8, esquisse à grands traits les dogmes fondamentaux du christianisme, trinité, création, chute originelle, incarnation, rédemption, et indique les deux
sources de la vérité catholique, la tradition et l'Ecriture. Le cinquième, Liber contra Eutychen et Nestorium, P. L., ihid., col. 1337-i35i, le plus étendu de tous et au fond le plus important, assoit le dogme catholique sur la ri'fulation de l'hérésie de Nestorius et de celle d'Eutychès.
L'authenticité, longtemps controver.sée, de ces opuscules ou du moins de quelques-uns d'eux, ne semble plus être en question. Car, en 1877, M. Alfred Holder a retrouvé dans la bibliothèque de Carlsruhe un extrait authentique d'un petit écrit, aujourd'hui perdu, de Cassiodore, où celui-ci, parlant de Boèce, parle aussi de ses œuvres théologiques : Scripsit librum de sancta Trinitate et capita qusedani dogmatica et librum contra Nestorium. Voir l'sener, Anecdtitori Holderi, Leipzig, 1877, c. iv. Certains critiques ont néanmoins persisté, faute apparemment d'une mention plus explicite, à tenir le De fide catholica pour apocryphe, en s'appuyant, d'une part, sur les nuances d'idées entre cet opuscule et le Liber contra Nestorium, de l'autre, sur le siknci' de quelques manuscrits. E. K. Rand, It-', ' /. , , ^ zugeschriebene Tr. de fide catholica, I.i I - 1" I 11 il.ue ce traité à Jean Diacre. Mais, à (•'I 1-1,1 Mis dans lesquels le De fide ne figure pa.-s. lia uiuiur, Mjiis le nom de son auteur, combien d'autres, qui restituent l'opuscule à Boèce 1 Et, quant aux nuances d'idées que l'on fait ressortir dans les jugements sur Nestorius et Eutychès. outre que l'étude du contexte les adoucit beaucoup, serait-il impossible ou seulement étrange que Boèce eût acquis progressivement des deux hérésies une connaissance plus complète et plus précise! Cf. Bosisio, SuW autenticita délie opère teologiche di A. M. T. S. Boezio, Pavie, 1869.
2» Les ouvrages philosophiques sont de trois sortes : 1. Traductions latines des traités de logique d'.Aristote et de Vlsagoge de Porphyre. — 2. Commentaires, presque tous savants et pénétrants, sur les Catégories du Stagyrite. P. /.., t. Lxiv. col. 159-29i, et sur le traité de Y Interprétation, voir Meiser, A. M. S. Boethii commenlarii in librum Arislotelis Ttipi èpiAv.vsia;, 2 vol., Leipzig, 1877-1880; sur les deux versions de Vlsagoge lie PcirpliN ri', l'uni' par Marins Virlorinus. l'autre par
/..;.. ; .. .1 : . , ,, ,1 . r P -: ,1, . l: .Ihiana l'W /; - -. I /. ,.MH rmfinda-
Cicéron ne nous est parvenu qur iiniiih . ( ■!:ii .les Topiques d'Aristole a disparu. —3. li n - n ,m ii\ -ur le sylloi;isrne calésoriqiio. le sylli.piMih li\|..i|l.. lh|iu'. la ilniM.ni, Ir, ,lin, ivii.rs top'iques. /'. L., t. t.xiv. riil. Ti.l s'M I II, ni. d l.i Ih-finition, égaré parmi les
,ri.,,--d. I - I.,h|iie./'. /..,î6i<^, col. 891-910,
par.iii ilir ilr .\l.iiius \icluiinus. Voir Usener, op. cit., p. 59-liO.
Mais, bien au-dessus de tous ces travaux, le grand ouvrage de cette classe est la Consolation de la philosophie, que Boèce composa dans son cachot, Nuremberg, l'i73; in-64, Douai, 1616, Leyde. 1668, 1671 lavee les écrits théologiques); P. L., t. LXiii, col. .>i7-862: édit. Obbarius. léna, 18W; édit. Peiper, Leipzig, J87I. La beauté du style, malgré les traces inévitables du goût de l'époque, la variété et la vie que la forme du dialogue répand partout, l'henii-ux mélange de la prose
et des vers, ajoutent au iImmu' d- 1 i c ini-iii.in et
font des cinq livres de l'oiiMi n i- rnii. i. mml
à pari. Pensées et langage, i ■ d l'i | d un m n|,hi-
tonisme amendé de cerlaim - idi l- i" liij.ili UtiLiincs. avec une teinte de stoïcisme où se réllèlenl le caractère personnel de Boèce et ses lectures des philosophes romains. Pas un mot de Jésus-Christ non plus que des apôtres el des Pères, pas une citation des Livres saints; l'auteur ne se réclame que de la philosophie. On aurait tort toutefois d'en conclure, avec Obbarius, .ivec Ch.
BOECE — lioKCE DE DAC.IE
Jourdain, op. cit., etc., que Boocf n^ lui |m- clu-rlion. (ludu moins ne l'était que de nom. 1.,: (:,'i<s,,i,iiinii de la philosopliie n'est pas du tout iii].- ..iiilr.v-.inii .!.• l'écrivain, le miroir fidèle de sa vie inoiale; c e.st un des tros rares échantillons de cette littérature parénétique de l'antiquité, qui tenait dans la vie une place fort importante et qui devait avoir pour Boéce, du fait de son éducation et de ses goùls. nii (.^n liculier attrait. Il s'en
faut pourtant que ce suil. .1 i in.ni.re absolue, un
livre païen; il est tout Liii|.r.inl m .....ulraire de christianisme. Boéce n'y parle pas de nus dogmes en termes exprès; mais on sent qu'il les présuppose. Il n'y a rien dans son œuvre qui ne soit conforme à la morale chrétienne, rien dans ses paroles et son ton qui ne trahisse la foi vive el profonde du chrétien. A. Engelbrecht, Die « Consolalw plnUisophiœ » des BœtliiKs: Beobachtim- (jen vhor dfii Sid de': Autnrs uiid dir Vcherlieferung
V. Iiorn^nt a deux traités, ./.'('. 1 .intv.. en deux livres /' y . I i\iii, col. 1079-
1300. Cf. edil, 1 M..II. Ml l.i|./u IM.T I, s,.|„|,ss,/" (len malhe'nwti''i h- ^ ,,^,1 ,ili^. /,, u \\ , 1 1 , n ,1, ■, l„„tliius, dans Aili<:i,<ihi„,i, „ .1,,^ ,1, , I I,, I u I I, , /;,rss, clwn Altertxm^-W i^^i :h:'li pnl h. -pu \V \.t.liiisl, Munich, 1891, p lo7-ll . I .... <\ .u .ut une (iéume- <)'ie; mais raullii'iili. II. .1 1 . i,. . . ic ijui porte son nom est des phis ^ii^-p. . i. s ,i h i .jii..iiimée littéraire de Boéce n'y perd rien. Li'aprt-s Ci^Mndore, Var., 1. I, epist. XLV, P. L.,i. lxix, col. .139. Boece avait aussi traduit un ouvrage de Ptoleinée sur l'astronomie et un ouvrage d'Archimède sur la mécanique De ces deux versions, il ne nous est rien resté.
III. Influence. — Très peu d'écrivains se sont survécu dan« leurs ouvrages autant que Boéce et ont exerce sur les iïi. 1 I. - -.iiu iilN un. uillin n. . . tle à la sienne. Esprit . I ... Il .1. 1 - . pli-, ni - .1. Ihéologie présagent c I |ii . p .1 . II! I - Il I. iiiv .Il - -t..|jsliques: car, en aecept.uil l. .1 m. il ni n n pi- 1 II' comprendre, mais ,1 I 1 1 I I I . I I- il I 1 I .1 \ ( horclie
l'intelli I . h I I . ni - pi. 1,1 phi-
losophir I lu .1 lii I ilii.n . Il I --.lit. ni m II. -ment. Telles des dniiiiitions tlicolugii|Ups d.' lloei-.', notamment celle de l'éternité, que s'est appropriée saint Thonias, Sum. theol., I», q. \, a. I, et plus encore celles de la nature et de la personne, P. L., t. Lxiv, col. 1341, 13i2, sont devenues classiques. Pierre Lombard, dans son Livre des Sentences, a emprunté plus d'un texte à Boèce. Des le ix« et le x'' siècle, témoins les manuscrits, les . pii-iiili- .pii II. m- .lo.npcnl ont trouvé des interpWii- I,.- ...1111.1. ni, un - .!.■ i.]ll..'i't de la Porrée, P. L., t i\i\, .'.1 1 ■'.'.; -Il 11'. .Ii> i..-..ili'...y d'Auxerre et de saint riiuni.i- ilAipiiii -. i..nl il:ui- l.i suite imprimés. Voir col. 83i-835.
Plus" générale et plus profonde fut l'influence des ouvrages philosophiques. Boéce est. sans contredit, après Aristote, la plus grande autorit.' pliilo?ophique du moyen âge. Tout cequelemoyenâgi'. ,i\,.iil 1;. -. le moitié du XII» siècle, avait connu d'Ari-l. Il . il l.uul lu dans Boèce; c'est de l'habile interprèl.- il.- I,i lu-iiiuo péripatéticienne que la scolastique a tout reçu, langue et méthode ; c'est l'interprète de Porphyre qui a donné le branle "aux longues et ardentes querelles du réalisme et du noniinnli«mp l.n v.TLMf nt l'influence de la Co7isolation en pailh ni 1 1 pi ni loute idée. Aucun ouvrage peut-étLi- Il 1 I ! |ii .1 Iravers le moyen âge plus de Iraiiii 1 ■■ 1. . . inniontaires, d'imitations. Leibnit/ n. 1 , 1 u -iéole composera des deux premiers Il 11 j. pour son propre usage. Voir Kouch- 1 : 'il, ; tires et opuscules inédits de Leibnitz, l'aiii. Itoi, [j. mô sq. Depuis Asser, le maître du roi Alfred, vers la lin du ix« siècle, jusqu'à Murmellius, dans les premières années du xvi^ siècle, la Consolation
de la philosophie a été traduite, commentée ou imitée dans la plupart des langues de l'Europe : en anglosaxon par Alfred le Grand; en provençal, au x? siècle, par un p...'!- im .nnii .11 allemand par le moine Notker,. de l'aM.:.v 1 ■ i -n II, voir P. Piper, Die Schriften Notliers . ^ :../.•, Fribourg-en-Brisgau, 1882,
t. I, p. l-.'.ss , ,1 iiin ,,i-, au xiiF et au xivf siècle, par Jean de Meung, Renaud de Louhans, peut-être Charles d'Orléans, et des interprètes anonymes; en italien, en espagnol, en flamand, par nombre d'interprètes; en grec,^ vers le milieu du xiv siècle, par un moine de Constantinople, Maxime Planude. La bibliothèque Vaticane en p'ossède aussi une version hébraïque; de nos jours, M. Octave Cottreau en a publié une traduction française
très soignée et tr.- .
lions en langui mH.
commentaires la lin encore inédits, el lou^ dain. op. cit., p. 28-t)y latwn de la théologi
'iris. 1889. Aux traduc-
I ml ajouter nombre de 1! 1 1 publiés, les autres
.1 III. ilinrrpi;. Voir Jour-