‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 344 sur 741 · partie et qui se fixe en formules Inn-ur ni nniiih'es · texte numérisé non relu

partie et qui se fixe en formules Inn-ur ni nniiih'es

Cette dialectique continue f.di^i Bonald la fait paraître pln^ m ramenant tout aux trois l.ini. - (|u'il manie algébriquement 1 1 i de proportions et d'équations.

La doctrine fondamentale de Bonald est celle-ci : « Il existe une et une seule constitution de société politique, une et une seule constitution religieuse; la réunion de ces deux constitutions et de ces deux sociétés constitue la société civile ; l'une et l'autre constitution résultant de la nature des êtres qui composent chacune de ces deux sociétés aussi nécessairement que la pesanteur résulte de la nature des corps. » Théorie du pouvoir, Préface. Or, cette unique constitution de société politique est la société royale pm. . .. il- uni. pu' constitution de société religieuse esl II 1 II ilinlique.

Voilà 11!' il, diinonstration. Elle repose sur

une théorii in 'in. I I; 'iiiild relative à l'origine du langage. [L'homme u'a pu inventer sa parole : Dieu lui a révélé le langage et avec lui, par lui, toutes les vérités de l'ordre religieux, moral et social. Kn effet, « l'homme, dit Bonald traduisant librement une pensée de Proclus, est une intelligence servie par des organes. » Législation i^rinùtive, I. I, c. ii, a. 3. Or. c'est un fait de l'ordre psychologique : cette intelligence ne peut concevoir une idée — morale, sociale ou générale — sans le mot qui l'exprime, et « l'homme pense sa parole avant de parler sa pensée ». Ainsi, d'après un mot de Rousseau, « la parole était nécessaire à l'homme pour inventer la parole » et même pour exercer sa faculté de penser. Recherches philosophiques, c. ii. L'homme n'a donc pu inventer le langage.

La société n'a pu davantage l'inventer. Quoi qu'en ait dit Rousseau, la société, œuvre de Dieu, est un fait primitif nécessaire et qui suppose l'existence du langage. « La société humaine n'a pu exister sans le langage, pas plus que l'homme hors de la société. » Ibid.

De ces deux affirmations, Bonald conclut que le langage est un fait naturel, nécessaire et qui, « s'il n'a pu être inveiiti' par l'homme, ni par les hommes, a donc été [Il linilivement donné au genre humain, dans la personne d nu premier homme, transmis par lui à ses premiers descendants, et par eux, à tous les autres et au genre

humain. » Ilùd. Le premier homme a donc reçu le langage par un don spécial, par une révélation orale, « d'un être supérieur à l'homme et antérieur au genre humain, » de Dieu, « partout nommé, partout connu et par conséquent existant. » Recherches philosophiques, c. x; Législation primitive, 1. I, c. m, iv. Évidemment, cette révélation orale contemporaine du premier homme a eu pour objeHes vérités générales de l'ordre religieux, moral et social — existence d'un Dieu créateur, législateur, rémunérateur et vengeur; distinction du juste et de l'injuste, etc. — indispensables à l'homme et qu'il ne pouvait acquérir de lui-même, étant donnée son impuis.sance à créer la parole. C'est donc par voie d'autorité et non par voie de raisonnement que ces vérités sont venues au premier homme, à la première famille. C'est aussi parvoie d'autorité etd'enseignement qu'elles arrivent à chaque génération, avec le langage. Par le langage, ces vérités sont devenues le bien de la société considérée dans sa généralité la plus absolue et leur connaissance forme la raison uuiversolle. I.n société « en donne communication à Imi . i nlniK à mesure qu'ils entrent dans la grandi- r.iniill- I 11' 1. m- en dévoile le secret par la langue qu'elli li m . n-. i^in' », car « si

lit

quelle impertinente présomption ce serait de sa part de dire : « .Te doute, » et non : « Je crois, » à propos de « ces vérités générales qui sciiil inconnues sous une expression ou sous iiiir .mli. dm, l,i ..i ni,' humaine ». Il contesterait le pin- hi ni mil l . i hiilili'; il opposerait sa raison parinnii'i ' i ! .inM'i-selle. Or,

« quelle autorité plus iininul.uiU .jui la raison universelle, la raison de tous les peuples et de toutes les sociétés, la raison de tous les temps et de tous les lieux'? » Sans elle, « il n'y a plus de base à la science, plus de principe aux connaissances humaines, plus de point fixe auquel on puisse attacher le premier anneau de la chaîne des vérités, plus de signe auquel on puisse distinguer la vérité de l'erreur, plus de raison en un mot au raisonnement. » Recherches philosophiques, c. i.

En fait, dans les sociétés particulières — encore que l'on n'en trouve aucune sans avoir i. avec une langue

articulée une connaissance plus ou m- di-innin de

divinité, d'esprits, d'un état futur ', / i.,^iiii-

(lue. Discours préliminaire — les tnii. ni .ur-

nes de leur sens et la tradition oraln . l ,i ,ili. n l. .Mais Dieu y a pourvu. Il a donné à la révélation orale le complément d'une révélation écrite qui la fixe — et cela par la même nécessité qui lui a fait révéler à l'homme le langage : « La nécessité de l'écriture qui fixe et étend la parole est évidente, puisque nulles autres sociétés au monde n'ont retenu toute la loi orale que celles qui ont connu la loi écrite. » Législation primitive, 1. II, c. ii, a. o. A de nombreux signes nous reconnaissons dans la société judaïque etaujourd'hui dans la société chrétienne, « cette révélation écrite, l'écriture de la loi générale dont tous les autres peuples nous offrent dans leurs lois locales une connaissance imparfaite. » Op. cit., 1. II, c. I, a. 8.

La source de toute vérité découverte, Bonald passe aux applications pratiques. II ne considère pas l'homme en dehors de la société : comme tel, il n'existe pas. Il a été créé pour la société. Or la société est un être vivant qui se développe suivant des lois posées par la providence. A la lumière de la raison univer.selle, manifestée dans le langage, il recherche quelles sont ces lois, autrement dit, quels sont « les rapports vrais ou naturels entre les personnes de la société ». Op. cit., 1. II, c. I, a. I. L'homme a des rapports avec Dieu et avec ses semblables; il appartient a trois sociétés : la société religieuse, la société politique et la société domestique

DONALD — BON AVENTURE (SAINT

en laquelle les deux premières se confondaient à l'origine. Mais tout va par trois : « Tout ce qu'il y a de plus général au monde et dans nos idées est soumis à une combinaison ternaire. » Démoiistration, c. xv. Il y ;i donc dans toute société trois personnes distinctes, partout nommées d'ailleurs et comme distinctes, partout connues ; le pouvoir, le ministre ou médiateur el le sujet. Or « cette formule : La cause e.st au moyen ce que le moyen est à l'elfet, comprend tous les rapports », et relativement à la société, ces termes, cause, moyen, <îlïet, se traduisent, pouvoir, ministre, sujet. Dès lors, « les rapports des êtres en société sont tous compris <lans celte proposition : Le pouvoir est au ministre ce que le ministre est au sujet. » Législation primitive, 1. I, c. VI, IX. Raisonnant sur ces termes, il aboutit à ces conclusions : La société domestique n'a d'autres fondements que les fondements déterminés par l'Évangile. L'autorité du pèi-e de famille y est toute-puissante. Elle est incompatible avec le divorce. Du divorce. La société publique a sa forme la plus parfaite avec la monarchie royale ou absolue — celle de l'ancienne France — parce <]ue « ce gouvernement est le plus naturel, qu'il ressemble le plus à la famille, son élément; les trois personnes y sont parfaitement distinctes (comme dans ioute langue) et le pouvoir et le ministre sont héréditaires, propriétaires, inamovibles et par conséquent homogènes avec le pouvoir ». Démonstration, c. XV. Le pire des gouvernements est le démocratique : « Dans la démocratie, il y a confusion des personnes, ou plutôt il n'y en a qu'une, le peuple souverain: el il n'y a ni hérédité, ni fixité, mais une uinlulili' iin-pciiu'lle, et c'est ce qui en fait le plus imparlbii ^1. - -iim riiiinents. » Ibicl. La vraie forme de la suci. i. ii li-nnse est le catholicisme. Lui seul, avec sa cru\,iiic.-- luiKLiinentale en l'Homme-Dieu, réalise la notion complète et par suite vraie du minisire universel, médiateur nécessaire ■entre Dieu pouvoir universel et l'homme. Évidemment la société religieuse sert de fondement aux deux autres et ainsi à la base de tout se trouve la croyance en l'Homme-Dieu : « Il y a oubli de Dieu et oppression de l'homme partout où il n'y a pas connaissance, ador.ilirni el culte de l'Homme-Dieu. Toute la science de la so. i. i. toute l'histoire de l'homme, toute religion, toutepoliihiiisontdans ce passage. » Législation primitive, 1. II, c. ii, a. 8; cf. Démonstration, Conclusion.

Tel est le système de Bonald. Il a pour point de départ un paradoxe; il réduit la raison à n'être, pour ainsi dire, qu'une facnllé ilinterprétation; il mêle souvent les données dr l.i i n .n il les données de la foi; enfin., il ofl're tous 1' -. . I- hmiiK iln traditionalisme. Mais si le traditionalismr i .1. coinliiiiné par Rome, le système de Bonald ne l'a jamais élé directement.

Les Œuvres complètes de Bonald ont été publiées plusieurs toib Les meilleures éditions sont • 15 in-8«, Paris, 1S17 ; 1825- 1S26, 1843, 7 in-8% Paris, 1857 1875, et celle de Migne, pluv complète, 3 m-4% Paiis, 1859 Quéraid, La Fj a>ice littéral) e, t II, p 201-215, a dressé la liste complète des écrits de Bonald , cf Catalogue gemi al des livii'. iinpi une-, de la Bibliothèque nationale Auteui t, Paii'^ I im i \\ 1 «,S-4S1.

H de Bonald, Notici m' V i I de Bonald, in-S-,

Paris, 1841; V de Bonald Li I i il il'^ de M le vicomte

de Donald Dt/, ii'.t df, I i , ji ;(/;»s(( M de Bo-

nald m ^ V\ I l"^ I I r \ ilAuie-

mIU / \ ] \ \ ( ause-

S. BONALD (Victor de), publiciste franrais, né à Monna, le 19 mai 1780, mort à Rodez, le 6 mars 1871. Fils du vicomte de Bonald. il fit ses études à Heidelberg, sous la surveillance de son père. La Restauration le fit recteur de l'Académie de Montpellier. Il a écrit pliisi.iiis oii\ rages: l» Les vrais principes opposés aux en riir^ ,lii Mysiécle OU Notices positives sur les points fn,,j,inifiii,iii.r de la philosophie, de la politique et de la ii-liyiuii, iii-8», Avignon et Montpellier, 1833; 2» Moïse et tes géologues modernes ou Récit de la Genèse comparé aux théories naturelles des savants sur l'origine de l'iinivers, la formation de la terre, etc., in-18, Avignon, if^?,'), iiail. isiKignole par F. Bielsa, in-18, Paris, 18'36; cr iihs.'rr.ihnn. adressées à M. Marcelde Serres sur son ..lo,.»./,' m h i nlr : De la cosmogonie, etc., in-S», Avignon, isil: 1" Encore un mot sur Pascal, les jésuites et renseignement, in-12, Avignon, 1845. Il a écrit aussi une apologie de son père -sous ce titre : De la vie et des écrits de M. le vicomte de Bonald, Défense des principes philosophiques de M. de Bonald, in-8«, Avignon, 1844; 2' édit., in-12, ibid., 1853.

Hurter, Nomenclator, t. m, col. 894, 1198.

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