Omnia opéra infldelium Toutes les actions des infi
sunt peccala, et pliiloscpliorum dèles sont des péchés, et les virtutes siiiii Mhj. /). irtul. vertus des philosophes sont impiorun i \ -r,. des vices.
4, 7, in C
27. Lib. r;. III i.il i ii m- -ino Sans le secours de la gn'ice gratiîE Dei adjut-irio, ni-nnisi ad de Dieu, le libre ai'biU'e ne peccandumvalet.LieiJiî-tMtibus peut que pécher. iminoriim, c. viii, tit.
28. Pelagianus est error di- C'est une erreui- pélagienue cei-e, quod liberum ai-bitrium de dire que le libre arbitre valet ad ullum peccalum vi- peut nous faire éviter un seul tandum. lb'ut.,c. ww.Annot,, péché.
4, in Ccnsur. Sorbon.
Ces propositions se rapportent aux forces du libre arbitre dans l'état de nature tombée. Elles sont doublement importantes ; pour la place qu'elles occupent dans la doctrine baianiste et janséniste, et pour les vives controverses auxquelles elles ont donné lieu. Dans ses apologies, Baius les a maintenues et défendues, en exprimant son étonnement de voir proscrire ce qui parait beaucoup plus confoi-me aux saintes Écritures et aux anciens auteurs. Il fait constamment appel au célèbre texte de l'Apotre, Rom., xiv, 23 : Orrnie quoil non est ex fide, jh;;<thiiii i-sl. , n r.'iili'iMl.nJ il-' !.i f-i iinl opère par l.i rlunir. M,ii^ il iii\, ., .,i M : . . de sainl AuLu^im, ipii nluM' ili i....:ir..i ,l,.!i païens de wair.s vcrlus, ci d.'iljiv jnch.' Imil ):■■ 4111 ne procède pas de la foi ou n'est pas rapporté à Dieu. De civitale Dei, 1. XIX, c. xxv; Conlra duas epistolas pelag., 1. III, c. v; Contra JiiUan., 1. IV, c. m, P. L., t. xLi, col. 656; t. xi.iv, col. 598, 743 sq.
La pensée de Baius sur les vertus et les actions des infidèles nous est suffisamment connue parce qui en a été dit dans l'exposé général de sa doctrine. Il s'occupe des vertus dont les philosophes païens ont parlé dans leurs livres, sans s'inquiéter d'ailleurs de savoir s'ils ont pratiqué ou non ce qu'ils ont enseigné. Sa thèse, à lui, est plus radicale ; ces prétendues vertus des philosoplies, colles-l.'i même qu'Aristote a décrites, en leur assignant pour objet les devoirs de l'honnêteté voulus pour eux-mérju's. toutes sans exception ne sont, à proprement parler, que de véritables vices qui damnent. Pourquoi'? Ce n'est pas pour les devoirs de l'honnêteté que les philosophes enseignent ou que les infidèles accomplissent; c'est pour la fin qui est toujours; vicieuse, tant que l'homme ne rapin.i h p,i^ -. ~ .uiiMii- à Dieu sous la lumière de la foi il I . inpn. il<' li rlimi/: c'est en ce sens que Baius dit d-' Iniiii' .1. iiim il— ;iili.li-les. ipso non i-eclo fine peceah'n: r^i.i . \ . ii iMltmi tion se ratlacheétroitemeul, il.iii- I I 1 '. .
la négation de toute gràcv il, m- I. - mLi-l . Il uiiiiil lire ses remarques sur la 7' JJlopo^llloll ecu-^uiic p.u la Sorbonne : « Sans la grâce spéciale de Dieu, le libre arbitre ne peut éviter de pécher; d'où il s'ensuit que toutes les actions d'un homme purement infidèle sont des péchés. » Les docteurs parisiens avaient déclaré la seconde partie de cette proposition fausse et mal inférée delà première partie. Baius réplique : « Si la Sorbonne avait cru qiip ]•• si^n^wv-i <],• la ;;,'àce est nécessaire à l'homme. 1 ' p - 1' n u' jumi - aîistenir de pécher pendant nii ' iiii II. il. h . iii.im rncore pour ne point pécher 1. , . |i u ',.n\. iiimIiI'. pensée et mouvement, ainsi qi ' .ni 1 ailles Pères l'ont défini
Çontri.' ! ' pi^ -uiis cette censure; car
il est lu |i,i -.iiit purement infidèles,
ne soiil . > J-j IJiLii dans aucune de leurs
actions. » Et le docteur lovaniste prouve alors que toutes les actions de ces infidèles sont péché, parce qu'ils ont l'obligation stricte de les rapporter toutes à Dieu et à sa gloire, et qu'ils ne le peuvent faire dans l'état d'aveuglement et d'orgueil où ils sont.
Les propositions 27» et 28' complètent la doctrine de Baius, en montrant ce qu'il pensait du libre arbitre laissé à lui-même dans l'état de nature tombée. Là encore, il importe de connaître ses observations sur une autre proposition censurée par la Sorbonne, la i', ainsi formulée : « Le libre arbitre de soi-même ne peut que pécher; et toute action du libre arbitre abandonné à lui-même est un péché mortel ou véniel. 1) Cette proposition avait été' déclarée hérétique dans toutes ses parties. Que répond Baius'/ « La Sorbonne a tort de qualifier cette proposition d'hérétique; elle est vraiment catholique et pleinement conforme à la doctrine du texte sacré et des saints Pères. " Les arguments invoqués se retrouvent dans le traité De vivtutlbus inipioriiiii. Ce sonl tous les anciens passages dont Calvin sitiii il. ja s.'i\i pour battre en brèche la liberté do lliuiiiiiK il. I lui : Liberiwi arbitrium captivatum noniiis, iiil prri'iiii'liiiji valet. Neque liberum arbitritun qincquam, nisi ad peccandum valet, si lateat veritatis via. S. Augustin, Contra diias epistolas pelag., 1. III, c. vili; De spiritu et Uttera, c. m, P. L., t. XLiv, col. 607, 203. Nemo habet de suo nisi mendaciuin et peccatuni. Concile d'Orange de 529, can. 22, Denzinger, n. 165. D'où ce commentaire de Baius, qui contient le dernier mot de sa doctrine sur le libre arbitre dans l'état de Il I lin .l.'.liii. i Comme la volonté qui n'est pas encore il.' cupidité, et que la cupidité est un li . Il 11! .|ue tout ce qu'elle opère, elle l'opère .iii< 1 nillii.ii. .■ (le cette cupidité vicieuse, et ainsi elle ne se porte qu'au péché. » De virtutibus impioi'uiu, c. VIII. En somme, le libre arbitre n'est de lui-même qu'une puissance viciée, dont le mouvement propre sera néces«ah'..rn.^nt un mouvement vicieux. Doctrine qui, rappr.i. II. .' .1. .1. ii\ autres assertions de Baius, à savoir qui' I iiiliil.l.' 11.' icioit point de grâces et que cependant i! r.'>l.' iiiuialcmcnt responsable de ce qu'il fait, est simplement alTrcuse et ne le cède en rien, pour ce qui est du fond des c'hoses, aux sombres dogmes d'un Calvin. Ce libre arbitre qui ne s'exerce que sur des biens d'ordre ti-mporcl, mais de telle sorte qu'alors même il j.. rli. 1 n. puisse que pécher, qu'est-ce sinon une nécrssii. m. In. iil.lr de faire le mal'?
On ne saurait il.iiir s .tunner que l'Église ait proscrit les propositions 25", 27'- et 28=. Mais quelle est la portée de la censure? Non seulement les baianisles et les jansénistes, mais des théologiens de nuances diverses qui croyaient voir en cause l'antoriti' de saint Augustin, l'ont ou diminui'.' .ai ni.an.' t..i,il.'irii ni l'.iii^-.'.' par des interprétations .ni. iir. ir.-. .piiii.l .11.'" n.' -i.iit pas chimériques. Ùu .'11 tioin.' in-ipia s.'pl. an -iijet de la propo- -hi.. Il ■:.■> , dans le carme Henri de Saint-Ignace, Ethica Inc. cit., p. 153; beaucoup sont, par rapport à
I i II. I' de Baius, des contre-sens; d'autres auraient !.. lu application, s'il s'agissait de montrer en quel sens la proposition serait soutenable, mais ne l'ont pas, quand il s'agit de déterminer ce que l'auteur avait réellement en vue. La même remarque s'applique à la proposition 27' ; il est faux, en particulier, de restreindre les mots sinegratix Dei adjutorio à la grâce habituelle; Baius entend parler du libre arbitre laissé à ses seules forces. Voir Duchesne, ouv. cité, v éclaircissement. D'autres auteurs, prenant les propositions sans ambages, mais craignant d'accorder que la doctrine ait été atteinte, supposent que la 25« et la 27e font un tout avec les suivantes qui contiennent l'odieuse qualification de pélagianisme et que, par suite, elles participent virtuellement au même vice. Supposition arbitraire et fausse; dans les écrits de Baius, comme dans la bulle de saint
BAIUS
Pie V, les propositions 25« et 27'' sont absolues, et non pas modales; la condamnation de la doctrine a été répétée formellement ou équivalemment dans des constitutions postérieures. Voir, dans la bulle Sanctissimus d'Alexandre VIII, les propositions 8° et Ils dans la bulle Unigenitiis de Clément VIII, les propositions 1"-, 2», 39«, 40, 41«, 48*; dans la bulle Auctorent fidei, les articles 23'' et 24" qui seront cités plus loin. Denzinger, Enchiridion, n. 1165, 1168, 1216, 1217, 1254, 1255, 1263, 1386, 1387.
Baius voulait dire, pour les motifs que nous avons vus, que toutes les actions des infidèles sont nécessairement des péchés proprement dits, et qu'au même titre les prétendues vertus des philosophes sont de vrais vices; il voulait dire que le libre arbitre laissé à ses seules forces ne peut que pécher, parce qu'il est alors physiquement incapable de tout bien dans l'ordre moral. Assortions condamnées dans le sens de l'auteur, et justement condamnées, puisqu'elles sont l'application ou la conséquence de principes hérétiques ou erronés sur la corruption du libre arbitre dans l'état de nature tombée et sur la nécessité de la foi et de la charité tli<'o!oj,'nle comme unique principe de moralité. Aussi !■•< (locli^iirs de Louvain opposèrent à celte doctrine la (lichir;ili(in suivante : « Le péché du premier homme en all'aililissant les forces du libre arbitre, n'en a pas tellement énervé tout principe du bien, que sans le secours de la grâce il ne puisse que pécher : car il sort encore de ce fonds endommagé des actions utiles au Ijien de la société, des actions louables propres à former les mœurs, et des traits de sagesse pour le gouvernement politique des Etats. Des actions de ce caractère ne peuvent en aucune manière être regardées comme autant de péché.s; par conséquent, on a tort d'enseigner que le libre arbitre, soit dans les fidèles, soit dans les infidèles, n'a de force que pour pécher. » Corps de doctrine, c. V, Baiana, p. 167 sq.
S'ensuit-il que, de fait, le libre arbitre fera, sans le I cours de la grâce, des actions moralement bonnes'? L 1 conclusion, si tenté qu'on soit de la tirer, ne sort pas rigoureusement de ce qui précède; entre ne pouvoir que pécher et faire par les seules forces de la nature, .sans grâce aucune, des actions moralement bonnes, il peut y avoir des moyens termes. Vasquez, par exemple, répondra : l'homme peut au moins faire des actes indifférents, ou même faire des actes moralement bons, mais aidé par un secours d'ordre naturel auquel conviendra, dans un certain sons, le nom de grâce. D'autres diront, avec Ripalda : en fait, l'homme ne fera jamais par les seules forces du libre arbitre d'acte moralement bon, parce qu'en vertu d'une loi vouUio pnr riini la Lr:'ioo interviendra toujours pour élever b s f ili ilm' lligence et de volonté et leur faire pi^Jnii. ,|, - ,,, i,s surnaturels et méritoires; mais il ii.n y^\^- [ii- UMiiiis vrai que le libre arbili.. .oii-i.ii i- .ri liii-ménie el dans SCS forces propres, (.mi i,. p.i i .iiport à ses actes une vraie puissance, anl. . .1. ni. . t |.li\sique; et c'est là ce •l'ii dislingue essentii II, m.iii 1,> lliéulogiens catholiques ^- baianistes et des jansonisU^s.
i.iiie dire maintenant de cette position, chère aux ii;;uslinienset à beaucoup d'autres docteurs : les actions cino font les infidèles en accomplissant les devoirs d'iionnéleté, comme d'aimer leurs parents ou leurs enfants, ne .sont pas des péchés, mais le sujet lui-même pèche alors, d'un perd., rrninis-^inn. en rv rnpp.'.rt.Tnt pas ses actions à lii. n, lin .l.ini.i. ■ l , |.. -iit-n .'st certainement dillVTi'ni.' .!.• ..Il-- .1. I:,,iii , .pu ,.iM,ii dans toutes les acli<.ii>; ci. Iil.. i-. . - d. > nili.l. |. - ,l|.s actions inlrinsèquomoiit viciées pur l,i cupidilé. Cependant, si l'on entendait soutenir l'obligalion stricto, c'est-à-dire sous peine dépêché formel, de rapporter à
Dieu, chacune de
aclK
de
charité, on retomberait infa
par le motif de
foi et d.ins
quelques-unes des propositions condamnées soit par Pie V, soit par ses successeurs, en particulier dans ces deux propositions, proscrites par Alexandre Mil : « Il est impossible qu'un infidèle ne pèche pas en toutes ses actions. Tout ce qui ne part point d'une fol chrétienne, surnaturelle et qui opère par la charité, est péché, o Denzinger, Enchiridioi^ n. 1165, 1168. En dehors de cette supposition, la question sort proprement du baianisme et doit se résoudre par d'autres principes.
Les limites restreintes de ce commentaire ne permettent pas de discuter ici les textes de saint Augustin et des conciles que Baius invoquait. Mais il est nécessaire de remarquer que le saint -siège n'a jamais admis que sa conduite à l'égard de ce docteur entraînât la répro)>ation des anciens Pères. Sous des termes semblables peuvent se cacher des idées différentes; et la clause ijuanquam nonnullœ alujuo pacto sustineri passent trouve ici son application. Pie VI rappelle, dans la bulle Auctorem fidei,de\i\ passages de l'évêque d'Hippone qu'on n'a pas le droit d'oublier, quand on veut apprécier équitablement l'ensemble de sa doctrine. Dans le premier, le saint reconnaît, entre l'amour divin qui conduit au ciel et l'amour humain illicite, un amour humain qui n'a rien de répréhonsible, gwœ non reprehenditur, et qui peut se trouver dans les païens, les juifs et les hérétiques. Senn., cccxLix, c. i sq., P. L., t. xxxix, col. 1529 sq. Dans le second passage, il suppose clairement la possibilité, dans les infidèles, d'actes dignes de louange sous le rapport de l'ho'nnêteté morale ; possibilité de droit <\\u n . iiii . .lit pas, mais confirme, au contraire, la resiri. ; r le saint docteur à
la question de fait : ./ : :^,ulianmr quo fine
liant, vix inveniuntH.. hr .j... /-, cl liltera, c. xxvil .sq., P. L., t. XLIV, col. 229 .sq. Ces mots vix imeniunlur, qui n'ont pas de sens dans la supposition baianiste, démontrent clairement que la doctrine vraiment augustinienne sur les actions mauvaises des infidèles n'a pas du tout le caractère d'affirmation absolue et d'universalité rigoureuse que Baius lui attribue. Dans le fameux chapitre m du IV« livre contre Julien, le grand adversaire des pélagiens n'admet pas, assurément, de vraies vertus dans les infidèles. Doctrine très exacte, puisqu'il entend par vraie vertu celle qui est principe d'un acte bon sous tout rapport, celle qui fait de l'homme un juste et ne le laisse pas dans le rang des arbres stériles, celle enfin qui nous perfectionne en vue de notre fin dernière, c'est-à-dire, dans l'ordre actuel, en vue de Dieu, objet de la béatitude surnaturelle. Tournely, De gmtia Cliristi, q. iv, c. ii, solution des objections tirées de saint Augustin. Et telle est aussi la doctrine du .1 .. I. m .n^.'li.iue. Sum. theoL, H* H», q. xxin, a. 7 M . il (|ue toutes les actions des
infidèles soi. I. l |..chés formels, et que tous
les principrs .|, l, m . i , -oient de vrais vices? Est-il certain, en outre, que dans la terminologie augustinienne, les mots de mal et de péché désignent toujours le péché proprement dit, le péché formel, et qu'ils
s'opposent pas quelquefois ; lion théologique de bien sahil.
soit des diverses solutions d..
aux textes patristiques ou co homme sans la grâce ne peut qu
pécli.
i- cl .ms l'accepqu'il en donner ant que dans la
doctrine générale des anciens Pères ni dans les circonstances historiques où ils écrivirent, n'autorise cette interprétation étroite d. IV.lu- .] i. l'I'Llise a répudiée : Le libre arbitre, laissé .. I . n |ieut que pécher,
c'est-à-dire, il est, p.ii . |i [. i , il. -se et son impuissance radicale à tout l i n l . ..h moral, déterminé à pécher formellement dans chacune de ses actions. S. Thomas, Hum. theol.. Il» II», q. x, a. i; Bellarmin, Dngraliael Ub.arb., 1. V, c. xi; Ripalda, op. ci(.,disp. XIII, secl. III, n. 20 sq.; disp.XVIII, XX;Palmieri, De (jratiadivina acluali, Ih. xxi, (nilpen, 1885.
Le pécheui' obéit dans toutes ses actions à la cupidité qui le dcpnine.
mieux l'entière et exaclrleurs avaient des œu\i' - De chanlale, c. xi, ce Ih la créature raisonnable • contraires : l'amour louai
35. Omne quod agit peccator vel serras peccati, peccatum est. De charitate, c. -n, confronté avec Annot.y 4, in Censur. Sorbon.
40. In omnibus suis actibus peccator servit dominant! cupiditati. De libero hom. arbitrio, c. VI; Baiana, p. 99, 101.
Baius traite lui-même d'hérétiques ces deux propositions. Elles mériteraient, en effet, cette qualification, si on leur donnait un sens absolu; car le concile de Trente avait anathématisé, sess. VI, can. 7, ceux qui voyaient de vrais péchés dans toutes les œuvres qui précèdent la justification. Denzinger, EnchiruJion, n. 699. Aussi le docteur lovaniste crie à la calomnie, et ses partisans n'ont pas manqué de inettre à profit cette circonstance pour foire entendre avec quelle légèreté on l'avait dénoncé à Rome, puis condamné. On a le droit de reviser le procès; il y a peu de propositions qui montrent !iii li'isiinre que les compilal:.iiii- I i:in^ son opuscule - ii II il IV i-,iil tout amour de il( ii\ I i,i~<,'s exclusives et qui a Dieu pour objet, et la cupidité vicieuse qui fait aimer le monde. Il ajoutait ; la volonté non délivrée par Jésus-Christ est toute cupidité; la volonté qui n'est pas charité est toute cupidité. Pour voir dans cette doctrine l'erreur énoncée dans la proposition 35", qu'y avait-il à faire? La rapprocher des annotations sur la censure portée par la Sorbonne contre cet article ; Toute action du libre arbitre abandonné à luimême est péché. Baius prend la défense de cette assertion; il invoque divers textes patristiques. en particulier celui-ci, tiré de saint Fulgence, £p!s(., xvii, de incarnat, et gralia, c.xix, P. L., t. Lxv, col. 475 : « Tant qu'il est l'esclave du péché, l'homme n'est propre qu'à subir la loi du péché, nonnisi ad serviendum pcccalo repentiir idoneus. » D'oiii cette glose de l'annotateur : (. Celui qui pèche est esclave du péché ; pris dans les filets de Satan, il est asservi à sa volonté , toute vouée au péché ; par conséquent il ne fait que pécher, ergo niliil aliud r/uarii peccat. » Baiana, p. 13. N'est-ce pas, en substance et presque textuellement, la proposition 35''.> Il est plus facile encore de justifier la provenance baianiste de la 40=; dans le traité De libero hominis arbitrio, c. vi, on lit cette phrase, dite des impies ; « Tant que le Fils ne les a pas arrachés à l'empire du péché, ils sont esclaves du péché; car, dans tous leurs actes ils obéissent au péché qui les domine, quia in omnibus suis actibus doniinanti pecca'.o serviunt, servitude qu'ils ne peuvent secouer, si le Fils ne les délivre. » Doctrine que nous avons déjà rencontrée sous une forme équivalente dans le traité De virlutibus impiorum , c. vin.
Dans sa grande apologie , Baius prend ce moyen de défense : il suppose d'abord qu'on a formé la proposition 3ô' du texte de saint Fulgence, puis remarque que ce Père ne parle pas de tout pécheur, mais seulenient de ceux qui sont tellement esclaves de Satan, qu'ils ne reçoivent plus aucun secours de la grâce divine. Quoi qu'il en soit de saint Fulgence et de sa vraie pensée, l'annotateur était allé beaucoup plus loin, comme on vient de le voir. Du reste, l'explication de Baius demeurait insuffisante; car il maintenait les propositions 35» et iO- entendues des actes faits par les pécheurs sans la grâce et en dehors de ce commencement de charité qui est, pour lui, le premier pas dans l'œuvre de la justification. C'était s'en tenir à l'assertion censurée par la Sorbonne, et à cette autre erreur : Toute action faite sans la charité est péché. Il serait donc inutile de réfuter d'une façon spéciale les propositions 35= et 40«, puisqu'elles ne sont qu'une application faite au pécheur des principes généraux professés par Baius sur les forces, ou plutôt sur la corruption de la nature humaine
par le péché et sur l'impuissance absolue du libre arbitre dans l'ordre moral.
Quesnel reprit plus tard cette doctrine et lui fit subir un nouvel échec. Clément XI condamna, en effet, ces deux propositions dans la constitution Unigenitus : « Sans la grâce du Libérateur, le pécheur n'a de liberté que pour le mal. Quand l'amour de Dieu ne règne plus dans le cœur des pécheurs, il est nécessaire que la cupidité charnelle y règne et corrompe toutes leurs actions. » Denzinger, Enchiridion, n. 1253, 1260. Un dernier coup fut enfin frappé dans la constitution Auctorem fidei. Au synode janséniste de Pistoie, on avait de nouveau dépeint l'homme dénué de la grâce comme inféodé à la loi du péché, et toutes ses actions comme infectées et corrompues sous l'inlluence générale de la cupidité dominante. Pie VI qualifia cette doctrine de fausse, pernicieuse, induisant dans une erreur déclarée hérétique par le concile de Trente et condamnée une seconde fois dans la proposition 40« de Baius. Les considérants du jugement sont instructifs, surtout cette finale : « Comme si le pécheur obéissait dans toutes ses actions à la cupidité dominaijte, quasi in omnibus suis actibus peccator serviat dominanti cupiditati. » Denzinger, Enchiridion, n. 1386. Voir aussi le corps de doctrine des docteurs de Louvain , c. v, Baiana, p. 168 sq.
29. X"P -^"li •"'■'■= " ^""i pl Ceux-là ne sont pas seuls latrom-, i ' ' i ei voleurs et laiTons, qui nient ostium \ ' int. que Jésus-Christ soit la voie et
sed etii; Nil.' la porte de la vérité et de la
quam pLi .; . ...i j.ioti- vie, mais encore quiconque en-
tiœ (hoc eit aiiquam jusUtiam) scigne que sans lui on peut conscendi posse docent. De entrer dans le chemin de la virtutibus impiorum, c. rx. justice, c'est-à-dire arriver à
quelque justice.
30. Aut tentationi uUi, sine Ou que sans le secoiu's de la gratiœ ipsius adjutorio , resi- grâce, on peut résister à quelstere hominem posse, sic ut in que tentation, de telle façon eam non inducatur aut ab ea qu'on n'y soit point induit, ou non superetur. Ibid. ; Baiana, qu'on n'en sorte pas vaincu.
p. 96 sq.