‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 358 sur 741 · III. BO.N.NE FOI TUÉOLOGIQIJE. — /. AXALYSIC DE SES · texte numérisé non relu

III. BO.N.NE FOI TUÉOLOGIQIJE. — /. AXALYSIC DE SES

ÉLÉ.VExrs IBÈOLOGIQUES. — 1» Indication de ces éléments. — Deux éléments la constituent:!, une inadvertance entièrement inconsciente et involontaire à l'ignorance ou à l'oubli pratique d'une obligation morale. Sans doute, cette inadvertance n'existe réellement que dans la mesure où il y a absence réelle d'attention, tant virtuelle qu'actuelle, au caractère moral de l'acte présentement accompli ou efficacement voulu in causa. Mais il est également certain que l'adverlance virtuelle in causa peut, dans sa forme la plus rudimenlaire, n'être que l'attention à un doute sérieux et persévérant ou à l'obligation de s'instruire ou de consulter avant de poser telle cause déterminée. Voir Attention, t. i, col. 2216 sq.

2. Le défaut de consentement, direct ou même indirect, provenant d'une entière inadvertance morale et par conséquent exempt de toute culpabilité. Ce deuxième élément, dans le sens où nous l'indiquons ici, dépend absolument du premier, S. Thomas, Quœstiones disputatse, De malo, i\. m, a. 8; il doit conséquemment se mesurer d'après lui.

2» Jugement concret sur les cas particuliers. — Pour porter un jugement équitable sur l'existence concrète des éléments théologiques de la bonne foi, on doit : 1. tenir compte des causes internes ou externes qui peuvent troubler et inême fausser les jugements pratiques de la conscience sur les obligations morales naturelles ou surnaturelles. S. Thomas, Quœstiones disputatœ, De veritate, q. xvii, a. 2. Parmi ces causes, il faut surtout mentionner les dispositions personnelles du sujet, la tournure de son esprit, peut-être exclusivement porté vers telle étude spéciale ou tel genre particulier de preuves, des inclinations naturelles ou acquises et surtout les préjugés de toute nature. Nationaux ou locaux, universels ou restreints à une classe particulière, ces préjugés occasionnés par l'éducation familiale ou collégiale ou par l'influence du milieu social, sont presque toujours enracinés dans l'intelligence et dans la volonté par de fortes habitudes devenues comme une seconde nature. On ne se contentera pas d'une connaissance théorique de ces diverses causes. On s'efforcera de préciser le rôle exact de la libre détermination individuelle vis-à-vis de ces influences quelquefois si puissantes et si persistantes. Puisque le problème de la responsabilité morale est nécessairement une question individuelle, on devra non point appliquer une sorte de mesure universelle mécaniquement identique, mais essayer de porter un jugement individuel sur chaque cas particulier, d'après les données que Ion possède. Enquête très ardue, parce qu'elle suppose une exacte analyse du travail intime de l'intelligence et de la volonté, et que les bases d'une sérieuse induction nous font fréquemment défaut.

2. On doit encore tenir compte de l'état habituel de la Si elle est habituellement et coupablement l'accomplissement du devoir de s'instruire ou si elle fait habituellement peu de cas des fautes graves, la présomption est en faveur de la culpabilité de l'ignor:ince, ou de l'absence de bonne foi dans tel cas particulier. Cependant ce n'est qu'une présomption que l'on doit abandonner en présence de preuves contraires. En réalité si l'acte particulier avait été accompli avec précipitation, l'adverlance morale nécessairement requise

pour une faute grave pourrait n'avoir point existé, surtout en face d'efforts certains pour corriger les défauts déjà remarqués dans la conscience. Lehmkuhl, Theologia moralis, t. i, n. 66. Ainsi il pourrait y avoir bonne foi suffisante pour excuser de toute faute grave. Mais s'il s'agit d'une conscience habituellement timorée ou même particulièrement délicate, il y a en faveur de la bonne foi une forte présomption qu'une évidence contraire peut seule déposséder. Cette règle pratique, communément admise en théologie morale, est également vraie de l'adhésion à la foi catholique. Que des âmes très timorées mettent parfois beaucoup de temps à voir pleinement la vérité catholique et à la suivre irrévocablement, c'est un fait historiquement constaté. La vie intime du cardinal Newman avant sa conversion définitive nous en offre un très remarquable exemple. Ihureau-Dangin, La renaissance catholique en Angleterre du XIX'' siècle, I'« partie, Paris, 1899, passim ; H. Brémond. L'inquiétude religieuse, Paris, 1901, passim.

3. On considérera aussi la gravité de l'obligation non seulement en elle-même, mais encore dans l'appréciation subjective de l'individu et dans celle de son milieu social. Plus cette obligation revêt un caractère particulièrement impérieux, soit en elle-même, soit dans la conscience des sujets intéressés, plus l'erreur ou l'ignorance de bonne foi est difficilement admissible.

4. On ne négligera point les facilités ou difficultés personnelles que chacun peut rencontrer dans l'acquisition de la science qu'il est tenu de posséder. Les facilités communes offertes à tous ne suffisent point pour établir un critère uniformément applicable à chaque individu. Ainsi on se gardera d'établir en principe que dans les pays où la vérité catholique est publiquement et fréquemment prêchée, là surtout où elle règne presque exclusivement et sans conteste, il est impossible que des hérétiques ou des infidèles soient de bonne foi. Même au plus beau siècle de la prédominance de la foi catholique en Espagne, Suarez et les théologiens de Salamanque enseignaient que, dans un milieu principalement chrétien, des hérétiques ou des infidèles peuvent, de fait, rester en dehors de toute influence chrétienne et n'éprouver aucun doute sur la vérité de leur communion religieuse. Suarez, De fide, disp. XVII, sect. II, n. 6, 9, 10, 13; Salmanticenses, Cursus theologicus dogmaticus, tr. XVII, disp. IX, n. 9. D'ailleurs toute généralisation universellement appliquée à tel pays, à telle région ou à telle catégorie de personnes a été formellement réprouvée par Pie IX dans son allocution consistoriale du 9 décembre 185i : Nunc vero quis lantuni sibi arrogetut hujusmodi ignoranliai designare limites queat juxta populorum , regionum , ingenioruni aliarumqiie rerum tani niultaruni rationent et varietatem? Denzinger, Enchiridion, n. 1504.

;/. OBJET DE LA BO.WXE l'Ol TUÉOLOGIQUE. — 1" Vérités de la religion naturelle. — Ces vérités, considérées dans leur ensemble, ne peuvent être entièrement ignorées en toute bonne foi et d une manière persistante par aucun adulte. — 1. Nous ne parlons que d'adultes jouissant du plein développement de leur raison, quel que soit le moment précis auquel ce développement ait lieu, suivant les capacités naturelles de chacun et surtout suivant les secours ou les obstacles provenant du milieu familial ou social. D'ailleurs, chez les peuples vivant normalement de la vie chrétienne, celte variation dans le développement moral et religieux est généralement assez restreinte. Ce développement accompagne ou suit habituellement de très près l'âge de raison. En est-il de même chez les peuples qui n'ont jamais possédé la vérité chrétienne"? Peut-il se faire que chez ces peuples, généralement ou du moins assez fréquemment, le développement moral et religieux n'aille point de pair avec le développement de la raison dans les connaissances profanes? En conséquence, peut-il se

BONNE FOI

faire que pendant cet intervalle indéterminé mais toujours restreint, les individus échappent à toute responsabilité morale? A cette question déjà posée au XVF siècle par Victoria, Rcleclio de Indis, relectio de eo ad qiiod tenelur veniens ad usiini ralioriis, part. II, n. 1 sq., on ne peut donner aucune réponse absolument universelle, ni dans le sens négatif ni dans le sens affirmatif. Dans le sens négatif, aucune preuve vraiment démonstrative ne peut établir l'impossibilité absolue d'une telle supposition du moins pour tous les cas particuliers. C'est une question de fait qui ne peut être délinitivement tranchée par des arguments spéculatifs. Dans le sens affirmatif, il est également vrai qu'une assertion absolue et universelle ne peut èlre démontrée ni par des preuves spéculatives, ni par des documents positifs, sans lesquels une exception aussi anormale ne saurait être admise. — 2. Nous affirmons seulement qu'il y a impossibilité morale d'ignorer entièrement et en toute bonne foi l'ensemble des vérités de la religion naturelle. Or une telle ignorance est suffisammenl i-iiipérli('o par une connaissance imparfaite des véril'^ ivli-i, n-, <, niémo quand celle-ci est associée à de I4I.H - (iiin, i|iir l'un considère subjectivement comnif ^muilu (Itiil mcoril'existence de Dieu. Suarez, De fide, disp. .\ll, sect. m, n. 3. Voir Dieu {Connaissance de).

2» Vérités révélées imposées à noire croyance. — 1. De fait, et grâce à la miséricorde divine, les vérités révélées, dont la croyance explicite est absolument nécessaire au salut, ne peuvent être chez les adultes l'objet d'une entière ignorance de bonne foi, du moins pendant toute la durée de la vie. C'est une conclusion légitimement déduite de cette vérité théologique, qu'un adulte observant en toute bonne foi avec le secours de la grâce ce qu'il connaît de la loi naturelle, obtiendra infailliblement de la miséricorde divine et au moment choisi par elle, ce qui est absolument nécessaire pour le salut.

2. Il est possible qu'une âme. pn=î,'flant ili'jà la foi explicite absolument nécessaire ;iii -ilnl. i-iiiin' incorfciemment et involontairement les jnh . - \ i i it. - r.'vilées dont la croyance explicite n'est p.i^ liniioiir^ iiulispensablement requise pour le salut. Car Dieu voulant le salut éternel de toutes les âmes et leur donnant les moyens nécessaires pour l'obtenir, ne peut tenir les adultes responsables de l'inobservance des préceptes dont l'accomplissement leur est impossible, ni de l'inexécution des moyens qui leur sont, de fait, absolument inaccessibles. Concil. Trident., sess. VI, c. xi. Il est vrai que la providence ne peut manquer de fournir à tout homme ce qui lui est nécessaire pour son salut. Mais ce principe ne s'applique rigoureusement qu'à ce qui est indispensablement requis. S. Thomas, Quxsliones disputalie, De veritate, q. xiv, a. 11, ad l""- et 2""". Il ne s'applique point à ce qui peut être suppléé par un désir explicite et même implicite. Dans cette hypothèse, la sincérité de la volonté salvifique n'est point en question, et le salut peut être obtenu sans une intervention particulière de la pi-ovidence.

3. L'inconsciente et involontaire ignorance des vérités révélées peut se rencontrer à trois degrés principaux : o. En même temps qu'on ignore l'enseignement de l'Église sur telle proposition particulière, on croit explicitement à la divine et infaillible autorité de l'Kglise, à laquelle on adhère fermement. Une telle adhésion formelle à l'autorité de l'Église contient virtuellement une entière soumission aux enseignements involontairement ignorés. S. Thomas, Quœstiones dispulalse. De veritate, q. xiv, a. 11. — b. On possède la foi explicite en Jésus-Christ, vrai Fils de Dieu et rédempteur de l'humanité tout entière, et l'on adhère expressément à l'infaillible vérité de toute sa doctrine révélée. Mais, sans aucune faute personnelle, on ignore plusieurs points de cette doctrine, particulièrement la souveraine

autorité de l'Eglise catholique. En réalité, il n'y a point d'hérésie formelle, mais seulement ignorance ou erreur involontaire' r.-l:ili\riiiriii ;\ pliisii'iir^ \i'i'il.-s révélées par Jésus-Chri-i il .ii-.i iii - l'.u -.>ii I l,-i'. S. Thomas, Sum. tltc^'i . \\ ll'.'i ■. t - M :ii;iii |"iui' quiconque adhère fuimciui ni .i tuuU' l.i ducUiii. du Jésus-Christ, il y a en même temps acceptation intégrale de toutes les vérités que l'on saurait être révélées par lui et enseignées avec son autorité. S. Thomas, hic. cil. .\ussi quand le saint docteur afliini". .n\ mi'nie endroit, que celui qui n'adhère point à 1 .■ii-rii;iiiiiirnt de l'Église comme à une règle infailliliN' d ilhinc, n'a point la vertu de foi, sed ea gua; suiU ftdei aliu nwdo tenet quant per fidem, il parle uniquement des hérétiques formels niant sciemment l'autorité de l'Église suffisamment connue, non de ceux qui ignorent inconsciemment sa divine autorité. — c. On possède la foi explicite en Dieu rémunérateur surnaturel, mais on ignore, d'une manière absolument involontaire, la divinité de Jésus- Christ et la doctrine qu'il nous a révélée. Cette foi en Hieii rémunérateur surnaturel, fermement appuyée sur Il souveraine véracité de Dieu révélateur, contient vir- Uiillciiient une entière adhésion à toutes les vérités que l'on connaîtrait comme certainement révélées par Dieu, malgré des erreurs involontaires relativement à l'objet de cette divine révélation. D'ailleurs on ne peut affirmer que dans l'ordre actuel de la providence, la vraie foi surnaturelle est, de fait, inséparable de la foi en Jésus- Christ. Il est vrai seulement que quiconque rejette sciemment la divinité de Jésus-Christ et sa doctrine suffisamment proposées et connues comme vraies, ne peut avoir la foi nécessaire au salut. Marc, xvi, 16; Joa., III, 18. — d. La croyance aux vérités révélées, quand elle repose sur une connaissance suffisante des motifs de crédibilité, ne peut totalement cesser chez un adulte par une simple erreur de bonne foi, inconsciente, involontaire et par conséquent exempte de toute faute. Celui qui, à un moment donné, rejette la foi catholique ou cesse de la posséder, s'est au moins rendu coupable, à une certaine époque, d'une faute de négligence en ne prémunissant point sa foi contre de graves dangers prévus et librement consentis. Car on ne peut supposer, dans un adulte suffisamment instruit, une entière inadvertance morale pendant toute la durée de ce travail quelquefois très lent de désagrégation et de destruction qui précède la perte de la foi actuelle. Quand, malgré cette advertance, on a continué à ne faire aucun elTort pour conserver sa foi, on a de fait posé volontairement et coupablement la cause de l'incroyance actuelle. Cette incroyance est ainsi formellement coupable du moins dans sa cause. Suarez,' De fide, disp. XIX, sect. IV, n. 18; deLugo, De fide divina, disp. XVII, n. 82; Pesch, Prsslectiones dojjnaJicée,^ Fribourg-en-Brisgau, 1898, t. vrii, p. 383; Vacant, Études théologiques sur les constitutions du concile dn Vatican, Paris, 1895, t. ii, p. 177 sq. Ce raisonnement ne s'applique point aux enfants baptisés dans la religion catholique et placés dans un milieu hérétique ou incrédule avant d'avoir atteint l'usage de la raison ou du moins avant d'avoir reçu une instruction catholique suffisante. L'absence d'attention sérieuse au grave danger de perdre la foi, exempte de faute grave leur adhésion matérielle à l'hérésie. De Lugo. Dr fuh- ,li,-ina, disp. XVII, n. 66.

3» Obligations i.m./m/.x nniHisres par la loi divine naturelle ou posiinr nu /Kir 1rs luis humaines ecclésiasliques ou civiles. — 1. Lai luili relie. — a. Les théologiens qui ont affirmé l'impossibilité de toute ignorance de bonne foi relativement à l'objet intégral de la loi naturelle, ne démontrent point et ne peuvent démontrer ce prétendu axiome, que Dieu, par une loi générale de sa providence, donne certainement la connaissance de la loi naturelle intégrale à tous ceux qui, pour atteindre cette fin, ne négligent aucun moyen mis à leur dispo-

loir

liO.NNl-: VO]

silion. — II. 11 esl Cf|H'iHlunl cci-I.imi i)mi' liynoi'ance tic lionne foi no pi'iit jamais porlci- sur (ouïe la loi nalurelle. On doil excepter les premiers principes de la loi nalurelle, aussi inamissibles que les premiers principes (le l'ordre inlellectuel sprctilalif. S. Thomas.

ignorées de bonne foi que par des intelligences iusul'lisaniment développées au point de vue moral; et, même dans ce cas exceptionnel, une telle ignorance ne peut éli,' .1, l.ii ij. .Iiiic'r, principalement dans les milieux 011 ! i!i-;mp h II . iin tienne est communément répandue. S. Tli III I- > ' ' ilii'oL, l' II-'', q. X(;iv, a. i; Salmanticrn-i -, !:,■<, •.':•■ ihfàlogise moralis, tr. XI,c. t, n.27. — c. Sur quoi peut porter l'ignorance de bonne foi? Tout d'abord sur ces mêmes conclusions immédiates considérées dans un ensemble de circonstances spreialos qui peuvent voiler à des intelligences incM i r - I i IM'im

application des principes. Péril d'ern m i l "

être agrandi parle contact incessant il ! t

laquelle la connaissance des vérités reliai 11 ' i il

a subi une forte dépression. Bouquillon, Tliculoijin -Dioraiis fundame.ntaUs, n. 74. L'ignorance de bonne foi peut particulièrement porter sur les conclusions lointaines déduites des princip = [n mi, i- prir l'intermédiaire des conclusions iiii I, '■ I ■ ^ ili.'ologiens

eux-mêmes n'y échappent pnmi ■ n:;' i n- ni. Le catalogue des opinions théologiqiii- . i-n,!, ,,.ii réprouvées par l'autorité de l'Église en est une preuve irréfragable.

2. Les lois divines positives librement établies par Dicii pniir iliriû-rr l'homme vers sa fin surnaturelle, ]iiMi\riii I iiT.ii- • lii' involontairement ignorées, surtout. \\:iy frii\ i|iii -.iiK aucune faute personnelle, restent cMlii 1 1 lui ni [ilIm - de l'enseignement et de la direction de rKglisc catholique. Cette ignorance de bonne foi pourra plus facilement porter sur certaines applications ou conclusions particulières que sur le précepte considéré en lui-même.

3. L'oljligalion grave imposée par certaines lois pmvnieiil l'cih'siasliiiues peut aussi être ignorée de bonne foi, surtout par des catholiques peu instruits qui croient posséder une exemption suffisante basée sur des raisons personnelles ou sur une appréciation assez commune dans telli' localité, dans telle régipn ou parmi telle catégorie de personnes. .Mais pour ceux qui sont tenus, par leur charge, de connaître et de faire exécuter ces lois, l'ignorance de bonne foi est en principe inadmissible. Dans les cas d'inobservance locale ou régionale de certaines lois ou prescriptions ecclésiastiques, \ei principes précédemment établis aideront à déterminer la mesure de culpabilité individuelle, qu'il s'agisse de faits anciens consignés dans l'histoire des siècles passés, ou de faits contemporains sur lesquels le prêtre peut être appelé à se prononcer comme confesseur ou comme directeur spirituel.

4. Quant à l'obligation de conscience provenant de lois civiles, l'ignorance involontaire peut, surtout à notre époque, se rencontrer assez fréquemment, sinon d'une manière générale, du moins pour beaucoup de cas particuliers.

Plusieurs causes générales peuvent faciliter cette ignorance : la souveraineté populaire souvent comprise comme source suprême de tout droit politique, le préjugé très commun de séparation radicale entre le domaine politique et le domaine de la conscience, les excès notoires du parlementarisme actuel et la déconsidération morale de l'autorité civile privée de son auréole divine et constamment exposée à des allaques violentes. Gayraud, La crise de la foi, Paris, ISÎOI. p. l'2i sq. Comme causes particulières nous mentionne-

rons seulement pour la loi des impôts, leur élévation souvent excessive, leur équiU> très douteuse et l'usage parfois discutable auquel ils peuvent être employés par l'Ktat. Berardi, Praxis confessariorum, 3' édit., Faenza l!»(in, t. II, n. 413 sq.

ni. Il ! ! I< LE LA BONNE FOI rnÈOl.OGIQVF.. — 1» Ah

'• . — I. L'ignorance ou erreur de bonne foi, lin il' l'inadvertance morale dont elle procède, I \, M-i II II, Ole culpabilité grave, sinon de toute culpabilité, ce qui se fait sous son impulsion. S. Thomas, Sum. IheoL, I» II'', q. Lxxvi, a. 3. Toutefois, .si l'ignorance invincible de la révélation divine excuse de la faute formelle d'infidélité, elle n'empêche point d'autres fautes simplement concomitantes. S. Thomas, Sum. theol.. Il" II*, q. X, a. \. En même temps qu'elle excuse de toute faute grave, l'ignorance exempte aussi des obligations qui résultent d'une culpabilité morale. Ainsi dans l'hypothèse d'un tort matériel causé sans advei"tanco suffisante, l'obligation de restituer, dépendant

n'y aurait point, suivant de graves théologiens, obligation certaine, même siib levi, de réparer le grave dommage ainsi causé. Lehmkuhl, Tlieotogia moralis, t. I, n. 966.

2. La bonne foi théologique ne pouvant par elle-même dispenser des conditions ou dispositions positives absolument néces.saires au salut, ne saurait, à elle seule, garantir la possession de la vie éternelle. Cependant si cette bonne foi est accompagnée d'un loyal effort dans le but d'accomplir, avec l'aide divine, ce que l'on sait être le commandement il,- l.i irr'ipf, il est indubitable qu'une telle âme sera lin ,1, m ni r inluite par la divine miséricorde auxdisposiii n- iM,li-|,ii-.,il)lement requisses pour participera l'éternillr \i-i,iii.

3. L'ignorance ou l'erreur de bonne foi, quels qu'en soient la nature ou l'objet, ne peut suppléer à ce que le droit divin exige nécessairement pour la validité des sacrements. Pour affirmer avec quelques anciens théologiens que Dieu, dans son ineffable bonté, répare infailliblement les défauts essentiels involontairement occasionnés par le ministre ou par le sujet et qu'il les répare en produisant directement tout l'elfet sacramentel, des preuves certaines de celte divine volonté seraient nécessaires. Or ces preuves nous font défaut. S. Thomas, Sitm. theol. , III», q. LXiv, a. 8, ad 2<"» ; Suarez. De sacramenlis, disp. XXVII, sect. m. Cependant s'il n'est point démontré que dans cette circonstance l'effet sacramentel est infailliblement produit par Dieu, il n'est point impossible que la grâce sanctifiante soit extraordinairement communiquée par la libéralité divine. S. Thomas, loc. cit.

i. Ce qui dépend de l'autorité de l'Église, comme l'exercice de la juridiction sacramentelle au tribunal de la pénitence ou la .validité du contrat matrimonial entre chrétiens, est nécessairement régi par la volonté de l'Église, telle que nous la manifestent ses propres déclarations et l'enseignement commun des théologiens. Au tribunal de la pénitence, l'Église supplée certainement la juridiclion sacramentelle en faveur de la bonne foi commune des fidèles, pourvu que le prêtre possède un titre de juridiction apparemment suffisant, bien qu'entaché de quelque vice secret ignoré des fidèles. Même en l'absence de ce titre, le simple fait de l'erreur de bonne foi, appuyée sur quelque raison apparente et partagée par un grand nombre de fidèles, est encore, selon de nombreux théologiens, une cause suffisante pour que l'Église veuille en réalité conférer ou suppléer la juridiction nécessaire. Pratiquement, le cas se résout en celui de la juridiction probable, probabilitate juris, et bénéficie du principe, communément admis par les

BONNE FOI

théologiens et consacré par la coutume, que dans ce cas l'Église supplée la juridiction nécessaire. Bien que ce privilège soit directement concédé aux fidèles à raison de leur commune bonne foi, il est loisible au confesseur de s'en servir directement en faveur des pénitents, même sans raison, suivant de graves théologiens, en dehors toutefois du cas de négligence grave ou de scandale. Ces principes ne s'appliquent ni à la bonne foi individuelle de quelques personnes seulement, ni à une bonne foi commune affectant seulement l'étendue de la juridiction sacramentelle, surtout pour les cas réservés sans aucune censure.

5. L'ignorance inconsciente et involonlaii-o des lois ecclésiastiques certainement annulatoins n'empêche point l'effet annulatoire même au for purement interne. Cette conclusion déduite de la nature des lois ecclésiastiques annula toires est la règle constamment suivie par les Congrégations romaines. Cependant s'il s'agit seulement de lois annulatoires dontiMisement existantes et que ce doute soit cltihiimi j/'ri.-^. I i:^lise, selon l'enseignement commun, r>i l,>;jiiiiMriiiriii présumée ne point vouloir imposer l'ellri annulaloire. Gaspard, Tractatus canoniciis de matrimoiiio, 2= édit., Paris, 19G0, t. I, n. 253 sq.

6. Les pénalités spirituelles que l'Église ne veut porter que contre une faute grave et même contre une rébellion formelle, comme les censures ecclésiastiques, ne sont pas encourues même au for interne par celui qui les ignore de bonne foi. Ce principe s'applique également aux Ini^ aimnlalniivs ~iiiipli>ment pénales, tandis que les l.ii- . i a 1 -i,i-lh|ii--. |iiii .ment annulatoires ou simultanéiiieiii annal, iim,^ il |Hiiules produisent

au for interne leiu' elK l a ilaïunv méiiie dans le cas

d'ignorance de bonne lui. liominilh n, np. cit., n. 151.

2° Au for externe ei-ilrsmsi Kpir. - Le droit canonique, la jurisprudenee r, el.siasla|ue et l'interprétation commune des tliéologiens et des canonistes ont fixé les points suivants : 1. La bonne foi tliéologique. pour être valable devant les tribunaux ecclésiastiques, doit être prouvée juridiquement. Cependant si le transgresseur, en possession certaine de sa bonne foi, était simplement dans l'impossibilité absolue de la prouver juridiquement, il ne serait point tenu en conscience à l'accomplissement de sa peine, à condition d'éviter tout scandale grave.

2. La bonne foi, même juridiquement prouvée, ne peut empêcher l'effet des lois ecclésiastiques annulatoires.

3. Relativement à la jouissance des biens temporels, le droit ecclésiastique reconnaît à la bonne foi, jointe à la possession tranquille et ininterrompue, trois avantages : a. Dans l'hypolliese d'un doute persévérant sur la personne du véritable ])ropiiétaire, le possesseur de bonne foi doit être réyulicreuienl préfi'ré et maintenu en légitime possession. — b. Pendant toute la durée de la bonne foi, le possesseur jouit en conscience des avantages inhérents au droit de propriété. A la manifestation certaine du légitime propriétaire, le droit naturel oblige le possédant actuel à rendre, avec la chose ellemême, si elle existe encore, les fruits dont la production n'est nullement due à son industrie personnelle, déduction faite toutefois des dépenses antérieures d'entretien et d'administration. — c. La bonne foi théologique jointe au fait d'une possession tranquille et ininterrompue pent. in.iveuiianl (erlaiiies cuiidilions, donner un légitiiia' clr.nt.l,. |,in|a iili', en \riin de la prescription.

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I.'ICMJI! \\rl- 1,1 /,;; L'i^lilihlll hi; ]!ii\.\f FOI ET OBLIGArioys QLI PEl-VLXT ES nÉSL-LlEB POUR CEUX AUXQUELS

INCOMBE LE DEVOIR D'INSTRUIRE. — 1" Conséquences incliridiielles et sociales de l'ignorance ou de l'erreur de bonne foi. — Malgré l'absence de faute morale, l'ignorance inconsciente des vérités de foi ou des obli-

gations morales a de très funestes conséquences pour les individus etpourles'sociétés. — 1. L'homme devant se diriger lui-même sous la conduite de Dieu, vers la fin surnaturelle qui lui a été assignée, S. Thomas, Sum. theol., I» II», q. I, a. 2; 11^ II*, q. il, a. 3, son plus grand bien, en regard de cette même fin, est tout d'abord la possession intégrale de la vérité qui doit l'y guider sans aucune défaillance. Pour diriger efficacement vers cette fin ses aspirations, ses désirs, ses affections, il doit la connaître, ainsi que les obligations qu'elle impose et les moyens qui doivent l'y acheminer plus sûrement. Plus cette connaissance sera parfaite, plus la marche vers' le bonheur éternel sera rendue facile, pourvu toutefois que la volonté ainsi guidée corresponde à la grâce divine en accomplissant ce qui lui est demandé. Or cette lumière directrice, souverain bien de l'homme dans l'ordre surnaturel, peut être très notablement diminuée par toute ignorance ou erreur même involontaire portant sur la fin elle-même, sur les moyens ou sur les obligations imposées. S. Thomas, Contra gent., 1. III, c. cxviii. Ainsi ignorer involontairement les plus miséricordieuses condescendances de Dieu vis-à-vis de l'humanité, ignorer en particulier la doctrine et les exemples de Jésus-Christ et les secours inappréciables qu'il nous prodigue dans l'infaillible magistère de l'Église, dans sa maternelle direction et dans ses sacrements, quand même cette ignorance ne serait point coupable et ne rendrait point le salut absolument impossible, ce n'en est pas moins une très notable diminution des secours donnés à l'intelligence et à la volonté, par conséquent une très grave difTiculté dans la marche vers le bonheur éternel. D'autre part, la diminution dans les croyances positives entraine souvent des erreurs qui, malgré leur caractère inconscient, peuvent constituer, même pour la foi strictement nécessaire au salut, un très grave péril ou un obstacle difficile à surmonter.

L'histoire du protestantisme le démontre d'une manière évidente. Les nombreuses erreurs dans lesquelles beaucoup de ses adhérents sont tombés depuis trois siècles, ont mis en péril ou même détruit dans un grand nombre d'intelligences la croyance à la divinité de Jésus-Christ et à la divine inspiration des Écritures. Souvent même la foi a été atteinte jusque dans ses dernières racines. La soumission à l'autorité de la parole divine a été, dans beaucoup d'intelligences, remplacée par une disposition. absolument contradictoire, une sorte d'habitude de n'admettre qui ce qui agrée à la raison individuelle ou ce qui cadre avec des idées devenues familières et constituant comme une seconde nature. Xi'u mail, Disniurses ta mixed congrégations, Failli and l.i-rnih' II',/, lin, 'Ut, p. 195 sq.j G. Gojau, L'Allemagne , •■l,,j,,''is,-. /a protestantisme, Paris, 1898, p. 104 sq. Liyiiiiiarni' involontaire peut avoir de non moins redoutables conséquences dans l'ordre moral, soit à raison des inestimables secours divins dont elle prive, secours des sacrements et secours de la sage direction de l'Église, soit à caii-e (la^ fiiia-lrs riranis aii\.|iiellr-; .■Ile donne un si laeila ai ic- lidniiia' liil ] la il a iilin', -, notis

COntentrlMii- il Lippi h l n l Ir lalm nlalli' -i.rl (las lois

chrétiennas du inaria^^a ilaiis le piailaslanlisnie même de bonne foi.

2. L'ignorance ou l'erreur même involontaire régnant dans beaucoup de membres d'une société, inspirant même son gouvernement, sa législation, sa vie publique, sa conduite habituelle, est également très funeste. Nous n'examinons point en tout ceci la part respective de la bonne foi ni celle du parti pris ou de la haine. Il nous suffit qu'un certain nombre d'intelligences puissent être dans une bonne foi au moins partielle, pour que la société dans son ensemble y participe de quelque manière.

a. Une telle société cesse d'être pour les individus ce

BONNE FOI — BONNETTY

qu'elle devrait être d'apiùs le plan divin, un secours ajouté à la faiblesse do l'homme individuel pour l'aider à mieux développer ses facultés et à tendre à sa fin dernière. S. Thomas, De rcgiminc principum, 1. I, c. XIV sq. Elle devient plutôt pour les individus un redoutable obstacle à la connaissance de la vérité et à la pratique constante du bien. Témoin les sociétés païennes antiques ou modernes si difficiles à ramener à la vérité et au bien, sans parler de sociétés autrefois catholiques et actuellement soustraites, dans leur vie publique, à toute influence du christianisme ou même en lutte ouverte avec lui.

b. La vérité intégrale est le plus grand bien d'une nation même au point de vue temporel. Dans l'ordre actuel de la providence, celte vérité intégrale n'est autre que la vérité catholique. Plus une société y conforme toute sa vie publique, plus elle s'approche de sa véritable perfection, plus elle recueille ces immenses avantages même temporels indiqués par Léon XIII dans ses encycliques, particulièrement dans l'encyclique Imniortale Dei du 1" novembre 1885. Au contraire, en s'éloignanl pratiquement de la vérité catholique, une société diminue ou perd totalement ces incomparables, avantages et s'expose, en même temps, à des maux d'autani plus graves que les erreurs auxquelles elle se livre sont elles-mêmes plus considérables. Cf. Lettre apostoliiiue de Léon XIH, Pi-œclara gratulalionis du 20 juin 189'k

2» Obligations qui peuvent en résulter pow ceux qui doivent veiller au bien individuel ou commun. — Il ne peut être question du sujet de bonne foi théologique, tant qu'il persévère dans son état d'inadvertance morale. Le problème se pose seulement pour ceux qui ont à remplir envers lui quelque devoir de justice, de correction paternelle ou de simple charité commune, comme le confesseur pour ses pénitents, les parents à l'égard de leurs enfants, le supérieur vis-à-vis de ses sujets, un pasteur des âmes relativement à ses enfants spirituels ou tout fidèle suffisamment instruit envers ceux qu'il peut prudemment et efficacement aider de ses avis ou de ses conseils, d'une manière privée ou publique, quelle que soit la forme particulière que revête son enseignement écrit ou parlé. Ces obligations seront étudiées à leurs places respectives. Nous rappellerons seulement à titre d'indication, que le devoir ainsi imposé par la charité même commune est plus impérieux dans les grandes nécessités spirituelles où les intérêts de tant d'àmes et ceux mêmes de la sociét.' tant spirituelle que temporelle sont mis en péril. Cf. Encyclique de Léon XIII, Sapienliie cliristianœ, du 10 janvier 1890.

E. DUBLANCIIY.

BONNET Antoine, jésuite français, né à Limoges en 1634, entré dans la Compagnie de .lésus en 1651. Professeur de philosophie, recteur successivement de plusieurs maisons, il mourutà Lunelen 1700. Ses ouvrages théologiques sont : Du culte religieux qui- l'Eglise catholique rend aux choses saintes, Toulouse, 1688; Dissertatio de timoré pœnitcule, Toulouse, 169i; Dissertatio de indulgenliis et juhilseo, Toulouse, 1696; Qumstio muralis an ignorantia invincibilis licitum reddat usuni opinionis jninus probabilis in concursu probabilioris et tutioris, Posnania- (Toulouse), 1697.

Sommervogel, Bihliolliique de la O' de Jésus, t. i, col. 1744- •1745.

H. DUTOIQUET.

BONNETTY Augustin. — I. Biographie. II. Écrits. III. Sens des propositions auxquelles il dut souscrire.

I. Biographie. — Né le 9 avril 1798 à Entrevaux au diocèse de Digne, il se destina d'abord à l'état ecclésiastique, étudia la théologie à Digne, puis se décida pour la vie séculière qu'il résolut de mettre tout entière au service de l'Église, surtout en défendant et en propageant la philosophie chrétienne. En 1830 il fonda les

Annales de philosophie chrétienne où il ne tarda pas à soutenir les doctrines traditionalistes et à attaquer l'enseignement de la philosophie tel qu'il se donnait alors dans les séminaires. Entré en 1836 à l'Université catholique récemment fondée par les abbés Gerbet et de Salinis, il dirigea seul cette revue à partir de 1840, tout en gardant la rédaction des Annales. Dans ces deux revues, Bonnetty, bien qu'animé des plus droites intentions, soutenait chaleureusement le fidéisme et le traditionalisme contre ce qu'il appelait le rationalisme. Le 11 juin 1855, la S. C. de l'Index jugea nécessaire de lui demander impérativement une adhésion absolue à quatre propositions exprimant nettement la vraie et sûre doctrine sur ces matières. Bonnetty se soumit sans aucune réserve. Nous étudierons plus loin ces propositions. En même temps qu'il dirigeait ses revues, Bonnetty publia quelques ouvrages. Il resta toujours fidèlement soumis à l'Église catholique. Il mourut le 29 mars 1879.

II. ÉCRITS. — Outre les nombreux articles qu'il écrivit dans ses deux revues jusqu'à l'année de sa mori, il publia : 1» Beautés de l'histoire de l'Église, présentant par ordre chronologique ses combats, ses triomphes et les traita les plus propres àinstruire,^ in-12, Paris, 18il ;2'> Table de tous les auteurs édités jmr te cardinal Mai, Paris, 1850; 3» Documents historiques sur la religion des liomains et sur la connaissance qu'ils ont pu avoir des traditions bibliques par leurs rapports avec les Juifs, 4 vol., Paris, 1867-1878; -4» Dictionnaire raisonné de diplomatique, 2 vol.; 5" une traduction annotée de l'ouvrage du jésuite Prémaré, missionnaire de Chine, mort en 1735, Vestiges des principaux dogmes chrétiens, tirés des anciens livra chinois, avec reproduction des textes chinois, 1879.

III. Sens des propositions auxquelles il dut souscrire, sur l'ordre de la S. C. de l'Index du 11 juin 1855. Denzinger, Enchindion, doc. cxxx.

1 . Etsl Gdes sit supra ratio- Bien que la foi soit au-dessus

nem. nuUa tamen vera dissen- de la raison, il ne peut cepen-

sio, nullum dissidium inter dant se trouver entre elles au-

ipsas inveniri unquara potest, cun désaccord réel, aucun dis-

cum ambie ab une eodemque sentiment, puisque toutes deux

immutabili verilatis fonte, Deo procèdent d'une seule et même

optimo inaximo, oriantur atque source immuable de la vérité,

ita sibi mutuam opem ferant. Dieu inOniment parfait, et

F.nojcl P. P. PU /.Y, 9 nov. qu'ainsi elles se portent un

1S4tt. mutuel secours. Encijcliqun de Pie IX du 9 novembre 18'iG.

La phrase fidèlement extraite de l'encyclique précitée se termine ainsi dans le texte de 1846 :

... et qu'elles s'entr'aident mutuellement de telle sorte que la droite raison démontre.soutient, défend la vérité de la foi, tandis que la foi délivre la raison de toutes les erreurs, etl'éclaire, l'affermit et la perfectionne mer\-eilleusement par la coudes choses divines.

... atque ita sibi mutuam opem ferant ut recta ratio fldei veritalem demonstret, tueatur, defendat; fldes vero rationem ,ib omnibus erroribus liberet, I eamque divinarum rei-um cognitione mirifice iUustret,confirmet atque perficiat.

Cette conclusion nous manifeste le sens complet de la proposition incidente : atque ita sibi mutuam opem ferant.

Suivant Bonnetty, l'homme, dans quelque état qu'il se trouve placé, ne possède en réalité qu'îwî principe de connaissance pour les vérités de la religion naturelle, telles que l'existence de Dieu, l'existence de la loi naturelle, l'immortalité de l'âme et l'existence dune autre vie. Ce principe de connaissance n'est autre que la révélation divine manifestée à l'hornme par l'intermédiaire de la tradition. Dépourvue du secours de cette tradition, la raison, entièrement laissée à elle-même, est absolument incapable de découvrir ces vérités. Elle ne peut que tomber dans l'erreur, si elle essaie de dépasser en

BONNETTY

ces mnticri^s sos propivs :illribiirions <\\n sont unique-

menldc | \n\v rr.-lh.,vliri ri I', runii:! ilTr l:i valeur du

téraoiL;ll:i->' 'li.m \ [ . ii.-iil I '■ lit (■■■, iisM'iiioils, la premic'iv |ii'..|u,-i' i. .n .iiniNh ;- i-lrm-r ,lr ,le!i.r\n-incipes llv r.iiiiMi -iiir- juii. .ilinl il illic si'llli' ri liU'inc source immualjle de vi'riti', Uieii iiiliiiiinenl parfait, et par conséquent capables de conduire à la possession de la vérité, sans qu'il puisse jamais y avoir entre eux de vrai disscnlhnpnl on ilc'>;arrorfl. Le sens de cette proposition ibnl ,r (li'lrniiiiirr .l':ipi' du 9 mnruAnv ISiC, ,|,rrllr „

-i«CoMiitroi

nalistc'S qui re la négation dt progrés intell

•es celui de lencycliquc IL' fait que reproduire, iun des incroyants raliol.iliiji] ehi-élienne comme e iiiKunielle et de tout n^i 1141IC' qu'il ne peut y

avoir entre la fui el la laisuu auciui dissentiment désaccord réel.

La foi dont parle le document pontifical n'est au que l'assentiment donné à la révélaliun divine, uniqi ment à cause de l'autorité de Heu i . \ - lih iii\ C l'acception constante de ce inul lu <■■ 1 linilic ecclésiastiques, surlout quand il ^-v i 1 i' ' -hniisi tre la raison et la foi. D'après l'anlillie.^. . i il hr lei • tre ces deux moyens de plement l'intelligence hum; premiers les déduetiuns qui tenues, ou la facnll' de eunii, témoignage parlienlin i

raison ail-i-nr i

s'arrête i i j

raison. La piem foi qui est, de so ment intellige la foi qii l'oJjjel i

..■„s le isagent

i'ir IX ne ■s. us de la ..|,|el de la

SentlMieill liil ilr .l.-,h-. ,,i il r, ,1 ciilrc l.i r.e -iii il la lui.

Par l'eNjU i'^^ImN i/(,s,s, /,s,,. ,,■,,(, |r -- 1 1 1 1 \ , | , i 11 | |H.i|lllr donne a rlll,niliv .pir Ir- ,ll --.rlllllnml- .lll-vie^ l'.ll- II-

adversaiies de la [■.■M'Ialimi -on! ,Mii|ili-iii. ni apiiaeculs. Suivant I analyse laite p.n h i,,ii.i!i du Vatican, cette apparente contradiction m i. |i., r i|ui' Mir une fausse interprétation du dogiu^ du m lU m une conception inexacte des données eejl.iiu.- Je l.i raison. Concil. Valic, Const. Dci Filitis, sess. III, c. iv. A l'enseignement pontifical s'ajoute cette preuve manifeste : il ne peul y avoir contradiction on opposition réelle entre

tucatut; ilefcndal. De la pai assurée à la raison contre lo ilii.sr- divines et en même hiissinient et perfectioniiem eunnaissances que Iburiiil la

l'uni ri'riinj , , ■/.,

alqtip per/iriiil . \'. • i > n .1

foi, préservation

iir concernant les luiiiiiiation, affer- I 1 raison par les

itiruuin/irincl

de ISM)

rlax

20 ju

Mitiére et loyale acceptation de cette ■xiraite de l'encyclique do 1846, Bonnelly [■/■eiVIenles affinnalions, que les vérités .ihnvllr le ivli \,.nt que d'un seul prin- ~.ini I , Il II \. l.iiii.M divine, et qu'en ces nii laissie à SIS propres forces ne peut

sci-ipta a j

■mo.

■ itiu sub- un partisan du naturalisme uu 0, 8 sept. datalidisme. Proposition souscrite par Hautain, le 8 septembre iSW.

Observons d'abord les divergences d'expression 1 la proposition imposée à l'acceptation de l'abbé Ba et la proposilion suuserile par iionni'ltv. La propos

de 1855 sll|i|ieMMr lipiIlHlr .l..,n,n, r^rl,'slr prilll ment adj l<- :i /''e;. il .ijollli' rnlMlMi- i ii'l ni 11 i II

taine de la l'aisun, auiime s/iiriln'ilihilrin. Iinn liherlalem. Voir col. 482; cf. ccpemljnl ml. 'is:t. toute cette question, la doctrine aiiL i n m vimiil ^ nue par lionnellv peut se loniniler luii^i : ruisip

hypothèses

rétractée p;

1" Bal,,,,

diuu eirunée est Ibrmelleuiei

iposition :

iant l'acte même du raisomn

la dée cher I plus I d'aillé

[X, on peul rappro- 70, plus explicite et III, c. IV. On sait

I, 1,11 ni , x|ii,~iV par

Ml, l,iii;illl a 1 exposé

saint 11 ■ I ' ■; ,,l .. I. I. r. Ml, l.iil

théobl^iiiu- il. ri lli iliiill'inr, Mlle Km ri IIU.siiN.

2» La lui et la raison, loin de se contredire réellement, s'entr'aident mutuellement. La proposition de 1855 s'arrête à cette constalalion. Le document de 18'i6 auquel elle renvoie indique in qii li r,,iiM Ir t-r simurmntuel. De la n.u i ilr I i eu -un. ,1 -h, m 'i i| |. I,

enté

de h futatic

foi

raisonnement propreiiieiil dil, en di'ljors de la seule autorité du témoignage humain tant universel que jjarticulier. On remarquera toutefois qu'aucun genre p.arliculier de preuve n'est iniliqiii'. 11 suffit qu'une déinons- Iration raliminrllr snil ni.iinlrniir.

2» Ce n'rsi jioini i|iir:sliiiii de fait, mais seuleinenl

une quesliuii de pniuuir, pi.iu' la nature humaine considérée en elle-même, et dans lout état où ellepeutêlre placée. On ne veut donc point affirmer qu'en fait tous les hommes de tous les temps ont ainsi connu l'exis-

llei-

BONNETTY

ment connaître. C'est de celle même capacité absolue que parlera plus tard le concile du Vatican, sess. III. can. 1, De revelalione.

3° Cum cerlUudine. — La démonstration rationnelle dont la possibilité vient d'être affirmée est donc une démonstration réellement inattaquable en bonne philosophie et qui défie tontes les attaques ou dénégations du criticisme subjectiviste, du positivisme et de l'agnosticisme ou les aflirmations similaires des fidéistes et des traditionalistes, pour ce qui concerne la valeur de la seule raison humaine. Le concile du Vatican a adopté une expression presque identique, loc. cit.

i" L'objet sur lequel peut porter cette connaissance certaine de la raison est désigné nommément : l'existence de Dieu, la spiritualité de l'àme et la liberté de l'homme, .\utant d'expressions qui ont dans le langage î • l'Église un sens absolument déterminé et constant. . sistence de Dieu, c'est l'existence du Dieu un etvérile. créateur et maître de toutes choses. Aussi ces

ributs ont-ils été formellement désignés par le con- ■ du Vatican, sess. III, c. it, et can. I, De revelalione,

lume pouvant être certainement démontrés par la 1 iison. Rien n'est nécessairement affirmé des autres attributs d'ailleurs évidemment compris dans l'infinie perfection divine. La spiritualité de l'Ame humaine, d'après l'enseignement de l'Église, c'est non seulement sa distinction mais surtout son indépendance intrinsèque de la matière sous le rapport de l'existence et de l'action ; ce qui entraine son immortalité ou sa survivance constante dans une autre vie. Voir Ame, Sa apiritualité,t. I, col. 1021 sq.; Vacant, Étude-i théologiquea SUT les constitutions du concile du Vatican, Paris. 1886, t. I, p. 234 sq.

La liberté de l'homme c'est, au sens des définitions de l'Église, la répudiation des erreurs fatalistes ou déterministes et l'affirmation de la responsabilité morale de l'homme dans la mesure absolument nécessaire pour l'existence et la sanction de l'obligation morale, dans quelque état que l'homme puisse se trouver. C'est ce qui résulte : i. de la condamnation formelle de la proposition 36^ de Luther le 16 mai 1520, des propositions 46" et 6â« de Baius le l"' octobre 1567, de la proposition ;8« de Qnesnel le 8 septembre 1713. de la première des propositions réprouvées le 7 décembre 1690 par Alexandre VIII, de la proposition S' de Jansénius, 31 mai ifô;} ; 2. des définitions du concile de Trente, sess. VI, c. i, v, SI, et can. i-6; 3. de l'enseignement de Léon XIII dans l'encyclique Libertas prsRstanlissimnm du 20 juin I8S8.

5» Bonnetty ne se contentait point d'affirmer que la raison laissée à elle-même est incapable de démontrer les vérités de la religion naturelle. Il soutenait encore que ces vérités ne peuvent être établies que par l'autorité de la révélation. Aussi après avoir affirmé le pouvoir absolu que possède la raison de démontrer ces vérités, la deuxième proposition enseigne que la foi ne peut être convenablement alléguée comme preuve, soit de l'existence de Dieu contre les athées, soit de la spiritualité de l'àme et de la liberté humaine contre les partisans du naturalisme et du fatalisme. Cette assertion est appuyée sur la nature même de la foi. Acte de rationnelle et libre adhésion à la révélation divine, la foi suppose nécessairement l'existence préalable de cette révélation non seulement dans l'ordre objectif de la réalité, mais aussi dans l'ordre subjectif de notre connaissance. En d'autres termes, l'assentiment à la vérité révélée présuppose non seulement le fait de la révélation, mais encore une connaissance suffisamment certaine de ce fait, ainsi que des raisons spéculatives et pratiques d'adhérer à cette révélation et même des vérités religieuses nécessairement comprises dans les prxambula fidei. C'est surtout dans ce sens subjectif que doit ici s'entendre l'assertion : fides posterior est revelalione. Il est dès lors évident que cette connais-

sance des vérités naturelles préliminaires â l'aete de fm

et ce jugement préalable sur le fait de la révélation et sur les motifs d'y adhérer ne peuvent, sans un cercle vicieux, provenir de la foi elle-même. Par cons.jquent la foi ne peut être invoquée comme raoven de d.'montrer les vérités religieuses naturelles contp»- r,-::- - nr

point encore adhéré à la révélation. D • voir dans la ^ proposition que l'ex doit précéder la foi, en fournissant I.-et pratiques du Jugement préalable de cr-ilililit .

L'osage de la raison procédé

ope te- la foi et y eandoit Fliemme

ondodt. avec le seeoairs de ta tév&a-

Propoaitio mtbaeripta a Bau- tien et de la grice. Propom^

tainio, S sept. iSW. lion âouserite par Bantain,

te a seplembri; «■«).

Bonnetty avait émis ce principe que la révélation divine et la foi par laquelle on y adhère, sont seules capables de conduire l'homme à la connnr«=:în<!p o»rt?me des vérités religieuses naturelles. A '. assertion la 3^' proposition : 1» aflirru la raison doit précéder la foi. Il ne foi surnaturelle. On laisse entièremen tion philosophique de la priorité de l.i r;iiJori is-i-vis de la foi purement humaine qui est l'adhésion au témoignage humain, individuel ou universel. —2" Elle indique en quoi consiste cet exercice préalable de l'a raison. Celle-ci ne fait que préparer ou disposer à la Coi.ad eam homineni conducit. Comment s'acccomplit ce travait préparatoire, la proposition ne le dit point. L'encyclique de 1846 l'indiquait suffisamment par cette déclaration formelle, que la droite raison démontre la vérité de la foi. ut recta ratio fidei reritatem denumstret, ce qui ne peut s'entendre que de la démonstration de sa crédibilité, comme l'explique ultérieurement le même texte. Plus tard le concile du Vatican, sess. III, c. ni, en donnera cette raison, que lassentimf^nr ^'.-. !i fjj. r.jiir être conforme à notre nature, doit s'ni sence d'infaillibles signes divins, cr fait de la révélation divine. Cest o.

saint Thomas quand il esquissait celtr. j,,,^.,^,.,., .1..:,,-^ de l'acte de foi : Ille qui crédit, habet iujiicufns mductivum ad credenduni ; inducitur enim auctoritate dicinse dûctrinse miraculis confriiinu-. éi ./ <r ./ phi.i est,interiori instinctn Dei ih crédit; tamen non habet sdenduni; et ideo non toi'

t/ieoi., II» ^^ q. II, a. 9, ad o . ., .... ....,....«

rôle préparatoire de la raison, la proposition se garde de toute tendance rationaliste, par cette déclaration expresse : ope revelationis et gratiae. Dans quelle mesure ce double secours, l'un extérieur, l'autre intérieur, est-il nécessaire, nous devons le demander à d'autres documents. Le concile du Vatican, sess. III, c. it, a défini en quel sens la révélation est moralement nécessaire an genre humain, pour une connaissance suffisante des vérités religieuses naturelles, et absolument nécessaire pour la manifestuirjn .î.^s '. Kinti'> ^urmilarelles. D'autre part, en Sif' can. 5-7. avait déjà défini li naturelle même pour l'inifi'

talia alfectuni et pour toutr:- ^ . .^

à l'acte de foi, si lointaines qu'elles i'iiSdt:nt, ce qui a applique infailliblement au moins à l'ensemble du jugement spéculatif et pratique de crédibilité.

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