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■iii 1.. I,..iiii,.| .1,. ,l,,uu.„r. n est ,■ i,.^i-liu du, ,|,,uiuuis. On re- •iti' ilu 1,1 pluparl des thèses de es Estampes, si riche cependant et
en thèses de cette époque, dit le P. de la Broise. et la Bible, p. xvm-xix, ne possède pas nllus auteur; et déjà de son temps l'abbé Le hu u -, de chercher inutilement chez les anciuu- .i,„ ■Navarre les thèses do théologie et les liai. m- u, suet. » Le R. P. (la/.uau „ |Hildi,' dan- 1, - ,' ■ pieuses, '15 juin I.^Hll. Vu,- Uns,- .1,- y,^.^s, ,
à la date do hl.M tiii \ 1 ■ ,11 ^mu, l,
■la hiér.i-uliiu un,. l;,,--ii, I .!,..., ,1,,, ,,„,.,, ,,|i ,
m quelqu'un fjarle, que JJieu parle par su Bûssuctus ad Clementem XI. De virtutibus
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Metz duiil il .l.iil uli.inuiii,. ,1, |,,ii lulu II .uait été
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quelques -.juins. T,,in- a I \ , n Ki.'uJ u. lu-li.iure de
Sarrebûurg, qui ressortissail alors a l'évéclié de Metz, et archidiacre de Metz en 1654, il poursuit ses études; il argumente contre les juifs, nombreux à Metz où ils
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Iructivus pastorales si .< Tout Bossuet, a-t-on d d'abord son style, qui
I,.- .lru,/us.u,,,uu^,. lus InS-
k's uroinesses de l'r-.glise.
est déjà dans la Béfulation; a jamais été plus éloquent,
ii-iiili. s.i uu'thode de com- ,,-iii,,u 11,-1 iiulbiiiuiit régulière et ,l,.,.|i.|ii, \.i, i,.\i,.iil. non pas sans i.ihluin - 1 iillii. - llussuet a déjà ses Il y aplanit lus diflicultés de doctrine, catholiques ont la même confiance eh les réformés, enfin il oppose très ><i,',i,, au sclùsme. v F. Strowski, Bos-
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intervi'uni auprès du r.und,.. .il,,i m -, 1 > u u du I Espagne, ,1 iPuil I,.- I,.!iul,.-.d, \.i-l,iu iil I, - , iiMi'uiis de Metz, pour t.ui u -illi j'i I, - uluii-, -. ipii pu- I nul -m- la ville. Enfin, il pii.uliu, l'uni, inpu' ui ^unlu du l.unno heure par le maréchal de Schomberg, gouveinuiir des Trois-Évêcliés. et par- la maréchale, cette Marie de Hautefort qui avait inspiré au chaste Louis XIII un sentiment vif et
de Bossuet, on a distingué trois 10, a dit un bon juge, est surtout ue; » et il nomme plusieurs scr-
BOSSUET
mons de Melz {iiermon sur la bonté 'et la rigueur de Dieu; Premier sermot) pour le vendredi saint; Panégyrique de saint Gorgon; Panégyrique des saints anges gardiens), « plus longs, plus embrouillés de dissertations, moins habilement composés, d'un réalisme quelquefois excessif, mais par cela même plus coloré. » F. Brunetière, Manuel de l'histoire de la littérature française, c. ii, p. 191. Le panég}rique de saint Bernard, prononcé à Metz en 1655, parait annoncer une nouvelle manière. On y admire un célèbre portrait du jeune homme. Nul psychologue n'a mieux vu, nul poète n'a mieux peint.
En 1659, Bossuet se fixe à Paris; il retourne cependant plus d'une fois à Metz, et c'est probablement dans cette ville qu'il prononça les oraisons funèbres de Mme Yolande de Monterby, abbesse des bernardines, et de Messire Henri de Gornay. C'est à une demoiselle de Metz qu'il écrivit, en 1662, celte lettre sur .lésus- Christ et l'Église où s'allient une haute théologie et une piété ardente.
7» Bossnet prédicateur. — Les années qui vont jusqu'à 1670 sont, dans l'histoire de la prédication de Bossuet, les années capitales, les années triomphantes. Alors, d'après M. Brunetière, loc. cit., s'inaugure sa seconde manière, » surtout philosophique et morale, quoique non pas du tout pour cela laïque; et d'ailleurs pourvu qu'on ne prenne pas ces distinctions au pied de la lettre... HôesiiPt «•f-dorcp dp (li'mnntrpr, comme Pascal, qu'in(l'|ii iiiliiiMiipiii ili iiiil .1 :Miti'- raisons qui commantlriii .1 \ .iMiii, li i.liuh'U ..i cncirc, de toutes les philosiipliics. irll.' .|iii r\|.iii|nr I.- hiipiix l'homme et la nature. <• H prêche à Paris trois carêmes et deux avents, des panégyriques de saints, des serinons de charité, des sermons de profession et de vêture, des conférences dans des séminaires; deux carêmes et deux avents à la cour; des oraisons funèbres, dont celle d'Anne d'Autriche, très goûtée alors et luijourd'bui perdue. G. Lanson, Bossuet, c. I. C'est à la cour que furent prononcés les sermons sur l'ambition, sur la mort, sur les devoirs des rois (dans ce sermon apparaissent d'avance et la doctrine de la Politique tirée des propres paroles de l'Écriture sainte, et les grandes images du Discours sur l'histoire universelle) ; les sermons sur la Passion, sur la vigilance, jiour la fête de tous les saints. Parmi ces chefs-d'œuvre, isolons deux sermons d'un caractère éminemment apologétique : le sermon sur la providence {16&^), et le sermon sur la divinité de la religion (1665). Le premier est la démonstration d'un dogme fondamental de la théodicée purement rationnelle et de la théologie catholique, dont les contradicteurs, cauteleux ou hardis, s'accordaient pour imputer à la Nature ou au Destin la régularité du gouvernement du monde. De l'exorde de ce sermon, M. Brunetière a pu dire que c'est c l'un des plus beaux que nous ayons de Bossuet, où l'on entend sonner comme un bruit de guerre, et dont le geste superbe semble celui d'un Condé menant ses troupes à l'assaut ». Études critiques, 5« série, La philosophie de Bossuet. Le sermon sur la divinité de la religion résume et présente avec une force souveraine toutes les preuves qui accréditent le christianisme catholique devant la raison et la conscience, notamment ces preuves d'ordre moral auxquelles nos contemporains sont surtout accessibles. N'oublions point le panégyrique de saint André (1668), où se lisent ces prophétiques paroles qui indiquaient d'avance à Lamennais le sujet et le titre de son plus célèbre ouvrage : « Je prévois que les libertins et les esprits forts pourront être décriés, non par aucune horreur de leurs sentiments, mais parce qu'on tiendra tout dans l'indifférence, excepté les plaisirs et les affaires. »
Bossuet sermonnaire, Bossuet orateur, a-t-il été placé pir .ses contemporains à la place sans égale où notre admiration le contemple? « Sachons, répond M. Brunetière, que le xvil« siècle a mal jugé de l'éloquence de l'.ossuet. Cela ne veut pas dire que Louis XIV, ou sa
cour, aient refusé de reconnaître en jBossuet un grand et très grand orateur... Cela veut dire que ses auditeurs ne se sont pas doutés qu'ils entendaient la plus grande parole qui fût tombée de la chaire chrétienne. » Introduction aux sermons choisis de Bossuet, Paris, 1900. D'ailleurs, Bossuet cessa de prêcher au moment où Bourdaloue apparaissait; et comme à beaucoup d'autres, il advint au devancier d'être oublié. L'incomparable orateur l'a dit lui-même dans son sermon pour la profession de Mil' de La Vallière (4juin 1675). c ... Je romps un silence de tant d'années, je fais entendre une voix que les chaires ne connaissent plus; » et en 1681, dans son sermon pour le jour de Pâques, il déclare « reprendre la parole après tant d'années d'un perpétuel silence ».
Non sans doute, l'éloquence de Bossuet n'a pas été méconnue : « S'il eût été un orateur médiocre, toute sa théologie ne lui eût servi de rien » pour parvenir, t et les illustres hérétiques qui voulaient s'éclairer ne lui eussent point procuré l'honneur de leurs conversions. » G. Lanson, Bossuet, c. m. Néanmoins, ce que le xvii« siècle a surtout admiré dans Bossuet, c'est le controversiste et le théologien.
8" Controverse avec les jansénistes. — Le théologien se montre dans la période que nous retraçons. En 1644, à la demande de l'archevêque, Hardouin de Péréfixe, il écrivit sa lettre aux religieuses de Port-Royal de Paris, pour les décider à souscrire purement et simplement le formulaire d'Alexandre VII où étaient attribuées à l'Augustinus et condamnées les cinq propositions fameuses qui ont troublé le xvii« siècle. Cette lettre futelle remise à ses destinataires, et Bossuet eut-il avec elles une conférence dans leur couvent? La chose est très douteuse. Floquet, Études stir la vie de Bossuet, 1. X, t. II. Il essaya d'amener à la signature du formulaire une sœur et une nièce d'Antoine Arnauld, Agnès de Saint- Paul et Angélique de Sainte-Thérèse, que l'on avait transférées à la Visitation du faubourg Saint-Jacques. La tante résista, et la nièce ne consentit à souscrire que pour se rétracter ensuite.
Avouons-le, touchant la nature de l'obéissance due aux décrets de l'Église sur les faits dogmatiques, Bossuet est moins précis que ne le sera plus tard Fénelon : il ne distingue pas assez entre les jugements sur les personnes et les jugements sur les écrits; mais il n'en exige pas moins des religieuses de Port-Royal une soumission intérieure et sans réserve. « Certainement si l'on demandait votre témoignage pour faire le procès au livre de Jansénius et pour appuyer la sentence sur votre déposition, il n'y a per.sonne qui ne vous accorde qu'alors vous seriez tenues de déposer sur ce fait en connaissance de cause. Mais le jugement est rendu, les papes l'ont prononcé, tous les évêques l'ont reçu sans contradiction, et le témoignage qu'on attend de vous ne regarde plus que vous-mêmes et vos propres lions, c'est-à-dire la chose du monde que vous sez le mieu-c. Et si vous nous répondez que c'est là aussi ce qui vous arrête, parce que doutant que le pape et les évêques aient bien jugé en ce qui touche le fait, vous ne pouvez pas l'assurer, c'est ici que vous vous trouverez convaincues de manquer de déférence envers l'Église. Car si son autorité était telle dans votre esprit qu'elle y doit être, il n'y a personne qui ne voie qu'elle pourrait facilement emporter un doute et encore un doute comme le vôtre... »
9» Controverse avec les protestants. — Mais à la date où nous sommes, la controverse janséniste n'est qu'un accident ; ce qui occupe surtout Bossuet, c'est la controverse protestante. L'archidiacre de Metz désire le retour à l'unité de tant d'âmes que des ignorances et une tradition déjà séculaire en ont détachées; et la France le désire comme lui. Il est de toutes les conférences qui poursuivent l'œuvre de la réunion, et, grâce à sa méthode qui préférait aux controverses l'exposition
lor.i
ROSSUET
l'^liiii- et sincère de la doctrine callioli(|iie, des proteslaiils scconverlissent. En 1665, c'est le marquis de Danyeau qui abjure la réforme; en 1668, ce sera son frère, Louis de Courcillon. Nommons aussi dès maintenant les comtes di' Lort;e et de Rozan, et surtout Turenno.
Les |i,iiii-M i^li^ du liéros ont pu tain- Ii' i 1. r.o~^-
surl Mii-i M.-rii.in. qui parlait en pi - m . .1. |:.., sui'l ' I I ,iiii ilii' I .111 neveu du grand lu un m- !■ • n ilinii de lluuilluii, la ^luire d'une telle coumi-mh ; mu- l.i postérité ne s'est pas laissé tromper par ces éloges et par ce silence.
;/. l'ÉVÉQUE DE rO.VDO.V ET I.E PHÉCEPTECR DC
ihii rmy. — i" L'évêque de Condom. — Le 8 septembre 1669, Bossuet apprit à Jleaux, où il était allé prêcher la véture de M"" de La Vieuville, sa nomination à l'évéché de Condom ; — le renom fâcheux de son parent, François liossuet, compromis dans la disgrâce de Fouquet, et les malheurs immérités d'Antoine, son frère, avaient pu retarder son élévation. I.e nouvel évoque fut sacré le
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d'iloceiuiucourt, évêque de Verdun, et l'évéque d'Autun, Gabriel de Roquette. Bossuet qui, dans l'intervalle de sa nomination et de son sacre, avait été choisi par Louis XIV comme précepteur du ilaiii'liiii H' l'iit jamais personnellement possession dr n i i li (Condom ne comprenait que cent quu m ; i i-
de loin cependant, il n'en négligea \> i I "h i-'i i
tion. Nous avons pour preuves de cette vigilance les mesures disciplinaires que l'évêqiie décréta, et les luttes qu'il eut à soutenir. Plieux, C'êpiscopat de Bossuet à Comhm. in-»: Bordeaux. 1879.
2» Uéiiélici'x : oraisims fioièbivs. — Devenu en 1670 précepteur du dauphin, et jugeant qu'il ne pourrait concilier ces fonctions nouvelles avec le devoir de la résidence épiscopale, Bossuet démissionna le 31 octobre 1671. Le roi lui conféra le prieuré de Saint-Étienne du Plessis-Grimoult. au diocèse de Bayeux, et. le 1" août 1672, la riche abbaye de Saint-Lucien de Béarnais. Le maréchal de Eellefonds — le mieux rente des hommes — s'alarma pour son ami de ce cumul de bénéfices, et celui-ci, aux monilioTis sé'véres ()ui lui étaient faites, répondit avec sinci lil. . I 111 |.irs.|ue dit avec candeur. Sans doute, un évéqur |ilii- |ii II. 11.' des délicates exigences de la pauvret' 1 v.iii;.:. Ih|iii — saint Charles Borromée, saint François de Saks — n'eût pas écrit : « Je ne me sens pas encore assez habile pour trouver tout le nécessaire, si je n'avais précisément que le nécessaire; et je perdrais plus de la moitié de mon esprit, si j'étais à l'étroit dans mon domestique. » Mais c'est bien l'homme à l'àme profondément chrétienne et sacerdotale qui, après avoir allégué comme défense, que les bénéfices « sont destinés pour ceux qui servent l'Église », ajoute : « L'expérience me fera connaître de quoi je me puis passer : alors je prendrai mes résolutions, et je tâcherai de n'aller pas au jugement de Dieu avec une question problématique sur ma conscience. » Au maréchal de Bellefonds, Versailles, 19 septembre 1672.
Le 16 novembre 1669. Bossuet, avait prononcé à la Visitation de Chaillot l'oraison funèbre de la reine d'Angleterre ; le 21 août 1670, il prononça à Saint-Denis celle de la duchesse d'Orléans. Tout a été dit sur ces deux chefs-d'œuvre que, environ dix ans après, l'incomparable orateur envoyait à son ami Rancé comme « deux tètes de mort assez touchantes » (30 octobre 1682). On sait aussi avec quelle compatissante sollicitude, qui « charma » même le dur docteur Feuillet, l'évéque de Condom secourut et consola l'agonie de Madame.
3» Précepteur du dauphin. — Bossuet se donne sans résen'e à ces fonctions qui très justement revêtaient à ses yeux'-le caractère du plus important service public.
Il exige de son élève un Iraxail (|Uolidien — c'était la volonté de Louis XIV, si assidu lui-même à son métier de roi; excepté les cas très rares de maladie où il est remplacé par le sous-précepteur, Daniel Huet, il fait par jour trois classes au dauphin. Il no professe pas. il
iTiiiI
fauts de son ige, romaniuables par leur précocité ou leur mérite; il appelle des hommes de science qui répètent devant le dauphin les expériences les plus ro'centes de la physique, qui lui nuinh-n,! I. - d. ini. mdécouvertes de l'anatomie. Il le cc.uduil ,i i n i ,
il le mène à la BibUothi-tpir ilu t-tii, un I \ .' ! -
sciences tenait ses séances, et qui élaii .< lu l.i- mir sorte de Conservatoire des arts et métiers. » 1'. Strowski, Bossuet, etc., 1. II, c. il. Pour se rendre plus apte à son emploi, Rnssuet avait renoué un commerce plus
fréquent et pin Iiiliim ,inr l.i .Inn. .mlirpiili'- rlussiques. Il avail "..[i : l. -Lai . , p. ■ni mil! CIm--
toire de Fraiii- l ■,. i n .. i ,1 • I,, , . un h.hI -m -
tout intérêt a n.nli \nii, .n.nix ni. ilim-- |..~
sources, dira-t-il dans sa Irllre à Inuocciil XI, De inxlilutione delpbini, et nous avons tiré des auteurs les plus approuvés ce qui pouvait le plus servir à faire fûmpr. iidr,. (au prince) la suite des afi'aires. » Avant ni li I, ,1.1 avec le roi, d'accord avec lui-même, il
1 pu I au dauphin une religion profonde. L'ad-
11111 il. I. I li[c dont nous avons cité un passage, révèle le luit visé et les méthodes suivies par le précepteur. Bossuet a-t-il réussi, et, roi, le dauphin eût-il fait honneur à son maître? Celui-ci, plus d'une fois, s'est plaint de l'inapplicalinti iL' -m ili"..- \'..iilili.ni- pa- qu'il n'avait pas (■..m m n. . I ., n , i . .1. . . i'.- . .Iii.-.iii..ii , .pTil
remplaçait In pi - - n|. ni .]■. I' m., m .I..11I I. - ininnli. n-..^
exigences avamnl n. |.ui. . 1 I ,1 1 n .1 ,., . m .■ !.■ .linpluii . n'oublions pas ikhi pin- .pn I lu.j - .In . n . 1neur, Monlausier, Un la. ilii. 1 .'îii p-mi -.. i.ml:. \pi... tout, ce prince que m. uni li.|u..i,ln.|. n.m mpi.-.nl,
peuple honorèrent la mort, fut-il au.ssi nul que l'a prétendu la haine cnliellée du duc de Saint-Simon? « Son règne, a-t-on dit, n'eût ressemblé en rien à celui de son père. Sous un prince d'humeur pacifique, vivant fort bien sans gloire, la France se serait reposée avec plus de dignité que sous ce régent dont Saint-Simon possédait toute la confiance; et qui oserait dire que, dans ce cas, la France aurait perdu au change? » R. P. Charles Daniel, S. J., Bossuet à la cour de Louis XIV, dans les Études religieuses, mars 1866.
Quoi qu'il en soit, ce n'est pas pour le dauphin seul que Bossuet a travaillé. On avait voulu « rendre commune à tous les Français l'éducation du prince destiné à régner un jour sur eux ». Juillard de Jarry, dans VOraison funèbre du duc de Montausier. De fait, la Connaissance de Dieu et de soi-même, la Logique, la Politique tirée des propres paroles de l'Écriture sainte, le Discours sur l'histoire Kiinrrsrllr. ,■[ même .cet Abrégé de l'histoire de Fran.. .n |. ni.iiir.. guide la main de l'élève, composés pom nu. . ilm .iiimi royale, ont instruit et continueront d'iusliuiic la postérité.
L'auteur ne songeait guère cependant à la postérité; il a laissé plusieurs de ces ouvrages en portefeuille, ainsi que beaucoup d'autres, au hasard d'une publication posthume qui aurait pu faire défaut. Le Discours sur l'histoire universelle n'a pas couru de tels risques. Bossuet publia en 1681, en 1682 et en 1700, avec des corrections, cette œuvre maîtresse. Des Époques, manuel incomparable, on a pu écrire que « certaines parties en disent plus, dans leur forte brièveté, que les tableaux développés de telle longue et savante histoire ». P. .lacquinet. Discours sur l'histoire universelle, pré-
BOSSUET
face. Dans la seconde partie du Discows, la Suite de la religion, Bossuet avait mis toute sa pensée apologétique, méditée et mûrie depuis la jeunesse. On a cependant dénié à cette seconde partie sa valeur apologétique. Sans doute, Bossuet qui ne prévoyait pas les futures découvertes de l'égyptologie et de l'assyriologie (et il n'a pas tenu à lui que ces découvertes ne fussent hâtées par l'initiative de Louis XIV; voir Les empires, c. m); Bossuet n'était pas contraint de reculer plus qu'on ne faisait de son temps les origines de l'humanité et d'allonger la chaîne des générations en supposant que, dans le récit biblique, bien des générations avaient été omises. Que sa démonstration de l'authenticité et de la souveraine véracité du Pentateuque ait besoin d'être reprise, qu'elle puisse subir des retouches et des changements qui laissent intactes les thèses fondamentales, on ne le conteste point. Mais toute l'apologétique du Discours sur l'histoire universelle n'est pas dans les trois premiers chapitres de la seconde partie; elle est aussi dans ces admirables chapitres qui vont du xix^ au XXVI'; qui établissent, par des arguments irréfragables, le caractère pleinement historique des livres du Nouveau Testament; qui nous proposent, comme des motifs de crédibilité, l'incomparable sainteté de la personne de Jésus-Christ, la transcendance de sa doctrine, la pérennité de son œuvre.
Quant à la troisième partie du Discours, si Bossuet n'a rien dit de l'Inde ni de la Chine, ce n'est pas sans doute qu'il ne connût à tout le moins l'Histoire de la Chine du jésuite Martini. Il n'a fait passer devant nos yeux que l'Egypte, l'Assyrie, la Perse, la Grèce et Rome, parce que son dessein était d'écrire seulement l'histoire des empires qui avaient servi à l'exécution des conseils de Dieu sur la nation juive, et partant à l'avènement et à la dill'usion du christianisme. D'ailleurs, à un point de vue qui n'était pas celui de Bossuet, n'a-t-on pas soutenu de nos jours que l.i M'ril.ilil selle, c'est l'histoire des jn ii|il. - ipi longues séries des génér.ilKni- Imi durable et décisive, c'est I ln-luiif Rome, et surtout d'Israël '?
4» Bossuet à l'Académie française.
avant d'inaugurer ses fonctions de précepteur, Bossuet entra à l'Académie française. Son discours de réception plus court que ceux d'aujourd'hui, exprime des idées toujours vraies sur la fixité des langues, nécessaire condition de la durée des ouvrages; il s'achève par une exhortation sublime : « Travaillez sans relâche à vous surpasser tous les jours vous-mêmes, puisque telle est tout ensemble la grandeur et la faiblesse de l'esprit humain, que nous ne pouvons égaler nos propres idées, tant celui qui nous a formés a pris soin de marquer son infinité. »
5» Bossuet à la cour. — Bossuet précepteur fut un éi'êque au milieu de la cour, comme l'a dit Massillon, Oraison funèbre du dauphin. Il le fut parmi tous les scandales royaux. Il encourage Louise de La Vallière dans son repentir, dans ses projets de i-etraite ; et quand tous les liens auront enfin été brisés, lorsque la pénitente s'apprête à faire au Carmel sa solennelle profesfiion (4 juin 1675), Bossuet prononce ce sermon dont J. de Maistre a dit que « jamais homme inassiste (non assisté par le Saint-Esprit) n'a pu s'élever à ces idées ni à ce ton ». Obsei-vatiotis critiques sur une édition des lettres de Madame de Hérigné, dans les Lettres et opt(Scules inédits, t. ii, p. 451. Il s'efforce de séparer Louis XIV de l'altière rivale qui avait supplanté Louise de La Vallière; iladresse au roi les lettres les plus courageuses ; et ces lettres, il les avait méditées dans le silence et dans la prière, craignant que des préoccupations ■terrestres n'en affaiblissent l'accent et n'en amortissent l'efficace. « Il faudrait être comme un saint Ambroise, écrivait-il au maréchal de Bellefonds. un vrai homme
stoire univernt eu sur les es une action la Grèce, de
Peu de temps
do Dieu, un homme de l'autre vie on tout parlât, où les mots fussent des oracles du Saint-Esprit, dont toute la doctrine fût céleste ; priez, priez, priez, je vous en conjure. » Lettre du 20 juin 1675. Aussi est-ce en toute vérité que Saint-Simon a dit de Bossuet, parfois calomnié par la légèreté ou par l'envie : « Il parla souvent au monarque avec une liberté digne des premiers siècles et des premiers évêques de l'Église; il interrompit, plus d'une fois, le cours du désordre ; il y porta tous les coups ; enfin il le fit cesser. » Mémoires, édit. Chéruel, t. xiii, p. 122.
Bossuet n'était pas moins évêque au milieu de la cour, lorsqu'à cette même date de 1675, il rappelait à Louis XIV la détresse des peuples, et l'obligation où était le roi de la soulager (lettre du 10 juillet 167.5); lorsque, prêchant à Saint-Germain le dimanche de Pâques 1681, il conviait le souverain à suivre l'exemple du Sauveur. « Il faut donc descendre avec lui, quelque grand qu'on soit..., descendre pour compatir, pour écouter de plus près la voix de. la misère qui perce le cœur, et lui apporter un soulagement digne d'une si grande puissance. » On a cité souvent, pour l'approuver ou pour la combattre, une assertion de J. de Maistre sur le grand évéque. « Les soulTrances du peuple, les erreurs du pouvoir, les dangers de l'État, la publicité des désordres ne lui arrachent jamais un seul cri. » De l'Église gallicane, 1. II, c. xii. 11 faudrait reléguer cette phrase parmi d'autres jugements précipités et fautifs qui ont quelquefois échappé à J. de Maistre, si l'on n'aimait mieux adopter l'ingénieuse interprétation que propose M. l'abbé Charles Urbain. « L'illustre publiciste n'accuse pas, comme on l'a dit, l'évêque de Meaux de rester insensible aux misères des pauvres ou aux vices de son temps ; il constate que nul homme ne fut jamais plus maître de lui-même, et ne sut mieux dire ce qu il fallait, comme il fallait, et quand il fallait. » Sermons choisis de Bossuet, introduction, p. x.
6" Diverses occupations de Bossuet à cette époque. — A la cour, Bossuet n'interrompait pas l'étude de la théologie et de l'Écriture; il en fut même un puissant et infatigable promoteur. Des conférences hebdomadaires qui s'ouvrirent le premier dimanche de l'Avent 1675, et qui se succédèrent à Saint-Germain et à Versailles, groupaient autour de lui des ecclésiastiques et des laïques, désireux d'approfondir le texte sacré. C'étaient des théologiens et des érudits comme Daniel Huet, Fénelon, Gallois, Mabillon; des orientalistes, des rabbins, disait-on ; Eusèbe Renaudot, Barthélémy d'Herbelot, les deux frères Veil, juifs de Metz convertis par Bossuet; c'étaient d'autres encore, La Bruyère, Pellisson, Caton de Court, Nicolas Thoynard. On lisait d'abord un passage de la Bible — c'est par la prophétie d'Isaïe qu'on avait commencé en 1675 — chaque assistant proposait des doutes ou des explications; Bossuet résumait-le débat, et le secrétaire de l'assemblée, du concile, comme on l'avait appelée, Claude Fleury, tenait la plume sous la dictée du maître. « Durant une dizaine d'années, il couvrit de son écriture fine et régulière les grandes marges de la Bible de Vitré que Bossuet prêtait au concile, pour y recueillir les annotations arrêtées en commun. » R. P. de La Broise, Bossuet et la Bible, introduction, p. xxiv.
7" Controverse protestante. — La controverse protestante occupe une place capitale dans ces années de préceptorat. De cette époque sont : l'Exposition de la doctrine catholique sur les matières de controverse ; l'Avertissement pour la deuxième édition de cet ouvrage ; la Conférence avec Claude ; le Traité de la communion sous les deux espèces, et La tradition défendue sur la matière de la communion sous une espèce.
Dans l'Exposition publiée en 1671, dont le manuscrit avait circulé et avait eu sur la conversion de Turenne une influence décisive, Bossuet s'attache à
BOSSUET
dissiper des if;iio
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dispute, il expos, cité la docti-iiir .
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t■^^ explications de notre croyance. Le disputes qui resteront ne paraîtront noipes des prétendus réformés, si ca-
Lep.v.MMi,
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selon ces ni.'-in' ■ .•!'•■ , i' ■ ■■ h' i i-n .im l.l.-^i
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Et en ed'el, i;m--ii, i t,,Mi,i,,ui .iii., -m in-'n .1.- ii,,iiik, les préjugés pruleslauts avaient deliijuré la doctrine catliolii|ue — par exemple, sur le cuHe rendu aux saints; sur 1.1 justincation.olijetati xvr siècle de lon^s et ardents débats, que iimIiv -];.].■. |„-n.-||,'- li,'! ,- ' ,!,■ p.'! .Juii-mr et de natur.ili-:i . . i,,|.i . mh ,i' .. i ,. m - m-
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sèment ne su in ,ui [m- [,i Ji-iii.ii' I il. I ,m ii- l .1 l.i
présence réelle, dont iiussuet disait : ,' C'est... la plus importante et la plus difficile de nos controverses, et celle en effet où nous sommes le plus éloignés » (xvi). Et cependant, sur ce point même, l'évéqii. veut nir. littéraux dissidentsqu'un rapprochemeni I. m -. L iil iiL'iiimésaisé qu'ils ne le pensent. Les cahiiii-i--, -i n|i|iiisés au dogme catholique, n'ont-ils pas. Mir l.i pi. ~. ii. r qu'ils attribuent au Sauveur dans la Cène, un langage qui ne trouve que dans notre doctrine sa véritable explication et sa justification complète'? D'ailleurs, ils regardent comme exempte de tout venin la croyance luthérienne qui, contraire au dogme de la transsid»stantiation, admet cependant la présence réelle de Noire- Seigneur dans l'eucharistie : ce pas qui les avoisine des luthériens, ne les rapproche-t-il pas aussi de nous? Enfin, puisque les calvinistes, sourds aux objections qu'élèvent les sociniens, défendent contre ceux-ci l'incompréhensible mystère de l'incarnation divine, sontils autorisés à objecter aux catholiques l'incompréhensibilité du mystère eucharistique? Et, pour indiquer la raison .souveraine de ces deux mystères, le controversiste rencontre des accents dont nous goûterons, dans VOraison fxinèbre de la Palatine, et dans les Méditations sur l'Évangile, la douceur pénétrante. « Il suffit d'avoir appris par les saintes Écritures que le Fils de Dieu a voulu nous témoigner son amour par des effets incompréhensibles. Cet amour a été la cause de cette union si réelle par laquelle il s'est fait homme. Cet amour l'a porté à immoler pour nous ce même corps aussi réellement qu'il l'a pris. Tous ces desseins sont suivis, et cet amour se soutient partout de la même force... C'est pourquoi il ne faut plus s'étonner s'il donne à chacun de nous la propre substance de sa chair et de son sang. Il le fiiit pour nous imprimer dans le cœur que c'est pour nous qu'il les a pris, et qu'il les a offerts en sacrifice. Ce qui précède rend toute cette suite croyable; l'ordre de ses mystères nous dispose à croire tout cela ; et sa parole expresse ne nous permet pas d'en douter » (xii).
Arrivé au terme de son Exposition, l'auteur était en droit d'écrire : « J'espère que ceux de leur communion (la communion protestante) qui examineront équitablement toutes les parties de ce traité, seront disposés par cette lecture à mieux recevoir les preuves sur lesquelles la foi de l'Eglise est établie; et reconnaîtront, en attendant, que beaucoup de nos controverses se peuvent terminer par une sincère explication de nos sentiments; que notre doctrine est sainte, et que selon leurs principes mêmes aucun de ses articles ne renverse les fondements du salut » (xxii).
L'Exposition étonna beaucoup de protestants; le catholicisme qu'elle leur révélait ne ressemblait guère à celui que, déçus par une tradition erronée et par des préjuges tenaces, ils avaient cru connaître jusqu'alors, jurieu, surpris et cédant à un charme qu'il ne devait pas subir longli'hi].-. I.i .I.'.I.u.iil !.■ Ii\;. !.■ |. lus doux.
le plus sage. I.' l'In- ii....l. i- •[ |..ii iiii,i.L;iner ».
Pour combatli.. I . il. i .liin i. 1 .nr.ri,. .111 ~.iii de la Réforme, on pr. i n.lii .[n- r,iiiii.ni :i\,iii ili--iuiulé la véritable doctrine de l'Éylise; on imagina la fable d'une première édition, très dill'érente de la seconde, et qui ensuite aurait été supprimée. De fait, comme le dit liossuet, les différences entre une édition destinée uniquement à ses amis et l'édition destinée au public ne touchaient pas au dogme, et ne regardaient que le style. L'ouvrage avait été approuvé par on/e évêqucs français; mais, aux yeux des protestants, c'était là une médiocre garantie d'orthodoxie ; « il faut, disait l'un d'eux, que l'oracle de Rome parle sur les matières de la foi... Il a parlé, cet oracle que toute l'figlise catholique a écouté avec respect des l'origine du cliristi;;nisme, » répond Rossuet; deux brefs d'Innocent Xf (4 janvier et 12 juillet 1679) honorèrent d'une approbation souveraine un livre où, en France et hors de France, d'illustres et nombreux suffrages avaient déjà reconnu la véritable doctrine de l'Eglise. Aucun ouvr.Tp.^ (le ^|■■p.^l|n•' nr l'iil mitant répandu. Il fut tiré à
l.hi.i^. .1 .lu .1. I /,r,.,,N,/io;i M. A. Rébelliau, le pi .il.-l:Éiiii-iu. h . .m .1. . Il, i.pié d'une façon plus sensible, et si, à |.iiiii .1 h. Tu. il y eut, surtout dans la société cultivii.l .-- n ml i . iisesconversions, I'E.-e/k)silion y fut vr.ii . ni . i; I II. ni pour beaucoup. « Bossitet, c. IV. Lune .lr> plu;, ulebres conversions de cette époque (1678), la conversion d'une nièce de Turenne, M'i« de Duras, n'eut lieu qu'après une conférence entre l'évéque de Condom et le ministre Claude qui, depuis la mort de Daillé et dans la vieillesse de Ferry, occupait la première place parmi les protestants français. M. Rébelliau, non sans raison, rapproche cette conférence de la fameuse confi'r.noe de Fontainebleau (1600) qui avait mis aux prises li ii|.l - -- \l i niy et Du Perron, et où les derniers doute~ i.i i.l -i-i n. nt peut-être encore dans l'àme de Henri l\ . i.n. ni .1. liuitivement tombés. Entre deux adversaires rompus aux controverses, la discussion avait été pressante; à un certain moment, Rossuet avait ressenti la crainte de ne pouvoir faire à une objection de Claude une réponse qui parût décisive. « Je ne parlais qu'en tremblant, a-t-il dit dans sa Relation de la conférence, voyant qu'il s'agissait du salut d'une âme ; et je priais Dieu qui me faisait voir si clairement la vérité, qu'il me donnât des paroles pour la mettre dans son jour : car j'avais affaire à un homme qui écoutait patiemment, qui parlait avec netteté et avec force, et qui enfin poussait les difficultés aux dernières précisions. » Cette objection regardait un point qui depuis lors a été souvent traité par les apologistes et les théologiens catholiques : la genèse de l'acte de foi chez le baptisé, et les motifs qui le justifiait. Rossuet fournit sur ce point délicat d'amples et décisives explications dans sa réponse au récit que Claude avait fait de la conférence. Sixième réflexion sur un écrit de M. Claude.
L'illustre controversiste avait résolu de présenter dans un ouvrage spécial, destiné aux luthériens non iirioins qu'aux calvinistes, les preuves de la doctrine contenue dans YExposition. De l'œuvre projetée, nous avons cinq fragments où s'atteste la puissante maturité de l'auteur: Du culte qui est dû à Dieu ; Du culte des images; De la satisfaction de Jésics-Christ; De l'eucharistie; De la tradition ou de la parole non écrite.
C'est la tradition sur un point de discipline qui avait pris aux yeux des protestants une importance capitale, que Rossuet défend dans son Traité de la communion
lOGl
BOSSUET
sous les deux espèces. « A entendre parler (nos frères sépari^s), écrit-il, vous diriez que tout le, cliristianisme consiste à recevoir les deux espèces du Saint-Sacrement. 1) La tradition défendue sur la malïere de la cammunion sous une espèce. Avertissement. Dans son traité, l'évèqiie, s"aidant de l'iiistoire, s'attache à montrer « que la pratique de l'Église dés les premiers temps est qu'on y communiait sous une ou sous deux espèces, sans qu'on se soit jamais avisé qu'il nian(|uàt quelque chose à la communion lorsqu'on n m |ii. n.iit (|u'une seule ». Traité de la commununi s.,,,' ;, s ./.,(,, csjKces, I" partie. L'Église avait donc pu. ^i Imi 1 - (murrences, permettre ou retrancher à ses eril.mt? 1 usuyi- du calice.
Le traité de Bossuet provoqua deux réponses, l'une d'un ministre de Rouen, Mathieu de Larroque, l'autre d'un anonyme qui était peut-être le protestant Noël A ubert de Versé, « vigoureux attaquants, » dit Bossuet, Tradition défendue, part. Il, c. xiv, lesquels (c'est encore Bossuet qui parle), déterrèrent toutes les antiquités et épuisèrent la matière. Leur critique lui fut utile. Dans un ouvrage qui complète et parfois rectifie le premier, et qui ne fut publié qu'en 1753 : La tradition défendue sur fa matière de la communion sous une seule espèce, Bossuet avoue que sur un point il a suivi trop aveuglément le classique historien de l'Église, Baronius. « Que si ce savant cardinal, dit-il, dans un travail aussi grand que celui des Annales de l'Eglise, n'a pas pu examiner toutes les choses avec une égale exactitude, et que pour n'avoir pas pris des principes assez fermes en cette matière, il ne soit pas bien d'accord avec liii-iiii'iiir . lin <\i\c ilan- un ouvrage si vaste, il lui iiii i\i' .|ni-li|iii r.ii^ il .'iililim rn nn endroit ce qu'il
aura i''l:ilili i- i .mirr . r rsi :i ni.n^ ;i ne déférer à ses
sentiiiicnls qu autant que nous lus trouverons soutenus par de bonnes raisons. » Tradition défendue, part. II, c. XXV. Averti de la sorte, « formé par la gymnastique profitable que les chicanes de ses adversaires lui ont imposée, » Bossuet remontera désormais aux originaux; peu content des textes imprimés, il se fait envoyer par ses amis, Mabillon, Ruinart, des documents inédits : « il s'apprend enfin, et de bon cœur, à manier régulièrement les procédés de l'exactitude rigoureuse, littérale, terre à terre, à la bénédictine, car il en aperçoit la vertu. » A. Rébelliau, Bossuet historien du protestantisme. 1. T. r. Il Kl ( iinime l'amour de la vérité, non seulemeiii il l.i \irii. i|ui éclaire, mais de la vérité qui sauvi'. iiiniM . I I 11 inllé même toute cette érudition! (1 Dans la ili-t ii^siim de ces matières, je demande de la patience à mon lecteur ; et j'ose lui promettre par avance que pour peu qu'on ait de goût ou de respect pour l'antiquité, on sera payé de se? peines. Il faudra souvent expliquer les anciens rili - 1- l'F^li-' . qui sont autant de monuments de la liai '\ l.irsaires
nous parlent souvent de l'ancien i i n C'est de
cet ancien christianisme que nmi- h m 1 1 jn i ^enterons les saintes coutumes, où tous les enfants de Dieu respirent pour ainsi dire un air de piété. » Tradition défendue, part. Il, c. VI.
8" Démêlés avec Richard Simon.'— En 1678 commencent les démêlés entre Bossuet et Richard Simon; démêlés qui, parmi des alternatives, durèrent plus de vingtcinq ans. Disons-le tout de suite, l'évêque et l'oratorien n'étaient guère faits pour s'entendre. Disciple enthousiaste de cette tradition catholique qu'il expose avec une éloquence sans égale, mais avec laquelle il confond parfois des opinions d'école, Bossuet s'indigne des assertions hardies, des sous-entendus équivoques, de toutes les irrévérences d'un critique qui croit relever par le sarcasme son incontestable érudition. De là, chez l'évêque, des sévérités qui se sont à peine quelquefois adoucies. Il ne méconnaissait point le mérite de Simon : " ''.''•."? ^^"^ 1"^ ''" ''''^^ * cet auteur, et rendre utiles a l'Eglise les beaux talents qu'il a lui-même rendus sus-
pects, » écrira-t-il à l'abbé Berlin (19 mai 1702) ; cependant il n'appréciait pas ce mérite à sa juste mesure. Il ne savait pas assez, lui, le maître, qu'il était en présence d'un autre maître, moins grand sans doute et moins sûr, mais qui, « orientaliste consommé... ramena l'attention vers les langues sémitiques, et... donna le premier des règles pour discerner les bons manuscrits. » Ch. Trochon, Richard Simon et la critique biblique, dans la Revue de Normandie, Rouen, mai 1868. Dans l'oratorien qui jugeait de haut saint Augustin, mettait volontiers en lumière les divergences des Pères, et fréquentait chez les hétérodoxes, Bossuet voyait un contempteur de l'antiquité, j'ai presque dit un prêtre de foi douteuse. L'Histoire critique du Vieux Testament fut le premier des ouvrages de Simon qui donna l'éveil à l'évêque. Un ami de Port-Royal, très probablement Renaudot (entre Simon et les jansénistes il y avait guerre à mort), envoya à Bossuet les feuilles du livre, alors en cours d'impression. L'évêque effrayé en fit arrêter la publication (avril 1678); et tous les exemplaires, au nombre de treize cents, furent mis au pilon. L'ouvrage fut réimprimé en Hollande. Les Histoires critiques du texte et des versions du Nouveau Testament parurent ensuite, et, sans contester l'autorité et la justice des décrets de l'Index qui ont atteint ces livres, on peut y reconnaître, avec Reithmayr et le P. de Valroger, (( un étonnant déploiement d'érudition historique et de pénétration critique. »
De nouveaux démêlés avec Richard Simon occupèrent Bossuet aux dernières années de sa vie. Nous allons les raconter tout de suite, pour n'avoir pas à y revenir. L'Histoire des commentateurs du Nouveau Testament, qui faisait suite à celle du texte et à celle des versions, avait paru en 1693; sans tarder, Bossuet se mit à l'œuvre, et, quoique distrait sans cesse par d'autres travaux, il réfuta cette Histoire dans sa Défense de la tradition et des saints Pères. La version du Nouveau Testament, imprimée à Trévoux après examen des sorbonistes Bourret et Pocquelin, excita une fois encore contre Bichard Simon l'évêque plus que septuagénaire dont la verve, aidée par une abondante érudition, ne tarissait pas. Il écrivil lis lii'iix Tiisiriiriiiiiis contre cette traduction suspci II' i ITiH-ITn:!'. Iians la version dite de Trévoux, Bossuul -i^nali' unr ciiiiiiui- liardie, dédaigneuse des interprétations traditionnelles, et portée à affaiblir la doctrine de l'Église, à en diminuer, à en obscurcir les preuves. Ce qui l'irrite dans l'Histoire des commentateurs du Nouveau Testament, c'est le dessein manifeste de rabaisser saint Augustin, et d'opposer à sa doctrine sur la grâce, celle de ses devanciers, surtout des Pères orientaux. « Le ministre Basnagfe en triomphe, écrivait Bossuet dans la Préface de sa seconde Instruction ; et trop faible pour excuser les variations de sa prétendue Église, il ne trouve plus de ressources que de reprocher à l'Église chrétienne d'avoir varié elle-même dès son origine sur la matière de la grâce. » Bossuet aperçoit l'ennemi : le protestantisme toujours aux aguets, et, à l'extrême gauche du protestantisme qui les désavoue en vain, Socin et ses adeptes. De là ses colères contre toute opinion qui lui paraît favoriser l'adversaire. Estil toujours vainqueur dans la campagne qu'il mène contre Richard Simon? « Si l'on examine dans le détail les reproches qu'il adresse à l'auteur des Histoires critiques et du Nouveau Testament, répond le R. P. de La Broise, on trouve que fort souvent, la plupart du temps peut-être, il a raison et qu'il appuie ses griefs sur de bonnes preuves, mais il lui arrive aussi de se tromper; il lui arrive plus souvent encore, alors même qu'il a probablement raison, de ne pas pousser ce qu'il avance jusqu'à la démonstration, comme il l'avait promis; quelques phrases oratoires lui suffisent quand une discussion développée et précise serait nécessaire. » Bossuet et la Bible, c. xii, S 2. Cf. H. Margival, Richard Si-
mou et la CfitUiiic liisUirhiue au v \v/« sif'cte, dans la Reçue d'histoire et île Uttrmhiir rrJirjii'iises, 1899, t. IV, p. 435-457; A. Bernus, iiulnnJ ^iji « «7 son liis- Inire critique du Vieux Testmiirni /.■ ,,(//./',■ biblique au sirclc de r.oiiis XIV. Th. s.- ,.<>.r„irr ., la faculté dr i/i, "l.'</ir J. r l'.i: r lih, , '.. 1 ■,inn de Vaud, Lausiiiiih l^i",!, I 1' I I ' < ..iitroverse ou Ri-
III. Li.\i.Mii. li. -Mi.Ai .\. l)i.- Juiiiières années de liossuut où nous iivait euUainé le dessein de retracer en une fois la controverse avec Richard Simon, nous
rcnionlons .-i raniir,- IG7S. I/iuii.in du dauphin avec
Maràr-Clii i-liih- .1. I;,., ,.i,- , ni . I. <î . i,l. ., relevé de sf-. r.iihiiMii-. ,1 • [,,.., |/. iM I, . - I. : , i'iiroches du
qui
devà de Strasbourg, avec toute la mai.-. m .1. I.i i \f\\<-
dauphine. Le 2 mai ItiSl, il était nouim. i 1. .. i li. (I< Meaux, vacant par la mort de M. de [.];:n\ Il lut |ii.conisé le 17 novembre de la même année: le 17 lévrier lt)82, il prenait possession de son siège.
;. p.ihtijik CiivÈQi'E nr. meacx prexd aux Ari'Mludi oi;.\ÉHALi;s Dr h:mi>s. — Bossuet à Meaux remplit avec un /.èle et une persévéï-ance infatigables les fonctions de sa charge. Mais avant de retracer cette vie épiscopale si pleine et de nommer les œuvres immortelles <iu"il écrivit alors, il faut rappeler un événement auquel I (véque de Meau.v eut une part importante : la déclaration de 1682.
I" La déclaration de lG8â. — La question de la régale, débattue entre Innocent XI et Louis XIV, en provoquant la réunion de l'assemblée de 1681, avait été l'occasion de la fameuse déclaration. Kn vertu de la régale, les . Ii.i-i|ii"nM .'m'. -h,' .'Liii v;i,Miil, en per-
ruis .],•
prolr -I riii.iit ,1,. ii,|. lii ■ ,i r.iil i-Tiiv^i-iivr -nn serment à la Chambre des comptes ; cela s'appelait clore la régale. « C'était, a-t-on dit, une exception au droit commun et une charge qui s'expliquait d'ailleurs, dans certains diocèses, par le souvenir des fondations que les princes y avaient faites, et de la protection qu'ils avaient souvent accordée à des églises privées de leurs chefs contre la violence et la cupidité des nobles. Le II" concile général de Ljon (1274) avait autorisé la régale dans les évêchés où elle était établie par titre de fondation, ou par une ancienne coutume, et défendu expressément de l'introduire dans ceux où elle n'était pas encore reçue. Un grand nombre d'églises en étaient donc exemptes en France, et notamment celles des provinces de Languedoc, de Gujenne, de Provence et de Dauphine... » Ch. Gérin, Recherches historii/nes sur l'assemblée du clergé de France de i68-3, c. i. A la différence de Louis XII et de Henri IV qui déclaraient ne- vouloir pas excéder en matière de régale, « les gens du roi soutenaient que la régale était un droit de la couronne, inaliénable et imprescriptible, » Fleury, Introduction au droit ecclésiastique, part. II, c. xvni: et Louis XIV, entrant de lui-même dans les maximes de ses conseillers, par des déclarations de 1673 et de 1675, étendit la régale à tout le royaume. Tous le«: archevêques et évêques qui n'avaient pas encnr. . 1,,~ Ii r '.il.' en faisant enregistrer leur serment d. ; I ir ■ i ut mis en demeure d'accomplir cette formili! l m- l - -i\ mois. Pavillon, évêque d'Aleth, et Cauld. , >. .|ii. ,|. I',imiers, opposèrent aux prétentions royales une résistance intrépide. Nous ne retracerons pas les péripéties de la persécution et du schisme qui sévirent dans le diocèse de Pamiers. Le pape avait adressé au roi des ■brefs sévères; sous l'influence de l'archevêque de Paris, Harlay, l'assemblée du clergé de 1680 prit parti pour ■Louis XIV contre Innocent XI; et une seconde assemblée (la petite assemblée de 1681) prépara celle où la ques-
UET 106i
tion de la régale et d'autres questions plus graves encore allaient être tranchées d'une manière si contraire aux doctrines du saint-siège.
La nouvelle assemblée — celle qui porte dans l'histoire le nom d'assemblée de 1682 — se réunit au couvent (l.-i.r:iiHU-.\.iL;ii-iiN-. Il' 27 octobre 1681. Klle s'ouvrit Ir Jniiiihli. ; ïiiiilii", par la messe solennelle
du Sjiiii I -pi Mil ..|iM - M MiM!,'ile, Bossuet, député de la pruuucL' ir,'\. -i,,-ih|ii.> ,|. l'in-i';. monta en chaire et prononça, ou plni-t l-.i |. -i ini-n --■, l'unité de l'Église.
Ce que ré\' qii' .li \l.,Mi\ |"ii-,iti (lu droit de régale, nous le savon- jin -■ m ihi'Ih- i. i ii;ii;e. « .le ne conviendrais pas .M^i iii iii ..II' .A . |iii..i- JH (lf,-.'i„|,n. 1681), que Ir- Ln n- ,|. un. ,,i|., . J,- ^ lu,,-,,.,,! .Il-,tellement suji'i ,i i.i i.in-in.. i.m|..i.!I. >|ii .11.. i..s
v.Hi.lîiiil .■■l.ililir, m .|ii.' II.,::IIsc dans ce cas n'ait pas .h'ii .l'i .1.1. II. h.' -..Il ..iiL.i i:i.. n 11 ajoute cependant : ■ .1 .n.'ii ■ .|ii. II. Il- II.- - Ml.-; point dans le cas d'en
aflaiiv ! i. ... t M 'Il |. i.-ii I I, .iii .ii'ii . f.iii moins
léllrr. Il ■ i.i. I. - . 1 \.!\ . !.. |i. .- qui, le
Gfi'Mi. I [l'i^l, . II. ni . Il li.ii.i 11 i.|.,.i|.| ..i t.jul il. royaume, et qui avaient essayé de se juslilier auprès du pape. Innocent XI répondit par le bref du 11 avril de la même année : Illani vero parletn litterarum vestraruni non sine animi horrore légère potuiinus, in qua dicilis vos jure veslro decedentes illud in regem contulisse; ijuasi Ecclesiarum, quie curai vestrx commissse fuere, esselis arbitri, non custodes...
On prétendait ne pas se borner à décider, dans le sens de Louis XIV et de ses ministres, les questions de la régale et du schisme de Pamiérs — nous ne dirons
. rien de l'afTaiiv .lu ..-l.'i.i .I.i (:ii,,i i.in,.- . .].-. !..
' 2i novembre IM.^i , 1 .-^.Milil.'- I . .il . ;. -n-i. i|.(ii],i.,- ,jel de déclarali.m I..11. ImhI I.i |. 111--. mi.. . i . |. - i . - i h | mi. Sur ce projet aii--i. 11..11- -,i\..ii- .■.• .|ii. p. n- .m I:. . u 1, Il avait une médiocre conliance en ceux .pu iipi . i.u ni à légiférer. « Vous savez, écrivait-il à limi. 1 ■ m -.|. m Libre 1681, ce que c'est que les assenil.l. - - .In . |.i. .1 quel esprit y domine oi-.liii.iii-.nn. ni. .1. ..i- , .m-i un..dispositions qui me I..1M un i- n -pi ni .1. ..|l,-.i
mais je n'ose me U\r\ - --p. 1 .m .-. .■: -n \.i M.'
elles ne sont pas san- 1.. Mi...iip il.' .i.iiciln. I! .iVi voulu écarter toute question relative aux droits du souverain pontife, mais tel n'était point l'avis des meneurs de l'assemblée, lesquels, dit Fleurv, dans les Nouveaux opuscules puhVii'~ |i.iiM. i:iii.r\. .iiM-Ml n.',.ssaire de traiter la qui'-i'i II .Il I m' .i In n in. m.
la jugera qu'en temps .1 1 -.1. 1 1 .r 1 l'i ...pi.. de Reims, Le Tellier. le .Imm. .Inni -.m p. r. ■. ( :..il..'ii, .-[ l'archevêque de Paris, Harlay. .) Xe pouvant faire obstacle à ce projet, Bossuet demandait que du moins, « dans une matière si grave..., la tradition de l'Kglise sur ce point fût soigneusement recherchée... Il . lit j ct.nv de gagner du temps... » Floquet, Bossu. 1 1 . . /./. ri, .;,/
dauphin et évêque à la cour, c. xiv. p .V.7 li-i --!•
encore, il s'attacha à rendre la déclaralion 111--1 m...!. 1 et.. que possible; un schéma du i' article, d cuiiverl par M. Gérin, qui lui en attribue la rédaction, s'éloigne moins de la doctrine catholique que le projet qui fut adopté. Recherches historiques, etc., c. xi, p. 343. Bossuet défendit fortement, contre Choiseul-Praslin, évêque de Tournai, le dogme de l'indéfectibilité du saint-siège. Voir le récit de cette dispute dans Fénelon,, De summi ponti/icis auctorilate, c. vu. Lui-même nous donne la preuve du soin qu'il avait apporté à ne point atténuer, dans son sermon d'ouverture, au gré des passions schismatiques, les droits du pape. Dans ce sermon, il citait le mot de Charlemagne « que quand cette Église (l'Église romaine) imposerait un joug à peiTte supportable, il le faudrait souffrir plutôt que de rompre la communion arec elle *. Or, l'un de ceux à qui l'évêque de
BOSSUET
.\li\iii\ nv:iil d'abord lu son discours jugea qu'au lieu de roinr.r ,-,<,■: ,■]!,'. c'est-à-dire rompre avec l'Église roiii.iin il it':- ii (le mettre rompre avec l Eglise. « Je rtl'ii-M > I M -lit Bossuet, comme introduisant une cspi'i I Ar ili.i-iiiii entre l'Église romaine et l'Kglise en général. » Leitre au cardinal d'Eslrées,I«' décembre 1681. On voit, dans la péroraison de ce discours, l'effroi que la seule pensée du schisme inspirait à l'évèque de Meaux. « Priez donc tous ensemble encore une fois que ce qui doit linir, finisse bientôt. Tremblez à l'ombre même de la division... » C'était dans toute la sincérité de son âme que, le 10 novembre 1681, Bossuet écrivait à Dirois : « Je fis hier le sermon de l'assemblée, et j'aurais prêché dans Rome ce que j'y dis avec autant de confiance que dans Paris. » Et douze ans plus tard, il mandera à U"" d'.\lbert : « On n'a pas seulement songé à toucher à mon sermon : de grands cardinaux m'ont écrit que le pape l'avait lu et approuvé. » Germigny, 25 septembre 1693.
Ce n'est point que dans ce discours, on ne rencontre quelquefois un peu d'embarras et d'obscurité. A Rome, par exemple, on eût pu accorder à l'orateur, t que, contre la coutume de tous leurs prédécesseurs, un ou deux souverains pontifes, ou par violence, ou par surprise, » n'ont « pas assez constamment soutenu ou assez pleinement expliqué la doctrine de la foi «; mais on n'aurait pas donné à cet aveu le même sens, on n'en aurait pas tiré les mêmes conséquences que Bossuet.
Par son sermon sur l'unité de l'Église, par son rôle de mndéral.>nrdaii-^l:i faineM^^e .-isspniblép. Bn^^uet lil le dira a r,.. |ii,.M> irMV.,,1 a^ul^ ..Tvi \\,„u.- Iiv. ntil.MMrnl.
tons cependant une diliéreiice : les opposants de 1870 croyaient pour la plupart à l'infaillibilité pontificale dont ils redoutaient la définition; et Bossuet, quoi qu'on ait prétendu, ne l'a jamais admise. On allègue quelquefois, mais eji r.'c.iin-iani. nnr plnav,. ,|,. |,, Callia orllwdoxa, prania ili>^., n, |(i, la v.nlii l'uii .nii.'ie : Abeal ergo quolihiniit DeclanUm : ii"i, r,n,>' .,/,,,, i/itarlsa^pe
profUerl JKval, tiilaiidant kir s,: , !/,(,,./ („,,.),-
cussa, et censurée omnisexpci s. i /. , ,,^mi,,,
doctrina... Ce serait donc se in i n ii i i J— i ii.i 1er, dans une phrase inconipl'i':ii m mi. i , [ril.^aMii des doctrines gallicaiiis. Hi-ini^l. Iiiulefois à la gloire de l'évèque de Mcau\ tmil aiiacli.> qu'il était à une erreur dont rien ne piil laïuai- h- déprendre, Bossuet savait exposer et défendre contre l'hérésie la notion vraie de l'infaillibilité pontificale. « Peut-on dire sérieusement, demandait-il dans son Avertissement aux prolestants sur leur prétendu accomplissement des prophéties, LU, que de croire ou d'espérer avec quelquesuns que Dieu ne permettra pas qu'un pape décide en faveur de l'erreur, ce soit en faire un Dieu, et non pas un hoinnK^ assiste rlr riicn, alin rnic la vrrifi' snit loiiiniirs
sur ikistnire des conciles, Bossuet reproche à Ellies Du Pin d'affaiblir les fortes expressions par lesquelles le concile d'Éphêse déclarait obéir aux ordres du pape .saint C-lestin, I,> laisse l','.véque vieilli, mais toujours infali^alile. |.,.|, 1, ,• |, , iiii \( iisaliles omissions du critique teiieiHi. s |] ^ I ,|ii.|i|ue chose d'essentiel dans
l'Iii'^'i'ii' 'I uni lie. e est sans doute la sentence.
Celle du concile d'Eplièse fut conçue en ces termes : Nous, contraints par les saints canons et par la lettre de notre saint Père et comministre Célestin, en sommes venus par nécessité à cette triste sentence, etc.. On voit de quelle importance étaient ces paroles, pour faire voir l'autorité de la lettre du pape, que le concile fait passer de même rang avec les canons ; mais tout cela est supprimé par notre auteur... .Autre chose est de
prononcer une sentence conforme à la lettre du pape, autre chose d'être contraint par la lettre même, ainsi que par les canons, à la prononcer. » C. i, remarques». 2'' Oraisons funèbres. — Joseph de Maistre qui a dit du discours sur l'unité de l'Église : « Jamais peut-être le talent n'a fait un tour de force égal à celui de ce fameux sermon, » a dit aussi : « Bossuet aurait dû mourir après le sermon sur l'unité, comme Scipion r.\fricain après Znma. » L'éloquent penseur oubliait tant .1.1 ni.- iih .iiiparables que l'évèque de Meaux
Lé I ^1 pleiiilne 1683, il prononça dans l'abbaye de Saint-Denis l'oraison funèbre de la reine Marie-Thérèse d'.\utriche; c'est celle, qu'à certaines heures, S. de Sacy croyait préférer à toutes les autres. L'oraison funèbre de la princesse palatine, Anne de Gonzague, fut prononcée le 9 aoiit 1685, dans l'église du Val-de-Grâce: œuvre où respirent une forte doctrine et une onction pénétrante; œuvre apologétique aussi. D'un bout à l'autre de celte oraison funèbre, derrière les assistants qui rendent à la princesse de suprêmes devoirs, l'évèque de Meaux semble découvrir d'autres auditeurs, foule invisible et anonyme à qui pèse le joug de la foi, et qui n'attend que la fin du règne pour secouer tous les freins.
Bossuet prononça, dans l'église de Saint-Gervais, l'oraison rniielnv du cliaueelier Le Tellier, le 25 janvier Ir.si; I iiiiii. la ileine le en date des oraisons funèbres. I.i plu- ,el,itiiit. aussi — Chateaubriand en nomme la preiuieie pallie un chant d'Homère — l'oraùson funèbre du prince de Condé fut prononcée à Notre-Dame de Paris, le 10 mars 1687.
3» Écrits contre les protestants. — Dans l'oraison funèbre de Le Tellier, Bossuet, comme la plupart de ses contemporains, comme Antoine Arnauld et Quesnel, eux-mêmes exilés et fugitifs, loue la révocation de l'édit de Nantes: il (;iit au chancelier un titre d'honneur de l'avoir -i-iiie, X.ius savons que longtemps avant d'avoir applaudi .1 I iiie ileplorable mesure, longtemps même avant .le l,,\,,ii pi, vue, Bossuet avait travaillé d'une iii.iiiieie plu- , riieaee et plus douce à la réunion des di--iileiiis, I. //,^/e;rc des variations des Églises proi,si.n,irx. le- A r,i ihsements et, aux dernières années (le sa Meille-se, les Instructions pastorales sur les promesses de l'Église, ont été le fruit de celte grande pensée.
Au jugement de S. de Sacv. VHistoire des variations est le plus l„ (Il des livres francds. He.ssuet paraît avoir comme, I... .1 r. .11,.. >. I- lieli ..„ KiSO; il la publia
en li:.-<s. |. iie.t ..[,,,1 r,i,,.,,,l.|.. Au xviF siècle, la
Réfoi ,,i.' n.,,' l.e,, ,.,,l.l,,. ' M'- . l,:,Li liesses primitives ». Les pi ei. -i,,,i[- . lauiii arrivés à envisager, eux aussi, la relii.i,.,, ...,,ih,i. un dépôt objectif de vérités... sorte de Il'ism, , \t. I i, 1,1 a riiomme, que Dieu avait, une fois pour leiiie-. livié au monde, et que le monde n'avait .|u I eMi,sei\er dans son intégrité... Voilà pourquoi, |ieui 1- pi iilestaiits comme pour les catholiques, c'est au wii siècle, une maxime reçue que celle-ci : perpétuité est marque de vérité, variation, marque d'erreur. Voilà pourquoi tous ils se rallient, plus ou moins entièrement, aux formules brillantes où Vincent de Lérins, commentant saint Paul, avait jadis heureusement exprimé l'immuable identité, à travers le temps et l'espace, de la sainte doctrine ». A. Rébelliau, Bossuet historien du protestantisme, 1. I, c. i. Or, dans son Histoire des variations, Bossuet démontre aux protestants flue, dès le commencement, ils ont incessamment changé de doctrine. Il o tire son Histoire des variations des sources protestantes. C'est là son ordinaire et invincible tactique... ». G. Lanson, Bossuet, c. i. Contre ceux qui ne veulent voir dans Bossuet,' avec Sainte-Beuve, qu'un esprit d'exposition logique, oratoire, lyrique, mais étranger à toute investigation historique, et, avec le personnage
BOSSUET
(l'un dialogue de Schérer, « qu'un homme qui n'avait rien hi, qui ne savait rien, «M. A. Rébelliau a établi « qu'amené par les circonslances à étudier l'histoire du protestantisme, Bossuet a lait un récit d'une exactitude presque irréprochable, d'une clairvoyance toujours judicieuse, parfais .l'inir (iri-in.ilil.' fiicori' jiijnunl'liiii luTTitoire ».
Le M, ; dus 1 .
critiqu
que la variation n'est nullement ignoniiiihii-,i I I Ji .■.
et que le cbrislianisme, même en se* |m . him i - j - il
dans sa période la plus pure, n'^ n r, ui \> < . i. i \. in|ii.
C'était faire aux sociniens et au ; i i < -
sions dont .lurieu sentit hieiii-^ ' l nu s.
ces concessions, Jurieu les a\,ui ii.i-. Mnih,l,.|,uii s.i distinction dos articles fondamentaux et do ceux qui ne le sont pas, il avait frayé la voie au tolérantisme doctrinal et au socinianisme; et Bossuet le combat sur ce terrain, dans ses Averlissemeiits. Sans doute, les six Avertissements ne sont pas tous dirigés contre ces tendances lalitudinaires du fougueux controversiste. Le troisième Avertissement, à propos de la scandaleuse permission accordée par les chefs de la Réforme au landgrave Philippe de Hesse d'avoir deux femmes en même temps, défend contre .lurieu la vraie doctrine du mariage chrétien; le cinquième Avertissement, si célèbre, réfute la théorie de Jurieu sur la souveraineté. Jurieu nous apparaît comme le précurseur de Rous.seau; Bossuet, si éloquent et qui frappe d'une main sûre tant de coups vigoureux, ne se souvient pas assez de la doctrine des grands scolastiques qui contient dans de justes bornes la souveraineté politique, et en prévient ou en réprime les excès. Ce reproche, nous l'adresserons aussi à la Politique tirée des propres paroles de l'Ecriture sainte, où tout n'est pas exclusivement biblique. Mais le premier, le second, le troisième, le sixième Avertissements prouvent à Jurieu (|u'il > si iniiiriint par la logique
même du proteslanlis .1 mImi. iin dans son Église
jusqu'aux négateurs dr [,i iIimuin i\'- Ii'sus-Christ. Cette démonstration, Bossuit la l.ul .me une pressante et prophétique éloquence, surtout dans le sixième Avertissement, de tous le plus long et le plus considérable. « Par l'étude rigoureuse et serrée du passé de l'Église protestante, il visait à en faire sortir le fruit de librepensée rationaliste qu'à son avis elle portait en elle... Mais il aurait voulu qu'en présence de cette démonstration solide et de cette conclusion évidente, le protestantisme effrayé... revint s'abriter docilement dans cette Église où seulement le surnaturel chrétien pouvait se conserver intact... C'est le contraire qui est arrivé. Au lieu d'aborder aux rives romaines, le protestantisme s'est rejeté au large de la libre-pensée. » A. Rébelliau, Bossuet historien du protestantisme, 1. III, c. v.
Cela est vrai pour la doctrine, qui a continué d'aller où l'entraînait sa nature même; cela est vrai aussi pour un grand nombre de protestants, qui sont devenus les déistes anglais du xviiie siècle, et, au xix" siècle, les disciples de Schleiermacher, de Reuss, d'Albert Réville, de Sabatier. Mais n'était-ce rien que de mettre à nu ainsi, devant les esprits attentifs et sincères, le fond rationaliste d'une doctrine qui avait prétendu restaurer dans la chréliinii' I inl.lliçi-nce du véritable Évangile, et ramener au Clm-t >-,uu. ur un monde, égaré, disaiton, par des du. i, mus su^|i,.c1s de pélagianisme et de légalisme juil .' I.l apies tout, que d'âmes éveillées, averties par la forte parole de Bossuet, ont voulu mettre leur christianisme à l'abri des altérations et des changements dans l'inexpugnable forteresse de l'orthodoxie catholique !
Notons, dans la première partie du sixième Avertissement, une exagération qui, de nos jours surtout, a été relevée. Nul n'a fait ressortir mieux que Bossuet le
DICT, DE THiiOL. CATIIOL.
caractère immuable de Bossuet a-t-il eu du dévi idée assez nette et assc, sincérité, il s'est attacli.
de toute erreur, le lan^; a; anténicéens qui lui étai.
point, Petau qui s'expli mais qui. quoi qu'en ait Petau déclare que les • Pères et à quelques écri Nicée, n'atteignent
de Dieu ; mais a doctrine une une indéniable ute incertitude, de ces écrivains
lurieu. Sur ce liieuse préface, se rétracte pas, l'es à quelques i au concile de substance du dogme de la
distinction et la consubslantialité is rcilaims conséquences, et aussi |.Ih,i1mii (I.'s processions divines.
nni.iir. |iia'rat.,c. VI, § 1. D'aiUeurs,
iar.|ii.i l.iiilié (aujourd'hui Ma') iiiii lui ith iiir. ir.ii'ini ces écrivains
l,iM^i. -Il III. iin> la doctrine sont I ih II iiiiiiir , ont des personnes I - [Il II ~ .lul.jiiliis ecclésiastiques 1,'/!,: ,ijh'iiicéens du dogme de la
I I ;;('ndre, I de dom apprennent la nouvelle
Trinité (à savoir,
des personnes),
certains essais i
r/ieol.dogm..[)r
comme l'a fa il
Duchesne, se d.l
anténicéens dmii
répréhensibli's,
condarnni'os ,,ii ,
légilim,-. /is
Triu.ir. \„M. ,1-, l.ss;, ,, :;j
En l(i',ii,ri]liv In iiii|iiir .liv'r«isse«!en( et le sixième,
Rossuel pulilia, en réponsr aux critiques de Basnage, la Défense de l'Histoire des variations. « La Défense des variations n'est... pas une répétition pure et simple, sur un autre ton, de VHistoire des variations- : elle en est la continuation sur des matériaux plus nombreux. » A. Rébelliau, Bossuet historien du protestantisme, 1. m, c. IV,
On .■•t,Mt .iImi. ,I.,ii- U- .iiinir, ,|ui HUM, ml la révocation il. I . .Il' .1. \ .m:. . I . - \i secret. m - .1.' I .u • \i- . .|ii. I l.n I i MicheU.unuain ri ducaidunld 1..-.
avec quelle froideur Innocent XI de cet acte politique, dont il redoutait le contre-coup en -Angleterre. Bossuet, nous l'avons dit. le célébra, mais grâce à lui, il n'y eut point de dragonnades i Meaux. S'adressant aux nouveaux convertis de son diocèse, l'évèque pouvait leur dire, sans crainte d'un démenti : « Loin d'avoir souffert des tourments, vous n'en avez pas seulement entendu parler; aucun de vous n'a souffert de violence ni dans ses biens ni dans sa personne. » i»istruction pastorale du 10 mai iOSO. Certaines exigences lui paraissaient inopporluu. ~ il p.'i ill. n-. ~ A l'inl. .1111,1111
de Languedoc, Basvillr, i|iii - Lui .1 . 1 il 1 i-i i. 1
de force à la 'messe les /." .- . ' ' .u ni.
que signifiait un tel mol'.'; l;..^-iii.| . .. 1 u ni ,, 1 1 jnill. 1 ITim,.: « Toute ma difficulté est d'y recevoir ceux qui font profession publique de n'y pas croire, et qui, sur ce fondement, refusent opiniâtrement de communier. Tant qu'ils sont en cet état, je les crois incapables de profiter de la messe... De les y admettre, bien loin de les y contraindre de quelque manière que ce soit, c'est leur donner une faible idée de la sainteté du mystère, et leur inspirer de l'indifférence pour les bonnes dispositions qu'il faudrait avoir, et même pour y aller ou n'y aller pas... » Si l'on doit priver de la sépulture ecclésiastique les réformés qui avaient refusé les sacrements, du moins faut-il « laisser aux parents et amis enterrer leurs corps où ils voudront », et épargner leur dépouille mortelle. « La coutume de traîner sur une claie cause plus d'horreur contre les catholiques qu'elle ne fait de bons effets pour les réunis. » J. Lemoine, Les évéques de France et les protestants. Afin d'éclaircir les difficultés persistantes dans l'âme de ces réunis, de les fortifier, de répondre aux objections des protestants et de leurs plus habiles ministres, Bossuet écrivait son Explication des prii'res de la messe (1691); sa Lettic sur Vaduralion de
la croix, qu'il ne fit pas lui-nié uni 1 nm 1 I(i9-2); sa
Lettre pastorale sur la comnin,, /. . lti.S6); ses deu^ Instructions pastorales suii^ / >'. l Église
(ITtX), 1701), où, pour ramener lt•^ Uis^uIuuIt,, il cmprun-