I, XVI
Les propositions 34' et 3G' sont pour Baius un simple corollaire de sa doctrine sur l'amour de Dieu et sa relation essentielle au Saint-Esprit comme principe. Elles sont à tout le moins téméraires et scandaleuses pour la dureté et l'arrogance dont l'auteur fait preuve à l'égard d'une distinction et d'une opinion reçues et autorisées parmi les théologiens. Sont-elles fausses ? Oui, dans le sens de l'auteur; car Baius s'appujait sur les principes erronés que nous avons vus pour condamner catégoriquement la distinction d'un double amour de Dieu et rejeter absolument la possibilité d'un amour naturel de Dieu. Mais il ne s'ensuit pas que, par le seul fait de la censure portée contre les propositions 34» et 36«, Pie V ait tranché la controverse existant dans l'école sur ces deux questions prises en elles-mêmes et indépendamment des
faux principes supposés par le docteur lovaniste. Ce qui n'empêche pas qu'on ne puisse chercher dans l'ensemble de doctrine qui résulte de la bulle Ex omnibus afflictionibus et des autres documents du même ordre, des principes pour confirmer le sentiment de ceux qui soutiennent la distinction du double amour de Dieu; car, suivant une juste remarque de Suarez, l'usage que les docteurs ont fait de ces constitutions a eu pour objet non seulement le triomphe de la doctrine catholique, mais encore l'établissement des opinions théologiques les plus vraisemblables, ad confirmandas non solum catholicas, sed etiam veriores theologicas opiniones. De gratia, prolegom. vi, c. ii, n. 12. Voir, sur la distinction du double amour de Dieu et la possibilité d'un amour naturel, S. Thomas, Comment, in 1 Cor., xiii, lect. iv, à la fin; Sum. theol., I» II"', q. cix, a. 3; Suarez, op. cit., 1. I, c. XXIX- sq.; Ripalda, op. cit., disp. VIH, sect. XIII sq.; disp. XIII, sect. iv, n. 38 sq.; disp. XXI, sect. I, n. 7 sq.