VII. Le patriarcal gréco-bulgare d'Ochrida
VIII. Liste des patriarches d'Ochrida. IX. L'Église bulgare sous la domination phanariote, 1767-1860. X. Le conflit gréco-bulgare. Création de l'exarchat, 1860-1872. XI. La période contemporaine, 1872-1903. XII. Organisation intérieure de l'exarchat. XIII. Statistiques religieuses. XIV. L'Église bulgare uniate, 1860-1903. XV. L'Église latine en Bulgarie.
I. Avant les Bulgares; la question de l'Illvricum. — L'Église bulgare occupe actuellement la partie de la péninsule balkanique, que l'on désignait autrefois sous les noms de Mésie, Thrace et Macédoine. Divisée en trois tronçons principaux, puisqu'elle est comprise à la fois dans la principauté de la Bulgarie, vassale de la Porte, dans la province autonome de la Roumélie orientale et dans les provinces delà Turquie d'Europe, elle a, de tout temps, suivi les variations politiques de son peuple, agrandi ou restreint ses frontières, selon la bonne ou la mauvai.se fortune de l'État bulgare, prospéré ou même cessé d'être, suivant que les Bulgares développaient leur empire ou perdaient leur indépendance. Sous le nom que nous lui donnons aujourd'hui, l'ÉgUse bulgare naquit seulement vers l'année 865, bien qu'elle remonte au moins jusqu'au v siècle par les peuplades slaves qui forment la majorité de sa population et que, par les tribus Ihraco-illyriennes, produit autochtone du
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vieux sol, elle se rattache aisément aux premières conquêtes du christianisme. Aussi, sans vouloir raconter les missions de saint Paul et il«' «.>■; cliooi]i|i's, ni entrer dans des considérations ellimiL r i|.iih|ii< [M-Irop étrangères à notre sujet, conviriii il n kh, . i ii~. d'exposer en deux mots la situation polii)i|ii. - i r ■ h^inise de cette contrée durant les huit premiers siècles de notre ère, afin de bien comprendre les rivalités et les luttes d'intluence qui s'établirent entre Rome et Conslantinople, au sujet de la juridiction ecclésiastique, dés le berceau même de l'Église bulgare.
Les Thraco-lllynens, les plus anciens habitants connus de toute cette région, constituaient deux branches, dont l'une, orientale, se composait surtout de Macédoniens et de Thraces, et l'autre, occidentale, comprenait les Ulyriens et les Épirotes. Après avoir conquis une bonne partie de l'Asie avec Alexandre le Grand et disputé avec Pyrrhus l'empire du monde à la république romaine, ces peuples frères furent définitivement vaincus par les armes de Rome. Dès le ii» siècle avant J.-C, la Macédoine était une province romaine, la Mésie en l'an 6 de notre ère, la Thrace en l'an 46, la Dacie en l'an 108.
Rouianisées de bonne heure et converties presque immédiatement au christianisme — la dernière tribu thrace, les Besses, fut convertie vers l'an 400 — ces populations se virent aussi de bonne heure forcées d'admettre sur leur territoire un peuple, ((ui leur était étranger par sa langue et par ses mœurs et qui devait rapidement leur enlever la prépondérance. Dès les conquêtes de Trajan en Dacie — la Transylvanie et la Moldo- Valachie actuelles — les Slaves semblent établis dans cette province. Vers la fin du IF siècle, ils se rapprochent du Danube; plus tard, à la suite de plusieurs victoires remportées sur eux par les empereurs Carus, Dioclétien et Calère, une de leurs tribus, les Carpi, qui a donné son nom au\ Carpathes, est transplantée tout entière sur la rive droiti' du fleuve, en Mésie et en Thrace. C'est là le premier jalon de la colonisation slave dans la péninsule balkanique. Au début du v" siècle, nous trouvons bon nombre de Slaves parmi les hauts dignitaires de l'empire grec et, au VF siècle, deux slaves d'Uskub, Justin I^' et son neveu Juslinien, assis sur le trône de Byzance. Mais l'émigration décisive se produisit à la fin du v« siècle, ayant son point de départ dans la Transylvanie. Deux peuples slaves en sortirent : les Antes, qui disparurent bientôt, et les Slovènes, dont le nom s'appliqua depuis à l'ensemble de la race. Au vii« siècle, les Slaves avaient déjà assiégé Thessalonique quatre fois, Constantinople une fois en 626; ils formaient presque toute la population des provinces de Scythie, Mésie, Dacie, Dardanie, Macédoine, Épire et d'une partie de la Thrace, régions que les Grecs prirent l'habitude de désigner sous le nom générique de Sclavinia. Kn 688, Justinien II transportait en Asie ;îO 000 Slaves de Macédoine et, lorsque la peste décima en 747 la Grèce et le Péloponèse, ils se multiplièrent à tel point dans ces deux provinces que l'empereur Constantin Porphyrogénète a fait cet aveu effrayant pour la cause de l'hellénisme : tout le pays devint slave. Cependant, malgré ces invasions successives et malgré leur supériorité numérique sur leurs voisins thraces, grecs et valaques, les Slaves ne constituaient pas encore une nation bien déterminée. Émiettés en tribus multiples, ils auraient été vite décimés dans les guerres civiles, si un peuple, étranger par sa race et sa patrie d'origine, les Bulgares, n'était venu réunir en un seul faisceau toutes ces forces éparses et former un seul corps politique définitif.
Sur les
Divisés au sujet des visées politiques, les Thraco-Illyrlens et les Slaves ne l'étaient pas moins au point de vue administratif et ecclésiastique. Lors de la réorganisation de l'empire faite par Dioclétien et Constantin le Grand, nous trouvons dans la vaste région qui nous occupe deux grands centres de gouvernement : le dincrsc de Thrace, qui comprenait les six provins. •< il 1 iii(.|)e. Rhodope, Thrace au sens strict, HémiuiMiii. --, \|i,,, i Mésie inférieure, et la préfecture d'UI'i'>i- <>,'>, ■ni, il, •. qui comprenait elle-même les provinces ilAcli.ue, llu ssalie, Crète, Macédoine, Vieille et Nouvelle Ëpire. Dacie ripuaire et Dacie méditerranéenne, Dardanie, Prévalitane, Mésie supérieure et Pannonie. De ces deux grands centres administratifs, le premier, le diocèse de Thrace. échut à l'empire d'Orient, tandis que, au point de vue ecclésiastique, il obéissait à l'exarque d'Héraclée, et depuis le concile œcuménique de 381, à l'évéque de Constantinople. 11 n'en était pas ainsi de l'Illyrie orientale. Cette vaste préfecture fut comprise dans le lot de l'empire d'Occident jusqu'en l'année 389, on Gratien
Théodose. Cette cession bénévole de !'• iii|i' M 11 I ,r iii, 11 fut le point de départ il'un grave Cdiillii I li iii . '|iii éclata entre Rome et Constantinopli I ui' .|in> I Illyrie orientale avait dépendu de reiii|iii <l I '■ 1 ni ni. les Byzantins n'avaient pas trouvé m.iin |ii Vi(|ues acceptassent la juridiction du paliiiÉi. In ,i( rnl.iii.il. c'est-à-dire de l'évéque de Rome: mais du jour ou liyzance exenja sur elle la suprématie politique, elle réclama également la suprématie religieuse. Et comme, pour des raisons faciles à concevoir, les empereurs grecs appuyaient de toute leur autoriti' les tendances centralisatrices des évêques de leur capi taie, ceux-ci entrèrent aussitôt en lutte ouverte avec les papes. Pour sauvegarder les droits menacés du saintsiège, saint Dm ni il i - lin' Si ri, iiislltua vers l'an 380 \& vicariat 'Il ' '/'«?, avec pouvoir pour cette un i | , ' i ni les atTaires ecclésiastiques de MM; m I ,1 I 1! ,l. i]ii.T,en lieu et place
du pape.
Ce vicariat apostolique fonctionna sans trop d'opposition jusqu'en 48i, où le métropolitain de Thessalonique acquiesça au schisme d'Acace, entraînant dans sa chute la majorité de ses sulTragants. Lorsque l'union fui n'iablie en 519, les papes recouvrèrent du coup leurs anciens privilèges. Ils existaient encore sous .luslinien, puisque cet empereur s'entendit avec les papes Agapil et Vigile, pour dédoubler la juridiction supérieure de rillyricum et créer, au profit de Justiniana printa on Uskub, sa ville natale, un grand diocèse, qui embrassait les provinces de Dacie ripuaire et Dacie méditerranéenne, Prévalitane, Mésie supérieure, Dardanie, Pannonie et Macédoine deuxième, relevant jusque-là de Thessalonique. Novelle xi du 14 avril 535 et Novelle rxxxi du 18 mars 545. Saint Grégoire le Grand, 590-604, n'écrivit pas moins de 21 lettres relatives à rillyricum oriental et qui, toutes, démontrent sans doute possible que le pape était le vrai patriarche de ces provinces. Au cours du viF siècle, nous rencontrons fréquemment des exemples de haute juridiction métropolitaine, que les évêques de Rome exercent sur cette contrée. Ce n'est qu'avec l'inauguration de la querelle iconoclaste, à la suite des démêlés politiques et religieux entre le pape Grégoire II et le basileus Léon risaurien,731, que l'Illyricum oriental fut rattaché officiellement au siège de Constantinople. Sans doute, les papes protestèrent avec émergie, chaque fois que l'occasion s'offrit de le faire, contre cette usurpation, mais que pouvaient-ils au milieu des luttes iconoclastes, qui ensanglantèrent presque tout leviiF siècle et la première moitié du ix«? Des intérêts autrement graves réclamaient leur intervention en Orient et, d'ailleurs, à quoi bon chercher à l'imposer, puisque les Byzantins euxmêmes s'étaient laissé exclure de presque toutes ces
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provinces par des barbares païens, qui ne souffraient aucune immixtion de l'étranger? Mieux valait garder le silence, en attendant que l'heure de la providence sonnât et que les farouches descendants d'Asparouch se fissent les humbles disciples de Jésus-Christ.
Sur la question de l'Illyricum, voir L. Duchesne, L'Illyricuin ecclésiastique, dans la Bijtantinische Zeitschrift, t. i (1892), p. 531-550; la réponse de Th. Momnissen, dans Nettes Archiv der Gesellschaft fur altère deutsche Geschichte, t. xix (1894), p. 433-4;». fl la réplique de Duchesne dans les Églises séparées, in-iJ. r-i - 1^ '!>. I'. --■'--':''. \''iv :iit--~i i:, .in-'oek. Dns c/irisf- ' / , , , , . \ , nrlatiu- der Bal-
II. Invasion des Bulgares; leur conversion, 865. — Dès le v et le vi« siècle de notre ère, et surtout dans la première moitié du vii«, une puissante tribu, d'origine turque, d'après les uns, finnoise, d'après les autres, la tribu des Bulgares, occupait le pays compris entre le Don et la Volga. A la mort de son chef Koubrat ou Kourt, sous Constantin Pogonat, 668-685, la nation se fractionna en cinq groupes principaux, commandés chacun par l'un des flls du défunt. Deux de ces hordes restèrent dans leur pays d'origine avec les deux aines et fondèrent, entre la Volga et la Kama, un vaste royaume, connu au moyen âge sous le nom de Grande-Bulgarie ou de Bulgarie-Noire. Ces Bulgares embrassèrent l'islamisme vers 922; leur empire fut détruit au xiiii^ siècle par les Tatares. Deux autres tribus, commandées par les deux plus jeunes fils de Koubrat. s'établirent, l'une dans la Hongrie, l'autre darts l'Italie méridionale; la cinquième, enfin, sous les ordres d'Asparouch, se dirigea vers les embouchures du Danube, occupa la Bessarabie et, de là, fit des incursions en ilésieeten Thrace, 669. Vers la fin du vii« siècle, ce dernier groupe de Bulgares avait ravi à l'empire byzantin la Dobroudja moderne, sur la rive droite du Danube, puis envahi toute la région littorale jusqu'au Balkan. Pour conserver la Thrace et leurs possessions de Macédoine, les Grecs conclurent un traité avec eux et, moyennant un tribut annuel assez élevé, ils vécurent en bons termes avec leurs voisins. Mais, comme les nouveaux venus étaient et soni encore éminemment positifs, dès que le
remboursement les hostilités non vuie siècle et Ic^ remplies de lulli gares et tantôt a I.
par la défaite et 11 basileus grec Nice et son crâne évidé
faisait par trop attendi
1 Il :i!i lit, ("est ainsi que tout le
I I' < années du ix« furent
iH 'i'i m, mais qui se terminèrent
luiuilialion des Byzantins. En 811. le phore était vaincu et tué par Kroum ait de coupe royale aux orgies de
son adversaire; en 813, le farouche conqi (,:ait jusque sous les murs de Constantinople et la. devant la Porte Dorée, au grand sciindale des d.Hots byzantins, il immolait à ses dieux des victimes humaines.
Peu à peu, par suite de nouvelles victoires sur les Grecs ou grâce à leur esprit de prosélytisme, les Bulgares, dont le nombre était plutôt restreint, attirèrent à eux et réunirent sous leur domination toutes les tribus slaves, qui firent dorénavant cause commune avec eux. Ainsi, en 811, les grands de la nation slave buvaient, à la suite de Kroum, dans le crâne de l'empereur Nicéphore; ainsi encore, dès cette époque, le roi bulgare s'intitule prince des Slaves et des Bulgares. Il se produisit donc alors, dans la péninsule balkanique, le même phénomène que l'on avait constaté en Gaule aux V' et VF siècles. Les Bulgares de Kroum et de ses suc- «isseiirs y jouèrent le même rôle que les Francs de Clovis et de ses héritiers dans notre pays. Au contact des vaincus, supérieurs en nombre et en civilisation, les vainqueurs perdirent leur nationalité, leur idiome et leur religion, mais, en retour, ils donnèrent leur nom
— et pour toujours — à l'amalgame ethnographique. Les successeurs immédiats de Kroum se désistèrent de sa politique aggressive à l'endroit des Grecs et tournèrent plutôt leurs efforts du côté des Francs et des Serbes. Boris, qui monta sur le trône vers 852, reprit la lutte contre Byzance, tout en continuant à guerroyer contre les Francs, les Serbes et les Croates. Déjà maître de la Roumanie actuelle et de la Transylvanie, il put encore s'emparer, d'un côté, du pays s'étendant jusqu'à l'Ibar, et de l'autre, de la Macédoine septentrionale y compris Ochrida, ainsi que d'une portion du littoral de la mer Noire, au sud des Balkans.
L'unité politique de la péninsule s'était faite sous le drapeau bulgare, elle allait être consacrée par l'unité religieuse. Avant la conversion et le baptême de Boris, que l'on peut comparer au baptême de Clovis à Reims, nous n'avons que peu de renseignements sur la diffusion lin iliii^liiin-^iiie chez les Bulgares. Il est probable toulilois, m il.^i-. le silence de l'histoire, que le voisinage des (■iiMs, lie-, I- rancs, des Serbes et des Slaves, presque tous chrétiens, ne fut pas sans exercer une salutaire inlluence sur l'esprit grossier de ces barbares. En 777, un de leurs rois, Cérig ou Télérig, s'enfuyait à Byzance, y recevait le baptême et le titre de patrice. Dans la Mésie inférieure, la Dobroudja moderne, premier séjour des Bulgares sur la rive droite du Danube, ceux-ci rencontrèrent des églises et des prêtres, grecs ou slaves. Les campagnes heureuses de Kroum furent suivies d'ordinaire, de transplantations de captifs, qui amenèrent dans le royaume une foule de prisonniers chrétiens, grecs, slaves ou valaques, évoques, prêtres ou simples fidèles, mais tous ardents propagateurs de l'Évangile. Vainement le roi Omortag, pour parer au danger qui menaçait le culte national, mettait à mort, vers l'an 818, l'évêque d'Andrinople avec trois autres prélats et 374 chrétiens, la religion du Christ s'infiltrait insensiblement, même parmi la dynastie d'Asparouch, puisque, au dire de Théophylacte d'Ochrida, le roi Malomir, prédécesseur de Boris, aurait embrassé la foi de Jésus-Christ.
Cependant, si glorieuses que fussent ces conquêtes, elles n'auraient pas réussi probablement à entamer la nation, si un prince valeureux n'avait lui-même donné l'exemple, en entraînant à sa suite les adorateurs des faux dieux. A vrai dire, nous sommes encore assez mal fixés sur les causes qui déterminèrent une démarche aussi hardie et poussèrent le roi Boris à recevoir le baptême. On a parlé d'une sœur du roi bulgare, prisonnière à Byzance, et qui, de retour chez les siens, leur aurait inculqué les premières notions du christianisme, mais le fait ne parait avoir que la portée d'une simple légende. On a même cité le nom d'un moine. Méthode, peintre habile, dont un tableau du jugement dernier aurait décidé la conversion du prince, et l'on a vu dans ce personnage saint Méthode, le frère de saint Cyrille ; mais, d'après Syméon Métaphraste, qui, le premier, rapporte ce récit, ceci eut lieu après le baptême de Boris, et le moine Méthode n'était qu'un peintre vulgaire de son métier. Il est, d'ailleurs, prouvé aujourd'hui que les deux frères Cyrille et Méthode ne sont pour rien dans la conversion des Bulgares et qu'on doit attribur à leurs premiers disciples la juste popularité, dont ces deux apôtres des Moraves jouissent en Bulgarie.
Goloubinski, Précis d'histoire des Églises orthodoxes, bulgare, serbe et roumaine (en russe), in-8*, Moscou, 1871, p. 22- 27,225-249; C. Jirecek, op. cit., p. 150-160; L. Léger, Cyrille et MiHhodt; in-8% Paris, 1868, p. 87-91 ; A. Lapôtre, Le papa Jean VIII, in-8', Paris, 1895, p. 100-106. Voir surtout dans Geschichte der byzantinischen Litteralur de Krumbacher, 2- édit., p. lOM, 1002, la bibliographie concernant les saints Cyrille et Méthode.
La conversion de Boris est due, sans doute, à des.
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motifs pivsf)iie uniquement politiques : « Les Slaves de la Moravie, qui touchaient aux limites septentrionales des possessions bulgares, venaient d'embrasser le christianisme, convertis par Cyrille et Méthode ; Boris, que ses conquêtes avaient rendu voisin des Francs, se trouvait entouré d'États chrétiens. Il crut donc utile à ses intérêts de recevoir aussi le baptême. A la suite d'une campagne victorieuse contre l'empereurMichel lit, il lui ofl'rit la paix à des conditions peu onéreuses et profila de celte circonstance pour faire profession de la foi chrétienne. L'empereur lui servit de parrain et le nom de Michel fut choisi par Boris comme nom de l)aptême. » L. Lamouche, La Bulgarie dans le passé et dans le présent, in-12, Paris, 1892, p. (52. Voir aussi C. Jirecck, op. cit., p. 154, 155; A. Lapotre, Le pape Jean VJII, p. 49; V. Lah, De Borisio seu Michaele 1, dans Archiv fur Kirchenrecht, t. XL, p. 274-293; t. xi.ii, p. 81-120. Conformément aux usages du temps, le souverain contraignit ses sujets à partager ses nouvelles croyances, mais ce brusque changement ne fut pas goûté de tout le monde, surtout des boyars, les chefs de la nation. Une violente insurrection éclata pour renverser Boris du trône et lui substituer un païen : elle fut oloufl'ée dans le sang des principaux meneurs.
La date de cet événement capital pour l'avenir de la péninsule balkanique doit se placer à la fin de 864, ou mieux dans les premiers mois de 865. En effet, dans une lettre écrite en 864, le pape saint Nicolas parle de la conversion de Boris comme d'un simple projet, f.L., t. cxix, col. 875; de même, Hincmar écrit dans ses Annales, édit. Pertz, t. i, p. -465, à la date de 864, que l'on s'attend en Allemagne au prochain baptême du roi bulgare; enfin, dans sa fameuse lettre encyclique, P. G., t. cii, col. 724, Photius déclare qu'il ne s'est pas écoulé tout à fait deux ans entre l'arrivée en Bulgarie des missionnaires latins, fin de l'année 866, et la conversion des Bulgares opérée par les prêtres grecs.
III. Hésitations entre Rome et Constantinople, 866-924. — Au lendemain de son baptême, Boris demandait à Photius, patriarche de Byzance, un archevêque, des évêques et le cortège obligé irnnc Ini-iMfcliie régulière, mais soit qu'il méconnût li 1 lii 1- 1. -iiuation, soit qu'il trouvât les Bulgares pu n |i .1 im.^ de culture chrétienne, celui-ci se conlniLi ,\ nlii --.r- au roi des missionnaires avec une fort jolie lelti-o. /'. G., t. cii, col. 627-696. Ce n'était pas ce que voulait Boris. Aussi, moins de deux ans après, envoyait-il une ambassade solennelle à Rome et une autre au roi de Germanie pour en obtenir ce que lui avait refusé Constantinople. Le but intéressé du souverain bulgare apparaît manifestement dans cette double ambassade. Au fond, il se souciait médiocrement d'une suprématie religieuse universelle, d'où qu'elle vint, de Constantinople, de Rome ou d'Allemagne, mais il voyait un empereur d'Orient couronné par le patriarche de Constantinople, un empereur d'Occident couronné par l'évêque de Rome, et son llair de barbare lui suggérait qu'il. ne serait empereur que lorsqu'il aurait son patriarche.
L'habileté, avec laquelle le pape saint Nicolas sut entrer dans les vues de Boris, rendit vains pour le moment tous ses calculs politiques. Une mission partit de Rome ayant deux évêques à sa tête, Formose de Porto et Paul de Populania; elle arriva vers la fin de l'année 866. Ces deux évêques devaient gouverner l'Église bulgare à titre provisoire, en attendant qu'on leur donnât des successeurs définitifs sous la haute juridiction d'un archevêque, dont l'investiture par le pallium appartiendrait au saint-siège. Saint Nicolas résolvait ensuite dans ses 106 Ri'spon.ia ad Bulgarorum consulta, P. L., t. cxix, col. 978 sq., une foule de questions dogmatiques, morales et disciplinaires, posées par le roi bulgare et qui, à défaut d'autre mérite, avaient au moins celui d'être claires, précises, pratiques; ce qu'on ne
saurait dire de la métaphysique byzantine. Boris s'éprit d'une véritable affection pour Formose, le chef de la mission; il lui laissa libre carrière pour organiser la chrétienté naissante et renvoyer dans leurs foyers les missionnaires allemands et byzantins qui lui déplairaient. Formose ne se fit pas faute d'user de la permission. Partout, le rite latin fut substitué au rite grec, les églises désaffectées, les chrétiens reconfirmés, au grand scandale de Photius qui dénonçait le fait à toute la chrétienté, en 867. En moins de deux ans, avec une rapidité que Photius lui-même compare à la marche de la foudre, Formose avait établi la foi chrétienne sur les ruines du paganisme. P. G., t.cii, col. 724-734. A force de voir Formose à l'œuvre, Boris le réclama au pape comme archevêque, mais saint Nicolas refusa, alléguant le canon ecclésiastique qui prohibait le transfert d'un évéque d'un siège à un autre et, avant de mourir, 13 novembre 867, il mit fin à la mission du légat. Vita Nicolai, c. Lxxiv, Lxxv, dans le Liber pontificalis, édit, Duchesne, t. ii, p. 165; Sententia in Fomiosum, P. L., t. cxxvi, col. 676.
Formose parti, Boris réclama le diacre Marin et. cette fois encore, il se heurta contre un n'fiis. L.is enlin de toutes ces tergiversations, il ilc |tni i mi- unK.issade solennelle au concile œcuménii|ii. I • - ii iConstantinople, afin qu'il fût tran( h. in i ni si la Bulgarie relevait de Rome ou cK l.v/.nm. Ii.ms une réunio'n extraconciliaire, tenue en présence de l'empereur Basile 1", des légats du pape, du patriarche Ignace,
des représentants des trois députés bulgares, les C.r. r- ,1. , ni, r tion des légats romains, r '
! de la liulgarie serait dvi. n . .i Constantinople. Les mulil. in\ h|:i garie avait appartenu autrefois à i .n lors de la conquête, les Bulgans prêtres grecs. Comme les env(i\r~ avec raison que l'adminisli.iliMM il.' être subordonnée à des cnn-nl- i ,.ii le pays des Bulgares forinni nm | oriental, soumis jusqu'à Li
et des opposii.istique que de 1,1 Bul-
1 i-lque, nv.'' des ■i:l:iient loit pas ^ l't que Ixricum éques
de Rome, les trois délégués orientaux, d'accord Basile et le patriarche Ignace, répliquèrent qu'il n'appartenait pas à des transfuges de l'empire grec, comme l'étaient les Romains, d'exercer la moindre juridiction sur les terres du basileus. Et, sur ce, les Bulgares trompés crurent qu'ils relevaient de Constantinople; les missionnaires latins, expulsés par Boris, se replièrent sur l'Italie, pendant que l'archevêque Joseph et une dizaine d'évêques grecs prenaient officiellement, au nom d'Ignace, possession de l'Église bulgare, 870. Mansi, Concil., t. XVI, col. 10-13; Epistola Hadriani II ad Basiliiim, P. t., t. cxxii, col. 1310; Epistola Johannis VIII, dans Neues Archiv, t. v, p. 300; Vila Basilii imperatoris, P. G., t. cix, col. 357; J. Hergenrother, Photius, Palriarch von Conslantinopel, Ratisbonne, 1867, t. Il, p. 149-166. Vainement, les papes protestèrent-ils contre cet escamotage indigne et adressèrentils des menaces à Boris, à Basile et à Ignace! Le roi bulgare, content de son archevêque, fit la sourde oreille; Basile répondit presque par des insultes; quant à Ignace, il manifesta la même obstination qu'il avait jadis montrée à l'égard de l'usurpateur Photius. Enfin, le pape Jean VIII, 872-882, somma le patriarche byzantin de venir s'expliquer à Rome, et, sur son refus, envoya deux légats à Constantinople avec l'ordre formel d'excommunier et de déposer Ignace, s'il ne rappelait pas de la Bulgarie le clergé grec. Mais, à l'arrivée des légats romains, Ignace était mort, 23 octobre 877, et Photius, réconcilié avec Basile, l'avait remplacé. Jean VIII le reconnut et, au concile de 878, Photius promit de s'entendre avec l'empereur pour le règlement définitif de la question bulgare. La promesse fut tenue, puisque.
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en 880, le pape écrivait à Basile : « Je vous rends de nombreuses actions de grâces de ce que, par amour pour nous et comme le demandait la justice, vous nous avez permis de posséder le diocèse des Bulgares. » Epist., CCXLVI, P. L.,t. cxxv, col. 909. De fait, à partir de ce moment, la Bulgarie cesse de figurer sur les listes épiscopales du patriarcat byzantin. H. Gelzer, Gcorgii Cyprii iescriptio orbis romani, Leipzig, 1890, p. 57 sq. Cependant, si toute difficulté était levée du côté de Constantinopte, il n'en était pas de même du coté de la Bulgarie. Boris ne comprit pas ou feignit de ne pas comprendre le nouvel accord survenu entre Bome et Constantinople et il garda le clergé grec jusqu'à plus ample information.
Vers la même époque, le royaume voisin de Moravie vit se terminer une lutte engagée depuis une vingtaine d'années entre les Allemands et les Slaves, lutte qui devait exercer une influence décisive sur l'avenir religieux de la Bulgarie. On sait, sans doute, que les deux frères Cyrille et Méthode avaient introduit en Moravie, avec la foi en Jésus-Christ, l'alphabet slave et la liturgie slavonne. Approuvées par le pape Adrien II en 867, ces innovation^ liliu-yiciufS des deux frères recevaient
en 873, de la p thode était pucélébrer la met. cxxvi, col.
n. 2978. Cornu
'I' i iM \I1I, un blâme officiel. Mé- I 'S peines canoniques, de Il II! 1 n grec ou en latin. P. L., jU. .l.iilt-L>»,(ldj Regesla ^onlificum, le missionnaire byzantin ne semble avoir tenu aucun compte de cet avertissement, le pape réitéra sa défense en 879, lui enjoignant, en outre, de se rendre à Bome. P. L., t. cxxvi, col. 850. Méthode obéit et Jean VIII fut si satisfait des explications données de vive voix qu'il autorisa, non seulement « la prédication ou certaines prières en langue slave, mais encore tous les offices, les heures, les leçons, la messe, les formes les plus intimes et les plus sacrées de la liturgie chrétienne ». P. L., t. cxxvi, col. 906. Moins de six années après cette lettre de Jean VIII à Snatopluk, prince de Moravie, le pape Etienne V prenait des décisions diamétralement opposées, proscrivait la liturgie slavonne et ramenait les Moraves à un latinisme rigoureux. Wattenbach, Beilràge znr Geschichle der christlichen Kirche in Mlihren und Bôhmen, Vienne, 1849, p. 47 sq.; dinzel, Geschichle der Slavenapostel Cyrill und Method, p. 66-67. Pour ce faire, il s'appuyait sur la lettre de Jean VIII à Swatopluk, dont nous avons cité un fragment et qui fixe précisément le contraire. Commenl pxpliqnpr cette anomalie? C'est que l'évêque alleni:inil \\m'!iiiiu. l'associé de Méthode, avait, durant cet m\rv\ ill. , Il MiH[ii.' et falsifié la lettre de Jean VIII, tromp.' iiiiM hiiiiiiii' V tl servi les intérêts de sa patrie et de sa liturgie latiiir. -m- n. li^ r l'S siens propres. Voir J. Martinov, Soi"' '•/' / - //c i/cs Slavex,
dans la Rerite des qw'>' -. l.xxviii, p.369-
397; A. Lapôtre, Le /-a;ji ./..'/ \'lïl, p. 91-170. Swatopluk abusé reconnut en 880 Wicliing comme le successeur de saint Méthode, mort l'année précédente, pendant que les vrais disciples du saint, sous la conduite de Gorazd, Nalium, Clément, Sabbas et Angelar, quittaient la terre inhospitalière de Moravie pour se réfugier en Bulgarie. Le roi Boris les y reçut à bras ouverts. De 870 à 886, son royaume avait été évangélisé par des missionnaires grecs; le souverain bulgare profita de l'occasion pour confier son peuple en majorité slave à un clergé slave. Il donna le titre d'archevêque de Bulgarie à Gorazd, le chef de la mission. Du Cange, Familiai hyzantinse augustse, p. 174, et, à la mort de celui-ci, ce fut Clément qui hérita du titre. Vita S. démentis, c. XIII, P. G., t. cxxvi, col. 1218. Peu à peu, grâce à la politique sage et prudente de Boris et de son llls Syméon, grâce surtout à leur esprit de prosélytisme, les nombreux disciples des saints Cyrille et Méthode avaient propagé par toute la Bulgarie i'œuvre et les tra-
ditions de leurs maîtres; ils y avaient surtout acclimaté la liturgie slavonne qui, de là, allait se répandre chez tous les peuples slaves.
Pourtant, les hésitations de la part des Bulgares entre les sièges de Bome et de Constantinople n'étaient pas encore terminées. Syméon, 893-927, continua sur ce point la politique indécise de son père Boris, et si, par deux fois, il prit Andrinople, si, par cinq fois, il ravagea la plaine de Thrace, assiégea Constantinople et força même le basileus Bomain Lécapène à se présenter en suppliant devant lui, 924, ce fut moins pour se donner la vaine complaisance d'humilier les Byzantins, que pour les forcer à lui reconnaître, à lui le titre de tsar ou d'empereur, et à son Église bulgare le titre de patriarcat indépendant.
IV. Vicissitudes du premier patriarcat bulgare, 924-1019. — Que Syméon eût, à ce moment, obtenu de Bome le titre d'empereur pour lui et celui de patriarche pour le chef de son Église, c'est ce qu'affirme le roi bulgare Caloian dans une lettre adressée au pape Innocent III, en 1202, J. Assemani, Cnlendnria Erclesia; unhtersœ, fiorae, 1755, t. m, p. 154-157; t. v, p. 171-174; Theiner, Monumenta historié Slaronmi mcridionaliiim, t. I, p. 15,20, et ce que confirment les témoignages des chroniqueurs byzantins, unanimes à donner à Syméon, durant la campagne militaire de 924, le titre de basileus ou d'autocrator. Or, suivant les idées politiques et théologiques alors en cours à Byzance et dans la Bulgarie, il ne pouvait y avoir de vrai basileus sans la bénédiction d'un patriarche. El comme nous savons pertineiiiiiiriii i\\ir l.i cour de Constantinople refusa jusqu'en l'i'i. \. liiniliaiid, L'emj)ire grec au X' siècle, p. 340-oi:;, .ui\ Miiuriains bulgares le titre de basileus, Syméon qui le pui tail en 924 avait dû le recevoir auparavant du pape avec la bénédiction patriarcale. Son fils, le tsar Pierre, 927-969, hérita de cette couronne impériale, qui lui fut apportée en 928 par une légation romaine. Farlati, IWjricum sacrum, t. m, p. 103; Lettres de Caloian à Innocent III en 1202 et 1204, dans J. Assemani, loc. cit. Malgré son mariage avec la petite-fille de Bomain Lécapène et les relations de plus en plus étroites qui s'établirent entre la famille impériale de Pereiaslavets et celle de Byzance, le tsar Pierre resta attaché à la politique romaine jusqu'en l'année 945. A cette époque, pour des motifs restés encore mystérieux, la cour de Byzance reconnut le souverain bulgare pour basileus et l'archevêque de l'Église bulgare, Damien, pour patriarche. Cette reconnaissance, qui tenait tant au cœur des Bulgares, enlraîna-t-elle la rupture des relations qu'ils avaieat nouées avec Bome et l'Église d'Occident '.'Nous ne le pensons pas, surtout si l'on veut bien tenir compte de ce fait que, depuis la chute définitive de Pliotius, en 887, jusqu'à la révolte de Michel Cérulaire, en 1054, sans être toujours bien chaudes, les marques de sympathie et les attestations de parfaite orthodoxie religieuse ne cessèrent presque pas d'exister entre l'Église de Bome et celle de Constantinople.
L'âge d'or du royaume et de l'Église bulgares, atteint sous le tsar Syméon, fut suivi d'une prompte décadence sous son fils, le tsar Pierre, 927-969, prince faible, inféodé à la politique byzantine. Muni d'un traité de paix à longue échéance avec les Grecs, Pierre négligea d'entretenir son armée, oubliant qu'une nation jeune et entreprenante comme la sienne avait besoin, pour ne pas mourir, d'être tenue sans cesse en éveil. Aussi qu'arrivat-il '? C'est que les boyars, incapables de repos, fomentèrent de constantes révoltes et que les forces vives de l'empire s'épuisèrent en querelles intestines. Bien plus, le boyar Chichman de l'irnovo réussit, en 963, à conquérir son indépendance et à détacher, à son profit, toute la Bulgarie occidentale, comprise entre le Bhodope et l'Adriatique, pour en former un second royaume bulgare. Ce que voyant, les Byzantins, qui jusque-là payaient
BULGARIE
tribut à l'iorrc, refusi^n'eiit ilon'navant de le faire. La
s;Mrnv -..•n^„i^il. l>i,-nv lut ImIIii i>ar I,- liasileiis Nicé-
pliMiv l'IhM,- .l |ui I.- Ilii^sfs ,!.■ S\i,il,.s|:iv .ini cnvaliu, m -.- M,' I. -. MimmImt,-!'. '/. r,,,i„'yrll,- Inr.an-
Russes s'emparèrt'iit dr 1' !• .l: i i r,i|iii il.', et
firent son lils, Boris II, \<\ i .un, i ','T" i i ippela
à son secours rcmpert-ui ^m. h m l/inn-.r-, i[ui accourut en effet, reprit Pérciasilavcls, dOlivra Lioris, et, traître à sa parole, l'amena à Constantinoplc, 972, pour le faire renoncer à la couronne et tlovenir patrice byzantin. Par Ir lait .!,• r- ■> i>l, ,i, , ., , 1 ^r c.-Wr Irabi-on de T/imisres. la ,\— i. !.i. i \-| ii. Ii -lui ,, lùut
Paris, 1896, t. i, p. 58Ô-673,
nde campagne, et s'empara do II, p. 131-150;
purée iJuroiiii.-iu et ^ii berger. L'épopée by:
Restait la Bulgarie occidentale ou ochridienne, séparte de l'autre depuis 963 par la révolte de Chichman et qui avait réussi à ^'arder son indépendance. Entre elle et l'empire byzantin s'engagea un duel à mort, qui dura près de cinquante ans et se termina par la ruine définitive de l'un de ces États. Devenus les seuls maîtres du parti national, lors de la déposition de Boris II par Tzimiscès, les fils de Chichman, David d'abord, 968-977, puis Samuel, 977-101 i, lultèrent sans relâche contre les Byzantins. Pendant cin([ carnpaj^nes successives, le basileus Basile 11, surnommé le )liilg{ii-oclone ou tueur des Bulgares, tourna toutes les forces de son empire contre les tsars lU- l'.nlL;ii ir. l;.(tlu en 986, il reprit en 991 les hostilitc's ipii ilniruni |iis(|u'en 995, G. Schlumberger,L'epopÉ''t' lii/:a,,if,,r ./ ,'.i /iiiilax'sircle, Paris, 1900, t. Il, p. fâ-58; durant la 996-999, il remporta de nombreux su Durazzo, G. Schlumberger, op. cil durant la troisième, 1001-1 IX)5, il emporta d'assaut les villes de Verria, Servia, Mogléna, Scopia et autres places de la haute et de la basse Macédoine, ainsi que de l'Albanie, G. Schlumberger, op. cit., t. il, p. 211-232; durant la quatrième, 1006-1015, presque toute la Bulgarie fut conquise et le terrible adversaire de Basile II, le tsar Samuel, expira de douleur, 24 octobre 1014, à la vue de 15000 prisonniers bulgares que le basileus vainqueur lui renvoyait, après leur avoir crevé les yeux, G. Schlumberger, op. cit., t. ii, p. 333-366; enfin, la cinquième campagne se termina par la mort violente du tsar Gabriel Romain, fils de Samuel, 1015-1016, puis de Jean Vladistlav, son neveu, 10I6-10I8, et par l'annexion de toute la Bulgarie à l'empire byzantin. G. Schlumberger, op. cit., t. II, p. 375-397.
Au milieu de ces rivalités et de ces luttes d'extermination, que devenait le patriarcat bulgare'.' Il changeait de siège, aussi souvent que les tsars changeaient de résidenef. «e li\iii .l'ahr.nl ■< Pi-i'-'ii-liv i^, la première e;i|Mi il. liil ;i iii ..; . Ml !.:• |.i.~ lie Choumla,
-/.''■ ■; 1/ f ' , , ,/,,/, dans les
Krh, •■ <riir,r,j. 1, III p.iHii , |, -jii'i-'jii. |ii,is à Dorostolon ou ll[islr.i. la Silistrie moderne, puis à Sraditza ou Sotia, puis .'i Yiddin, puis à Mogléna, puis à Prespa, et enfin à Ochrida. Nous tenons ces renseignements d'une Notitia episcopalKinn, publiée par Du Gange, Famitise aiiguslœ Injzantiiup, citée par Le Quien, Oriens christianus, t. II, col. -289-292, et rééditée par H. Gelzer, Der Piili iiirchiii nui Ai-Jiriiht. Geschichte und Urkiinden, L' i|M-. l'.inj. |i 11. 7. . ! -Il iiout d'une Novelle de Basile II, Il 1" me qui mit fin à ce patriarcat.
N" ! "i< , ; 11. e parH. Gelzer, [/ngedrifc/cte
!(/, j l'.t;, i/ !,. ..i!,,.,;t iu^iinnerverzeichnisseder orienta- Uschi'.n KiiChe, dans B ijzantiiiische Zeitschritt, t. ii (1893), p. 4i, 45. On voit donc combien est erronée l'opinion de ceux qui fixent le siège du premier patriarcat bulgare soit à Preslav ou Péreiaslavets, soit à Ochrida.
Péreiaslavels et Ochrida ne sont que le premier et le dernier séjour de ce patriarcat nomade, ambulant, qui compte jusqu'à sept sièges différents, et encore en oubliant que saint Gorazd dirigea l'Église bulgare, sans avoir de siège fixe, et saint Clément comme évèque de Vélitza.
Les noms des titulaires de ce patriarcat ne sont pas tous également connus et surtout également sûrs. Le premier est Joseph, envoyé par saint Ignace en 870, et dont le nom est certifié par un document bulgare contemporain, Goloubinski, Précis d'histoire des Églises orthodoxes, p. 34, 256; après lui viennent Georges, qui figure dans une lettre du pape Jean VIII à Boris, datée du 16 avril 878, P. L., t. cxxvi, col. 276; Jaffé-Wattenbach, Regesta pontificum, n. 2357, et Agathon, qui assiste au concile photien de 878. Goloubinski, op. cit., p. 35 sq. Cependant, Georges et Agathon ne portent que le titre d'évêque, et rien ne nous assure que Joseph fût déjà mort à ce moment. Nous trouvons ensuite Léonce, Dimitri, Serge, Grégoire, dont les noms figurent dans un Synodicon bulgare et qui sont placés à cette époque, mais d'une manière dubitative, par Goloubinski, op. cit., p. 36. N'oublions pas saint Gorazd et saint Clément, mort en 914, qui, tous les deux, exercèrent le pouvoir d'archevêque de Bulgarie, sans en porter le titre. Enfin, nous abordons un terrain plus solide avec Damien, (pii l'nl r.v-.iiiim rr,iiiiii<. ]-i.ilii.ir,-lH |,.ir llnliie
d'abord, en- . : i ■■ r, i, ' ui'.n. , ' >'' - h .nis-
tolon ou l'ri II' ■!■ . il' -"Il l'.'ii I 'I ' 'I ' . ii. |i. ■. |j,-ii' Jean Tziiui^er- , n'i:-...:,,, ,i i, ,,,1- .:• . ■ ,\' • nie la conquête de la Bulgarie .ni'iil.il linm. n i lu^ia auprès de David tsar de la l'.nL u i- ". In hIk nih . - i lut accueilli comme le chef véni.il'l. .)'■ I I ^li-' inLiuv. Ses successeurs furent Germain ou (.abriei, qui résida à Viddin et à Prespa, Philippe, qui, le premier, se fixa à Ochrida, David, qui dut assister à la ruine de sa patrie, et Jean, qui, après la suppression du royaume bulgare occidental, fut confirmé 'dans sa charge par Basile II le Bulgaroctone, mais avec le simple titre d'archevêque de Bulgarie. Du Cange, loc. cit. : G. Srhluiiiberger. L'épopée b;i-<".il ,.,-■. t. n. p. lIS-i:!-;': 7:ir\riv\:r von Lingenlhal, !>'. . '. .s-
c/ien A'ire/ifi, dans II- 1/ i ,- /, >/.
des sciences de Sailli- 1 .',. -.i'.,', ./. I \\\i L-iil p '.ill, 14-16.
Quant à l'étendue de la juridiction de ces patriarches et au nombre des sièges épiscopaux qui leur étaient soumis, nous les connaissons suffisamment, depuis qu'on a retrouvé, dans un chrysobulle de Michel VIII Paléologue, ilalé de 1272, trois Novelles jadis envoyées à Jean d'Ochrida par Basile II, en vue de réorganiser l'Église bulgare et de lui assigner des limites bien précises. Un fragment de ce chrysobulle fut d'abord édité par Rhallis et Potlis, S-JvTaYjjia lôiv xhvôvmv, t. v, p. 266 sq., et reproduit par Zachariiie von Lingenthal dans son Jus grœco-romamtm, t. m, p. 319. Porphyre Ouspenskij retrouva dans un manuscrit duSinaï le texte complet, qui fut édité, d'après sa copie, par E. Goloubinski, Précis d'histoire des Églises orthodoxes, p. 2.">!l- 263, et réédité d'une manière vraiment critique par 11. Gelzer, Ungedruckte und xvenig hekannie Bistuiiicrverzeichnisse..., dans la Btjzantinische Zeitsclirifl, t. il (1893), p. 42-46. On y voit tout d'abord que, tout en le maintenant sur son siège d'Ochrida, Basile II concédait à Jean la même juridiction qu'il avait possédée, ainsi que ses prédécesseurs, sous le tsar Samuel, 977-101 1. Par suite de ce premier règlement, l'archevêché d'Ochrida comptait seize évêchés sutfraganls, Castoria, Glavinitza, Mogléna, Bilolia ou Pélagonia, Stroumnitzn. Mnrnzvi^d, Vélévouzda ou Kustendil, Triaditza on S,.il,i. Xnli, \r:initza, Belgrade, Thromos, Scopia ou I -kul' l'ii/lniiia ou Prizrend, Lipainion ou Lipljan, enliii Sii\i.i. Il.iiilzer, op. cit., p. 42, 43, 48-55. Le ini'tropolitain de
BULGARIE
Tliessalonique, qui avait Servia dans sa province, ne dut pas volontiers se dessaisir de ses droits, puisque nous verrons tout à l'heure Basile II renouveler ses ordres à ce sujet dans sa troisième Novelle. Comme Jean d'Ochrida ne trouva pas cette juridiction suffisante et réclama pour son archevêché les limites que le patriarcat bulgare avait eues sous le tsar Pierre, 927-969, Basile II crut devoir satisfaire à ses exigences et, par une seconde Novelle, mars 1020, il décréta que o le très saint archevêché de Bulgarie serait constitué dorénavant, comme aux jours du tsar Pierre, avec tous les évéchés suffragants qu'il comptait à cette époque ». En conséquence aux seize évéchés concédés, il en adjoignait douze autres, ceux de Dristra ou Silistrie, Viddin, Rhasos ou Rosa prés de Novi-Bazar, Oraia, Tzernik, La Chimère, Adrianopolis ou Driynopolis, peut-être Vella, Bothrotos, Janina, Cozila et Pétra, avec la juridiction sur les Valaques de Bulgarie et les Turcs du Vardar. H. Gelzer, op. cit., p. 4i-46, 55-56. Enfin, la troisième ordonnance de Basile II concédait à l'arclievêché d'Ochrida l'évêché de Servia, déjà donné, et ceux de Stagoi et de Verria. H. Gelzer, op. cit., p. 46. Cette série de pièces extrêmement intéressantes nous offre donc le tableau le plus complet que nous connaissions du premier patriarcat bulgare. Lors de sa reconslitulion par Basile II, vers 1020, il comptait trente évéchés soumis au siège d'Ochrida; il en comptait vingt- Iniit SOUS le tsar Pierre, 927-969, seize sous le tsar Samuel, 977-1014, et nous savons déjà par la Vita S. Clenieiitis, n. 23, P. G., t. cxxvi, col. 1229, que sous le tsar Boris, 864-888, il en avait sept seulement.
C. Jirecek, Geschichte der Bulgaren, p. 150-200; Th. Ouspeiiskij. Vil (liscvtii-s ecclèsiusliciue inédit sur les rapports
huhj.r'. -I -,:.M.:,, . ,;,,,,,■ ;,, ,,. , ,,,,, . , moitié du x' siècle, dans IJ ■ u !-s iS- 123 (en russe): J. Mar-
V, i.iiL .r\hli l:.:i:i^~.,r, ,;. ; /./ds. ,le Constantinopte avec
commencement du -V siècle (en russe), dans les Zapinski d'Odessa, 1866 ; D. Cuchlev, La vie religieuse et littéraire du peuple bulgare à Vèpoque du- tsar Syméon (en bulgare), dans le Sbornik bulgarsk, t. xii (1895), p. 561-614; S. Drinov, Les ■Slaves du Sud et Byzance au .v siècle (en russe), Moscou, 1872.