Defmitiva hase sententia, Cette sentence définitive, que
Deum homini nihil impassi- Dieu ne commande à l'homme
bile prsecepisse. falso tribuitur rien cTimpossible, est fausse-
Augustino, cum Pelagii sit. De ment attribuée à saint Augus-
peccatoorigin.,c.xii; Baiana, tin, étant de Pelage, p. 109.
Baius se défend d'avoir jamais formulé cette proposition et se prétend calomnié. L'importance de la question demande qu'on rétablisse l'état des choses. Dans le chapitre XI de ce même traité De peccato originis, le doctiin l.j\aiii-li- .Hait .■tal.li que la loi divine prohibe non -l'iil. iih ni 1,- .,r\,~ Mrimix, mais leurs principes : Qttod """ ''l'ii'ini r/, /,,s, ,,,; ,'liam habilus vitiorum divina h'ije ]ir,:liib,'oiihi,' ; ilj.so (ju'il avait appliquée à la concupiscence : Sic cl ipse Iiabitus concupiscentise. Au début du chapitre xii, il se pose cette objection : Comment soutenir cette doctrine, puisque l'enfant, et même l'adulte, ne peuvent pas se délivrer de la concupiscence, et que, suivant le sentiment commun. Dieu ne commande à l'homme rien d'impossible'? Vérité que saint Augustin lui-même a e.xprimée dans cette sentence définitive : « Dieu n'a pas pu commander quelque chose d'impossible, parce qu'il est juste; il ne damnera pas l'homme pour ce qu'il n'aura pas pu éviter, parce qu'il est bon. » Baius répond d'abord que la sentence définitive qu'on attribue à saint Augustin, n'est pas de ce docteur, mais de Pelage dans sa lettre à la vierge Démétriaile. c. xvi. P. L., t. xxxui, col. 1110. Ensuite, il .li-iiii-iii I ixiiiiie : Dieu n'a commandé à l'homme rien .1 ■ f ■ • \ii|iliqué à- l'état de rectitude originelle, 11. 1 -: I ai; grâce aux forces qu'il avait reçues dalla sa tiLaliou, l'homme pouvait alors, sans obstacle ni difliculté, accomplir ce que Dieu lui avait prescrit et éviter ce qu'il lui avait interdit. Mais on ne peut, à l'exemple de Pelage, appliquer l'axiome à l'homme tombé, à moins qu'on n'ait égard au secours divin par lequel Dieu rend possible, et même facile, à ses saints ce qui, depuis la chute, est devenu impossible aux forces humaines.
Telle est la doctrine de Baius. Elle soulève une question de principe et une question de fait. Ce secours divin qui, seul, rend possible à l'homme déchu l'accomplissement des préceptes, l'homme l'a-t-il pour pouvoir se délivrer de la concupiscence habituelle et de ses mouvements désordonnés qui, d'après Baius, sont rigoureusement prohibés par la loi de Dieu'? Telle est la question de principe. Comme la réponse est franchement négative, on arrive immédiatement à la doctrine exprimée dans la l'' proposition de Jansénius : « Certains coiiiiiiaiuliiiiiiil- de Dieu sont impossibles aux hommes jn-t- - -■ Imi li ~ forces qu'ils ont présentement, bien qu il- n- ni li .iluiité et qu'ils s'efl'orcent de les accomplir; la i,i"^'' qui les rend possibles, leur fait défaut. » Proposition qui a été condamnée comme téméraire, impie, blasphématoire, digne danathème et hérétique. Denzinger, Enchiridion, n. 966. La question de fait est celle-ci : cette sentence définitive, que Dieu ne commande à l'homme rien d'impossible, est-elle propre à Pelage'? 11 importe peu que la lettre à Démé-
liAlUS
triade soit de cet hérésiarque, si saint Augustin enseigne la même doctrine dans ses ouvrages authentiques. Or, il l'enseigne plusieurs fois et sans ambages, notamment dans les passages invoqués par les Pères du concile de Trente, sess. VI, c. xi, et par Pie VI dans la bulle Aiictorem fidei. Denzinger, ibid., n. 686, 1382. Voir De peccatoruni nierilis, 1. Il, c. vi; De nalura et gratia, c. xuii; De gralia el libevo arbitrio, c. .wi ; In Ps., Lvi, n. 1, P.L., t. XLiv, col. 155, 271, 900; t. xxxvi, col. 661. Comparer à la phrase de la lettre à Démétriade celle de saint Césairo que Pie VI rappelle : quasi inipossibile aliquid potiteril imperare qui jtisius est, mit damnatwus sit liominem pro eo, quod non poluil litare, qui pius est. Serm., cclxxiii, n. 2, dans l'appendice aux sermons de sainl Augustin, P. L., t. xxxix, col. 2257. La proposition 5i« a donc été justement condamnée, non pas d'une façon quelconque, mais dans le sens que lui donnait Baius; nous verrons immédiatement quelles conséquences s'y rattachaient. Bellarmin, De justificatione, 1. IV, c. xii; Uipalda, op. cit., disp. XXIII, sect. VI, n. 73 sq.
67. Homo peccat, etiam damnabiliter, in eo quod necessario facit. Annot., 5, in Censur. Sorbon.
68. Infidelilas pure negativa in his, quibus Cbrislas non est prsedicatus, peccalum est.
L'homme pèche et mérite la damnation en ce qu'il fait nécessairement.
L'infidélité purement négative est un péché dans ceux à qui Jésus-Cbrist n'a pas été annoncé.
Deux conséquences des principes li:tiniii-<l<« imliberté et la notion du péché. Il n'r-l p n , d'insister sur la proposition 67', elli- '■■'■ tr i thph n même titre que les propositions 39' cl lid II . i J. lui que, même dans l'état où nous somiur^. I i hli ii. d mdilTérence est requise pour mériter on lii m i it i il n • a donc pas de responsabilité ni de déinn il | ,. ill I i où il y a nécessité. Dans sa grande .iiiuloi.ii . IJdUi.-. reconnaît que cette proposition a été justement condamnée, comme aussi la suivante, niei-ito damnanlur; mais il la désavoue et parle d'iiiipulaliuiis calomnieuses au préjudice de ceux que la biill^ lii -ilni l'ie V visait.
Pourtant, il ne pouvait pas i;; • i i pi - iii collègue
Jean Hessels avait écrit. daii> -i n mi ni liie sur le
second livre <\i-^ S..nl.-nr..^. disl. \.V\ vl X.WllI : « Il n'y a point de lili ri i . ^ lli uii il y a nécessité, et cependant il peut \ 1 |i 1 I. |i iiiiMiue l'homme nécessité au
mal ne s'iiii:(L:iii' \< f- qii il y soit nécessité. C'est ainsi que les pécheurs pensent se déterminer d'une façon contingente et par choix à ce qu'ils font réellement par nécessité... Il n'y a point d'inconvénient à ce que l'homme pèche en ce qu'il ne peut éviter de faire, parce que cette impuissance est la peine ilu pc'clii', et ([u'clle est seulement concijiriilaiile sans être l.i cause du pc'chi'. • Ducliesne, Ili.sioiiv du baianisnie, p. 'i.">. Kn outre, Baius ne devait pas oublier ses propres remarques sur la 15« des propositions censurées par la Sorbonne : Homo necessario peccat etiani damnabiliter in aliqua peccati sperie; el actus in quem ti-pressario fi-ilur. est illi peccatum : quare ut libère imiiin- n, ,tri,i,ii, non est conditio necessaria ad peccmninn, I,. - il^.ri.urs parisiens avaient jugé cette asserlicii h.r. iiqn. .n toutes ses p.iili.- M.ii-. I. iMiifesseur de Louvain en avait pris la d' 1' n \ 11 11 I naitété son raisonnement : ceux qui n '■ni |i I I II I pouvoir de croire en .lésus-Christ n uni im II,, II. , Il lui, par exemple les .luifs aux yeux desquels il a opéré tant de prodiges sans éclairer leur esprit des lumières de sa miséricorde ; or ces .Juifs ont 1res gravement oITensé Dieu en ne croyant pas; donc ils ont péché très gravement, alors qu'ils n'ont pas cru, n'ayant pas le pouvoir de croire, qui civilendi poteilalem non habuerunl. iJe nu>me, parmi les vierges consacrées à Dieu, il en est qui voudraient garder la continence etc|ui, par suite de mauvaises habitudes, ne
DICT. DE TIIÉOL. CATHOI..
le peuvent pas, alias telle quideni, sed non passe; il peut donc arriver qu'en un certain genre de péché, on pèche si nécessairement, qu'on n'ait point le pouvoir d'éviter le péché qu'on commet, sic videlicet ut quum peccat, potestatem evitandi hoc peccatum non habeat. Et pourquoi'.' parce que le pouvoir de ne pas pécher consiste dans une volonté d'une telle force qu'elle surpasse la cupidité dominante, volonté très efficace que le Seigneur doit préparer, mais qu'il ne donne pas à tous. Baiana, p. 25. Qu'on lise maintenant le chapitre xil de l'opuscule De libero honiinis arbitrio, où cette doctrine se retrouve; qu'on y joigne les propositions 50», 51« et autres sur la concupiscence, dont il sera question dans un instant; et l'on pourra juger si Baius et ses amis ont été vraiment calomniés. Voir Duchesne, iii« éclaircissement, p. 49 sq.
Que dire de la proposition 68»'/ On ne peut pas la rattacher, comme la précédente, à un texte positif du docteur lovaniste. Elle découle cependant de ses principes sur la nature du péché originel et ses conséquences. Baius nous le montre comme ayant quatre parties intégrantes, dont lune est l'ignorance dans l'esprit, ignorance constituant un vice positif. De peccato originis, c. III. L'application était facile; peu importe qu'elle ait été faite par les disciples de Baius ou ses adversaires. Il suffit de dire que cette proposition 68' est pour le moins erronée. Quand quelqu'un ignore invinciblement la foi, comme dans l'hypothèse de l'infidélité négative, il n'y a pas pour lui de vraie liberté par rapport à l'observation nii :\ l:i violation du précepte de la foi; il y a, en revan- ^1 ii'l iliilité stricte de l'accomplir. Du reste, la
iiii' I ' niiiii' et l'enseignement des Pères et des doc- I II 1 I l.^lise s'accordent pour disculper du péché
I iiiiiili lii' iTux à qui la foi n'a pas été proposée ;
II \ li: Rom., x, 14; S. Augustin, In Joa., 1 I.XWIY, P. L., t. XXXV, col. 1856 sq.; S. Tho-
ni.i.>, Sui.t. tlicjl.. Il" lli-, q. X, a. I; Bellarmin, Refulaliu Bail, fol. 192 sq. Cf. Linsenmann, Michael Baiut, p. 155.