CALOMNIE
causée. Salmanticenses, Cursus tbeologise moralis, tr. XIII, c. IX, n. 122. Mais cette rétractation ainsi accomplie étant d'une réalisation moralement impossible dans presque tous les cas concrets, il peut habituellement suffire de se rétracter soi-même auprès des auditeurs immédiats, en prenant les précautions ordinaires pour que la propagation réparatrice ait la même étendue que la destructrice. De Lugo, De justifia et jure, t. i, disp. XV, n. 15 sq. ; Salmanticenses, loc. cit., n. 123. Cette solution s'applique encore avec plus de justesse aux cas de publicité par la presse, qui échappent presque entièrement à tout contrôle adéquat de prévision et de réparation directe. — 3. Les principes généraux sur la complète cessation ou la suspension momentanée de l'obligation de restituer peuvent égalciiu-nt s'appliquer à la réparation de la calomnie. Toutefois les causes reconnues comme suffisantes pour l'extinction ou la suspension de l'obligation^devront être d'autant plus graves que la culpabilité du calomniateur a été plus prononcée et le dommage plus considérable. — a) D'après ces principes l'obligation de réparer la calomnie n'existe plus quand l'on peut juger prudemment qu'elle est entièrement oubliée, sans danger de retour, Salmanticenses, loc. cit., n. 138; quand la réputation est d'autre part déjà suffisamment rétablie, de Lugo, op. cit., n. 35; Salmanticenses, ?oc. cî(.,n. 137; quand il y a condonation de la part du calomnié, pourvu qu'il ait le pouvoir d'abdiquer son droit, Lehmkuhl, Theologia moralis, t. i, n. 1194; et même suivant beaucoup de théologiens, Molina, De juslitia et jure, t. iv, tr. IV, disp. XLIX, n. 2; Lessius, De juslitia et jure, 1. II, c. ii, n. 134; Silvius, In II"' 11^, q. LXii, a. 2, n. 10; Salmanticenses, loc. cit., n. 146; S. Alphonse de Liguori, Theologia moralis, 1. III, n. 999; Lehmkuhl, op. cit., n. 1 192; quand il \ a eu calomnie réciproque et que l'autre calomniateur refuse la réparation exigée par la justice, car il est contraire à l'équité naturelle de maintenir le droit à la réparation en faveur de celui qui de son côté ne veut aucunement réparer le droitd'autrui. Cepi-ndant Cajél:in, 7« 11'^" II'. q. LXii, a. 2; de Lugo, op. cit., disp. ."^V, n. 'li, cl d'antres théologiens soutiennent dans ce cas lobligation de la réparation, parce que l'on ne peut continuer un dommage qu'au seul titre de compensation légitime qui dans l'espèce ne peut se réaliser. — b) Dans l'hypothèse où le calomniateur ne peut réparer son injustice sans exposer sa propre vie, l'obligation cesse tant que dure ce danger, pourvu que la .vie du prochain ne soit point également menacée. Car, à risque égal, le calomniateur n'a point droit que sa vie soit préférée à celle de sa victime. En dehors de cet extrême danger une simple perte de biens matériels ne peut excuser le calomniateur de l'obligation de restituer. L'on n'excepte que le cas où cette perte dépasserait notablement le dommage causé à autrui, car il n'est point présumable que le calomnié veuille à ce prix exiger réparation. — 4. La réputation du calomnié peut-elle être réparée par une compensation pécuniaire considérée comme proportionnelle '? Conséquemment, à défaut d'autre réparation, est-on tenu à cette compensation ? Quelques théologiens l'affirment, en s'appuyant sur ce raisonnement. L'impossibilité n'excuse de l'obligation de restituer que dans la mesure où elle existe strictement. Or cette hypothèse n'est point réalisée dans la circonstance, puisque l'on admet ou l'on suppose encore quelque facilité de fournir une compensation, sinon équivalente, du moins proportionnelle, par laquelle les exigences de la justice sont assez convenablement sauvegardées. Philippe de la .Sainte-Trinité, Disputalioncs llieologicse in Summam S. Thomse, Lvon, 1653, t. III, tr. il, disp. V, dub. iv, p. 337; Sylvius, 7n"7/»"> 11", q. Lxii, a. 2; q. XXII. Mais la plupart des théologiens, rejetant toute équivalence intrinsèque entre la compensation pécuniaire et la réputation perdue, n'admettent aucune obligation de justice de fournir une telle compen-
sation, en dehors du cas où elle est imposée judiciairement comme amende pécuniaire, ce qui relève plutôt dela justice vindicative. Banez, In II*" II'', q. lxii, a. 2,^ n. 10 ; Salmanticenses,CHrs»s theologia; moralis, tr. XIII,. c. IV, n. 142; S. Alphonse de Liguori, Theologia moralis,. I. III, n. 1000; Lehmkuhl, Theologia moralis, 1. 1, n. 1192. D'où l'on peut conclure que le calomnii' n'ayant pas un droit certain à être compensé pécuniairement, n'est point autorisé à se rendre justice à soi-même, la compensation n'étant permise que dans le cas d'un droit certain dont on ne peut autrement obtenir la satisfaction. De Lugo, De justitia et jure, 1. 1, disp. XV, n. 43 sq. ; S. Alphonsede Liguori, Theologia moralis, 1. III, n. 1001 ; Lehmkuhl, op. cit., t. I, n. 1192.
2° Quant à la réparation des dommages privés oupublics causés par la calomnie. — D'après les principes que nous venons de rappeler, l'obligation à la restitution existe dans l'exacte mesure où ces dommages ont été "suffisamment prévus et efficacement voulus.
3" A ces deux obligations de justice peut se joindre fréquemment le devoir de réparer le scandale donné,, surtout quand ce scandale tourne au mépris ou au détriment de la religion. Cette obligation ainsi que la manière de la remplir devront s'apprécier d'après les principesthéologiques relatifs au scandale.
4° Quant à l'obligation pouvant résulter d'une calomnie exempte de toute culpabilité formelle : 1. Dès quel'on prend connaissance de son caractère injuste et de sa funeste efficacité, il y a devoir de stricte justice d'arrêter l'influence mauvaise ainsi causée en toute bonne foi, pourvu qu'on le puisse faire sans un inconvénient personnel trop grave. Cette fatale influence ne pouvant être efficacement détruite que par une rétractation efl'ective, celle-ci s'impose immédiatement, sous peine d'accepter la responsabilité morale de la continuation du dommage, c'est-à-dire du dommage qui, suivant la prévision actuelle, doit résulter de la non-rétractation. Salmanticenses, op. cit., c. iv, n. 121-122. Bien différent du calomniateur coupable qui, dès le début, a prévu et efficacement voulu tout le mal causé, le calomniateur non conscient n'est point tenu à se rétracter lorsqu'il ne le pourrait sans grave atteinte à sa propre vie, à sa réputation ou à ses biens. Salmanticenses, loc. cit.
5» Les obligations résultant de la coopération formelle à la calomnie se déterminent suivant les principes qui régissent la coopération en matière de justice, en tenant compte des causes qui peuvent enlever, suspendre ou. modifier l'obligation de réparer la calomnie.
IV. RÉPRESSION INDIVIDUELLE ET SOCIALE. — 1" Répression ifidividueUe. — 1. Pour les calomnies dirigées contre soi-même. — a) En soi, indépendamment de toute circonstance qui exige le contraire, il n'y a aucune obligation grave de défendre sa propre réputation calomnieusement attaquée. Il est même en soi très parfait et très méritoire de supporter ces attaques avec une chrétienne résignation et par amour pour Jésus-Christ particulièrement calomnié dans sa passion. Lehmkuhl, op. cit., t. i, n. 1173. — b) Mais quand la réputation personnelle est nécessaire pour remplir des devoirs d'état strictement obligatoires ou que de sa perte ou de sa diminution résulteraient des dommages considérables pour la famille dont on a la charge ou pour des intérêts dont on est gravement responsable, à plus forte raison quand son maintien intégral est indispensable au bien général ou partiel de la société civile ou religieuse, le strict devoir de la défendre ou d'en exiger la juste réparation s'impose comme une conséquence rigoureuse. Lehmkuhl, loc. cit. — e) Quant au mode de répression, il variera suivant la nature de l'attaque, privée ou publique, suivant la condition de la victime et celle des auteurs ou propagateurs de la calomnie et suivant les moyens dont on peut disposer pratiquement. Ces moyens peuvent être une demande formelle, parfois même publique, de réparation.
CALOMNIE — CALOV
on une dénonciation du procédé calomnieux, même par la parole publique et par la presse, ou encore le recours à la voie légale pour obtenir en même temps une répai-.ilion pour soi et une pénalité pour le calomniateur.
2. Pour les calomnies dirigées contre la réputation d'aulrui ou contre des institutions nécessaires ou souverainement utiles à la société civile ou religieuse : a) Pour ceux qui exercent des fonctions sociales les obligeant par un quasi-contrat de justice à défendre les intérêts qui leur sont confiés, il y a devoir strict de justice à combattre ou à réprimer les calomnies directement attentatoires à ces mêmes intérêts, pourvu qu'aucun obstacle grave ne s'y oppose. — b) Pour qu'il y ait obligation de cbarité, il faut que le prochain, individu ou société, ne puisse se préserver de dommages graves s'il n'est aidé, et que l'on soit seul à pouvoir lui donner commodément l'assistance nécessaire. Il peut être assez difficile de déterminer pratiquement l'existence de ces deux conditions. Mais il n'est point douteux que, dans une société, ce devoir de charité s'impose et que la conscience de ceux qui sont aptes à le remplir et l'omettent toujours et à l'égard de tous, ne peut être sans reproche, surtout quand il s'agit de la défense des intérêts religieux gravement menacés, et que d'autre part l'on possède la capacité et la liberté nécessaires.
2» Répression provenant d'associations ou de groupements de défense. — Souvent la répression individuelle reste impui.ssante même en face de calomnies n'atteignant qu'un seul individu. A plus forte raison restet-elle sans force, en présence d'entreprises calomnieuses savamment ourdies et puissamment organisées contre les institutions vitales de la société civile et surtout contre les ministres de l'Église, et contre toutes ses œuvres. Seule l'association de défense peut efficacement soutenir la lutte, en multipliant et en organisant les ressources et les moyens de résistance et de réparation. A ceux qui objectent le précepte du pardon intégral, Matth., XVIII, 35, le conseil de Jésus-Christ, Matth., v, 39, et la recommandation de saint Paul, Rom., xil, 19, Ion peut répondre que la résignation évangélique, l'intégral pardon des injures et l'amour héroïque des humiliations ne doivent point empêcher le strict devoir de défendre la société civile et la société chrétienne contre les calomnies qui leur seraient très funestes. C'est ce que répond saint Thomas, Suni. theoL, II* II», q. LX, a. 1, ad 2>"" : Dicendum quod hujusnwdi prseccpta, sicut Aur)i(sliniis ilicit in l. I de so-nione Bomini in monte, c. XIX, et Eiust. V, ad Mafcellinum, seniper sunt servanda in prseparalione animi;ut scilicet semper honw sit paratus non resislere, vel se non defendere, si opiis fuerit ; sed quandoque est aliter agenduni propter comniuiie boniim ; vcl etiam illoritm cum quibus pugnatur : inule A itguslinus dicit in Epist. ad MarceUinum : Agenda sunt mtilta etiam cuni invilis benigna quadam asperilate plectendis : nain cui licentia iniquitatis eripitiir, utililer vincitur ; quoniam nihil est infelicius feliritalf peccantium, qua pœnalis nutritur impunitas, et niala voluntas velnt liostis inleHor roboratur.
3" Répression jjrovenant des pouvoirs publics. — La justice légale impose aux pouvoirs publics le devoir de défendre les droits des citoyens par la protection des lois et l'appui des décisions judiciaires et des sanctions légales concomitantes. La réputation étant un bien social de première importance se recommande nécessairement à cette protection publique des lois, des décisions judiciaires et des sanctions pénales. Quelle mesure de répression légale convient dans telle société, à telle époque, en présence de telles attaques calomnieuses atteignant au moins partiellement les intérêts publics que tout pouvoir consciencieux doit sauvegarder? Inversement, quelle mesure de tolérance légale peut-on accorder à la presse soit dans la lutte inévitable des partis politiques ou dans les publiques revendications des partis révolutionnaires
ou socialistes, soit dans les dissensions religieuses'? Ces questions pratiquement très complexes relèvent de la prudence politique, qui doit tenir compte de la divergence des situations politiques, surtout quand elles sont depuis longtemps établies. Cependant l'on ne devra jamais oublier que le mal ne peut être justement toléré, que dans la mesure exigée par un bien public prépondérant : Verumtamen in ejnsmodi rerum adjunctis, si comniunis boni causa et hac tantuni causa, potest vel etiam débet lex liominum ferre toleranter maluni, tamen nec potest nec débet id prohare aut velle per se, quia maluni cum sit boni privatio, répugnât bono rommuni quod legislator, quoad optimc potest, velle ac tueridebel. El har .iHit.pie iii ,e ad iniihniJiiiiisibilex humana pro/K.i,,!/ Il, ■mu urrrss,- cw. /^i m fio quod ntala esse in nimnlu s,, ni iirqii,' mil iiiiilii /icri, nequi^ vultmala non /lei-i, sed viill pennitleiv mnht fieri, et hoc est bonum. Quss doctoris angelici sentcntia brevissime totam continet de malorum tolerantia doctrinam. Encyclique de Léon XIII, Libertas, 20 juin 1888.
S. Tliomas, Sum. theoL, II- II*, q. Lxvin, a. 3; q. lxix, a.2; q. LXX1II, et les commentateurs de la Somme, loc. cit. ; S. Antonin, Summa theologica, Vérone, ,1740, t. ii, tit. ii, c. n, p. 369 sq. ; tit. vui, c. m, p. 895 sq. ; Dominious Soto, Dejuatitia et jure, 1. IV, q. vi; Navarre, Enchiridion seu manuale contessariorum et prenitentium, c. xvui, n. 24 sq. ; Molina, De juslitia et jure, t. iv, tr. IV, disp. XXXIX sq. ; Lessius, De juscitia et jure, 1. II, c. XI, passim; de Lugo, De justitia et jure, t. I, disp. XV ; Philippe de la Sainte-Trinité, Disputaliones theologicx in Summam S. Thomœ, Lyon, 1653, t. m, tr. Il, disp. V, dub. IV, p. ;i30 sq. ; Layman, Theologia moralis, Lyon, 1654, I. III, tr. m, part. II, c. vu, t. i, p. 347 sq. ; Bonacina, De morali theologia, Lyon, 1697, t. n. De restitutione, disp. II, q. iv; Lacroix, Theologia moralis, Paris, 1867, t. n, 1. III, tr. VI, n. 1213sq., 1238 sq.; Sylvius, Jn Summani S. Thomse, II- II*, q. LXii, a. 8 sq. ; M r v\mi: Snlmnnlii^pnsps. Ciirxus thcologix moralis, tr. XIII. c, 1' Il I w >, : ^, Mi.i, .11 !■. ;■/,.. ./."/"i moralis, 1. Ill.n. 991sq,, I ; i II 1l9lsq.;
Génicot, Thcfl"! I , , 1S98, t. I,
n. 561 sq.; BeiaiJi, i'-nM , ,-,. ,,.,,,.,■, ; .■.lit., Faenza,
1898, t. Il, n. 422 sq.
E. Dl'ulanchy.
CALOV Abraham, théologien luthérien, né le 16 avril 1612, à Morungen dans le duché de Brunswick; après avoir commencé ses études au gymnase de Thorn, il se rendit, en 1626, à l'université de Konigsberg; il fut successivement recteur du collège de Dantzig et professeur de théologie à Wittemberg, où il mourut le 25 février 1686. Calov fut à la fois théologien dogmatique, polémiste et exégète. Il combattit tout ensemble les catholiques, les sociniens, les réformés, les arminiens et les labadistes. Il fut surtout l'adversaire de George Calixte et des calixtins dans la controverse du « syncrétisme ». Cette opposition éclata au colloque de Thorn (1645), et continua même après la mort de George Calixte. Ses partisans s'appelèrent caloviens. L'activité scientifique de Calov fut extraordinaire. Comme il s'occupa à peu près de toutes les sciences ecclésiastiques, et qu'il fut mêlé à de nombreuses controverses confessionnelles, ses écrits sont d'une grande variété. Nous les énumérons ici en les groupant par matières : 1» Polémiques : Matseologia papistica, Dantzig, 1647 (contre le& catholiques); Socinianismus profligatus, 1652 (contre les sociniens); Dissensio controversiarum hodiemotempore inter ecclesias orthodoxas et reformatas ccetus agitatamm, 1655 (contre les réformés); ConsideratiO' ai-minianisntijiô^ (contre les arminiens); Thèses theologicœ de labadismo, 1681 (contre les labadistes) ; Anti- Bœhmius, 1684 (contre Jacques Bohme); touchant la controverse « syncrétiste » : Institutionum theologicarum ri Tipo^Eyoneva cum examine novse thcologix calixtinx, lQi9,lG50 ; Digressio de nova theologia Helmstadio- Regiomontanoru7n syncretistarum, 1651 ; Synopsis controversiarum potiorum, Wittemberg, 1652; Syncretismus calixtinus, ibid., 1653; Harmonia calixlino-
CALOV
hœretica, ibid., 1655; ffistona syncretistica, s. 1. n. d., (1682). — 2» Théologiques : Systenia locorum theologicorum, 12 vol., Wittemberg, 1655-1661 ; Theologia naturalis et revelata juxta Aug. Conf., Leipzig, 1646; Isagoges ad ss. Iheologiani librl duo, 1652; Theologia positiva, Wittemberg, 1682 ; ylpodixis articuloi-um fidei, Liinebourg, 168i. — 3» Exégétxques : Bihlia iUi(strala, 4 in-fol., Francfort-sur-le-iVlain, 1672-1676; Commentarius i7i Genesim, 1671 ; Die deutsche Bibel D. Mavlini Luth., Wittemberg, 1682.
Glaire, Encyclopédie catholique, in-4', Paris, 1854, t. v, p. 134; Feller, Biographie universelle, in-4', Paiis, 1848, t. il, p. 345; Kirchenlexikon, 2'édit., t. il, col. 1721-1722; Realencijclopàdie fin- prot. Théologie, 3- édit., t. m, p. 648-654. V. Ermoni.
CALUSCO Thaddée, théologien augustin du xviFxviiP siècle, ne à Milan, secrétaire de son ordre en 1699, prédicateur fameux. Il mourut le 21 avril 1720 à l'âge de 63 ans. Citons parmi ses ouvrages : Varie notizie molto utili per facililare Vintelligema et lo studio delta sacra Scrittura, con una dissertazione suW uUinia pasqua di Giesù Christo, Milan, 1708; Esame délia religione protestante o sia pretesa rifomiala, Venise, 1720; Lettera ad tin. amico che contiene itna risposte générale a lutte le ragioni, che furono addolle in difesa dei riti délia Cina. Cette brochure ne contient aucune indication sur l'année et l'endroit où elle a paru.
Argelati, Bibliotheca mediolanensis. Milan, 1745, t. i, p. 264-
265; Ossinger, Bibliotheca augustiniana, p. 181; Lanteri,
Postrema ssecula sex religionis augustinianœ, Rome, 1860,
t. m, p. 110-111; Hurler, Nomenclatur lite/-ai-iitë, t. il, col. 768.
A. Palmieri.
CALVENZANO Jean-Antoine, fut membre de la congrégation des oblats de Saint-.A,mbroise instituée à Milan par saint Charles Borromée. En 1607, le nonce apostolique en Suisse, Fabrizio Veralli, mort cardinal, ayant demandé quelques prêtres au cardinal Frédéric "^ ' " "ililiin, pour les envoyer dans
. pi'.jtestanlisnie exerçait de .' fui un des quatre oblals I. (hi a loué son zèle et son t de ses ouailles des deux paroisses d'inveruno et de Besate dont il eut la charge. 11 mourut dans cette dernière localité, victime de sa charité, pendant la pesle de 1630. Il publia dans la langue usuelle de cette région les opuscules suivants : Curt mossament et introvidanient de quellas causas, las guales scadin fidevel cristian c rulpant da saver, soventer, che mossa la sauta Baselga catholica romana, in-8». Milan, 1611 ; Bref apologetica enten la quai l'auctur renda le raschun perchei havend bandunau la doctrina di Calvin, haigi ratscherd la credientscha catholica, in-12, Milan, 1612. On lui attribue encore plusieurs opuscules, dont une Doctrine chrétienne et des Méditations.
Phil. Picinelli, Ateneo de i letlerati Milanesi, Milan, 1670, p. 263; Argelati, Bibliotheca scriptorum Mediulanensium, 1. 1 b, p. 264; Hurler, Nomenclator, 1. 1, p. 273, noie 1.
P. EDOUARD d'Alençon.
CALVI Jean-Baptiste, laïque milanais, qui a publié : Veritas romanie Ecclesix quant brevissime demonstrala catholicis in conspeclu religionis protestantium, in-8". Milan, 1758.
Hœfer, Nouvelle biographie générale, t. viii, p. 260.
E. Mangenot.
CALVIN Jean, chef de la secte religieuse appelée de son nom calviniste. Sa vie, bien que souvent étudiée, soulève encore aujourd'hui un certain nombre de problèmes. Réservant pour l'article Calvinisme l'étude de sa doctrine, nous nous occuperons uniquement ici de sa biographie, en rattachant ses œuvres à chacune des époques de sa vie à laquelle elles appartiennent. — •1. Jeunesse de Calvin. II. Vie, voyages et œuvres de Cal-
Borromée, aichi le canton des Gi i-^ grands ravages, i '.
désignés pour criu dévouement pour
vin de 1533 à 1536. III. Premier séjour de Calvin à Genève de 1536 à 1538. IV. Calvin à Strasbourg, 1538i^ii. V. Calvin à Genève de 1541 à 1555; organisation de l'Église et de la cité; luttes politiques et religieuses; triomphe de Calvin. VI. Le rôle de Calvin en Europe et ses œuvres de 1541 à 1555. VII. Dernières années de Calvin: son intervention dans les affaires religieuses de la France; ses dernières œuvres; sa mort {I555-lô6i).
I. Jeunesse de Calvin, 1509-1533. — C'est le 10 juillet 1509, vingt-cinq ans après Luther, que naquit, à Noyon, l'homme destiné à exercer sur la Réforme française une influence plus profonde, et, sur le protestantisme en général, une action au.ssi puissante que celle de Luther : Jean Calvin (forme tirée du latin), Cauvin (forme picarde), ou Chauvin. Ses ancêtres étaient bateliers sur la rivière d'Oise et habitaient au village de Pont-l'Évêque, près Noyon. Son père, Gérard, fut successivement notaire du chapitre, greffier de l'oflicialité, promoteur du chapitre. Sa mère, Jeanne Le Franc, était de famille riche. C'est à Noyon, au collège des Capeltes, que le jeune Calvin reçut « la première discipline de la vie et des lettres », et, suivant le témoignage de Jacques Desmay, docteur de Sorbonne, auteur de Remarques sur la vie de Calvin (1621), s'y montra « de bon esprit, d'une promptitude naturelle à concevoir, et inventif en l'étude des lettres humaines ». A douze ans, il fut pourvu, grâce à son père, d'un petit bénéfice (une des quatre portions de la chapelle de Gésine) et à cette occasion reçut la tonsure. Il ne devait jamais aller plus loin dans la carrière des saints ordres.
En 1523, Jean, âgé de 14 ans, partit pour Paris et suivit les cours du collège de La Marche, où il eut pour maître le grammairien Cordier qui devait être plus tard son disciple et mourir à Genève. C'était l'année où le compatriote de Calvin, Louis Berquin, était jeté pour la première fois en prison comme suspect d'hérésie, et où le parlement faisait faire une recherche exacte des livres luthériens pour en poursuivre les auteurs. jVu même moment, la famille de Calvin, pour une question d'intérêt, se brouillait avec le chapitre de Noyon. En 1526, Jean Calvin passa au collège de Montaigu, alors sous la direction de Noël Beda, le pesant adversaire d'Érasme et des humanistes. Il étudia la philosophie et la théologie, lut Duns Scot, saint Bonaventure et saint Thomas. En 1527, son père obtint pour lui la cure de Saint-Martin de Martheville, qu'il échangea en 1529 contre celle de Pont-l'Évéqne.
Jusqu'en 1526, aucun trouble ne paraît s'être élevé dans l'esprit de Calvin; il était travailleur, d'humeur sévère, suivant les uns, sombre, suivant d'autres, d'ailleurs, s'il faut en croire son propre témoignage {Préface au commentaire des Psaumes), « si obstinément adonné aux superstitions de la papauté qu'il était bien mal aisé qu'on le pût tirer de ce bourbier si profond. »
Alors, au dire de beaucoup d'historiens protestants, déjà anciens, se serait passé dans l'âme de Calvin un drame intime analogue à celui qui avait révélé à Luther le grand mystère de la justification par la foi seule. Mais le premier et le mieux informé des historiens de Calvin, son ami et son disciple, Théodore de Bèze, nous montre que la première cause de la transformation de Calvin fut une inlluence extérieure, celle de son cousin Pierre-Robert Olivétan, qui lui fit connaître la nouvelle doctrine. Il se peut aussi que le spectacle d'hommes mourant pour leur foi, en 1526 et 1527, lors de la réaction anti-luthérienne qui suivit la bataille de Pavie, ait fait grande impression sur l'àme du jeune homme. Toujours est-il qu'il est probable que, vers la fin de 1527, Calvin se sentait déjà ébranlé non seulement sur sa vocation ecclésiastique, mais sur certains principes catholiques. Fut-ce pour cette raison que, d'accord avec son père, au commencement de 1528, il quitta Paris pour Orléans et la théologie pour le droit qu'il étudia sous
CALVIN
11- célèbre Pierre de l'Estoile? Une maladie le rappela ipielque temps à Noyon, où précisément les opinions nouvelles commençaient à agiter les esprits et à comp- I r des partisans. A Orléans, Calvin fit la connaissance In professeur luthérien Melchior Wolmar qu'il devait irirouver peu après à Bourges, où leur amitié se forma. Licencié, Calvin passa d'Orléans à Bourges, où enseignait l'émule de Pierre de l'Estoile, Alciat, de Milan, le réformateur de la science du droit qu'il vivifiait par l'histoire et la philologie. A Bourges, Calvin trouvait un centre luthérien : des professeurs de l'université, entre autres Wolmar (chez qui il rencontrait Théodore de Bèze enfant), et des docteurs en théologie, comme Jean Chaponneau, de l'abbaye de Saint-Ambroise, et le bénédictin .lean Michel. Les grandes scènes qui se passaient alors en Allemagne (diète de Spire de 1529) intéressaient au plus haut point maîtres et étudiants. Wolmar, qui perfectionna Calvin dans l'étude des lettres, parait avoir été son principal initiateur religieux. Au témoignage de Th. de Bèze, Calvin aurait même déjà exercé une sorte d'apostolat, notamment chez le seigneur de Lignière. Cependant, il ne se croyait pas encore et n'était pas de fait détaché de l'Église catholique. En 1531, au moment où son père meurt excommunié, par suite de ses démêlés avec le chapitre de Noyon, sa correspondance ne trahit aucun trouble de conscience; il abandonne la jurisprudence; on songe pour lui à une dignité ecclésiastique ; mais il préfère revenir à Paris prendre part au mouvement humaniste, suivre les cours de Danès et de Valable, et publier lui-même, en 1532, un commentaire du De clenientia de Sénèque, qui ne dépasse guère la portée d'un bon exercice de rhétorique.
Autant qu'on en peut juger, c'est de 1531 à 1533 que se place ce que les historiens protestants appellent la conversion de Calvin, conversion à ses propres idées, dit spirituellement M. Brunetièrc. Elle ne se fit pas sans combat, ni déchirement intérieur, s'il faut en croire la fameuse lettre de Calvin à Sadolet (I" septembre 1539). Opéra, t. v, p. 385. Malgré cette lettre, qui est un manifeste destiné au public, les motifs du changement de Calvin sont encore mal connus; il semble, toujours d'.iio .' ~ I- II! 'm .1. I uni. ni, i|iii |. - 1 ..Èisidérations d'ordre iiili'll 'il 'Il ' I— [H. Il I : - a agir sur lui. Il si'i. I. . nii 1 I - . ! -iii|in>, puis il prend à
parlii l. ml' 1.1 tiHliiinii 'i ml 1 - ii-'ij^nement et toute la discipline de l'Église lui semblent corrompus; Dieu lui parle et lui donne une mission qu'il compare lui-même à celle des prophètes en face du sacerdoce régulier d'Israël; il est chargé de ramener l'Église à sa pureté primitive. Ce n'est pas le spectacle des mœurs du clergé qui l'a poussé à abandonner l'Église catholique; sans doute il en parle avec une certaine véhémence, mais incidemment et sans paraître y attacher une importance très grande; le respect de l'Église l'a même arrêté un certain temps : Utia prsesertini res animiim ab illis meiim avcrtebal : Ecdesise reverenlia. Il n'a cédé que quand il a été convaincu que l'idée de la véritable Église lui avait été révélée et il a tout sacrifié à l'appel de .lésus-Christ. Voilà ce qu'il affirme dans sa lettre à Sadolet; mais, dans la Préface au commentaire des Psaumes, il dit que sa conversion fut subite.
Dans le courant de 1532, pour une cause que l'on ne peut préciser, Calvin se décida à aller de nouveau à Orléans et y fut procureur de la « nation picarde ». Celte période de sa vie est obscure. Au mois d'août 1533, nous le trouvons à Noyon, en septembre, à Paris, chez son compatriote Etienne de La Forge, riche marchand, qui recevait alors les réformés et devait en 1535 monter sur le bûcher; à la fin d'octobre, de nouveau à Paris, au collège Fortet.
A ce moment, les novateurs, enhardis par la protection de Marguerite de Valois et par la politique que suivait François I"' depuis deux ans, croyaient pou-
voir affirmer leur doctrine en plein Paris. Ce fut Calvin qui, par l'intermédiaire du recteur Cop, s'en chargea. 11 écrivit le discours que, le jour de la Toussaint de 1533, Cop prononça (d'ailleurs après l'avoir modifié) dans l'église des Mathurins, en présence du corps universitaire. Vers la fin, après diverses attaques, se trouvait le passage décisif : « Hérétiques, séducteurs, imposteurs maudits, c'est ainsi que le monde et les méchants ont l'habitude d'appeler ceux qui purement et sincèrement s'efforcent d'insinuer l'Évangile dans l'âme des fidèles, etc. » Corpus reformatonim. Correspondance de Calvin, n. 19 bis.
Quoique le discours fût somme toute modéré, le scandale fut immense. Cop s'enfuit et se réfugia à Bàle. Calvin de son côté n'attendit pas la venue des gens de justice. Il prit, sous un déguisement, le chemin de Noyon, disant, au témoignage de Desmay, à un chanoine qu'il rencontra : « Puisque je suis engagé, je poursuivray tout outre. Toutefois, si j'avois à recommencer, je ne m'y engagerois jamais. »
Cet événement marque la fin de la jeunesse de Calvin ; il était dans sa 25" année ; admirablement muni de tout ce qui pouvait faire de lui un chef d'école redoutable; il savait le latin, le grec et passablement l'hébreu; il avait beaucoup lu ; il était versé dans le droit et la théologie et ces deux études avaient développé en lui la puissance dialectique; sa parole était vigoureuse; il avait grande confiance en .son esprit et était persuadé que nul ne pouvait avoir raison contre lui. Sa jeunesse avait été celle d'un étudiant laborieu\, intelligent, énergique, mais sans passion, sans héroïsme, sans flamme; il n'avait le tempérament ni d'un apôtre, ni surtout d'un martyr; quant à ses mœurs, elles paraissent avoir été régulières; l'acte honteux qu'on lui a reproché appartiendrait aux mois qui ont suivi Après cette fuite, allait commenc période de pérégrinations qui est i de son existence.
II. Vie, voyages et œuvres de C.^lvin de 1533 à 1536. — Il est très difficile — et il n'est pas nécessaire ici — de chercher à établir tout à fait exactement l'ordre chronologique des voyages de Calvin durant ces trois années. Théodore de Bèze nous assure qu'il revint à Paris quelque temps après en être sorti et qu'il fut même reçu très honorablement par Marguerite de Valois. Puis il céda aux invitations réitérées de son ami Louis du Tillet, curé de Claix et chanoine d'Angoulème, et se mit en route pour la Saintonge. C'est là qu'il commença à s'occuper de la Psychopannychia contre l'erreur de ceux qui pensent que les âmes dorment de la mort au jugement dernier, et aussi des travaux préparatoires du plus important de ses ouvrages : l'Institution chrétienne : « Voilà, dit l'historien catholique contemporain de Calvin, Florimond de Raemond, de qui M. Doumergue admet le témoignage (1. VII, c. ix), voilà la forge où ce nouveau Vulcain a préparé sur l'enclume les foudres qu'il a lancées dès lors de toutes parts. » Encouragé et protégé par du Tillet qui entendait, quant à lui, rester dans l'Église, Calvin faisait en outre une propagande discrète et prudente. D'Angoulème (en avril 1534), IL alla à Nérac, où la reine Marguerite se trouvait avec Lefèvre d'Étaples, qui, dit Théodore de Bèze, salua en lui le futur restaurateur du royaume de Dieu en France.
En mars 1534, Calvin se rendit à Noyon, où l'on avait commencé à lutter sérieusement contre l'hérésie, et résigna ses bénéfices. Il provoqua dans la cathédrale, la veille de la Trinité, une manifestation tumultueuse qui lui valut d'être incarcéré dans la prison du chapitre. Élargi le 3 juin, il fut réincarcéré le 5, et pendant un temps qui ne nous est pas connu; on sait qu'il était encore à Noyon en septembre.
Cet emprisonnement serait-il l'origine de la tradition relative à la condamnation de Calvin pour un crime
départ de Paris, pour Calvin une 3 des moins claires
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honteux? M. Abel Lefranc croit pouvoir l'affirmer. La dissertation que M. Lefranc a consacrée à cette fameuse accusation nous parait décisive. En tant qu'accusation précise, elle ne repose (jae sur l'affirmation justement suspecte du médecin Bolsec dans sa Vie de Calvin. Nous croyons qu'elle doit être absolument rejetée. Au surplus, on ne s'e.\pliquerait pas l'autorité morale qu'a eue Calvin si des dires aussi infamants avaient eu quelque fondement.
Les revirements politiques qui marquèrent l'année 1534, et les démarches autorisées par François l'^ auprès de Bucer et de Mélanchthon, permirent-ils à Calvin de se rendre à Paris dans l'été ou au commencement de l'automme de 1534? C'est probable, en tout cas il ne fit
le rencontrons ensuite, Calvin, sous le pseudonyme de Charles d'Espeville, parait avoir fait une propagande assez active, notamment à l'abbaye de Trois-Moutiers; plusieurs des nouveaux adeptes de Calvin furent envoyés, comme missionnaires, dans le Poitou, 1 Aiii;nin]i..i<, la Saintonge, la Guienne et le LanguecliK . A ( ii |. .iri>. i:alvin écrivit la première préface de sa Psni/diiHuiiiijrhia (153i), ouvrage exclusivement théologique, en lalin, et qui ne devait paraître qu'en 1542. La fameuse affaire des placards affichés contre la messe, dans la nuit du 18 octobre, détermina la colère du roi contre les novateurs, alluma les bûchers et entraîna la fuite des réformés les plus en vue. Calvin ne se sentit plus en sûreté en France; accompagné de du Tillet, il prit le chemin de l'exil.
L'asile le plus naturel, surtout pour qui voulait écrire, c'était une ville des bords du Rhin. Calvin se rendit à Bàle, en passant par la Lorraine et en s'arrétant à Strasbourg. Dans cette dernière ville, il étudia l'orga-" nisation de l'Église réformée et s'entretint avec Bucer qui vraisemblablement le mit au courant des projets d'union agités avec François I". Peut-être fût-ce ce projet mieux connu qui détermina Calvin à hâter la publication de son livre. Caché sous le nom de Martianus Lucanius, fuyant le monde, il composa et acheva l'œuvre qu'il avait commencée, l'Institution clirétienne, qu'il écrivit d'abord en latin ; le 23 août 1535, VÉpître dédicatoire à François 1" était terminée et faisait de ce jeune homme de 26 ans, son auteur, le chef de la Réforme française.
L'Institution chrétienne a été, on peut le dire, l'œuvre de toute la vie de Calvin ; il n'a pas cessé de la retravailler. La l'" édition, celle de mars 1536, ne comptait que six chapitres, et celle de 1559, rédaction définitive et dernière, en compte quatre-vingts, divisés en quatre livres. La 1" édition française fut faite sur l'édition latine de 1539 et pulili.V on L'i'il f, Stmchniiv- : la dernière que Calvin .lit i'\ih .-1 .cil, il,' IMlii. (In en trouvera l'analysi' .i l.uihl- c.m-.im-mi, I, /V/iv rfe'rftcatoire nous ycm-U- linl'iiliMii ilr riuil.iii : il veut réfuter les reproches adressés à ses coreligionnaires, montrer qu'ils sont les vrais interprètes et possesseurs de la doctrine de Jésus-Christ, faire appel en leur fiiveur à la conscience de François I" et l'inviter à prendre en main la défense de la vérité.
Ce travail achevé, Calvin alla à Ferrare, chez la fille de Louis XII, l'émule plus hardie de Marguerite de Navarre, cette duchesse Renée avec laquelle il devait entretenir désormais une correspondance spirituelle. Malgré l'autorité de Muratori, qui l'affirme sur un simple ouï-dire, il ne semble pas que Calvin ait eu maille à partir avec l'Inquisition, et c'est plutôt par la volonté du duc dé Ferrare qu'il dut quitter la cour. .
Au printemps de 1536, sans doute à la faveur de l'édit de Lyon, Calvin retourna en France, y prit avec lui son frère Antoine, sa sœur Marie, quelques amis, régla ses affaires, et résolut de s'établir à Strasbourg ou à Bàle. Les dangers de ta route de Lorraine, au cours