I. Notice bioi.i;w I . \ie du saint que fut
Canisius comporlti.i' '— l iiiements qui ne ren-
trent pas dans le i h ! [h ut article; il ne sera question que du th.-..!..;.), n ri ,1. | .ipétre, dans la mesure .où les deux rôles sr |i. nrii, ni.
1" Préparation <lr t'itin',i,,'. I.'i2l-1548. — Pierre Canisius naquit à Nimèi^ue, en Gueldre. le 8 mai 1521,
l'année même oi'i Lutlier brisa délinitivement avec Rome, et où le futur fondateur de la Compagnie de .lésus, Ignace de Loyola, blessé sous les murs de Pampeune, dit adieu au monde. Le père du Bienheureux avait été plusieurs fois bourgmestre de sa ville natale et lijonoré par il'lmi 1 1 mi. missions à la cour de divers princes. Sm I i ' multiple et l'origine incertaine du nt ' I I .mis, voir 0. Braunsbcrger,
Beali Petn < ., ,;,,.„/.,. et acta, t. i, p. 70. Un
souvenir d'enfance, rapporté par le Bienheureux au 1. I" de ses Confessions, exerça toujours sur son àme une vive impression : sa mère Égidie van Ilouweningen, sur le point de mourir, adjura les siens de rester inviolablement fidèles à la foi de leurs pères. Après avoir reçu d'abord à Bois-le-Duc, puis à Arnheim, une l'ilucation littéraire et religieuse soignée, Pierre, âgé de quatorze ans, alla compléter ses études à l'université de Cologne. Ses études de philosophie eurent pour couronnement le grade de maître es arts, conquis le 25 mai 1540. Ordonné diacre le 20 décembre 1544, il devint, le 26 juin de l'année suivante, bachelier en théologie, et commença dès lors à donner des leçons d'Écriture sainte à l'université; en même temps il s'exerçait à la prédication et préparait des éditions ou des traductions d'ouvrages théologiques. En juin 1546, il reçut la consécration sacerdotale.
Dans cette vie de Canisius à Cologne, trois circonstances méritent d'être relevées pour l'inlluence qu'elles eurent sur sa formation morale ou la suite de sa vie. D'abord, la direction dévouée et vigilante d'un saint prêtre, Nicolas van Esche, auteur d'exercices de théologie mystique, jointe à des relations intimes avec les chartreux, notamment le prieur Jean Landsperge et le futur hagiographe Laurent Suiius. Dans ce milieu, Canisius n'entra pas seulement dans une voie de haute perfection, attestée par le vœu de chasteté perpétuelle qu'il fit le 25 février 1540; il s'adonna encore, suivant l'expression de Sacchini, à la théologie mystique. De là son premier ouvrage, une traduction allemande des œuvres de Tauler. Une seconde circonstance fut plus décisive : au début de 1543, Pierre allait trouver à Mayence le B. Pierre Lefêvre, l'un des premiers compagnons de saint Ignace, faisait sous sa direction les Exercices spirituels, et le 8 mai devenait la première recrue de la Compagnie de Jésus en Allemagne. Événement qu'un auteur prolestant considère à bon droit « comme très important pour toute l'Allemagne et son avenir religieux ». P. Drews, Peints Canisius, der ersic deutsche Jesuit, in-8». Halle, 1892, p. 10. La troisième circonstance est d'un autre ordre; elle fit faire au Bienheureux un apprentissage de ce qui sera plus tard un de ses plus délicats ministères. Les catholiques de Cologne étaient en lutte ouverte avec leur archevêque, Hermann de Wied, circonvenu par les novateurs. Canisius fut chargé à trois reprises dilférentes de plaider la cause du catholicisme ; une première fois, en août 1545, auprès de l'empereur Charles-Quint de passage à Cologne; une seconde, trois mois plus tard, auprès du même prince dans les Pays-Bas ; une troisième, en décembre 1546 et janvier 1547, auprès de l'évêque de Liège, Georges d'Autriche, oncle de l'empereur, puis auprès du monarque lui-même, qu'il vit à Ulm. Épist., t. I, p. 162, 164, 234. Le résultat final répondit aux souhaits des catholiques : Charles-Quint confirma la déposition de l'archevêque apostat, et son remplacement par un digne prélat, Adolphe de Scliauenbourg.
Canisius ne retourna pas à Cologne. Un personnage, dont l'eslime et la protection seront bientôt son plus ferme appui, Othon Truchsess, cardinal d'Augsbourg, le députa au concile de Trente. Il arriva, vers la mi-avril, à Bologne où le concile venait d'être transféré, et prit part aux travaux des théologiens. Son rôle fut secondaire: il aida les Pères Laynez, Salmeron et Le Jay dans
GANISIUS
la préparation de décrets dogmatiques, et dans les congrégations particulières du 23 avril et du 6 mai, émit deux votes sur des articles relatifs aux sacrements de pénitence et de mariage. Epist., t. i, p. 684; S. Merkle, ConcUii Tridentini diariorum pars prima, Fribourgen-Brisgau, 1901, p. 632, 6i4, 646, 6i9. Du reste, l'assemblée de Bologne fut bientôt dissoute, et saint Ignace fit venir le Bienheureux à Rome; il voulait mettre luimême la dernière main à la formation d'un sujet si précieux pour l'avenir de son ordre en Allemagne. Cinq mois après, en mars 1548, il l'envoya enseigner la rhétorique à Messine; mais dès l'année suivante, il le rappelait, recevait à Rome sa profession solennelle, le 4 septembre 1549, et comblait enfin ses plus chers désirs en lui assignant définitivement l'AIleinagne comme champ d'apostolat; il devait se rendre à l'université d'Ingolstadt. Canisius partit, encouragé par la bénédiction du vicaire de Jésus-Christ et portant en son âme, comme l'attestent ses notes intimes, la ferme conviction d'une grande œuvre à accomplir. Sur le désir de saint Ignace et pour pouvoir se présenter sans désavantage devant les champions humanistes de la Réforme, il subit à Bologne, avec ses deux compagnons, Salmeron et Le Jay, l'épreuve du doctorat en théologie. Epist., t. i, p. 53, 685.
2" Apostolat de Canisius en Allemagne, 1549-1580. — Ces trente années marquent le point culminant dans la vie du Bienheureux; elles comprennent tout le temps qu'il passa en Allemagne depuis son arrivée à Ingolstadt, en novembre 1549, jusqu'à son départ pour la Suisse, à la fin de 1580. Années pleines, où Canisius apparaît tour à tour, ou même à la fois, éducateur de la jeunesse, prédicateur et missionnaire, organisateur et soutien de son ordre, mn^eillfr et directeur de princes, champion du callmliri-iiii il, 111- les diètes de l'iùnpirc, nonce des papes, |inli!ii i-li M.ns dans cette vie si variée, une idée doiiuiii-, i|ui vu lit l'àme et l'unité : opposer à la prétendue réforme des novateurs un mouvement de vraie et salutaire réforme religieuse, pour consolider la foi catholique dans les territoires restés fidèles à Rome, et faire de ces contrées un rempart contre le protestantisme qui menaçait d'envahir l'Allemagne entière. Aussi protestants et catholiques ont-ils souvent caractérisé l'oeuvre de Canisius en lui donnant le nom de Contreréforme.
L'œuvre était urgente. Quelques années plus tard, dans une lettre au cardinal Truchsess. Canisius émettait cette pensée, en iiarlani i\o l'Anlriclie et de la Bavière :
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Epist.
iiion les seuls où lent au pouvoir ise d'Allemagne.
du nOUVi-l Ia.ui^iIi' .i\.iil r'il il;ili- ei- |i:i\- ' l'.illl' ,|M'II'
un tableau vi\anl de rauaichie morale el reii-ieuse qui régnait dans les centres où s'exerya l'action du Bienheureux, il suffit de parcourir les nombreuses lettres que d'Ingolstadt, de Vienne, de Prague, de Cracovie, d'Augsbourg et autres lieux, il écrivit aux généraux de son ordre ou à ces grands cardinaux, Othon Truchsess et Stanislas llosius, dont il fut le zélé collaborateur et l'intime conlidenl. Dans les universités et les écoles, une jenii.--! li, . ihi. n^,. , i -.ms goût pour l'étude; des uiailir- ihiji , .11, - -Mii,.ii: Jr luthéranisme ou laissant libre CM I I' 1- Il .iiilii-i"!! il'^ livres hérétiques. Dans le peu pli , 1,1 liiJiii riri' ili- |ii.ilii|iii-s les plus vitales du catholiri-iiii :. m, im- |i.iin r,iiiliiiii.' des pasteurs et de ri^uli- -I ■i.ii-, i|iii 1III-. nue ignorance profonde el ili.^ I. iiiImiii- ,iiilie:illiij|iiiiies qui se traduisaient par des demandes impérieuses, comme celle de la communion sous les deux espèces. Dans le clergé, plus de discipline ni de respect pour la loi du célibat ecclésiastique, l'ignorance atteignant là aussi des pro-
portions incroyables, la rareté des vocations faisant que beaucoup de paroisses restaient sans pasteurs ou étaient desservies par de- |irclies lir-ritii|ues. Chez les souverains catholiques, uniiiiei - y.w li urs ennemis protestants et peu souliiiii- |i,ii lu imlili >.-e de leurs propres États, beaui-ou]i il-' liiiiiilit.' et dindécision; de là une politique liiiuiiMiiiir, loule de compromis et de concessions, i|iii iiiiiriMii finalement à l'avantage des novateurs, .\li nu ,,iiiinde, ou à peu près, dans les princes n rli -i,i-ln|ni -, très inégalement zélés, mais toujours ^1 Ml - .1,111- leurs bons désirs par l'élément hétérodoM' .Il l.ni- .liuceseset la résistance qu'ils trouvaient dans leur clergé, surtout dans leurs chapitres. Voir le résumé des lettres du Bienheureux dans les préfaces des Epistulœ, t. i, p. xxxv; t. il, p. xx; t. m, p. XIX. Cf. Janssens, L'Allemagne et la Réforme, trad. E. Paris, t. iv, p. 101 sq.
Sans s'effrayer de ces difficultés multiples, mais fort de la mission qu'il avait reçue, Canisius se mit à l'œuvre avec une confianri un- l,ninps, et il poursuivit l'entreprise avec une .n i-i 1 f i 11 la poursuivit surtout avec une intelli^. i | lin .les circonstances où il vécut et des moy n- i | n min , C'est là ce qui mérite de fixer l'attention, beaucoup plus que les détails de sa laborieuse carrière.
3» Action sur la jeunesse; réforme des universités, fondation de collèges et de séminaires. — Parmi les moyens propres à consolider ou réveiller la foi des catholiques, Canisius mettait au premier rang la bonne éducation de la jeunesse, tantum facit proba et catholica educatio. Par là, il entendait la double formation du cœur et de l'esprit, la vertu et la science, vitss sinceritas cum sancla erudilione conjuncla. Epist., t. i, p. 326; t. II, p. 139. Dans ses lettres au P. Lefèvre, il se plaint de l'insuffisance des études à l'université de Cologne. Les circonstances le servaient à souhait, en lui donnant Ingolstadt pour premier théâtre de son apostolat; car, en demandant des jésuites à saint Ignace, le duc de Bavière, Guillaume IV, avait eu principalement en vue la réforme de l'instruction publique dans ses États. Tant qu'avait vécu Jean Eck, le grand antagoniste de Luther, l'université d'Ingolstadt était restée le boulevard du catholicisme et de l'ancienne formation en Allemagne; après sa mort, arrivée en 1543, la décadence avait été rapide, pour les études comme pour la discipline. La campagne faite par les novateurs contre la scolastique avait eu pour conséquence l'affaiblissement des études llieologiques, alors même qu'elles étaient plus néce-^Hi'is i|un jamais : collapsa nimirum llieologise sfiiili,i, ./n,; im,,, /lorere potissimum oportuerat. Et il .-ullii ilr lu. nue lettre que le Bienheureux ...Iress.i, Il liiiaMil I.Vil, à un professeur de Cologne, pi. ni' \i.ir .|ii.' ilau- e.> .'■Inil.'- il r.iis.iil :'i la scolastique sa l.unu.' pla.-.' ; iiiiii ,iniiss,i ri m m illii I lieiilogix parte, iliiain irlii'hisiuiini ii iijiclhi m ni. el lioc Wmpore necessariarii iliiniiius, nr ahnijnni Inrrelicorum sophismala, quse passa,, ,„;-,iir,i ni. ii,,ii salis a nobis discerni repellique i.ossml. liptsi., t. i, p, 336,366.
Canisius passa un peu plus de trois ans à Ingolstadt, du 13 novembre 1549 à la fin de février 1552. Il y enseiena la théologie, prêcha en ville et à l'université, fut recteur du 18 octobre au '2i avril 1551, et remplit pendant plusi.in- Mii.i- l.s r..nili..us .1.' pro-chancelier.
Toute .SOI lui m- leu.lii a irliMi- les études, en
même teujp- ,\nr I,. diseiplin.- el la |ii.aé, afin de préparer à l'Eglise d .Mlemagne une génération de prêtres dignes de ce nom. Voir les Monumenta Ingolstadiensa Canisii, dans Epist., t. i, p. 686 sq. Quand il partit, l'œuvre de la réforme n'était que commencée, mais elle se poursuivit sous sa direction et avec sa coopération. Les conseils qu'il donna, en particulier une note qu'il rédigea sur la fin de 1555, servirent dans la rédaction des nouveaux statuts de l'université, qui se fit en 1562.
CANISIUS
Deux articles trahissent surtout son influence : réintroduire dans l'école la dialectique d'Arislote; ne pas admettre de professeurs publics qui n'appartiennent à l'ancienne croyance. Ib'td., t. i, p. 582; t. m, p. 682; cf. C. PrantI, Geschichte ili'i' l.ndwig-Maxiniiliatisl'iiici'i-sitàt in Ingolsiniil I „„'i<i"ii. Miïnclien, 2 in-8», Munich, 1872, I. II, p. H'" i '' ' i . Ratio stvdiontm ft institutiones scliiih' ' • ^ ' .1 csu per Gerr)\a-
niam olini vigeiite^. 1- 1^-^.. \X'X), t. i, p. 355;
k Vienne, où il arriva le 9 mars 1552, Canisius porta le même esprit. Attaché à la faculté de tliéologie comme professeur, puis dojen en octobre 1553, il fut à l'université l'adversaire déclaré de l'hérésie et de ses tenants. Epist., t. 1, p. '732 sq. Les documents qui nous restent ne permettent pas de préciser quelle part il eut dans la réforme opérée par Ferdinand I»"', alors roi des Homains; mais il est certain qu'il ne fut pas étranger aux délibérations où le plan de réforme s'élabora, et que parmi les nouveaux statuts publiés le 1" janvier 1554, (|uelques-uns témoignent de son influence personnelle; tels les articles 17 et 18, qui concernent la bonne tenue des maisons d'étudiants et le contrôle des nouveaux livres. Ibid., p. 710; R. Kink, Gescinchte der kaiserlicheii Universildl :n Wien, in-8'>, Vienne, 1854, t. ii, p. 62. L'universili' de Vienne a conservé le nom du Bienheureux parmi ceux des personnages qu'elle s'honore plus particulièrement de compter au nombre de ses illustrations.
Le 7 juin 1556, Canisius fut nommé premier provincial de la Cohi|,i iii- .1 I^iÈs pour l'Allemagne, l'Autriche et la 1^1 I 1 <liarge étendait le champ de
son inlluenr. , ,1 i ,,, il pouvait poursuivre plus activement ri j In- . Ih. ni la réforme de l'éducation, en créant dans les pa\s soumis à sa juridiction des collèges de son ordre. Non qu'il ait fait de cette œuvre, comme on l'a dit, le but de sa vie ; ce n'était qu'un moyen, mais à ses yeux le plus puissant moyen d'action pour son vrai but, le relèvement ou la conservation de la foi catholique en Allemagne : nnlluni cnim subsidium magis idoneum iiovimus, avait-il écrit d'ingolstadt à saint Ignace, le 2 novembre 1550. Epist., t. I, p. 340. Ses efforts, favorisés par le crédit dont il jouit auprès des princes séculiers et ecclésiastiques, ne furent pas infructueux. Sous son administration, de 1556 à 1569, des collèges importants et destinés presque tous à un avenir brillant, furent fondés à Ingolstadt, à Prague, à Munich, à Inspruck, à Trêves, à Mayence, à Dillingen, à Spire et à Wurzbourg. Une dizaine d'autres, établis en Hongrie, ou dans les provinces d'Autriche et du Rhin déjà séparées du tronc primitif, ou dans la province même de la Haute-Allemagne sous le gouvernement de son successeur, durent en réalité au Rienheureux leur première origine.
En fondant ces centres d'éducation catholique, Canisius n'avait pas seulement en vue la formation des classes élevées; il songeait aussi au recrutement et à la réforme du clergé. Aussi s'attachait-il avec une constante sollicitude à fournir aux enfants pauvres les moyens d'étudier. Partout où il le put, il obtint pour eux des bourses dans les universités, ou fit annexer aux collèges de son ordre des maisons pour les recevoir. Ainsi en fut-il à Vienne, à Ingolstadt, à Munich, à Inspruck, à Dillingen et à Wurzbourg. A Prague, en 1559, il Tit imprimer un écrit pour amener les Rohémiens à fonder un établissement de ce genre, et deux ans plus tard, il plaida personnellement la même cause auprès de l'archiduc Ferdinand II. A la diète d'Augsbourg, il se fit quêteur et put prendre à sa charge jusqu'à deux cents étudiants pauvres qu'il réunit sous un même toit. Quand le concile de Trente eut recommandé l'érection de séminaires ecclésiastiques, Canisius fut auprès des évêques l'apôtre de cette grande œuvre, qu'il estimait
nécessaire pour le maintien et le progrés de la religion en Allemagne. Le peu de zèle qu'il rencontra chez un certain nombre l'attrista beaucoup. « Sans de .bons séminaires, les évéques ne parviendront jamais à remédier au mal actuel, » écrivait-il encore en 1585 dans un mémoire adressé au P. Aquaviva.
Ce fut dans le même esprit que Canisius soutint de tout son pouvoir, par les aumônes qu'il recueillit et plus encore par les sujets d'élite qu'il lui envoya, le Collège germanique, fondé à Rome par saint Ignace en 1552. Il fit plus ; ce furent ses conseils, joints à ceux du cardinal Truchsess, qui déterminèrent Grégoire XIII à assurer l'avenir de ce collège en le dotant de revenus fixes et suffisants pour une centaine d'élèves. Cardinal Steinhuber, Geschichle des CoUegium Germanicum Hungaricum in Rom, in-8», Fribourg-en-Rrisgau, 1895, t. I, p. 87 sq. Le môme pape réalisa des idées chères au Rienheureux quand il fit ouvrir des séminaires pontificaux à Dillingen, à Fulda, à Prague, à Olmutz, à firaunsberg, à Vilna et jusque dans les nouvelles chrétientés de l'Inde et du .Japon, tandis que par ses soins, les collèges des Anglais, des Grecs, des Maronites, s'élevaient à Rome même et rivalisaient avec le Collège germanique.
Kn 1879, les catholiques allemands et Rome ont rendu hommage à ce grand apôtre de l'éducation catholique : ceux-ci, en fondant une Société du Rienheureux Canisius, Canisius-Verein, destinée à promouvoir la formation de la jeunesse allemande; Rome, en approuvant cette fondation et en lui donnant officiellement le Rienheureux pour protecteur. Voir J. Knabenbauer, S. J., Der selige Canisius und die Sclmlfrage, dans Slimmen ans Mana-laach, 1879, t. xvii, p. 352 sq.
4" Action sur le peuple; apostolat de la parole. — .■V l'éducation de la jeunesse, Canisius joignit dès le début, à Ingolstadt comme à Vienne, un ministère qui lui permettait d'atteindre non pas seulement une classe d'individus, mais la masse même du peuple. Partout où les devoirs de son état et les grands intérêts de la religion le firent résider ou simplement passer, à la ville ou à la campagne, dans les milieux les plus modestes comme à la cour des princes ou dans les diètes de l'Empire, il exerça le ministère de la prédication; il l'exerça pendant près d'un demi-siècle, avec un zèle infatigable et sans y chercher jamais autre chose qu'un moyen d'instruction et de réforme religieuse. Calme, net et logique dans l'exposition de la doctrine, animé d'une conviction intime et pénétrante, sachant faire de l'Écriture et de la tradition un heureux et continuel usage; instruit des erreurs protestantes, mais modéré dans la réfutation et attentif à saisir les occasions, celle d'un jubilé par exemple, pour donner et expliquer la vraie pensée catholique, Epist., t. m, préf., p. .\xxiii sq., il eut sur ses auditeurs une puissance que rehaussait encore la vénération inspirée à tous par son caractère et sa sainteté. .Sa parole se fit entendre, et porta fruit dans la plupart des grandes cathédrales de l'Empire, Vienne, Prague, Ratisbonne, Worms, Cologne, Strasbourg, Osnabruck, Wurzbourg et surtout Augsbourg, où il fut, pendant plusieurs années, prédicateur ordinaire. Cette ville, la première de l'Empire à cette époque, était dans un tel état de décadence religieuse, que l'année même où le Rienheureux commença d'y prêcher, on compta tout au plus huit cents communions à Pâques, et vingt personnes présentes à la procession de la Fête- Dieu. Le prédicateur n'eut au début qu'une cinquantaine d'auditeurs; mais bientôt le nombre s'accrut, et des auditeurs, et des pratiquants ; des conversions éclatantes se produisirent, en particulier dans la noble et puissante famille des Fugger. La renaissance catholique provoquée par le zèle de Canisius fut telle, qu'au siècle suivant un évoque d'Augsbourg consignait cette note dans le compte rendu de sa visite pastorale de 1629 :
CANISIUS
« Augsbourg doit le reconnaître pour son apôtre, et s'avouer grandement redevable envers lui. » Der selige Canisius. Eine kurze Lcbensgeschichte, mit besonderer Berûcksichtigung seines Wirkens in Augsburg, in-16, Augsbourg, 1865, p. 53.
A la prédication de Canisius se rattache son enseignement catéchétique, digne d'une mention spéciale pour la part si grande qu'il eut dans son action sur les catholiques. L'ignorance religieuse qu'il voyait régner parmi eux excitait tout à la fois sa pitié et son zèle ; de là ce souci constant d'enseigner la doctrine chrétienne au peuple, aux enfants surtout. On l'a représenté le catéchisme en main, entouré d'enfants. Ce fut la réalité partout où il rlf-mourn. partout où il donna des missions, en Auh i. b. , . n 1: r, i. re. dans la Hesse, en Alsace, en Souabe. il. m- !■ Im "1. plus tard en Suisse. De ce zèle pour linsli m liiiii n ligieuse des catholiques est sortie cette Sum>na dorirhtœ ihrislianse, qu'il composa à Vienne, de 1552 à 1554, le plus célèbre sans contredit et le plus populaire de ses ouvrages, celui qui mit le plus en émoi les théologiens protestants du xvi« siècle, et qui perpétua le plus l'influence du Bienheureux.
5» Action sur les princes catholiques; diètes, légations. — Une des forces de Canisius fut dans l'appui que lui prêtèrent les princes de l'Empire, surtout trois souverains qui pouvaient faire beaucoup pour le maintien de la foi catholique, Ferdinand I" d'Autriche et les ducs de Bavière, Albert Y et Guillaume A'. La position de ces princes était difficile; le Bienheureux s'en rendait compte, comme on le voit par une lettre du 17 janvier 1556, où il énumère judicieusement tous leurs sujets de préoccupation. Epist., t. i, p. 596. Il n'en restait pas moins convaincu qu'une politique timide et louvoyante, comme celle de l'Intérim, était contraire aux vrais intérêts du catholicisme. Tous ses efforts tendirent à encourager ces souverains, à exciter leur zèle, à leur faire réaliser dans leurs États le plan de réforme qu'il avait exposé. If lî mars I555, à un conseiller du duc Albert : P< •' //• >'/'"^ i.i//,.7;.v~ /-;",... .■/..■v ,'<,■',■,'-,■„liir pestes. / ' , - ,,
studia sopidii' ■ • ; i ■ , . , /,,/,-
aise pastor, ul uii^<'ji>' 'irsrJ.jr.Ab.^ .,.'•> yn < ..'r/.jnf Ktclesiarum. Ibid., p. 518.
En Bavière, les résultats répondirent aux voeux de Canisius. Pendant quelques années, le duc Albert suivit une politique de concessions; mais, vers 1563, il changea d'attitude et entra résolument dans une ligne de conduite qui fut toujours ensuite de plus en plus conforme au pi-ogramme du Bienheureux. Epist., t. m, préf., p. XX. La Bavière devint le centre de la contreréforme, et Janssens, op. cit., t. iv, p. 457, a pu dire d'Albert V et des deux princes qui lui succédèrent,
qu'ils furent « les l'Allemagne catholiq Canisius, sans être :i zèle apostolique, sc^ Vienne, son ardeur ;
I-, 1.. iii(les temporels de 1 ■• \ iiii 1,0. l'inlluence de ■ II' 1 1 1 1 considérable. Son r^ pr., h. .liions à la cour de battre l'hérésie, son désintéressement lui gagnèrent très vite l'estime et la confiance du roi les Romains, Ferdinand 1", dont il devint le conseiller écou 11' ilm- ]•■- ifl'aires les plus importantes. C'est à peino -i. rnl- 1' .i 1 - -|irit de sa vocation, il put réussir à so -i.:i-;i n- :i l.i dignité épiscopale. Administra-t-il réolli nniil i n i.Vil, comme on l'avait cru jusqu'ici, le diocèse de Vienne, c'est un point mis en question par le D' N. Paulus dans Zeitschrift fur ka- Iholische Théologie, Inspruck, 1896, t. xxil, p. 742 sq. Le Bienheureux profita de son iniluence pour suggérer au roi des Romains diverses mesures en faveur du catholicisme; il ne craignit pas d'entrer en lutte ouverte avec Sébastien Phauser, prédicateur luthérien de Maximilien, fils aîné de Ferdinand, ni même d'attirer l'attention de celui-ci sur les sympathies que son futur héritier semblait avoir pour les doctrines nouvelles. Epist.,
t. I, p. 5-29 sq.; t. ii, p. 194; cf. Hopfen, Kaiser Maximilian 11 und der Kompromisskatholizismus, in-8", -Munich, 1895, p. 28.
Bientôt les circonstances donnèrent à l'action du Bienheureux une portée plus considérable. Ferdinand et le cardinal d'Augsbourg voulurent qu'il prêchât à Ratisbonne pendant la diète de 1556-1557, où il devait être question d'une entente entre les divers partis religieux. Les protestants demandèrent un colloque. Ferdinand, désireux d'obtenir des subsides pour combattre les Turcs en Hongrie, et suivant du reste en cela sa politique de conciliation, soumit la demande à une commission composée de deux évêques et de cinq théologiens, dont le premier fut Canisius. Convaincu personnellement que ces sortes de discussions n'aboutiraient à rien et qu'un concile général pouvait seul porter remède à la situation, le Bienheureux se prononça résolument contre la demande des protestants et justifia par écrit son sentiment. Epist., t. ii, p. 40. Le colloque ayant été néanmoins résolu, les membres catholiques de la diète nommèrent Canisius parmi les six principaux théologiens qui devaient soutenir leur cause à Worms, contre un nombre égal de luthériens. Les princes protestants désignèrent Mélanchthon, Brentius et quatre autres coryphées du parti, tous fermement décidés à ne rien céder de leurs prétentions doctrinales et chantant victoire avant même d'avoir commencé la lutte. Ibid., p. 63, 83, 127. Canisius ne s'inquiétait guère de ces bravades, mais bien plutôt de l'indolence et de la pusillanimité des catholiques, hoslem nondum visum metuunt. Il fit beaucoup prier, se prépara soigneusement au combat, releva le courage de ses compagnons et se préoccupa surtout d'obtenir l'entente dans l'action.
Le colloque s'ouvrit à Worms le M septembre 1557, sous la présidence de Jules Ptlug, évêque de Naumbourg. La discussion devait s'engager, d'après le recez de Ratisbonne, sur la base de la Confession d'Augsbourg. Dès la première séance, Mélanchthon s'emporta contre les catholiques et leurs abus, contre « les décrets impies du prétendu concile de Trente et le livre intitulé Intérim ». Les catholiques proposèrent vingt-trois articles, à peu près dans l'ordre de r.4i(3i(S(a>!a et dont ; liste, Index articulorum controverso- , écrite de la main même de Canisius. Epist., t. ir, p. 795. Quand on en vint à la discussion, l'accord ne put se faire sur des principes communs, les théologiens luthériens n'acceptant pas le canon intégral des saintes Écritures, tel qu'il était en usage dans l'Église depuis mille ans, ni le consentement des Pères et de l'ancienne chrétienté comme règle d'interprétation en matière douteuse. Canisius parla le 16 et le 20 septembre, dans la cinquième et la sixième session; il releva les écarts de Mélanchthon qui, sans tenir compte du programme tracé, s'était emporté en invectives contre l'Église catholique, puis rappelant que le colloque devait se faire sur la base de la Confession d'Augsbourg, il demanda qu'en face des graves divergences qui se manifestaient parmi les partisans de cette Confession, on s'en tint au texte primitif de 1530, et il leur proposa de condamner les sectes qui professaient des doctrines opposées. Cette demande jeta dans le désarroi les théologiens protestants, divisés d'opinion sur des points de première importance; ils se querellèrent, et la majorité, inspirée par Mélanchthon, finit par exclure du colloque ceux qui voulaient accéder à la proposition faite par Canisius et les catholiques. Désorganisée et désormais irréguliére, l'assemblée fut interrompue, puis dissoute le 8 décembre. Sur toute cette question, voir le rapport rédigé par Canisius et ses collègues le 6 décembre, la lettre écrite le même jour paç le Bienheureux au P. Laynez et les Monumenta vormatensia relatifs aux actes du colloque. Epist., t. ii, p. 160, 174, 795 sq. ; cf. F. Fornerus, Hisloria hactenus sepulta col-
CAXI.SIUS
Iiiûfolstadl. 102i ;
loquii Wormatensi, an. mdl\ sens, op. cit., t. iv, p. 23 sq.
Les novateurs ne manquèrent pas de rejeter sur les catlioliqnes, et sur Canisius en particulier, la responsabilité de cet avortement. Tel était le sens d'un écrit qui parut à Francfort-sur-le-Main, d'abord en allemand, puis en lalin ^>iii. rr lih. Scii/idim collocutoriini Augustanœ c ' , , k n ,bc Vangionuru
fuerunt, donec k' ^nimnni abruperuni,
anno i557. Cani^m <■[ lit. m indis do mars de
l'année suivante, par un contre-récit intitulé : Vont Abschiedt des Colloquii zu Wormbs. M. D. i.vil. Wahrhaffligev gcgrnhnrirJit atiff das Bïwhlin zit Frankfurt am Meiii il' n n n,\rnihi-is ausgangen. Epist., t. Il, p. -181, W- \l " h Idire sur les théologiens pro-
testants, j.iii iiiivs succès et surtout au bien
fait par l.i ^ " - î:iiina: chrislianœ, valut à ce
terrible canis aasii-iacus une haine implacable, qui se traduisit dés lors et plus tard par toute une littérature de pamphlets injurieux, parfois ignobles. Ibid., p. 800, 802, 915; t. m, p. 800 sq. ; cf .Tanssens, op. cit., t. iv, p. 44i sq. Dans le camp catholique, au contraire, l'autorité du Bienheureux grandit, et le gain fut considérable : beaucoup furent fortifiés dans leur foi; les princes restèrent convaincus qu'il ne fallait rien attendre de sérieux de ces sortes de colloques, et comprirent quelle force ils trouveraient dans l'union. Canisius profita siirtnnl ilo la rirronslnnci' pmir oxcil'-i- liMir /rl.> :
Ferdinan.l. /'wr/., p. 1 ::i I h ii\ mni- ,i|.iv,rM iivmr i:..'.s il visitail ;'i NiinniliriL rc |.riiicr, mi|iiii'l ,il..r^ ri |iiv^i|iir désespéré : eiicour.iyi' par le liienheinvux, Ferdinand se rendit à la diète de Francfort où, le 2'i- du même mois, il fut proclamé empereur.
Au mois de mai, Canisius était à Rome pour l'élection d'un nouveau général. Le pape Paul IV venait de décider l'envoi d'un nonce, Camille Mentuati, à la diète polonaise de Piotrkow; il désii^na le lîiinlieureux pour
l'accompagner coin ili/.il,i i,ii. ].,■ iii-ic état où se
trouvait le royaumr dr r^il^^m , in- i n ■ par un prince indolent, la faveui- >\nr \iv\.i\\ mv h. i iii|ues une noblesse hostile au.\ l'NcqiR» cl drli.uilu .i l\yard de Rome, l'impuissance ou le manque de /.ele dans le clergé luimême, paralysèrent l'action du nonce et de son compagnon; ils empêchèrent du moins qu'on ne prit aucune mesure contre l'Église et qu'on ne fit aucune innovation en matière religieuse. Personnellement, Canisius obtint davantage des évêques; il sema des germes féconds pour la réforme du clergé, et reçut plusieurs demandes de collèges. Epist., t. ii, p. 340, 362, 826 sq. De retour en Allemagne, il eut un rôle délicat à remplir. Une nouvelle diète allait s'ouvrir à Augsbourg dans des circonstances difficiles, à cause du conflit survenu entre Paul IV et Ferdinand \". Blessé de ce qu'on avait agi sans le consulter dans l'élection de Francfort, le pape refusait de reconnaître le nouvel empereur, et les princes hérétiques cherchaient à profiter de l'occasion pour semer la discorde. Par ses prédications, par les lettres qu'il adressait à Rome, surtout par son action personnelle sur Ferdinand et les membres catholiques de la .11. ir, Canisius fut réellement l'ange de la paix. L'em- |i.i.'iiL- lit taire ses ressentiments, ferma l'oreille aux -ii^^uestions des novateurs et s'engagea avec les évêques dan.s le plan de réforme que le Bienheureux patronnait. Ibid., p. 469, 502. Le conflit avec Rome s'aplanit à l'avènement de Pie IV, élu pape le 25 décembre 1559. Si la conduite de l'empereur Ferdinand à l'égard du saint-siège ne fut pas toujours irréprochable, s'il comprit et voulut réaliser à sa manière la réforme de l'Église, on ne peut douter qu'il n'ait conservé dans ses projets, souvent utopistes, un sincère attachement à la religion catholique.
6» Action pour la réforme du cierge et de l'Église;
DICT. DE THÉOL. CATIIOL
concile de Trente; conférences d'inspruck. — Canisius employa toute son infiuence auprès des évêques, comme auprès des princes, pour exciter leur zèle et les encourager. Il leur montrait, Epist., t. i, p. 597, les loups à écarter du troupeau, les écoles et les bibliothèques à assainir, les ministres du sanctuaire à préparer, plutôt bons que nombreux, en un mot la réforme à opérer, celle de leurs Églises et de leur clergé sans doute, mais la leur aussi et d'abord. De là un écrit De officia et rcformatione episcopi, composé à Ralisbonne, vers la fin de 1556, sur les instances du .ir.lin.l I iii.liscss. Ni la vénération qu'il portait aux |ii' nu. i |.,. l. .n^. ni l'amitié dont plusieurs l'honorèrciil, n.- lin ni i.ul.lir sa voix, quand il crut devoir parler; tinioin celte lettre apostolique qu'il écrivit au même cardinal, pour lui rappeler l'obligation de la résidence épiscopale et la prohibition portée contre la pluralité des bénéfices. Epist., t. ii, p. 228. Il obtint beaucoup des évêques, mais non pas tout ce qu'il aurait voulu : Desperata cleri cousilia, vbl de reforniatione agiliir, morbos falrntiir, pliarmaca
resp!«m(, écrivait-il (r,\ni;l...nrj 1
■VI iM.i l.-,59. Ibid.,
p. 419. Aussi, plus 1. ini . M
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allait au concile ,.■. i.m. mi., ,
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le succès linal. Dcr sclige Canisiii.s, Vienne, p. 'ili.
Quand le concile se rouvrit, le 18 janvier 1562, Canisius était à Augsbourg, on sa présence semblait indispensable. Mais les b'-^-als, n.islns surlr>iil, insistèrent tellement auprès dn . .i.Mn.l Tin.l.-.-- .pTll dut leur céder momentanéim m I.1...I1. .1. ...n .h, ..esc. Epist.. t. m, p. 753 sq. lies .|n.^li..h ail .1. ni -.' Ir.iiln- ;'i Trente, qui concernaient parla nh. a . m. ni I All.iiiaL:iic, et faisaient partie de tout un . n. ml I .1. m. -ni,- r.'clamées par l'empereur FiLlininl . . ininiiuiii.n ,>ùii.s les deux espèces, mjriage des piclics, niiliiiaUua de diverses lois positives, comme celles de l'abstinence, du jeûne et de l'index, réforme de la cour romaine, etc. Ces vues avaient été exposées d'abord dans un écrit présenté le 20 juin 1560 à Hosius, nonce apostolique à Vienne, puis dans un Libellus reformationis, remis le 7 juin 1562 aux présidents du concile. Résumé dans Raynaldi, Annales, an. 1560, n. 55; an. 1562, n. 59, Lucques, 1756, t. xv, p. 86, 234. Texte complet du mémoire de 1560 dans Sickel, Zur Oescliiclile des Concils von Trient, Vienne, 1872, p. ,55 sq. ; du Libellus, dans Archii: fur ôsterreichische Geschichte, Vienne, 1871, t. XLV, p. 35 sq.
Canisius arriva à Trente le 14 mai. Il n'y resta guère plus d'un mois, mais ce temps fut utilement employé. Sans compter de fréquents entretiens avec le premier orateur impérial, Antoine Brus de Muglitz, archevêque de Prague, et surtout avec le cardinal Hosius, le Bienheureux se trouva mêlé à deux discussions d'inégale importance. Il fut annexé au comité d'évêques et de théologiens chargé d'e.\aminer et de réformer l'index de Paul IV. Son opinion personnelle est connue par ses lettres; il désirait beaucoup qu'on mitigeàt les règles relatives à la lecture des livres hérétiques. Epist., t. III, p. 27, 490. Beaucoup plus importante fut la discussion de cinq articles sur l'eucharistie, proposés le 6 juin à l'examen des théologiens. Ibid., p. 463. Le 2« et le 3» articles touchaient directement aux questions brûlantes que Ferdinand I"' avait soulevées, car on y demandait ceci : « Les raisons qui ont amené l'Église à restreindre à une seule espèce la communion des la'iques, excluent-elles la possibilité de toute concessiorv