‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 523 sur 741 · X. Le Baciielet · texte numérisé non relu

X. Le Baciielet

CANIVETZKY épiphane, théologien russe, recteur de l'académie de Kazan en 1808, et en 1815 évêque de Voronèje, mort en 1825. On a de lui un traité apologétique intitulé : L'influence bienfaisante de la foi sur l'homme (0 blaglovornom sliianii sv. vienj na liudei), Saint-Pétersbourg, 1807.

Philai-ète, Aperçu sur ta Ullcrature ecclésiastique russe, Saint-Pétersbourg, 1884, p. 431.

CANO Melchior. —

m. Doctrines.

I. Biographie. — Cano dans la province de Ciifii baptême le nom de Fr:i II. ~.ui ; i I i i mmI Cano,

juriste distingué, s'ét;ililii i i' 1 lu ■ l'.ivliana,

où le jeune François niu . (u i - .In. .ilion. Il

futenvL.N.' .lui. ■ Il 1 1 -■- i... .. I université tlu ^..l.ii.i,in.|iu. : il X |uil i lu. lui .1.- Ilivs prêcheurs, ..Il II..U- .l.i.uil I."uj:'.. .luii- |i. u.un.uil .lu S.iinl- Étieiiiie, et )il prolis^iua le l-i,ioiit de Ijiinee .suivante. 11 continua ses études jusqu'en lô'27, où il avait pour professeur de théologie, au couvent de Salamanque, Diego de Astudillo. Pendant les années scolaires 1527- 1531, il fut disciple, à l'université, de François de Victoria qui devait occuper la première chaire de théologie pendant vingt années (1526-1546). Le 3 octobre 1531, il est admis au collège de Saint-Grégoire, à Yalladolid, une école supérieure où les dominicains de Castille achevaient la formation scientifique de leurs meilleurs sujets. Il y trouva Louis de Grenade comme condisciple.

A. Palmieri.

Biographie. II. Écrits.

el Barthélémy de Carranza parmi les professeurs. 11 fut lui-même successivement promu aux fonctions de professeur de pliilosophie, de maître des étudiants (septi i.ilu.' I.".:il , ili' second professeur de théologie (1536), .1 iuii..i.uu u.ll.- même année, bachelier par le chapitre i;. II. r;il t.iiii ;. lionie. C'est de ce séjourà Saint-Grégoire de Yalladolid que date, entre Carranza et Cano, l'esprit de contention, plus encore que de rivalité, qui devait troubler leur vie et entraîner à leur suite un grand nombre de leurs disciples et de leurs confrères. Ils devinrent l'un et l'autre, par la dissemblance de leur caractère et de leurs aspirations, comme deux chefs d'école, bien que les doctrines théologiques proprement dites fussent pour peu de chose dans leurs dissentiments. En 1542, Cano se rendit au chapitre général de Rome comme électeur de sa province, et y reçut le titre de maître en théologie. Il obtint cette même année la première chaire de théologie à l'université d'Alcala, dont il prit possession au mois de mars l'année suivante. François de Yict.jria étant mort le 17 août Inifi, Cano concourt pourrùl.|.'iili..ii .1.' -,i uluiiivùriiiiiMT^il.' (le Salamanque et en deiii.un.. i.. i iiiil.iiri' |ii-.|;i . n l.'i."ii. Au comiiienceinenl il.' I.'..".!. il .-I .ih.'M' pue I .■i.iii.'reur au concile de Tiviil.. .■! .inill.' Sulum. m. jiie I.. Il février en compagnie de Dominique Solo. L'année d'après, Charles- Quint le présente pour l'évêché des Canaries. Cano est préconisé le 24 août. Il semble avoir été passif dans cette nomination; aussi se démet-il de son évêché dès le 24 septembre. Nous le retrouvons en Espagne en 1553, donnant de nombreuses consultations dans les plus graves affaires de l'Église et de l'État. Il revient cette même année à Saint-Grégoire de Valladolid comme rccleur du collège, sans être chargé de cours. La part principale prise par Cano dans les démêlés entre la cour d'Espagne et Paul IV lui vaut l'inimitié du pape. Nommé prieur de Saint-Étienne de Salamanque au commencement de 1557, le chapitre provincial de Placencia le place à la tête de la province. Ses adversaires font opposition à son élection. Elle est renouvelée le 29 mai 1559 au chapitre de Ségovie, malgré l'opposition de Carranza devenu archevêque de Tolède et primat .FPspagne. Paul IV casse l'élection. Cette m.ui). ..un. - . (I.ii.) refuse le poste de confesseur de Pliiliii|i.' Il .l.'iii il possédait toute la confiance. Paul IV il.iiil le. .II. I.' ly août, Cano se rend à Rome et obtient du nouveau pape. Pie lY, la confirmation de son élection. De retour en Espagne, au printemps de 1560, il se rend à Tolède, où se trouvait la cour, et y meurt le 30 septembre de la même année, âgé de moins de 52 ans.

II. ÉCRITS. — 1» Relecfio de sacramentis in génère habita in Acadeniia Sahnanticensi anno ^547; 2" Releclio de psenitenlia habita in Academia Sahnanlicensi anno 1548, édité avec l'écrit précédent, in-4", Salamanque, 1550; le second seul, in-4", Salamanque, 1555; les .luiix. in-i^e Alcala, 1558; in-fol., 1563; in-8», Milan, l.'>" il i ilections ont été souvent rééditées

avec l'un . I I . , '■'•'De locis theologicis libri duo-

decitii, m I. !.. - .1... iii|ne, 1.563; in-8», Louvain, 1564;

Yenisc, l.'.HT. I...ir I.'.r.'.i: (:..|..uni-. I. "71, 1585. Depuis

l'édition .!.■ C'.lu-iuu H'n,".. I.- h ...^ ..ii mm :;es précédents ont éU-iuiMu - -,u,- k hiiv.l M,,uu„. i,i-S", Paris, 1662; Cologne, 1U7S; L\ua. ITu'i. Lu 1711, Ihacinthe Serry, 0. P., donna une édition à Padoue, in-4°, précédée d'un Prologus galealus, où il défend Cano contre ses critiques. C'est avec cette introduction qu'ont été données les nombreuses éditions parues pendant le XVIII' siècle, au nombre d'une vingtaine environ, dont on trouvera la liste, d'ailleurs incomplète, dans F. Caballero, Madrid, 1871, p. 375; 4° Tratado de la Victoria de si mismo, traducido del toscano, in-16, Valladolid, 1550; in-8», Tolède, 1553; Madrid, 1767, 1780, etc. C'est une réfection de l'ouvrage de Baptiste de Crema,

CANO — CANON DE LA MESSE

0. p. : Opéra ulUissima délia cogmiione et vittona ili se stcsso, Venise, IS'i-ô. On possède diffc'rentes con-

siu' lui-mènio, adressé à Pliilippe H, iioiir. (lu'il renonçât à le prendre comme confesseur. On trouve vingtdeux lettres de Cano dans le même ouvrage. La célèbre censure de Cano sur la Compagnie de Jésus, dont tant d'auteurs ont parlé, et que presque personne n'a vue, fut publiée en Espagne sans lieu ni date, au temps de la suppression de la Compagnie, mais elle fut confisquée en 1777, a|ir.- -m ,i|.|i,ii iliou, t,ll.;i .1. i..(lilée, d'après deux manii>. -1,1-, .l.m- c, ,s.. /, /,, C, ,,/:,, „„! de Jesûs, Barceloni', l'.iiio. |i i:>j-l."i'.i. ( iii p.,--, ,!,■ ,1^ annotations ni;.nn-ciilr. ,!.• Cn.,. -iir I,. Il' Il .!■ -.inl Thomas. Kll,., .r hMiu-nl .1,11,, Ir, 1,1 iiiii- I i:- nVi.'.ims 4647 et icis, I,. iii,iMii^,Mi nii^in.J .-I ., <,,-•!. ,■ aujourd'hui dans la liiMiMilir^ii,' ,!,■ riiiin .■! -iL- .h Salauianque.

III. DoCTRiNKS. — C'est le De locis llieologicis qui a fait la réputation théologique de Melcliior Cano et l'a placé au premier rang des théologiens cla.ssiques. Cette œuvre, en effet, n'est pas seulement remarquable par la forme littéraire qui l'égale aux plus belles productions de la Renaissance, ni par la liberté d'esprit, la linesse de jugement, le sens critique et l'érudition de son auteur; elle est surtout une création, et marque, à ce titre, une étape dans l'histoire de la théologie. Cano a voulu établir scientifiquement les hases de la science théologique. Son œuvre est un traité de la méthode en théologie. Il suffit d'en indiquer le plan général pour en révéler l'économie et l'importance. Apres un court avant-propos dans lequel il indique son dessein, il emploie le I" livre, qui n'a que ([uelques pages et peut être considéré comme une introduction, à distinguer entre l'argument d'autorité et l'argument de raison et à énumérer les parties de l'ouvrage. Il énumère dix lieux ou sources théologiques. Chacun d'eux fait l'objet d'un livre spécial. C'est ainsi ciu'il traite successivement : 1» de l'autorité de l'Écriture sainte; 2 de l'auturilé de la tradition orale; Sodé l'autorité de ll.^li^i . .iiliMlic|tif ; 4» de l'autorité des conciles; 5» de Imi .i,i. ,1, i i ^lise romaine; 6° de l'autorité des saints l'i n - 7 .1- 1 imIorité des théologiens scolastiques; 8 Je la \ak m lIc la raison naturelle telle que la manifestent les sciences humaines; 9» de l'autorité des philosophes; 10" de l'autorité de l'histoire. Ces matières sont traitées dans les 1. II-XI. Le 1. XII est consacré à l'usage que l'on doit faire des lieux Ihéologiques dans la dispute scolastique, c'est-à-dire dans la théologie polémique. C'est la section la plus étendue de l'ouvrage. Cano devait traiter, dans le 1. XIII, de l'emploi des lieux théologiques dans l'exposition de Tr-criture sainte; et, dans le dernier livre, de l'usage des lieux théologiques contre les différentes catégories d'adversaires de la foi catholique. Sa mort prématurée ne lui permit pas d'achever une œuvre à laquelle il avait travaillé pendant de longues années.

Le De locis theologicis est un véritable manifeste théologique. 11 est le résultat de l'action rénovatrice exercée sur la théologie en Espagne par François de Victoria dont Cano fut le plus brillant et le plus fidèle disciple. Retour à l'érudition patristique et emploi d'une langue littéraire dans les sciences théologiques, tels furent les points de vue prédominants dans la direction créée par Victoria, et que Cano réalisa avec une remarquable maîtrise dans l'œuvre qui a illustré son nom. On peut se demander si la forme littéraire préconisée par Cano se prête aisément à l'exposé et à la discussion des matières théologiques, et si l'érudition ecclésiastique n'expose pas à placer au second plan la partie systématique de la théologie. En tout cas, la

direction donnée par Victoria et Cano aux études théologiques répondait au vœu de beaucoup d'esprits de leur temps, et elle brisait, entre les mains des humanistes malveillants à l'égard de l'école, un argument dont ils ne cessaient depuis longtemps d'abuser.

Quelques idées ou jugements émis par Cano ont soulevé des critiques. On les trouvera indiqués et débattus dans l'apparat littéraire que Serry a placé en tête de son édition des Lieux tlipologiqnes. Nous devons néanmoins signaler pour mémoire l'opinion soutenue par Cano sur le ministre du -an. m. ni d.' mai ia^c. En présence de l'incertitude des lin .il.Ljh n- aiiiri uaiis sur cette question, Cano a cherclu- a c lai. lu .|n.' les contractants dans le mariage peuvent former par eux-mêmes le contrat, mais le contrat n'est sacrement que par l'intervention du prêtre. Cette doctrine, exposée au c. V du 1. VIII, eut assez d'autorité pour entraîner un grand nombre de théologiens, et en faire, un instant, l'opinion commune.

QuiHif-EdiaiJ, Scfiptores onliiiin pr:rfliiyitortin>, t. n. p. 176; F. Caballcro, Vida dal III. 1/ '.■,.. i ,,,,,,, iii-8", M,idrid, 1871; M. Monendez Pelay.i. // ' . h'In-odoxus

espanoies, Madrid, s. d., t. n, p. ::-" . - ' ' i l'.mnimnia

i/e Jesi'ts, Barcelone, 1900, p. 121 -II. ^ I >. I, .1. i lirin-iîye zur Oeschichte desspanischen Protesttmtismus iniil ,l,r Inquisition im sechzehnteti Jahrhundett, Gulersloli, 1902; voir l'index du t. III.

P. Mandonnkt.

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