livre canonique ». Kulin
se sert souvent de ces mots dans ses traductions d'Origène, par exemple. In Cant., prolog., P. G., t. xiii, col. 83, et dans sa version latine ilo Virisli,ii;, rcrlésiastique d'Eusèbe. Saint Augustin iinniin. li i ipieinment les Écritures « canoniques «. Kj.isi.. i \\\ii, n. 3, JP. L., t. xxxm, col. 277; Conira FausHtin nianich., l. XXIII, c. IX, P. L., t. XLii, col. 471; De peccalonim meritis et remissione, 1. 1, n. 50, P. L., t. XLiv, col. 137; Serni.., cccxv, n. 1, P. L., t. xxxviii, col. Ifôe, etc.
Mais signe disent ipM.
entenilr
parle l'ii-n
col. 671. ap hébreu, rmi docti-111,1 .7, col. Il, Onl, ces mol- : 7 cmilnicl II,-.
Contra II,;col. ks'.l , S.
P. L., I. I., le sens de t
■ « canon », ces eciivam- lalms ilc- Ir-iiiéme, de scrio ,\m,- Kii-ipi il-
■■^t ou n'est pas daii^ !•■ , ■ n. il-
nu ne fait partie do h. Ilil.lr. .\iiim 111, Schepss, p. 41-56, G3. Saint ,)o- '.pist., Lxxi, n. 5, P. L., t. XXII, I induction latine, faite sur le texte ■l.,'mrw venlali-^. Saint .\uiriistin, /)o , 1 n. o. un. Il l:;, /■ / . I. xwiv.
CI, Spenilum, P. L., t, XXXIV, col. 946; r,,i,,,i,,i. 1. II, C. XXXI, n. 39, P. L., t. XLiii, ViiK, ni de Lérins, Commonitorium , n. 27, •ul. 67i. Ils donnent alors au mot « canon » règle ». Saint Augustin, en effet, reconnaît aux Livres saints une « autorité canonique ». Contra Cresconium, loc.cit.; De consensu evangelistannn, 1. I, c. I, n. 2, P. L., t. xxxiv, col. 1043; Spéculum, prsef., P. L., t. xxxiv, col. 887-888; De civitate Dei, 1. XV, c. xxill, n. 4; 1, XVII, c, xx, n. 1; c. xxiv, P. L., t. XLI, col. 470. .5."i't, ,"160, Ole. Le livre canonique ainsi envisagé devient un Imr < i.-ulateur ». Le traducteur latin du comiiiiiii.iii' il 1 111-1110 sur saint Matthieu, In Matth.,coniniei,l. sericx. n, fl7, P. G., t. XIII, col. 1769, l'appelle livre /-l'c/ularis. Les anciennes idées de xaviôv, signifiant la règle de la vérité ou de la foi ou de l'Église, Polycrate, dansEusèbe, H. E., v, 24, P. G., t. XX, col. -196; anonyme contre Artémon, ibid., v, 28, col. 516; S. Irénée, Co>it. hœr., m, 12, P. G., t. vu, col. 847; Clément d'Alexandrie, Strom., vi, 15, P. G., t. IX, col. a48, 349; Origène, De princ, iv, n. 9, P. G.,
t.'xi, col. 360; cf. Eusèbe, H.E., vi, 2, 25, P. G., t. xx, col. 525, 581 ; Philosophoumena, x, 5, P. G., t. xvi, col. 34W; Honiil. Ctomont., Epist. Pétri adjacobum, n. 1, P. G., t. 11. col. 'J.-,; [laocliiarius, Professio fidei, n. 6, P. L., t. XX, Cul, lo:ii: un le symbole des apôtres, S. Irénée, Conl. Ii:vr.. i, '.1, n, 4; 22," n. 1, P. G., t. vu, col. 545, 669; Terlullien, De prsescript., 12-14, 26, P. L., t. Il, col. 26, 27, 38; Adv. Praxeam, c. 11, col. 157; De virginibns velandis, 1, col. 889; voir t. i, col. 1676-1677; Novatien, De Trinitate, 1, 9, P. L., t, III, col. 886, 905; ou même déjà le canon scripturaire, surtout le canon évangélique, c'est-à-dire l'accord avec l'Écriture, l'Évangile et les paroles de Jésus-Christ, Tertullien, Adv. Marcion., m, 17, P. L., t. 11, col. 345; le valentinien Ptolémée écrivant à Flora, S. Épiphane, Hasr., xxxiii, 7, P. G., t. xli, col. 568, ces anciennes idées, dis-je, ont été jointes à la notion de catalogue ou de collection des Livres saints, de façon à présenter l'Écriture comme la règle de la foi et de l'enseignement ecclésiastique. Cette dernière signification du mot ■I canon » s'est conservée et transmise dans l'Église et elle est devenue la notion ecclésiastique du canon scripturaire,
4" Définit mil. — Le canon des Écritures est donc la liste ou 1,1 r.illiMiion. r.'glée par la tradition etl'autorité de l'Éi^li-' , il- II, n > qui, ayant une origine divine et une auluiii. mlaillililo, contiennent ou forment euxmêmes la réi^lo clo la vérité inspirée par Dieu pour l'instruction des hommes. Les éléments divers, qui entrent dans cette définition, n'ont pas toujours été énoncés simultanément ni logiquement disposés et hiérarchisés par les Pères et les écrivains ecclésiastiques. Ceux-ci mettaient en évidence et en première ligne tantôt les uns tantôt les autres selon les circonstances ou les nécessités de leur exposition. Ils ont affirmé souvent, surtout lorsqu'ils traitaient ex professa du canon biblique en général ou de la canonicité d'un livre en particulier, que la tradition, l'autorité des Pères ou la pratique de l'Église, avaient réglé le canon ou reconnu l'inspiration ou l'autorité canonique des livres divins. Voir plus loin. S'ils insistent spécialement -m- rollo anlorilo canonique, s'ils parlent des livres ca-
iHinMjin- uf constituant le principe régulateur de
I i II- i;-:Mrniiiit occlo.siastique, ils reconnaissent parfois iNpIii'ili rnoiil ot ils supposent toujours que l'autorité canonique ol régulatrice leur vient de leur origine divine, admise et enseignée par l'Église. Il nous semble donc qu'il n'y a pas lieu de distinguer avec M. Loisy, Histoire du canon de VA. T., Paris, 1890, p. 87-88, 185, etc., deux notions différentes de la canonicité : l'une, ancienne, consistant dans l'autorité régulatrice et l'aptitude à régler la foi; l'autre, moderne, consistant dans la reconnaissance officielle de cette autorité par l'Église. Ce sont seulement deux aspects divers d'une même question, qui ont été plus ou moins directement envisagés à des opoquos ililTonulos rlo l'histoire du canon. Tantôt on faisa il -in . 1 ilonioni irs-m lio (pie le principe régulateur de I ni-' i-iHiiniil rln-lhn i lait renfermé en partie dans la oollii ilmi sn ipliir.iiro : lantôt, au contraire, on considor.ait cette colloclion elle-même entant qu'elle était déterminée par la tradition ecclésiastique pour servir de règle à l'enseignement. Loin de s'exclure, ces deux notions se superposaient l'une à l'autre et se complétaient l'une par l'autre. Il reste vrai seulement qu'après la définition du concile de Trente et dans la controverse avec les protestants, l'acception de reconnaissance officielle des Livres saints par l'Église a été constamment mise en première ligne dans la notion du canon des Livres saints et a prévalu dans l'enseignement théologique. Loisy, op. cit., p. 4-5.
La canonicité d'un livre biblique dilïère donc de son inspiration. Celle-ci fait qu'un livre est d'origine divine, a Dieu pour auteur et par conséquent jouit d'une auto-
CANON DKS LIVRES SAINTS
rit',' infaillible pour régler la foi et les mœurs des fidèles. Voir Inspiuation. T,a canonicit(^ pst ta constatation que
rK;;li':r r:iil nnioifllrtiicnl, p.iv iiiii- drfi^inn publique,
ou .■■i|iii\.il iiiiiic'iil, |i.H 1 11 ,iL.' '1 1,1 |.i-.iii.|iii>, de cette oi'Il .lu i! ih' .riir .miImiii.' iiii.iillilili'. La cano-
pas; mais elle poDl d rl,,i, i m^i un h , 1 1 i|iii I . i - ■
lui donner ainsi m ,!• '. i ■■ ..l in r I um 111I..1 it. .
pivr .1 |iii iir \r.\-. (M ri- reconnu par Ion- il. - I or il irji', rt, «Ir r.iii, liii .1 iliiuii'' longtemps, en citI.iih- milhns, .le rondin.' iluirii' .II' quelques livres l.ililnpii- l.lulisi', s'appuyaiit sur une tradition i-.-.ll.- .1 riin-inil.', ,1 .J.'.-
claré divins des livres donl l..ii .Ii\ l,.]i m
linéiques lieux et pendant i|ii.'li|iii iiiii|i- .iinn im.'o douteuse, et a fait cesser ces duuUs, \\-\ a .le I enseignement précis des théologiens et des conlroversistes après le concile de Trente. F. Sonnius, De verbo Dei,. c. XII. La plupart ont résumé cette doctrine au moyen d'une distinction très claire. Ils dislln^iMirnl «l.iix sorl.'s de canonicité: l'une, in ad" p,ii,i<>, iliiu.laquelle les Livres saints sont canuiiniiii- .;.i,..m/ ^, , par le seul l'ait ([u'ils ont Dieu poiii- auUui , lautio, (■(/ nclu sfcinuh, c|ui les rend canoniques (juuad nos, lorsque l'Église déclare qu'ils sont inspirés. La première leur confère rautorilé divine et la v.-rilé iufaillilili- .•! 1,-s ivu.l anli^s À .•■!!■.■ iuM-ril, m .mhmii, li .,-
Nous recevons tous les livres du Nouveau Testament qui sont communément reçus. » La Confession de Bohême, rédigée en 1535, a. 1. '2'' .'dit.. L'iris, p. 17, reconnaît comme Écritures sainl. - -/K-r m l:lhlll^ //.ms rnniniciituret a Palribusrei-.'pij' .mhnil.iir^inr , ,tn,>,,ir<i ,l,,i„i;v
l-V.-J. ihl aussi : Sacratll ^Cl-ijil in.mi r.<r,n,iirs CoN , <i)i,!- :-. ., ■'/' -X V.etN.T.degvorinn ,n,l.,r,hilrni l-:..i,-s,a
' ; ". ' iltibitatum eSf.Mais .■. n\ i|ni u .-Inuaiiail |ias
uicu.^.sauc de consulter la tradition oceKsiasluiui' pour discerner les livres inspirés de Dieu devaient déli'ruiiucr quel moyen plus infaillible restait au chrétien pour faire ce discernement et quel critère devait le guider dans son choix. E. Rou^-, llisinnc ihi nnicii ./,■.< saintes Ecritures dans VEiihsc ri,, .hriun-, -1 ..h;,, Sirasbourg, 1864, p. 308-330. fis ..m pu, p..- iliui- . nl.'res, que nous allons exposer avant du lus opipusor à la doctrine catholique.
/. SELoy LES PROTESTANTS. — 1» D'après Luther et ses prrniifisdisriplcs. —Dans la question du canon bi-
salut gratuit, de lajustilication par la foi seulo ou Cl sauveur, à l'exclusion des œuvres. Cette doctrine de le critère de la canonicité, qui résultait do l'onseii
bibtica, c. VII, l'aris, 170i, p. liô-'M; A. Coiilzen, Cumnicnt. in quatuor Evangelia, Jn Luc., I, q. iv, v, 1626; .1. de Svlveira, Upusc, l, resol. i, q. II. IV, Lvon, 1(587; A. Duvalle, Trart. de fuie, ip 1, a. .-,, /),• .V,-,, ■,,/,;,„. l'a, is. ICviG. t. II. p. i:i7-i:K: Sahn.ii.M. (:.,n,in,'„l^ ,„ .■,„„.,. hisl., 1. 1. prol. I, xx.xii, Col,.-u.-, IliiiJ. p. :.-:, lli-ll..: .1. Ilonfrère, l'ni-Ujquia, c. m, so.i. m, ilans Mig,,.., C,,,sus Script, sac, t. l, col. 11.
IL Critérium de la canonicité. — Depuis que le concile de Trente, sess. IV, Derrcinn} de cnnoinris
ne doute que l'Kglise seule possède le droit de déterminer et de fixer, par ses organes officiels, le pape ou un concile œcuménique, on par son magistère ordinaire, le canon des Livres saints, et qu'elle soit, en matière de canonicité scripturaire, l'unique autorité compétente. Cela résulte de la notion même de canonicité. Si déclarer canonique un livre de l'Écriture, c'est affirmer qu'il est inspiré et imposer à tous les fidèles, comme vérité de foi, le fait de son inspiration, cette affirmation ne peut émaner que de l'autorité publique, infaillible et universelli' lî riVli-i-, Les Pères et les docteurs ont toujours, non lin lii'utot, reconnu et attesté ce droit de
ri.L:li I 1 ! Il in. Leçons d'introduction rjénérale, p. TCi 7s 1,1 - pi. Instants, qui opposaient la Bible à la tradition et à I autorité de l'Église et faisaient d'elle la seule règle de la foi, ont prétendu pour la plupart que l'Écriture ne tenait pas son autorité de l'Eglise, mais de Dieu et non des hommes, et qu'elle Lavait par cela seul qu'elle était la véritable parole de Dieu. Il y a eu toutefois quelques exceptions. Carlsladt, De canonicis Scripturis libelius, Wittemberg, 1520, tout en soutenant l'autorité exclusive de l'Écriture, mettait à la base de la canonicité des Livres saints leur réception dans rÉJglise et admettait sur ce point la valeur de la tradition ecclésiastique. Le 39= article de l'Église anglicane dit expressément : « Sous le nom d'Écriture sainte nous entendons les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament de l'autorité desquels fÉglise n'a jamais douté...
En comparaison des écrits du Nouveau Testament qui montrent le Christ et enseignent tout ce qui est nécessaire au salut, l'Épître de saint .Tacques n'est vérital.lnin.iil .pi'une épitre de pailln m .11 ni n. Ii in.iiiini .. .1. I I Aangile. Vorret/c <" , ^ -' 1'.:- H. /.,-,
l.rl.inLnn. t. l.XIII, p. ll-i. La ^. |.|. '. In.
l)iMn-jii^nitûusleslivres consisii . . ..n in. 1 il- pu 1. ni. oui ou non, du Christ. Toute Kcrilure doit nous montrer Christ. Ce qui n'enseigne pas Christ n'est pas apostolique, vint-il de Pierre ou de Paul : ce qui prèche- Cliii-I I -t apostolique, quan.l nii'iin- il vi..|n!r:nt dn lui I .; \nn.', de Pilate .m .i H n .: \ii 1 M [nln-
' ' ' "Mues, quoique cuni. n .1, ,i ,,.... , ni..,,
.-..nliilil l'aul et toute l'Kcrilui. -nii!..! 11.. p. ni .If.,dans la Dible, au moins parmi l.'s li\ri's principaux. Vorrede auf die Epist. Jacobi, ibid., p. 157. Pour la même raison, l'Apocalypse fut d'abord peu estimée de Luther. Il ne la tenait ni pour apostolique, ni pour inspirée. 0 Mon esprit ne peut s'accommoder de ce livre, et il me suffit de voir que le Christ n'y est ni honoré ni connu, tandis que la première tâche que Jésus ait donnée à ses apôtres est celle-ci : Vous me servirez de témoins. C'est pourquoi j'en reste aux livres dans lesquels le Christ m'est présenté clairement et purement. » Vorrede auf die Apokalijpse, l.")2-.>. Cl' < IL-vj'-v La Bible au xvi' siècle, Paris, 187!», p, .'•Ci PC •, . , .in , . Geschiclite des A'eutestamenllK II, ,1 l\" , I lim. I.^mi, p. 330-333. Luther jugeait aussi les li\i. I i 'ni n I . , tament d'après ce même principe cl il 1 .lin h ni . n eux l'élément évangélique. Il écart.iil I h.i - pi nu appelle deutérocanoniques, parce qu'il n \ 1. . ..iiu,ii--.iil pas lui-même sa doctrine, plutôt que pai en que la .Sjuagogue ne les avait pas reçus. Il appréciait les livres protocanoniques en raison de ce qu'ils prêchaient plus ou moins le Christ. Il mettait donc la parole de Dieu, telle qu'il l'entendait, au-dessus de l'Écriture, et cette parole,^ ou la révélation du Christ rédempteur, lui servait à discerner les livres de l'Écriture. Une pareille théorie ne pouvait pas aboutir à une délimitation rigoureuse du canon biblique, et si Luther exaltait très hautl'Écriture à rencontre de la tradition et de l'Église, c'est qu'il prétendait retrouver dans l'Écriture, au sens qu'il lui don-
CANON DES LIVRES SAINTS
nait, sa propre doctrine sur l'Évangile. Son critère théologique (le la canonicité résultait donc de son enseignement sur la justification par la foi, appliqué comme norinr >]'■ .l/iii;iiration des livres inspirés. E. Reuss, y/is/w/jr ilii (1,110)1 des saintes Écritures, p. 339-354; liali.iiid, Histoire de la doctrine de l'ins})!ratioii d,:-: sauilrs Écritures, Paris, 1883, p. 38-40. Méiaiicliilioii '■! ll:Hiiiis s'appuyaient, comme Luther, sur l'anal. 1-1. ■ .].' I.i lui pour discerner les livres canoniques des non canon, .|,..-. R.mhs. op. cit.. p. 3.-<',-3.ô6.
2»D'ap;-t'S Culrn.cl les /.,Vi,/i,TS rolrunstrs. — Calvin
s'est demanili"' .■.nniiH-nl .m p. -ni -.■ [..'i -n.i.l.i' .|ue l'Écriture vient de Hi.ii. Il a r.'iii.ndu .|ii.' Ii:scriture a de quoy se faire cognoistro comme les choses blanches et noires ont de quoi montrer leur couleur et les choses douces et améres leur saveur ». Institution, 1. I, c. vu, n. 2. L'Écriture elle-même, son enseignement, son esprit, ses formes et surtout les effets qu'elle produit sur les lecteurs bien disposés révèlent son origine et sa dignité et imposent les vérités qu'elle proclame. Toutefois ce témoignage que l'Écriture se rend ainsi à elle-même ne repose pas sur des raisons humaines; c'est le témoignage même que le Saint-Esprit lui rend dans les cœurs. Cet Esprit fait valoir et garantit les marques intérieures que l'Ecriture présente de son origine divine. » Que nous lisions Demosthene ou Ciceron, Platon ou Aristote, ou quelques autres de leur bande : je confesse bien qu'ils attireront merveilleusement et délecteront etesmouverontjusquesàravirmesme l'esprit ; mais si de là nous nous transportons à la lecture des sainctes Escritures, veuillons ou non, elles nous poindront si vivement, elles perceront tellement nostre cœur, elles se ficheront tellement au dedans des moelles, que toute la force qu'ont les rhetoriciens ou philosophes, au prix de l'efficace d'un tel sentiment, ne sera que fumée. Dont il est aisé d'appercevoir que les sainctes Escritures ont quelque propriété divine à inspirer les hommes, veu que de si loing elles surmontent toutes les grâces de l'industrie humaine. » Ibid., c. viii, n. 1. Les autres raisons ne sont pas suffisantes pour prouver la certitude de l'Écriture. Le Père céleste, qui y fait reluire sa divinité, l'exempte de tout doute et de toute question. 76ic(., c.xi; S. Berger, op. cit., p. 115-118; Rabaud, op. cit., p. 58- 60. Pour que ce sentiment se produise, il faut la foi, et Calvin fait appel à l'expérience intime des chrétiens. Voir col. i:!9!l-li()0. r.r-. tli...,l.,^i,.n> caKini^l.'< ont r.'pi-odnit la docinn.' .In cUrU\r la ^.'.■|,^ JV Vuvl, Ih-cero rrrln Dci
Ils
cicnne Egl Saint-Espi
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Con
dication, de l'illumination intérieure du Saint-Esprit. La Confession des Pays-Bas reçoit ces livres comme saints et canoniques, c'est-à-dire comme règlesuprême de la foi, et croit ce qu'ils contiennent, « parce que le Saint-Esprit atteste dans nos cœurs qu'ils émanent de Dieu et qu'ils portent en eux-mêmes son approbation » (a. 5). La Confession française les reconnaît .. non pas seulement d'après le sentiment un, on I.' Il^glise, mais beaucoup plus d'après le li in.n^ojj. .la Saint-Esprit et la conviction qu'il donne oïl. n. m. nimt, car c'est lui qui apprend à les distinguer d antres écrits ecclésiastiques » (a. 4). Cette théorie de la canonicité, appuyée sur le témoignage intérieur du Saint-Esprit, découle du fond même du protestantisme qui écarte les intermédiaires entre Dieu et les âmes et s'en tient surtout à la conscience religieuse de chaque chrétien. Mais elle propose un critère incertain. L'action du Saint-Esprit sur les lecteurs de l'Écriture ne se fait pas toujours sentir et n'est pas uniforme. Les protestants répondent, il est vrai, que cette diversité d'action dépend de la variété des dispositions des lecteurs et de la di-
versité des voies de Dieu dans l'œuvre du salut. En pratique donc la théorie est insuffisante, et les calvinistes eux-mêmes ont varié au sujet des livres qu'ils appellent apocryphes et ils ont dû recourir à d'autres critères. E. Reuss, op. cit., p. 320-339.
3« D'après les calvinistes suisses et les luthériens o partir du xvii' siècle. — Tout en continuant à exalter l'autorité de l'Écriture au détriment de celle de la tradition, tout en maintenant en première ligne l'action intérieure du Saint-Esprit dans le cœur des fidèles, action sans laquelle la véritable foi n'existe pas, les théologiens protestants aboutirent bientôt à rendre cette action inutile et superflue et proposèrent d'autres critères qni .ii'iairnl produire la conviction humaine (fides Imnioioi' pi . |i,ii it.ii.- à l'acte de foi que l'Écriture est divine. Ils .li~iiHL,iii i.;nt deux sortes de critères. Les uns, dits interne;, dérivaient de la forme et du contenu de l'Écriture; les autres, dits externes, découlaient de son antiquité, de la propagation de l'Évangile, de la foi des martyrs, de la crédibilité des écrits bibliques, du caractère des écrivains inspirés, des miracles et des prophéties, enfin et surtout du témoignage de l'ancienne Église. Mais ils considéraient l'Église comme un témoin, qui garde le dépôt et veille à sa conservation, plutôt que comme un juge qui règle le recueil sacré de sa pleine autorité. Elle avait eu le devoir, et non le droit, d'approuver et de recevoir l'Écriture et de dresser le catalogue officiel des livres canoniques. Cependant quelques-uns évitaient de prononcer le nom de l'Église et se bornaient à dire que des individus pieux du judaïsme et du christianisme avaient possédé le don de discerner les Écritures canoniques et avaient composé les recueils des deux Testaments. L'Église juive avait garanti l'Ancien Testament. .lésus-Christ et les apôtres avaient accepté la Bible hébraïque. L'Église primitive avait fixé le recueil des livres inspirés. On discutait seulement si elle y avait compris les deutérocanoniques dont finalement on admit la canonicité. £. Reuss, op. cit., p. 360-392; Rabaud, op. cit., p. 142-155.
4" D'après les critiques modernes. — Depuis Semler, Abhandlung von freier Vntersuchung des Kanon, 4 vol., 1771 sq., beaucoup de protestants ont traité la canonicité des Livres saints exclusivement d'après les principes de la critique historique. Ils ont rejeté la tradition aussi bien que le témoignage intérieur du Saint-Esprit. Ils se bornent à écrire l'histoire de la formation du canon biblique. Ils discutent les témoignages anciens et les contrôlent par le contenu des livres eux-mêmes. Ils abandonnent en outre la notion traditionnelle de l'inspiration et recherchent seulement quelles étaient les pensées des écrivains sacrés qu'ils replacent dans leur milieu social et religieux. Les livres bibliques ne sont plus pour eux que des documents de la pensée religieuse telle qu'elle s'est formée autrefois au sein du judaïsme et de la première génération chrétienne. Le canon biblique des deux Testaments n'est donc que la collection des restes de l'ancienne littérature hébraïque ou des livres, apostoliques ou non, qui expriment la pensée des premiers écrivains du christianisme. E. Reuss, op. cit., p. 411-431.
Pour la discussion de ces critères, voir I.'ranzelin. Traclatus do divina traditione et Scriptura, part. II, sect. i, c. n, th. v, vni, 3-édit., Rome, 1882, p. 372-382, 397-399: Hurler, Theologiadogmaticss compendium, 3- édit., Inspruck, 1880, tli. xxvn, xxvili, p. 154-157; Gilly, Précis d'introduction à l'Écriture sainte, Nimes, 1867, t. i, p. 73-76; Ubaldi, Introductio in sacram Scripturam, 2- édit., Rome, 1882, t. I, p. 31-50, 116-121 : Trochon, Introduction générale, Paris, 1886, t. i, p. 89-94; F. Sclimid, De inspirationis Bibtiorum ni et ratione, Brixen, 18S5, p. 364-387: Crets. Dr dtvina Bibtiorum inspiratione, Louvain, 18si;. p ll.:;j; /.ni. .iiia, Divina inspiratio sacrarum Sc7nptui" ' ./ s. Thomx Aquinatis, Rome,
s. d. (1898), p. -.^1- - I i i . I /.inspiration des divines Écritures, Paris, s. .i Iviiii, ; , :"-ioi;.
CANON DES LIVRES SAINTS
//. SELON iKS r.ir/jouQUES. — ïous les tliL'oIogiens catholiques, à rencontre des protestants, enseignent que l'unique critoro de l'inspiralion rt tlo la canonicitt- des Livros s;iiiil- •'■' !• [l'iM.ii^nui' il. Hi. u h ui-nii-. non
tr,iri;uiiients que CCS thùologieus dcjveloppeni, nous pivférons faire l'histoire de cette doctrine et montrer comment les Pères et les écrivains ecclésiastiques l'ont
thode noii< 1- Mil. Il 1 .1 il. ...im.iii • ,li,.i , ir.i'os
donl la ilu Ml' ■ ' ' . . I I I 1 . - (iiit
étédémoîili-i |. — II. 1 1 - : .. :..ii |.|iii':.ii .|ii l...<;ii--
guments étaienl (lini'renls srlcm (|iie li's PiTe;: et les Ihëologiens voulaient prouver directement ou bien l'origine divine et l'autorité régulatrice des Livres saints ou bien la reconnaissance de cette origine et de cette autorité par l'Église.
1» Preuves de l'otigine divine et de l'autorité régula-
trice des Livres saints. — Les V IF siècle ont les premiers démonlr l'Kcrilure iju'ils citaient aux païens . sion divine de -Ii'sus-Clirisl. Voir I
.luslin, il. ml l'.-iirit n'avait pas él. \ii . . i.i l'Iiilosophiques qu"'
npoloyisles du
sl.ul p.ii les dil étudiés, Dial.
-V, P. G., t. VI, col. 476-489, a trouvé la M ii|. i|n il 1 hcTchait dans les prophètes de l'Ancien Testament. Les philosophes n'avaient pas la vérité; cela résulte des enseignements absurdes qu'ils débitaient, Cohort. ad Grirrns, c. ii-v, col. 2il-253; c. xi, col. 261 ; Apol., 1. r >Mv ,-..| ;Wfi; II, c. .XIII, col. 465, et de leurs div.i m i ' i < à la religion. Co/i., c. vi, vu, VIII, col. J.'i I - I /!"'., II, c. X, col. 460. L'Écri-
ture, au r.iiiii il I . I ne et divine, et cela résulte de l'accord admiralili; ijin existe entre les écrivains sacrés. Ils ont la même doctrine sur Dieu, l'origine du monde, la création de l'homme, l'immortalité de l'âme, le jugement dernier et tout ce qui est nécessaire au salut, bien qu'ils aient écrit en des temps et des lieux différents. Saint .lustin en conclut que les prophètes inspirés ont enseigné la vérité. Coll., c. vili, col. 256-257; cf. Freppel, Les Pères apologistes an II' siècle, 9» leçon, Ç. •169-'173. LTne autre preuve de l'origine divine des Écritures, preuve que le saint docteur appelle (iEviiTriv xat àXïi9£(TTâr/)v àTOÔEi^.v, Apol., I, c. XXX, col. 373, est tirée des prophéties de l'Ancien Testament, dont la plupart sont réalisées en .lésus-Christ et son Église. Ibid., c. xxxi-Liii, col. 376-408. Puisque la prophétie est un don divin, ibid., c. xii, col. 345; Coll., c. viii, x, col. 256, 261, les prophètes juifs ont été inspirés par le Saint-Esprit dans leurs écrits. Apol, I, c. xxxi-xxxiii, XXXV, xxxix, XL, col. 376, 377, 380, 381, 384, 388, 389; cf. Reuss, Histoire du canon, p. 49-50; J. Delitzsch, De inspiratione Scriplnrx sacras quid slaluerinl Patres apostolici et apologetx secundi sxcidi, Leipzig, 1872, p. 38- 41. D'ailleurs saint Justin ne restreignait pas sa foi à l'inspiration des seuls écrits prophétiques, il retendait à tous les livres de l'Ancien Testament, dont les auteurs étaient pour lui des prophètes. Coh., c. ix-xi, xxviii, col. 257, 261, 264, 293; Apol., I, c. xxxii, Liv, Lix, col. 377, -409, -416. Les livres historiques eux-mêmes ont été écrits sous l'inspiration prophétique. Coll., c. xxxv, col. 304. Tatien, disciple de saint Justin, avait constaté, lui aussi, le vide de l'enseignement des philosophes. Il suit donc la même méthode que son maître pour prouver la divinité de l'Écriture. Le désaccord des philosophes est un indice certain de la fausseté de leur doctrine, car la vérité ne se contredit pas. Orat. adv. Grâces, c. II, III, x.xv, P. G., t. VI, col. 805-812, 860-861. Les chrétiens sont unanimes dans leur enseignement qui vient de Dieu. Ibid., c. xxxii, col. 872. La philosophie chrétienne est vraie, parce qu'elle a été annoncée
par les prophètes. Ibid., c. xxix, xxxvi, col. 868, 880. Tatien appelle donc les Écritures : 6eioT«ai; épttïivEi'a,-, ôià ypaçî;; È|E),r,)iYiJL£va;, flEiOTÉpaç Èxçtovi^ffeM; X^youç. Ibid., c. XII, col. 832. Athénagore oppose, lui aussi, la doctrine des chrétiens à celle des poètes et des philosophes. Celle-ci est incertaine et fausse, puisque ses partisans sont en désaccord complet, celle-là est divine et a été divinement inspirée aux prophètes. Les philosophes sont allés à la recherche de la vérité, poussés non par Dieu mais par leur esprit propre; les prophètes ont parlé sous l'impulsion du Saint-Esprit. On ne peut donc refuser de croire à l'Esprit de Dieu, dont les prophètes n'étaient que les organes. Légat. proclirist.,c.\n, IX, P. G., t. VI, col. 904, 905. 908. Converti par la lecture des Livres saints, Théophile d'.\ntioche presse Autoljchus de se convertir pour ne pas subir les supplices éternels prédits par les prophètes, car tontes les prédictions faites par les prophètes s',nrr,.iii|ili~ ni \d
Autolljch., 1. I, c. XIV, P. G., t. VI, ..I I.'i I II ilrr
raison de croire aux oracles proph i i . , . : l nr harmonie. Ibid., 1. III, c. xvii, col, 1111- H'..', i .'Ile harmonie ne se rencontre pas chez les philosoplies et les poètes, qui sont inspirés par le démon et qui mêlent toujours le faux au vrai. Ibid., 1. II, c. viii ; 1. III, c. m, col. 1060, 1061, 1124. Les prophètes, mus par le même esprit qui est l'Esprit de Dieu, annoncent la vérité sans mélange d'erreur. Ibid., 1. II, c. ix, xxxv, col. 1064, 1109.
Quand les gnostiques, retournant contre l'Écriture l'argument des Pères apologistes, prétendirent que les Ecritures étaient en désaccord, et par conséquent fausses, S. Irénée, Cont. hxr., 1. III, c. ii, P. G., t. vu, col. 846; S. Épiphane, Hxr., XLiv, P. G., t. XLI, col. 823, quand Marcion opposa le Nouveau Testament à l'Ancien et soutint que ce dernier provenait du mauvais principe, Tertullien, Adv. Marcion., 1. I, c. xix; 1. IV, c. I, P. L., t. II, col. 267, 361, voir t. i, col. 1382-1384, 1393-1398, les Pères affirmèrent et démontrèrent l'accord des deux Testaments en vue de prouver la divinité de l'Ancien. Saint Irénée emploie les deux livres, III» et IV'-, de son traité Contra hsereses à montrer cet accord. Voir en particulier, 1. HI, c. xi, n. 11; 1. IV, c. ix, P. G., t. VII, col. 905, 996-999. Un de ses principaux arguments est l'accord doctrinal. L. IV, c. x, n. 1; c. xi, n. 1; c. XII, n. 3, col. 1000,1001, 1005. Les différences réelles que l'on constate dans les deux Testaments n'empêclient pas qu'ils ne soient l'œuvre du même Dieu. L. IV, c. xv, n. 2, col. 1014. Le même Verbe de Dieu a envoyé les prophètes et les apôtres dans l'esprit de vérité et non dans l'esprit d'erreur. L. IV, c. xxxv, xxxvi, n. 5, col. 1087, 1095. Tertullien, qui, nous le dirons plus loin, recommandait une méthode différente contre les hérétiques, réfuta néanrnoins directement Marcion dans son traité .4rfuers«s Marcioîîem. Il montra en particulier que les prophètes de l'ancienne alliance avaient annoncé le Christ et que le Christ avait parlé par leur bouche, 1. III, c. II, v, VI, P. L., t. Il, col. 323, 326-328, et il conclut que l'Esprit du créateur avait prédit le Christ. L. III, c. XXII, col. 353. Il expliquait les diversités des deux Testaments en disant que leur unique auteur s'était conformé aux états et à la situation différente du genre humain. L. IV, c. i, col. 361-363. Dans son Apologétique il démontre aux païens l'autorité de l'Écriture. 11 la fonde sur l'inspiration prophétique de ses auteurs. C. XXIII, P. L., t. I, col. 377-381. Il la prouve par son antiquité, l'accomplissement de ses prophéties et par les malheurs que les juifs ont attirés sur eux par leur incrédulité. C. XIX, col. 391. Les lettres des chrétiens sont donc des paroles de Dieu, aliment de la foi et fondement de l'espérance. C. xxxi, xxxix, col. 446, 468-469. Clément d'Alexandrie, voulant convertir les Grecs au Christ qui a parlé par les prophètes, Coh. ad Grsecos, c. I, P. G., t. VIII, col. 6'i, montre que les philosophes
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et les poêles n'ont pas connu la vérité complète sur Dieu. Passant à l'examen des écrits prophétiques, il constate que, grâce à un enseignement différent, simple et sans ornement, ils ont détourné les liommes du vice et de l'idolâtrie et enseigné des règles morales. C. vi, col. 173. Ils ont prêché le vrai Dieu, ou, pour mieux dire, l'Esprit de Dieu a parlé par leur bouche. C. viii, IX, col. 188-193. C'est le même pédagogue qui enseigne, quoique diversement, dans les deux Testaments. Psedag., c. VII, XI, col. 320-321, 365. Les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament ont Dieu pour auteur principal ; la philosophie vient de Dieu aussi et non du diable, mais par simple conséquence, parce que les philosophes ont volé aux saintes Écritures les étincelles de vérité, qui brillent dans leurs livres. Strom., i, 5, 17, col. 717, 796. Clément prouve contre Basilide et Valentin que Dieu est l'auteur des deux Testaments et qu'il n'y a qu'une
çfule fo l'Évaii,
Celse,
les prophéties et parachevée dans 11. 0; IV, 1; Cont. Valentin., 1. IV, . 1-297.
i fendre les Écritures contre le païen ■ Saint-Esprit habitait dans l'âme de Moïse qui a parlé de la religion avec plus de clarté que Platon et qu'aucun philosophe grec ou barbare. Cont. Cehiim. I, 10, P. (;.. t, i\. col, m.\. 696. Moïse a écrit les lois i|ii>' lii: Il |iroiiiiil-ii;iil cl r-'di;<' l'histoire conformémeni .i li v-iil-, m T.. .mI. '.ijs. 1,, lecture attentive de ses l'ciiK .1 ihiLmiiiirnl ilii lioil ilr la création aurait convaincu t'.ilx- que le Saint-Esprit avait inspiré le prophète, iv, 55, col. 1120. L'amour de la vérité et le zèle persistant à corriger les humains sont des indices de l'inspiration de ceux qui, comme Moïse et les prophètes, ont ces qualités, iv, 4, 7, col. 1033, 1037. La conduite de ces hommes inspirés, comparée à celle des philosophes, suffit à montrer que leurs écrits sont divins, tandis que ceux des philosophes apparaissent comme des o'uvres humaines, m, 81, col. 1028. 11 fallait que les juifs eussent des prophètes pour annoncer l'avenir, afin de ne pas paraître inférieurs aux païens qui avaient des oracles, des augures et des aruspices, i, 36; III, 2, col. 728-729, 924. Or les juifs croyaient avec raison que leurs prophètes étaient inspirés et ils joignaient leurs livres à ceux de Moïse qu'ils tenaient pour sacrés, l, 43; m, 2, 3, col. 741, 921, 925. Les chrétiens partagent sur ce point la foi des juifs, i, 45; ni, 4; v, 60, col. 7W. 9-25. 1276. et ils no se trompent pas, car la prescienee (\i' lu. nu iinuiM' I iri-[nr:ition divine. Dieu seul potn.inl |.i. i-.M |. - • 11. - - luîmes, I, 35; VI, 10, col. 72S, i;iur.. Ii.nlleiii^. 1.1 Imi ili.> ehrétiens n'est pas aveugle; 1 Espnt-Sainf, qui a inspiré la doctrine chrétienne, l'a appuyée par des prophéties claires et évidentes et par des miracles, i, 2, 50, col. 656, 753. La vérité et la divinité des prophéties résultent tant de leur matière, l'avenir, accessible à Dieu seul, que de leur accomplissement, iv, 21; vi, 10; vu, 10, col. 1056, 1305, 1436. Enfin, une bonne vie, digne du Saint-Esprit qui les anime, distinguait les véritables prophètes des faux prophètes, vu, 7, col. 1429, 1432. Origène avait déjà réfuté par les mêmes arguments Apelle qui ne trouvait pas dans les écrits de Moïse des indices de l'inspiration lie loin- aiileiir. /), lifii.. huiiiil. II, n. 6, P. G.,
t. XII. 1 ..I lii.'. , ri /„ A,-,,, . I ni \\\[,ibid., col. 774.
Pour !.. 1 . 1. 1.1 e .1.. 1.1. m- il AIrx.iiulri... la démonstration de la \erite el de 1 iiispiialiuu des Lcntures par l'accomplissement des prophéties n'était pas seulement un procédé d'apologétique contre les païens et les hérétiques ; c'él;iit une iiu'lhode fondée sur les principes. Dans le ITev. .. . iiii-. ne démontre la divinité des Écritures afin 1 . . I [1 lirer légitimement des arguments
en l,i\ 1 I ; .jirine chrétienne. Or la principale
preuve de lui-^piialiùn des Écritures est l'accomplissement des prophéties messianiques. L'avènement de Jésus- Christ dans le monde prouve irréfragablement la divi -•
nité des livres de l'Ancien Testament, au point que leur origine divine ne pouvait auparavant être clairement démontrée. De princ, iv, 6, P. G., t. xi, col. 352-353. Cf. A. ZôUig. Die lnspiyalio7islelire des Origenes, Fribourg-en-Brisgau, 1902, p. 7-15.
Saint Cyprien citait avec confiance les deux Testaments pour prouver la doctrine chrétienne, car celui qui craint Dieu sait que les prédictions divines sont véritables et que l'Écriture ne peut mentir. De opère et eleemosynis, 8, P. L., t. jv, col. 608. Pour lui, le prophète inspiré dit la vérité. Ad Demetriavmu. M, ibid., col. 552. Au début du IV» siècle, Lael.mee. api. > avoir exposé, au 1. 111 de ses Institutimi^ .iimirs. ijne les philosophes avaient vainement tenté de répamlre la vérité, prouve au 1. IV la divinité de la religion chrétienne. Son premier et principal argument est l'autorité des prophètes, dont les oracles, pleinement réalisés, sont l'œuvre du Saint-Esprit. C. v, P. L., t. vi, col. 458-459. L'accord des prophètes dans la doctrine et dans leurs oracles est une autre preuve de leur inspiration divine. L. I, c. iv; 1. IV, c. XI, col. 127-128, 475. Leur style simple et barbare ne nuit pas à leur autorité. La vérité néglige le fard. L. V, c. I, col. 550. Dieu, qui inspirait les prophètes, aurait pu leur donner l'élégance du langage; il a voulu rendre clair son enseignement et le mettre à la portée de toutes les intelligences. L. VI, c, xxi, col. 714; cf. l.III, c. i, col. 350. Arnobe, Adv. génies, 1. I, c. LViii, P. L., t. V, col. 700, réfutait de la même manière l'objection que les p n. n- liiuml du style simple et de la langue vulgaire .!..- . ...m.. Ii-I,.s.
Eusel.. .1. ( :. ~,ii . . , ilaiis sa Préparation évangélique, suit la iiielhude des anciens apologistes et prouve la divinité et l'inspiration des prophètes par l'accomplissement des prophéties, 1. I, c. m, iv; 1. VI, c. xi; 1. XIII, c. xiv, P. G., t. XXI, col. 32-37, 481, 484, 1140; par la doctrine profonde de r.\ncien Testament, exposée dans un style simple et clair et comparée aux erreurs des philosophes sur Dieu, 1. III, c. x; 1. XV, c. I, col. 189, 1296, et par l'admirable harmonie des écrits prophétiques, 1. XIV, c. II, m, col. 1184-1185, comparée au désaccord des philosophes. L. XV, c. i.xii, col. 1408. Après avoir ainsi démontré l'origine divine des livres liébreux, Denionsl. ev., 1. I, proœm., P. G., t. xxii, col. 16, Eusèbe leur emprunte des arguments en faveur de la religion chrétienne. L. I, c. I, col. 20. Il compare, d'ailleurs, les prophètes juifs et les devins païens, et il montre longuement que, tandis que les devins du paganisme étaient inspirés par les démons, les prophètes juifs parlaient et écrivaient sous le souflle du Saint-Esprit. Prxp. ev., 1. IV, c. i-iv; 1. V, VI, c. i-v, P. G., t. XXI, col. 229-245, 307- 401, 404-412; Demonst. ev., 1. V, proœm.,P. G., t. xxil, col. 337-341.
A son tour, pour réfuter les calomnies de .Tulien l'Apostat contre les livres de Moïse et des prophètes, saint Cyrille d'Alexandrie prouve qu'ils contiennent seuls la vérité sur Dieu. De même qu'Eusèbe, Prsep. ev., 1. IX-X, P. G., t. XXI, col. 679-8i2, il prétend que les Grecs ont connu les écrits des Hébreux et leur ont ravi les parcelles de vérité qui se trouvent dans leurs propres ouvrages. Seuls leurs emprunts à la littérature hébraïque sont vrais. Quand ils parlent d'eux-mêmes, les philosophes grecs sont en désaccord entre eux et disent des absurdités. Moïse, les prophètes, les apôtres et les évangélistes, inspirés de Dieu, disent la vérité sur Dieu et ne se contredisent pas. Cont. Julian., 1. I, P. G., t. LX.xvi, col. 524, 525, 540, 545. Les écrivains inspirés ont montré par la sainteté de leur vie et par les miracles qu'ils ont opérés, qu'ils disaient la vérité et qu'ils étaient dignes de foi. L. VIII, col. 913, 936. Saint Chrysostome, Exposil. in Ps. iv, n. 11, P. G., t. Lv, col. 57, fait reposer, lui aussi, la divinité des livres prophétiques sur la réalisation des prophéties qu'ils contiennent. Saint Augustin lui-même, qui a si forte-
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ment relevé l'autorité de l'Église en matière de canonicito (voir col. 1566), n'hésite pas à prouver l'inspiration des prophètes par l'ni'pnril ■siirprfnant de leurs prédictions. D« consens» ,',,,„,/.;,,/, I III, c. VII, n.30,P. L., t. x.xxiv, col. l-17,')-l ITil. Il iliiiiii.' maintes fois que Dieu, qui prévoit ruMiur. la pi. .Iil par la bouche et la pluiiie des prophètes.
Celle manière de démontrer l'origine divine de l'Kcritiire par son contenu a persévéré dans l'Église, même lorsque d'autres méthodes avaient prévalu. Ainsi Junilius, à la question : Unde probamus libros religionis nostrsB divina esse inspiratione conscnptos'? répond : ExmuUis, quorum prima est ipsius Scriplune vcritas, dcinde ordo reruiii. i;iiist')i,iiilia iiriur,-/,i,,rn}ii . moilus loculionis sine anthiin pii/-ihis<inr r,-,i,nriiin. .\<l<liiiir cnnsa'ibentium et iir.i-ihrnuinini :i,inlii,ix, ./».../ ihri)ia hommes, excelsavile^, infucuiidisul/lilia inuinUidicino rejileti Spiritu tradidissenl; tuni pra^dicatiunis virlus, rjHa: mundum licet a paucis despeclis prsedicaretur, iihlinuit. Accedunt las testi/icatio contrarioi-um utsilyllarum vel philosophorum, expulsio adversariorum , ntilitas conseqtientium, exitiis eorum quss per acceptiones et figuras prxdictionesque prssdicla sunt; ad postremum miracula jugiter fada, donec Scriptura ipsa susciperetur a gentibus, de qua hoc nunc ad maximum miraculum sufficit, quod ab omnibus stiscepla cognoscitur. Instil. regul. divinse legis, 1. II, c. XXIX, P. L., t. LXViii, col. 42; Kihn, Theodor von ilopsuestia und Junilius Africa7ius als Exegeten, Frihourg-en-Brisgau, 1880, p. 527.
Au xii» siècle, Baudoin, archevêque de Cantorbéry, fait dépendre la vérité de la foi de l'autorité de l'Écriture, et pour démontrer cette autorité, il s'appuie, le premier à notre connaissance, sur le témoignage des prophètes qui ont eu conscience de leur inspiration divine et qui ont confirmé leur témoignage en faveur de leur inspiration par la sainteté de leur vie et par leurs prophéties à brève échéance dont la réalisation garantissait la vérité de toutes leurs paroles. De commendatione fidei, P. L., t. cciv, col. 619-624. Leur inspiration est un gage que leurs oracles, révélés par le Saint-Esprit, sont vrais. Les apôtres, qui leur ont succédé dans la prédication, sont d'accord avec eux; eux-mêmes ne se sont jamais contredits. Cet accord confirme que les prophètes et les apôtres ont été des témoins de la vérité. Ibid., col. 625-628.
Dans le prologue de son commentaire sur les Sentences, Duns Scot démontre l'inspiration de la sainte Écriture par dix arguments qu'il a empruntés aux Pères, à savoir, la prédiction de l'avenir, l'accord des écrivains inspirés qui vivaient à des époques différentes et n'étaient pas disciples les uns des autres, leur témoignage véridique en faveur de leur propre inspiration, la tradition juive et chrétienne au sujet des livres canoniques, leur contenu conforme à la raison, les erreurs de ses adversaires, la perpétuité de l'Église qui les reçoit, les miracles opérés par Dieu en faveur de cette Église, le témoignage des païens et des hérétiques, enfin la conversion du monde nonobstant les persécutions. In Sent., prol., q. II, Opéra, Paris, 1893, t. viii, p. 76-78.
Pour prouver que la Bible est de Dieu et non pas de riiomme, Raymond de Sébunde, Tlieologia naturalis, tit. ccxi-ccxvi, la considère en elle-même, dans sa manière d'affirmer la vérité et dans son contenu, et il conclut qu'elle est de Dieu, qu'il faut croire tout ce qu'elle enseigne et que sa certitude dépasse toutes les sciences humaines.
Les controversistes catholiques, contemporains de la Réforme, discutent généralement les critères proposés pnr l'-- ].rot.".t:Tit^ \inei Hosius, Quod fides fundamen. Il', ; ' <iiaiix, c. XVII, Opeca, in-fol., !
l'.M l'iij ; - ' \\ ,iH. Tlieologia cateclielica,l. l, <lisM. III, Mi-i I, 1. I. liiT,:i. Cf: Libert-Fromond, 6'owi--
menl. in sac. Script., In II Tim., ni, 16, 1662. Plus tard. Serarius, qui rejette le critère indiqué par Calvin, s'appuie cependant encore sur les critères internes pour prouver l'origine divine des Livres saints. Prolegomena biblica, c. IV, q. i-xii. ïobie Lohner, I nstilutiones quintuplicis tlieologiœ, tr. I, 1. I, tit. iv, v, 1679, joint au témoignage de Jésus-Christ, des apôtres et des Pères en faveur des livres inspirés celui de Dieu ou les miracles, l'accomplissement des prophéties et le contenu lui-même de la Bible, qui est saint et conforme à la raison. Noël Alexandre, Hist. eccl. V. T., diss. XII in iv»"' ajtatem, 1676, suit la même méthode. Pour démontrer que l'Écriture est une règle infaillible de la foi, Suarcz s'appuie principalement sur le fait ilr - n iii-in ili\ineoude son inspiration. A ce molilM i ' i i > ipendanl, commesimplesmotifsdeciiih; , l .[.lissement
des prophéties, l'accord et rii.aiiiuiiiL Ji: Ijus les livres canoniques, la sainteté et la pureté de leur doctrine. De fide, disp. V, sect. m, n. 8, Opéra, Paris, 1858, t. xii, p. 144-145. Dès lors, ce n'est plus qu'à ce litre qu'ils sont invoqués, ou bien comme simples confirmations de la thèse prouvée par l'autorité de l'Église, ou bien dans la polémique avec les incrédules qui ne se rendent pas à la déclaration de l'Église. Cf. Frassen, Disquisilioms biblicœ, 1. 1, c. i; 1. III, c. m, Paris, 1682; E. Dupin, Prolégomènes sur la Bible, I. II, c. i; Juenin, Institutiones theologicm, proleg., diss. IV, c. m, Paris, 1701; Calmet, Dissertation sur l'inspiration des livres sacrés, dans Dissertations, Paris, 1720, 1. 1, p. 56-73; Chérubin de Saint-Joseph, Summa criticic sacres, disp. V, a. 6, 7, 170i, 1. 1, p. 463-516 ; Marcliini, ZJe divinitate et canonicitate sac. librorunt, part. I, a. 4, dans Migne, Cursus complelus Script, sac., t. m, col.55sq. ;Chrismann, Régula fidei ca/7ioJicœ, §51, dans Migne, Cursus completus theologise, t. vi, col. 907-909.
2" Reconnaissance de l'origine et de l'autorité divine de l'Écriture par l'Église. — L'autorité de l'Église sur l'Écriture s'est exercée, et a été reconnue au cours des siècles, de diverses manières, d'abord inipliiiiiMn. ni p,ir la possession et l'emploi, notammoiil il ut I - .lii.iliturgiques, puis plus ou moins e,\plu li^ im n; p.ti la manifestation de plus en plus nette dune liaditioii eci:lésiastique, et enfin officiellement par des décisions disciplinaires ou dogmatiques.
1. Possession et usage de la Rible dans l'Eglise, surtout pour les lectures liturgiques. — Nous l'avons déjà dit, les chrétiens regardaient les Livres saints comme « leurs livres », « leur littérature; » ils s'en servaient comme de leur bien propre, comme étant la propriété de l'Église. Pour exclure les Évangiles apocryphes les Pères disent que l'Église n'a que quatre Évangiles. S. Irénée, Cont. Iieer., m, 11, P. G., t. vu, col. 885; Origène, Jn Luc, homil. i, P. G., t. xiii, col. 1803. Ce sont les seuls qui aient été transmis. Clément d'Alexandrie, Strom., m, 13, P. G., t. viii, col. 1193. Les aloges prétendaient que les écrits de saint Jean n'étaient pas dignes d'êlre dans l'Eglise. S. Épiphane, Heer., u, 3, P. G., t. XLi, col. 892. 'Quand Origène parle des livres qui ont droit de faire partie de la Bible, il dit qu'ils sont reçus dans l'Église ou dans les églises. Episl. cul Africanum, 1,2, P. G., t. vi, col. 48, 49; Cont. CeUum, v, 54, i6trf.,coI.1268;/nA/a/(/i.,t.xiv,21,P. G.,t.xiii,col.l240. Mais l'usage principal que l'on fait de ces livres dans l'Église de Dieu ou dans les églises est leur lecture publique durant les offices liturgiques. On estime généralement que la coutume de lire l'Écriture dans les réunions communes a passé de la Synagogue à l'Église. Or la lecture officielle d'un livre comme Ecriture sainte était dans l'antiquité un critérium de son origine divine et de sa canonicité. Le canon de Muratori parle d'écrits apocryphes, quse in catholicam Ecclesiam recipi non congruit, 1. 66; il dit de l'Épitre de saint Jude et de deux Épîtres de saint Jean que in catholica (sous-en-
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tendu : Ecclesia) habentur, 1. 68, 69; il dit de l'Apocaiypse de saint Jean ou de celle de Pierre que quelques Romains ne veulent pas la lire à l'église, 1. 72 ; il assure que le Pasteur d'Hermas, qui est d'origine récente, ne peut pas être lu à l'église ni avec les prophètes ni avec les apôtres, 1. 77 sq. Origéne, Eusèbe, etc., emploient souvent l'expression ôriiiOdisuEcOai (ou ôr,\i£.\)t<!boii) Iv È/.xXïioiat; pour dire qu'un livre est admis à la lecture publique dans les églises. C'est le terme qui oppose les écrits « publics » aux livres « secrets, cachés », c'est-àdire aux apocryphes. Voir t. i, col. 1498-1500. Durant les premiers siècles, les Epitres de saint Clément de Rome, la Doctrine des apôtres, l'Épitre de Rarnabé, le Pasteur d'Hermas ont été lus publiquement dans un certain nombre d'Églises, qui les tenaient comme œuvres divines et inspirées. Des apocryphes même ont servi aux lectures publiques dans telle f-^-Ii^p pm-ticiilière. Ces faits ne prouvent pas que la It-ctinv ,.fn,i. Il, ii('.t;iit pas un critérium reconnu de canonint. ||, : lient seulement que, dans certains milieux rc.li si,i^li(|iies, on en faisait une fausse application. Cf. k. Loisy, Histoire du canon du N. T., p. 84-88. Plus tard, quand le triage des livres canoniques et des apocryphes fut opéré, la lecture publique des Livres siiinl'^ fut reconnue comme une preuve de leur canonn iic Ain-i <aint Augustin, De prmdestinatione sancttu ,i ,u. JT. /'. /... l. xLiv, col. 980, défend pour cette raiscm l,i ijimni, il. delà Sagesse. Par contre, Théodore de Mu). mi. ■-!.■ ;ili,i.|u.' I., .Mii.''.iiiriu'. du Cantique, parce que ce Im.' n .-i lu |.nl.li.|iiiiiiriil m chez les juifs ni chez !-■- eln.ii.n- Mm-i, Uni,,,!., t. IX, col. "227. Ce critérium de c.iuuiiicile etaiL lecuuau partout : à Edesse, ainsi qu'il résulte de la Doctrine d'Addat, Philipps, The doctrine of Addaï, 1876, p. 46; en Asie, où le 59= canon du concile de Laodicée interdit la lecture des livres non canoniques, Mansi, t. ii, col. 574; cf. Const. apost., ii, 57, P. G., t. i, col. 728- ,729; en Afrique, où les trois conciles d'Hippone (393) et de Carthage (397 et 4191 nrdnnnaienl de ne rien lire dans les églises, sous }<■ ihhh d I ciilniv^ di\i;e-s, sinon les Ecritures cauonii|ui ■. M m-i. i. m, ...|. 'J-l'i; t. iv, col. 430. Il a servi, iiie)ii. m l,l,,^, n .,. , |i.eir alTirmer la canoidcil.- d.'< deul.'i.H;,,H.„,.|n,s d,. IAn,-ien Testameid. CC. Am.d.iirv (y.SiT^, /.,/<e,- ,/,• ,.,■,.;,,„■ nntiphonarii,l\.l'. /,.. i, , \ . ...I. l:;lii; Zoii.u-,i>. /'.';,, l.exxxviii, col. l'JI: llnie.Mu. .lAiilun, Sorrauicilarituii, 100, P. L.. 1. e,\Mi, .■ol, .SUl.
2. /,(( ir.iiliiinu I . , Irsiastique. — Au ii= siècle s'élevèrenl il-- h. i i. ~. I,,.s unes, comme les gnostiques, mullipli.e il' ' . . I e - ,i|i...r\|ili..- . 1rs autres, comme celle d.' ilii.i.i, .i|i...i. ..,,:. m I .,!:.■ raient le recueil des Kei , I i ; I :, , I ^ ,, u-adition. Saint
Sérapiuii, .w.iu.' d \iiii...li.'. ij.ii.. l'Évangile de Pierre, qu'il avait trouvé aux mains de quelques chrétiens, parce qu'il n'a pas été transmis par la tradition. Eusèbe, H. E., vi, 12, P. G., t. xx, col. 545. Tertullien refuse de discuter avec les marcionites le sens des Livres saints, qui ne spnt pas leur propriété; la discussion ne pourrait aboutir. Pour les convaincre, il faut recourir au principe d'autorité qui réside dans l'Église apostolique. Deprœscript., 17-19, 30, P. L.,t. ii, col. 30- 31, 43. Or, dans les Églises apostoliques, on garde les lettres des apôtres, et l'Église romaine, pour alimenter sa foi, joint la loi et les prophètes aux écrits évangéliques et apostoliques. Ibid., 36, col. 49-50. Tertullien affirme comme un principe certain ([ue l'Évangile, qu'il regardait comme le supplément de l'Ancien Testament, Adv. nermogenem, 20, P. L., t. ii, col. 216, avait pour auteurs et garants les apôtres eux-mêmes, soit qu'ils aient publié les écrits qu'ils avaient eux-mêmes composés, soit qu'il-- nient approuvé et couvert de leur autorité ceux d.' 1 :i, ,!, , i(,|, .^ ,1,/,., Marcion., iv, 2, col. 363-
^*- " <'■•' i I aii^ile ,1e saint Luc, tel qu'il est
conser\,. d.iiis 1 I Lli-e. ,■! non pas tel que l'a altéré
Mai-cion. Ibid., iv, 4, col. 365-366. Il affirme que les Églises apostoliques patronnent les autres Évangiles, qux proindeper illas et scrinirlinn illas habemus. Ibid., IV, 5, col. 366-3i;7. I. Ipdi. aux Hébreux, qu'il cite comme œuvre de jiarnalM'. a de l'autorité à ses yeux, parce qu'elle est IHaiviv d un disciple et d'un collaborateur des apôtres. De piidicitia, 20, col. 1021. D'ailleurs elle est re(,ue par un plus grand nombre d'Églises que le Pasteur, qu'il rejette parce qu'il est regardé comme apocryphe par la plupart des Églises. Ibid., 10, 20, col. 1000, 1021. Clément d'Alexandrie, Utrom., m, 13, P. G., t. VIII, col. 1193, ne connaît que quatre Évangiles, « qui nous ont été transmis, » dit-il, et il place en dehors de ces quatre récits traditionnels l'Évangile des Égyptiens. Origène, In Mattli., homil. i, P. G., t. xiii, col. 829, ne connaît non plus que quatre Évangiles, transmis par la tradition et reçus dans l'Église universelle. L'hérésie en a davantage, mais l'r-glise n'a que les quatre qui sont approuvés. In Luc., homil. I, ibid., col. 1802- 1803. La tradition ecclésiastique et apostolique est pour lui la règle de la vérité. Or cette tradition nous enseigne de vive voix que la loi, les prophètes et les Evangiles sont l'œuvre du Dieu juste et bon, le Père de Jésus- Christ et le Dieu des deux Testaments. De princ., i, n. 4, P. G., t. XI, col. 117, 118. Eusèbe se sert de la tradition ecclésiastique pour distinguer trois classes d'Écritures canoniques. H. E., m, 25; v, 8, P. G., t. xx, col. 216, 269, 448. Voir col. 1589. Saint Cyrille de Jérusalem, Cat., IV, 33, 35, 36, P. G., t. xxxiii, col. 496, 497, revendique pour l'Église le soin de fixer le canon : « Apprends soigneusement de l'Église quels sont les livres de l'Ancien et du Nouveau 'Testament, et ne lis rien des apocryphes. » Les livres canoniques sont ceux qu'on lit i l'église. « Ceux fini nous les ont transmis, les apôtresetlessaintsévéqu.s, I iM iii |.1n-. -i^.-, el plus pieux que toi. » Pourprouverc.il) I ,1 Alup-aesteque
le Cantique des cantiqui- i. i : lnliliipie. Tliéo-
doret en appelle au ténioi^na^.. d.„- l'nes qui l'ont reconnu comme inspiré. In Canl., pia;f., P. G., t. Lxxxi, col. 29. Rufin, In symbolum apost., n. 36, P. L., t. xxi, col. 373, donne la liste des livres que, « selon la tradition des ancêtres. ..n (n.ii inspirés parle Saint-Esprit lui-même et qui . n : ii n mis aux églises. » Dans le 85iï canon aposl.ili.j II I .p h .s, qui ont la parole, appellent les écrits du .\..an.. m lestament & nos livres ». Mansi, Concil., t. i, col. 77. Alais aucun docteur n'a relevé l'autorité de la tradition et de l'Église relativement aux Écritures canoniques autant que saint Augustin. « En ce qui concerne les Écritures canoniques, dit-il. De doct. christ., ii, 8, n. 12, P. L., t. xxxiv, col. 40- 41, il faut suivre l'autorité du plus grand nombre des Églises catholiques, parmi lesquelles doivent être assurément celles qui ont mérité d'avoir des chaires apostoliques et de recevoir des Epitres. On se conduira donc à l'égard des i-.critures canoniques de façon à préférer celles qui sont reçues de toutes les Églises apostoliques à celles qui ne sont pas reçues de quelques-unes ; parmi celles qui ne sont pas reçues de toutes, celles que reçoivent les plus nombreuses et les plus importantes à celles que retiennent les Églises moins nombreuses et de moindre autorité. Si l'on en trouve qui soient gardées par les plus nombreuses et d'autres par les plus importantes, bien que cela ne puisse facilement se rencontrer, je crois qu'il faut leur attribuer une égale autorité. » Mais au-dessus des traditions divergentes des Églises particulières, le saint docteur place l'autorité vivante de l'Église, et s'il croit à l'Évangile, c'est parce que l'autorité de l'Église catholique l'y détermine. Il obéit à l'Église catholique qui lui dit : « Crois à l'Évangile. » D'ailleurs si on croit à l'Évangile, il faut ci'oire aussi au livre des Actes des Apôtres, car l'autorité catholique recommande pareillement les deux Écritures de l'.Vncien et du Nouveau Testament. Cont. epist. mani-
CANON DES LIVIIES SAINTS
,i,œi, c. V, P. L., t. XLii, col. 176-177. Voir t. i, col. 2341.
Saint Ildpplionse, A nnolationes de œgnitione baplismi,
I wvii-i.xxix, P. L., 1. xcvi, col. 139-1M>, dresse
Il I ili's livres des deux Testaments que la tradition
lin h lis reconnaît comme inspirés. Les livres Caro-
II i III, c. 1, P. L., t. xr.viii, col. 1114, reçoivent les Lnii ~ -unis (lins le nombre que fixe l'autorité de la SMinli- I Lli-r .Mlholique.
i'.r |ii inri|ic (il' l.iutorité do la tradition ecclésiastique applique lU'pnis le ir <\(r]r- y.mu- former le rocueil des écrits inspirés, a l(iii|.iiii, il- n i.innu par l'Église catholique, et M. liin- , ///;.,,, .lu canon des saintes Écritures, p. iï.'<. \r i ,i|i|ii lut .mx théologiens protestants et rcci lin 1.11 ut 11 ,1111 hr ni (|ue le l'ecueil scrip-
turaire a i t. .ui tiin il ,i|iivs un principe étranger au iiiMi. tu r.iii h.iiliiion n'est pas une
simple tr^nlili.in iunn.iiiii . m, m ( est la tradition catholique viv.iiiic. in^.inc iiiLiillilili ili- l'enseignement apostolique. Flli s ,,|,|i|ii|nc ,( ll(iiUire entière, et elle
n'exige pas csscnliillcniinl, p ■ In Nouveau Testament,
l'origine apostolique de tous les livres. L'acceptation d'un livre par l'Église lui confère la canonicité ; l'origine apostolique d'un livre ne suffit pas à elle seule à prouver que ce livm n«t inopin', il In rrifi'Te de l'apostolat, imaginé par Mil 11, h II ;,.,■,,./.,;,, ;// iV. T., t. I, p. -116, n'a pas ('•In .11111111 (Im I .uitniiiii , ipii a parlé
dressé un canon analogue. Denzinger, Enchiridion, doc. xix; Mansi, t. m, col. 924, 839; t. iv, col. 430. Mais ces conciles africains ne préli^mtnirnl pu- donner d'eux-
mémesunedécisiondélinitiv('.|nii i|n il mimiquaienl
au pape Bonifaceou aux autrn- 1 .■ in \--^\i In confirmer le canon des livres qu'ils av.-n.ni niii de leurs pères pour les lectures publiques. Voir I. i, col. 2341. En 865, le pape Nicolas I", dans une lettre aux évêques de la Gaule, s'appuie sur le décret d'Innocent le' concernant les Écritures pour prouver qu'il faut recevoir toutes les décrétales des pontifes romains. P. L., t. cxix, col. 902. Le 4 février 1442, Eugène IV promulgua, avec l'approbation des Pères du concile de Florence, une bulle d'union imposée aux monoph\iii, -\in m ni i du i uns. Il y inséra l'ancien canon rniii II 11 il' nit' iiiiimis;
toutefois son but n'était pas dn (I Imn i in un m l,i e:i-
nonicité des livres cités; il alliini.di .>nul( meal .' i|u un seul et même Dieu est l'auteur de l'Ancien et du Nouveau Testament, c'est-à-dire de la loi, des prophètes et (le IKvanyile, parce que c'est sous l'inspiralion du iiininn Sainl-I,>|irit qu'ont parlé les saints de l'un et l'aiiln 1. I, uni ni dont elle reçoit et vénère les livres ». .\l.in 1. I. \\\i, (ni. 1736. Voir t. I, col. 1380. Toutes ces déeiMoii.,, cuncnniant le canm. enniiilnl ,\,. la liil.le.
n'avaient qu'une valeur disciiilinui I. lim- imni
pas directement la canonicil. J I m mt i . - ~i In
roueile de Trente, sess. IV, I. mla du, ni.,lii,.ininn..l
liniu L, ininiiin 1, n , In S avril lôlti, la cauonicilé de 'lut \ 'Il ..'I !/i',i'; .,|.
■. — L'Église a exercé
lie des Écritures en
bation apostolique, i-iniiini .<\.<\''. •\ 'Im I [ i
siècles le principal eiili 11 il' 1 ■ it il' 'i ' in
Nouveau Testamenl. .lounn. ;.'///,■/ nn r/ i , ..s;,; nm,.,,/ pour les livres du N. T., dans les h'tiidi's, janvier lildi. p. 80-91. A partir du montanisme cette apostolicité a été, à tout le moins, un moyen de reconnaître les livres que la tradition ecclésia«li(|ne a> lii admis dès le temps des apôtres et transmis n nu