V. lîose", Études sur les Évangiles, 2<- édit., Paris
3» De ilO à 220. — Durant cette période, le recueil du Nouveau Testament est, de l'aveu de tous, mis sur le même rang que celui de l'Ancien, les apôtres sont assimilés aux prophètes. S. Irénée, Cont. hser., ii, 27, 2 ; c5, 4, P. G., t. VII, col. 803, 841; S. Hippoljte, De Christo et Antichrislo, 58, P. G., t. X, col. 777; Clément d'Alexandrie. Cnli. rui Gm-cos, I, P. G., t. VIII, roi. ."i7. On dres>e p, m la [i. mi. re fois des listes ou catal0L;ues des livres ile~ ap.ln^, mais ces catalogues ne sont pas identiques el iN niuiiln ni par leur contenu que des écrits apostoliques, reeus officiellement dans des Églises, ne le sont pas encore dans d'autres. Enfin, il s'élève des doutes au sujet de livres apostoliques, sur lesquels auparavant aucune hésitation ne s'était produite. Ainsi en est-il de l'Apocalypse. Voir t. i, col. 1464-1465. Gains, opposé à l'Apocalypse, ne comptait pas l'Épitre aux Hébreux au nombre des Épitres de saint Paul. Eusèbe,
H. E., VI, 20, P. G., t. XX, col. 573. Saint Hippoljte, son adversaire, était sur ce point du même avis que lui. Photius, Biblioth., 121, 232, P. G., t. riii, col. 402, 1103, 1106. Le canon de Murateii. .pi .m a alliibué à Caius, mais qui est plutôt d'Hipp.jM. . x.ai r..\. 1309, mentionne les quatre Évangiles, les Aeh^, Ir.i/.' Kpitres de saint Paul, l'Épitre de .lude, les Épiircs de saint Jean et l'Apocalypse. Il ne parle pas de l'Épitre aux Hébreux, ni de l'Épitre de saint Jacques, ni de celles de saint Pierre (au moins de la seconde); il reçoit l'Apocalypse, bien qu'il connaisse les doutes produits à son sujet. Il exclut le Pasteur d'Hermas et il condamne les apocryphes hérétiques. Preuschen, Analecla, p. 129-137. (Le P. J. Chapman, L'auteur du canon muratorien, dans la Revue bénédictine, juillet 1904, p. 240-265, a émis l'hypothèse que ce fragment était une partie du I" livre des Hypolijposes de Clément d'Alexandrie, traduite en latin par un disciple de Cassiodore. Ce fragment nous ferait donc connaître, non pas le sentiment de l'Église romaine sur le canon du Nouveau Testament, mais celui de l'Église d'Alexandrie.) La lettre des Églises de Vienne et de Lyon aux Églises d'Asie (177), Eusèbe, H. E., V, 1, P. G., t. .xx, col. 416 sq., contient des emprunts ou des allusions au plus grand nombre des livres du Nouveau Testament. Saint Irénée, Cont. hier., m, 11, P. G., t. VII, col. 885 sq., n'a reçu de la tradition que quatre Évangiles et il expose le symbolisme du nombre de cet Évangile tétramorphe, seul inspiré, non sans doute en vue de prouver la canonicité de ces quatre récits, canonicité qui n'avait plus besoin de preuve, mais afin de mieux affirmer la foi de l'Église. Il recueille cependant les traditions orales qui concernent Jésus-Christ, et il rapporte quelques paroles du Seigneur qui ne sont pas dans les Évangiles canoniques, I, 20; II, 34; v, 33, col. 656, 836, 1213. Mais il méprise les livres apocryphes et les traditions suspectes. Il emploie les Actes, oeuvre de saint Luc, m, 14, col. 913; les Épîtres de saint Paul, sauf celle à Philémou qu'il n'a pas eu l'occasion de citer, la l" de saint Pierre, les deux premières de saint Jean et l'Apocalypse. Il connaissait l'Épitre aux Hébreux, mais pas comme de saint Paul. Photius, Biblioth., 232, P. G., t. cm, col. 1104. Il n'a pas fait usage des autres Épîtres apostoliques. A. Camerlynck, Saint Irénée et le canon du N. T., Louvain, 1896. Pour Tertullien, « l'instrument cvangélique » n'est formé que des quatre Évangiles canoniques, possédés par l'Église depuis l'âge apostolique. Adv. Marcion., IV, 2; v, 5, P. L., t. ii, col. 363, 366; De prœscript., 38, col. 51-52. Cet écrivain admet les Actes, treize Épîtres de saint Paiil, la l'f de saint Jean, celle de Jude et l'Apocalypse. Il cite l'Épîlre aux Hébreux comme étant de saint Barnabe, mais il ne semble pas admettre sa canonicité. De pudicitia, 20, ibid., col. 1021. Clément d'Alexandrie, Strom., iii, 13, P. G., t. VIII, col. 1193, affirme que l'Évangile des Égyptiens n'est pas un des quatre qui ont été transmis par la tradition. 11 vénère les Actes écrits par saint Luc, comme Écriture divine. Pœd., ii, 1, ibid., col. 404; Strom., V, 12, P. G., t. ix, col. 124. Il cite même l'Épitre aux HébriMix a\. . 1. ~ autres lettres de saint Paul. Eusèbe, H. I... M. 11. /' '.'.. t. XX, col. 549, nous apprend que Cléiii. ni, ilan> -.^ llupulijposes qui sont perdues, avait brievenieiU expliqué les deux Testaments, même les antilégomènes tels que l'Épitre de Jude et les autres Épîtres catholiques, celle de Barnabe et l'Apocalypse attribuée à saint Pierre. Clément cite aussi beaucoup d'écrits apocryphes. Voir col. 1587. Dausch, Der neulestamenlliche Schriftcanon und Clemens von Alexandrien, Fribourg-en-Brisgau, 1894; Kutter, Clemens Alexandrinus tind das N. T., Giessen, 1898. Saint Théophile d'Antioche se servait des quatre Évangiles, des Épitres de- saint Paul, même de celle aux Hébreux, des deux de saint Pierre et de l'Apocalypse.
CANON DES LIVRES SAINTS
Les l'ci'Ks apostoliques formaient donc alors dans
tontes 1rs Kyliscs une colloclion qui ('■lail iiiiso sur lo
la lettre qu'elle a reçue de l'Église romaine. Eusébe, //. E.. IV, 2:!, /'. G., t. XX, col. 388. V.n résumé donc, les
LpiU.
être les trois de saint Jean étaient reçus partout. L'Épitre aux Hébreux faisait partie du recueil des Kpî- ■ très de saint Paul à .Mexaiidrie : Terinllien l'altribiiail à
saint Barnabe. La II'' I liiii ■■ il- -uni l'icnc .■i.nl iv, nr à Alexandrie et |m>.i i!|. i i,: m i ,1 AhIimcIm I .1 lettre de saint .Tudi' 'in' i '" i . p nnlur il mi 1., irn.u
pour un écrit .-qm^lnlhiu, ., Ak -...lldrie, a llulile el cll
Afrique. C.rWr dr ^mii Lu .pies ne se trouve qu'à Alexandrie. A rtuiiM . i.iiM^ ih-iiili' l'Apocalypse, reçue partout ailleurs ciiinnii' inniilh h- ri comme iruvre de l'apùtre
vement exclus du c, m i I n, n: il Alexandrie, en particulier, faisait un h-i I n- i i des apocryphes. Il
connaissait les Kvaii-ili- ili I ln|iIiiiis et des Hébreux, les Actes de Jean, les Iradilmn- .d M.iUlu,,., 1,1 Pn'ilication et l'Apocalypse de Piii n' Mn^ il m in 1 \, ni |m~ ces deux Évangiles apocrypiii - 1 I 1 il il- ~ 1 .iii.'iiiqiii il ne désipne jamais comme l.cnliiie la l'r. ilu al uni ilr Pin 11- i|n il I iii -iiiivent. Uien qu'il reconnaisse comme ins|inir I \|ii r il\p-.i> de Pierre, il accorde cependant un i'Iii- -1 ml . 1 ' il II à l'Apocalypse do Jean qui est pour
typoscs. 11 s'est inspiré aussi de la Didacbé. Mais Clément n'est pas un fidèle témoin de la tradition de l'Église d'Alexandrie. Sa prédilection personnelle pour les apocryphes l'a amené à citer de^ -1 1 il- .|n. .m Kglise ne recevait pas. Celle-ci n'eiii|il > ni ih i i ment que le Pasteur, la 1" Kpitre d- 1 , ,. i de Barnabe et la Didacliè. llaiisch. ■ p - // . p :::; 38. L'évêque de Rome imuIiIi, ~amt Victor il8U-I'JSj, qui a écrit le traili' /'. ,tlr,iin, ihux, 4, p, L.^ t. iv, col. 830, allègue le l'i-Mii 1.11,11,1e Écriture divine et cite la Didacliè an imln n .1.' l.inuignages empruntés à saint Paul. Saii.i !i . n . , ' ..,w, ha;r.,\\, 20, P. G., t. vu, col. 1032, cil.' an M I. i' .-i.air comme Écriture. Il estimait l'épitrc .1.' -ami Cl. ment aux Corinthiens, mais il ne la plaçait pas avec les Écritures, m, 3, col. 850. Tertullien, encore catholique, était favorable au Pasteur d'Hermas et ne blâmait pas ceux qui admettaient son inspiration. De oral., 16, P. L., t. i, col, 1171; mais devenu montaniste, il le traite d'apocryphe et affirme que l'Église catholique le tenait alors pour apocryphe, en vertu, semble-t-il, d'une déclaration officielle et récente. De pudicilia, 10, P. t., t. 11, col. 1000. Tertullien n'admettait pas non plus l'autorité des Actes de Paul et de Thècle. L'auteur du canon de Muratori paraît, lui aussi, nppnv,'- nii P.'isteur. Il fait ressortir son origine récent. . t - il pi m. I de le lire, il déclare qu'on ne doit pas I . Mipl..\. 1 . .I.n- les réunions publiques de la commuiiaiii. . jm. Ls piuphètes dont le nombre est clos, m a\,a II - ip. lires. Il réprouve deux letlres fausscmiiil alhilii. . - a saint Paul. Au rapport d'Eusèbe, H. i' , VI. IJ. /' (,.. t. XX, col. 545, l'évêque d'Antioche, Sérapiun ivcis 1UU-'210), trouva dans la ville de Rossos l'Évangile de Pierre entre les mains des chrétiens; croyant ceux-ci orthodoxes, il leur permit de lire cet apocryphe; mais averti qu'ils étaient suspects d'hérésie, il le lut et le condamna à cause des erreurs qu'il y reconnut. Saint Denys de Corinthe, dans une lettre au pape Sotcr, dit que son Église lit régulièrement la lettre de saint Clément et qu'elle lira désormais publiquement
core regardes en certains milieux comme Lcritui'e divine et même sont lus publiquement dans quelques É^lisi's. Tuulefois, le crédit de quelques-uns, notam-
entre les partisans Nouveau
lophéties
opposer la véritable notion de la révélation chrétienne qui avait été parachevée par Jésus-Christ et les apôtres. Il en résulta pour le Nouveau Testament que tout écrit
■ -I" !■ ' "Il "J' I' ■' ''' ""^ !'■"■ " - m-l"""-" - Cl
les catholiques 'jccideiitaux. La réaction antimontaniste suscita même de l'opposition aux écrits authentiques de .saint Jean. Saint Irénée. Cnnt. Itxr., III, 11, P. G., t. VII, ,..1. s'IKi i ii.l. .1.- ..II. 1 aires du quatrième Évangile. -.1,1 ! ' , : // Ml ;■. L., t. XII, col. 1174, dit
.pi I. I I , i h ; iiiiiit ainsi que l'Apocalypse
a c iMiiL. - I pipl.aur. Ilœr., LI, P. G., t. XI.I,
col. 8S8 sq., les appelle des aloges. Voir t. I, col. 898- 901. Caius de Rome leur emprunte des arguments contre l'Apocalypse, et il est réfuté par saint Hippolyte. Voir I I I I'd;4-l-i65. Le canon du Nouveau Testament I I n pas encore fixé définitivement; la discussion l.ner dans la suite à propos des deutéro-
;/• PEliiOLiE, DISCUSSION DES DËUTÉnOCANONIQUES llAXS
QUELQUES ÉGLISES. — 1» En Oyieiit. — C'est en (trient que cette discussion commence au IIF siècle; elle passe en Orriil.ait .^t =r pr.-.l.ni.v .'Inrant Innt le iv et jusqu'au
mili. .1 ! . Il' i I . , ^ 11.1. I m- ! I ri.inparai-
son il. 'I i.l,!. n a. , I . .1. I n . - ni i i ne, le premier. I .ai a il. . . ili .. 1 ..n. . - . I .i.iil..\.. ,1..- doutes au sujet des livns coiilrovers,'s. Il partage le Nouveau Testament en deux parties, l'Évangile ou les Évangiles et l'apôtre ou les apôtres. De pnnc, iv, 16, P. G., t. XI, col. 376; In Jer., homil. xxi, P. G., t. xiii, col. 536. Il connaît les Évangiles apocryphes, mais il n'approuve que les quatre qui doivent être reçus. In Luc, homil. I, ibid., col. 1803. Il accepte quatorze Épitres de saint Paul; il sait toutefois que ri;pili..,inx ll.breuxest rejetée par quelques-uns coinm. n i lanl pas de Paul. Ejnst.adAfnc.,9,P. G., t. xi, cul. fC, . I„ \l<nil,., commenl. séries, n. 28, P. G., t. xiii, cul. Ilju7. Plus tard, il concède que les idées seules sont de l'apôtre, mais que la rédaction est d'un de ses disciples. Il reconnaît les deux Épitres de saint Pierre; mais la première seule est reçue universellement, et il y a doute sur la seconde. Saint Jean a écrit l'Apocalypse et trois Épitres, quoique tous n'admettent pas que les deux dernières sont de lui. Eusébe, H. E., VI, 25, P. G., t. XX, col. 581-585. Origène cite les Épitres de saint Jude et de saint Jacques, tout en n'ignorant pas qu'elles ne sont pas reçues par tous. In MaUh.,l. xvii, 30, P. G., t. xiii, col. 1569; In Joa., t. xix, 6 ; XX, 10, P. G., t. xiv, col. 569, 572. Il croit à l'inspiration du Pasteur. In Hom., 1. X, P. G., t. xiv, col. 1282. L'Épitre de Barnabe est une épitre « catholique », Conl. Celsum, i, 63, P. G., t. xi, col. 777, et
CANON DES LIVJ\ES SAINTS
elle est citée comme Écriture avec le Pasteur. De princ, ji, 1; m, 4, ibîd., col. 186, 389. Origène tient ces écrits pour Écritures divines; mais il sait qu'ils sont contestés et il en parle comme n'étant pas reçus partout. In Num., homil. vin. P. G., t. xii, col. 622; In Matth., t. XIV, 21, P. G., t. xiii, col. 12'iO. Il cite quelques apocryphes, par cximpli ^t;^,mL.ile des Hébreux, In Jer., homil. xv, 4, (/">'.. r..l. \K\. ,l les Actes de Paul, InJna., t. xx, \i. /'. '.., t. xiv. col. 600, mais avec restriction. A propos de la Doctrine de Pierre, il observe que cet écrit ne rentre pas dans la catégorie des livres ecclésiastiques, émanant d'apôtres ou d'hommes inspirés. De princ, praf.. S, P. G., t. xi, col. 119-120. Il distinguait trois sortes d'Écritures : les authentiques, les apocryphes et les mixtes. In Joa., t. xiii, 17, P. G., t. XIV, col. i2'i-425. Les mixtes sont des livres inspirés dont le texte a été corrompu. Pour lui, les deutérocanoniques sont au nombre des Écritures authentiques. Cf. In Jesiim Nav3, homil. vu, 1. P. G., t. xii, col. 857. A. Zollig, Dielnspit-alionslehre fic^ i),;cf,'„o<. Fribourgen-Brifgau, 1902, p. 88-90. Den\- -I \1. nmmIi !-■. .lisciple d'Origène, est d'accord avec son mnliv. -nil in deux points. Il accentue les doutes relaUl^ :i I uilli-nlicité des deux dernières Épitres de saint .lean, lùisèlu'. H. E., VII, 25, P. G., t. XX, col. 697, 700. et il prétendait que l'Apocalypse était d'un autre auteur que le quatrième Évangile. Voir t. i, col. 1465. Saint Paraphile, Apol. pro Ongene, 7, P. G., t. xvii, col. 596, cite l'Apocalypse sous le nom de saint .lean, ainsi que saint Méthode de Tyr, Conviv., i, 5; viii, 4, P. G., t. sviii, col. 45, 144. Les Constitutions apostoli(|ues, ii, 57. P. G., t. i, col. 728- 729, ne mentionnent ni les Épitres catholiques, ni l'Apocalvpse. pas plus que la Doctrine d'.\ddaï. The Doctrine of'Addai, édit. Pliillips, 1876, p. 46.
Eusébe a recueilli avec soin tous les témoignages traditionnels concernant le Nouveau Testament et il a résumé le résultat de ses recherches dans un catalogue comprenant trois catégories de livres : les ôij.o).o-i'o-oiiÉva, qui étaient reçus universellement, les àv-i).£YO|j.éva ou controversés, mais qui étaient regardés comme authentiques par la plupart, enfin les vi6a ou apocryphes. Quelques livres flottent entre lune ou l'autre de ces trois catégories. Sont universelleinent revus les quatre Évangiles, les Actes des apôtres, les l'pilres de saint Paul, la I'-' de -.lin! ri. ir. .1 M r,in \.'iil. l'Apocalypse. Les liii. .11 -I -, 111.11- e. .111111^ du plus grand nombre, ...i - 1|., i.,.i. -nul .lniines et de saint Jude, la 11 il. -.uni l'u i le, l.i II el l.i llb de saint Jean. Les apocryphes sont de deux sortes ; les uns, tels que les Actes de Paul, le Pasteur, l'Apocalypse de Pierre, l'Épitre de Barnabe, les AtSax^'- ^^^ apôtres et, si l'on veuf, l'Apocalypse de saint Jean, que quelquesuns rejettent, et encore l'Évangile des Hébreux, .sont contestés; les autres, tels que les Évangiles de Pierre, de Thomas, de Matthias, etc., et les Actes d'André, de Jean et des autres apôtres, sont hérétiques et doivent être rejetés comme absurdes et impies. H. E., m, 25, P. G., l. XX, col. 228. Il connaît aussi les doutes relatifs à l'Épitre au:x Hébreux, rejetée par quelques-uns comme n'étant pas de saint Paul. H. E., m, 3, col. 217. Ailleurs, il place l'Épitre de saint Clément au nombre des écrits communément reçus. B. E., m, 16, 38,
Les divergences qu'Eusébe avait constatées dans les traditions et les usages des Églises, surtout de l'Orient, persévérèrent au cours du iv= siècle. Saint Athanase, Epist. fest., XXXIX, P. G., t. xxvi, col. H76, comprend au canon du Nouveau Testament tous lesdivres protocanoniques et deutérocanoniques. Il ajoute que la Didachè et le Pasteur ne sont pas canonisés, mais avec les deutérocanoniques de l'Ancien Testament ont été destinés par les Pères à l'enseignement des catéchumènes. Il ne mentionne aucun doute relativement aux deutéroca-
noniques du Nouveau Testament, et il est à noter que le sentiment de saint Denys d'Alexandrie sur l'Apocalypse n'a pas prévalu contre la tradition et la pratique de son Église, favorables à ce livre. Didyme d'Alexandrie, Com. in Epist. cathol., P. G., t. xxxix, col. 1774, sait que la II« Épitre de saint Pierre est apocryphe et n'est pas au canon, bien qu'elle soit lue en public. Il cite l'Apocalypse, De Trinft., m,. 5, ibicl., col. 840, ainsi que saint Cyrille d'Alexandrie, De adorat, in spiritu et veritale,\'i, P. G., t. Lxviii, col. 433. L'.\pocalypse, qui prévalait à Alexandrie, était rejetée ou discutée en Orient. Le concile de Laodicée, Mansi, Concil., t. Il, col. .■Ï74, le 8,5e canon apostolique, P. G., t. CXX.XVII, col. 211, le canon -roc des soixante livres, Preuschen, Analeria. p. l."i!i, celui de saint Grégoire de Nazianze, Carm., 1, i, 12, /', G., t. xxxvii, col. 475, contiennent tous les deutérocanoniques, sauf l'Apocalypse seule. Saint Amphiloque, lamb., ibid., col. 1537, place ce dernier livre parmi les antilégomènes. Saint Cvrille de Jérusalem. Cnl.,
col. 500, passe se phane, quiradniel connaît les objeclii dant, saint Cyrille de
Adv. ApoU., ; aussi l'Apoca
P. G., t. XXXIII,
I .\|iocalypse. Saint Épi- -w. P. G., t. XLii, col. 560, es. Voir col. 1585. Cepenaleni, Cal., x, 3, P. G., t. XXXIII, col. 664, et saint Grégoire de Nazianze, Orat., XXIX, 17; Serm., xLii, 9, P. G., t. xxxvi, col. 97, 469, citent l'Apocalypse. Dans leurs commentaires de ce livre, P. G., t.cvi, col. 220, 493, André et Arétas, évêques de Césarée en Cappadoce, affirment qu'ils ont utilisé des explications de saint Grégoire de Nazianze. Saint Basile, Adv. Eunom., iv, 2, P. G., t. xxix, col. 677, et saint Grégoire de Nysse, Adi\ Eunom., Il; G., t. XLV, col. 501, -1208, emploient Seule, lÉulise d'Antioche semble rejeter complèlem. ni c, Im. ,.insi que les quatre petites Épitres catlhl i . - .m 1, rôme, Tract, de Ps. I, dans Morin, Aiir.,:,'i.i \l,i, , '!.^,,lana, Maredsous, '1897, t. III b, p. 5-6, coniKul lexelusion de l'Apocalypse dans les Églises orientales, et il lui oppose la pratique et tradition antérieures. Léonce de Byzance, Cont. Nest. et Eutych., VI, P. G., t. Lxxxvi, col. 1366, reproche à Théodore de Mopsueste d'avoir rejeté toutes les Épitres catholiques. Junilius. qui est l'écho de Théodore, relate les doutes des Orientaux touchant l'Apocalypse et il en fait lui-même un livre d'autorité moyenne, parce qu'il est accepté d'un grand nombre surtout en Occident. Inxiit. rcgul. div. Icgis, i, 4, P. L., t. Lxviii, col. 19-20; Kihn, op. cil., p. 475. Les œuvres de saint Chrysostome et de Théodore t ne contiennent aucune citation de l'Apocalypse et des quatre petites Épitres catholiqu La Synopse, attribuée à saint Chrysostome, P. G., t. i col. 308, 424, omet ces mêmes livres. Une homélie qui se trouve parmi les oeuvres de saint Chrysostome et qui est vraisemblablement d'un contemporain, dit de la l"> Épitre de saint Jean qu'elle n'est pas apocryphe, mais que la II' et la IIL sont mises hors du canon par les Pères. P. G., t. lvi, col. i2i. Théodoret, In Heb. proa'm., /'. G., t. i xxxii, col. 67i-, suppose que ce sont les arieii- i|in mil disculé ILpilre aux Hébreux; pour lui, il fii.ii i|ii .11. -1 de saint Paul et il assure que I
ancien- I . u ..minie telle. La Peschito n'avait ni
rApocal\p-e IM 1.- I [lilies catholiques, et Aphraate ne les cite pas; imii- -nul I |iIii.mii les a connues et citées. Elles ne sont p.i- ii.ii plu- nienlionnées dans le canon syriaque, di^s t.ir.ii.ii- i.' iim. publié par M"* Lewi: Sludia Sinaitica, LoiuUc:,, liî'Jl, t. i, p. 11-14. Le total des stiques montre que leur absence n'est pas fortuite. 2° En Occident. — L'Église occidentale conservait fidèlement les livres qu'elle avait toujours reçus comme apostoliques ; elle mit du temps à recevoir ceux qu'elle n'avait pas d'abord reconnus. En Afrique, saint Cyprien ne connaissait ni l'Épitre aux Hébreux ni les quatre Épilres catholiques. Cependant au concile de Carthage
CANON DES LIVRES SAINTS
.lil. llarlcl, Vienne, 1881, <lr., n, 6, 4; Cai'nt. apoh, inc, 1887, p. 07, IH5, IH7,
cite IKpitre aux lielu mx, I l|.ilrr ,lr ..lint l:ir,|iir.!, ,|ii,. ne connaissait pas Minii (aihum \m, iin m /), 'l',i,,,i .
XVI, P. i., t. III, cdl. '.M7, I Ml .illii-h^ii ,1 ll| .Mi\
Hébreux. Le canon i\r cii.-lirnli.iin, puMi. pu \I..iimiisen, mentionne les trois l'^pilres ilr ikiI i m •< 1rs deux de saint Pierre. Les mots : uiia s. '(. m-hI' ' l^i suite de ces deux mentions, ne sont p:iv ih , . niimnl
<ies restrictions, et ^I. Iiurlie<:ne, /;,(,;,/, ;.(.■.
•15 mars '1886, p. 117, ,i pi .ipn-.' il.' I. -, , ..iiiplri.r .m-i : [Jacobi] ttna sola; \,liiJ,r[ tm.i s,^!.i. \'.iii- l'i .■n-^rlini. Analecla, p. 139. SainI dphil .Ir MiI.ac nr Dir p,,- non plus l'Épitre aux Héljreux. Klie restait donc étrangère à l'Église d'Afrique. L'Ambrosiaster, In II Tim., i, P. L., t. XVII, col. i-SS, et Pelage, In Morn., P. 1.., t. XXX, col. 667, la citent comme Écriture, ainsi que ■saint Hilaire de Poitiers, De Trinit., iv, 11, P. L., t. x, col. lOi; Lucifer de Cagliari, De non conv. cum hxrel., 10, édit. Hartel, Vienne, 1886, p. 20, 2'2 ; le prélie l'austin, De Trinit., 2, P. i., t. xiil, col. (il ; s, uni Amln ms,.. De fuga sœc, 16, P. L., t. xiv, col. .".TT n I m il. r. op. cit., 15, ibid., p. 33, et saint Anili' i- . // / "i., VI, 43, P. L., t. XV, col. 1679, citent aussi I i.piliL de saint Jude. Saint Hilaire, De Tvinit.,i, 17; iv, 8, P. L., t. X, col. 38, 101, cite la II» Épitre de saint Pierre et la lettre de saint .Jacques. Pliilaslriiis, Jl.rr., 88, P. L., t. XII, col. Il'.ni, iiHiiliniinr p.iniii l.s I,;mvs saints treize Épitres il.' -uni IVinl --ni. nmiiI .i 1rs
sept Épiti-es callioliqu. -, il ..m. t I I | ■ ni\ II- l.i.'iix
et l'Apocalypse, mais il .siynalc les Imrsus i|ui rejettent l'Évangile de saint Jean et l'Apocalypse, ou l'Épitre de saint Paul aux Hébreux. Hœi:, 60, 89, col. 1174, 1206. Rufin, Exposit. symb., 37, P. L., t. xxi, col. 374, copie saint Athanase et a un canon complet. Saint Jérôme, Episl. ad Paulin., 8, P. L., t. xxii, col. 548, énumère tous les livres du Nouveau Testament. II connaît et rapporte la diversité des opinions relativement à l'Épitre aux Hébreux. De viris, 5, 59, P. L., t. XXIII, col. 617, 669; Epist., cxxix, ad Dardan., 3, P. L., t. XXII, col. 1103. Il la reçoit sur l'autorité des anciens, bien que les Latins ne la reçoivent pas, comme il reçoit l'Apocalypse malgré les doutes des Grecs. Tract, de Ps. i ; de Ps. cxLl.\, dans Morin, Anecdola Maredsolana, t. m b, p. 5-6, 314. Parfois cependant, à cause de l'usage latin, saint Jérôme fait des restrictions à son sujet. In Ezech., xxvill, 11, P. L., t. x.w, col. 272; In Zach., viii, 1, ibid., col. 1465 ; In Epist. ad Eph., ii, 15, P. L., t. XXVI, col. 475. Mais si saint Jérôme n'a pas d'hésitation relativement à l'Épitre aux Hébreux et à l'Apocalypse, il est moins ferme à propos des autres deutérocanoniques. Il sait que la 11= lettre de saint Pierre est contestée par le plus grand nombre, De viris, 1, P. L., t. XXIII, col. 608; mais il explique la diversité de style par le recours à divers secrétaires. Epist., cxx, ad Hedibiam, P. L., t. xxii, col. 1002. Pour l'Épitre de saint Jacques, elle aurait été écrite par un autre et aurait ensuite acquis peu à peu de l'autorité. De viris, 2, P. L., t. xxiii, col. 609. L'Épitre de Jude est rejetée par le plus grand nombre, quoiqu'elle ait, elle aussi, acquis peu à peu de l'autorité et qu'elle soit comptée parmi les saintes Écritures. Ibid., 4, col 613-615. Les deux dernières Épitres de Jean sont attribuées à Jean l'Ancien ; beaucoup pensent qu'elles ne sont pas de l'apôtre, mais du prêtre Jean. Ibid., 9, 18, col. 623, 637. Saint Jérôme accepte cependant pour son propre compte tous les deutérocanoniques du
Uns,,
resterait, a pro]
des doutes
au prêtre Jean
Tesl.nnienl, il njelle les apocryphes et permet piil,Ii,pi, ,ln r. I,. iir.de l'Épitre de Barnabe,
1 I I , n vue de l'édification. Cf.
' 'Il Ht Jérôme, Bruxelles et
I'.. p ',: Ji.: JT I ■i.'^i'J ; ]'. Gaucher, SainlJé- ; ,,,^,,, ,-,,/,..„ ./,■•, ili'iihiiiiaiwtnques, dans la
■,///,..//,/,„., IVM„n' l!l(ll, p, I'.I3-210.
n.ii-, l.. n. III. .11 lin N.nn.Mii Teslamcnt était dé-
, ni li\, ,11 1 1, , ni. iil. A Home, le pape Damase ,11 ;^J. Mil ,l,,i,i reproduit plus tard par le
.1-. .1 ,,.iiipr, 11.1111 tous les livres du Nouveau
iil, s. Ion 1.1 I, , lin lie quelques manuscrits, il y
des iCpitres de saint Jean, un indice
; les deux dernières étaient attribuées
Labbe, Concil., t. iv, col. 1261. Mais
(l'niilr, ■ mniinM-ril:. r,'pi ,idnis:inl le remaniement fait
pn m. ., i . !.. li, 1111, ni plus cette distinction
l'i ,li .n ; , .,;„,s/,./( riiisiiihi: III, Preuschen,
AïKil.'r'.i. p l'i'i. ,-, ,111111, ■ plus liird Innocent I«'' dans sa lettre à Kxuiière de Toulouse. P. L., t. xx, col. 501. En Afrique, saint Augustin, De doct. christ-, ii, 12, P. L., t. XXXIV, col. 40, dresse un canon complet. L'évêque d'Hippone n'ignorait jki-- r,-p,nc! ml L-- .Imilns antérieurs sur l'Épitre aux Ib II il /' /
ramiss., i, 27, P. L., t. xi.iv. , . ! .7 / > ,,.
8, P. L., t. XL, col. 225, et lui-iii. I, .■, . p..,, .1. iu'.i,
jusqu'à sa mort, il ne l.i eilo pin Io.im, île
saint Paul. 0. Ilotluiiuiin r. S,,,,,i .l,-.,.,s/,„ .,,, / ,,„leur de l'Épitre aux II, lu, lu. (Lui- l,i /;. . », /„.,„w,,.- (ineJuilletl901,p.257-2(il.ll.s.uilileLiaindivau.ssi(iueles pélagiens ne lui contestent l'Apocalypse. Sernt., ucxcix, P. L., t. xxxviii, col. 1376. Il repousse les apocryphes. D'ailleurs, le concile d'Hippone en 393 avait promulgué un canon complet qui a été renouvelé à Carthage en 397 et en 419. Mansi, t. m, col. 924, 891 ; t. iv, col. 430 Voir t. i, col. 2341-234-4. En Espagne et dans la Gaule, le canon était identique.
L'usage liturgique et ecclésiastique l'emporta donc définitivement sur les doutes qui avaient surgi au IIF siècle à la suite de la comparaison des traditions divergentes des Églises. Quoique Cosmas Indicopleuste, Topog. christ., xii, P. G., t. Lxxxviii, col. 373, omette encore, vers 540, l'Apocalypse et les sept Épitres catholiques, quoique le patriarche Nicéphore, P. G., t. c, col. 1056, range encore au ix» siècle, l'Apocalypse parmi les antilégomènes, l'Église grecque, à partir du vi» siècle, accepte ces écrits autrefois contestés. Cf. Léonce de Byzance, De sectis, ii, P. G., t. lxxxvi, col. 1200; S. Jean Damascène, De orthodoxa fide, iv, 17, P. G., t. xciv, col. 1180; Synopse dite de saint Athanase, P. G., t. xxviii, col. 289-293; Nicéphore Calliste, H. E., II, 45, P. G., t. CXLV, col. 880-885. Dés la fin du IV» siècle, le canon du Nouveau 'Testament ne subit plus la moindre variation dans l'Église latine, et on rencontre seulement de loin en loin, au cours du moyen âge, quelque mention des anciens doutes sur les deutérocanoniques. Cf. Loisy, Histoire du canon du N. T., p. 208- 233. Aussi le pape Eugène IV, en 1441, promulgua, dans son décret aux jacobites, un canon identique à celui du canon de Damase, et le concile de Trente définit officiellement en 15W5, la canonicitt de tous les livres du Nou\eau Testament sans distinction
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CANON DES LIVRES SAINTS
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