‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 54 sur 741 · US · texte numérisé non relu

US

Les propositions 72* et 73« ne sont pas sans rapport avec la doctrine générale de Baius sur le caractère naturel des dons primitifs. Comme l'exemption de la concupiscence, comme l'immortalité du corps, l'impassibilité ou l'absence de toute souffrance et de toute afiliclion rentrait dans la condition normale de l'homme où, d'après le docteur lovaniste, le mal ne pouvait avoir de place. Là où la souffrance et l'affliction se trouvent, il faut nécessairement affirmer le péché originel ou actuel. Cette erreur se réfute par les mêmes principes que les erreurs de Baius relatives aux autres dons préternaturels de l'état primitif. Bellarmin, Refutalio Baii, fol. 243 sq. ; Ripalda, op. cit., disp. XII; Casinius, op. cit., a. 3, p. 76 sq.;Linsenmann, op. cit., p. 127. Nous nous trouvons ainsi ramenés, à la fin de ce commentaire sur les propositions condamnées par saint Pie V, à l'erreur fondamentale que nous avons rencontrée au début et dont l'influence s'est fait plus ou moins sentir partout où il s'agissait, non de simples assertions sans grande importance et pour ainsi dire isolées, mais de propositions qui rentraient vraiment dans l'ensemble du système baianiste et qui seront reprises bientôt par les héritiers légitimes du chancelier de Louvain, les jansénistes. Et c'est aussi par ce côté-là que le baianisme eut un résultat considérable sous le rapport du développement théologique, celui de faire étudier plus à fond et de faire préciser dans l'Église la notion du surnaturel.

En ne considérant dans la grâce que l'idée de gratuité, natiirx nostrse indebitum, et en laissant complètement de côté la nature intrinsèque des dons en question, Baius détruisait implicitement la distinction, essentielle pourtant,- entre le surnaturel absolu, entitativum seii (jitoad essenliam, et le surnaturel relatif, quoad modum ; car cette distinction repose en dernière analyse, non sur la note de gratuité qui est commune à tout surnaturel, mais sur le fondement de cette gratuité qui, dans le surnaturel absolu, est la nature même du don, cl dans le surnaturel relatif, n'est qu'une circonstance accidentelle, par exemple, tel mode de production qui di'passe les forces naturelles. Pour avancer dans cette question, il fallait une étude beaucoup plus large que celle de Baius, cantonné dans un nombre très restreint (le Pères et de docteurs ; à la littt'Tature augustinienne, riche en tout ce qui touche la déchéance du genre humain et la nécessité de la grâce actuelle, il fallait joindre la littérature grecque, plus riche en ce qui concerne la grâce sanctifiante et l'habitation du Saint-Esprit dans les âmes. La controverse baianiste donna lieu à de remarquables travaux, où la notion du surnaturel fut étudiée à fond ; tel, par exemple, le traité de Ripalda qui a été si souvent cité au cours de ce commentaire, et, dans ce traité lui-même, cert;iins passages en particulier, comme disp. V, sect. v. Les déclarations repétées du magistère ecclésiastique secondèrent le travail de la théologie, etainsi s'est élaborée cette notion précise du surnaturel qui avait été proposée à la définition des Pères du concile du Vatican, dans la partie de la constitution dogmatique que le temps ne leur a pas permis de traiter : « Anaihéme à qui oserait dire qu'il faut admettre l'ordre surnaturel seulement au sens où l'on peut appeler surnaturel ce qui n'appartient pas à la perfection essentielle de l'homme; et refuserait de reconnaître l'existence de dons divins et d'institutions qui dépassent les forces et les exigences de la nature créée et l'élèvent à une perfection d'un autre ordre. » Acta ss. concilii Vaticani, op. cit., col. 566: cf. 516, 547 sq., 555 sq.

Sentcntia: D. Micliaelis Baii docloris lovaniensis a diiobus aonliflcibus daninatx et a Roberto Bellarmino rclutat.T, manuscrit in-12 conservé ù la Bibliothèque de Bruxelles, Ms. iSSO. fol. 1*4 sq. ; c'est un extrait des commentaires inédiU du cardinal de aaintTliomas d'Aquin; on rou-ouve nji-L'rsi.v : Marlinei de Uipalda, S. J.,

RALDUIX

Adversus Baium et baianoSf par manière d'appendice à son grand ouvrage Deentesupematurali, in-4', Paris, 1872, t. v. vi, principal ouvrage dogmatique contre le baianisme en ce qui concerne la notion du sumatm-el et l'état de nature déchue; Suarez, De gratia Dei, prolegom. vi, c. Il, dans Ope)-a omnia, Paris 1857, t. VII, p. 283 sq. ; Martin Steyaert, In propositiones damnatas annotationes omnes Jam coUectse et ob authore recognitx et illustrât^, 4- édit., in-12, Louvain, 1753, ou dans les Opuscula du même auteur, Louvain, 1715, t. i, p. 129 sq. ; de la Chambre, Traité historique et dogmatique sur la doctrine de Bains, c. ui : JustiGcation de la censure des Lxxvi propositions, Iravailulil.Miiais mi r.iui.ur nr tiriii 1 a^ a— fz compte delà clause

Ani. • iroversia de statu

pii' '■■!. avec une préface

de^

Tr.'. ', '.- . ,.,r., ,,,--, -.s Michaelis

Bai , , ,1 .,ii |„.iii .;■ ,iU! ' -I -|i' la pensée de

B.->ill- . ! . ■ '.I . '..|,.,, , :': . I , ■ , ,. Ilalist, O.P.,

l'roposi-

prœdan

■ Itu ; Cxreg.

détecta,

dii'iv" I h - -. Il- ,1, r.cole augustinienne :

Beiti 1 I, .,,,<.... vindicalum, pas-

siin. - ' I \l, . I Ha-~an-. 1792, t.IX, p. 265 sq.

Pom I : . ! tmliaianiste ou semijanséniste de diverses

pri'[" - il II, i ^aint-Ignace,ir(/iicaamoîn's, in-fol., Liège,

1711'' ! . I •'!. ouvi-age mis à l'index le 21 août 1714

Page 1