‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 562 sur 741 · CARACCIOLI — CARACTÈRE SACRAMENTEL · texte numérisé non relu

CARACCIOLI — CARACTÈRE SACRAMENTEL

virlù in générale, délie loro hellezza, varietù e connessione, Naples, 1650; 2» Délia virtù délia fede, e dei piii grandi e nieravigliosi misteri che ellù ne insegna di Dio, di Cristo, e dei novissinii, Naples, 1651; 3» Dell' amore o carilà inverso Dio, Naples, 1651; 4» Introdu- ^ione aW etica dell buon cristiano, Naples, 1651 ; 6» Dell' uomo giusto, Naples, 1652; 6» Dell' uomo temperalo, modeste ed iimile, Naples, 1653; 7» La creazione dei mondo; lezioni istorichee morali sopra l'opéra di sei giorni seconda il mosaico essamerone, Rome,

Topp'i, Bibliotheca neapo)itana,'Naj>\es. 1678, p. 131; Vezzosi, / $crittori dei chierici regolari clelti teatixi, Rome, 1780, t. i, p. 197-200.

A. Palmieri.

l.CARACCIOLOAntoine.thêatin italien, né dans les Abruzzes, mort en 16i2. Il a laissé beaucoup d'ouvrages d'archéologie et d'histoire ecclésiastique. Ses ouvrages théologiques sont : 1» Apologia pro psalmodia inchoro, Lyon, 1640; Paris, 1661, dirigée contre Grégoire de Valence, d'après qui les religieux s'étalent imposé l'office du chœur, tit inepli ad alia niinisteria spirilualia;^« Biga illustrium co>i>ro,;;-<iar'n}i. Naples, 1618; 3° D. Aurelii Augusliiii confessionum flores, reseclis r,-, in sex areolas distribuli, Naph tomi secundi Francisci Suarc:

D. Thomse vbi de vita bealissi Lyon, 1683.

. fh rjinnensis, "/i xpinis, - 1 inipendium ti'rl'iam parlem Virginis agitur,

Toppi, Bibiiotheca neuj^'-hi.n.,, , Naj ', -; itTx, , -, ^;i, ;. Historiarutn cleric&i'iut/ ,- , , , ,, i, i. ::,,

p. 149, 197, 205; Vezzosi. y - ,,', // , ;,, , , , , ;,

teatini. Rome, 1780, t. i. |., l-'i-l';,. ii,,,,,, \ ,,,,,,,/,,/ --, t. I. p. 472.

A. Palmieri.

2. CARACCIOLO Robert, issu d'une noble fomille, naquit à Lecce, dans les Fouilles, vers 1425. Avant sa naissance, voué par sa mère à .saint François, il fut tout jeune confié aux conventuels de Nardo, puis entra chez les observants. Il v devint bientôt un prédicateur

défUi'~. ^^itiv)- ! ,! , . i;. li .. :,-;; M I , , in i -,, Ijlnllli-

religieuse qu'il .iluiiduiiiM |h,ni' ju-mi , |,,v Ii - miiMii-

tUelS, et il rhl|.lM\,, Inut.. -.ni innilrncr rnllllv -r>

anciens confri-r,-, l.r- lu.^.'niiiiiN -diil l.ji t ii.ui.ii,.- -ni' sa coniliiit,' . t ii>.ii- ne vouluns pas alioriler cette question. S.i I , [iiiiiihii roiiime orateur était admise sans conli -Il , Mil 1 ,i|i|i. [,,ii „ le nouveau Paul, le prince des prédicilriii - . i, - ji.ipes l'avaient en estime, Callixte III l'envoyait comme nonce à Milan pour recueillir les dimes prélevées pour la croisade contre les Turcs; Paul II le mandait à Ferrare et le nommait prédicateur apostolique. Le roi de Naples Ferdinand II le choisissait aussi pour son prédicateur et son fils Alphonse le prenait pour confesseur. Sixte IV créa Caracciolo évèque d'Aquin le 25 octobre 1475; son successeur le transférait à Lecce, sa patrie, le 22 mars 1485, mais Robert reprenait au bout de peu de mois l'administration de son premier diocèse dont il porta toujours le titre. Il mourut à Lecce le 6 mai 1595, laissant une œuvre oratoire qui avait eu un succès sans égal dans l'histoire de la typographie encore au berceau. Hayn lui consacre 80 numéros (4418- 4498) de son Repertorium ; aussi nous renonçons à énumérer toutes les éditions de ses œuvres, dont nous donnons seulement les titres, qui varient suivant les imprimeurs : Opus quadragcsimale perutilissinuim rjuod du pxnitentia dictum est, Venise, 1472; Sermones de adventu et de timoré judiciorum Dei... accedit oratio de morte, Venise, 1475; Quadragesimale ttahco, composé à la demande de Ferdinand, roi de Naples, Naples, 1476; Quadragesimale atireum de pec-

catis, achevé de composer le 9 octobre 1483, Lyon et Venise, 1488; .Sertnnyir^ rlr Inndibus sanctorum, Naples et Venise, 1489: /',m /., ,w,m,,,'s a pj-ima dominica de adventu... ns^/n- n'i <in<!,i,im. et de festivitatibus o Xalivilale Do)iuni nsi/nr ../ Epiphaniam ; Sermones per adrentum seu collecta magistralia de formatione hominis moralis, Nuremberg, 1479; Spéculum fidei, Speccliio de la fede, con sernwni latini e volgari delli misterii di Christo e dello. gloriosa Vergine madré e di altri sancti..., dédié à Alphonse d'Aragon, duc des Calabres, Venise, 1495. On lui attribue aussi un Tractatus de incarnalione Christi contra errores judseoruni qui in Christo credere nolunt. Ses œuvres furent en partie réunies en 3 in-fol., Venise, 1490; Lyon, 1550. L'éloquence de Caracciolo porte ce cachet de franchise brutale, même triviale, que l'on trouve chez plusieurs prédicateurs de cette époque ; son empire sur les foules était complet et il communiquait ses sentiments à ses auditeurs, les faisant passer du rire aux larmes. Il n'avait pas la dignité de saint Bernardin de Sienne, dont quelques-uns le disent disciple, bien que lui-même affirme ne l'avoir jamais vu. La vie de Caracciolo fut écrite par Dominique de Angelis en 1703.

Wadding, Annales minorum, an. 1454, etc.; Dominique de .\ngelis, Le vite de' lelterati Salentini, 1710, dans Giomale de letlerati d'Italia, Venise, 1713, t. xiii, p. 263; Tiraboschi, Storia delta letteratura ilaliana, t. yi, 1. III, c. vi, § 6; Sbaralea, Supplemeiitum et castigatio ad scriptores ord. minorum, Rome, 1806; Hain, Repertorium bibtiographicum, Stuttgart, 1826, loc. cit. ; Ricliard et Giraud, Dizionario universate délie scieitze ecclesiasticite, Naples, 1844; Hurler, Nomenclator, t. IV, col. 915; L. Lemmens, B. Bernardini Aquilani Ctironica fr. min. observantiœ, Rome, 1902, p. 39-56.

P. EDOUARD d'Alençon.

CARACTÈRE SACRAMENTEL. - I. Définition et existence. II. Nature. 111. Rôle et propriétés. IV. Le quasi-caractère.

I. DéI'Inition et existence. — Le concile de Trente définit le caractère sacramentel lorsqu'il déclare contre les protestants, sess. VII, can. 9, Denzinger, n. 734, que trois sacrements : le baptême, la confirmation et l'ordre, impriment dans l'âme un caractère, c'est-à-dire un signe spirituel et indélébile, en vertu duquel ces sacrements ne peuvent être réitérés. Le caractère imprimé par l'ordination est de nouveau affirmé par le canon 4 de la session XXIII, Denzinger, n. 865, et la profession de foi de Pie IV spécifie que la réitération de l'un des trois sacrements précités constituerait un sacrilège. Denzinger, n. 865.

Le décret rendu au concile de Florence (1438) par Eugène IV pour les .\rméniens contenait déjà la même doctrine. Denzinger, n. 590. Deux siècles auparavant, Grégoire IX (1227), interrogé sur la validité des ordinations faites illégitimement extra tempora, mettait hors de doute que ceux ainsi ordonnés avaient le caractère sacramentel. Décret., 1. I, tit. xi, c. xvi, Consultationi. De même, à propos du baptême conféré à des sujets endormis ou atteints d'aliénation mentale. Innocent III (1198) répondait que ces sujets avaient ou non le caractère sacramentel selon qu'ils avaient antérieurement accepté ou refusé de recevoir le sacrement. Décret., 1. III, tit. XLii, c. III, Majores. Denzinger, n. 342. Cependant les termes (alii non absurde distingmmt) dans lesquels Innocent III propose son enseignement montrent assez que ce n'est pas une définition de foi.

Innocent III a-t-il inventé ce dogme? Le protestant Chemnitz l'a prétendu, dans Bellarmin, De sacr. in gen., 1. Il, c. xvi, et il semblerait au premier abord que certains théologiens catholiques, en nombre il est vrai très restreint, ont été de cet avis. Ainsi Scot, IV Sent., dist. VI, q. viii; Biel, IV Sent., dist. VI, q. II, a. 1; Cajétan, In lll""> Suni. theol., q. LXiii, ont écrit que l'existence du caractère sacramentel ne se dégageait nettement ni de l'Ecriture ni de la tradition

1(51 ly

CARACTERE SACRAMENTEL

piilristique et ne pouvait se démontrer que par l'autorité (il' l'Église, c'est-à-dire par le décret d'Innocent III, mais de cette opinion à la thèse protestante, il y a visiblement fort loin. Les théologiens précités ne taxent point l'enseignement d'Innocent III d'innovation dogmatique; ils y adhèrent tous; ils y voient même une délerminalion, c'est-à-dire une définition doctrinale, et s'ils font des réserves sur la valeur de la preuve scripturaire ou patristique, elles montrent simplement qu'à leurs yeux les vérités révélées confiées au magistère de l'Église ne sont pas toutes contenues dans les Livres saints ou dans les écrits des Pères. Au reste, la niasse des théologiens de l'époque précédente a ignoré ces réserves. Cinquante ans avant Scot, saint Thomas témoignait que l'existence du caractère était admise de tous : (hunes modarni confitentur , IV Sent., dist. IV, q. I, it un demi-siècle avant saint Thomas lui-même, Ciuillauiiie d'Auxerre (1223) avait écrit sur ce sujet dans sa Suiiiiiic, 1. IV, des pages si précises qu'on est fondé à SI- (U'iiiaiuler s'il ne s'est pas inspiré de travaux aiil'i i' III V. rr. O, I,;iake, t'ber den sakramentalen Cliaral.hr^ Minihli, l'.tli:!, p. 58-105.

1,1 |iiil I 11 -uil, on peut l'affirmer en toute certi-

tiiili I ,11-^1 i.uiM imnt d'Innocent III n'était que le prolonL;iiiunt île la tradition des premiers âges de l'Église. Tous les principes sur lesquels reposent le dogme et la théoluyie du caractère sacramentel avaient été exposés au V siècle par saint Augustin dans ses écrits contre les donatistes et il est à remarquer que le saint docteur s'appuie non sur la foi de la seule Église d'Afrique, mais sur celle de l'Église catholique. De baptismo, 1. VI, c. I, P. h., t. XLiii, col. 197. Voir t. i, col. 2U7-2il8. Et en effet, moins les développements et les précisions que n'exigeait alors aucune polémique, la doctrine des Pères grecs et latins du iv« siècle est identique à celle d'Augustin. Il est même possible de remonter jusqu'au 11= siècle le courant traditionnel, malgré le peu de monuments qui nous restent de l'époque apostolique. Cela seul suffit à établir que la présente doctrine était contenue dans la prédication des apôtres; mais les Épitres de saint Paul fournissent à cet égard des indications qui deviennent saisissantes lorsqu'on les rapproche de la tradition des siècles suivants. Ces différents points se prouvent comme il suit.

1» Les donatistes reconnaissaient avec toute l'Eglise que le baptême, la confirmation et l'ordination, une fois validement reçus, ne pouvaient pas être réitérés, mais ils niaient qu'on put les administrer ou les recevoir validement au sein du schisme ou de l'hérésie. A leurs yeux, le baptême, c'était surtout de ce sacrement qu'il s'agissait, était nul si le baptisé ne recevait pas la grâce du Saint-Esprit. Or, disaient-ils après saint Cyprien, ceux qui sont séparés de l'Église sont, par le fait, séparés du Saint-Esprit; donc leur baptême est nul et doit être réitéré. S. Augustin, De baptismo, 1. III, c. XIII sq. P. L., t. XLiii, col. 146 sq. ; 1. V, c. xxiii, n. 33, col. 19i; cf. 1. VI, c. i, col. 197. L'évêque d'Hippone fut donc amené à expliquer pourquoi le baptême et les deux autres sacrements, une fois conférés sous le rit voulu, ne pouvaient jamais être réitérés, étaient valides même quand ils ne produisaient pas la grâce.

1. Le baptême, conféré en dehors de la communion catholique, dit le saint docteur, est un vrai baptême, mais il est illicite. De baptismo, 1. I, c. m, iv; et celui qui le reçoit ainsi sciemment n'en tire point de profit, c. V, n. 7, mais s'il entre dans la communion de l'Église, on ne doit point le rebaptiser ; par le fait de son retour à l'unité, l'elïet de rémission des péchés sera produit en lui par le sacrement qui ne pouvait lui être utile tant qu'il était dans le schisme, c. xii.

2. Comment le baptême peut-il exister sans conférer la sanctification du Saint-Esprit? C'est que, d'après saint Augustin, parmi les eftets du baptême, il en est un qui

se produit indistinctement chez les bons et chez les méchants, donc, indépendamment de la grâce qui n'est reçue qui- p.ir les bons. Ciini ertio dlind sit san-ann'ii-

tmn qin.^l rli.nn S, ni"» .1/.i;;»n /„il„;-r pnt iiil : ,ih u,l Op,;;,l,., Si,n:l„..,n.r n, ,„.,!, s ri,.,,,, h„„,,,i,l„,s /,,■,■,

,-i ,ir,i i.,,,,,i , rh,i,ihis ,ii,:r rooperit miilhhi.l, ,,,-,,, i>, ;■,',, la, ,1,,,. p,',,/!,-,,,,,, .I,>,,iiii, est catholica i,,„lal,s, 1. 111, .:, \\l, roi. ll'J. l'Iiis loin, 1. V, C. xxiv, col. 193, il s'explique, s'il est possible, plus clairement encore, à propos du texte, Gai., m, 27 : Quicumque in Chrislo baplizati cstis Christum induistis. IndiiiDil ,11,1, ■III Jiiiiiiiiies Clii-'isliiiii aliqiiando usque ad sacriiiiii'iiii /i, ',-r,'i,i, ,,,!,■, Il . nliiiiiiiiiiln et risque ad vitas sanrliliriiiuiiirin ; nhinr illiiil pniiiiim et bonis et malis potesl •KM' rnniniiiiic, lim- allmnii proprium est bonoruin et piormu. Et pour achever la réfutation des donatistes, il les enferme dans le dilemme suivant : Quapropter, si baptisma sine Spirilti esse non potesl, habent et Spiritioii hseretici, sed ad perniciem, non ad salulcm, sicul liabuit Said... Si autem non habent avari S/iiriluin Dei et tamcn habent baptisma, potest essf sine Spirilu baptisma. Ibid.

Or, cet effet, commun aux bons et aux méchants, n'est pas seulement indépendant de la grâce, il est permanent et indélébile; ainsi l'on peut dire que le baptême persiste après avoir été ilnnni' : rriiv qui l'ont reçu le gardent, il demeure m i ii\, il inlim. à leur àme : c'est pourquoi il ne priil |ilii- .in- i^inl.'. Saiiil Augustin ne se lasse pas de n'pi l. r .rlii' il.ulrine; ainsi. De bapt., 1. VI, c. ix, n. 14, /'. /.., t. XLiii, col. 204 : Si non esset baptisma unum cl verum nisi in Ecclesia, non nlique esset in eis qui ab unitale discedunt. Est antem in eis, nam id non vecipiunt redeuntes non oh aliud nisi quia non amiserant recedcntes. Et ailleurs prenant comparaison du signe corporel, stirjma, dont on marquait autrefois les soldais, il écrivait, Cont. epist. Parmen., 1. II, c. xiii, n. 29, P. L., t. xliii, col. 72 : An forte minus hxrent saci-amenta christiana (baptême et ordination dont il est question au n. 28), quam corporalis hxcnota cum videamus nec aposlatas carere baptismale, quibus utique per pxnitentiam redeuntibus non restituitur, et ideo amitti passe non judicatur-? Il n'en est pas ainsi de l'imposition des mains, accompagnée de la prière, qui conslitue le sacrement de pénitence : Manumn autem impositio non sicut baptismus, repeti non potest. Quid est enini aliud nisi oralio super Iwmine? De bapt., 1. III, e. xvi, col. 149. Le baptême se distingue donc, d'après saint Augustin, des sacrements purement transitoires; il n'est pas seulement permanent au sens qu'une fois conféré, il est toujours vrai qu'il a été conféré, mais il laisse dans le baptisé une trace ineffaçable. Voir col. 204-206.

4. D'ailleurs, outre le baptême, deux autres sacrements possèdent cette propriété spéciale. Il y a d'abord le sacrement du chrême ou de la confirmation : Sacramentum chrismatis in génère visibilium signacidorum sacrosanclum est sicut ipse baptismus, sed potest esse et in hominibus pessimis. Cont. lilt. Petit., 1. II, n. 239, P. L., t. xliii, col. 342. II y a en outre l'ordination : Episcopi redeuntes ex schismate non rursus ordinati sunt, sed sicut baptismus, in eis ita ordinatio mansit intégra, et quand même ils ne sont pas replacés à la tête de leurs églises, non eis ipsa ordinationis saeramcnta detrahuntur, sed manent super eos. Cont. litt. Parmen., 1. III, c. xiii, n. 28, col. 70; cf. De bapt., 1. I, c. I, n. 2, ibid., col. 109.

5. Mais enfin, en quoi consiste donc cet effet singulier de ces trois sacrements"? Saint Augustin en donne une double idée. Le baptême et l'ordinalion, dit-il, sont une sorte de consécration : utrumque sacramentum est et

CARACTÈRE SACRAMENTEL

qaadam consecratione homini daiur... ideoque in catholica utrumqtte non licet iterare. Cont. epist. Parmen., ). Il, c. xiii, n. 28, P. L., t. XLlii, col. 69. Dans sa lettre à Boniface, Epist., xcviii, n. 5, P. L., t. xxxin, col. 36'2, il insiste sur les conséquences de cette consécration chez les hérétiques ; Quse consecratio reum quidem facit hxreticuni iM i lu Dnmini giegem habentem characterem, corrigemlmu i, :,,,.'„ mlinonel sana doc- Irina, non item sirnihlc, mus,; , ,i,,,lu,n.

6. Aussi, cette consécialiuu .s appelle, dans la langue de saint Augustin, le caractère du Seigneur. Ailleurs, ce caractère est comparé à l'empreinte que portent les monnaies, au signe corporel dont sont marqués les soldats, Cont. epist. l'omirti. . Inr. cit., n. 29, P. L., t. XLiil, col. 71, ou les hiv!,i~. /),■ /..'/./., 1. VI, c. I, n. 1, ibid., col. 197, maiciue ■■\ -i^m disiinctif d'honneur pour les lidèles, de coiulaïuiiatiun pour les déserteurs. Cont. Crescon., 1. I, n. 35, P. L., t. XLiii, col. 464. Cf. 0. Laalœ, p. 35-57.

2» Dans leurs discours et dans leurs écrits, les Pères des iv= et \" siècles visaient surtout l'instruction des simples fidèles; c'est pourquoi leurs témoignages touchant le caractère sacramentel se rapportent surtout au baptême. ToutefrHs. Ini-sqne. dme |e\irs rpiivres, il est question tlu s/;/:"' ' "Il -■■ m l.:(|iii<iii,il. >-iii iloit entendre par là l'^.il. III' i.i i' ,1! H l'ir iiii|iiiiiir |i:ir l;i confirmation. Les l'en - i-..iril,ii.iii .11 ellel. .1 |ii-le lilre. hi confirmation connue un coaqDléuient ilu bapliiie- el l.i uniluini' d'alors, encore aujourd'hui suivie par le, (in , -,. , i,,,i d'administrer le sacrement aussitôt ajnv, l. iripi m, , D'ailleurs, là où les Pères parlent e\]iii >-eiii, ni ,1e l.i confirmation, ils ne manquent pus ,1e I., m, lire. ,|ii.ii,t au sigillum, sur le même rang i|iii- 1,- li:,|il,'.irie. Teihillien. De resurrecl. carnis,c. viii. l'. /.., t. n, eol. .Silii; S. Ambroise, De myster., n. 42, P. L., t. xvi, col. 4U2; S. Cyrille de Jérusalem, Cat. nii/s<.,i.iii, n. 6, P. G., t. XXXIII, col. 1091; S. Grégoire de Nazianze, Or. in s. bapt., n. 4, P. G., t. xxxvi, col. 362. Quant à l'ordination, la transformation caractéristique qu'elle opère est exprimée au vif par saint Grégoire de Nysse. Oi: in bapt., XI, P. G., t. XLVi, col. 582.

Tout l'enseignement patristiiiue il,. ,,lle ,■11,1,111,' |ieul se ramener à trois points. Cf. I rm/i In, /'■ ^.'. ,.,,,,,/,lis, th. XXII : 1. Les Pères afliiui' 1,1 ,|ii-' I- l.,,],!,,,!-' imprime un caractère indélébile. > l:,,~il,. I u s. h,,i'i .. n. 4, P. G., t. XXXI, col. 431; S. Cwill,' ,.le .l,i ns.ibiu, Procatech., n. 16, 17, P. G., t. xxxiii, cul. WWl. :!r.i;; S. Ambroise, loc. cit. — 2. Ils niar,|iieut lu realit,; et quelque chose des propriétés du caractère à l'aide des mêmes comparaisons dont saint Augustin devait se servir après eux. S. Basile, loc. cit.; S. Grégoire de Nazianze, loc. cit.; S. Chrjsostome, In II Cor., 1. III, n. 7, P. G., t. LXi, col. 418. — 3. |Plus explicitement, ils indiquent la nature et le rôle du caractère. C'est une marque spirituelle, imprimée dans l'ànie, S. Cyrille de Jérusalem, S. Grégoire do Xazi.inze. S. i;ri'i;,iir,. de Nysse, loc. cit.; marque qui ,l]~riii::ui ,iii\ ynx ,|,. Dieu et de ses anges ceux qui apparie ni uni a sa laniille, S. Cyrille de Jérusalem, Cal., 1, n. -1. /'. (,.. t. xxxiii. col. 371 ; S. Basile, loc. cit., et qui fait reconnaître les déserteurs. S. Chrysostome, loc. cit. Elle distingue également les fidèles entre eux. S. Grégoire de Nysse, loc. cit. Ainsi le sigillum est séparable de la grâce quoiqu'il aide à la conserver. S. Ambroise, De Spiritii Sancto, I. I, P. t., t. XVI, col. 723; S. Basile, S. Grégoire de Nazianze, loc. cit. Il est notamment une protection contre les démons; ainsi furent préservées de l'ange exterminateur les maisons dont les portes étaient marquées du sang de l'agneau. S. Basile, S. Grégoire de Nazianze, loc. cit.

3» Les rares monuments de l'ère des persécutions qui sont arrivés jusqu'à nous contiennent une doctrine moins développée, mais cependant identique. Le bap-

tême, y lisons-nous, est un sceau dont sont marqué les fidèles. Hermas, Sim., ix, 16, Funk. Patres aposlolici, Tubingue, 1901, t. i, p. 608, 610; Il ad Cor., c. vu, VIII. Funk, t. I, p. 172. Ce sceau ne peut être brisé, Consl. apost., 1. III, c. XVI, P. G., t. I, col. 798; il est une force contre les tentations, Acta Theclse, c. viii, un préservatif de la grâce, Eusèbe, H. E., I. III, c. xxiii, P. G., t. XX, col. 259, un gage de salut et d'immortalité. Id., Vit. Constantini, n. 63, ibid., col. 1214. Voir col. 205- 206, 242. Cf. S. Irénée, Cont. Iiœr., v, 8, n. 1, P. G., t. VII, col. 1141 ; Théodote, dans les Excerpta, n. 86, P. G., t. IX, col. 697. On doit rapporter à cette époque la forme du sacrement de confirmation en usage chez les Grecs, car elle est de la plus haute antiquité. S. Cyrille de -Jérusalem, Cat. niyst., m, 7, P. G., t. XXXIII, col. 366. 0. Laake, p. 21-35.

La continuité de la tradition jusqu'à l'époque apostolique est donc manifeste. Elle prend un nouveau relief si on la rapproche de la pratique qui a été en tout temps, sans contestation, en vigueur dans toute l'Église, de ne jamais réitérer le baptême, la confirmation ni l'ordre après qu'ils avaient été validement conférés. En efiel, si l'Église s'interdisait la réitération de ces sacrements, ce n'était pas simplement à cause d'une défense de droit divin, c'est parce qu'elle croyait que ces sacrements impriment dans l'âme une marque indélébile; l'argumenlalion de saint Augustin n'a pas d'autre base. Il -uit n, e, ■■saii,hi,nl ,!,• là ,|ne cette croyance de l'Église a lin l'ii, [ p,j Miaiieiil ,l, - II, lis sacrements en question ,■^1 au--i an, ■H lin,' ,111e la prali,|ue à laquelle elle ser- \aii ,1e -iipp,iit. c'esia-dile qu'elle remonte aux apôtres ,.luiil la pr, ilicalion a été la règle de la foi de l'Église.

î lii- ,li\ers endroits des Épitres de saint Paul il senilile l'isnlter que les fidèles auraient été marqués par Dieu, lors de leur baptême, d'un signe spécial, dii tinct de la grâce quoiqu'en rapport étroit avec elle , et enfin indélébile. Qui itnxit nos Deus, écrit l'apôtre, II Cor., I, 21; cf. Eph., i, 13, et signavit nos et dedit^ pignus Spiritus in cordibus nostris. Ainsi, non seule- j ment Dieu nous a donné la grâce, unxit nos, mais encore et signant nos, il nous a distingués par un sii^n,' |i ,1 li, iili, I , -i^iie qui nous a consacrés à lui par r,ip. I ,! I M I -prit, signe de salut qui demeure

p, 1 1" III I ,1 n: A hii' contristare Spirituni Dei in :juo s,;/:,e/, . - ' ,H,lirin redeniplionis. Eph., iv, 30. Le catécliisme du concile de Trente, part. II, 29, cite l'Épitre aux Corinthiens en preuve du caractère sacramentel, et en effet, quand même on ne voudrait pas voir dans ces textes pris en eux-mêmes une démonstration rigoureuse, cf. Cornely, In Epist. Il ad Cor., Paris, 1892, p. 47, la doctrine du sigillum qui apparaît dès les temps apostoliques éclaire singulièrement les expressions dont saint Paul s'est servi et y fait voir clairement le germe de la doctrine qui s'est développée pendant les siècles suivants. 0. Laake, p. 11-24.

II. Nature. — 1» Ainsi, d'après la tradition des siècles chrétiens el le concile de Trente qui la résume, le caractère sacramentel est une marque imprimée dans l'âme : comme la grâce, il est un efîet du sacrement, mais il s'en différencie en ce qu'il est indélébile. Le caractère est donc quelque chose de réel. Bien avant saint Thomas, Guillaume d'Auxerre enseignait cette doctrine; Durand de Saint-Pourçain est le seul théologien connu qui s'en soit écarté. Il soutient en effet, IV Sent., dist. IV, q. i, que le caractère est une pure relation de raison et qu'il consiste simplement en ce que celui qui reçoit le baptême, la confirmation ou l'ordre devient, d'ailleurs à perpétuité, mais uniquement en vertu de l'institution divine, le sujet ou le ministre d'actions sacrées, de la même façon que parmi les hommes, en vertu des institutions sociales, tel ou tel est chargé de telle fonction, sans que son âme en soit aucunement modifiée. Beaucoup de théolo-

C A R A C T È R E S A C R A M lî N T E L

giens postérieurs au concile de Trente tiennent que l'opinion de Durand est digne de censure, cf. Franzelin, De sacr. in gen., th. xill, 1; en tous cas, elle parait inconciliable avec le canon, Denzinger, n. 841, où le concile définit comme deux choses distinctes et que l'ordre imprime un caractère et que le prêtre une fois ordonné ne peut plus redevenir laïc; dans le système de Durand, en effet, la première partie de cette définition en tant que distincte de la seconde, serait tout à fait inexplicable. On ne peut pas davantage faire consister le caractère dans une relation réelle dont l'un des termes serait l'âme, car ou bien ce serait l'âme toute nue et il s'ensuivrait que le caractère est commun à tous les hommes, S. Thomas, Sum. tlieol., III», q. LXiii, a. 2, ad 3»™; ou bien ce serait l'àme modifiée par le sacrement, ce qui semble avoir été l'opinion de Scot, IV Sent., dist. XI, q. x, mais alors, pour parler un langage exact, il faudra dire que le caractère est constitué par cette modification réelle qui, survenant dans l'àme, l'établit dans de nouvelles relations avec Dieu.

2» En définissant que le caractère est imprimé dans l'âme, Denzinger, n. 734, l'Église indique assez qu'il est réel non à la manière des substances, mais d'une façon analogue à l'empreinte d'un sceau, c'est-à-diro qu'il faut y voir une sorte de perfection i • i-l nh II [ni communique à Pâme une ressemblance ' | : : tés d'ordre surnaturel. 0. Laake, p. IM 1 ' I l i Der sakvamentale C/iaraktei; FrilmiiK, . n-l ;m-,hi, 1904, p. 0-18. Jusque-là les Ihéologicns soûl d'accord; mais si on leur demande quelle est cette perfection, les uns répondent, avec saint Thomas, qu'elle est une sorte de puissance puisqu'elle confère le pouvoir d'exercer certains actes du culte divin; d'autres, tels saint Bonavenlure, In IV Sent., dist. VI; Suarez, De sacr., pari. I, disp. XI; Bellarmin, De sacr. in gen., 1. II, c. XIX, y voient une sorte d'habilns ou de disposition, d'ornement de l'àme, qui n'est ordonné à aucun acte spécial; d'autres enfin avec de Lugo, De sacr. in gen., disp. VI, sect. m, regardent le caractère comme une capacité ou réceptivité purement passive. Cette divergence de vues s'explique par la diversité des relations qui naissent du caractère; selon que l'on considère telle ou telle comme prédominante, on est conduit à assigner au caractère une nature différente. Ainsi, on ne saurait nier que tout au moins le caractère presbytéral ou épiscopal signifie une véritable puissance, réelle et active, mais d'autre part, ce concept de puissance ne répond pas complètement à l'idée de cachet, de ressemblance divine imprimé dans l'âme par le caractère.

3» Pour le même motif, les théologiens se sont également partagés au sujet du siège du caractère. Cette qualité surnaturelle est-elle fixée directement sur la substance de l'âme, ou afîecte-t-elle immédiatement l'intelligence ou la volonté, ou ces deux facultés à la fois'? Saint Thomas, Sum. theol., III», q. un, a. 4, ad 3"™, tient que le caractère est] une qualité intellectuelle, attendu que les actes du culte divin, qu'il donne le pouvoir d'exercer, sont des actes de foi extérieurs, donc des actes intellectuels. Scot, In IV Sent., dist. VI, le place dans la volonté; saint Bonaventure, In IV Sent., dist. VI, dans l'une des facultés; enfin, Bellarmin, Suarez, de Lugo le font résider dans la substance même de l'âme. Cette controverse a été naturellement négligée par les théologiens imbus de la philosophie cartésienne qui niait toute distinction entre l'âme et ses facultés. 0. Laake, p. 190-194.

III. RÔLE ET PROPRIÉTÉS. — La métaphore traditionnelle de sigiUum, signaculum, exprime parfaitement le rôle et les propriétés du caractère sacramentel. Le sceiu imprime sa ressemblance là où il est apposé; les documents qui en sont revêtus prennent un caractère officiel ; il est un signe et aussi une garantie légale

de propriété pour les objets qui en sont marques. D'une façon analogue le caractère sacramentel, disent les anciens scolastiques, est un signe configuratif et consécratoire, distinclif et salutaire. Ces qualificatifs définissent les relations du caractère avec Dieu, avec l'Église et avec la grâce et il ne reste plus pour en donner une idée complète qu'à noter qu'il est indélébile.

1" Considéré par rapport à Dieu, le caractère est un cachet de ressemblance particulière avec Dieu et de consécration spéciale à son service.

1. Le nom seul de caractère implique l'idée d'une ressemblance imprimée dans l'âme, mais d'une ressemblance avec qui ? Avec Dieu, dit saint Thomas, Sum. theol., III», q. LXiii, a. 1, car Dieu imprime en nous son caractère. C'est pourquoi l'Église, dans l'absoute qu'elle prononce sur chacun de .ses défunts, représente à Dieu que ce fidèle insignitus est signaculo sanctx Trinitatis. Or, ajoute saint Thomas, le Verbe de Dieu est la figure, le caractère, ystpa'-'-TTip, du Père, Heb., I, 3; c'est donc très spécialement l'image de Jésus-Christ qui est imprimée dans l'âme. Tel est le sens de la définition magistrale rappelée par le même docteur : Cliaracter est dislinclio (un signe distinctif) n rhnraricrc xterno (par le Verbe) impresaa animm , .':,,.,..'■ .,,i(ndum imaginem cr.„<iqnni.~ '--unsacrant)

- rrratam (l'âme, lin! Pi I> xoloiilé)

/ ,, a nli et recréant t '..< Iini: (nlenr d.-

Il iiihn. cl de la grâce) et ih^i i n.r"'..-. ,i ,,u„ cunsignatis sccundum statum fidei (el distinguant en différentes catégories ceux qui en sont marqués de ceux qui ne le sont pas).

2. Les Pères ont fréquemment comparé l'empreinte sacramentelle à l'effigie des monnaies, au signe de propriété dont le maître marque ses brebis, au stigmate autrefois imprimé sur le corps des soldats. Le caractère est donc une sorte de livrée spirituelle (mais inhérente à l'âme), guicuniqite baplizali eslis, Christuni induis(is. Gai ., m, 27, un signe de domesticité spéciale de l'âme vis-à-vis de Dieu, c'est-à-dire de consécration à son service : Vos estis Christi. I Cor., m, 23. Cette consécration n'est donc pas purement nominale comme celle d'un temple ou d'un calice ou comme celle qu'entendait Durand, mais elle n'est pas nécessairement sanctifiante, puisque, selon le langage des Pères, elle demeure même chez les déserteurs.

3. Cette double idée d'une ressemblance avec Dieu et spécialement avec Jésus-Christ et d'une consécration perpétuelle résultant du caractère est réunie dans la théorie de saint Thomas qui regarde le caractère comme une participation à la puissance sacerdotale du Christ. Le caractère, dit-il, ibid., a. 3, investit l'homme du pouvoir d'être le sujet ou le ministre de certains actes du culte divin. Or, la culte chrétien tout entier, découle comme de sa source, du sacerdoce du Christ. Il est donc manifeste que le caractère du Christ, cujus sacerdotio configurantur fidèles secundum characteres sacramentales gui nihil aliud sunt quam parlicipaliones sacerdotii Christi àb ipso Christo derivatse. Voir col. 291.

De là les conclusions suivantes : a. Le caractère sacramentel, participation imparfaite du sacerdoce dont le Christ possède la plénitude, ne saurait exister en Jésus- Christ. S. Thomas, Sum. theol., III», q. LXiii, a. 5. — 6. Les fidèles marqués du caractère deviennent semblables au Fils de Dieu fait homme, car c'est en tant qu'homme-Dieu que Jésus-Christ est prêtre. — c. L'empreinte sacerdotale reçue ainsi par les fidèles leur confère le pouvoir d'être les sujets ou les ministres, c'est-à-dire les instruments du pouvoir sacerdotal que Jésus-Christ, souverain prêtre, exercera en eux et par eux. Us deviennent donc à des degrés divers, selon le caractère reçu, comme des membres dans lesquels et par lesquels agit Jésus-Christ chef invisible de l'Église. Cf. Eph., v, 12, 16; iv, 30.

Cependant, quels sont les actes du culte auxquels se

CARACTÈRE SACRAMENTEL

rapporte ce pouvoir sacerdotal conféré par les trois sacrements qui impriment un caractère? Ce sont, dit saint Thomas, ibid., a. 6, quant au baptême, les actes nécessaires au salut personnel de l'homme; la confirmation rend apte à professer publiquement la foi, à titre officiel, militaire; enfin l'ordre constitue les ministres des sacrements et les chefs des fidèles. Cette conception d'une sorte de puissance sacerdotale conférée déjà par le baptême, d'une sorte de sacerdoce laïc à coté du sacerdoce proprement dit est en accord frappant avec le texte connu de saint Pierre. I Pet., ii, 9.

4. Si ces trois sacrements et eux seuls impriment un caractère, c'est bien parce que Dieu l'a voulu ainsi; mais il est aisé de montrer Iharrnonie de cette disposition divine. Le caractère revêt celui qui le reçoit de la ressemblance de .lésus-Christ : or .lésus-Cbrist est roi; il est le prophète, le révélateur de la loi nouvelle; il est le souverain prêtre. A ces trois titres essentiels correspondent trois caractères sacramentels; ceux de sujets du royaume du Christ, de soldats chargés de combattre ouvertement pour sa foi, de ministres, de représentants de sa fonction sicerdotale L'auteur de la défi-

nition scolastique citée plus haut se place

un point

de vue le.,tremcnt ditT lent loi^qu il ittiil ui

lu carac-

tcrt 1 f 1 1 11 1 M 1

lioi) sta-

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saint Ihoiins qui \oitd nislt dilkitnlM- i cltiesautanl de degies de pai ticipation au sacerdoce du Ihrist se rapproche sensiblement de celle de s uni Bon ixcntuic.

L Farine, Dei sal laïuintale (limaltu p 18-il, démontre que le triple caractère sacramentel configure le chrétien à Jésus-Christ, comme Dieu-homme dans le baptême, comme Dieu-roi dans la confirmation, et comme Dieu-prêtre dans l'ordination.

2» Considéré par rapport à la grâce que produit le sacrement, le caractère est un signe de cette grâce et dispose à la recevoir ou à la conserver.

1. Comment le caractère peut-il être le signe de la grâce alors qu'il est un effet du signe sensible sacramentel qui seul a la vertu de signifier et de produire la grâce '.'Pour l'expliquer, les scolasliqties du xiii« siècle distinguent dans le sjnviM.iit tioi* ,■]>■<-,■. ■ n- |.- --iijne sensible pris isolénu'iii, ^,h',o.iii-Hiinii i,i,ihnii:h la grâce, res sacrameiiti. '|iii r^l >i:inlirr il iiunlinir par le signe sensible, mais qui elle-méine ne signifie aucun effet ultérieur du sacrement; c) un effet intermédiaire, res et sacrame» lion, tel que le caractère, qui est signifié et produit par le signe sensible et qui en même temps signifie la grâce. Cette théorie suppose d'abord que le caractère est distinct de la grâce et peut être produit sans elle; en second lieu, que le caractère est distinct d'elle là où il existe, ou tout au moins appelle l'existence de la grâce. Or ces deux points sont des mieux établis.

2. La distinction du caractère d'avec la grâce n'a pas été expressément définie par l'Église, mais elle est virtuellement contenue dans le dogme de l'indélébilité du caractère : d'ailleurs, s'il est une propriété du caractère que les Pères aient mise en lumière, c'est celle de sa persistance même chez les déserteurs de Dieu et de l'Église. En particulier, saint Augustin démontre longuement, comme on l'a vu, que le caractère baptismal peut être reçu sans la grâce de la régénération.

Conséquemment : a) dans le baptême, par exemple, l'effet immédiat du sacrement est le caractère et non pas la grâce, puisque le caractère s'imprime toujours pourvu que le sacrement existe, tandis que la grâce n'est jamais produite en l'absence du caractère. S. Bonaventure, In IV Sent., dist. VI, p. i, q. vi. — 6) Le caractère étant indé-

pendant des dispositions du sujet est le même chez tous. De Lugo, De sao: in gen., disp. VI, sect. iv, n. 81. Ainsi on est baptisé ou on ne l'est pas, mais on ne peut pas l'être plus ou moins. S. Bonaventure, ibid., dist. XXIV, p. II, n. 1, q. III. — (?) Pour le même motif, alors que la grâce peut s'augmenter ou s'affaiblir, le caractère, une fois reçu, ne peut ni s'aviver, ni s'oblitérer.

3. Viijdélébilité du caractère est la propriété qui le distingue le mieux de la grâce. Elle a été définie par l'Église en ce que l'homme garde, au moins jusqu'à la fin de sa vie, le signe imprimé dans son âme par les sacrements : toutefois, les théologiens s'accordent à reconnaître que le caractère persiste chez les élus et même chez les réprouvés pour la gloire des uns et pour la confusion des autres. S, Tlminis. Snm. //leoi., III»,

q. LXIV, a. 5, ad 3>"". D' li -uni II las conclut que

si une personne baptlM'-, iiiiiliiun.-, ou ayant reçu le sacrementde l'ordre, venait a ressusciter, ces sacrements ne devraient pas lui être de nouveau conférés. In Episl. ad Heb., c. xi, lect. viii.

Si le caractère sacramentel est indélébile, c'est parce que Dieu l'a voulu tel, mais il est très convenable qu'il en soit ainsi. Dès lors, dit saint Thomas, loc. cit., a. 5, que le caractère est une participation au sacerdoce de Jésus-Christ, il doit être perpétuel comme ce sacerdoce. Sans doute, il dépend de l'homme de recevoir ou non le sacrement qui confère le caractère, mais s'il reçoit validement le sacrement, il n'est pas en son pouvoir d'en empêcher les effets et il ne peut plus se dépouiller de cette consécration qui fait de lui un instrument de Jésus- Christ souverain prêtre.

4. En quoi le rniviclerr diflere-t-il delà grâce ? D'après saint Bonaveiiiiii. , /,, /I Scitt., dist. V, p. i, q. ii, la ressemblance dniih |ii miIiiiIc par le caractère serait d'un degré infi i irur a ç,Alr qui résulte de la grâce chez les bienheureux; on la trouve chez les justes à un degré suffisant pour le salut, degré qui exclut le mal du péché grave, mais non les misères de la vie présente; enfin, il est un degré de ressemblance bien imparfaite et insuffisante, mais qui néanmoins dispose à recevoir la grâce : c'est celle due au caractère. Saint Thomas préfère mettre en relief la fin à laquelle le caractère sacramentel est ordonné. La grâce destine l'homme à la possession de la gloire, tandis que le caractère fait de l'homme le sujet ou le ministre de certains actes du culte divin. Ibid., a. 3.

5. Le caractère signifie la grâce en raison de la connexité morale qu'il a avec elle, attendu, dit saint Thomas, que la grâce est nécessaire à l'homme pour qu'il puisse accomplir dignement les actes du culte divin dont il devient, en vertu du caractère, le ministre ou le sujet. ^um. tlieol. ,lll'^,q.LXiii, a. i,&dl'"«; InlV Sent. fdisl.lV, q. i, a. I, ad 5»™. Ainsi : a) A ne considérer que la volonté de Dieu, le caractère ne devrait jamais être séparé de la grâce et, en effet, chez les enfants il n'existe jamais sans la grâce. Si parfois il en est autrement chez les adultes, c'est par leur faute et ils ont le devoir strict de le réparer. Ceci fait comprendre pourquoi avant l'hérésie des donatistes, les Pères ont habituellement considéré le caractère comme étant accompagné de la grâce, ce qui est effec Mm m- ni -mi .tat normal. — 6) Lorsque, faute des disjrii i; i n n r, - .ures chez le sujet du sacrement, la grài'r Ma |i,i- Mini le caractère, si l'obstacle qu'elle a rencontre vient a disparaître, elle se produit comme si le sacrement venait d'être reçu; autrement dit, selon l'expression théologique, le sacrement revit. Saint Augustin l'enseigne formellement au sujet du baptême ; Cum hœreticus se correxerit,... non itenmi baptizandus est, quia ipsa ei reconciliatione prxstatur ut ad remissioneni peccalonnn ejus... jam incipiat prodesse sacramentum quod acceptum scienter in scliismale prodesse non poterat. De bapt., 1. III, c. xiii, n. 18, P. L.,\. XLiii, col. 146. Très communément

CARACTÈRE SACRAMENTEL

admise par la plupart des théologiens, cette doctrine a (Hé étendue par eux à la confiniiation et à l'urdre. Kn ellet, ces sacrement^ ih' |i..ihjim |i.i. iin- ivihi,'-,, s'ils ne pouvaient pas rrv r. I . li;i.|iii ' nul i ur-

inent reçus serait pn • , i > ' i ■ ' |.. , i îles à ces sacrements, c'utl-.i ilm J-. .-lcuiu.s luili.-ijuiis.ililes pour accomplir dignement les actes auxquels ces sacrements le destinent. A la vérité, ces grâces spéciales sont des grâces actuelles, mais pour y avoir droit, il faut que le sujet soit en état de grâce habituelle. Tel est, d'après de Lugo, De sacr. in gen., disp. VI, sert, iv, n. 81, l'enseignement commun. — c) Ces grâces .spéciales auxquelles le caractère donne droit sont déjà un puissant secours pour conserver la grâce sanctifiante, m;iis le caractère contribue encore à cet effet d'une autre manière. Les Pères enseignent que le caractère fait fuir les démons qui l'ont en horreur et appelle sur celui qui en est revêtu la protection des bons anges, qui voient en lui quelqu'un de leur famille. S. Cyrille de Jérusalem, Cat., I, n. 3, P. G., t. .xxxiii, col. 374.

3» Si l'on envisage le caractère par rapport à l'Église, il est un signe qui distingue les fidèles, soit de ceux qui n'appartiennent pas à l'Église, soit entre eux, en les [liiil IL- ml m ililV.'rentes classes.

I II .1 I |i liieu n'a pas besoin du caractère pour nrMiiii,!i i. .|]ii lui appartiennent. Quant aux bons

aiiL:!-. I - sUMiis par les Pères que le caractère sacramentel est comme une lettre de recommandation et qu'il fait fuir les démons : néanmoins, saint Thomas enseigne que le caractère ne leur est pas nécessaire pour distinguer les lidèles. C'est donc seulement par rapport aux hommes que le caractère serait une marque distinctive, mais comment cela se peut il, puisqu'il est invisible'? Celte difficulté disparait si l'on observe que les fidèles croient à l'existence du caractère chez ceux qui ont reçu le sacrement qui le confère. Par suite, dés que l'on a la preuve, facile à obtenir, qu'un tel a été baptisé, confirmé ou ordonné, on tient que ces sacrements ont imprimé en lui leur caractère et on l'admet dans l'Église aux actes pour lesquels ce caractère est requis. S. Thomas, In IV Sent., dist. IV, q. i, a. 2. Sans doute, il peut arriver, dans un cas particulier, que l'Église soit trompée, cf lit. De presbytevo non baplizatu, 1. III Decr., mais cette erreur tout accidentelle n'infirme pas la possibilité de connaître en règle ordinaire, avec toute la certitude nécessaire, la validité du sacrement en cause. En ce sens, le caractère est bien, comme l'enseigne le décret aux.-irméniens, Denzinger, n. 570, sigtmni a ceteris distinctivum, et constitue, selon le sacrement d'où il dérive, les fidèles dans des classes véritablement distinctes. Le baptisé est séparé des infidèles, devient membre du corps du Christ et acquiert le droit aux sacrements; la confirmation le sépare des simples fidèles en le sacrant officiellement soldat du Christ; enfin, s'il reçoit l'ordre, il sera séparé du reste du peuple et appartiendra à la hiérarchie sacrée.

2. Les considérations précédentes fixent la place du caractère dans la théologie de l'Église. — a) Si, avec les théologiens, on rapporte à l'âme de l'Église non seulement la grâce sanctifiante et les dons qui en sont inséparables, mais encore les dons gratuits, attendu qu'elle tient les uns et les autres de .Tésus-Cbrist, son chef invisible, les cara. In. . s;,, i ,ii,h.|ilels devront être rangés dans cette di rm. I . li L .11 . Toutefois, ceux chez qui ils existent, sans ,1, I. . ,.i,ip ,^iiès de la grâce sanctifiante, ne sont unis j I iii]L de i Kylise que d'une façon imparfaite. — b) D'autre part, la validité de tous les sacrements dépend du baptême et celle de tous les autres sacrements, le mariage excepté, suppose chez le ministre l'ordre presbytéral ou épiscopal. Or, les sacrements sont les moyens ordinaires par lesquels la vie surnaturelle est communiquée aux fidèles : par conséquent, le caractère du baptême et celui de l'ordre sont la condition normale de la

DICT. DE THÉOL. CATHOl.

vie surnaturelle de l'Église. — c) Enfin ces mêmes caractères du baptême et de l'ordre sont égali'incnl essculids pour l'existence du corps de 11 :jIi-. . i -|. cmIiih. ni .l'

la hiérarchie qui donne à ce COI |i ni. m ,!. l ,i

perpétuité de rÉgfise est tout i):ii h. iiii I. m. )ii ini i - -■ à la permanence du caractère rpi.scop.il, p.uLC quL, ,s il venait à faire défaut, le remplacement des ministres sacrés deviendrait impossible.

IV. Le C'I'ASI-CARACTÈRE. — La permanence des effets de l'extrême-onction et surtout du inni.É^. ;i iinliiit certains théologiens allemands, cf 1,1,1... / /. . <!■ u sakramenlalen Cliarakler, p. 156-201, . n i l i i .s deux sacrements comme produisant quelque cla.s. .i ..nalogue au caractère, ou quasi-caractère, eu vertu (iiuiucl ils ne peuvent pas être réitérés à volonté et jouissent de la propriété de revi\rL' dans les mêmes coiiililions que le bapk-m, . 1. , ..nr.i i,i iii.,n .1 l"..i.Ii.', SrlnM'l/, Theologia i/ ./ . l,' \i m. l-i;'.i. i. m,

p.'I66sq;Osv.,,^ I /' ... , ,,/,,..,, .,.lr„ /„;hgen Saliramcn^,,,, ô . .J.L, .Mtin.-a.ji , l^'Jl, p lUl; llrrlage, Kalolischo Duginalik, Munster, 1864, t. vu, p. 73.

M. Farine, Der sakvamentale Charaklar, p. 77-95, tout en reconnaissant que le sacrement de mariage

n'imprime aucun car.u l.i. -. i. ni. 1 .1 n.- (..n liliie

pas les époux dans m. . ' .i -,,, . .n. , ni, l p... ii, nh. r.

trouve cependant dan- . i m, ,n.l,i, m-

bolique avec le caraci. i .■ - ..i ,Mnnnli I, pnis.jn.' I.- ni.iriage constitue principalement et immédiatement un état permanent, et signifie les grâces d'état auxquelles il donne droit.

Cette assimilation des effets d.- r.xli.' -.m li i .lu

mariage à ceux du caractère s.n i ni ., n. :. -

ment peu heureuse. Le caraci. i , . .ni. i . , n » ,[ n I.

reçoivent un certain pouvoir clan- I l li-. n il I. -h-

tueen tant que fidèles, sectoîdio» stalm,: ///,,, .L.n- nin' classe distincte. Or ni Textrême-onctiiri m l. m i i.^ ne confèrent au sujet aucun pouvoir dan I I Lh i s j

est vrai que le mariage établit 1.- .p. il . ,' .. 1

état de vie et leur donne certain- Il .,! ,i. ,

état ne modifient en rien le ran .pi il ..i .. .-

ravant dans la société des fidèl. -. Ami I . .1. niiiiii .i i..ii de quasi-caractère ne repose sur aucune base solide. Sans doute l'extrême-onction ne peut être réitérée

plus que le

dans le cours de la même maladie,

mariage du vivant de l'autre conjoint,

nier sacrement crée un lien indissolnl.l' i i l . . ,i-

viscence de ces deux sacrements e.st h. . n , ...1 .

mais ces raisons ne suffisent point à 1, ni m ,|i.'

ces sacrements laissent dans l'âme um impi -i .n plnou moins durable, analogue au caraci. i. ^i .1 m- .. itaines limites, on ne peut pas les réil< i. i . . . i nu. pi. ment en vertu d'une défense divine qui icsulie implicitement de la fin du sacrement d'extrême- onction tt qui a été portée explicitement par Jésus-Christ pour le mariage. La reviviscence de ces sacrements ne serait pas un meilleur argument en faveur du quasi-caractère, puisque les théologiens qui l'admettent la déduisent uniquement de l'impossibilité relative de leur réitération.

Guillaume d'Auxerre, Summa aurea. Paris, s. d. ; S. Bonaventure. In IV Sent., dist. VI, Quaracchi, 1889, t. iv, p. 136-1.15 ; S. Thomas, In IV Sent., dist. IV, q. i, Paris, 1873, t. x, p. SCi-BG ; Sum. theoL, m-, q. LXm; Scot, In IV Sent . .list VI. .( wi. Paris, 1894, t. xvi, p. 615-654; tous les comni.nii.t. m- .In l\ I vre des Sentences et de la m- partie de la .S...... /" '

tous les théologiens qui ont traité des sacreinin! . Il -, I, 1 i • tamment Suarez, Vasquez, Tolet; de I.n..... 1 1- • . ,

ac»!ert>.disp. VI; BeUarmin, De sac. .. .■ n >ii \

Franzelin, De sacramentis in gn" ' i n '. i : /.

heilioen Sakramente,2- édit.,Yntr -,, i: . i- j ,.

l^ol'mser. De Ctutriirley,' snrrtiiiH .. l-.i .. I ,,:..■, L(l/-

den sakramei/ti'!- " i .h.ir.i.'.i- ,■ M,,i. , ]'■■■ i i i ..une, Dt-îsacramentalei.:/: , .i..i <: - . .i.msStrass-

hurgei' theolo'jt^ ^ i i ■ - l: - mit'i, t. vi,

lasc.

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