‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 570 sur 741 · I. Première période : iw-iir' mi . 1 1 n 1 1 \mkpas · texte numérisé non relu

I. Première période : iw-iir' mi . 1 1 n 1 1 \mkpas

c.M,). — Le plus ancien docuiii.ni un 1.1, liant le

jenn.- pr.'p:\ratoire à la fête de i'"|ii' |ii .nul de la

li.inli. . il .l,.l.' (le la fin du ii« siérl- 1 . 1 mn'iii' saint

Ir . . \..|ii.' de Lyon. La conli- 1 i- .I.', agitée

.Mil.' I.' |..i|ii' Victor et les évc(|u.- .1 \ 1. . .n lui l'occasion. Saint Irénée fait observer ipie la queslinn concernait non seulement le jour de la célébration de la Pâque, mais encore le jeûne qui s'y rattachait. Sur ce dernier point les docteurs étaient aussi en désaccord. « Les uns pensaient qu'il fallait jeûner un jour, les autres deux, d'autres trois, d'autres enfin donnaient à leur jeûne une durée de quarante heures. » Eusèbe nous a transmis ce texte, H. E., v, 2, P. G., t. XX, col. SOI, que Rulin, dans sa traduction, a dénaturé. Cf. ibid., col. 502, note 78. Le mot « quarante » lui a fait penser à un jeûne de quarante jours. C'est évidemment la discipline de son temps qui lui a suggéré ce contre-sens. Il n'y a pas lieu d'en tenir compte. Voir sur ce point Funk, Die Enlivickelung des Oslerfatsens, dans KirchengeschichtHche Abliandlungen und Vntersuchungen, Paderborn, t. i, p. 243-248. Selon la remarque de Mil"' Duchesne, Origines du culte chrétien, 2» édit., p. 231, le jeûne dont parle saint Irénée, qu'il soit d'un jour ou plus, doit s'entendre d'un jeûne unique et ininterrompu. Les textes qui vont suivre justilieront cette interprétation.

En combinant divers passages de TertuUien, De jejuniis, c. Il, xiii-xv, P. L., t. 11, col. 956, 971, 973, 974, nous pouvons déterminer l'usage africain du commencement du IIF siècle. Les montanistes jeûnaient deux

part

du samedi et du dimanche.

et TertuUien reproche aux catholiques, aux « psychiques '), comme il parle, de ne pas les imiter. Dans les deux semaines il laut sans nul doute comprendre la semaine de Pâques. Les catholiques jeûnaient d'un seul trait le vendredi et le samedi saints, en raison du commandement du Seigneur, à cause de la disparition de l'Époux : dies ijuibus ablatus est sponsus. C'est, si l'on en croit TertuUien, le seul jeûne proprement imposé par l'Église. Cependant les « psychiques » observaient aussi des espèces de demi-jeûnes, les jours de station, c'est-à-dire le mercredi et le vendredi en général, se contentant de pain et d'eau, au gré de chacun : Citra illos dies quibus ablatus est sponsus, et statio-

CARÊME

mon semijejunia interponentes. ne jejimiis, c. xiii, P. L., t. II, col. 971. Il semble même que le jeune dvi vendredi se prolongeât jusqu'au samedi, par manière de « superposition », comme disaient les Grecs. C'est ce que TerluUien appelle : conlinuare jejunium. De jejuniis, c. XIV, ibiil., col. 973.

Quand TertuUien parle des psychiques, il vise ordinairement les catholiques romains. De sa critique on peut donc inférer qu'au commencement du iiF siècle, Rome observait des demi-jeùnes, semijejunia, les jours de stations, soit le mercredi et le vendredi en général; les fervents « continuaient le jeune » du vendredi jusqu'au samedi. A plus forte raison jeùnait-on sans interruption le vendredi et le samedi saints : dies ijuibus ablalus est sponsus. Nous ne saurions dire si dès le 11= siècle cet usage était déjà fixé et imposé comme règle à tous les fidèles de Rome. Saint Irénée, en nous parlant des divergences qui existaient sur ce point dans les communautés chrétiennes au temps des papes Anicet, Hygin, Télesphore et Sixte, dans Eusèbe, H. E.. v, 24, P. G., t. XX, col. 501 ; cf. Duchesne, Liber ponli/îcaVis, t. I, p. 129, note 2, ne nous rapporte rien de précis touchant la discipline de l'Église romaine à cette époque. Le constitutum par lequel le pape Télesphore aurait établi un jeune de sept semaines avant Pâques est une fausse décrélale du vi= siècle. Liber ponlificalis. édit. Duchesne, t. i, p. 129.

On a allégué la x» homélie d'Origène sur le Lévitique pour marquer l'usage d'.\lexandrie en matière de jeune au début du ni' siècle : Habemus ijiiadragesima: dies jejuniis consecratos. P. G., t. xii, col. 528. Mais ce témoignage est sans valeur. L'homélie n'existe que dans le remaniement latin de Rufin, qui y introduisit, volontairement ou non, en parlant d'un carême de quarante jours, une coutume qu'il avait sous les yeux, à la fin du IV' siècle. Ce point est bien mis en lumière par Funli, op. cit., p. 252-25i. On peut s'étonner que le Dictionnaire d'archéiilnriii' rliri'lii'iDU' pl de liturgie, t. I, col. 1183, invoqiii- i'iir,.i.> 1.^ |m. i.imIii t. moignage d'Origène. L'usage autliriiii>|ii. A \l. \ iihh ]■ . -i :iltesté par une lettre de sonévéqiir s. uni Iiiiin^ ly \.';- Jli't), adressée à Basilide, oùl'on voil que le jeûne pascal ne dépassait pas alors une semaine. Denys semble partir de cette idée que le jeune de six jours doit être considéré comme une règle ancienne et générale. Mais il constate qu'il y a beaucoup de diversité dans les observances. Même parmi ceux qui jeûnent les six jours, tous ne le font pas d'un trait et sans interruption ; il y en a qui ne jeûnent que deux jours de suite, d'autr. - lini-. ir.nili-es quatre; il y en a

JOl)

strict et absolu. Ei

-l-L-iinv nejeuneut ai peu ni beaucoup les quatre pi rmi.. i> jours el croient faire quelque chose de magnifique en consacrant au jeûne (à un jeûne continu) le vendredi et le samedi saints. P. G., t. x, col. 1277. On remarquera, dans le texte, le terme -JTtîpTt'BEcTTai, sKpe/yiOHere, plusieurs fois employé par l'auteur. C'est l'expression que TertuUien traduit par conlinuare jejunium, pour signifier un jeûne inintei'rompu. Le jeûne « continué » du vendredi et du samedi saints a pour but de satisfaire au précepte du Sauveur et de célébrer l'anniversaire des jours quibus ablatus est sponsus. Luc, v, 35; Marc, ii, 20. C'est là, sans contredit, le jeûne pascal primitif observé dans les églises issues de la genlilité. Saint Denys ne soupçonne pas que le jeûne de six jours a une autre origine, une origine judaïsante. On en trouve l'explication et la justification dans la Didascalie des apôtres.

La Didascalie, qui date du ni' siècle (et vraisemblalilement de la seconde moitié, cf. Xau, Sur la date de la Didascalie, dans Le canoniste conh ■' / r^:,, . I, \\\ [1902], p. 257 sq.), est un témoin de lu i- i ;. n iil ordonne de jeûner, « à partir du lunili m ; ii

complètement jusqu'à la nuit qui snii 1 in. Ji, i

cela est compté pour une semaine. » C. xxi, loc. rit.. p. 18. Cette fixation d'une semaine dérive apparemment de la coutume juive mentionnée par l'Exode, xii, 8, et par le Deutéronome, xvi, 3, d'après laquelle les Hébreux, au temps de la Pàque, devaient se nourrir pendant sept jours du « pain de l'affliction ». Les premiers chrétiens, qui vécurent quelque temps sous le régime des pratiques juives, firent passer ce jeûne de sept jours dans l'usage de l'Église. Mais comme le Christ avait marqué qm' =' = disciples ne devaient jeûner que pendant 1,1 .ii-|i,iriii .11 .lé l'Époux : cum ablatus fuerit ah

mis SI s. s ,r,.u,,djunt, Luc, V, 35, il fallut faire

coïiiciilir 11' iiiiiir avec les jours qui précédaient la résurrection. Et l'école que repré.sente la Didascalie trouva moyen de combiner une semaine de jeûne avec le texte de saint Luc. Dans son système, qu'elle explique longuement, c xxi, les pharisiens songèrent dès le lundi à faire mourir le Christ. Ce fut donc le commencement de la disparition de l'Époux. D'ailleurs, comme il est interdit de jeûner le dimanche, « car celui qui s'afflige le jour du dimanche commet un péché, » Didascalie, loc. cit., p. 25, les six jours de jeûne comptèrent pour sept, c'est-à-dire pour une semaine. Le jeûne ne comportait pas la même rigueur pour ciiaque jour. « Depuis le dixième (jour de la lune), qui est le lundi, vous jeûnerez, el vous ne mangerez que du pain, du sel et de l'eau, à la neuvième heure, jusqu'au jeudi. Le vendredi et le samedi vous jeûnerez complètement et vous ne goûterez rien. » Ibid., p. 24. Par cette distinction, la Didascalie elle-même semble reconnaître que la vraie disparition de l'Époux ne compte absolument qu'à partir du vendredi. Et cela donne la clef des divergences que l'on observe dans les usages des églises.

Tel apparaît dans la variété de ses formes, au w et au III» siècle, le jeûne préparatoire à la fêle de Pâques. Ce n'est pas un jeûne quadragésimal. On l'appelle simplement le jeûne pascal, et il conservera celte dénomination chez les Pères grecs durant la période suivante.

Nombre de critiques et non des moins considérables se sont demandé si ce jeûne pascal n'était pas précédé, même dès les premiers siècles, d'un jeûne quadragésimal. Cf. Thomassin, Traité des jeûnes de l'Église, part. I", c. IV. S'appuyanl sur l'autorité de quelques Pères, notamment de saint Jérôme et de saint Léon, ils ont affirmé que le carême était d'institution apostolique. Saint Jérôme, en effet, dans son Epist., XLi, c. m, ad Marcellam, P. L., t. xxii, col. 475, dit expressément : Nos unam quadragesimarti secundum tradilioiirni aposlolorum, toto orbe jejunamus ; et saint L('oii recommande aux fîdèles'de son temps : ut apostoliru iii.'iiitutio quadraginla dierum jejuniis implealur. Sri-m., VI, in Quadrages., c. Il, P. L., t. Liv, col. 633. Mais c'est le cas de rappeler la règle si sage posée par le P. de Smedl, Revue des questions .historiques, 1888, t. II, p. 331 : « Je ne m'appuierai jamais sur les assertions générales des Pères du iv» siècle el à plus forte raison des temps postérieurs par rapport aux institutions primitives. Les Pères sont des témoins autorisés de la tradition dogmatique pour le temps ou la contrée où ils vivent, mais ils n'onl, comme tels, aucune autorité spéciale quant à la tradition historique, et j'ai rapporté ailleurs. Pr,,,, ,/.. s .'. la critique historique, 1883, p. 232, des r\. mi.!. - ii iphnits pour montrer qu'on ne peut avoir un- n.iul nlUince dans leurs affirmations même U> j'iiis iHi.Mnptoires en matière d'érudition. »

Que saint Léon et saint Jérôme se soient trompés sur l'origine du carême, c'est ce qui résulte clairement du il 111. (1 ~ Pères des trois premiers siècles. Nous avons I i II iilisi-rver que les témoignages empruntés au

;. I I -l'iiore, à saint Irénée et à Origène sont des I. t - Hi.Ciyphes. On en peut dire autant du texte du

Page 1