PROPOSE ; SES RESSOURCES ; SES CAUSES DE FAIHLESSE
— Le concile aurait dû s'ouvrir en mars 1431. A cette date, l'abbé de Vézelay était seul arrivé; en avril, on vit venir trois députés de l'université de Paris et un évêque. Ce ne fut que le 23 juillet que, sous la présidence de Jean de Palomar, représentant le cardinal Césarini, alors à la croisade, le concile put inaugurer ses séances ; encore la salle était-elle à peu près vide.
L'œuvre qui s'imposait au concile était immense comme étendue et comme difficulté. Il fallait reprendre la réforme laissée inachevée à Constance ; il fallait essayer de mettre un terme à riv'T.'«iiJ lm«;siip et dp rendre la
paix à la chrétienté dr-rlm , Imi pu h Ltnii-e des
Français et des Anglais, i|iii ]i,ii li| uiiill. guerre
de religion que les lins-,iiii> ,i\;iir'iii iliriiuiin' sur l'Allemagne; il fallait enlin travailler à l'union de l'église grecque et de l'église latine, les Grecs se sentant de plus en plus pressés par les Turcs. Or, à chacune de ces œuvres s'opposaient de grands obstacles.
1° La réforme. — Le concile passait pour la panacée de tous les maux de l'Église ; parce qu'un concile avait mis fm à une funeste scission, on s'imaginait qu'un
autre concile n'avait qu';'i I > il.ii | i' accomplir la
réforme; mais commriii i i , i ili la mauvaise volonté des intéressé.s'.' ( ,, ■ iv, sans provoquer le plus grave des ciHilliK, I - il. ii:.nces trop souvent justifiées de la papauté elle-même'.' A soulever tant de questions, à heurter tant d'intérêts, ne risquait-on pas de renouveler le schisme ?
2» La question hussile. — Voir HussiTES. La condamnation de Jean Huss et de Jérôme de Prague par le concile de Constance n'avait pas mis fin à l'hérésie. Les Tchèques avaient vu d.insle supplice de l'hérésiarque une
injure j. il i Imii 1,11. l.i.> questions reli-
gieusi I . I I , Il lii.i's pendant les
querell. . 1 ...... . lucnt confondues.
Dès le iiiuis ilr M-iJirniine i|ni siinil la mort de Jean Huss (1415), les seigneurs tchèques formèrent une ligue hussite à laquelle répondit une ligue catholique formée surtout d'Allemands. Le symbole des Tchèques était, par allusion à la communion sous les deux espèces qu'ils réclamaient, le calice substitué à la croix, d'où le nom dccalixlms, ou A'utraquistes. De très bonne lieure la masse
populaire alla beaucoup plus loin, s'exaltant dans les réunions où elle s'organisait peu à peu. Déjà paraissaient les chefs, un pn-moiitré. Jean de Zéliv, qui s'était échappé de son cumhI, . 1...]ii..iiI, très populaire, sans scrupules et sans . i uni. - : .l.ii\ elievaliers, Nicolas de Hus et Jean de Tr.i-inoi . -i n l.-ljre plus tard sous le nom de Ziska. Le M juillet 1419, une émeute dirigée par Jean de Zéliv (défenestration de Prague) avait donné le signal des guerres hussites qui allaient, pendant près de vingt ans, couvrir la Bohème et une partie de l'Allemagne de ruines et de sang. Sigismond de Luxembourg avait dû signer les quatre articles de Prague qui formaient la hase des revendications hussites : 1» libre |ii,'ii;c.-.ti.-.n : 2 e..miïinnion sous les deux espèces: .; -II].] I -lii .1.. I.i.'iis du clergé et réforme des - i |.iiiii!i..ii .l.~ p. 'chés publics.
M, 11- i' iii..,-i II.' ne satisfaisait plus les avancés
du parti, ceux qui prenaient le nom de taborites (de leur camp de Tabor, devenu leur centre et leur capitaleV Ceux-ci n'admettaient d'autres sacrements que .le
j.npf.'.i 1 r.ii.-li;iri=tip, nlt.'.rni.'iil !.■ r;ir:ietére du sacri-
li. .• .[.• 1, •- -.■ .pi'iU .■.■! ' I .1- ni • Il I. 11.'. pie. et recon-
II,, i,. .1, ni ,. !■ .11- !■■- 1 ...pn-- l. .1 1 -'p .1.' pr.'.clier l'Évanyip. ,.| ,!.■ I iiil..rpi'.'lrr. II- \..iil,iii.|il ,iii>-i établir un ordre politique et social nouveau : quelques-uns allaient jusqu'au communisme. La masse des paysans et des chevaliers fut taborite : c'est eux surtout qui portèrent le poids de la guerre. Pendant onze ans, de 1420 à 1431 , l'empire et le saint-siège lancèrent des armées de croisés contre les hussites ; toutes furent vaincues; à Taus, en liSl, il n'y eut même pas de combat; les Alleniiui.ls piiinil honteusement la fuite.
Les choses en éti.i. ni I ., .n nt où le concile de
Bàle se réunissait , C-nini. i. moin du désastre de la croisade et des dispusitioiis nlliajantes d'une partie de l'Allemagne, apportait au concile la pensée qu'on ne réussirait pas à dompter les hussites et qu'il fallait négocier, à tout le moins, avec les plus modérés d'entre eux. Tel n'était pas l'avis d'Eugène IV, mais le concile devait s'y ranger.
3° Question de L'union avec lei grecs. — Cette affaire se présentait, à première vue, mieux que les deux précédentes. La chute de Xhessalonique (mars 1430) qui mettait Conslantinople à la merci des 'Turcs avait fait grandir le parti de l'union. L'empereur, Jean VIII Paléologun, l'i.iit ili'cii.ir. à venir la négocier lui-même en Italie. Mn- I inl. iili.in , manifestée par le pape, de traiter dii. . Piin iP ,i\..' l'empereur et le désir formellement expiiine pu lis Grecs de tenir en Italie, dans la région d'Ancône, le concile d'union, faisaient prévoir pour le concile de Bàle nouveau contlit et nouvelles difficultés.
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.• ,i., ,1 ,;, I, ,: . : . .■ .1 . ..ir la force et
■ I n, .i.i , ,,|.. .1, .1, I ... ' n..'... Ce qui avait
.|.n lin r .■..ii. ij.n . ' i\,iil i'|.' la division de la papauté, la présence de l'empereur résolu à le soutenir, l'ardent désir de tous les princes chrétiens d'en finir avec le schisme, elenfin, la réunion à Constance de tout ce qu'il y avait d'éminent dans la catholicité. En face du concile de Bàle se dressait la papauté unifiée : la chrétienté tremblait de voir renaître la division : l'empereur se défiait. Si, au début, il soutint les Pères de Bàle, ce fut d'abord pour satisfaire l'opinion en Allemagne, ce fut aussi pour exercer une pression sur le pape, afin que celui-ci procédât à son couronnement. Il ne fit qu'une courte apparition à Bàle et ensuite se retourna du côté d'Eugène IV par opposition aux tendances révolutionnaires du concile. Enfin ce concile ne comptait qu'un très petit nombre de hauts dignitaires ecclésiastiques, de sept à onze cardinaux qui, à l'exception du cardinal d'Arles, ne restèrent pas longtemps, une centaine d'évêques qui se réduisirent à une ving-
4» Cini lions, le l'autoril..
fait la for
BALE (CONCILE DE
laine, cinq ou six cenU docteurs, théologiens étroits et orgueilleux qui prétendaient imposer leurs opinions, votaient pêle-mêle et n'étaient pas toujours respectables même dans leur conduite privée. Les hommes illustres qui avaient fait la gloire du concile de Constance étaient tous morts. On vit cependant quelques hommes éminents à Bile : d'abord le cardinal Julien Césarini, de qui Vespasiano da Bisticci a pu dire : « J'ai connu beaucoup de saints hommes, mais pas un qui fût comparable au cardinal Césarini ; depuis cinquante ans, l'Église n'a pas eu son pareil, » Vite di uomini illustri del secolo xv, dans Mai, Spieilegium romamnn, Rome, 1839, t. i; puis Nicolas deCusa, également remarquable comme théologien, comme géomètre et comme écrivain politique ; enfin, les deux cardinaux qui conduisirent avec bonne foi, mais avec passion, la campagne contre Eugène IV, l'Espagnol Jean Cervantes, cardinal de Saint- Pierre-aux-Liens, et l'archevêque d'Arles, Louis d'Aleman, à qui ses vertus et les miracles accomplis sur son tombeau méritèrent une réputation de sainteté que l'Église a consacrée. (Il fut béatifié en 1527, sous Clément MI, en même temps que Pierre de Luxembourg. Gallia christiana, Eccl. Arelat., t. i, col. 58i.) Par le fait même de sa composition, le concile de Bàle avait un caractère démocratique très prononcé et fort peu conforme à la tradition de l'Église : ce caractère se manifesta encore par le mode antitraditionnel adopté pour les délibérations, une fois que le concile fut assez nombreux, c'est-à-dire à partir d'octobre 1432. Déjà à Constance, on avait rompu avec les usages en délibérant par nations. .\ Bàle, ce fut bien autre chose. On se partagea en quatre députalions ou commissions, renouvelables tous les trois mois, chargées : la première, des affaires de la foi, la seconde, de la paix de l'Église ; la troisième, de la réforme ; la quatrième, des affaires générales. Chaque dépulation devait contenir un nombre à peu prés égal de représentants de chaque nation et de chaque ordre de clergé : cardinaux, évêques, abbés, docteurs ; on y admit même des laïques. On se réunissait ensuite en sessions générales et on votait par députations. La majorité était ainsi assurée aux clercs inférieurs.