III. Réponse aux prin'cipales objections dirigées
CONTRE L.*. casuistique SCIENTIFIQUE AUTORISÉE OU PER- MISE DANS l'Église. — Hàtons-nous de dire que nous ne voulons justifier ici que cette casuistique légitime qui, suivant les principes rappelés précédemment, peut être considérée comme autorisée ou du moins comme permise dans l'Église. Quant aux excès laxistes commis par certains casuistes, nous les réprouvons aussi vigoureusement que peuvent le faire les plus sévères critiques, et nous les réprouvons avec plus de raison, parce que nous nous appuyons sur une base plus ferme.
1^' objection. — Le devoir moral est naturellement dicté par la conscience. Il n'est nullement nécessaire que l'on épilogue si longuement sur l'existence ou l'étendue des obligations morales. Ces inutiles discussions ne servent qu'à obscurcir ce qui était de soi très évident. — Réponse. — Les principes généraux d'où se déduisent nos devoirs pratiques sont habituellement très évidents. Mais leur application, nécessairement dépendante de beaucoup d'éléments particuliers, objectifs et subjectifs, peut être très divergente, suivant la prépondérance que l'on doit, en telle occurrence, accorder à tel principe plutôt qu'à tel autre. D'ailleurs, pour que la conscience puisse toujours promptement et sûrement se diriger elle-même en toute occasion, une longue, patiente et délicate éducation morale est nécessaire, et bien peu d'hommes peuvent avoir cette éducation sans le secours de la casuistique. F. Brunetière, Une apologie de la casuistique, dans la Revue des Deux Mondes, 1" janvier 1885, p. 209 sq. Peut-on reprocher à la casuistique, dont c'est d'ailleurs le rôle principal, de s'occuper de l'éducation du jugement moral, quand les sciences morales, le roman, le théâtre, la critique littéraire ou historique et même le journalisme, sans posséder les mêmes droits, mettent une telle insistance à vouloir remplir ce même rôle, avec quelle compétence ou avec quel succès nous n'avons point à l'examiner ici? Brunetière, loc.cil., p. 211 s(|. Longtemps avant la naissance delà casuisllipii r iil, .|ii|ii.. I.i casuistique stoïcienne s'était déjà préiH- I I [Kiblèmes de conscience, Raymond
Thaiiiiii ' , ,noraldansl'anliquité;ét\ide sur
(a a(ii^^.■.,',./...J,^^.,L ,£;/((((.', Paris, 1884, ainsi que la casuistique rabbiaique. Slapfer, La Palestine au temps de Jésus-Christ, 5' édit., Paris, 1892, c. vu, Le sabbat, p. 334 sq.
2' objection. — Les casuistes se sont souvent trop occupés de certaines matières délicates et y ont même parfois montré une excessive indulgence. — Réponse. — l» La nécessité de s'occuper de certaines matières est tout aussi réelle pour le casuiste que pour le jurisconsulte et le médecin appelés par leurs professions à étudier en droit criminel ou en médecine légale les actions les plus dégradantes. Le but du casuiste est même plus noble et plus important, puisqu'il doit diriger le confesseur dans l'accomplissement d'un précepte divin intéressant directement le salut éternel des âmes pécheresses. Peut-on reprocher à des théologiens, écrivant sous l'inffuence de motifs aussi relevés, une liberté professionnelle à laquelle la forme du traité scientifique latin parait assurer encore plus de droit? Quant aux non-professionnels qui n'ont aucune grave raison de lire ces ouvrages, ni surtout de les traduire et de les faire circuler dans le grand public, rien ne les autorise à prendre scandale d'une étude purement théologique, commandée uniquement par les exigences du ministère de la confession et s'inspirant toujours d'une grande prudence dans l'interrogatoire pratique imposé aux pénitents. D'ailleurs si quelques manques de discrétion se sont parfois produits, ils n'ont eu pour cause que le peu de jugement ou de tact du confesseur, et il serait injuste de les attribuer aux ouvrages de casuistique. Brunetière, loc. cit., p. 20i sq. ; Lehmkuhl, Die katholische Moraltheologie iind dos Studiuyn derselben, dans aiimmen aus Maria Laach, 1901, p. 17 sq.; Mûller, Ist die hatholisclie Moraltheologie reformbediirftig, Fulda, 1902, p. 45 sq. ; Mausbach, Die ultramontan Moral nach Graf Paul von Hœnsbrœch, Berlin, 1902, p. 44 sq. ; Meyenberg, Die katholische Moral als Angeklagte, Stanz, 1901, p. 37 sq. D'ailleurs si l'on prétend que l'art transforme tout ce qu'il touche et en bannit tout danger, ou qu'une thèse morale autorise toujours la peinture du mal et en écarte toute funeste influence, comment peut-on blâmer la casuistique scientifique cpii a en sa faveur de si graves raisons et qui est d'ailleurs
CASUISTIQUE
seuls professionnels'? Jlausbach. iip. cit..
réservée p. 46.
2° Quant à l'excessive condescendance de quelques casuistes, l'Église n'a point manqué de la réprouver formellement, lorsqu'elle s'est réellement produite. Nous citerons comme exemples la proposition 41= condamnée par Alexandre VII le 18 mars 1666, Denzinger, Encliiridio)!, n. 1012, voir t. I, col. 745, les propositions 5ls 56', 60% 6|s, 62'-, condamnées par Innocent XI le 2 mars 1679. Denzinger, n. 1068, 10';3, 1077-1079.
3' objection. — La casuistique, avec son but principalement pratique et utilitaire et son point de vue très spécial, a gravement nui à la véritable science tbéologique, souvent laissée à l'arrière-plan ou presque entièrement négligée. C'est ainsi qu'elle a été une des principales causes de la décadence de la tbéologie morale. — Réponse. — En principe, la casuistique n'étant qu'une science d'application, suppose une sérieuse connaissance de la morale positive et de la morale spéculative. Si la théologie morale n'est vraiment utile pour la pratique du minislère qu'avec le concours de la casuistique, il est également impossible que l'on soit bon casuiste, si l'on no possède suffisamment la morale spéculative. LehmKulil. /-- .'/,. |'. Il --i : Mi \i hIi-il;,
loc. cit., p. 36. Enresli'.'i m.hi; ]•> iH' i;'.il 'li' ^.^n -ii-n-
tion à la question Cl iiii! 1 i - n .1 \ m i--
tence d'une oliliinilitiu -i ^ ■ 'Im^ i' II' ..<■' tn i , n- , , |,. casuiste ne fini Mur ^iii\i. le principe delà division du travail. A l.i II) ■<i|,i;jir i^ci'lique il laisse la prudente application des cdu-iiIs dr perfeclion. A la théologie spéculative il abandonne l'étude approfondie des vertus et les discussions théoriques sur les principes, pour ne retenir que les conclusions tbéologiques qu'il doit appliquer. Il laisse également à la philosophie morale les graves questions actuelles, apologétiques, économiques ou sociales, dont l'étude est si nécessaire pour écarter les erreurs contemporaines et rétablir l'ordre chrétien dans la société. Le lecteur attentif qui se rappelle que la vraie casuistique n'est qu'une partie de la théologie morale et une science de pure application, saura la remettre dans son véritable cadre, sous la dépendance de la théologie morale et de la théologie dogmatique, et en étroite harmonie avec la théologie pastorale et avec l'ascétique, même avec la mystique, sans oublier ses relations nécessaires avec la philosophie morale tenue au courant des graves problèmes contemporains. Quant à ceux qui sont engagés dans le ministère des âmes, s'ils ont la sagesse de suivre la direction qui leur est donnée, ils sauront prudemment s'aider de la casuistique sans négliger les autres sciences souverainement utiles pour le bien des âmes. En fait, une culture trop exclusive de la casuistique a-t-elle contribué à un réel appauvrissement de la tbéologie morale? Même en admettant un certain affaiblissement de la théologie morale, question que nous n'avons point à examiner ici, l'on ne pourrait démontrer que cet affaiblissement est, même partiellement, attribuable à la casuistique scientifique. Meyenberg, op. cit., p. 34 sq. ; Mûller, op. cit., p. 9 sq.; Lehmkuhl, op. cit.. p. 18 sq.
4= objection. — La casuistique, même scientifique, est irréductiblement opposée à l'ascétique clnvlienne et même à l'intégrité de l'esprit chrétien. Le but de toute casuistique scientifique est de limiter l'obligation de conscience, en lui opposant constamment le célèbre principe : Non est imponenda obligatio de qua certo non constat. Or, considérer la loi ou l'obligation de conscience comme une chose que l'on doit restreindre, et l'exemption de tout devoir impérieux comme un bien dont la liberté ne peut être dépossédée qu'à bon escient, n'est-ce point renoncer positivement à la perfection et même abdiquer l'esprit du christianisme qui est essentiellement un esprit d'abnégation? n'est-ce point aussi dépouiller la loi nouvelle de son caractère spécifique
qui est d'être une loi d'amour? - Réponse. — On ne peut affirmer que le but de toule casuistique scientifique est de limiter l'obligation de conscience ou de se prémunir contre ses illégitimes envahissements. Son vrai et unique but est de déterminer l'existence ou l'inexistence dune stricte obligation de conscience, conformément aux légitimes conclusions de la théologie morale. De cette détermination résulte, comme conséquence nécessaire, l'indication d'un minimum d'obligation dans telle circonstance, mais cette restriction de l'obligation n'est point le but premier ni le but principal que l'on se propose. D'ailleurs en déterminant ainsi, par voie de conséquence, le minimum d'obligation, l'on ne veut préjudicier en rien à ce qui est et reste de conseil. L'ascétique reste donc hors de toute atteinte, ainsi que l'intégrité du véritable esprit chrétien.
5« objectioti. — La casuistique, même scientifique, est fatalement vouée à des subtilités et à des chicanes que l'on ne saurait concilier avec un caractère vraiment scientifique. — Réponse. — Ce qui a, pour le profane, apparence de subtilité et de chicane, n'est souvent, pour le connaisseur, que distinction légitime, d'où découlent des conséquences non moins autorisées. Souvent aussi, •ce qui paraît inutile procure le progrès de la science, en éprouvant la vérité d'assertions spéculatives. Lehmkuhl, loc. cit., p. 12. Si ce procédé, prudemment employé, est reconnu comme légitime quand il s'agit de casuistique juridique, de questions de droit criminel, ou de difficultés de médecine légale, pourquoi n'en serait-il point de même dans la casuistique théologique? F. Brunetière, Ihie apologie de la casuistique, dans la Revue des Deux Mondes, 1" janvier 1885, p. 205 sq.
Toutefois nous ne pourrions donner notre approbation à toutes les subtilités employées par des casuistes. Ainsi nous reconnaissons volontiers que plusieurs distinctions, encore acceptées par quelques auteurs dans la question de la restriction mentale, devraient être abandonnées, bien que nous admettions la thèse commune de la licéité de la restriction mentale employée dans les limites et avec les conditions voulues.
6« objection. — L'histoire de la casuistique, à ses diverses périodes, offre, dit-on, beaucoup de marques évidentes d'une doctrine très changeante que l'on s'est efforcé d'adapter successivement aux circonstances si diverses de temps et de milieu. — Réponse. — l" Si les conclusions dogmatiques et morales sont vraiment immuables dans la mesure où elles sont strictement déduites des vérités révélées, il n'en est point de même de la discipline purement ecclésiastique qui est, de sa nature, très variable, puisqu'elle doit s'harmoniser avec les besoins si divergents d'époques et de pays très dissemblables. Pour cette raison, les applications de la casuistique sur ces points purement disciplinaires, peuvent subir des variations considérables. — 2» D'ailleurs, les lois ecclésiastiques restant substantiellement identiques, il peut se faire que de notables changements d'habitudes, de coutumes, de milieux, modifient leur application concrète et individuelle ou empêchent le confesseur d'avertir le pénitent d'obligations qui l'atteignent individuellement. Ce dernier cas peut se rencontrer plus fréquemment dans des milieux plus dangereux et avec des pénitents moins bien disposés. — 3» Si les conclusions morales vraiment certaines doivent toujours rester immuables, leurs applications concrètes peuvent, avec un notable changement de circonstances, être apparemment dissemblables. Ainsi il est toujours vrai que l'usure considérée comme correspondant au prêt lui-même vi mutui est illicite, et que la perception d'un intérêt ne peut être permise que moyennant la réalisation de l'un ou de l'autre des titres extrinsèques ou de tous conjointement. Mais des circonstances peuvent se présenter qui modifient considérablement l'application de ces titres extrinsèques. Dans les sociétés du
CASUISTIQUE
moyen àgo, i(tiancl les transactions commerciales ou l'mancicres l'taient rares, le daninum emergens et le hirriuu ccasaiis, ilans le cas de prêt pécuniaire, pouvaient se pivsentur rarement en dehors de circonstances tri's spi'cialt^s. Ilaiis nos sociétés actuelles où il est devenu si habituel de recourir au capital pour toutes sortes d'entrepi'ises et d'une manière parfaitement accessible même au plus modeste avoir, ces mêmes litres extrinsèques peuvent facilement exister d'une manière presque universelle. Lehmkuhl, Theologia vioralis, t. I, n. 1106. Ce n'est point la loi morale qui a changé, mais le milieu .social où elle s'applique. Ce n'est point la doctrine de l'Église qui a évolué, mais les coutumes de la société civile dans laquelle l'Église vit. — 4" S'il était uniquement question de conclusions simplement proliables ou considérées comme telles à une époque donnée, surlout dans des questions complexes jusque-là assez indécises, il peut arriver et de fait il arrive qu'une étude plus approfondie, ou quelque décision nouvelle do l'Kglise ou des Congrégations romaines, ou des arguments entièrement nouveaux, fournis par quelque auteur exceptionnel, mettent en pleine lumière l'erreur ou l'improbabilité d'une opinion jouissant jusque-là d'une certaine situation acquise. Chez les théologiens les plus autorisés, même chez saint Alphonse, se rencontrent quelques opinions de ce genre, dont la probabilité intrinsèque ou même extrinsèque ne peut plus être admise actuellement. Nul changement objectif n'est survenu dans la doctrine morale. Mais ce qui, dans l'incertitude de telle question, avait été, en toute bonne foi, considéré comme une interprétation ou une application probable de tel principe ou de telle conclusion, a depuis lors évidemment perdu celte probabilité subjective, qui avait primitivement sufii pour la légitimité morale de l'acte ainsi accompli. Il ne s'ensuit point que la loi éternelle fidèlement reflétée et promulguée par la droite conscience ait alors cessé d'être l'unique règle de tous nos actes. La conscience erronée, qui avait faussement considéré comme probable ce qui ne t'était point réellement, ne s'était aucunement substituée à la loi éternelle. En réalité c'était toujours à la loi éternelle que l'on adhérait premièrement et principalement et que l'on percevait comme la règle de la moralité, bien qu'on la comprit mal ou qu'on se trompât sur son application. S. Thomas, Quxst. dispulatx, De veritate, q. xvir, a. 4. — â" L'histoire de la théologie morale prouve l'existence d'un progrès partiel, le plus souvent très irrégulier et purement accidentel, dans la connaissance ou la démonstration théologique de conclusions d'abord implicitement ou virtuellement admises dans leurs principes immédiats ou dans des principes plus éloignés, puis explicitement déduites et mises en pleine lumière à l'occasion de quelque controverse ou polémique accidentelle, quelquefois par une définition ou déclaration de l'Église ou par quelque nouveau raisonnement fourni par des théologiens de marque. Ce travail de développement, malgré tous les obstacles qu'il rencontre, peut être facilement suivi dans l'histoire du probabilisme. Bouquillon, Theologia moralis fiindamentalis, 2" édit., p. 548 sq. Comme la casuistique n'est qu'une science d'application de la théologie morale, son sort est inévitablement lié à celui de la théologie morale. Quand celle-ci perfectionne ses connaissances, celle-là doit conséquemment modifier la manière de présenter ses applications pratiques, et quelquefois ses applications elles-mêmes. Cette variation progressive, ainsi entendue, n'a rien que de très légitime.
7« objection. — On reproche encore à la casuistique de procéder souvent avec beaucoup d'arbitraire, comme si elle avait reçu un pouvoir discrétionnaire de lier ou de délier les consciences, tandis qu'elle n'a qu'un pouvoir d'interprétation et d'application, dans les sti-ictes limites de la véritable science théologique. — Réponse.
DICT. DE THÉOL. CATilOI..
— Assurément la casuistique ne possède que le droit d'interpréter théologiquement les obligations morales dans les cas soumis à son appréciation. Mais parce que le jugement du théologien moraliste doit être un jugement concret portant sur tous les éléments objectifs et subjectifs d'un fait déterminé, et qu'il y a rarement deux cas concrets entièrement identiques, il arrive fréquemment que des appréciations sur des cas apparemment semblables, sont rarement identiques. Il arrivera même souvent qu'elles présenteront des divergences assez surprenantes pour l'observateur inattentif, mais parfaitement justifiées pour celui qui se rend compte de la diversité objective et subjective des cas individuels.
La même observation répond au reproche de relativisme souvent adressé à la théologie casuistique.
S« objection. — La casuistique même scientifique est de fait incapable de réaliser son but, à cause du conflit d'opinions dont elle a toujours été tourmentée. — Réponse. — 1" L'élément réellement incertain, dans les décisions de la théologie casuistique, n'a pas toute la prépondérance qu'on lui attribue. Il n'y a même qu'une part assez restreinte, surtout si l'on admet le probabilisme modéré, pratiquement autorisé dans l'Église depuis plus de trois siècles. — 2" Le conflit d'opinions opposées, mais possédant une probabilité comparative sérieuse et solidement motivée, ne présente point de grave inconvénient pratique, pourvu que le confesseur ait la prudence de ne point imposer contre le gré du pénitent, surtout en matière de restitution, une opinion qui n'est, d'autre part, aucunement obligatoire.
— 3» Même des opinions moins solidement probables et qui ne peuvent par elles-mêmes motiver une prudente application des principes réflexes, peuvent, dans quelques circonstances spéciales, n'être pas sans utilité pratique, surtout après le fait déjà accompli. Quand le pénitent qui vient de s'accuser a, en sa faveur, quelques raisons d'elles-mêmes incapables de l'excuser d'une obligation, mais cependant de quelque gravité, et quand simultanément il est difficile au confesseur d'avertir le pénitent de l'obligation existante ou que d'autres inconvénients assez graves se rencontrent, il peut être permis, du moins après l'événement, d'avoir recours à ces opinions. Car si chaque circonstance ou raison prise à part est strictement insuffisante, leur union simultanée peut ne point l'être. D'ailleurs, à supposer même que le concours de toutes ces circonstances ne pût légitimer l'emploi de ces opinions, il se pourrait qu'il donnât réellement lieu à une telle perplexité de conscience que l'on ne pourrait pratiquement blâmer quelqu'un qui choisirait ce parti. Lehmkuhl, Theologia moralis, t. i, n. 1148; t. ii, n. 266, 826 sq., cite quelques exemples de ce genre.
9= objection. — A notre époque justement préoccupée de la lutte énergique contre l'individualisme sous toutes ses formes et dans toutes ses applications, on a souvent blâmé la casuistique de s'être à peu près exclusivement et constamment cantonnée dans les applications de la seule morale privée, délaissant presque entièrement celles de la morale sociale, cependant très importantes pour le bien commun. On a même affirmé que la casuistique, ayant pour unique but la détermination rigoureuse des obligations atteignant chaque conscience particulière, est nécessairement individualiste. — Réponse. — 1" Revendiquant pour la casuistique scientifique, comme nous l'avons dit précédemment, le droit et le devoir de s'occuper des obligations de la morale sociale dans la mesure nécessaire ou utile au bien commun, nous ne voulons justifier ici que la casuistique fidèle à ce devoir, au moins dans son minimum d'étendue. — 2° L'étendue de cette obligation peut varier suivant les époques et les milieux. Dans les sociétés qui acceptent la direction de l'Église catholique dans leur vie publique et dans toutes leurs institutions et qui se conforment habituellement
CASUISTIQUE
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considi'i.ilil.'. I,. I ( !i III ,iii, iiiif iNui ,'rii r- imIiv rr,iii|,i,. par un -iiiiiil- i - .in. nu il.. i,,ii|.... c,., (|ii,^[i(iii. li. théolo^ii' lihii'iili' un I.! l'iinviiliTiilniil iln liii'll ruinninll détermine principalement l'existence, la gravilé ut l'étendue d'une obligation particulière ou d'un droit, ou parfois aussi l'inexistence ou la cessation d'une obligation méiiip Li':i\r. Ain^i la lici'iti' de la coutume, interprétant Il ,. Il n '\uihi,,nl, -I lire surtout de la
souverain i,ii| i.Hi:. ilii Imni . niniiiiin à laquelle le legislal.air i -I ]ir,.. ■■ iiiii-i'iilir. Il-' nièine la raison
in">iiinanl iTiiamns iv- Irirlnm .-. I.i '-Si.niro des '''"'■''- laililiqnrs. lian- la ijih-Iimh ,!,• c. .u|" ration à I Vxccution du L-ertaiiies luib, de la pai I ,K- ioncliuiinaires, ayentb ou employés subalternes, la considération du bien commun sérieusement menacé par réloignemonl de tous les citoyens honnêtes, peut souvent autoriser,
moyennant certaines conditions, à prêter purement matériel. En matière de détermination secondaire du droit de propriété, f'rsl =iiitrait à can^e du bien commun que l'on est teim ii'..li'ir an\ jn-li-^ lui s civiles, du moins après une di^cisimi imiinanv, p u limlirreinent en ce qui concerne la |ir. i iiiilnm, Ir, surcrssions et autres moyens d' iia|ni i ir il - Mens. C'est la raison du bien public à saiiML n di i iii à réparer, qui introduit si souvent en ca-m-lniun r. tin clause habituellement grave, secliiso scamlnlo, un ijui détermine les rigueurs de la loi morale sur la réparation du scandale public; c'est elle encore qui rend les théologiens habituellement si réservés dans la question de la compensation occulte et si sévères pour la monition du confesseur dans les cas intéressant spécialement le bien de la société. Par contre, la défense du bien public peut autoriser et même obliger vis-à-vis du prochain à manifester des fautes graves ou à révéler des secrets même confiés et vis-à-vis de soi-même à exposer dangereusement sa propre vie. Ces exemples, que l'on pourrait multiplier indéfiniment, montrent chez les casuistes une très grave et très constante préoccupation du bien commun à sauvegarder, à défendre ou à réparer, préoccupation qui suppose l'estime de la morale sociale et la volonté d'en procurer l'accomplissement. — 5° En étudiant attentivement quelques-uns de nos meilleurs théologiens à la fois dogmatistes, moralistes et casuistes, comme Dominique Soto et .Suarez, l'on trouvera amplement Irailées et discutées toutes les plus graves questions de la morale sociale, du moins sous la forme et avec les problèmes qu'elles comportaient à cette époque. Des casuistes éminents comme Navarrus, Enchiridion sive niamiale confessariorum et pœnilenUum, c. xxv. De peccaiis âiversonin) ntatuuni et primnin regum, 'Rome, l."S8. p. '.V?l si|.. hailnnl In^ |irinnipalns (i]ilii;alions et
I liniirn aclanlln la casuibliqun duit plus particulièrement se tenir en garde contre toute tendance trop exclusivement individualiste. Si elle veut répondre aux besoins actuels, elle doit, sans aucunement négliger le reste,, insister en même temps sur toutes les obligations sociales de tous, afin d'aider, pour sa part, à refaire la conscience publique et à reconstituer une société plus morale et plus chrétienne. Cependant, tout en affirmant ce principe .pii niin< parail ram la docirine de Léon XIII dans snv . m mIi im-, nmi- iir voudrions point blâmer les théoli.vniis ipii pri lianhl nnvoyer la plupart de ces questions sociales à la philosophie morale, en réservant la casuistique, d'une manière presque exclusive, pour la préparation immédiate du ministère de la confession. Millier, op. cit., p. 9 sq. A mesure qu'augmente l'importance des éludes sociales, il peut être avantageux qu'elles deviennent l'objet d'une science spéciale.
IV. Aperçu historique. — l» Depuis les premiers siècles jusqu'au xiii'. — Pendant toute cette période, l'on ne rencontre aucun ouvrage traitant exclusivement de cas de conscience ou d'applications immédiatement pratiques de la théologie morale. Cependant, bien que la casuistique n'existe pas encore comme science spéciale, les écrits de cette époque contiennent déjà de nombreuses applications pratiques, suivant les occasions qui se présentent. — 1. A la fin du i" siècle, la Doctrina di(och'ri)ii apostolorum, dans ses premiers chapitres, rappelle som mairement d'importantes applications de la morale chrétienne, telles que l'interdiction de toute pratique superstitieuse et de tous les procédés de la magie, c. ii, m, v; la condamnation de toute violation des droits du prochain dans sa vie ou dans ses biens, particulièrement la condamnation de l'infanticide, c. u, v: la réprobation de toute faute opposée à la charité, c. II, m, V, ainsi que l'impureté, c. I, ii, v; l'instante recommandation de l'aumône, c. I, iv, de la bienveil-
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lance envers les esclaves, c. iv, et de l'arnour des ennemis, c. I. Voir Funk, Paires apos(o!ici, 2» édit., Tubingue, 1901, t. I, p. 2-16. — 2. Vers le milieu du ii" siècle, le Pastew attribué à Hermas, dans sa seconde partie où les principaux devoirs chrétiens sont ramenés à douze commandements, peut être considéré comme une ébauche do théologie morale, contenant des applications pratii[ues à certains cas particuliers, parmi lesquels l'auijiùne, la médisance, le mensonge. Funk, op. cil., I. I, p. 468-518. — 3. Tertullien encore catholique traite dans quelques opuscules de questions pratiques relatives au célibat, à la viduité et au mariage, Ad lixorem libri duo, P. L., t. i, ool. 127:^ sq., ainsi que des excès du luxe. De cullu ifniiininini lihn ilim, P. L., t. I, col. 1303 sq. — 1. Cl/ni.nl ,IAI.\;nHli ir, surtout au II<= livre de son PciliK/diinc, ilccnl niinu- (ieusement les détails pratiques de la vie chrétienne, mais sans délimitation bien nette entre le précepte et le conseil. — 5. Saint Cyprien, outre les deux cas ei'lébres dont il s'est pai'liculièrcment occupé, la réconciliation des lapsi et la rcl,.i|iii^;iiii.ii de ceux qui avaient • [r baptisés par dis li. iv ih|ii.^, iraite incidemment
dans ses opuscules iir e'.ceinosijnis; De iiimi,, bono patientia; ; Df ..
plu.sieurs de ses letli.
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quement. — 6. Chez les Pères du iv« siècle, particulièrement saint Basile, saint Jean Chrysostome et saint Grégoire de Nysse en Orient, et saint Ambroise en Occident, se renconlrenl de nombreuses applications morales, relatives à la fuite du vice et à la pratique des vertus chrétiennes et même de la perfection chrétienne, applications où le précepte moral et le conseil de perfection sont le plus souvent mêlés, sans que les limites précises soient toujours nettement déterminées. — 7. La distinction théologique entre le précepte et le conseil est clairement indiquée par saint Augustin, De sancla virginilate, c. xiv, P. L., t. .\L, col. 402 ; Epist., CLVii, n. 36 sq., P. L., t. xxxiii, col. 691 sq. En même temps, saint Augustin ne se borne point à des recommandations morales ou ascétiques. Ses deux opuscules. De mendacio, P. L., t. XL, col. 487 sq. ; Contra mendacium, col. 517 sq., sont, en partie du moins, des essais de théologie casuistique. — 8. Du vi» au xiiF siècle les auteurs ecclésiastiques comme saint Grégoire le Grand, saint Isidore de Séville, saint Bède et saint Pierre Damien, ne font guère que reproduire les applications précédemment faites par les Pères en les adaptant à des situations nouvelles. — 9. Cette courte esquisse des essais de casuistique pendant toute cette période doit être complétée par les nombreuses décisions des conciles traçant dans des cas particuliers la règle morale et par l'étude des livres pénitentiels fixant la pénitence canonique et contenant en même temps une sorte de jugement implicite sur la gravité de l'acte ainsi censuré.
Voir PÉNITENTIELS.
2° Depuis le xui' jusqu'à la seconde moitié du XYi' siècle. — 1. La casuistique proprement dite commence avec la célèbre Somme de saint Raymond de Pennafort, Surmita de pienilenlia et niatrimonio, publiée vers 1235, ouvrage à la fois canonique et moral, divisé en quatre livres traitant successivement des péchés envers Dieu, des péchés envers le prochain, des devoirs et des droits des ecclésiastiques, enfln du mariage. — 2. A cette même époque et aux siècles suivants, cette Somme servit de base à de nombreux commentaires ou d'occasion à de nombreux écrits du même genre. Parmi ces commentaires se distinguent surtout ceux de Guillaume de Rennes, 0. P., composés en 1250, édités à Rome, 1603, et ceux de Jean de Fribourg (tl314), en partie restés manuscrits. Parmi les ouvrages ana-
logues datant de cette époque, nous citerons particulièrement : Sumnxa astesana, ouvrage anonyme, probablement d'un franciscain se rattachant à la ville d'Asti par sa naissance ou sa profession religieuse, ouvrage traitant de cas de conscience et divisé en huit livres, souvent réimprimé, Venise, 1468, 1478, 1480; Cologne, 1479; Lyon, 1519; Rome, 1728, 1730; voir t. i, col. 2142; Summa pisana ou pisanella composée par Barthélémy de Santoconcordio ou de Pise, dominicain (f 13i7), souvent réimprimée, s. L, 1473, 1475; Paris, 1470; Venise, 1479, 1481, 1483; Lyon, 1519; voir col. 435-436; Nicolas d'Osimo y ajouta, vers I44'i-, un supplément reproduit
dans l'édition de Venis.-. IISI, | ISl : /■),;,;'; ;; ,i,,
Jean de Burgo, cliarinli^i' J^^ runiv. i ii <t r,:n-
bridge (t-1386), ouvra;, -IhIhi.. cm j,v : ,, , ,,vnii
de l'administration des s. pi -.ichmiichIs, .i, ,Ii , pi , , r|,i, s du décalogue et des aiili'os obligations, Strasbourg, 1516 ; Sununa antfelica, composée vers 1476 par le bienheureux Ange Carletti, mineur de la stricte observance, ouvrage principalement l.asi'^ sur l.i Sununa pisana et reproduisant, en suivanl 1 c.i.liv .ili.liab.'ticpie. ce que les ouvrages antérieur . Miii,ri,iirul i|p plus utile, ouvrage très souvent édii'. \i uis.', IIST, l'i88; voir t. i, col. 1272; Summa paci /ira. composée par le bienheureux Pacifique de Ceredano, mineur observantin (tl482), publiée d'abord en italien, Milan, i479, puis en latin, Venise, 1501, 1513; Summa baptistiniana, postérieurement dénommée Rosella casuum, de Baptiste de Sale, mineur observantin, Pavie, 1489; Venise, 1495, 1498, 1499, 1548; Strasbourg, 1586; voir col. 378-379; Summa tabiena ou Summa summarum de casibus conscientim, de Jean Cagnazzo, dominicain (f 1521), Bologne, 1517, 1520; Venise, 1580; voir col. 1302; Summa sylvcstrina, de Sylvestre de Priero ou Prierias, dominicain (tl528), traite par ordre alphabétique en 715 articles toutes les questions de la théologie pratique, publiée en 1516 ; Str.isbùurg, 1518; Lyon, 1519. 1525, L'il : Venise, l.-.f)9.
doui
de Ciji'^tau, Rome, 1525, Venise, 1525; Paris, 1520, 1530. Voir col. 1322. — 3. Parmi les ouvrages de casuistique appartenant à cette période l'on doit encore ranger les confessionalia substitués aux anciens livres péniten- I tiels dans la direction immédiate des confesseurs. Le j premier ouvrage de ce genre est Summa confessionalis j ou Summula confessorum, de saint Antonin de Florence I (tl459), ouvrage souvent édité en latin et en italien, [ Mayence, 1460; Rome, 1472; Venise, 1480; Paris, 1516; Lyon, 1502. Voir t. i, col. 1452-1453. Il fut suivi de beaucoup de manuels analogues parmi lesquels nous mentionnerons : Confessionale, de Barthélémy de Chaymis, mineur observantin, ouvrage souvent réédité, Milan, 1474, 1476, 1480, 1482; Venise, 1486; Mayence, 1478; Confessionale de Jacques CavicKus de Parme, Parme, 1509 ; Venise, 1529 ; Confessionale, de Godescale Rosemondt, professeur do Louvain (-1-1526), Anvers, 1518,
1519, in^î. \"\.M.. ;, „./v. ./ I... „u,;,tium,
d'Aulii'', 1 ■ , . : I , !' . I ,. !i. ir. Tolède,
3" /):7"'^ .'.• „,.,,,/-■ ,,., - ,■ ./,, \i: 'jusqu'au
milieu du Ai/r siècle, la casuistique, grâce à un développement très considérable de la théologie morale, s'enrichit de nombreux ouvrages, parmi lesquels nous mentionnerons les suivaui- r,,, /,;, nlniii sive manuale confessariomm et p.i, | nlilié d'abord en
espagnol à Salamanqm , ! ■ i: | m n^uienlé en 1569, enfin publié en latin ;i li.iiif. iri,S8, par Martin Aspicuelta, communément appelé Navarrus (fl586), ouvrage souvent édité, Wurzbourg, 1593; Paris, 1620, etc. ; voir t. I, col. 2119; Summa casuum conscienlise, d'A. de Cordova, 0. M., Saragosse, 1561; Tolède, 1575,
CASUISTIQUE
1584; Brescia, 1599; Summula de casibus quos vocanl conscientise, s. I. n. d., du liarnabile Michelius (tl572); Suimua casinwi conscn , < i >' ' '/'^Mom, du cardinal Tolet (t 1596), Douai, Hi )i imprimée ; Suhi-
mula casuum comcieiih n Caltaneo, domi-
nicain (tl609), Trente, l.Mii, luun i(,(i; i>,.^ciM, IfiOÇi- Suma de casos de cciilwni ui, il I imn uni I IIimIi i ni /, franciscain (flClH), ou\r,ige jnil lu -n htm \mii-,. 1616; Vnasmiui <h- ,,imiv de ,,<,i, ,, ,„ m ,. ,/, /,.s- su, ,,ijiR'Jiïos, de Bailli I iii\ -1 h ili -ma, ddininiciin (y 160i), Mexico, 1560 , ^ I i \ •-■',. La somme des péchés
et le remède d i mil iints les cas de cons-
cience et la n i, ' ' •! ililrs hnirliant les péchés,
par le P. Beniihi II n .M l'm- l'iSC, revue par les docteurs de la I m nli il ilir,i|M] il,. Paris, in-fol., Paris, 1602; mut ml i.nMni s, „, „/„,)( morale et praclicuni ou }[edtdlii • nh.i . ilf Michel
de Funez, jésuite, Con-l 11 i i i m li;iii,Deci-
sxonum aurearum casn /«l/^ juima et
■pars <:er!iiidn |inl.li^. | i ; i il suuils d'un
Appci ' ' ' 1 ' ' |i'illi - iii^si béparémenl,
par.T.ii i| I 1 I II II liiliii , liijii Decisio casuum dpMrlilihi/ . I I \ 1 - -. itl. . ifiO't; Cologne, 1606; Siniiin, > ' , - , .m^. „n,lia;, de
L. Carbone, m 1 \ m l'inii mhi ihI '7IJ, Clavis regia sacerdolv • ,iii. Ai (.ivgoire
Sajer, bénédiclui .uuln \ in ImiT HiTi in-fol.,
Anvers, 1619; Sumnu, <.,s,, ,„m „ „/, , ,..„rren-
Ihmi in articula morhs ,i,,,/ s m (,,, ,,i,, il.' Diego Alvarez, jésuite, Sévillc Inni \iii i i i il 'ijii, Optis morale in prsecepta dci iiliuii su, s,i,,,,,,,i , ,,s,nim ronsri'enïiœ, in-fol., Paris, Itil'i pu 1 lu m i- '^ un lu /, Disceptaliones de difficiliui iliis ,,,,,i, , ,,s , ,is,i ,,,, ,i dubiorum occurrentiuni in c,n,s. ,, ni ,,, ,l, i^Luiitiiha, de negoliatione, de bello pnl,!,, ,, , i i , i, ,i,,, de Paul Bianchi, dominicain, Veni^u, luJJ lii u \„n- col. 813; De christianis of/iciis et casil,,,s , ,,s, ,, ,,ii,r, de Filliucci, jésuite (t 1622), Lyon, K.-JJ l.,s,,,,,s, m,,,, dut. ,-n -, pi livres, de Comitolo,jésuili , Inju \\ m luu'i i i m, m. 1611; Rouen, 1709; Pi.(/n v-n •!,•,,, ,i, i,i ./...--/. ./ office des curc^. inilaiiiin, ni ' i <••- /, ,...-.' jn mcipau I I ,'s , I ,1 I /,,,,'!, - I, , s I , I l.iptiste
Bernaiilni l'i - m I M uP n i ■ i - remar-
ques d \liill \i ■ I m IJ I ml M I I N inicon-
fessari, , l I S.iint-
FausU -Il II ' I ' 1' il dp los
confes,,, il II I II , 1627),
Salaiiimii I'-. ilrjean
imida logne,
Uegi- , 1616;
casuum . il' ^111 I I iilliii I h II
1631, Kii'i / , I
confcss.. .1
naldiiN , I II II I I I I
2 in-liil ' I I I J. I I I I / i.i/,aria
pra,Ms,;,,/ , , ,., ; , Miy II, ,.,1619;
Douai, I02t!, Virrctonum cmisneidia^, de Jean de la Croix, dominicain, Madrid, 1624; Consultationes et responsa selectiora quxstiomnn nioralium ac casmini conscientise, 2 in-4°, Boloçnn, 16:12 um, dn lurniliile
de Bonis (tl634); Rr^pi.ns,., „,.i ni,,,il,„„i d
in-fol., L5 on, 1660, du luiliml li in ,1 I u. . H/,,,,, t. vu; Resoluliones niund, s m ,j,,il,iis i,i ,,,s ,,isiis cuiiscienticc frequentius in quaUh, ' , i i', , , , . , ,,, rentes juj la mentem Scoti et diviTlioiii , , ,,, ,,,i,iiii ctsoli'i(((()(r, d'Alexandre Rubeus de Lii i , ii\i nlm 1, Cologne, 1653; Medulla theologise m,,, , ,■■. ,1, Pu-, nl.aum; \,)ir col. 1207; Stimnia q-usestionm , , , ,/, /,,/ iinn seu de citsd}us Lunsnentim ad persoiint. ,,,iiil,,,,s utiiusque xf.ius bpeclantibus, de Jean-Bniili-i,' ,1, L, /,iii,i. carme, Rome, 1631; Venise, 1646, 1651; L\on, 1055, 1678; du même auteur, Consulta varia, Venise, 1651 ; Lyon, 1655, 1656; Directorii theologorum ac confessorum ad sum- ■nmm fere omnium casuum conscientise, parte? très, de
Michel Zanardi, dominicain (-1-1642), Crémone, 1612; Venise, 1614; Resolutiones morales, de Diana, clerc régulier (t 1663),Lyon, 1629-1659; Venise, 1652-1655; Rome, 1656, Anvers, 1660, ouvrage très diffus, successivement coordonné plus méthodiquement par Martin de Acolea, chartri'iix. '^ous ce titre : Antoninus Diana coordinatus, Lyon, lliii7 --q , puis résumé par nombre d'auteurs; Tractatus , ,,, I iisululinnummoralium,deThomas]iurtaào, clerc i,.iilier (t1659), Lyon, 1651; in-fol., Séville, 1659; du même auteur, Resolutiones orthodoxe-morales, scholastiae, historié se..., Cologne, 1655, condamnées par l'Index par décret du 10 juin 1659, donec corrigantur ; Summula casuum conscientise continens brevem et accuratani explicationeni prseceplorum decalogi, Lyon, 1653, par le P. Pierre de Saint-Joseph; Notabiles resolutiones variorum casuum et quxstionum practicarum, de Pierre Marchant, franciscain (f 1661), à la suite de son Tribunal sacramentale, 2« édit., in-fol.. Anvers, 1655; Summa seu 7-esolutiones practicse notabiliores casuum fere omnium p n- Antoine \ ,l,li. théatin (-1-1645), Rome, 1635: m ' ' I 11,11 mnralium, par Vin-
cent Cniil I III in"iii. 4 vol., Rome, 1637-
1643: \iiii • 'I I 'lin /' ,'s rasuuni conscientise,
de Charles Zaïnlu'rtns jésmie (y 1650), Bologne, 1634- 1639; Arca vitalis seu inquisitiones theolugicse morales casuum conscientise, de Marc Vidal, théatin, Venise, 1650, ouvrage condamné par l'Index par décret du 23 septembre 1653, puis modifié et réédité sous le titre : Arca salutaris, Venise, 1660, fut encore condamné par l'Index, donec corrigalur, par décret du 8 mars 1661. Sur Castilento, 1652, voir col. 1835.
4» Du ntilieu du .vv//' siècle jusqu'à la fin du xviw. — Casos raros de la confeswn, par Christophe Véga, jésuite (i" 1672), Valence, 16.56 ; le^q r.'llexions ajoutées à cet ouvrage par Antoine H, i nnln liii',-nl condamnées par l'Index par décret du 21 inn Idiis !.,■ murs de théologie morale, de R. Bun.il, \,>ii cnl. 956; Summa ,1 II, dis alphabetice per casus dujesta, de Gabriel de -nul \incent, carme (1671), Rome, 1668; Directorium , , iif, ssariorum in quo selectiores et practicabiliores I usas omnium sacramentorum et censurarum... explicantur, in-fol., Lyon, 1668, par le P. Antoine du Saint- Esprit; Casuum conscientise brevissima ac originalis expositio, par .Fgidius de Ce«;ari, conventuel, Venise, 1678; .V. ' '"i ?'' ',;,, /■ isi ,, ,,l s ,,, ,i,iicai,de HenTi Heinlin 1 n 'l' im I n i i InT, i "In^ue, 1707; Nurembei- ri. I i i 'I ' 'i-ii,|ue composés
par Guli'it j -ml' . I' T'i - m- 1 - lili-'^ : Alphabetuni communicanUum casinsticmn ; Alplutbelum sacrificantium ; Alphabetuni baptizantium et confirmantium, etc., furent tous réunis par lui (à l'exception de son 4ip/iabetiim ijii,i,l, iiiilr ,\ ilin=; un ^,u\ ouvrage : Experientiss theoloiji I s ,, II,, ,,,, , ,j„ ,,,,i,,utalis, Munich, 1669; Consl.uii ' HiTii I ,,!,,,, I i.mclica de confesores y pcnitenli-s m i,„l,is las i,i,iiri ms île la theologia moral, Valladolid, I6G2, par. \ntoi ne de Escobar, jésuite (f 1669); Decislones miscellanese 500 dubiorum, Venise, 1650, par François Bordone, du tiers ordre régulier de Saint- !"rin,,iis. Rrs.ibitions de plusieurs cas de conscience I i,,l,i,,i ' ,,,,1 aie et la discipline de l'Église, 3 in-S", \',n~ lnn(i-li,;)-2: 3 in-4°, Paris, 1694-1704; 3 in-8». Pans. 17(15, [111 Jacques de Sainte-Beuve, professeur de Sorbonne (f 1677), recueillies par son frère; Consultationes in re morali, Toulouse, 1682, par Thomas de Urrutigoyti, franciscain (f 1682); Très centurise selectomm ca'"' • • ' n» •niis', Fribourg-en-Brisgau, 1665; Cologn, V^<< 'n- r".l, par Adam Burghaber, jésuite (t 16871, I ,itedico-theologicum quo omnes
casus lin I l'iii xgros aliosque concernentes
eventilanliir. Anxers, 1666, par Michel Boudewyns (•[-1681); Responsa moralia ad quwsliones theologise selectas, Dijon, 1692, par Joseph Brunet, docteur de Sorbonne (f 1720) ; Decas ad moralem scienliam, Gènes,
CASUISTIQUE
\(>'Xi, p:ii' liornard Bissiis, Ijonodictin (f 1716); Théologie momie ou résolution îles cas de conscience selon l'Écriture sainte, les canons et les saints Pères, 8 in-12, Paris, 1670 sq., 1695, 1715, par François Genêt, plus tard l'vèque de Vaison (-i-1702), probabilioriste rigide, ouvrage souvent (^dité et traduit en latin, Venise, 1763, 1777; Bassano, 1769; Sumtiia sancli Raymundi de Pennafort, Lyon, 1718, nouvelle ('dition par Vincent Laget, dominicain; Tractaliis moralis in decalogi prsecepta,... coniplectens casxis omnes obvias, '2" cdit., in-12. Tournai, 1707, par le P. François llenno, récollet; Exanten confessarionim... amplectens casus conscientiœ obvios..., in-12, Cologne, 1718, par le P. Grégoire Schoonaerts, ermite de Saint-Augustin; Dictionnaire des cas de conscience, 2 in-fol., Paris, 1733, 1716, par de Lamnt et Fromageau ; Decisiones sacramenkilrs //., </.'./;- ,. , , .municiB et légales, Venise, 1727, 1757: \i I . " iir
Jean Clericatus ou Chiericato, de l''i i IV;
Alpliabetum morale seu theologia rimn^h. ,,,s,',,.s ,,,)iscientiie ordiric atpliabetico diliicidata, Trêves, 1739, par Hrocard de Saint-Nicolas, carme; Inquisitor canonum hive exposilio et resolutio conscienli,T cii-iuiini ex regjdis canonicis dcducla, Rennes, IT2i ITl'iî, pu \I. \.iiMlrr ilr la Passion, carme (f 1731); V.. Il ■ ' , Ir.njnir,,torum theologicorum moral n . /.■., /. ///i.r
diversorum collectio, Sinay.i l)i, IT,:i' \. m-r. I7."i-J, par Jean-Baptiste Bodalini, servilo (Y l'^ii' Ih, imnimirc des cas de conscience, 2 in-fol., Paris, 171.'.. .1 Sniiplément du dictionnaire des cas de roiisritin;'. l'aiis, 1719; 3 in-fol., P.iii . IT'^I, 17:'n, \"'C. , ]:\\.-, I7il. par .Ican Pontas (f 17 :• . i i in.iliihr par Collet,
Paris, 2in-i I ii I ' i i i I.' I7r,s. I77ii, et reproduite par .Mi- n . l'iii , ls',7-ls:.s. II, ni, hiline, Genève, 1731; Venise, l'ÔS, licsoluliuiies practico-morales in decalogi prsecepta et Ecclesias sacramenta, Rome, 1741, 17.'(3, par Raphaël de Frascati, capucin; Decisiones practicie casuuni conscientix selectoruni, Augsbourg, 1734, 1739, 1747, 1749, par Bonaventure Leonardelli, jésuite; Consilia casuislica quadruplici conseientiai diriyendse aptata, Olmutz, 17,^, par Wenceslas Kraus, jésuite; Dictionantim casutim conscientise, Venise, 1733, édition latine abrégée et corrigée du dictionnaire de Ponlas, par Amort, chanoine de Latran (f 1775) ; Amort traduisit également, en l'adaptant à rAllemagnr, li ?);, / , .iîy' portatif de cas de conscience, publia i \ in n 17ri',i: 2« édit., 2 in-12, Lyon, 1759; 3- édil,. I ,'-l |i.ir
François Morenas, Augsbourg, 17,j;i. 17>i .n i. i. col. 1116; Theologia moralis decaloynlis el sacramentalis per moduni conferentiarum casibits practicis illustrata, 3 et 6 in-12, Augsbourg, 1741-1747, par Elbel, mineur récollet, ouvrage réédité à Paderborn, 1890-1892, par Bierbaum, franciscain; Conferenlix theologicoinorales seu casus conscientia; de restitutione tuni in génère tiim etiam in specie, Augsbourg, 1744, par le même Benjamin Elbel; Résolution de cas de conscience sur la vertu de justice et d'équité, 3 in-12, s. 1., 1741; Theologia moralis ex solidis probatorum auctorum principiis et veriorum casuuni fictorum el factoruni resolutionibus, 6= édil., 2 in-8», Wurzbourg, 1769, par Edmond Voit, S. J., professeur à l'université de Wurzbourg; Casus conscientise de mandata olim Em. S. R. E. cardinalis Prosperi Lantbertini deinde SU. D. N. papse Benedicti XIV proposili ac resoluti, opus confessario omnibus... perutile ac necessarium, 2" édit., in-12, Augsbourg, 1763, avec un appendice; Cursus theologise moralis, avec des cas de conscience ajoutés à chaque traité, 6» édit., 4 in-8», Augsbourg, 1787, par R. Sasserath. Les Ad casus conscientix prxterita anna MUCCLXXXVI discussos compendiosx resolutianes, publiées à Pistoie en 1787, ont été mises à l'Index par décret du 31 mars 1788.
5» De la fin du XYiii' siècle ù l'époque actuelle. — Examen raisonné ou décisions ihéologiqties sur les
catiunaiuleiuciils de Dieu et de l'Église, sur les sacrements et les }>.' !>•'-• . :i i>: laii.i-, ouvrage où l'on décide d'aprèsles inr^ • licns ce quiest péché mortel
ou véniel en • < -1 iii-8», Lyon, 1840; 7' édit.,
1843; 1851; 'J m IJ., Ivôx. par un ancien professeur de théologie de la Société de Saint-Sulpice (Jacques Valentin) ; Examen raisonné ou décisions théologiques sur les devoirs et les péchés des diverses professions de la société, ouvrage où l'on décide ce qui est communément péché martel ou véniel dans l'infraction des devoirs d'un chacun, ce qui y blesse la justice et oblige ù la restitution, "î in-8o, Lyon, 1841, 1842; nouv. édit. revue, 2 in-8», Bruxelles, 1842; Lyon et Paris, 1844, par le même; Examen raisonné ou décisions théologiques sur les devoirs des prêtres, pasteurs et autres, cancer, nanl leur conduite personnelle, où l'on décide ce qui est communément péché mortel oti véniel dans l'infraction de ces devoirs, 2 in-8», Lyon, 1843, 184-7, ia")9; Casus conscientix in prœcipuas quœsiioiies l/ieoloriim momiis, 2 in-12, Le Puy, 1862, de Gin\ i-iiii- ; Im;), ouvrage souvent édité; Casus consiuui i m
missione Nankinensi, 2« édit., Zi-ka-w i l -,-| |,ii le P. Al.iisi'is Sica, S. J., qui a signé la pn-iaio: lit., Apl,r,rh,,'s 11(1 casus conscientix resolutos in missione .\ '/,//!, //si, Chang-Hai, 1879, 1884; Casus conscienlin' lus luaseetim temporibus accammodati propositi ac resoluti, pars prima de liberalismo : pars secunda, de cansectariis liberalismi ; pars tertia pastoralis, par Paul Villada, jisuite, Paris. 1S81 : 3- édit.. lîruTcelles, 1895; Casus cons.irniir ^ , ,, , :..^ll }: ' . „ , ,.s/, ,,■ , , ,■. cerpti in "/ ; • ,1 . ■ n.
2 in-12, Lauili I' ::.i . I~-, -l ■ ■ /■ ' ■' .--
theca dei cKiii.'Ji }'"j"'':''' M ' Aii__i !.> I;.i-,,iii,
t. XXIII, xxiv; il. Matharan, .S. J., Casus de malriiiionio fere quingenli, in-S", Paris, Madrid, 1893; Casus conscientix, du P. Bupceroni, jésuite. 3' édit.. Prato, 1897; i' édit., Rome, l'i"! "r ,M;t . -> in S' . I'«i-;- V:u', ; un Casus moralis, éi\i' I > ' '■ 1 , 1 ' , n.-
par leSaint-Office, le I- 1 il' '
tia: propositi el solui: /:. .- ,. <■,' .s ly-,<;,'.,M/, , ,,, ,// cœtu S. Pauli, 8 fascicules réunis par Félix Cadéne, Rome, 1891-1904; Casus conscientix, ouvrage posthume de Génicot, jésuite, Louvain, 1900; Casus conseienlim, du chanoine Berardi, 7 fascicules, Faenza, 188i s(|. ; du même auteur. De recidivis et occasionariis, ." .Mil . 2 in-8», Faenza, 1897; Lehmkuhl, Casus conseuni,,, ,, 1 usum canfessariorum compositi et saluti, 2 in-.'^ , l'i 1 bourg-en-Brisgau, 1902; 2' édit., 1903.
On sait d'ailleurs qu'en dehors des ouvrages spéciaux de casuistique, on peut trouver beaucoup de questions traitées avec la méthode casuistique dans la plupart de nos théologiens moralistes, comme Suarez, de Lugo, les théologiens de Salamanque, saint Alphonse de Liguori. 6» Chez les protestants. — .\u sein du protestantisme, à partir du xvi« siècle, la casuistique, en s'inspirant des nouvelles doctrines sur la justification, devait attacher peu d'importance aux distinctions et applications détaillées qu'avait employées la casuistique catholique. Elle devait également négliger la recherche d'une exacte délimitation entre le péché mortel et le péché véniel, pour se retrancher presque exclusivement dans une application un peu générale de l'esprit évangélique tel que l'on se plaisait à le concevoir. De fait, cette application se fit suivant les préoccupations dogmatiques des auteurs. Chez quelquesuns se manifeste une tendance puritaine assez prononcée, comme chez Willam Perkins, professeur de Cambridge (•]- 1602j, particulièrement dans ses Decisiatis of cases of conscience, ouvrage originairement publié en anglais, puis traduit en latin et publié avec toutes ses œuvres, Opéra thealogica, Genève, 1624. Chez la plupart des auteurs à partir du xvii« siècle, l'absence de principes suffisamment fermes, ou l'indécision des croyances dogmatiques conduisit à une étude presque exclusive do
CASUISTIQUE — CATÉCHÈSE
la morale ou élliiiiue luilurelle. En même temps, par aversion pour le principe d'autorité et pour le catholicisme, la casuistique protestante rejetait tout recours aux décisions ecclésiastiques ou au suffrage des théologiens, dénonçait tout usage du prohabilisme et réprouvait la casuistique catholique comme opposée à l'esprit evang( lique Obser\ons aussi que le pietisme protestant, en soutenant la predommance d une religiosité "^entiiiienlile dans la question de h foi et dans toute la conduite chiLtienne, ne fut point sans contribuer au
di'iciedil de la casuistique au Pnllin-,ei et Reusch Geschn hte Nordlingen, 1889, t i, p 25 =;i| Kasuistik de la Realenoidh i Theologw und huche, 3 (ili 1 , I ml t \
p 119 sq Fn dehors de quelquts ,liiI^ de Luthei Cahin et Melanchthon, nous mentionnerons comme principaux ouvrages de la casuistique protestante Henri Alsted, Theologia casuum, Hino\ie l(i21 Amesius De con%ctentia et ejus jin e i Amsterdam. 1630, edit alleu Frédéric Balduin, Catic: ro
protestintisme
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scientmua, -1679, Osnndc i T]i( olo,^
Olearius, Jntioductio m theologiam motalem et en
sticam, 1694 Gotthold Matuiale cniiatticiim 1797
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1898 p iibsq (tlut Lu^uiitil dm-^ ie hiiclunleiikui 2 édit , Fnbourg-en-Bri»gau, 188d, t n, col 2U35-2U44 Voir aussi Reusch Dei Index de! leibotenen Buchei , Bonn, 1885, t II, p. 309-319.
E. DUBLANCHV.
CATAPHRYGIENS. Voir Montanisme.
CATÉCHÈSE. — 1. Pendant les deux premiers siècles. II. Du commencement du 111" siècle à la fin du v«. m. A partir du vi» siècle.
I. Pendant les deux premiers siècles. — 1» Notion. — Le mot catéchèse, y.aTr./r.T'.;, vient du verbe xaTYi/éw qui signifie, proprement, retentir, faire retentir, et, "au figuré, enseigner de vive voix, insliuire oralement, la parole du maître servant déclio à l'interrogation du disciple, et la réponse du disciple à la question du
maître. C'est dans ce dernier sens que, seuls des écrivains du Nouveau Testament, saint Luc et saint Paul employé le verbe xaxyixeîv. D'après les Actes, xviii.
25, en effet, ApoUos était p'ou; saint Luc compose Théophile ce qu'il a d.j; Luc, I, 4. Saint Paul parle i'vx xaTiT/vîijw, I Cor., xiv
,X.T1(J.SV0Ç TÏ|V oôbv TOÛ Ku-
Evangile pour rappeler à
pris. -î'A wv y.o;Trixr|6yiç.
- 1 iv /■/ r/jix pour instruire que celui qui est
instruit, 6 y.a.Tf^-/o'j\i.fioi, communique avec celui qui le catéchise, -cm xaTr,xoCv-i. Gai., vr, 6. De là, chez les Pères grecs, l'emploi du mot xariixYio-'.ç, et chez les Pères latins du mot catechesh, pour désigner .soit l'action d'enseigner soit l'enseignement lui-même ou son objet. Mais avec l'organisation du catéchuménat, ce terme prend un sens plus précis et plus restreint : il s'applique tout particulièrement à l'enseignement oral qui sert de préparation à la réception du baptême et qui, par suite, ne s'adresse qu'à des non initiés. Cf. Crocquet, Catéchèses christiana, Douai, 1574, p. 5; Witfeit, Theologia catechetica. Munster, 1656, p. 2; Gilbert, Christianx catecheseos historia, Leipzig, 1836, I. I, p. 1 sq.; Zezschwitz, System der christl. Katechelik, Leipzig, 1863, t. i, p. 17 sq.
2° La catéchèse apostolique. — La marche à suivre dans l'évangélisalion avait été nettement indiquée par Notre-Seigneur : Enseignez, avait-il dit; c'était le premTer pas à faire. Quiconque ajoutait foi à la parole de l'apôtre recevait le baptême et devenait chrétien. Les apôtres prêchent d'abord, baptisent ensuite. Saint Léon le Grand a pu dire avec raison que c'est conformément à la prescription des apôtres que les élus sont préparés au baptême par un enseignement répété. Epist., xvi, 6, P. L., t. Liv, col. 702. Mais qu'enseignaient les apôtres? Quel fut l'objet de la catéchèse apostolique ? Cet objet variait forcément selon les auditeurs auxquels on s'adressait.
A l'égard des juifs, par exemple, tout le débat se bornait à savoir si Jésus était vraiment le Messie annoncé, s'il était Dieu. C'est ce qui explique le discours prononcé par saint Pierre après la descente du Saint-Esprit : « Jésus de Nazareth a été un homme autorisé de Dieu par les merveilles, les prodiges et les miracles que Dieu lui a donné de faire parmi vous. Vous l'avez crucifié. Mais Dieu l'a ressuscité selon la prophétie de David, quand il disait au Seigneur : « Vous ne laisserez « pas mon âme dans le tombeau ; vous ne permettrez pas « que votre saint voie la corruption. » Mes frères, qu'il me soit permis de vous dire hardiment de David qu'il est mort, qu'il a été enseveli et que son sépulcre est parmi nous jusqu'à ce jour... Dans sa connaissance de l'avenir, c'est de la résurrection du Christ qu'il a parlé, en disant qu'il n'a pas été laissé dans le tombeau et que .sa chair n'a pas éprouvé la corruption. C'est ce Jésus que Dieu a ressuscité, nous en sommes tous témoins... David n'est pas monté au ciel... Que toute la maison d'Israël sache Ir.- r, iiiin, m- nt que Dieu a fait Seigneur et Messie ce Ji-M ,i .- ■/ crucifié. » Act., li, 22- 36. La plupart .i- ili ! imandant ce qu'ils avaient à faire, Pierre l.ni iiiunlM : » Faites pénitence et soyez baptisés au nom de Jésus-Christ pour obtenir la rémission de vos péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit. » Ibid. Auprès des Juifs de la diaspora, dans la synagogue des affranchis de Rome, desCyrénéens, des Alexandrins, des Ciliciens, des Asiates, saint Etienne va plus loin : il exalte Jésus au-dessus de Moïse; il déclare sa doctrine indépendante des rites et des prescriptions de la loi, ce qui est le congé donné à l'ancienne alliance. Devant ses juges, il s'écrie : « Têtes dures, incirconcis de cœur et d'oreilles, vous résistez toujours à l'Esprit-Saint, vous aussi, tout comme vos pères. » Act., vi-vii. Ces quelques indications suffisent déjà à caractériser la catéchèse apostolique auprès des juifs. Mais l'Épitre aux Hébreux est plus explicite. Son auteur distingue entre le lait qu'on ne donne qu'aux
CATÉCHÈSE
débutants et la nourriliiro solide qu'on réserve pour les plus avancés. Or, parmi les éléments constitutifs de cet enseignement prélimin;iire ou de cette catcîchése, il signale, comme fondement, la pénitence, puis la foi en Dieu, la doctrine du baptême, de l'imposition des mains, de la résurrection des morts et du jugement éternel. Ileb., V, 12; VI, 1-2.
Tout autre est l'allure de la catéchèse apostolique
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saire de n'inn - .'i l.-nl i! .iii>inl ■■.■! ,.!,- I.irlr' ,n ml il. leur proposer dcmbiassci' la foi. Or voici comment saint Paul parla à l'aréopage d'Athènes. Pi'enant texte de cette inscription : A» Dieu inconnu, qu'il vient de lire, il annonce ce Dieu inconnu. « C'est lui, dit-il, qui a fait le monde et tout ce qu'il renferme, étant le Seigneur du ciel et de la terre. Il n'habite pas des temples faits de mains d'homme, car il n'a besoin de rien, étant celui qui donne le souffle, la vie et toute chose. Il a fait d'un seul sang toutes les nations, les obligeant à le chercher et à le trouver. C'est en lui que nous vivons, que nous nous mouvons et que nous sommes. Comme l'ont dit quelques-uns de vos poètes, nous sommes de sa race. Ktant donc de sa race, nous ne devons pas croire que la divinité ressemble à l'or, à l'argent, à la pierre, à un objet quelconque SL-ul|.l. |i,ii lui on le u'imil. riininiiLe. Oubliant donc ces l.iii|i- d )MiiiMiirr. Iii.ii -nlinnie maintenant aux liuinni. > qu. i<,ii,, , i, ;,,ui li, n, r.i>>c-nt pénitence, parce qu'il a .irn-lc- un jour vu il iluil juger en justice le monde par l'homme qu'il a destiné à cela et qu'il a autorisé auprès de tous en le ressuscitant d'entre les morts. » Act., wii, 24-31. Comme on le voit, c est en peu de mots l'affirmation de l'existence d'un M'ul Dieu, créateur du ciel, de la terre et de l'humanité, 1,1 condamnation du paganisme, puis, comme pour les juifs, la nécessité de faire pénitence, en vue du jugeiiunt futur, auquel présidera celui qui est déjà ressuscilé d'entre les morts. Ce discours, interrompu par les Athéniens, laisse entrevoir la conclusion qui était de croire en Jésus-Christ et de recevoir le baptême pour être sauvé. Le cadre s'est élargi ; un élément nouveau et nécessaire, la condamnation du paganisme, s'est introduit dans la catéchèse et n'en disparaîtra plus.
A. Seeberg, Der Katecliismus der Urchristenheit, Leipzig, 1903, a essayé de restituer le catéchisme qui servait, au temps des apôtres, à l'instruction des catéchumènes. Selon lui, il contenait un enseignement mo- 1,1 1 il un enseignement dogmatique. L'indication de 1 i nsii-neiiient moral se trouve, I Cor., iv, 17, dans lexpression « les voies », que la Didaché désigne explicitement comme les deux voies de la vie et de la mort, de la lumière et des ténèbres. M. Seeberg les reconstruit en dressant, d'après les écrits apostoliques et postapostoliques, la liste des péchés que les chrétiens devaient éviter, et celle des vertus qu'ils devaient pratiquer. Eph., V, 8-21 ; Rom., xiii, 12, 13; I Thess., v, 4; I Joa., i, 6, 7. L'enseignement dogmatique comprenait le symbole de foi proposé par saint Paul. I Cor., xv, 1-5. Cependant, au sentiment de Seeberg, la formule n'était pas reproduite par l'apôtre dans son entier et il faut la compléter par d'autres passages de ses Épitres. La même formule de foi se retrouverait I Pet., m, 18, 22; iv, 5, dans un état un peu différent. Elle est d'ailleurs supposée existante dans les Épitres pastorales, notamment 1 Tim., III, 16, par saint Luc dans son Évangile et dans les Actes, et dans l'Épitre aux Hébreux. Ce symbole primitif contenait une phrase sur Dieu créateur de toutes choses, une série d'affirmations sur le Fils de Dieu, qui ressemblaient, si même elles n'étaient pas identiques, aux articles correspondants du symbole actuel dit des apôtres. Il ne parlait pas du Saint-Esprit et ne donnait pas à Jésus-Christ la dénomination de K'jpio;. La caté-
chèse apostolique devait comprendre encore (r,iulrcs parties, à savoir des instrucliou , -ui |. I,,|,i,' ,: , ilnril la forme n'exprimait pas l,i iimi i ; i m ,iivines, sur la communication il ! 1 im |,i ■ : ,; niii le baptême, sur l'oraison douniM ,il , i m I , m h.n i~iir. Ces instructions étaient déjà formulées d'une faç,on fixe et transmises textuellement, au moins dans une certaine iiiesiiro. Ces conclusions reposent en partie sur des , Il il 1 liions qui ne .sont pas fondées, telles que, par i ' Il non-authenticité de la formule baptismale, I ' wviii, 19, et supposent des combinaisons de I \ii - iiiii sont fragiles et branlantes.
3" La Didaché. — La Didaché est un témoin de l'âge qui suivit immédiatement celui des apôtres et nous offre, dans sa première partie, un modèle de catéchèse adressée à des catéchumènes avant la collation du baptême sous la forme d'une très courte instruction morale — on dirait un manuel — sur les Deux voies, la voie de la vie et la voie de la mort. La voie de la vie est celle qu'il faut suivre en pratiquant le double précepte évangélique, l'amour de Dieu et du prochain, et ce principe d'ordre général : Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu'il te fasse. La voie de la mort est celle qu'il faut éviter en ne commettant pas les péchés qui sont énumérés. Voir t. i, col. 1683-1684; Doctrina duodecim aposlolorum, édit. Funk, Tubingue, 1887, p. 3- 21. Cette catéchèse, il est vrai, ne renferme explicitement rien de ce qu'il faut croire; elle ne s'en tient exclusivement qu'aux préceptes de la vie morale. Mais il va de soi que ceux à qui elle est adressée ne sont pas sans avoir manifesté le désir de renoncer à la vie païenne pour faire profession de vie chrétienne, sur une connaissance, rudimentaire, si l'on veut, mais suffisante et déjà acquise de l'erreur du paganisme et de la vérité du christianisme. Et c'est pourquoi on ne leur indique que ce qu'ils ont à pratiquer pour recevoir le baptême, en y ajoutant les œuvres soit de pénitence telles que le jeune, soit de prière, en particulier l'action de grâce sur le TtoTTiptov et le xXâuna, surtout la prière par excellence ou oraison dominicale.
4» C'est tout ce qui reste comme catéchèse durant les deux premiers siècles. Il existe cependant d'autres œuvres qui, manifestement, reflètent la méthode et l'objet de l'enseignement donné aux païens de cette époque pour les engager à se faire chrétiens, telles, par exemple, que la première Apologie de saint Justin, à Rome, et l'Exhortation aux Grecs de Clément, à Alexandrie. D'une part, en effet, malgré le désordre et l'irrégularité de son Apologie, saint Justin nous permet de distinguer ces points principaux de cet enseignement : condamnation de l'idolâtrie ou du paganisme; proclamation de l'unité de Dieu, de l'existence du Père, du Fils et du Saint-Esprit, du dogme de la création; preuve de la divinité de Jésus-Christ, Verbe de Dieu, fils unique de Dieu, incarné pour sauver tous les hommes, crucifié, ressuscité et juge futur du genre humain; récompense éternelle des bons, châtiment éternel des méchants. On dirait déjà une notification du symbole. Et cette exposition dogmatique, si diflérente de la catéchèse des Deux voies, insiste même auprès des gentils sur la divinité de Jésus-Christ, prouvée par l'existence et la réalisation des prophéties. D'autre part, le ZlporpEitTi/ôî de Clément d'Alexandrie est une invitation pressante adressée aux païens pour leur faire abandonner leurs erreurs et prêter l'oreille à l'enseignement salutaire du Verbe. Pourquoi l'abandon du paganisme? A raison de son absurdité et de ses ignominies. Pourquoi l'adhésion à l'enseigneinent du Christ? Parce que le Christ est le Verbe qui a eu pitié de nous dès le commencement et est venu nous délivrer; parce qu'il est le Dieu fait homme qui nous a envoyé le Paraclet pour nous exhorter à la connaissance de la vérité ; parce qu'il est la voie, la vérité, la vie, le salut. Conclusion : Expiez vos péchés
CATÉCHÈSE
par une sincère pénitence, lavez-les dans les eaux du baptême, attachez-vous à Jésus-Christ, embrassez sa doctrine, obéissez à ses lois pour avoir part à son héritage; sinon, redoutez les châtiments qui ne doivent pas finir. C'était la méthode de Théophile d'Antioche dans ses trois livres à Autolycus.
Ainsi donc, examen du paganisme pour le flétrir et le condamner, appel à l'histoire pour y montrer l'intervention miséricordieuse de Dieu à l'égard de l'homme, évocation des souvenirs évangéliques pour signaler le rôle du Christ sauveur, considérations morales et enseignement dogmatique pour faire embrasser la foi et les pratiques clintiiiiins. sml moyen de se sauver, d'obtenir la récompensr ou dVni, !■ I,. châtiment de la vie future, tels sont en aluv-,. |, ^ |m.iiiIs principaux qui forment la trame de la calOchùse piimilive.