‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 608 sur 741 · II. Du COMMENCEMENT DU III« SIÈCLE A LA FIN DU V · texte numérisé non relu

II. Du COMMENCEMENT DU III« SIÈCLE A LA FIN DU V

— Dès que le catéchuménat commence à fonctionner comme une institution régulière, la catéchèse continue à poursuivre par l'enseignement l'instruction religieuse et l'éducation morale de ceux auxquels elle s'adresse. Mais comme ceux-ci appartiennent à diverses catégories et ne se trouvent pas au même degré de préparation^ les uns n'étant encore que de simples postulants, les autres des catéchumènes proprement dits, des compétents ou des néophytes, le catéchiste est obligé de proportionner son enseignement à la situation et aux besoins immédiats de ses auditeurs. Il va de soi que celui qui vient d'être à peine initié par le baptême sera instruit autrement que le compétent, que le compétent sera traité autrement que le catéchumène et le catéchumène autrement que le simple postulant, qui frappe à la porte de l'Église pour la première fois. De là, dans les catéchèses de la période qui va du commencement du 111= siècle à la fin du v% diverses nuances qu'il importe de saisir et de caractériser dans la mesure du possible. Voir Catéchuménat.

1» Catéchèse d'admission au catéchuménat. — Une catéchèse spéciale précédait l'admission au catéchuménat. Bien qu'aucune catéchèse de ce genre ne nous ait été conservée par les documents du iii« ou du iv» siècle, le fait de son existence ne saurait être révoqué en doute. D'autre part, le but de la catéchèse étant de conduire à la foi, selon le mot de Clément d'Alexandrie, e'i; TttsTiv I 7t£p:œY=i. Psedag., I, 6, P. G., t. viii, col. 285, le but par- | ticulier de la catéchèse d'admission était de préparer i les voies, de tracer la marche à suivre ainsi que la ! conduite à tenir, soit en indiquant les obstacles qu'il I fallait écarter, soit en notifiant dans leur ensemble et d'une façon sommaire les principales vérités à croire et les devoirs à pratiquer.

Saint Ambroise nous donne un renseignement précieux à ce sujet. Il écrit en effet qu'il faut agir à l'égard des païens comme saint Paul avait agi envers les membres de l'aréopage. De plus, il donne le programme à remplir : c'est d'abord d'enseigner qu'il n'y a qu'un seul Dieu, que ce Dieu est le maître de tout et que le devoir de l'homme est de l'aimer ; c'i-^l ensuite de condamner et de réprouver IhImI.,!! i,. : , ,.^l enfin de montrer que Jésus-Christ ,< ,i|i|iMiir. |,. v,,|iil, par suite qu'il faut croire en lui, paicc .pio 1 ln^iun. seule de ce qu'il a fait sur la terre jusqua >.i ic^uin-clion est une preuve de sa divinité. In Luc, vi, 104-105, P. L., t. xv, col. 1096-1097. Si la réponse qu'il lit in modum catechismi à Frigitil, reine des Marcomans, qui lui avait demandé ut scriplis ipsius quaiUer cvedere deberet, nous était parvenue, nul doute que nous n'eussions là un exemple de ce genre de catéchèse. Vita Ambrosii, 36, P. t., t. XIV, col. 39. En revanche, nous pouvons tirer des renseignements non moins précieux soit de la Grande catéchèse de saint Grégoire de Nysse, P. G., t. XLV, col. 9 sq., soit du De calechizandis rudibus de samt Augustin. P. L., t. xl, col. 309 sq.

.Saint Grégoire, il est vrai, malgré le titre de son discours, ne nous donne pas une catéchèse proprement dite ou une allocution à des païens, c'est plutôt une leçon à l'usage des catéchistes sur la manière de faire la catéchèse et plus spécialement de prouver par le raisonnement les mystères de la foi à ceux qui ne défèrent pas à l'autorité de l'Église. En conséquence, il avertit les maîtres chrétiens de varier leurs procédés suivant les besoins de leurs catéchisés, de se mettre toujours au point de vue particulier de l'adversaire, de le suivre pas à pas et de profiter de ses concessions pour entraîner son adhésion. C'est de manière différente, en effet, qu'on doit agir selon qu'on parle à un païen qui nie l'unité de Dieu, ou à un juif qui ne croit pas en Jésus- Christ, ou à un hérétique, qui, en attaquant la divinité de Notre-Seigneur, erre sur la trinité. Le procédé indiqué est celui d'un controversiste ou d'un apologiste en face des difficultés qu'on oppose aux dogmes chrétiens, beaucoup plus que celui d'un catéchiste:; sans doute parce que les habitants de Nysse devaient avoir l'esprit raisonneur des Grecs et non la simplicité des hommes de bonne volonté. Quoi qu'il en soit, le ton a beau différer, l'objet de la catéchèse reste le même, c'est de signaler les principaux dogmes, tels que celui de la trinité, de l'incarnation et de la rédemption, les deux sacrements du baptême et de l'eucharistie, ainsi que la double sanction de la vie éternelle; et le but est identique, c'est d'amener à la foi les infidèles. Cf. J. H. Strawlev, The calcchical ovation of Gregory of Nyssa, in-8«, Cambridge, 1903.

Saint Augustin est beaucoup plus explicite ; grâce à lui nous connaissons la méthode et l'objet de la catéchèse dont nous parlons. Attitude à avoir, plan à suivre, matière à traiter, c'est toute une théorie de ce genre de catéchèse qu'il adresse à Deogratias, diacre de Carthage, avec deux exemples ou modèles à l'appui, l'un plus long, l'autre plus court, selon le temps dont on dispose.

1. S'agit-il d'un illettré, d'un nuiis et indoctus'? — Il faut lui montrer tout d'abord, par un rapide exposé de l'histoire du monde, que tout ce que Dieu a fait il l'a fait par amour, afin de le porter à répondre à ces avances divines par l'amour d'un cœur pur, d'une conscience droite, d'une foi non feinte; car là est la fin du précepte et la plénitude de la loi : tel est le but à atteindre, qu'il importe de ne jamais perdre de vue et auquel il faut tout rapporter til ille cui loqueris audiendo ciedat, credendo speret, sperando amet. De cat. rud., IV, 8, P. L., t. XL, col. 316. Et pour mieux provoquer cet amour, parler de la sévérité de Dieu, car la crainte est toujours salutaire pour toucher le cœur des mortels. Slais avant d'entrer en matière, il faut bien connaître l'état d'âme de cet illettré, soit en se renseignant auprès de celui ou de ceux qui le présentent, soit en l'interrogeant lui-même sur les motifs de sa détermination : c'est l'exorde. S'il allègue un motif faux, partir de ce mensonge, non certes pour le lui reprocher, mais pour louer un sentiment en soi digne d'éloges, qu'il finira peut-être par éprouver réellement et par en être heureux. S'il allègue un motif étranger à la foi, le reprendre en douceur, le désabuser, en lui indiquant brièvement et avec gravité le vrai but de la doctrine chrétienne, pour l'amener à vouloir de gré ce qu'il ne voulait pas tout d'abord par erreur ou par dissimulation. S'il avoue, au contraire, céder à une inspiration, à un avertissement, ou à un sentiment de terreur qui vient de Dieu, excellente entrée en matière que de montrer alors le grand soin que Dieu prend de nous. Faire voir ensuite l'intervention de Dieu dans l'histoire, depuis les origines jusqu'aux temps actuels à travers les six âges du monde, l'Ancien Testament n'étant que la préparation et l'annonce prophétique du Nouveau et le Nouveau n'étant que la réalisation ou la révélation de l'Ancien ; c'est la narratio. Enfin, comme conclusion, insister sur la

CATÉCHÈSE

rosurrection future, sur le jugement dernier et sur la sanction éternelle du bien cl du mal ; mettre en garde l'inlirmité de cet illettré contre les scandales du dehors et du dedans; lui rappeler brièvement et convenablement les préceptes de la vie chrétienne. Et si alors il accepte d'entrer dans la voie du salut, qu'il n'en rapporte qu'à Dieu tout le mérite, qu'il aime Dieu et son prochain à cause de Dieu, car Dieu qui l'a aimé ennemi le justifiera ami.

2. S'agit-il d'un homme posséil:iiii .Icjà i|iiil(|ues notions de la sainte écriture il il - I iirr , h rétiennes ? — Être très bref sur loni vr ^pi] i lie à

rKeriliiri' sriiiile ou aux lettres clirùliuiiin ^, a a\uii' pas l'air ir:i|i|nvii(liv à cet homme ce qu'il sait déjà, mais tninii. Il I , rMiiiiiii' s'il le savait, tout ce qu'on dit en parril r,i~ ,His miles et aux indocti, car cela fournit i\,,r,i~h.M il. lin ,i|i|.iviiiImi !■.■ i|n il ignore. Il n'est certes |i:i~ III II h!.' il.' I iiiiiii ii i r- lui iiissi, pour savoir à quels Ii\ n -. .1 i|iii 1- Il iii. - . Il |Mi I hiili.'i- il attribue son désir de ciiu\n.>iuii. Si ua K» cuaaail, les louer; mais s'ils sont l'a-uvre d'hérétiques, leur opposer l'autorité de l'Église universelle, en faisant remarquer que même les bons peuvent parfois se tromper ou donner lieu, quand ils sont mal compris, à ce que d'autres se trompent; car il en est qui se trompent dans l'interprétation de l'Ecriture. Par là, lui éviter toute pri'somption. Quant au reste, c'est-à-dire pour ce qui regarde les conclusions pratiques, en parler comme plus haut aux ignorants.

3. S'agit-il enfin d'esprits cultivés au point de vue littéraii-e, mai- i^iiinaiiK au liiiiiil ilr Ml,' de la foi'? —

A ceux-là. |ilii- lin |ii iii\ ill ih i -, I ' commander la

retenue ri IIhimuIiI- |"iiii |. - . i,i[i' . Im r de mépriser ceux qui é\i te ut plu- tari In mut li> fini i- ilr conduite que l'incorrection du langage; leur apprendre surtout à s'instruire dans les Écritures, à ne pas les considérer à un point de vue purement humain et comme des livres onliaiires, à adhérer plus au sens qu'aux termes, à I . s|iril (|u"à la lettre, à J'àme qu'au corps; à en écouter II- .Niilications vraies plus que celles qui sont directes, sans s'urrêler au langage incorrect ou barbare de celui qui les interprète, car à l'église on n'est pas au barreau. Quant au sacrement à recevoir, il suffit aux plus entendus de comprendre ce qu'il signifie; vis-à-vis des plus lents, user d'explications et de comparaisons pour qu'ils ne méprisent pas ce qu'ils voient.

Après la théorie, la pratique ; après le conseil, l'exemple. Saint Augustin ajoute, en effet, le modèle suivant propre à agir sur l'esprit et la volonté d'un illettré, non de la campagne mais de la ville, qui avoue vouloir se faire chrétien en vue de la vie future. Exorde : C'est très bien, doil-on lui dire, et je vous félicite. Car le bonheur n'est i|u't'n Dieu et non dans les biens de la vie présente; ciux-i'i sont faux et nous livrent à un Dieu qui juge et punit. La vraie félicité, même dans les épreuves d'icibas, est dans l'amour des préceptes de celui qui l'a promise, dans une bonne conscience. Se faire chrétien pour un motif intéressé ou d'ordre temporel, c'est courir à la réprobation ; on fait sans doute ainsi partie de l'Église, mais comme la paille fait partie de l'aire, d'où un coup de vent peut la chasser. Celui, au contraire, qui se fait chrétien en vue de l'éternelle félicité en Dieu, est dans la bonne voie; il est en garde contre la tentation, ne se laisse ni corrompre par la prospérité, ni abattre par l'adversité; il est modeste et tempérant dans l'abondance, fort et prudent dans la tribulation. — Narratio : Résumé de l'histoire du monde, création, chute, réparation future par l'incarnation du Verbe. Ce dernier mystère entrevu et cru d'avance a sauvé les saints, comme il nous sauvera nous-mêmes; le Verbe s'est incarné et nous a rachetés. U y a sur la terre deux cités, ou les bons sont mêlés aux méchants; mais elles seront révélées au jour du jugement. Tout, dans les cinq âges

précédents, a été une figure de ce qui s'est accompli dans le sixième, le nôtre, celui où Jésus est venu, où il est mort, où il est ressuscité, d'où il est monté au ciel pour nous envoyer le Saint-Esprit, celui où vivent désormais ceux qui mettent leur foi en Dieu, pratiquent la charité, comptent sur les récompenses éternelles, composent actuellement l'Église, celui où l'Église vit dans les troubles et les épreuves. Or tout cela a été annoncé; nous le voyons accompli sous nos yeux; et cette réalisation du passé est un gage de l'accomplissement des événements futurs, tels que la résurrection, le jugement et la vie éternelle. — Conclusion : Croire fermement à ces choses, sans se laisser déconcerter; se tenir en garde contre les démons et leurs suppôts, qu'ils soient païens, juifs ou même chrétiens; s'attacher de préférence aux bons, sans mettre son espoir en eux, car il ne faut le mettre qu'en Dieu; et ce faisant, persévérer dans la foi en dépit des tribulations; conserver l'humilité, car Dieu ne permet pas qu'on soit tenté audessus de ses forces.

Ce qu'il y a de remarquable dans ce modèle de catéchèse, rédigé d'après la formule précitée, ce n'est pas seulement la manière dont saint Augustin envisage la suite des âges comme une sorte de philosophie religieuse de l'histoire, où éclatent, dans une série ininterrompue, les attentions de Dieu à l'égard de l'homme, et fait de la personne du Christ le point central de l'histoire du monde, c'est encore l'habileté avec laquelle il y enseigne les articles du symbole, sans révéler qu'ils fassent partie de la formule de foi, et y rattache toutr l.i iiiiiiMl,' clin'liriiii.' : r'i ~l -ml. ml ]>■ luit très préci- .pi il Ji-m - ml .1 n- (m ■ i ' la ' • ;. i niCl-

et la cli.-int. \i)--i u i|. -l'i' i-il j.i. I i. . ,:■, a plusieurs repriM- -ml -ur |i- iiLmmiH uu- pi-mi-.- .lUX fidèles, soit sur les chitiinents réservés aux impies et aux mauvais chrétiens; moyen excellent d'inspirer par la crainte un commencement d'amour de Dieu. Et c'est bien là le genre de la catéchèse, adressée pendant la période patcistique à ceux qui demandaient à entrer dans le catèchuménat en vue de la future initiation chrétienne.

2" La catéchèse des catéchumènes. — Une fois admise au rang des catéchumènes, tant que durait le premier stage de sa probation, le futur baptisé devait apprendre à mieux connaître la doctrine et la pratique chrétiennes. Or l'homélie ordinaire ou l'instruction qui, au commencement du service divin, servait d'explication au passage de l'Écriture sainte dont on venait de faire la lecture, était insuffisante à raison de la réserve et de la discrétion qui étaient inspirées par la loi du secret depuis l'institution du catèchuménat. Certains sujets, en effet, étaient de parti pris passés sous silence. Dans cet enseignement public on ne traitait que des questions générales de foi ou de morale, ou bien on se bornait à de simples allusions, à des explications sommaires, que saisissaient fort bien les initiés, mais qui restaient de pures énigmes pour les non-initiés. Les catéchumènes avaient donc besoin d'un supplément d'information.

D'autre part, s'ils lisaient les livres de l'Ancien Testament, même les deutérocanoniques, Origène, In Num., homil. xxvii, 1, P. G., t. xii, col. 780, ou certains ouvrages tels que la Didaché et le Pasteur d'Hermas, S. Athanase, Epist. test., xxxix, P. G., t. xxvi, col. 1437, ils étaient certainement loin d'en saisir la portée ou d'en comprendre la doctrine : de là encore la nécessité d'un enseignement supplémentaire et spécial. Mais cet enseignement lui-même, confié à des didascales, docteurs ou catéchistes, laïques ou clercs, diacres ou prêtres, devait naturellement se proportionner aux besoins actuels des catéchumènes. Et comme ceux-ci n'étaient initiés que peu à peu, progressivement, selon le degré de leur probation, il s'ensuit que l'enseignement approprié qu'ils recevaient était forcément lui-

CATÉCHÈSE

même renfermé dans certaines limiles. Son objet ne pouvait guère consister que dans un développement plus détaillé, plus accentué et plus complet de la première catéchèse, telle que nous l'a fait connaître saint Augustin, ou de l'homélie telle qu'elle se pratiquait alors. Rien, il est vrai, n'était plus propre à y aider - que l'explication de l'Écriture. Le dogme, depuis celui de la création et de la chute jusqu'à celui de la résurrection et du Jugement général, y avait sa place avec une mise en relief de la bonté et de la justice de Dieu, de l'incarnation du Verbe et de la rédemption ; mais surtout la morale avec l'explication des divers préceptes du décalogue ou du double commandement de l'amour. Or .si la catéchèse, adressée aux catéchumènes, était une instruction de nature à provoquer une adhésion plus ferme de l'esprit à la foi et à fixer la confiance en Dieu, elle était aussi une thérapeutique pour guérir les âmes de la folie du paganisme et des atteintes du péché, elle était essentiellement une formation morale de la volonté, un entraînement du cœur dans la pratique du bien, c'est-à-dire une éducation. Et à ce point de vue, par exemple pour faire mépriser l'idolâtrie ou la superstition, pour inspirer soit le dégoût d'une morale facile et corrompue, soit ranirun (Vinn ihii ,:],• saine et austère, rien de mieux apiniiii .|i;. l lecture ''et l'explication du livre de la s,i. : ( -Im .h- l'Ecclésiastique n'a-t-il pas pour bul, srlnii l,i iviiiiique de la préface de son auteur, d'apprendre à bien régler ses œuvres et à mettre sa vie en harmonie avec la loi de Dieu? Et où trouver, pour des âmes à peine détachées du paganisme ou en train de s'en dét:i( li. i .1. - Inplus touchantes et mieux appropriées dr i. i ,l . i i n en Dieu, des vertus morales, quecelk^ :\u\ 1 i. tii des livres de Tobie ou d'Esther? On ccmiin - ml ., ijnr la Bible et l'Évangile offraient de ressources pour une telle éducation.

Resterait à illustrer par un exemple ce que nous venons de dire de cette catocli'= l-s r l'iliiiin-' n. -: malheureusement il nous fait J. i : . i;;| ■; i-

lité d'en dessiner le cadre ou (I . i i:, h i I l

la nécessité de recourir à l'Inimi L- i ,,i . [ i •■,■ -jni

est de l'existence d'un Ici tiivii^ mièrc période du caléchiinit n ii en doute. Les Co/is/i/c/, .,,x

P. G., t. I, col. -1132, > I . 1,11

saint Augustin, quand il Jil (]ii il i.mi -n-. i^nn- .w.r plus de diligence el d m- i-luir-' ,u\ .■.iiii|i, lini- c' qu'on leur a déjà inciil(|ni> :iu|.:ii-av;uil : (Jmhl niili-in fit per omnetempus, quo in Ecclesia saUibrilei- constilulutn est ut ad nomen Chrisli accedentes catechumenonim gradits accipiat, hoc fit midto diligentins et instantins his diebus, quibus ro77! /--■,'■-"'<'? •■ im??/.!,- Oc fide et oper., vi, 9, P. L., t. \ ' ■:•'■ i 'ii i' i. Des hl. Augrtstin Théorie di-, / . ii,

1820; Ratisbonne, 1S70; Schulinl. m, .V,, ,,,./.< ,/, s /,/. Augustin und die Katecheliker dcr Neiizcil, ningolfing,

3» La catéchèse des compétents. — Quand le catéchumène passait au rang des compétents, c'est-à-dire lorsqu'il était admis à se préparer d'une manière immédiate et prochaine à la réception du baptême, voir Catéchuménat, il devait recevoir son complément d'instruction religieuse. La catéchèse qui lui était destinée avait une importance particulière et s'entourait de quelque solennité. Elle traitait d'après les Constitutions apostoliques, vu, 39, P. G., t. i, col. lOiO, de la création, de la providence, de la trinité, des lois de l'Église, du Jugement, des fins dernières, et, d'après la Peregrinalio Silviœ, 46, édit. Geyer, Vienne, 1898, p. 97, qui est un témoin des usages de Jérusalem à la fin du iv siècle, de la loi, de la foi et de la résurrection de la chair. Selon saint Augustin, ainsi que nous venons de le voir, elle avait le même objet que la catéchèse des catéchu-

[lendaril la preaurait la mettre V/i(es, VIII, 32,

mènes, celui d'indiquer aux compétents quelles doivent être la foi et la vie du chrétien, sauf à y insister davantage et avec beaucoup plus de soin. Naturellement la synthèse fait place à l'analyse, des précisions sont apportées et l'enseignement devient plus explicite, à raison même de l'imminence de l'initiation baptismale. La Bible et son histoire, les principales vérités de la foi et les prescriptions de la morale continuent à être enseignées. Mais il importe de remarquer que la règle de foi ou le symbole y occupe une place à part. Le symbole, en ell'et, est alors notifié pour la première fois comme la règle imprescriptible et la formule sacrée de ce qu'il faut croire. Son texte est révélé ; ses articles sont successivement détaillés et expliqués brièvement, un à un, de manière à être facilement compris et retenus sans surcharger la mémoire ; car le symbole ne s'écrivait pas; force était de l'apprendre et de le réciter solennellement, le moment venu, avant le baptême, et le redire, tout le reste de la vie, comme la formule par excellence de la prière. Or, durant le dernier stage du catéchuménat, cette double tradition du symbole et du Pater était l'objet d'un soin particulier et d'une certaine solennité. D'autre part, le décalogue et son résumé, le double commandement de l'amour, dont l'ensemble a jusque-là fourni matière tant à l'instruction homélitique qu'à l'enseignement catholique, sont détaillés et donnés dans leur formule scripturaire comme l'expression arrêtée de la volonté de Dieu et comme la règle immuable de la conduite des fidèles. Enfin, les sacrements, qui font partie de l'initiation chrétienne, sont à Il III- tour l'objet d'une explication appropriée; car il iiiipurte de bien connaître leur nature, leur rôle, leurs il[|s, et de comprendre le symbolisme des diverses iV'Li'monies qui les précèdent, les accompagnent et les suivent. Aussi, vu l'importance de cet enseignement catéchétique réservé aux compétents, n'est-ce pas cette fois un simple didascale ou un membre du clergé inférieur qui en est chargé, mais l'évêque en personne, ou, à son défaut, un prêtre de choix. En effet, toutes les catéchèses in traditione symboli qui nous sont parvenues ont été prononcées par des évèques ou par des prêtres spécialement délégués. C'est ainsi, par exemple, que saint Cyrille à Jérusalem, saint Chrysostome à Antioche et saint Augustin à Hippone furent chargés, avant leur épiscopat, de l'instruction des compétents.

Or rien ne saurait donner une idée plus précise et plus détaillée de ce genre d'instructions, de leur méthode, de leur nature, de leur sujet et de leur importance que le recueil des catéchèses prononcées à Jérusalem en 348 par saint Cyrille et adressées aux ;MTi;6lj.£vot, au nom de l'évêque Maxime. Ce recueil se compose d'une procatéchèse ou préface, de 18 catéchèses, adressées aux compétents pendant le carême, et de cinq autres dites mystagogiques, adressées aux nouveaux baptisés, vEoçw-toToe, la semaine après Pâques. La méthode suivie par saint Cyrille est celle d'une exposition populaire, simple et claire, vivante et pressante, aussi appropriée que possible aux besoins intellectuels et moraux de ses auditeurs, par suite très pratique et très objective. Elle vise, en eflel, à détacher d'abord les compétents du péché par le repentir et la pénitence, à les bien préparer par l'ascèse à cette purification ou illumination par excellence qu'est le baptême, à les mettre en garde et à les armer contre les erreurs ambiantes des païens, Juifs ou hérétiques, à leur formuler avec précision les vérités dogmatiques en les appuyant de preuves empruntées à la raison ou tirées de l'Écriture sainte, à leur expliquer enfin le saisissant symbolisme des diverses pratiques préparatoires à l'initiation.

La protocatéchèse sert d'introduction. Cyrille requiert de la part de ses auditeurs l'assiduité, l'attention, la bonne tenue pendant les réunions, le zèle et la discrétion vis-à-vis des non-initiés, païens, Juifs ou simples

CATÉCHÈSE

catéchumènes. L'enseignement qu'il va leur distribuer ne retentira pas seulement à leurs oreilles, il éclairera leur esprit par la révélation des vérités qu'ils ignorent et l'explication des mystères qu'ils n'ont pas encore bien saisis. A la fois régulier et progressif, il ressemble à un édifice où chaque pierre a sa place marquée et doit être scellée pour faire corps 'avec ce qui l'entoure, sous peine de compromettre la solidité de l'ensemble. Procal., P.G., t. xxxiii, col. 332 sq.

Dans la première catéchèse, Cyrille revient sur le même sujet; il invite les compétents à se bien préparer au baptême, dont il signale les grands avantages, à confesser leurs péchés et à se livrer à la lecture et à la méditation des Livres saints. Cat., i, col. 369 sq. Dans la seconde, il traite de l'énormité du péché, de ses graves conséquences, en montrant qu'il n'a sa source que dans la volonté. Mais Dieu en a pitié et le remet par le baptême. Cal., n, col. 381 sq. Dignité, grandeur, figures, nécessité, effets merveilleux de ce sacrement, c'est l'objet de la troisième catéchèse. Cal., m, col. 425 sq. La quatrième traite d'une manière générale de l'ensemble de la doctrine chrétienne. Saint Cyrille y introduit quelques considérations sur le composé humain, sur l'àme, image de Dieu, raisonnable, libre, immorlello; sur le corps, vêtement et instrument de l'àme; sur la continence et l'ascèse ; sur les livres qui composent l'Ancien et le Nouveau Testament; sur les devoirs particuliers des compétents, le jeune, la prière, les lectures. Cat., IV, col. 453 sq. Dans la cinquième, à propos du premier mot du symbole, il est question de la foi, base des autres vertus, caractéristique des fidèles, principe de la justification; suit la recommandation d'apprendre par cœur le symbole, dont le texte est donné, de le répéter souvent, de le méditer et de le tenir secret. Cat., v, col. 505 .sq. Enfin, à partir de la sixième, commence l'explication détaillée du symbole.

Dieu : son existence, sa nature, son unité, contre les païens et les manichéens, Cat., vi, col. 537 sq.; identifié avec le Dieu qu'adorent les juifs, mais père par nature et de toute éternité d'un fils unique, Jésus-Christ, Cat., VII, col. 605 sq.; tout-puissant, mais supportant avec patience les péchés des idolâtres, des hérétiques et des mauvais chrétiens, Cat., vili, col. 625 sq. ; créateur du ciel et de la terre, se manifestant par l'ordre lumineux qui règne partout. Cat., ix, col. 637 sq. — Jésus-Christ : nécessité de le reconnaître et de l'adorer comme fils de Dieu et Dieu lui-même. Il est notre Seigneur dés avant son incarnation. Son nom de Jésus signifie Sauveur et médecin; celui de Christ, onction. Cat., x, col. 660. Sa génération éternelle, en tant que Dieu ; sa naissance teiciporelle, en tant qu'homme; égal et semblable au Pn [Il lui. i^iilaétéfait. Ca«., xi,col.692sq.

— Incariiiili II il>, sa possibilité, sa réalité;

conception 11 i i i réalisant toutes les prophé-

ties relatives j.n Ml;:iv. 11 est aussi essentiel au salut de confesser sou humanité que sa divinité. Cal., xu, col. 725 sq. — Rédemption : mort réelle de Jésus-Christ, contre les docètes; rappel des circonstances prédites de cette mort, contre les juifs; vertu miraculeuse du signe de la croix. Cat., xiii, col. 772 sq. — Résurrection, également prédite et réalisée; ascension et séjour au ciel à la droite du Père : ces deux derniers points à peine mentionnés, Cyrille en ayant parlé la veille dans une homélie. Cat., xiv, col. 825 sq. — Second avènement de Jésus-Christ; jugement dernier; règne éternel du Sauveur. Cat., xv, col. 869. — Saint-Esprit : Dieu comme le Père et le Fils, inspirateur des anciens prophètes, auteur de tous les biens de l'àme, sanctificateur, consolateur, animant tous les saints du Nouveau Testament, apôtres, martyrs et vierges, et marquant tous les fidèles du sceau baptismal. Cat., xvi-xvii, col. 917 sq., 968 sq. — Le reste du symbole, résurrection de la chair, dont on montre la possibilité et la convenance, rémis-

sion des péchés, Église catholique, image de la céleste Jérusalem, et enfin vie éternelle qui est le fruit de la foi en Jésus-Christ, de la pratique des bonnes œuvres et de la fidélité au décalogue, fait l'objet de la dix-huitième catéchèse, à la fin de laquelle saint Cyrille promet d'expliquer après Pâques les cérémonies du baptême, de la chrismation et de l'eucharistie. Cat., xviii, col. 1017 sq.

4" La catéchèse des néophytes. — Une fois initiés à la vie chrétienne par la réception du baptême, de la confirmation et de l'eucharistie, les néophytes restaient encore pendant huit jours sous la direction de leurs maîtres avant d'être définitivement associés à la vie ordinaire des chrétiens. Ils continuaient à recevoir quelques instructions particulières. A Jérusalem, les cinq catéchèses mystagogiques représentent ce genre d'instruction. Saint Cyrille y traite des cérémonies du baptême, Cat., XIX, col. 1065 sq.; de l'onction faite avec l'huile exorcisée et du baptême, Cat., xx, col. 1077 sq.; de l'onction faite avec le saint chrême, Cat., xxi, col. 1088; de l'eucharistie, Cat., xxil, col. 1097; de la liturgie eucharistique et de la participation au corps et au sang de Jésus-Christ. Cat., xxiii, col. 1109 sq. Ces catéchèses, beaucoup plus courtes à cause des fêtes pascales, passent sous silence bien des points que nous savons exister par ailleurs. La première ne dit rien de l'exorcisme, de l'imposition des mains, des prières d'avant et d'après le renoncement; la seconde, rien de la bénédiction des fonts, de l'usage des vêtements blancs et du cierge des nouveaux baptisés ; la troisième, rien de l'imposition des mains et de la formule de la chrismation; la cinquième, rien de toute la liturgie qui précédait le baiser de paix et la consécration. Elles n'en ont pas moins une importance de premier ordre au point de vue liturgique et dogmatique; et au point de vue de l'instruction spéciale donnée à ceux qui viennent d'entrer dans la vie chrétienne, elles représentent, comme nous l'avons dit, la catéchèse adressée aux néophytes au lendemain de leur baptême jn-in ,i l.i \. ill<' ilu dimanche de Quasimodo,in albisil: j . i ,1 c confondaient désormais avec le resi ! il 1 i Peregrinatio Silvix note, en parlant de tes m. ii ueLions, que l'évêque y exposait tout ce qui se fait au baptême. Peregrin., édit. Geyer, Vienne, 1898, p. 99; Duchesne, Origines du culte, 2" édit., Paris, 1898, p. 500.

En Occident, on pratiquait de même cet usage d'adresser quelques instructions complémentaires aux néophytes, au lendemain de leur baptême. A Milan, par exemple, saint Ambroise renvoyait après Pâques l'explication des mystères, parce que l'impression directe produite par la vue même de ces mystères semblait une leçon préférable à celle d'une explication préparatoire, inopinantibus melius se ipsa lux mysteriorum infuderit quant si eam sermo aliquis prxcucurHsset, De myst., i, 2, P. L., t. xvi, col. 389; cela n'empêchait pas de donner ensuite une explication détaillée des divers rites. Le De mysteriis est, en effet, composé en partie d'instructions adressées comme à Jérusalem à de nouveaux baptisés et relatives au baptême, à la confirmation et à l'eucharistie. En Afrique, au contraire, et particulièrement à Hippone, la plupart de ces explications précédaient la collation du baptême, au lieu de la suivre; mais la semaine après Pâques n'en était pas moins réservée à des instructions ad infantes, ad neophytos, soit pour suppléer à l'insuffisance des enseignements donnés sur la messe et la communion, soit surtout pour engager à la persévérance les nouveaux chrétiens. Voir S. Augustin, Serm., ccLX, P. L., t. xxxviii, col. 1202; Serm., CCCLIII, P.L., t. xxxix, col. 1560 sq. ; voir aussi la fin de l'article Catéchuménat.

m. De la. Fm du v« siècle au ix». — Après la chute de l'empire romain d'Occident, l'Église grecque, marchant de plus en plus à la remorque du pouvoir civil, épuisa ses forces dans d'interminables querelles jusqu'au

CATÉCHÈSE

schisme final, pendant que l'Église latine reste aux prises avec les invasions. Mais déjà très puissante en Italie, dans l'Afrique du Nord, en Espagne, en Gaule, dans une partie de la Germanie et dans les Iles britanniques, l'Eglise de Rome assure sa prépondérance et reçoit dans son sein ces Jiarljares. dont elle fait des priii'i^ - i lni'iii'ii-. Or. il;ins r,' milirii ,.ii les familles

(|lll . :i' ■ ln|.|,l--r' Il 1,11 liMliiriil 1,1 hi:i|Mll|,' (11' la pOpU-

hiiiniu I .1111 iiiiiir iir^.ini-.ilii.ii] il II r.iIrrliuiiii'iKit perd en parlu- sa raison d être. Car le baptême des enfants tend de plus en plus à être la règle ordinaire, tandis que le baptême des adultes devient de plus en plus une exception. Sans doute, même pour le baptême. des enfants, on pratique encore, durant le carême et jusqu'à la veille de Pâques, les cérémonies spéciales de la tradition du symbole et de l'oraison dominicale, à laquelle on ajoute celle des saints Évangiles et de la loi; le triple renoncement au démon, à ses pompes et à ses œuvres, la triple affirmation de la foi ont toujours lieu. Mais ce sont les parrains et les marraines qui se substituent à leurs filleuls et jouent le rôle actif dans toutes ces cérémonies. La catéchèse ancienne, préparatoire au baptême, doit être forcément remplacée par un enseignement postérieur au baptême. Dés qu'ils parviennent à l'âge de raison, les enfants baptisés doivent recevoir une instruction chrétienne, de manière à connaître les vérités à croire et les devoirs ^i remplir pour mener une vie conforme au baptême ipi ils .mt le, ii. Celle iiisliueliun incombe tout d'abord .mx |).iieiiN <■; .,u\ |i.ii i-.iiu- eniiDue une obligation étroile île leiii [..mule ii.iiinelle un .spirituelle; mais, pour dners iiiolUs. elle ne pouvait que laisser beaucoup à désirer et devait être en tout cas fort rudimentaire. Elle fut également confiée aux prêtres chargés du soin des paroisses. Mais qu'il fut donné par les parents et les parrains ou par les membres du clergé, cet enseignement élémentaire était destiné à remplacer la catéchèse du catéchuménat. Devant particulièrement s'adresser à des enfants, il dut être mis à leur portée, être réduit à sa plus simple expression, do manière à être saisi et retenu. A la longue, après bien des tentatives et des essais, il aboutit à ce que nous appelons aujourd'hui le catéchisme. Voir Catéchisme.

La catéchèse ne continua pas moins d'être pratiquée, exceptionnellement en pays chrétiens auprès des adultes encore riivin^-i'rs ,'i la foi, et régulièrement en pays païens. I 1 1 -.1 ilii i^iu centre, à l'est et au nord de l'Eurojie. pu II, ni 1,1, I M-lise porta son activité apostolique.

On e,,iis|.,i,e en eltèt, qu'en Afrique, en Espagne et en Gaule, on continue encore à traiter les catéchumènes et les compétents comme par le passé. Dans la province d'Afrique, saint Fulgence de Ruspe (j 533* dit aux compétents que le démon a 'été fr,ipp,'> p.Trenx de dix plaies. Or ces dix plaies rappellent di\ |,i,iti,|ii, s ,l,j.i connues du catéchuménat, entre auti,s 1., (,,,./,/,,) symboli. Serm., lxxviii, P. L., t. lxv. e,..!. '.Ui. Son correspondant Ferrand, diacre de Carlhage, lui écrit pour savoir ce qu'il faut penser du sort réservé à l'un des compétents qu'il préparait au baptême et qui venait de mourir subitement; il a soin de constater que ce catéchumène avait été admis au nombre des compétents, aux approches de Pâques, qu'après l'inscription de son nom, il avait reçu l'instruction propre à son rang et la notification des mystères de la ^ie chrétienne; qu'il était passé par les exorcismes et avait subi le scrutin solennel; qu'il avait pris l'engagement de renoncer au démon; qu'il avait assisté à la tradition du symbole et de l'oraison dominicale et qu'il avait récité" la formule de foi. Epist., I, dont le texte est reproduit dans la réponse de saint Fulgence. Epist. , xii, 1, 2, P. L., t. LXV, col. 330.

En Espagne, où les ariens sont nombreux, les évêques décident, au concile d'Agde de 506, que l'on doit enseigner le symbole aux compétents partout le même jour, c'est-à-dire, le huitième avant Pâques, can. 13, et qu'il

faut obliger les juifs, qui veulent se convertir, à passer huit mois au rang des catéchumènes. Can. 34, Hardouin, t. Il, col. 999, 1002. Plus tard, trois ans après la conversion du roi des Suèves, Ariamir, en 563, au I" concile de Braga, ils rédigent une formule de symbole pour l'opposer au priscillianisme et veulent que l'on continue à administrer le baptême conformément aux indications envoyées par le pape Vigile à Profuturus. Capit. 5, Hardouin, t. m, col. 351. En 572, 11^ concile de Braga : on y trace la marche à suivre pendant le carême à l'égard des compétents, touchant les exorcismes et l'enseignement du symbole; les évêques sont invités à pousser leurs diocésains, pendant la visite pastorale, à abandonner les erreurs païennes et à éviter les fautes graves. Can. 1, ibid., col. 386. Après la conversion de Récarède, le concile de Tolède de 589 ordonne aux fidèles de chanter à la messe le symbole de Constantinople. Capit. 2, ibid., col. 479. Au siècle suivant, le catéchumène, d'après saint Isidore, De offic, II, xxi, P. L., t. Lxxxiii, col. 814, est celui qui rejette le culte des idoles et apprend à connaître qu'il n'y a qu'un seul Seigneur; quant au compétent, il est instruit sur ce qui regarde les sacrements, sur le symbole et la règle de foi et sur ce qui touche au baptême, à la chrismation et à l'imposition des mains. De offic, II, xxii-xxvii, ibid., col. 812-824. Saint Ildefonse, dans son De cognilione baptismi, suit d'abord la narratio de saint Augustin; il dislingue ensuite le compétent du catéchumène. De cognit. bapt.,xxx,P. L.,t. xcvi, col. 124, et cite comme faisant partie de son instruction spéciale le symbole, l'oraison dominicale, les sacrements de baptême, de confirmation et d'eucharistie. De cognit. bapt., cxxxiicxLii, ibid., col. 166-171.

En Gaule, nous savons par Gennade, De eccles. dog., Lxxiv, P. L., t. Lviii, col. 997, ce qu'on enseignait aux futurs baptisés, à la fin du v siècle. Pour le vi«, saint Avit (t526) nous a laissé un petit poème en cinq chants, qui rappelle une partie de la narratio augustinienne et qui traite de la création, du péché originel, du jugement de Dieu chassant Adam du paradis, du déluge et du passage de la mer Rouge, deux types du baptême. De nwsaicse historise gestis lihri quinque, P. L., t. Lix, col. 323-368. Saint Césaire(t5i2), fidèle écho de l'évêque d'Hippone, nous fait connaître les devoirs des parents â l'égard des enfants. Serai., vi, 6, P. L., t. xxxix, col. 1751, des parrains vis-à-vis de leurs filleuls, Serm., ci-xviii, 3, ibid., col. 2071 ; il énumère les vices et les superstitions de son temps qu'il faut abandonner pour devenir chrétien, Serm., CCLXV, 5, ibid., col. 2239, traite de l'obligation qui incombe au compétent, Seini., CCLXVII, ibid., col. 2242, des divers articles du symbole qui faisaient l'iibiet de la catéchèse préparatoire au baptême, Serm.. ,, wwi'-,, xi.iii, ("6irf., col. 2183-2194; cf. Serm., (xxi.n-i , t I. siii II loi due au symbole, la trinité, l'incarnalioii. l.i r.ilemption et le jugement dernier. Après lui, saint Grégoire de Tours (f 593 ou 59i) cite parfois quelque trait relatif à l'administration du baptême pendant le VI' siècle dans son Historia Francorum, m sq., P. L., t. LXXi, col. 241 sq.

Examinons maintenant ce qui se passa en pays de missions. Les missions, commencées dès le v« siècle, amènent successivement la conversion de l'Irlande, de l'Ecosse et de la Grande-Bretagne pendant le vi« siècle. Puis, sous les Mérovingiens d'abord, sous les Carlovingiens ensuite, des Irlandais viennent se mêler aux Francs pour évangéliser les Pays-Bas des rives de l'Escaut à celles de la Meuse, toute l'ancienne Germanie romaine, l'Austrasie, l'Alémanie, la Thuringe et la Bavière. Enfin des missionnaires anglo-saxons entreprennent la conversion de la Saxe et de la Germanie, qui n'avaient pas connu le joug de Rome, et qui sont réduites par Charlemagne. Au IX' siècle, le christianisme pénètre en Moravie et en Bohême, grâce aux saints

CATECHESE

Cyrille et Mi^thode, en Danemark avec saint Anscliaire, et, à partir de la fin du x« siècle, en Suède et en Norvège, en Pologne, en Hongrie et en Russie. Sans dépasser ici inutilement le règne de Charlemagne, il faut rechercher la méthode suivie par saint Patrice (t460) chez les Irlandais, par saint Colomban (f 573) chez les Pietés et les Scots, par saint Augustin de Cantorbéry (f 608) chez les Anglo-saxons, par saint Amand et saint Éloi (t6,58) chez les Francs austrasiens, par saint Gall (f vers 627) chez les Alémans de la Suisse, par saint Kilian (vers 689) en Thuringe, par saint Ruperl en Bavière, par saint Wilfrid (t 700) et saint Willibrord (f vers 739) dans la Frise, et par saint Boniface (t755) dans la Saxe et les pays environnants.

Malheureusement il ne nous est resté aucune catéchèse de cette époque, sans doute parce que, préchant en langue vulgaire, les missionnaires d'alors ne prirent pas soin de rédiger en latin les discours qu'ils adressaient aux païens et aux catéchumènes, comme ils le firent pour quelques homélies, adressées à des chrétiens, dans le but de les mettre entre les mains du clergé, à litre de modèle ou de manuel de prédication. Nous en sommes donc réduits aux conjectures. Cependant, ce qui rend ces conjectures très vraisemblables, c'est que ces missionnaires ont dii naturellement s'inspirer de l'expérience déjà acquise ailleurs ainsi que des traditions introduites dans l'Église parle catéchuménat. Le milieu, il est vrai, différait, mais l'obstable à vaincre était toujours le paganisme et ses superstitions. De ce côté la catéchèse ne pouvait procéder tout d'abord que par la démonstration de l'erreur païenne, sauf à ne pas trop heurter de front ces natures farouches et su.sceptibles. Des ménagements s'imposaient. Et si trop souvent, contrairement aux sages prescriptions de l'Église, la force brutale intervint pour obliger les peuples vaincus à accepter le joug île la foi, il était facile de prévoir combien éplii'iiieies (levaient être de pareilles conversions. Mieux vabiit incontestablement user d'une sage modération et ne recourir qu'aux procédés ordinaires de la persuasion évangélique, en appuyant l'enseignement donné sur l'autorité de l'exemple, la sainteté de la vie et l'efficacité du dévouement ; et c'est ce à quoi ne manquèrent pas, en général, la plupart des missionnaires. Mais ayant affaire à des caractères droits, à des natures généreuses et enthousiastes, ils se hâtèrent parfois d'admettre les catéchumènes au baptême sans une préparation intellectuelle suffisante pour des esprits aussi peu cultivés. La catéchèse préparatoire devait contenir cependant le strict nécessaire des vérités à croire et des devoirs à pratiquer pour devenir chrétien; mais elle était si promptement oubliée que quelques-uns de ses éléments essentiels n'étaient plus connus après le baptême et que des ordres furent donnés en conséquence, à plusieurs reprises, pour enseigner, par exemple, aux nouveaux baptisés, l'objet du triple renoncement au démon, à ses pompes et à ses œuvres, et pour leur faire apprendre par cœur la formule du symbole des apôtres et de l'oraison dominicale.

Du reste, voici, d'après les documents contemporains, les quelques indications sommaires q-ui permettent de reconstituer à peu de chose près la catéchèse d'alors, et de constater que la plupart des éléments de la catéchèse apostolique et patristique s'y retrouvent. C'est, en effet, en premier lieu, la condamnation de l'idolâtrie sous toutes ses formes, et l'on sait combien elle était profondément enracinée dans ces races pietés, saxonnes, germaniques. Saint Éloi énumère un grand nombre de superstitions, Vila S. Eligii, II, XV, P. L., t. lxxxvii, col. 5'2-l-550; et le concile de Leptines, 743, en compte une trentaine dans son Jndiculus supersLiliommi et paganiarum, P. L., t. Lxxxix, col. 810 sq. ; Hardouin, Act. concil., t. III, col. 922; Hefele, Histoire des conciles, t. iv,;p. 407. Cf. Ratramne, P. L., t. cxxi, col. 1153.

C'est ensuite la proclamation de l'existence d'un Dieu unique, créateur du ciel et de la terre, envoyant son fils pour sauver les hommes, avec un abrégé de l'histoire religieuse du monde et de l'économie de la rédemption. C'est aussi le rôle du baptême, les renoncements et les engagements qui précèdent sa collation, la liste plus ou moins détaillée des fautes à éviter et des devoirs à remplir. Et c'est enfin la question des fins dernières, du jugement général et de la sanction des récompenses ou des peines éternelles.

Saint Augustin, envoyé par saint Grégoire le Grand, prêche l'Évangile au roi anglo-saxon, Ethelbert, le convertit et le baptise avec une multitude des siens à Cantorbéry, le jour de Noël 597, comme saint Rémi avait baptisé Clovis et ses Francs, ta pareille fête, un siècle auparavant. Bédé, Hist. eccles., I, xxv, /'. L., t. xcv, col. 55. Le pape, félicitant son missionnaire de ce que la nation des Angles, dégagée des ténèbres de l'erreur et éclairée des lumières de la foi, a embrassé le christianisme, laisse entendre quelle fut la méthode catéchétique de saint Augustin. Epist., I. XI, epist. xxvii, P. L., t. Lxxvii, col. 1139.

Quelques années plus tard, en 624, Boniface V écrit à Edwin, roi saxon du Norlhuniberland encore païen, pour l'engager à embrasser la foi de sa femme Edelburge et à se faire chrétien. Sa lettre est un programme de catéchèse. Inanité des idoles, importance de croire en un Dieu créateur, quia envoy' -..n lil^ nnii|iie pour sauver le genre humain, néce-ii^ .1 . mli i-, il'Évangile et de renaître par le bapli m- . il .mi 1rs principaux points qu'elle traite. Ejh^i., m, /• L., t. Lxxx, col. 438. Le roi rassemble sus chefs et ses prêtres; et le pontife des idoles, Coïf, constate franchement l'inutilité du culte païen et affirme qu'il serait sage ' d'accepter une religii>ii 'pii . ii-i i^in' d'où nous venons et oii nous allons, lied. , Ih^i m 1rs., II, xiii, P. L., t. xcv, col. 104. La (|ih -Imh ,!, i ..li-ine et de la destinée humaine devait .Imh. I;iuv p.ulie de la catéchèse adressée aux Anglo-Saxons.

En 63i, le roi Oswald, voulant convertir les provinces de son royaume restées idolâtres, s'adresse à des religieux scots. L'un de ceux-ci, Corman, avait rebuté les Angles par ses austérités. « Vous avez été trop sévère auprès de ces ignorants, lui fait remarquer un vieillard, Aedan; vous auriez dû, selon la discipline apostolique, commencer par leur oITrir le lait d'une doctrine plus douce jusqu'à ce que, nourris peu à peu du Verbe divin, ils eussent été à même de comprendre un enseignement plus parfait et de s'élever à la pratique des commandements du Seigneur. » Bède, Hist. eccles., III, v, P. L., t. xcv, col. 12i. Ici, c'est la catéchèse apostolique qu'on invoque et dont on suppose l'emploi ordinaire.

Saint Éloi, au rapport de saint Ouen, touchait si bien le cœur des barbares que, chaque année, à Pâques, il donnait le baptême à des foules de catéchumènes. Vita Eligii, II, viii, P. L., t. Lxx.xviii, col. 513. Or, paraît-il, il détachait peu à peu le peuple bercé de fables de ses croyances païennes et de ses pratiques superstitieuses, lui parlait du seul vrai Dieu, créateur, lui inspirait la crainte des châtiments futurs et lui montrait les récompenses éternelles, dont il n'avait pas jusqu'alors le soupçon. Vita, II, xv, ibid., col. 524-550. Il utilisait trop bien les œuvres de saint Césaire pour avoir ignoré celles de saint Augustin; son discours rappelle à la fois les Detix voies de la Didachê et la catéchèse du De catechizandis rudibus.

Saint Gali, dans un discours prononcé sur les bords du lac de Constance, semble également faire écho à la narralio de saint Augustin : c'est un résumé de l'histoire religieuse du monde depuis la chute jusqu'à la rédemption par la croix de Jésus-Christ, traitant de la mission des apôtres, de la vocation des gentils et de la , constitution divine de l'Église, arche du salut. Semi.,

CATÉCHÈSE

P. L., t. LXXXMi, col. 13-26. Bien qu'adressé à des auditeurs, dont la plupart avaient reçu le baptême, ce discours rappelle la catéchèse d'introduction au catéchuménat.

A en juger par les quinze homélies qui nous restent et qui sont un manuel d'instruction religieuse à l'usage des commençants, voir col. 1005, saint Boniface devait insister sur les obligations de la vie chrétienne, fautes à éviter et devoirs à remplir, sur l'objet du triple renoncement et des promesses baptismales. Homil., iii,xv,P. L., t. Lxxxix, col. 847, 870. Parmi les canons qu'on lui attribue, le 27' spécifie que le prêtre qui baptise doit faire faire au catéchumène les renoncements et la profession de foi en langue vulgaire, afin qu'il sache à quoi il s'engage. Jbid., col. 822. Dans une lettre à son ancien évèque de Winchester, il demande des conseils pour mener à bien la conversion des Saxons et des Thuringiens. Daniel répond et, parmi les conseils que lui dicle sa vieille expérience, il indique celui d'écarler tuut d'abord les superstitions de ses auditeurs. Ejiisl., xiii. P. L., t. Lxxxix, col. 703. La Didaché n'élait pas inconnue à saint Boniface, car il s'en est servi non seulement pour rappeler aux fidèles les engagements pris au baptême, ainsi qu'en témoigne son homélie xv, De abreiiuntiationc in baptismale, ibid., col. 870, mais aussi pour instruire les catéchumènes avant de les admettre au baptême. Et l'on peut en dire autant de saint Pirminius de Reichenau, son contemporain, dont nous possédons un traité sous forme de discours, sorte de compendium catéchétique comprenant un abrégé d'histoire sainte, des considérations relatives au baptême, à V abrenunlialio , à la reddilio sytiiboli, quelques points de morale et la liste des fautes à éviter. Scarapsus, P. L., t. Lxxxix, col. 1029- 1050; cf. Schlecht, Doclrina su apostolovtim, Fribourgen-Brisgau, 1901, p. 83. Du reste la doctrine morale des Deux voies de la Didaché avait sa place marquée dans la catéchèse des catéchumènes; son texte servait en réalité à cet enscisrnement. La preuve en est, note M. i.;m1.-ii/,' .i.iii. I,, 'i:. .,■ .:■!,;..!..:,: . ,, ^^;,.s/^,,„^ Loni:in,, .:mi1 Whk: ; :.':; :,:\. / ' ' ' , ,

verM.iii l;iliii, '.!(■> /(,w-,. ,,.,,-s, I,,, 111,1,1,1,, \ ,.-] .■,,,,^,11,., parmi les homélies sur la foi, le symbole, etc., et, dans les deux manuscrits, elle fait suite à l'homélie xv, déjà citée, de saint Boniface.

Lorsqu'il fut sacré évèque n r!,:,iii, pnr '"r'pi-iir^ 11. en 723, l'apolre de la Gennani . ,i ; , ' [ nr l'avoir pratiquée, la marche ., - i i ,! ■ ,, .,-

lion des païens. Au besoin. !i 1, itr- i!m piiM inil emportait et qui était adressée aux Saxons do vieille race encore païens la lui aurait rappelée. « Le royaume de Dieu est proche, écrivait Grégoire II, Epist., vu, P. L., t. Lxxxix, col. 504-505; ne cherchez pas votre salut dans les vaines idoles fabriquées de mains d'homme, d'or, d'argent, de pierre ou de bois, et décorées par les païens du nom de divinités. Élevez vos regards et vos cœurs vers le Seigneur Dieu, créateur du ciel et de la terre. N'adorez que lui et vos fronts ne rougiront plus. Dépouillez le vieil homme pour revêtir le Christ nouveau. Déposez toute malice, colère, fureur et tout blasphème... L'évêque que je vous envoie vous délivrera de l'esclavage et des fraudes du démon. Il vous arrachera au péril de la damnation éternelle pour vous introduire dans les joies du royaume du ciel. »

A l'assemblée générale de ces redoutables Saxons, à Merklo sur le Weser, où il eut le courage de se présenter, saint Lebwin, disciple de saint Boniface, condense ainsi en quelques mots sa catéchèse : « Écoutez-moi, écoutez surtout celui qui parle par ma bouche. Je vous porte les ordres de celui à l'empire et au jugement duquel tout est soumis. Écoutez et sachez que le Seigneur, créateur du ciel, de la terre et de la mer et de tout ce qu'ils contiennent, est le seul vrai Dieu. Vos idoles ni

ne vivent, ni ne se meuvent, ni ne sentent, car elles sont l'œuvre des hommes; impuissantes à se défendre elles-mêmes, elles ne sauraient vous être d'aucun secours; c'est en vain que vous leur immolez des victimes. Le Dieu seul bon, seul juste, vous a pris en pitié. Il m'a envoyé \ers \ous pour que vous abandonniez vos erreurs et vous vous tourniez vers lui. C'est lui qui vous a créés et c'est en lui que nous vivons, que nous nous mouvons et que nous sommes. Si donc vous le reconnaissez fidèlement, si vous faites pénitence et recevez le baptême, si vous observez ses commandements, il vous conservera sur la terre et vous récompensera dans le ciel. Sinon, les peines futures vous attendent. » Vita S. Lebtvini, xii, P. L., t. cxxxii, col. 890. Rappelant et dépassant le discours de saint Paul à l'aréopage, saint Lebwin ajoute à la menace des châtiments de la vie futui-e ceux de la vie présente, car il fait allusion, à la fin de son petit discours, à l'intervention possible et terrible du roi des Francs.

On sait qu'en 811 Charlemagne envoya une lettre circulaire à tous les évêques de son vaste empire pour leur demander des renseignements précis sur le baptême, tel qu'il était pratiqué dans leurs diocèses, sur ses rites et ses cérémonies. P. L., t. xcviii, col. 933; cf. Capilulaire de 811, ii, 9, P. L., t. xcvii, col. 331- 332; édit. Boretius, Hanovre, 1883, t. i, p. 163. Or, de toutes les réponses qui durent lui être adressées quelques-unes seulement sont parvenues jusqu'à nous; voir en partimi- r 1 , |,,ir,. monyme De rilibiis baptismi, P. L., I I I ! !' 1^-939, et la Responsio ad

capitula orc/,;, /;.>,,.;,,, rnjin Francoruni missa a Carolo magno, ibul., col. 939-940; VEpislola de cxrcmoniis baptismi d'Amalaire, archevêque de Trêves, P. L., t. xcix, col. 892 sq.; YEpistola de baptismo, de Jessé d'Amiens, P. L., t. cv, col. 781; le Liber de sacramenlo hapli^rn: cU; l.iirlrade, archevêque de Lyon, P. L., t. xcix. .,,1. .->:.:! >,i. .Malheureusement aucune de ces réponses ii,j |.io\i,-iil dévêques missionnaires ou in=l.ill,'5 en pays de missions, ce qui aurait été une

, |,i,ti,..use de renseignements pour le sujet qui

11' 1- '" , iiiiL. Magnus, évèque de Sens, dans la définilimi '|ii il lionne du calécbuméne, nous apprend qu'on appi'll,' niiihriix 1,11 iHs/rrriiis criui qui reçoit uu enseigncuii'iii a|i|M,,|iii,\ snlicri ni rrriini agnoscens Doniinuni r.luiiiiiai ciuirs lanifs i,lol,u-um et audiat ac discal, aiilequaiii ad sacnini. accédai funlem, myslica sacramenla Christian» religionis et tune discat /idem sanctsa Trinitalis et synibolum et csstera quœ christiana lex docet, ce qui n'est autre chose que le thème général sur lequel roulait la catéchèse. Libellus de mi/steno baptismatis,P. L.,\.. en, col. 981; Martène, Oe antiquis Ecclesias i-ilibus, Rouen, 17C0, t. i, p. 158. Jessé d'Amiens définit le compétent : Qui diligenter instructus de fide et attente de credulitate imbutus, post Iradilam sibi doctrinani christianitatis et nujsteriiini

sijiriboli roqiil. il D.M-i .' 747. ai

mdilio

m orationis dominicss, petit et '. L., t. cv, col. 781.

lent, le concile de Cloveshow, en lijet propre de la catéchèse, et c'étail ,lii-,uii,i !,■ -Miiliolo aux catéchumènes ut inlcUi(jinii -/'(,,/ , , r ,',,,. ./",,/ sperare debeant. Can. 11, Harduiiiii, .1, /. . ,/,,!/.. I. III, cul. 1955. Et, postérieurement à la c.iiiMiltalKin ili' t;iiarlemagne, un disciple d'Alcuin, Raban Maur, composa un De disciplina ecclesiastica en trois livres, dont le premier traite des ordres sacrés, le second des divins sacrements, et le troisième dti combat thvclicn. dans le but très précis d'indiquer la mai, h,' i -uivre pour l'instruction des païens qui dtiiiainliii.ni a i icevoir le baptême. Or le 1. I", P. L., t. i\ii, cul. U'.i:! sq., n'est autre chose que la reproduction à peu près intégrale du Decatechizandis rudibus de saint Augustin; nouvelle preuve de l'intluence de l'évêque d'Hippone sur ce point particulier. Le II»

CATÉCHÈSE - CATECHISME

Iraite des rudiments de la foi, col. 1218; de l'oraison dominicale, col. 1222-1224, et du symbole, col. 1224- 1228; autant d'éléments que nous avons trouvés ailleurs ot qui entraient, eux aussi, dans la trame de la catéclièse. Enfin le III" traite des vertus à pratiquer et des vices à éviter, ce qui nous ramène une fois de plus, par une amplification très détaillée, aux Deux voies de la nUlaché.

Ainsi donc, du v au ix« siècle, la catéchèse préparatoire au baptême, fidèle à la tradition des premiers -•iceles, ne fait que continuer et reproduire ce que nous ;ivons constaté, soit aux origines apostoliques, soit à r.'poque do l'organisation systématique du catéchunié- UMl. Celle eiK|uolf pourrait se poursuivre pour l'époque ultérieure; mais rllc semble inutile, car elle amènerait ;'i nni' conslalaliuii nouvelle de ce que nous venons de relever pour la période qui va du v au ix« siècle. Il ne reste plus, dans ces conditions, qu'à se rendre compte de l'état, de la forme, de l'objet de l'instruction religieuse donnée aux nouveaux baptisés, en particulier aux enfants, en la suivant dans sa marche progressive jusqu'à son aboutissement final dans ce que nous appelons le catéchisme. Voir Catéchisme.

.\. Crocquet, Catéchèses christianœ, Douai, 1574; Reinbolt, Iii^'-i-rlatw de catechesi veterum, Rosiock, 1645 ; Witfelt, Théo-

II" catechetica, Munster, 1656; Druffel, De catechumems, iiis-.,-rtatio htstorico-sarra, Helm«fadl, 1657; Slarlt. Dr cntcclnzudune veterum, Wittmln- H o<^ >N l'Iu i Di • t ' iln calechizattone veterim \v i ' \^ li i i

catechetica, Altenhoui ^ I i ' / '

1729-1740; Walch, De .,, >

léna, 1744; Miller, De ,„(,,„.,„ , ,,,, :i

génère, Helmstadt, 1751, /.aclunas, Dt ,, '

veterum christianorum, Gœltjngue, 17t.;. - i i ' catechiiandi, Batnberg 17fit. i la fin d h

résumé de l'histoire do h .- 1' .-1 o i' i i / /

BajUism. Londics, M'"' i ' I i (

des Katechettlx.Si\zhim 1 -i i ii

Christian.v cateches: t,-- i i ' i i.

Hi'trory of catechisiny, d.uio la i > au > I \ i

I ">0 sq. ; Bordier, Le catechuuicmU pu ■-

- . 1,'s de l'Église, Pai-is, 1858; Mayer, Gcs. / H iiats undder Katechese, Kempten, isi ^ ^ w /)

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Ab', I I 'w ' ' /

htiiKitc au n' bwclc, Paub, IbOô, liudiesne, Ui lyma, du culte ,1,, tien, 2' édit., Paris, 1898; Hézard, Histoire du catéchisme, r\u is, 1900; Kirchenlexikon, 2' édit., Fribourg-en-Brisgau, isoi, t vn, col. 238-258; A. Seeberg, Der Katechismus dcr Urchristenheit. Leipzig, 1903 ; U. Chevalier, Répertoire. Topobibliographie, t. i, col. 615.

G. Bareille.

CATÉCHOSME. Si la catéchèse comprend l'enseignement des vérités essentielles de la religion chrétienne adressé aux catéchumènes adultes avant le baptême, voir col. 1877-1895, le catéchisme, dans la première acception du mot, est l'instruction orale et familière des mêmes vérités, faite après le baptême aux enfants et aux adultes ignorants. Mais le nom de catéchisme a passé du genre d'instruction ou de l'exercice catéchétique au livre qui contient l'exposition élémentaire des vérités fondamentales du christianisme. Sous cet aspect, le catéchisme est un manuel populaire, un résumé exact et sûr de la doctrine chrétienne. Il n'est pas et il ne doit pas être un traité savant et scolastique de théologie; les opinions d'école en sont exclues ; on n'y parle que des vérités certaines du dogme et de la morale; les enfants et les fidèles doivent y trouver tout ce qu'il est nécessaire de savoir pour être un chrétien suffisamment instruit, ou au moins ce qu'il faut croire et pratiquer

pour ne pas manquer la récompense céleste par suite d'ignorance volontaire et coupable. La forme de ce livre, comme celle de tout enseignement élémentaire, doit être claire, précise, facile à comprendre et à retenir, car le catéchisme est destiné ordinairement à être appris de mémoire. II est aussi le plus souvent rédigé par questions et par réponses, et il constitue une sorte de dialogue entre le maître et les disciples. Enfin, il est court et substantiel, parce qu'il est expliqué de vive voix et développé par le catéchiste. Les catéchismes, mis aux mains des enfants, présentent une grande variété, car on n'a pas suivi et on ne suit pas encore une marche uniforme dans l'enseignement élémentaire de la religion. Dans la diversité des plans et des méthodes une cependant est devenue prédominante; elle consiste à grouper les matières du catéchisme sous trois titres : les vérités à croire ou les articles du symbole, les préceptes à observer ou les commandements de Dieu et de l'Église, les moyens de se sanctifier ou la prière et les sacrements. Les catéchismes, destinés aux enfants ot jeunes gens, difïèrenl an- i n .'li ihIih' proportionnée à la capacité intellectiirU- i ■' . îh s, et on les distingue en moyens el pi I i i: nu abrégés sont

employés dans les cal. .In- llll^ à l'église ou à

l'école primaire ; les moyens servent dans les collèges et les écoles secondaires. Aujourd'hui, chaciue diocèse ou à peu près, surtout en France, a son catéchisme particulier, qui est le seul manuel d'instruction religieuse officiellement autorisé par l'évèque. Quelques contrées toutefois ont adopte, au cours du xix' siècle, un catéchisme unique, et en 1870, le concile du Vatican a discuté le projet d'un petit catéchisme pour l'Église universelle. Enfin, on a composé, à l'usage des catéchistes et dés fidèles instruits, des catéchismes plus développés, que l'on nomme grands catéchismes, par corn, paraison avec les petits et les moyens. Les catéchistes y trouvent les explications qu'ils doivent donner do la lettre du petit catéchisme, et les fidèles un exposé de la foi, qui ravive dans leur mémoire et complète dans leur intelligence l'instruction élémentaire précédemment reçue.

Nous exposerons sommairement l'histoire de l'enseignement catéchétique et nous dresserons le catalogue des principaux manuels employés, au cours des siècles dans cet enseignement. — I. Au moyen âge. II. Au xv« siècle et au xw avant le protestantisme. III. Chez les protestants. IV. Chez les catholiques au xvi» siècle après 1517. V. Au xviF siècle. VI. Au xvili» siècle. VII. Au xix« siècle.

I. Au MOYEN AGE. — 1» Forme de la catéchèse primitive, du VII' au xill" siècle. — Quand le baptême cessa d'être administré aux adultes et fut généralement conféré aux enfants peu après leur naissance, ou lorsque des tribus entières se convertirent en masse et furent baptisées avant d'avoir reçu une instruction suffisante, il fallut enseigner les vérités chrétiennes aux enfants et aux adultes déjà baptisés. Le catéchisme succéda ainsi à la catéchèse primitive; mais les matières de l'instruction élémentaire des baptisés furent identiques à celles de l'enseignement donné aux catéchumènes. Ainsi, le jour de la consécration de Jean, évêque de Constance, saint Gall (f 6i6), adressa à ses auditeurs baptisés une véritable catéchèse. Serm., P. L., t. lxxxvii, col. 13- 26. A en juger par le résumé que saint Ouen, Vita Eligii, 1. II, c. XV, ibid-, col. 525-550, donne des prédications de saint Éloi, cet évêque exposait aux néophytes les sujets traités autrefois devant les catéchumènes. De même qu'on faisait à ceux-ci, pendant le carême, la tradition du symbole des apôtres et de l'oraison dominicale, de même on constate qu'au vm» siècle ces deux textes devaient être appris par cœur en latin ou en langue vulgaire par les catéchisés et expliqués par les prêtres catéchistes et par les missionnaires. Cet usage existait

CATÉCHISME

alors chez les Anglo-Saxons et chez les Germains. Bède, Epist., II, P. 1^., t. xciv, col. 659, recommandait à Egbert, évêque d'York, puisque celui-ci ne pouvait parcourir lui-même chaque année tout son diocèse, d'établir dans tous les villages des prêtres, chargés d'administrer aux fidèles les sacrements et de leur expliquer le symbole des apôtres et l'oraison dominicale, traduits en anglais. Les laïques, les clercs et les moines, qui ne comprenaient pas le latin, devaient réciter ces formules en leur langue. Le concile nalional, tenu à Cloveshow en 747, avait statué, can. 3, 10, que les évêques visiteraient tous les ans leur diocèse, et que les prêtres apprendraient par cœur le Credo, le Palet-, les prières de la messe et des sacrements et les expliqueraient à leurs ouailles en langue vulgaire. Mansi, Concil., t. XII, col. 396. 398. Le concile réuni en 787 à Calchut sous la présidence de Lambert, archevêque de Cantorbéry, et du rt'i "il.e i.n. ii,.li me |i;irlie de ces prescriptions. Can. "', '''>•' ' H, le ■<, T/iesoM-

rus linguayum sepl'' !;: une formule

anglaise de l'oraison d iiiiiiie.aL ,l,1l-. - , lu 'e d'un livre mis sous le nom du roi Canut. Les canons 25» et 26<-, attribués à saint Boniface, ordonnent à tous les chrétiens et spécialement aux parrains de savoir par cœur le Patei- et le Credo. P. L., t. lxxxix, col. 822.

Dans l'empire carolingien, le même programme fut imposé partout. Le concile de Francfort (794) exigeait, can. 33, que le symbole des apôtres et l'oraison dominicale fussent connus de tous. Mansi, t. xiii. col. 908. Saint Paulin, patriarche d'Aquilée, au concile de Friuli (796), imposa aux prêtres l'obligation de savoir par cœur le symbole de Nicée et aux fidèles celle de retenir le symbole des apôtres et l'oraison dominicale. Concil. Forojul., can. 12-15, P. L., t. xcix, col. 293-295. Charlemagne lui-même fit des règlements sur la prédication, l'instruction des catéchumènes et le catéchisme. Les préIres devaient comprendre et prêcher aux fidèles l'oraison dominicale, Capjf. de 789, n. 70; Boretius, Capitiilaria, Hanovre, 1883, t. i, p. 59, aussi bien que le symbole. Capit. de 802, n. 5, ibid., p. 106. Tous les chrétiens devaient apprendre le Credo et le Pater. Capit. de 802, n. 14, 15, P. L., t. xcvii, col. 247; Boretius, t. I, p. 110; cf. p. 147. Ils étaient obligés de les réciter aux prêtres qui avaient eux-mêmes la charge de les enseigner aux fidèles, ib'ul., col. 767, dans la langue que ceux-ci comprenaient. Ibid.. col. 770. Cependant, régulièrement le soin de les enseigner était laissé aux parents pour leurs enfents et aux parrains et marraines pour leurs filleuls. Ibid., 15, col. 248. Charlemagne, ayant rencontré des chrétiens qui se présentaient pour être parrains et marraines, mais qui ne purent réciter ni le Credo ni le Pater, leur défendit de tenir des enfants sur les fonts, tant qu'ils n'auraient pas acquis la science requise. Epist., XV, ad Garibaldum, P. L., t. xcviii, col. 917-918. L'enseignement portait aussi sur les vices ou les péchés, grands ou petits, à éviter. Capit., P. L., t. XCVII, col. 326. Théodulfe, évêque d'Orléans, 'dans son capitulaire 22, obligeait tous ses diocésains à savoir le Pater et le Credo. P. L., t. cv, col. 198. Les écoles, instituées alors, avaient pour but de donner aux enfants qui les fréquentaient l'instruction religieuse. Un contemporain a rédigé, sous forme d'interrogations et de réponses, ou de dialogue entre un maître et son disciple, une leçon d'école qui, partant de la création, expose les principaux points de la doctrine chrétienne et se termine par l'explication du Credo et du Pater. Cette Dispulalio puerorum per intcrrogaliones et responsiones a été même attribuée à Alcuin, mais à tort, semble-t-il. P. L., t. ci, col. 1097- 1144. Le concile d'Arles (813) ordonne aux pères et aux parrains d'instruire dans la foi leurs fils et leurs filles. Can. 19, Mansi, t. xiv, col. 62. Celui de Mayence, réuni la même année, fait les mêmes injonctions et recom-

mande la fréquentation des écoles. Can. 45, 47, Mansi, ibid., col. 74. Le concile de Paris, réuni en 829 par Louis le Débonnaire, ordonnait d'instruire les enfants baptisés dès leur naissance et blâmait ceux qui négligeaient ce devoir. L. I, can. 6, Mansi, ibid., col. 541. Le concile d'Aix-la-Chapelle (836) déclare qu'il est nécessaire d'apprendre aux enfants l'oraison dominicale, le symbole et leurs devoirs. C. il, a. 5. Mansi, ibid., col. 681. Le manuel de Dhuoda à son fils, rédigé en 842, expose la foi et la morale chrétienne. 'P. L., t. CVI. col. 109-118.

Ottfried, moine de Wissembourg, a composé au ix« siècle un catéchisme en langue tudesque, qui contient l'explication de l'oraison dominicale, un catalogue des péchés mortels, le symbole des apôtres, le symbole dit de saint Athanase et le Gloria in excelsis. 0. Eckard l'a publié, 7)îce>'Ji monachi Weissemburgensis catechesis theotisca, in-12, Hanovre, 1713. Il a édité aussi en appendice, p. 79-83, ime traduction et une explication, en vieil allemand, des commandements de Dieu et du symbole des apôtres. Elles sont de Notker le Bègue (fin du IX" siècle). On trouve encore dans le même ouvrage, p. 93-99, deux formulaires de confession, du ix« siècle, dans lesquels sont énumérés les péchés à accuser. .T. Schilter, Thésaurus anliquitatum teutonicarum, in-fol., LUm, 1728, t. i, supplément, a édité un catéchisme de l'amour de Dieu et du prochain, qui est du IX' ou du x'' siècle, un décalogue en anglais et en latin, de l'époque du roi Alfred (871), et un autre en vers anglais. Le programme carolingien s'était donc accru des commandements de Dieu.

Au X' siècle, Rathier, évêque de Vérone, ordonnait encore aux prêtres de prêcher le Credo et le Pater. Synodica, 12, P. L., t. cxxxvi, col. 563. Les mêmes prescriptions étaient renouvelées par Burchard de Worms, Décret., I. II, c. lix-lxv, P. L.,t. CXL, col. 636- 637, par Réginon de Pnini, De ecclesiasticis disciplitiis, 1. I, 201, 202, P. L., t. cxxxii, col. 228-229, et par Yves de Chartres. Décret., part. VI, 152-161, P. L., t. CXLI, col. 4S1-483. Le roi Edgard (t975) déclarait que chaque chrétien est tenu de donner à ses enfants des habitudes chrétiennes et de lui apprendi-e le Pater et le Credo. Can. 17, P. L., t. cxxxviii, col. 500. Thierry de Paderborn donnait, au xi« siècle, une explication de l'oraison dominicale. P. L., t. cxlvii, col. 333-340. Fulbert de Chartres (f 1029) expose à Adéodat comment il faut instruire les commençants sur les principaux sacrements. Epist., V, P. L., t. cxLi, col. 196-204. Bonizon de Plaisance (f 1089) a publié un LibeUus de sacramentis, P. L., t. cl, col. 857-866. Le roi Canut le Grand (f 1036) ordonne encore aux parents d'apprendre à leurs enfants le Pater et le Credo, 21, P. L., t. CLi, col. 1176. Brunon de Wurzbourg (f 1045) a compilé plusieurs explications latines du Pater et du Credo et un commentaire du symbole Quicumqiie. Deux d'entre elles sont textuellement empruntées à la Disputatio puerorum du ix« siècle. P. L., t. CXLII, col. 557-568. Cf. J. Baier, Der h. Bruno, Bischof von Wiirzburg, als Katechet, 1893. Eckard, op. cit., p. 86-90, a publié une paraphrase du symbole des apôtres en vieil allemand du \iv siècle, nommée Boxhorniana du nom de celui qui l'a découverte, et le Krij der alten Kilchen, explication du même symbole, du commencement du XIII" siècle. Abélard a rédigé une explication de l'oraison dominicale, du symbole des apôtres et du symbole de saint Athanase. P. L., t. CLXxxviii, col. 611-632. Au début de sou exposition du Credo, il indique son but, qui est d'expliquer ce que tout chrétien est obligé de croire et de savoir, c'est-à-dire, d'après le concile de Reims de 813, can. 2; cf. Mansi, t. xiv, col. 77, le Pater et le Credo. Ibid., col. 617-619. Quant au symbole de saint Athanase, il doit être expliqué aux adultes et à ceux qui ont l'âge de raison, parce qu'il sert, comme les autres

CATECHISME

formules, à leur inslruction. Ibid., col. 632. Odon de Sully, évoque de Paris (f 1208), recommandait à ses prêtres d'inviter les lidèles à réciter le Pater, le Credo et VAve, et il leur ordonna d'expliquer au prône le symbole des apôtres. Sijnod. constit., préceptes communs, 10. 32, P. L., t. ccxii, col. 64, 66. Joscelin, évêque de Soissons, a publié l'exposition du Pater et du Credo, qu'il avait coutume de faire de vive voix dans les paroisses de son diocèse. P. L., t. clxxxvi, col. 1479- 1496. Tout chrétien devait savoir ces formules, qu'on pouvait apprendre et expliquer en n'importe quelle langue, pourvu que chacun croie fermement à leur contenu. Ibid., col. liSl. Or les explications de Joscelin contiennent des arguments et des phrases identiques à ceux des sermons d'Yves de Chartres. Serai., XXII, xxiii, P. L., t. CLXii, col. 599-607. L'évêque de Chartres exhortait les parrains et les pères à expliquer le symbole des apôtres à leurs filleuls et à leurs fils. Ibid., col. 607. Les statuts du synode de Gran (1114) n'exigeaient que l'exposition du Credo et du Pater ■ lins les petites églises de la Hongrie; mais dans les ^iMudes, on expliquait les Épîtres et les Évangiles, (.enseignement était le même en Pologne d'après le synode de Gnesen de 1248. Hefele, Histoire des conciles, trad. Delarc, t. viil, p. 414. Mais le concile de Trêves de 1227 avait ordonné aux prêtres d'instruire les fidèles sur les péchés mortels, les articles de la foi et les dix commandements. Can. 8, Mansi, t. xxili, col. 31-32. Les deux conciles de Béziers (1246), can. 7, et d'Albi (1254), can. 17, 18, imposaient aux curés l'obligation d'expliquer, chaque dimanche, d'une manière claire et simple, les articles du symbole. Les enfants, ù partir de sept ans, devaient être amenés à l'église par leurs parents, les jours de dimanches et de fêtes. On leur enseignait le Pater, VAve Maria et le Credo. Mansi, t. xxiii, col. 693, 836, 837.

2» Nouvelles mélliodes catéchéliques inaugurées au A/y^ siècle. — Tandis que le programme carolingien, plus ou moins développé selon les pays, continuait à être suivi jusqu'au xm» siècle, deux nouvelles méthodes avaient été inaugurées au xii«. Elles eurent toutes deux beaucoup de succès et elles exercèrent une grande inlluence sur l'enseignement catéchétique. — 1. L'Élucidaire. — La première de ces méthodes dérive de VElucidarius d'Honorius, écolàtre d'Autun. Cet ouvrage est divisé en trois livres, dont le I'' comprend l'explication du symbole des apôtres; le sacrement d'eucharistie y est rattaché à l'Église; le 1. II traite du mal moral et physique ; le III«. des fins dernières, et spécialement de l'état différent des bienheureux et des damnés. Le texte est disposé par demandes et par réponses. P. L., t. ci.xxii, col. 1109-1176. Cet ouvrage a été traduit en français, en allemand, en italien et en anglais; mais les traductions diffèrent parfois de l'original latin. A. Brunet, Manuel du libraire, 5« édit., Paris, 1864, t. m, col. 1213-1215. La traduction française du Lucidaire dans le dialecte de Valenciennes est l'œuvre de Gilbert de Cambrai. La version italienne intitulée : Libro del maestro e del discipido chiamato lucidario, Venise, 1508, a été faite par Manfredo de Monte Ferrato de Strevo. Sur les éditions de ces versions, voir Hain, Repertorium, n. 8815-8821; sur la traduction allemande, n. 8803-8814, et sur la version anglaise, n. 8822. Cf. Coppinger, Supplément, part. I, p. 263; part. II, n. 3041-3049. - 2. Le Septénaire. - La seconde méthode a été mise en vogue par Hugues de Saint- Victor, De quinque septenis seu septenariis, P. L., t. CLXxv, col. 405-414. Cf. Allegoriie in N. T., 1. II, c. Ili-vi, ibid., col. 774-777. Elle consiste à exposer le dogme et la morale en les rapportant à sept parties, tantôt opposées tantôt comparées à sept autres; les sept demandes du Pater sont rapprochées des sept béatitudes et des sept dons du Saint-Esprit; les sept vices

DICT. DE TliÉOL. CATIIOL.

OU péchés capitaux sont opposés aux sept vertus principales, aux sept œuvres de miséricorde, etc. Cf. li. Ilauréau. Les œuvres d'Hugues de Saint-Victor, Paris, 1886, p. 22-24. L'évêque de Soissons, Joscelin, Expositio do

oratione dominica, P. L., t.

nait, mais la laisse de ccilé :

tem petilionibus (du /'"/■ Sancti et octo beatitinlini s ad erudilionein simplnnu videntur, scienter prœteriv

CLXXXVI, col. 1496, la con- Nituntur quidam las sep- ■' srjtfcni doua Spirilus (ipi,liri(i-i'; sed, quoniani Il iHiii iiiultum prodesse imus. Empruntée à saint

Augustin, De sermone Domini in monte, 1. II, c. x, xi, P. L., t. xxxiv, col. 1285-1286, cette méthode fut bientôt très répandue. Il n'y a pas un seul catéchisme du xiii» siècle qui n'en fasse quelque application, et son influence a persévéré jusqu'à nos jours. On la retrouve dans le Iriili' De scplrm septenis de Jean de .Salisbury, P. I... I . \^ i\. >.l. 013-964, et dans celui d'Hugues

d'Aiiiii II II ■, de Rouen. Super fide cal/iolica

et, irai '. n. 10, 23,P. L.,t.cxcil,col.l334,

1345-1 ULi. l.llj i appliquée par saint Thomas d'Aquin dans les cinq opuscules qui représentent les matières d'un catéchisme : Opusc. xvr, Expositio symboli aposlolorum; Opusc. vu, Expositio orationis dominicœ; Opusc. VIII, Expositio sahitalionis angelicx ; Opusc. iv. De decem prœceptis et lege amoris ; Opusc. v. De articulis fidei et Ecclesiœ sacramentis. Opéra oninia, Paris, 1884, t. xxvii. Destinés à ses élèves, ils ont été très répandus au moyen âge. Cf. Werner, Der heiligo Thomas von Aquiyio', Ralisbonne, 1858, t. I, p. 123-158. Saint Edmond de Cantorhéry (f 1242) avait écrit pour son clergé des traités .sur le décalogue, les sacrements et les péchés capitaux. Son Spéculum Ecclesiss, c. viiixviii, comprenait un exposé complet du Septénaire. Maxima bibliotlieca Palrum, Lyon, 1677, t. xxv, p. 319-323. Cet ouvrage a été réédité par Kunz, Finif Volks-und Kinderkatechismen aus dem Mittelatter, 2 vol., Lucerne, 1900, avec la Somme de frère Laurent, dont nous allons parler. Cette Somme est dite Sommele-Roi, parce qu'elle a été composée par ordre de Philippe III le Hardi par son confesseur, le dominicain Laurent. Elle est datée de 1279 dans plusieurs manuscrits et elle comprend les dix commandements, les douze articles du symbole, les sept péchés capitaux, les sept [demandes de « la saincte patenostre », les sept dons du Saint-Esprit et les sept vertus. Cf. Quétif- Echard, Scriptores ord. prxd., t. i, p. 336; Histoire littéraire de la France, t. xix, p. 397 sq. La Somme-lc- Roi a été copiée très souvent et parfois sous des titres différents, tels que la Somme des vices et des vertus et Le miroir du monde. Ses manuscrits sont conservés dans beaucoup de bibliothèques, par exemple à Paris, bibliothèque Sainte-Geneviève, ms. lat. 2898 ; bibliothèque de l'Arsenal, ms. fr. 459. Elle a été éditée en français en 1481, s. 1., Hain, n. 9950, et par Vérard en 1495 sous le litre : La somme des vertus et des vices. Coppinger, Supplément, part. II, n. 3513. On en a fait une traduction flamande, plusieurs fois éditée au xv= siècle. A. Barbier, Manuel du libraire, t. v, col. 436-437; Hain, [Reperlorium, n. 9949-9952; Coppinger, part. 1, p. 293; part. II, n. 3515. Une traduction anglaise a été imprimée par Caxton, en 14^, sous le titre : The royal Booli. Coppinger, part. II, n. 3514; A. Barbier, Manuel du libraire, t. iv, col. 1432-1433. Le Miroir du monde, qui ressemble à la Somme-le-Roi, quoiqu'il soit original en plusieurs points, a été publié par Félix Chavannes, Lausanne, 1846, d'après un manuscrit du xiv« siècle. Le Miroir de bien vivre n'est pour une bonne partie qu'un abrégé de la Somme-le-Roi. Bibliothèque Mazarine, ms. 966. Cf. G. Bertoni, Ricerche sulla Sommele-Roi di frère Laurent, dans Archiv fï(r Studien der neuerten Sp)-ac/ie/;1904, p. 344-365.

Le concile, tenu à Lambeth (Angleterre), en 1281, sous la présidence de Jean Peckham, ordonnait aux prêtres

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