II. — CO
CATECHISME
d'expliquer aux fidèles, quatre fois par an, en une ou plusieurs fêtes et en langue \-ulgaire, les quatorze articles de la foi, les dix commandements de Dieu, les deux préceptes évangéliques de l'amour de Dieu et du prochain, les sept œuvres de miséricorde, les sept péchés capitaux, les sept vertus principales et les sept sacrements. Et pour qu'aucun prêtre ne put s'excuser sur son ignorance, le concile exposait sommairement ces matières de la prédication annuelle. Mansi, t. x.Klv, col. 410-413. Un poème latin, intitulé Floretus, parce qu'il contenait les fleurs de toutes les vertus, rentre dans la catégorie des catéchismes inspirés par le Septénaire. Attribué à saint Bernard et à Jean de Garlande. grammairien et poète du xi' siècle, il a fait partie de la collection : Auclores ocio, Lyon, 1494, etc. ; cf A. Brunet. Manurl du libraire, t. i, col. 542-550; Hain, n. 1917- 1919; Coppinger, part. I, p. 55; part. II, n. 717-723, et a servi dans les écoles à apprendre aux enfants les éléments de la doctrine chrétienne. Il explique en vers les douze articles du symbole, les commandements, les péchés, les sept sacrements, les vertus et la manière de bien mourir. Ilain, n. 7182-7184; Coppinger, part. I, p^217. Gerson l'a commenté : Summa admodiini iililis el fritctuosa theologalis et canonica édita super Ftoretimi, Lyon, 1494. Dupin n'a pas reproduit ce commentaire dans les œuvres du chancelier. M. L'Ecuy, Essai sur la vie de Jean Gerson, Paris, 1832, t. ii, p. 286-287. Le Floretus a été traduit en français : Le noble livre Floret. Coppinger, part. II, n. 7185; cf A. lirunet, Manuel du libraire, t. n, col. 1304; La France littéraire au xv siècle, Paris, 1865, p. 80; Hézard, Hist. du catéchisme, p. 152-154. La Sumnia rudium traite aussi des articles de la foi. Hain, n. 15170- 15172. Un recueil manuscrit, que M. Hézard, p. 154, appelle Compilatio, était destiné ad instructionem minoruniquibusnonvacatopusculorunivariatnphiralitaleni pcrscrutari de doclrinis catholicorum magistrorvm. Il contient une courte explication des articles de la foi, des dix commandements, des sept demandes du Pater, des .sept sacrements, des sept vertus, des sept dons, des huit béatitudes, des sept vices tant de nature que de volonté et des excommunications. A Paris, Bibliothèque nationale, ms. latin 16412; Bibliothèque Mazarine, ms. 983. Kunz a publié un Trattato di dottrina cristiana de la première moitié du xiii« siècle, rédigé pour les petits enfants. Fiinf Volks-und Kinderkatechismen ans dem Miltelalter, 2 vol., Lucerne, 1900. Il a réédité aussi Vlnstructio articuloruni fidei, sacranientoruni Ecclesiae, prxceptorum decalogi, virlutuin et vitiorum, que l'archevêque de Tolède avait adressée à son clergé au synode diocésain de 1323. Elle comprend toutes les matières du Septénaire. Gard. d'Aguirre, Colleclio maxima conciliorum Hispaniœ, 4 in-fol., s. I. n. d.. t. m, p. 570-571.
3» Nouveaux catéchismes du xiv siècle. — Us se rattachent encore à la méthode du Septénaire. Les deux principaux sont le Manipiilus curatorum et le Doctrinal de sapience. Le premier, œuvre de Gui de Montrocher, est écrit pour les curés. Les deux premières parties traitent de théologie pastorale. La III» partie expose, sous forme scolastique, les matières ordinaires de l'enseignement catéchétique : le symbole des apôtres, l'oraison dominicale, les dix commandements de Dieu, les fêtes de l'Église, les œuvres de miséricorde et les dotes des bienheureux. Cet ouvrage a obtenu un grand succès et a eu de nombreuses éditions. Hain, n. 8157- 8213; Coppinger, part. I, p; 242-244; part. II, n. 2824- 2849. Il a été traduit en français. Hain, n. 8214; Coppinger, part. I, p. 244; part. II, n. 2850. En 1395, Jean de Montagu, évèque de Chartres, le faisait copier pour l'usage de son diocèse. A. Brunet, Manuel du libraire, t. III, col. 1855-1857. Le Doctrinal de sapience a été composé en 1388 par Gui de Roye, archevêque de
Sens, pour être lu au peuple par les curés. La table des matières indique des sujets variés, parmi lesquels on retrouve les douze articles de la foi chrétienne, les œuvres de miséricorde corporelle, les dix commandements de Dieu, les péchés capitaux, la prière et les sacrements. Les explications du symbole et des commandements sont tirées de la Somme-le-Hoi. Un religieux de l'ordre de Cluny y ajouta, en 1389, un choix d'exemples et de citations des docteurs. Il a été traduil en anglais et imprimé par Caxton. Sur ces éditions, voir A. Brunet, Manuel du libraire, t. iv, col. 1434- 1438; La France littéraire au xv siècle, p. 184; Hain. n. 14012-14017; Coppinger, part. I, p. 414; part. Il, n. 5172-5181. Il était encore imprimé à Troves, en 1622 et en 1743.
Un concile provincial, tenu à Lavauren 1368, ordonna à tous les curés d'instruire leurs paroissiens, les jour* de dimanches et de fêtes, sur les articles de la foi, Itvpréceptes du décalogue, les péchés capitaux et tout ô qui est nécessaire au salut. Pour faciliter l'observation de ce décret, il publia à la suite un abrégé de la doctrine chrétienne à l'usage des cures et des clercs. Cet abrégé explique le symbole des apôtres et les sacrements, les vertus et les vices, les dons et les béatitudes, et enfin les commandements de Dieu. Mansi, t. xxvi, col.48i- 493. Il fut suivi dans tous les diocèses de la Gascogne et du Languedoc. En 1401, l'évéque de Dax l'adopta dans son synode, mais avec de notables additions. Degert. Constitutions synodales de Da,r, Dax, 1888, p. 76- 82. Schilter, Thésaurus, etc., a édité encore un catéchisme rillfiiinrid rim'' du Mv" ou iIu xv« siècle, sur les coiïiiii.iiiilriiii iii-- II* -.,1 I riii'iiN. Enfin, le docteur Nic.il .- r.r.lii- ,1 i'.'ii',.h ,1 Ml ,m! Tliisine par demandes el par 11 iHiu-i-, ilii M\ ,111 \\- -i.'L-le, \e Fundamenliim œlentiv felicilalis, qui a été imprimé à Cologmen 1509, Hain, n. 7396; il avait été signalé par Kôcher, Bibliotheca theologix symbolicœ et catecheticse, part. Il, léna, 1749, p. 146, mais on le croyait perdu. Ein verborengeglaubter Katechismus des ausgehenden Miltelalters, dans le Katholik, octobre 1893, p. 382-384. Kunz la réédité. Fïmf Volks-und Kinderkatechisnien aus dem Mitlelalter, 2 vol., Lucerne. 1900.
II. Au XV« SIÈCLE ET AU XVF AV.\M LE PROTESTAN- TISME. — Les méthodes précédentes persévèrent, alors que d'autres catéchismes voient le jour et répandent de plus en plus parmi les fidèles l'instruction religieuse élémentaire. Nous grouperons les faits d'après les pays. — 1» En France. — Gerson (1363-1429) fut un véritable initiateur dans cette voie. Il avait compris qu'il fallait commencer la réforme de l'Église par l'instruction religieuse de la jeunesse et étant chancelier de l'université de Paris, il catéchisait lui-mêiïie les enfants, dès 1409-1412, avant sa retraite à Lyon. Il écrivit un traite De païfulis ad Christum trahendis. Opéra, Anvers. 1706, t. III, col. 277-291, pour justifier sa conduite el répondre aux calomnies de ses détracteurs. L'expérience lui avait fait sentir l'utilité d'un petit livre à mettre aux mains des enfants. Il s'en est expliqué, Epist., ii. De reformatione theologise, Opéra, t. i, col. 124 : Item forte expediret..., fieretper facultatem vel de mandait ejus aliquis tractalus super punctis principalibus nastrse religionis, et specialiter de prxceplis, ad instruclivin'ni si,,ipl'iri,iii). tptilùis nullus semio out raro /i ' aut ,H.:lr /:/, 1 1,111- -,i Irttiv ,iii préccpteur dc Charles VII, De r,,,:siJr,'<ihviiil'ii^ 'i"iis iJebet habere princeps, n. ti Opéra, t. m, col. iii-iCi. il avait réduit les principauN points de la religion chrétienne aux douze articles du symbole, aux dix commandements de Dieu, aux conseils évangéliques, à l'oraison dominicale, aux sept vertus, aux sept dotes des bienheureux, aux sept dons, aux sept béatitudes et aux sept sacrements. Ces sujets furent exposés par lui dans son Conipendiuiii theologix brève et utile. Opéra, 1. 1, p. 233-422, et une sorte de petit caté-
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cliismp inlitulé : L'ABC des stiiiples rjens, de très grande iilitiU' et proufU, nis. 1007 dr la liiMiollièque Mazarine, fol. 129-132. Gerson i .iii|h„,, ,,ii-si, à l'usage des ciirrs, son Opus tvipinht mu flr jh j c'plis decalogi, de coiifessione et de arir ,nurir,nli. Opct-a, X. I, col. 425- 4.")0. Il y explH|iiiiil lniiMiiiiiit lo Credo, les commandements de liirii, Ir^ |H rhi ^ à accuser en confession et l'art de bien lui.iirii. Sm l,s éditions de cet ouvrage, k. liriinet, Maiiurl du libraire, t. Il, col. 1557; Hain, n. 7li:)l-7(i.-)t; Coppinger, part. Il, n. 2673-2680. Une trnihiction fiancaisc a paru à Cliambéry, en 1483, Coppinger, it>id., n. 2681 ; et à Lyon en 1490. Hain, n. 7656. Retiré à Lyon, Gi-rson employa les dernières années de sa vie à catéchiser les enfants à l'église Saint-Paul. S'il n'eut pas d'imitateurs de son zèle, son activité catéchétique ne demeura pas toutefois stérile, car son Opus tripartitum, nous le verrons, fut adopté comme livre d'enseignement à la fin du xv« siècle et au cours du