‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 618 sur 741 · II. Tr.waux. — Martene, De antiguis Ecctesùe · texte numérisé non relu

II. Tr.waux. — Martene, De antiguis Ecctesùe

1700, 1. 1, p. 29 sq. ; Visconli (Vicecomes), Obsen

siastic.T df' iiiifiquis baplisi

Gesclùc),ri- (tes l\iitcchii„>.

ten sectis Jatirhunderten, K

liche Pàdagogilc, Frilxmi i i

und Gebet in den drei

Tubingue, 1871; Sacram- "

1872; Katechese und Pr, n

G Jalirliunderts, Breslau i

Katechese, Breslau, 1880; S( h i , i

chetik, Kempten, 1890; Holtzniann

Kirche, dans Tlieologische Abtiandlungen, Fribourg-en-Bris-

gau, 1892, p. 61 sq. ; Moe, Die .ipostellehre und der Delcà-

log, Gutersloh, 1896; Saclisse, Evangelisctte Kateclwtilc, die

ecclebus et cxremoniis, Milan, œiits, Paris, 1745, t. i, dans ^ ; Htifling, Das Sacrament .. 1859; Zezscliwitz, System ,V. Lciiizis. 1863-1872: Mayer, . k':i.-rliese in den ers- I . ■ Wiuss. Die atttcircti- I l^i.'i; Probst, Lelire • 1 .talirliunderten, Hlalien, Tubingue i <s i bis Ende des .'.■)• Icalliotisctieii II' h der kalh. Kate- DiL- Katecltese der alten

GATECIlUMExNAT — CATHARES

Lehrc von der kirchlicheri Erzichmig, Beilin, 1897; Achelis, Lelirbiiclt der prakl. Théologie, 2' édit., Leipzig, 1898; Wiegand, Die Stetlung des apostolichen Symbots in kirchlichen Leben des Mittelalters, i, Symbol und Katechumenat, Leipzig, 1899; Dale, The synod of Elvira, Londres, 1882; Corblet, Histoire du sacrement de baptrin,-. Paris. 18.S1 ; Iluclicsno, Les origines du culte chrètiti: . . . .Iii , l'm , I--"-, I >:,■. m / • ^vtoire du baptême depids W 1

j« ri'uHo (692), dans la /. , i '^

». LXIV, p. 313-324. V.-ur i,.ii;.|. /,.,'<<(, :' i.i,:- /...-

chenlexikon, 2* édit., Frilxiurf-en-Brisgan, t. vu, col. 317-3;«. et dans Ftealencyclopâdie, S" édit., Leipzig, 1901, t. X, p. 1",^'-

G. Bareille.

CATHARES. - I. Origines. II. Histoire. III. Doctriiiis. i\. I.illérature cathare et anticatliare.

1. (iiiii.iNKs. — l» Dii<erses sectes appelées cathares. — Le nom de cathares, du grec xa6apo;, pur, a servi à désigner les membres de plusieurs sectes. Tillemont, Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique des six preniiers siècles, Paris, 1694, t. ii, p. 453, dit que «Ifs encralites prenaient le nom d'apolactiques, « et quelquefois, ce semble, aussi celui de cathares. » Le texte de saint Épiphane qu'il indique, Adv. hœr., h;er. LXi, P. G., t. XLi, col. 1040. ne permet pas de tirer cette conclusion ; Épiphane entend par cathares les novatiens. Cf. h;cr. i.i.x, col. 1O17-I038, et Anacephalieosis, P. G., t. XLii, col. 8G8. Une foule d'auteurs appellent cathares les novatiens. Voir le concile de Nicée, can. 8, Labbe et Cossart, Sacrosancta concilia, Paris, 1671, t. il, col. Si-

Si, 42, 47; parmi les Gm' P. G., t. XX, col. 616; -< CLXXXVIII, P. G., t. xw Nazianze,Ora«.,xxii, Il 1 n. 18, P. G., t. XXXV, Cul 356 (cf. NiccHas d'He

W..E:.,1. VI, c. XLiii,

il /"/ w . classis II, epist.

' i ' 'i-< : S. Grégoire de

" \\iii,n. 16;xxxix,

i.i. lùj>. i. xxxvi, col. 233,

Corntuenl. in S. Gregorii

Naz.oral. .v.vA/.Y, S. Gregorii Naz. opéra, Paris, 1712, t. col. 1036); S. Jean Chrysostome, In epist. ad Ephes., homil. XIV, P. G., t. LXii, col. 102; t. i.xill, col. 491-494 (cf. A. Puech, S. Jean Chiijsostome, Paris, 1900, p. 132- 133); Théophile d'Alexandrie, Narralio de ils qui dicuntur cathari, P. G., t. LXV, col. 44; Théodoret, Hseretic. fabul. camp., 1. III, c. v, P. G., t. lxxxiii, col. 408; Timothée de Constantinople, De receplione hseretic., P. G., t. Lxxxvi, col. 37 ; Luloge d'Alexandrie, Conlra Novatianos,l. I, dans Photius, hibliot., cod. 280, P. G., t. civ, col. 325; parmi les Latins, S. .\ugustin, De agone chrisliano, c. xxxi, P. L., t. XL, col. 308; De hxresihus, har. xxxviii, P. L., t. xui, col. 32; S. Jérôme, De viris itlmtribus, c. Lxx, P. L., t. xxiil, col. 681, 682; S. Prosper d'Aquitaine, Chronic, P. t., t. Li, col. 569; l'auteur du Pnvdesliiiatus, 1. I. c. xxxviii, P. L., t. un, col. 598-599; l'auteur (Ir^ < ■,,,,.,,/,,/ ,,,,,.)ii Zacchxi chrislianietApolloniipli. : M . wii, P. £., t. xx,

col. 1139; parmi les "- i i- I lue bar Khouni, Livres des scholies, imMi'- l'n riynun. Inscriptions mandaïtes des coupes de Khouabir. Appendice II, Paris, 1898, p. 123, 125, 179, 181; cf. Clermont-Ganneau, iJec«e!(rf'a)-o/i<''o(y3i<?oi-!CJUa!e,Paris,1900,t.iv,p.46-47. Saint Isidore de Séville, Ehjmoh, 1. VIII, c. v, P. L., t. Lxxxn, col. 300, 301, parle séparément des cathares et des novatiens: mais, en réalité, il s'agit, dans l'un et l'autre passage, des mêmes hérétiques. Une branche de manichéens prit le nom de ealharistes ou purificateurs. Cf. S. Augustin, De hxresibus, hœr. XLvi, P. L., t. XLii, <;ol. 36; l'auteur du Priedestinatus, 1. I, c. XLvii, P. L., t. LUI, col. 603.

Enfin, parmi les noms divers qui appartiennent à une seule et même secte dualiste du moyen âge, figure celui de cathares (ou catharistes, cf. Etienne de Bourbon, Anecdotes historiques, publiées par A. Lecoy de la Marche, Paris. 1877, p. 300, 301). Pour les autres noms, voir t. r. col. 677. Il ne semble pas avoir été en usage dans les commencements de la secte. Dans son traité Adcersiis

sinwniacos, 1. I, c. l-iii. P. L., t. cxLin, col. 1012-101 i, qu'il écrivit vers le milieu du xi» siècle, le cardinal Humbert entendait par cathares les novatiens. II y a plus, le premier ouvrage spécial écrit en France contre les catharesdumoyen âge, dans la seconde moitié du xil^siècle, par Eberhard de Béthune,,4nti/iœcesis,c. xxvi, dans M. de la Bigne, Biblioth. Palriim, i' édit., Paris. 1624, t. iv a, col. 1175, 1177, ne signale d'autres cathares que les novatiens, tout en les dédoublant, à la suite de saint Isidore de Séville. C'est en Allemagne que les membres de cette secte furent d'abord appelés cathares. Ecbert de Schônaugen, qui le premier se servit de cette appellation, et qui écrivit dans la seconde moitié du xir siècle, dit, Sermones contra catharos, serm. i, c. i, P. L., t. cxcv, col. 13 : Hos nostra Germania catharos appellat. Elle devint très commune en Italie, et fut employée en France, mais plus rarement. Elle persista jusqu'à la fin do la secte sous sa forme primitive, ou sous les formes cazari, gazari. Dans la suite, les historiens qui se sont occupé de cette secte ont adopté presque exclusivement le nom de cathares afin de désigner ses partisans de tous pays, exception faite pour les cathares du midi de la France communément dénommés albigeois.

Nous ne traiterons, dans cet article, que des cathares du moyen ;ige. Pour les autres, voir Novatianisme et Manichéisme.

2' Filiation, des cathares du moyen âge. — Que Manès ait d'abord étudié les dogmes des cathares novatiens, c'est ce qui est affirmé par Théodore bar Khouni, cf. Clermont- Ganneau, toc. cit., p. 47; mais ce n'est guère probable. Quoi qu'il en soit de cette filiation, il y a lieu de se demander si les cathares du moyen âge se rattachent au manichéisme. Presque tous les auteurs du moyen Age ont vu en eux les successeurs directs des anciens manichéens, sans s'expliquer beaucoup sur la manière dont ils dérivent d'eux ; cette opinion a été adoptée par des historiens modernes, par exemple Baur. Dos manichâische Religionssystem , Tubingue,1831, p. 402; llahn, Geschichte der Ketzer im Mittelalter, Stuttgart, 1845, t. I, p. 146-147, note, qui ont pensé qu'entre le manichéisme et le catharisme il n'y a que des différences accidentelles. Parmi ceux qui ont voulu montrer les liens historiques entre cathares et manichéens, les uns, par exemple Gieseler, Lehrbucli der Kirchengeschichte, 4» édit.. Bonn, 1844, t. ii a, p. 40i, ont admis que le catharisme est sorti de germes manichéens conservés dans l'Europe occidentale, principalement en Italie; d'autres, tel Bossuel, Histoire des variations des Eglises protestantes, 1. XI, n. 13-20, 39-44. 56-58, 132-139, Œuvres, édit. Lâchât, Paris, 1863, t. xiv, p. 465-468, 479-482, 487-489, 522-533, les font venir de manichéens établis en Bulgarie et se reliant à Manès par les pauliciens d'Arménie, quoiqu'ils se différencient en bien des choses du manichéisme primitif. D'autres encore ont assigné aux cathares des origines à la fois manichéennes et gnostiques. DôUinger, Beitràge zur Sektengeschichte des Mittelalters, t. i, Geschichte der gnostich-manichâischen Sekten in frûheren Mittelalter, Munich, 1890, est de cet avis; il arrive au catharisme en partant des gnostiques et en passant par les manichéens, les pauliciens, les bogomiles, Pierre de Bruys, Henri, Éon de l'Étoile, Tanchelme. C. Douais, Les albigeois, Paris, 1879, t. i, ajoute à la série des ancêtres des cathares les priscillianistes. D'après P. Alphandéry, Les idées morales chez les hétérodoxes latins au début du xill^ siècle, Paris, 1903, p. 36, note, « toutes les probabilités semblent être en faveur d'une origine plutôt marcionite que proprement manichéenne. » Pour Ch. Schmidt, Histoire et doctrine de la secte des cathares ou albigeois, Paris, 1849, t. I, p. iv-v, 1-2, 7-8; t. ii, p. 252-270, le catharisme est indépendant des sectes dualistes antérieures, en particulier du manichéisme ; c'est dans les pays slaves qu'il a pris naissance, peut-être dès le commencement

CATHARES

du s» siècle; de là, en suivant la roule de l'ouesl, il a passô on Palmalic, en Italie, et en France, tout en se i-,'|MiMl.iiii <I 'II- 1.1 ilir.-rtinii poplriitrionale et en péno-

Ir/ii! '1 I '■' ■'.' '< Il l:-!)'- jusque dans l'AUe-

iii... 'I il.iM'i'' l.'h... ili-hr \ir fut pas, comme on

r.i il:i. !'■ r iih,iii-.hi.' luiuiiiir. lu. Il- une de ses branches. Ch. ! 'lister, ÉluJcs sur le règne de Robert }e Pieux, Paris, 1885, p. 326, rejette, avec Schmidt, la provenance manichéenne des cathares, mais n'est pas d'accord avec lui sur leur itinéraire. « C'est au nord de la France, dit-il, que l'hérésie se propage d'abord; c'est là que des documents certains nous la font découvrir en premier lieu; du nord elle a gagné le midi de notre pays, puis l'Italie; enfin, seulement à une époque postérieure, on la trouve en Dalmatie. » Cf. sur ces diverses opinions, G. Steude, Veber den Urspnmg der Katliarer, dans Zeitschrift fiir Kirchengesclùchte, Gotha, 1882, t. v, p. 1-12.

On le voit, les origines des cathares sont obscures. Ce qu'on peut dire avec cerlitude, c'est qu'entre le manichéisme et le catliarisme il y a des ressemblances et des différences telles qu'il est impossible d'affirmer ou de nier sans hésitation que l'un dérive nécessairement de l'autre. Le catliarisme n'a du manichéisme ni sa métaphysique complexe, ni sa mythologie astronomique, ni son vaste symbolisme païen, ni son culte de Jlanés. Kn revanche, à l'instar du manichéisme, il possède les dogmes fondamentaux du dualisme et de la malice de la matière, et, comme corollaires théologiques, la doctrine d'un Christ fictif et le rejet de l'Ancien Testament, comme conséquences morales, l'interdiction du mariage et l'abstinence de la chair animale. L'organisation des deux sectes a des traits importants communs, surtout la distinction des élus et des simples fidèles. Les points de contact en matière de culte sont nombreux. D'une étude sur le consolamentum cathare,J. Guiraud, Revue des questions historiques. Paris, 1904, t, Lxxv, p. 112, a cru pouvoir ennebire qu'il y a, dans le catharisine, « non pas s.n! m ut inn i • surrection, mais la continuation inintti In il! i; i^ les siècles, avec ses rites, sa morale, sa lin "hvi' •■' -' pliilosophie, du manichéisme lui-même, n IJans l'état actuel de la science, (■ on peut donc considérer que la question des origines du catharisme n'est pas résolue. » A. Rébelliau, Bossuet historien du prntcslaiili.imc. Paris, 1891, p. 48i, note; cf. p. 475-483. Touti'fiii^ il siinMc que l'hypothèse qui fait du catharisme un nuiiicliii-iin- modifié en plusieurs de ses parties, après ;ivLiii' luuu discréditée à la suite des travaux de Schinidt: cl', 1'. Meyer, Revue critique, Paris, 1879, 2<' série, t, viii, p. 81 ;' C, Molinier, Revue historique, Paris, 1894, t. Liv, p. 157, tend à reprendre (lu crédit, Cf Rébelliau, op. cit., p, 483, note.

Si les attaches du catharisme avec le manichéisme demeurent incertaines, il est, au contraire, maintenant établi que les cathares ne s'identifient point avec les vaudois. Longtemps on a cru qu'ils se confondirent. Dès avant le protestantisme, celte opinion fut acceptée. Les protestants la soutinrent emnasse; ils virent dans les vaudois et les cathares les précurseurs de la Réforme, purs de ce manichéisme qui no leur fui iuqHilc' que par calomnie, formant un seul et uninr r.'vy- il I :;lise, et remontant jusqu'à 1 àye de Conslaiilm, un iiji prétendu Léon de Constantinople, indigné de la prétendue donation de Constantin au pape, aurait protesté contre Fcnrichissement de l'Église de Rome, infidèle à sa mission et à jamais dévoyée. De leur côté, les catholiques admirent que les vaudois ne furent pas distincts des cathares, quitte à attribuer à ceux-ci le dithéisme manichéen et ses conséquences morales que les chroniqueurs du moyen âge mettaient sur le compte de ceuxlà. Rossuet, qui avait d'abord adopté la manière de voir de ses contemporains, éprouva le besoin d'y regarder de près quand il composa VHisloire des variations.

L'étude des sources le conduisit à ces conclusions qur l'antiquité des vaudois est une fable et que les vaudois furent très différents des cathares, car les auteurs catholiques du moyen âge n'accusent pas les vaudois, mais les cathares seuls, de dualisme. Cette thèse fut mal accueillie des catholiques et des protestants, surtout des protestants; elle n'obtint qu'un petit nombre d'adhésions complètes ou partielles, durant tout le xviii» siècle et la première moitié du xix«. Vers le milieu du xix' siècle, la question a été reprise presque simultanément en France, en Allemagne, en Angleterre. Les travaux qui lui furent alors consacrés et ceux qui les ont suivis ont confirmé les conclusions de Bossuet. Ce n'est pas à dire que l'antique opinion soit évanouie — les erreurs historiques ont la vie longue — mais il est devenu impossible de la prendre au sérieux. Tout ce qu'on doit accorder c'est que vaudois et cathares, comme le remarque F. Tocco, L'eresia nel medio cvo. Florence, 1884, p. 143, exercèrent une action efficace les uns sur les autres et eurent ensemble bien des analogies. Sur le fond même de leur système ils furent en désaccord, les cathares professant un dualisme que les vaudois rejetèrent. Ni ils ne formèrent une secte unique, ni ils ne constituèrent deux sectes diverses d'une même famille; entre eux il n'existe pas une filiation proprement dite. C'est à tort, en particulier, qu'on a fait des vaudois les pères des cathares ou albigeois; les vaudois ne datent que de la fin du xii'; siècle, et il n'y a plus que des ouvrages sans valeur, tels que Les vaudois, par Al. fiérard, Paris, 1902, pour admettre encore leurs lointaines origines. Voir un bon résumé de ce qui a été écrit sur cette question dans Rébelliau, op. cil., p. 232-252, 345-353, 380-419, 475-484, 530-533. IL Histoire. — l^- France et Espagne. — Quoi qu'il faille penser des textes qui affirment que les cathares de France reçurent leurs doctrines d'Italie, il est incontestable que les documents, qui ne se contentent pas d'affirmer leur existence mais qui nous les montrent à l'œuvre, permettent de les découvrir et d'assister à leur propagande d'abord dans la France centrale. Un concile se tint à Orléans, en 1022, qui jugea, en présence du roi Robert \v T'fiw. ii.-l/i Im i. i ii|iics de celte secte,

tous clercs, ilii : ; i . ' i n de la collégiale de

Sainte-Croix n n: . ic le confesseur de

la reine Cuiulaii-', . IJl- Uji,- principaux centres de propagande que le catliarisme parait avoir eus, du commencement du XI" siècle jusqu'au milieu du xiii», en Occident, à savoir le Milanais, le midi de la France et la Champagne, ce dernier ne fut pas le plus imporlant ; il fut cependant très actif. Une légende, recueillie par Albéric des Trois-Fontaines, racontait que le manichéen Fortunat, après avoir été' forcé par saint Augustin de quitter Hippone, avait converti à ses croyances le fabuleux prince Widomar en Champagne. Le château de Montwiiner, plus tard appelé Montaimé, dans le diocèse de Chàlons-sur-Marne (et non Montélimar dans le Dauphiué, comme l'ont cru Martène et Durand, Vetenini scriptortini amplissima coUectio, Paris, 1724, t. i, col. 777), aurait tiré son nom de ce Widomar. Cf. Albéric, Chronic, édit. Leibnitz, dans Accessiones hislorica', Leipzig, 1698, t. ii, p. 569. Une lettre de l'Église de Liège au pape Lucius II illii) témoigne qu'on croyait, au xii« siècle, que de là le catharisme s'était répandu per diversas terrarumi partes. P. L., t. CLXXix, col. 938. Le château de Montwimer fut peut-être le plus ancien foyer du catharisme en France, et sûrement le principal de la France du centre et du nord. De Montwimer l'hérésie rayonna un peu partout, spécialement dans la Flandre, la Picardie, la Bourgogne, le Nivernais. Parfois la secte rentrait dans le mystère; c'est ainsi que, pendant la seconde moitié du xi" siècle, la France septentrionale ne laisse apercevoir aucune trace des cathares. Mais brusquement elle réapparaissait au grand

CATHARES

jour. Dans la deuxième moitié du xii" siècle, ses progrès l'uri'iit considérables. Au xiif .siccle, elle fut détruite; lo supplice de cent qiiatre-viii-i-iiMi, , illiucs de la coriiinunauté de Montwimer (I • ni 1-'''' iiKii-fiua la lin du catliarisme dans ces coiiln i -, l'in i n.oi-e, et de beaucoup, que le centre et le nutd ik- ki l'rance, le midi offrit un terrain propice au catharisme. Il se propagea d'abord dans l'Aquitaine; quoique le nom d'albigeois ait prévalu pour désigner ses adeptes, son principal foyer fut non pas Albi, mais Toulouse. Le catharisme se répandit assez vite dans tous les pays au sud de la Loire. Il bénéficia, sans se confondre avec lui, du mnnvrrnr'nl pi'ti-nliviisiin pt henricien, et lui survécut. I..I --1 ' I' iiH'iii' iIh -II" siècle le vit atteindre son

apoyi' . I. I -li-i !■ ii |it;iii,i par les armes el par des condaiim.ilinii- .l.iriiin.ik ■.. Vc.ir t. I, col. 680-686. Vers le milieu de la prouiiéie moitié du xiv« siècle, l'histoire cesse de nous montrer des albigeois. C'est à tort, semble-t-il, qu'on a voulu leur rattacher les cagots. Voir col. 1302. On a liim de croire que les populations anciennement attachées au catharisme se tournèrent vers la sorcellerie. Cf. C. Moliiiier, Revue historique, Paris, 1904, t. lxxxv, p. H3. L'cspiit de révolte qui avait animé les albigeois u. -vi, ,^ii,i |,niiii ;ivrc eux. « C'est là la raison des iMp"!' pi" :- iik ih' "I dès lors les vaudois dans li> m <li i l I i m ' -l aussi In vni-o,, ,1.. l'i.nifiiv :...■■ ! r: i. , i > . -i-. I".

locallk- .H, „,,U"I,I "M-l. .!,■- . , ,,!,■. r.llMl..-.. ■■

Schmidt, Op. cil., t. I, [I. ;!t)l. Sur tous ces faits. cf. Schmidt, op. cit., t. i, p. 24-50, 66-94, 188-367; Pfister, op. cil., p. 325-337; E. Vacandard, Les origine de l'hérésie albigeoise, dans la Revue des questions liislorignes. Paris, 1894, t. LV, p. 50-53, 6.5-83; Vie de saint Bernard, Paris, 1895, t. ii, p. 202-204, 217-234.

Du midi de la France le catharisme j;ai;n.i l'Espa-no;

il ne pénétra que dans les contrées du il, 1 ,\i i.nii,

la Catalogne, le Léon, la Navarre. Dr',|:i :•'< I I -'i I avait des partisans. Ils furent le plus n- , J ; n ■ i maintinrent le plus longtemps dans l'Arapun cl d.ai:-. ki Catalogne. On entend parler d'eux pour la dernière fois en 1292. Cf. Schmidt, op. cit., t. I, p. 368-375.

2" Italie. — Nous avons vu que, s'il fallait en croire certains documents, le catharisme aurait envoyé des missionnaires de l'Italie en France, avant 1022. La première apparition publique de la secte dans l'Italie elle-même remonte aux années 1030 à 1040. L'archevêque de Milan, Héribert, sévit contre des cathares découverts au château de Monteforte, près de Turin. Pendant tout le reste du xi" siècle, le catharisme ne donna pas signe de vie; il en fut de même pendant la première moitié du xii= siècle. Mais l'hérésie cathare se propagea dans l'ombre. Vers 1150, elle reparut au grand jour avec une organisation et un développement qui supposent une diffusion seci'ète à la fois active et habile; elle comptait de nombreux partisans dans l'Italie septentrionale, dans la Marche d'Ancône, dans la Toscane, dans la Lombardie, dans les vallées des Alpes. Le peuple les appelait patarins, ce qui s'explique par leur condamnation du mariage. Un siècle auparavant, les membres de la Pataria de Milan ou patarins avaient, sous l'impulsion d'Ariald, vivement combattu le mariage des prêtres. Il en résulta une sorte de confusion entre les arialdistes orthodoxes et les cathares, laquelle put être facilitée par la corruption du mot calhari en catharini, d'où palliar'ini. Milan fut, de bonne heure, comme le ehef-lieu de la secte; avec Montwimer et Toulouse, cette ville resta un des principaux centres du catharisme occidental. Du reste, beaucoup d'autres villes italiennes s'ouvrirent au catharisme. Un peu plus de vingt ans avant la naissance de Dante (1265), un tiers des familles illustres de Florence donnaient des gages

remplis de ces f;i Vérone, Ferr;iiv, W.,.

mone, Plaisaiiri , r c ils s'installèrenl |ii-,(| Calabre, la Pouille, b Sardaigne. Innocent de l'Italie. Sur les > cf. A. Luchaire, Innoc

à l'hérésie. Cf. F. Tocco, Quel che non c'è nella Divina Commedia, Bologne, 1899, p. 2. Vers 1190, un évèque cathare revenu au catholicisme,- Bonacurse, disait, Manifesiatio hxresis calharorum, P. L., t. cciv, col. 778 : « Ne voyons-nous pas les villes, les bourgs, les châteaux, "" ' phrtrs' Orvinln, Viterbe,

l'i il.> llnnini, l',n,,,., Crc- • Ir- ,-.,i,,i,tiiii,iii^ ■ r.iiliares; IIP M- [I iii'lii'n'Til dans la

i" il' \.i|ili-s, la Sicile, la

' . iM.i I I - l'aire disparaître - .Il \ i!i 1 ke et d'Orvieto, 111, lU,„œ cl l'Italie, Paris, 1904, p. 84-101. Ses successeurs, en particulier Honorius III, Grégoire IX, Innocent IV, continuèrent la répression. L'Église de Rome trouva un allié, très violent sinon convaincu, dans Frédéric II. Saint François d'Assise convertit un cathare d'Assise ; saint Antoine de Padoue prêcha contre les erreurs des cathares en France et en Italie notamment à Rimini, sans avoir, semble-t-il, provoqué leur répression par les armes et le feu. Cf. A. Lepitre, Saint Antoine de Padoue, Paris, 1901, p. 62-63, 79-80. Un de leurs plus redoutables adversaires fut l'inquisiteur dominicain saint Pierre de Vérone, né de parents cathares, qui fut assassiné par eux. Nous rencontrons encore des cathares au commencement du xiv siècle, et même saint Vincent Ferrier en trouva, en 1403, dans la Lombardie et dans les vallées du Piémont. Cf. Schmidt, op. cit., t. I, p. 16-23, 59-66, 142-188. Le 3 août 1412. furent exécutés en effigie des cathares morts dans le Piémont, les derniers que l'on connaisse. Cf. G. Boffito, Erelici in Piemonle al tempo det gran scisma, Rome, 1897, p. 41-53.

3° Allemagne, Angleterre. — Les premiers cathares allemands dont l'histoire atteste l'existence furent arrêtés et pendus ù Goslar (Basse-Saxe), en 1052. Suit iiiii li.iiLin |ki iiiik durant laquelle il n'est plus quesii I, I i'i M \ii MF siècle, une communauté im- I' I ! il II 11 |iics existait à Cologne; l'évèque

LMllijiL lI II iiiLuLip Je frères furent arrêtés, en 1143. A l'occasion du procès qu'on entama contre eux, Evervin, prévôt de Steinfeld, pria saint Bernai-d de réfuter les cathares, ce que celui-ci entreprit dans ses sermons Lxv et Lxvi sur le Cantique des cantiques. P. L., t. CLXXXIII, col. 1088-1102. La lettre d'Evervin est dans P. L., t. CLX.\xii, col. 676-680. Cf. Vacandard, Revue des questions historiques, t. LV, p. 52-66; Vie de saint Bernard, t. ir, p. 204-217. Le catharisme eut moins de succès en Allemagne qu'en Italie et en France; il ne s'implanta solidement que sur les bords du Rhin, « cette terre classique des héi'ésies de l'Allemagne du moyen âge. » Schmidt, op. cit., t. i, p. 9i. Il apparut, d'ailleurs, un peu partout, particulièrement en Bavière. La répression fut dirigée par le terrible Conrad de Marbourg. Cf. B. Kaltner, Konrad von Marburg und die Inquisition in Deulschland, Prague, 1882. Une trentaine de cathares partirent, vers 1159, d'un lieu nation et de langue allemandes, \ i catharisme ne fit, dans cette cn ii sélytes. Cf. Schmidt, t. i, p. bi-:., ■

i" Paijs orientaux et slaves. - k .i d'après laquelle le catharisme ser Slaves, peut-être aux débuts du x" siècle, peut-être dans un couvent gréco-slave de la Bulgarie, est, nous l'avons dit, loin de s'imposer. Il semble toutefois que les origines du catharisme sont dans la Bulgarie, et il est certain que les bogomiles furent des cathares. L'histoire du catharisme oriental se confond presque avec celle du bogomilisme. Voir col. 927-928. S'il n'est pas absolument établi que le catharisme a commencé dans l'Europe orientale, il est, par contre, prouvé que les cathares étaient nombreux dans les pays orientaux

ais de ■e. Le

e pro-

Schmidt armi les

CATHARES

alors que, depuis longtemps, ils avaient disparu du reste de l'Europe; ce n'est que dans la seconde moitié du xv« siècle que la secte cessa d'y exister après s'être en partie perdue dans le mahométisme. Cf. Schmidt, t. I, p. 7, 10-16, 56-59, 104-138; DôUinger, op. cit., t. I, p. 242-252.

III. Doctrines. — La caractéristique essentielle du catharisme est le dualisme. A la différence des sectes qui se bornent à réclamer la réforme de l'Église, « le catharisme est la négation absolue du catholicisme; c'est un système ou plutôt une foi philosophique, » dit Alphandéry, op. cit., p. 34-35. « Loin d'être une philosophie chrétienne, le système cathare se rattache aux spéculations métaphysiques et religieuses du paganisme... Quoique païen dans son essence, le catharisme a voulu s'adapter le christianisme, » mais ce n'a été qu'au prix de mille contradictions; il n'en a conservé a qu'une forme illusoire », et, en dépit de ses visées chrétiennes, il détruisait le christianisme « dans ses doctrines essentielles et dans sa réalité historique ». Schmidt, op. cit., t. ii, p. 169, 170. Cf. C. Molinier, Revue historique, t. i.iv, p. 159. Sur les doctrines du catharisme oriental, voir Bogomiles, col. 928-930; sur celles du catharisme occidental, voir Albigeois, t. i, col. 678-680. Nous n'avons pas à y revenir. Deux points restent à expliquer :

1» Divisio7is pmttii les cathares. — Une scission éclata parmi les cathares des Églises slaves, vers le milieu du xiF siècle. Jusqu'alors ils avaient professé le dualisme absolu, entraînant l'égalité parfaite des deux principes. Le dualisme mitigi' jonil .'i «on tour d'une certaine faveur, et l'on coiii|il.i ii.ii- -vstcines, ou, comme s'expriment les dociinK m- .n, nl-niaux, trois ordres cathares; celui de Iih^ji-hIki (i.ni|i;il>lement du nom des Dragoviciens, en Thrace, cf. L. Léger, dans la Revue des queslioiis historiques, Paris, 1870, t. viil, p. 493), fidèle au dualisme rigoureux; celui de Bulgarie, qui opta pour In dualisme mitigé, admettant que seul 1,. i.iiiiripr II. m fut éternel et Dieu suprême, et que le |iiiiM i|i.' iii:iii\.ii^ fut un esprit créé bon, mais devenu iiiaLi\ai^ [Ml un ,icte de son libre arbitre; celui d'Escla- \onie, moins important, qui enseigna, avec le dualisme mitigé, quelques opinions spéciales sur la nature des âmes et sur celle de Jésus-Christ et de la Vierge.

Une division analogue se produisit en Occident. Certes, il y eut une unité cathare. Le dominicain Rainier Sacconi, ancien ministre de la secte, qui nous fait le mieux connaître les différences entre les cathares, commence par dire que tous ont des opinions communes, et ramène à neuf ces opinions : affirmation que ce monde et ce qu'il renferme procèdent du démon, rejet des sacrements tels qu'ils existent dans l'Église catholique, condamnation du mariage, négation de la résurrection de la chair, défense d'user de la viande, des œufs, du laitage, interdiction du serment, négation du droit que revendiquent les puissances temporelles de punir les malfaiteurs ou les hérétiques, impossibilité du salut en dehors de leur Église, négation de l'exi.stence du purgatoire. Cf. Rainier Sacconi, Sumnm de calharis et leonistis, dans Martène et Durand, Thésaurus novus anecdotorum, Paris, 1717, t. v, col. 1761- 1762. Mais sur d'autres opinions ils étaient en désaccord. Le dissentiment porta surtout sur l'idée qu'on se faisait du dualisme. Comme en Orient, les uns professèrent le dualisme absolu; ce furent les albanais, voir t. i, col. 658-659, ou cathares de Desenzano, appelés albanais peut-être du nom de la ville d'Alba (Piémont), ou de l'une des localités appelées Albano. peut-être de celui de la province d'Albanie qu'ils remplissaient encore au \i\" siècle, cathares de Desenzano du nom de la petite ville de Desenzano, au sud-ouest du lac de Garde, où ils étaient en grand nombre. D'autres admirent le dualisme mitigé : ce furent les concoréziens (voir ce mot).

ainsi appelés du nom de la ville de Corise (aujourd'hui Gœrtz), en Dalmatie, cf. Schmidt, op. cit., t. ii, p. 285, ou du nom de Coreggio, ou, plus probablement, de celui de Concorezzo, dans la Lombardie, et ce furent encore les bagnolais, voir col. 33-34, ainsi appelés de l'une des villes de Bapnolo. en Italie. Les bagnolais se difl'érenciaii'ii I il. ^ r..iM'..i. viens principalement en ce qu'ils affirmai, iil .|ii. |. - .mes ont été créées par Dieu avant le moml.- . t ipi .llis ont péché avant que le monde ne fût, tandis que les concoréziens soutenaient que les âmes viennent, par voie de traducianisme, d'un ange qui avait péché et que le démon mit dans le corps du premier homme, son œuvre. Cf. Rainier Sacconi, col. 1773-1774. Les partisans du dualisme absolu se divisèrent aussi en deux groupes distincts. Le premier était celui de l'évêque cathare de Vérone, Balasinansa ou Belesmagra (cf. C. Molinier. dans les Annales de la faculté des lettres de Bordeaux, Bordeaux, 1883, t. V, p. 228, note), lequel représentait l'esprit traditionnaliste. Le second eut pour chef Jean de Lugio (ou de Bergame, ou même appelé, à tort, Jean de Lyon), fils (peut-être seulement spirituel) de Belesmagra; il fit schisme vers 1230, et entraîna à sa suite presque tout l'élément jeune de la secte, .lean de Lugio essaya de résoudre quelques-unes des difficultés que présente le dualisme. Son idée nouvelle c'est que, les deux principes étant éternels, il y a opposition éternelle et essentielle entre eux, l'un limite l'autre, le Dieu mauvais a déposé en chacune des créatures du Dieu bon le génie du mal, restreignant ainsi la liberté du Dieu bon, qui n'est plus la perfection infinie et ne peut plus donner la vie qu'à des créatures imparfaites. Sur les autres opinions de Jean de Lugio, cf. Rainier Sacconi, col. 1769-1773; Schmidt, op. cit., t. ii, p. 52-56; Alphandéry, op. cit., p. 94-96.

Entre ces diverses sectes cathares, du moins entre albanais et concoréziens, la désunion allait jusqu'à se condamner mutuellement, au rapport de Rainier Sacconi, r.il. 177:!, I77r Lauleiir du traité Supra Stella, dans I i..lliiip( r, uji. cit.. I. ii, p. 53-54, dit que inler se valilr ilifri-i'ijinit i/iiia idiiis alterum ad niortem condcmnat. et qu'ils firent de longues mais infructueuses tentatives d'union. L'importance numérique appartint aux albanais; ils furent moins nombreux que les autres en Italie; mais, en dehors de l'Italie, presque tous les cathares se rattachèrent au parti albanais.

2» Valeur des doctrines cathares. — Sans parler du point de vue théologique, le catharisme conduisait aux pires conséquences morales et sociales, en particulier par sa condamnation du mariage et par ses idées sur la matière. « Quelque horreur que puissent nous inspirer les moyens employés pour le combattre, dit H. C. Lea, Histoire de l'Inquisition au moyen âge, trad. S. Reinach, Paris, 1903, t. i, p. 120, quelque pitié que nous devions ressentir pour ceux qui moururent victimes de leurs convictions, nous reconnaissons sans hésiter que, dans ces circonstances, la cause de l'orthodoxie n'était autre que celle de la civilisation et du progrès... Si cette croyance avait recruté une majorité de fidèles, elle aurait eu pour elTet de ramener l'Europe à la sauvagerie des temps primitifs. » Cf. E. Dulaurier, dans Cabinet historique, Paris, 1880, t. iv, p. 158; J. Guiraud, Saint Dominique, Paris, 1899, p. 44-48; La répression de l'hérésie au moyen âge, dans La Quinzaine, Paris, 1899, t. XXX, p. 9-16; et, parmi les historiens plutôt hostiles à l'Église de Rome, Michelet, Histoire de Franc, nnm . V-dit.. l'aria. I.S79, t. m, p. 16; Schmidt, op. riL. I. Il, ]i. I7u: r....:cû. L'eresia net medio evo, p. lii. 5,''iti; L. Tjuuii, Hiiloire des tribunaux de l'Inquisuwn en France, VM-in. 1893, p. 10; P. Sabatier, T'ie de saint François d'Assise, Paris, 1894, p. 40; E. Comba, / nostri protestanti, t. ],Avanti la Riforma, Florence, 1895, p. 297. On a voulu justifier les cathares

CATHARES

en i'l;il)liss;iiil ([Uc l'accusation portée contre eux de ruiner le mariage et la famille n'était pas fondée : « Nous rappellerons, dit C. Molinier, Revue liistorit/ue, Paris, 1884, 1. xxv, p. 412, la parole significative d'Etienne de Bourbon : Vxores ehclis eorum prohibentur, auditoribus conceduntur, parole qui nous montre le mariage entendu dans l'Église cathare, en dépit de la théorie, de la même façon que dans l'Église catholique, permis aux fidèles et défendu aux prêtres. » Cf. Alphandéry, op. cil., p. 81. Ce rapprochement n'est pas valable. L'Église catholique admet que le fidèle qui vit dans l'état de mariage peut se sauver comme le prêtre qui vit dans le célibat. Pour les cathares, les croyants (et les auditeurs, cf. Schmidt, t. il, p. 98; Alphandéry, op. cit., p. 37), quelles que fussent leurs vertus, ne pouvaient se sauver tant qu'ils ne seraient que croyants; les obligations imposées par le catharisme et le salut qui en résultait appartenaient en propre aux parfaits. Aux hommes du monde, admis parmi les croyants, il était permis « de vivre à leur gré, à la seule condition de se faire imposer les mains à l'heure de la mort ». Schmidt, op. cit., t. i, p. 68. Si une mort subite ou l'absence d'un parfait rendait impossible la réception du consolamentum, le salut était impossible immédiatement, d'après les dualistes rigoureux, et l'àme n'avait qu'à émigrer dans un autre corps pour recommencer son expiation, ou bien, selon les dualistes mitigés, elle était laissée sans retour entre les mains du principe mauvais, et ainsi le salut était absolument impossible. Cf. Schmidt, t. ii, p. 99. Dans l'une et l'autre explication, le consolamentum était requis pour être sauvé, et recevoir le consolamentum c'était s'engager à suivre les obligations de la morale cathare, c'était renoncer au mariage.

Quand bien même le catharisme n'aurait pas abouti logiquement à des conséquences antisociales, il serait encore juste d'observer qu'il poursuivit» une perfection idéale impossible », Schmidt, op. cit., t. ii, p. 170, et, par là même, déprimante et contre nature. Le nombre des parfaits, c'est-à-dire de ceux qui étaient dans des conditions normales de salut, ne pouvait être et ne fut qu'insignifiant comparativement aux autres. Rainier Sacconi dit, col. 1767 : In toto nnindo non sunt cathari utriusque sexus nunwro quatuor millia, et dicta computatio pluries olim fada est inter eos. Ainsi une élite, une caste, environ 4000 personnes, avaient seules dégagé leur âme, en recevant le consolamentum, de l'influence du principe mauvais et se proparaient à retourner vers le Dieu bon. Les croyants, c'est-à-dire l'immense multitude, « se sentaient sous la perpétuelle menace de la damnation, en un état de péché mortel qui durait toute leur vie. C'était assez pour obscurcir toutes leurs joies; une naissance, un mariage n'étaient pour eux que des époques de ce péché unique. » Alphandéry, p. 40. Ils avaient la ressource d'être « consolés » à l'heure de la mort; mais, outre que les circonstances dans lesquelles ils mouraient pouvaient les priver du consolamentum, ils étaient réduits si, ayant reçu le consolamentum, ils continuaient de vivre, à garder des commandements terribles ou à se soumettre à l'endura, suicide plus ou moins lent par la privation de toute nourriture, une des plus sauvages pratiques qui aient existé, « et qui n'était cependant que la conséquence logique du système. « Alphandéry, op. cit., p. 51. Quant aux parfaits eux-mêmes, toute inquiétude relative au salut n'était pas bannie du fait qu'ils avaient reçu le consolamentum. Si le parfait qui l'avait conféré était en état de péché mortel, ayant manqué à l'une de ses obligatic.ns si nombreuses et en même temps si rigoureuses, le consolamentum était sans effet. Comme on ne pouvait s'assurer des dispositions intérieures du ministre, on ne pouvait être sur d'avoir été consolé d'une manière efficace. Une fois consolé, on perdait le

DICT. DE THÉOL. CATHOL

bénéfice A\x consolamentum par un manquement grave aux obligations de la secte, par exemple en mangeant de la viande, en tuant une mouche, en communiquant avec un homme du monde sans s'efforcer de le convertir; on pouvait être consolé de nouveau. Mais ce n'était pas seulement du consolé que dépendait la persistance des effets du consolamentum, c'était encore du ministre; si celui-ci commettait un péché mortel, l'efficacité du consolamentum qu'il avait conféré était détruite, au point que etiam salvati pro peccato consolatoris cadebant de cmlo, ainsi que le leur fait dire Pierre de Vaux-Cernay, Historia albigensium, c. Il, dans Recueil des historiens des Gaules et de ta France, Paris, 1833, t. xix, p. 6. Bien plus, d'après un auteur dont le témoignage est suspect, ils auraient admis que, dans ce cas, l'àme du consolé était vouée à la damnation. Cf. Le débat d'Izarn et de Sicart de Figueiras, publié par P. Meyer, Nogent-le-Rotrou, 1880, v. 545- 551, p. 29; voir la note de l'éditeur, p. 48, note 2.

IV. Littérature c.4.tiiare et anticathare. — 1» Littérature cathare. — Il y eut, au moyen âge, un grand nombre de livres dus à des hérétiques. Cf. un curieux récit d'Ktienne de Bourbon, .\ncrdoles historiques, p. 27.V277, -m- ]r |iiinr.' T;oI„'rl ,1' \ n^i lm- , ,|Hi avait,

pendaiil • M m- : i' . - : i ''■ ' " --sectes

afin, o\iilh|iM-i-il ^1- 1 .''li !'■ -' ■■ ■! '" ~'-s discussions :xu-r |. - Mhi,,-i- ...i-ii.- ^1- -- Il 1' -. Le dominicain Monela de Crémone, Ailn'i'SKs culharos et valdenses, édit. Ricchini, Rome, 1743, expose les doctrines des cathares d'après leurs écrits, parle, en particulier, p. 248, 3i7. \''~. ,riiii Didi.i' <|iii aurait composé

quelque ouvra^i, i l -injn iinl- T. iiicus la liste des

arguments doMi - - i.n.ni I- r..\\,,v.-< pour prouver quelesàmessonl i.i. Il I ih 11, -.i hini. p. 71. Rainier Sacconi avait en sa possession un gros traité de Jean de Lugio, d'après lequel, à ce qu'il rapporte, col. 1773, il donna le sommaire des théories particulières de ce personnage. Luc de ïuy. De altéra vita fideique controversiis adversus albigensium errores, dans M . de la Bigne, Biblioth. Pat., Paris, 1621, t. iv b, col. 692, mentionne un traité de philosophie cathare, entremêlé de passages de l'Écriture sainte, iiilM"!'' !■,■, i,<H,lii-ulum scientiarum ; i\ attribue aux callui- ,li.i i - Iraudes, celles notamment d'un certain Am.ni.l i|ui Oiiiompait les œuvres des saints Augustin, .Iiiùme, l^iduie et Bernard, et les vendait ensuite ou les donnait aux catholiques, col. 706. Puis c'étaient des écrits de propagande populaire, des schedulse, que les cathares semaient le long des chemins, et qui durent se composer de railleries à l'adresse du catholicisme et de l'exposé de quelques-uns des enseignements de la secte. Cf. C. Molinier, Annales de la faculté des lettres de Bordeaux, t. V, p. 230-232. Tous ces écrits ont été perdus. Il nous reste des cathares un rituel et la traduction du Nouveau Testament en langue vulgaire. L. Clédat les a publiés sous ce titre : Le Nouveau Testament traduit au siii" siècle en langue provençale, suivi d'un rituel cathare, Paris, 1888. Sur les versions de la Bible et sur les livres apocryphes reçus dans la secte, cf. Schmidt, op. cit., t. ii, p. 274-275; sur les écrits cathares, cf. Schmidt, op. cit., t. II, p. 1-2; C. Molinier, loc. cit., p. 226-234 ; C. Douais, Documents jwur servir à l'histoire de l'Inquisition dans le Languedoc, Paris, 1900, t. ii, p. 97-99, note.

2» Littérature anticathare. — Pour connaître les doctrines des cathares, nous sommes réduits aux témoignages de leurs adversaires. Mais à ces témoignages nous pouvons ajouter foi, sauf à les soumettre aux règles de la critique. Cf. Schmidt, op. cit., t. i, p. iv; t. ii, p. 2-4; Rébelliau, op. cit., p. 390-392. L'accord qui règne sur les points essentiels entre des écrivains des divers pays, qui s'échelonnent du x' siècle finissant jusqu'au xv«, ne serait pas explicable s'ils n'étaient pas dans le vrai. Les traités contre le catharisme qui nous sont

CATHARES

panenus sont issez nombreux les plus importants pi nissent être ceux de Ramier Sacconi de Moneta et d Alain Esception fiite pour un traite perdu du troubadour Pierre R-iimond de Toulouse et pour Le débat d I ai n et de Sicatt de Figiieuai 1 un et lautie en langue pro \en Tle tous ces écrits sont en htin Ils pourraient tre ringes en deux classes Les uns s idressent mani festement aux clercs et ont pour but de leur donner h connaibsmce de h doctrine de H secte et de les iidei T h combattre ce sont le tiaite de sicconi tt suitout celui de Monda Les auties sumnt toute ppirence ont ete compos(?s principalement pour 1 usige des hi jues instruits qui en quelques pages ivaient 1 essentiel des iflirmalions cithares et des réponses a leur faire Cf Hahn op iit t i p 111 147 Schmidt op cit t ii p 2i:2 2ol t, Molmier loc cit , p IVi

I Sources —1 Ti attes conti e les cathai es —En Fiance et enEspagne Rioul Aident Se^mo «n domin c MIIpostTum

cit col 1^61 17"6 Moneta de Ciemone également inquisiteui dom n Cl I \eis 1250 Adveisus cilt t, t latdense"! l V M t Ricchini Rome 17^3 G de I Cont7 a

cathares et passagws fnginei /uttates

italicse medn sevi M lin 1741 t C Mo

Inier Rappott c I | l4i li<» I t

■KL \\ biècle I

de concoidanc bignnlais co

dite que 1 I

annales de l elle 1 été put t ^ c 1 « Allé, I I

pi

Bilotl 1 itie Ltbei

ont) a tualdenses tiseï eticos est mimtei de pseudo-R-iinier ou d•mon^me de P ^t niei bacconi interpolé et augmente de ]

gne U serait des em irons de 12o0 Cf h Mulle GothT 1887 p 121 131 1 ces — Sur h gueiie de -db geois et la repie

sctiptoium adveisus luatdeiises (avec Bernird de I*ontcaute et Ermengaude) Ingolstidt 1614 pui"; entre autres pai

M de 1 B ru a P t 1 1 r ir-> t n o

dmis Iiatiumpisedicat07ump)imt T ulo

Duplessi dAigentié Cottectiojudicwttim de noi

1 V i 1-28 t I Vai-îsete H tu i il 1

I T ulouse 1879 t \ ni r r T

•specxatmente d

L Hahn Geschi t I

iunt mimd im i

tiim et omt

sed a diabolo di

nsM delà

P L t cm

auf la rn 1

dice iu\

du Mil De I f I I

t ccx col A)o 430 Le débat 1 1 a) poème piovencû i ublie tiiduit et < le R ti 1 1^<*n oc t m ppi npio'

1 ttonis } eretice }

1 U l 1SS6 p 1

tem LvequL JLlvede 1332 I

catum confutatîonibus Pa i

G-Uice (1239 12^19) De nltn i

ius albigensmm e 1

stadt 1613 puis e /

Patium 4- édit D ertoi titm inq s

\u» 1^30 ; Sektenges

D il aatiu l I cuti ul eu

Maitène etDuiand Thesanyï 1 1

t \ c 1 l-15-17o8 Jean de i

12iO S imma coitia luetettcu 1 i e

> i<ition er cutee en Italie P-uis 1&!)8 p bû b -bJ ^JO en 1 pul lie 11 lible et des extnit. Ramier Saccon incien cithare iiq leur lomn cim \eisl2oO Summa de cathans et leoms tis !,eu patipei bics de Liijduno din» Mirtene et Diuind loc

/ (/ / / a ( o ujU e date

t 11 p j(j9 5 o(noniepiudu ta

lei icq Coi pus documentoru m

1889 1896 Gand t I il

; (0 e de i Inquisition dans le

III et m - siècles mémoire suivi du

omplet de la Chiomque de Gmllem

t d ni egistt e de Vlnqmsition public

I M Les manuscrits du château

midi Toulouse 1890 t il

/ tniidi au XIII siècle ibid

ion en Roussillon ibid , 189'

( les fines precheui s a Aai

Guillaume Game de Cai

t le tnbunal de l Inquisition

„ ,rf, iRPS t \ p 5 45 la

tinque int

T/V-* Siècle l i

Documenti, poui iu vu i II '

Languedoc 2-iol Puis. 19a I n

(documents important» mus m

histoi ique Paris 1894 t Ln j 1 1 11 he

nor c e nella Divina Commedia u Daiitt e leitsii B lo^i t

1899 p 33 78 (sm les cath-u es de Florence) J M Vid-U Unin-

qiiisiteu) juge pai ses victimes Jean Galaiid et les Carcas-

sonnais Pais 1903 Le tnbunal d Inquisition de Pamieis

Notice sur le registie de leveque Jacques Foui mer dans les

Annales de Saint Louis des Français Rome 1904 t \iii

II T \ \ — I iiit-U est celu de (.h bthmdl

H I s cathai es ou albigeoi 2\ol,

p es oient de\ enues ms Ifi intea

I IX documents etqu Ifnlle tenir

co 1 J 1 s p it d-in la R i lie des

Page 1