C-''' ■" 'lui;' / .. ;,i.//' . Ainsi il faut voir dans
C- Il I II ii";i I'.'- lii ii'i -,ii I. s distinctes de catho-
licili ,i,..ji.. ks il, ii\ pdiiies esseiitielles de la catholicité intégrale, laquelle est unique dans son espèce. — n 1^ catholicité ainsi comprise il est important
de
pparer le droit et le fait. La catholicité de fait n'est
autre chose que l'expansion efl'ective et visible de l'Église dans tout l'univers. Or, ce fait a son point de départ dans ce qu'on appelle la catholicité de droit, qui consiste dans le droit et dans la puissance que l'Église a de se propager dans l'univers entier. Ce droit est la conséquence de la mission qu'elle a reçue de Jésus- Christ de prêcher l'Évangile à tous les hommes, sans distinction de races, de civilisation, de nationalités. On ne saurait d'ailleurs séparer de cette mission le secours surnaturel qui entretient dans l'Église la volonté efficace de prêcher partout l'Évangile envers et contre toutes les difficultés et qui rendrait cette prédication infailliblement féconde si Dieu ne laissait pas à l'homme la libertéde lui résister. La catholicité de droit est donc la cause, mais seulement partielle, de la catholicité de fait. Celle-ci suppose, en effet, que Dieu, par une coopération spéciale à la prédication évangélique. assure, nonobstant la malice des hommes, la diffusion de l'Église dans tout l'univers. — 3. La catholicité de fait peut être ellemême envisagée sous plusieurs aspects différents ; a) La présence visible de l'Église dans le monde entier doit-elle être entendue au sens strict ou dune façon plus large? Si l'on admet le sens strict, on dira par là même que l'Église existe dans toutes les régions du monde sans exception et que dans chacune elle est représentée par une masse considérable d'adhérents : ce
sera la catholicité plnjsiijui contente du sens lar^e, mi en étant peut-être aljseni i cependant dans des cuiiii .
son caractère d'univei.s,ilil< nombre de ses adhérents, il
. Si, au contraire, on se ^liMl■l. 1,1 que l'Église, tout 1 II mes régions, existe
..- , iliileientes pour que .suii iiideuiable. Quant au
restera considérable dans
l'ensemble, mais il pourra être inégalement réparti. La catholicité de fait ainsi comprise s'appellera catholicité morale. Elle jouit, comme on le voit, d'une certaine élasticité, car elle ne cesse pas d'exister si l'Église amoindrie ou même anéantie en quelque région vient à réparer ses pertes ailleurs. — b) Certains théologiens ont pensé que la catholicité de fait n'exigeait pas que l'Église fût présente à toutes les époques de sa durée dans tout l'univers et ils ont émis l'hypothèse d'une catholicité soit discontinue, soit successive. D'après Melchior Canus, De locis theologicis, 1. IV, c. vi, ad IS"", quand même l'Église ne serait pas répandue aujourd'hui dans tout l'univers, on pourrait cependant l'appeler catholique dès lors qu'il serait prouvé qu'elle a eu dans le passé une diffusion universelle. Satis est Ecclesiam in totum nnincUnu esse fusam ut etiamnum catholica dicatur. iVani eadcm Ecclesia est eamdemque (idem tenet quam apostoli in lotam terram vulgarunt. Driedo cité par Bellarmin, De conciliis et Ecclesia, 1. IV, c. VII, et Bellarmin lui-iuéme paraissent aller plus loin encore. A leur ms. Il Jis.i serait catholique quand même elle n'jm ii imum- neupé qu'une seule province du monde à l;i Ims, jheuMi ,|u'elle se fût ainsi transportée successivement dans le monde entier en restant toujours identique à elle-même. Nota... non requiri... ut uno eodemque tempore in omnibus provinciis oporteat aliquos esse fidèles, satis enim est si fiât successive. Ex que seqiiitiir quod si sola una provincia retineret veram fidem, adhuc vere et pro2}rie diceretur Ecclesia catholica, dummodo clare ostenderetur esse unam eamdemque cum illa quœ fuit aliquo tempore vel diversis in toto mundo. Ce mode hypothétique de catholicité garde le nom que Bellarmin lui a donné de catholicité successive, par opposition à la catholicité simultanée, qui suppose la nécessité de la présence de l'Église en même temps dans tout l'univers. — c) Enfin, on a parfois désigné sous les noms de catholicité absolue et de catholicité relative un double aspect de la catholicité de fait. « La catholicité absolue, dit Mazzella, De Ecclesia, n. 701, consiste dans une ample diffusion de l'Église dans tout l'univers, abstraction
CATHOLICITE
faite (le toute comparaison avec les sectes : la catholicité relative signifie une dilTusion supérieure à celle de ces sectes. Or, on peut prendre comme terme de comparaison soit l'ensemble des sectes tant infidèles que chrétiennes, soit seulement les sectes chrétiennes prises soit collectivement, soit individuellement. » Cette distinction réclame visiblement un correctif. La question lie catholicité relative ne peut se poser qu'en comparant l'Église à telle ou telle secte prise isolément, car un ensemble quelconque de sectes manque nécessairement d'unité et par suite de catholicité. A moins que l'on ne veuille parler de catholicité purement matérielle, ou, comme cela a lieu d'ordinaire, que l'on compare simplement le nombre d'adhérents de part et d'autre, mais alors il ne s'agit plus de catholicité proprement dite.
II. La cATHoi.iciTf: de fait, propriété et note de la VÉRITABLE KcLisE. — L'enseignement Commun des théologiens, fondé sur celui de l'Écriture et des Pères, peut se résumer comme il suit : I» Dieu a expressément voulu que l'Église se répandit dans le inonde entier et qu'elle y restât répandue jusqu'à la fin des temps ; 2» cette catholicité de fait de l'Église s'entend au sens moral : elle est simultanée et non pas successive ; 3" elle constitue une note de la véritable Église; i" cette note ne se rencontre que dans l'Église dite catholique romaine.
I» La diffusion de l'Eglise dans tout l'univers est tin fait expressément voulu par Dieu et doit subsister jusqu'à la fin des temps. — l. D'après cet énoncé : a) affirmer que l'Église est catholique uniquement parce qu'elle est telle de droit, autrement dit à raison de sa mission universelle et de son aptitude à produire partout des fruits, ce n'est pas donner une idée complète de la catholicité de l'Église ; b) la prédication des apôtres et de leurs disciples ou successeurs étant le moyen choisi par Dieu pour réaliser la diffusion de l'Église, il a dû nécessairement s'écouler un certain temps avant que l'Église, catholique de droit dès sa naissance, devint également catholique de lait; c) néanmoins, du moment qu'elle a été expressément voulue par Dieu, la catholicité de fait est une propriété nécessaire de l'Église. On peut même dire en un sens très véritable qu'elle est comprise dans l'institution de l'Église, à la façon dont les dimensions futures d'une plante préexistent dans son germe. Luc, XIV, 19.
'2. Saint Optât dellilèveest le premier Père de l'Église qui ait fondé sur l'Écriture la catholicité de l'Église. Pour réduire au silence les donatistes qui attribuaient à leur secte une origine apostolique, il rassembla les oracles des prophètes qui avaient promis au Messie l'empire du monde : Ps. ii, 8; L-XXi, S; XLix, 1; xcv, 1-3. De schimate donatistarum, I. II, n. 1, P. L., t. xi, col. 941- 946. Il conclut de ces textes que la véritable Église devait être répandue dans le monde entier et qu'elle avait pour signalement l'universalité.
Dans son livre : De unitate Ecclesix, vi-xvii, P. L., t. XLiii, col. 398-423, saint Augustin démontre longuement aux donatistes que l'Église devait être catholique de fait. Il s'appuie tour à tour sur l'Ancien Testament et nommément sur la Loi, les Prophètes et les Psaumes ; puis il invoque le Nouveau Testament, l'Évangile et les Épitres apostoliques ; enfin, il montre la catholicité de fait commençant à s'établir du temps des apôtres. Rangés dans cet ordre, les principaux textes établissant que la catholicité de fait est une propriété de l'Église sont les suivants :
a) In semine tuo benedicenlur omnes gentes, disait Dieu à Abraham, Gen., xii, 3; xxii, 18, et cette promesse fut répétée à Isaac, Gen., xxvi, 4, et à Jacob. Gen., xxviri, 14. Or, d'après saint Paul, Gai., m, -16, le descendant d'Abraham désigné par les mots in semine tuo, c'est le Christ en qui toutes les nations seront bénies parce qu'il comptera partout des fidèles héritiers de la
foi d'Abraham, c'est-à-dire parce que son Église possédera la catholicité de fait. Voir t. i, col. 1 10. Aussi saint Augustin, opposant aux donatistes N- iléfMnt do catholicité de leur secte, leur monln- i| rii,. [n ..piiété, déjà
acquise par l'Église de son Imip-. lui !,i léalisation nécessaire de la promesse fail.' ,im\ p:ili i.uclics : Date milii hanc Ecdesiam, si apud von est : nsleiidite vos communicare omnibus f/enlibus quas jam videntus in hoc semine beiiedici. Op. cit., c. vi, col. 400.
b) En de nombreux endroits, cf. S. Augustin, op. cit., c. VII, col. 400 sq., Isaïe prédit une Église qui recevra dans son sein tous les peuples du monde. Telle est la prophétie du c. ii, I.Erit.in novissimis diebus nions Domini, et domus Dei in vertice montium et elevabilur super colles et venient ad eum omnes génies. Cf. iMich., IV, 2. Or, disent les Pérès, cette montagne, c'est l'Église. In monte sancto qui est Ecclcsia, quse per omnem orbem Romanum. caput tulil sub loto cœlo. Optât de Milève, De schism. donat., I. III, n. 2, P. L., t. XI, col. 996 sq. Domus Dei, in montium càcuminibus sita Ecclesia. S. Basile, In Is., n. 66, P. G., t. XXXI, col. 231. Saint Augustin ajoute : Sunt montes in una parte terrarum positi... Ille autem mons non sic, quia implevit universani facicm terra: et de Lllo dicitur : paratus in cacumine omniummontium. In Epist. Joa., tr. I, n. 13, P. L., t. xxxv, col. 1988. Daniel, n, 35 sq., interprétant le songe de Nabuchodonosor, fait la même prophétie: Lapis qui jiercusserat statuani factus est mons magnus et implevit omnem terram. Boe est somnium; intcrpretationem quoque ejus dicemus coram te, rex... In diebus regnorum illoruni suscilabit Deus cecli regnum... comminuet autem et consumet universa régna hsec et ipsum stabit in xlernum. Saint Augustin fait remarquer que cette pierre a été détachée du royaume des Juifs, lequel n'avait qu'une étendue limitée, tandis que regnum C/iristi universum orbem terrarum eernimus occupare. In .loa., tr. IX, n. 15, P. L., t. xxxv, col. 1165. Knfin Dieu par son prophète Malachie, i, II, annonce que: Ab ortu solis tisque ad occasum magnum est nomen meum in genlibus et in omni loco sacrificatur et offertur noniini meo oblatio mu7ida, quia magnum est nomen meuni in gentibus. Il est visible que la catholicité prédite dans ces différentes prophéties est la catholicité de fait et non pas seulement celle de droit.
c) Parmi les Psaumes, il faut citer avec saint Augustin, op. cit., c. VIII, col. -405, Ps. il, 8, les paroles de Dieu au Messie : Filius meus es tu, ego hodie genui te. Postula a me et dabo tibi gentes hgereditatem tiiani et possessionem tuam terminas terrœ. Quis chrisliat}us, dit saint Augustin, unquani dubilavit hoc de Christo esse prssdictum, aul hanc hssredilalcm aliam quam Ecdesiam esse intellexit ? Ps. xxi, 28 : Reminiscentur et convertentur ad Dominum universi fines terrie. Quoniam Domini est regnum et ipse dominabitur gentium. Enfin Ps. Lxxi, 8 : Et dominabitur a mariusqueadmare... Et adorabunl eum omnes reges: omnes gentes servient ei... Et benedicenlur in ipso omnes tribus terrée, omnes gentes magnificabunt eum. Ibi etiam dieuntur hsec, écrit saint Augustin, ubi agnoscatur Ecclesia loto orbe diffusa omnibus etiam regibus subjecta.
d) D'autre part, dans le Nouveau Testament on lit cette prophétie de Jésus-Christ : Mulla ab Oriente et Occidente venient et recumbent... in regno csslorum. ilatth., VIII, H. Et en effet dans l'Apocalypse, vu, 9, saint Jean vit la multitude des élus venus de tous les points de l'univers : Vidi tttrbam magnam quam dinumerare nemopoterat ex omnibus gentibus et tribîdus et populis et linguis. C'est que les apôtres, après avoir reçu leur mission, avaient été prêcher partout et Jésus-Christ avait coopéré à leur prédication : Illi autem profedi prsedicaveruntubique, Domino coopérante, sequentibussignis.