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CATHOLICITÉ

Marc, XVI, 20. Jésus-Clirist leur avait dil, du reste: Accipielis virluteni supet-venientis Sjnritiis Sancti in vos et eritis mifii testes in Jérusalem et in omni Judœa et Saniaria et risque ad ultimum terrse. Act., i, 8. Saint Augustin, op. cit.,c. XXI, col. 415, donne de ce texte ce remarquable commentaire : Qiiomodo cœptum sit ab Je- - yiisalem et deinde pi^ocessum in Jtidseam et Samariam et inde in totani tevram iibi adliuc crescit Ecclesia, donec xtsque in finem etiam' reliquas génies ubi adliuc von est, obtineat, Scripturis sanctis ostenditur : qiiiscjuis aliud evangelizaverit, anathema sit.

c) Ces différentes prédictions concernent visiblement une seule et même religion, fondée par Jésus-Christ, celle nommément qui oflVe le sacrifice sans tache institué par lui, Malach., loc. cit., et qui obéit au magistère et à l'autorité de gouvernement dont il a investi les apôtres et leurs successeurs.

3. La perpétuité de la diffusion de l'Église dans le monde résulte avec évidence : a) de ce que les prophéties de l'Ancien Testament ne contiennent aucune restriction. Daniel dit même expressément du futur royaume du Christ: Ipsum stabit in œfeî-jîîH)!. Ainsi saint Augustin s'adressant au donatiste Honorât, Epist., XLix, n. 3, P. L., t. XXXIII, col. 190, lui demandait-il sur quoi il s'appuyait pour prétendre que l'héritage promis au Christ dans le monde entier lui avait été enlevé : QiiXi-imùs ergo vt 7iobis respondere non graveris quant causani forte noveris quam factum est ut Christus amillerel liœredilatem suam per orbeni tcrrarum diffusam et subito in solis Afris nec ipsis omnibus reinanerel. — b) Eunles doceteomnes gentes... Et ecce ego vobiscum sum usque ad consummationeni ssecuJi. Matth., xxviii, 19, 20. En conséquence les apôtres prfedicaverunt iibique, Domino coopérante, et sermonem confirmante. Marc, xvi, 20. Ainsi l'assistance promise par Jésus-Christ comprenait une spéciale coopération. Celle-ci ne pouvait donc manquer de produire le résultat voulu par Dieu, la catholicité de fait, aussi longtemps que durerait la coopération divine d'où la parole apostolique devait tirer son efficacité, c'est-à-dire jusqu'à la fin des siècles.

5. Les citations patristiques faites ci-dessus et celles apportées plus haut pour justifier la notion de catholicité étalilissent pleinement d'après les Pères : a) que la diffusion effective de l'Église dans tout l'univers était un fait voulu par Dieu et prédit par lui dans les Écritures ; b) que cette diffusion universelle constitue un mode d'existence spéciale à l'Église de Jésus-Christ, à ce point que cette Église tire de là son surnom de catlioliquo. Il s'agit donc d'une Église unique qui ne saurait cesser d'être répandue partout sans cesser d'être elle-même. L'unanimité de la tradition est telle qu'on est en droit de tenir cette doctrine comme théologiquement certaine.

5. Diverses difficultés ont été soulevées, soit contre l'existence, soit contre la perpétuité de la catholicité de fait : a) L'universalité de la rédemption, a-t-on dit, consiste en ce que la volonté salvifiqueet les grâces du Sauveur s'adressent à tous, car il est écrit que si tous sont appelés il y a peu il". In-, h. hm'iu.', et pour la même raison, la catholicité -- niilli. Icinhimentale, apologétique, est dans la im-- i il,iii< la volonté efficace,

réellement soutenue par la grâce divine, de prêcher l'Évangile à toute créature. Cf. Église, m, dans le Dictionnaire apologétique de la foi catholique. Cette comparaison est visiblement défectueuse. Tous les membres de l'Église ne seront pas sauvés; par conséquent le petit nombre des élus, s'il existe, n'empêche pas en soi i[ue l'Église ne puisse avoir, en tous temps et en tout lieu, toute la diffusion que demande la catholicité de fait. Or Dieu a prédit qu'elle posséderait cette diffusion universelle et les Pères ont eu principalement en vue ce fait de la diffusion, déjà, disent-ils. réalisée de leur

temps, lorsqu'ils donnent à l'Eglise le nom de catholique. Quant à la libre coopération de l'homme, elle reste nécessaire et n'est nullement entravée par l'infaillibilité de la catholicité de fait. Dieu, dit saint Augustin répondant à pareille objection des donatistes, a prévu ce que les hommes feraient librement. Quasi vero nescierit Spiritus Dei futuras hominum voluntates... Cur ergo non hocpotius prsenunciavit guod de voluntalibus hominum sciebat esse futurum? De unitate Ecclesise, c IX, col. 407. Cela n'empêche pas que Dieu ne mette la main à la réalisation de cette prophétie, non pas seulement, comme le dit l'objection, en aidant de sa gr.îce la volonté de l'Église de prêcher partout l'Évangile, mais encore en coopérant. Domino coopérante, à la prédication de l'Église. Il est aisé de comprendre que Dieu puisse donner à la parole de ses prédicateurs une efficacité qui produise le résultat voulu et que ce résultat n'exclue aucunement la nécessaire et très libre coopération de l'homme. En eflet, la catholicité de fait suppose simplement que dans le monde entier il y aura visiblement des fidèles : elle ne les détermine pas individuellement, elle n'en fixe pas même le nombre ni la répartition entre les différentes régions. Quant à la perpétuité de la catholicité de fait, elle est simplement un corollaire de la prédiction de Jésus-Christ : Et portse inferi non preevalebunt adversus eam. Matth., xvi, 18.

6) Pour montrer que l'Église ne devait pas toujours rester catholique, les donatistes interprétaient dans le sens d'une apostasie finale du monde les paroles de Jésus-Christ : Filins hotninis venions, putas, inveniet fidem in terra ? Luc, xviii, 8. — Saint Augustin répondait. De unitate Ecclesix, c. xv, P. L., t. xi.iii, col. 420 : Tanquam dubitans hoc Dominus dixit. Neqiie enim ait : Veniens Filius hominis non inveniet fidem in terra, sed [: Pulas inveniet fidem in terra? Cui ulique cuncta scienli et prescienti de aliqiia re dnbitare non convenit, sed illius dubitatio nostram dubitationeni figuravil propler niiilta scandala circa finem sœculipiillulantia, hocerat quandoqueinfirmitas humana diclura.

e) On sait qu'en 359 de nombreux évêques souscrivirent à la formule arienne de Riniini et de Séleucie. Saint Jérôme dit à ce sujet : Ingemuit lotus orbis et arianum se esse miratus est. Cont. Liiciferian., n. 19, P. L., t. XXIII, col. 172. Il semble donc qu'à cette époque la catholicité ait fait naufrage. — On conclura différemment si l'on observe que saint Jérôme lui-même, dans l'ouvrage cité, prend à t;'iche de défendre les évêques en question de l'accusation d'hérésie. De plus, ces évêques ne formaient qu'une faible partie de la catholicité. Saint Augustin, Contra Crescon.,\. III, c. m, n. 3, P. L., t. XLiii, col. 497, dit en effet que l'erreur de Novat fut condamnée par plusieurs milliers d'évèques. Or, tant à Rimini qu'à Séleucie, ils n'étaient guère plus de cinq cents. Saint Athanase, faisant le recensement des Églises fidèles à la foi du concile de Nicée, déclare même que l'arianisme n'avait pour lui que quelques Églises d'Orient, paucis exceptis quee Arii hairesim sequun- Uir. Ad Jovian. epist. de fide, n. 2, P. G., t. x.xvi, col. 815. D'ailleurs, la catholicité exige seulement que l'Église ait dans son sein la majorité des évêques catholiques, et non celle de tous les évêques d'ordre répandus dans toutes les sectes hétérodoxes prises ensemble. Vacant, Le magistère ordinaire de l'Église et ses organes, Paris, 1887, p. 85-87.

2" L'ubiquité de l'Église s'entend au sens moral; elle est simultanée et non pas sitccessive. — 1. L'Écriture et la tradition formulent avec une netteté parfaite certaines restrictions à la catholicité qu'elles attribuent à l'Église. — a) L'Église ne peut exister que là où l'Évangile a été prêché. Quo modo credenl ei quem non aiidierunf? Quomodo autem audient sineprsedicanle'! Rom., X, 14. Or l'Évangile n'aura été prêché partout que

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tlans les derniers temps du monde. Prseclicabitiir hoc evangelium in universo orbe, in lesthnonium omnibus ;)eiitibus et tune véniel consummatio. Matth., xxiv, 14. C'est seulement quand les nations auront pu entrer dans l'Kylise que les Juifs se convertiront, dit saint Paul, lioiii., XI, 25: Cœcitasex parte contigil in Israël donec ploiiiludo genliitni intraret ; mais, d'après Osée, m, 4, 5, ce retour des Juifs n'aura lieu que tout à la fin du monde : Revertenlur filii Israël et quœrent Dontinum Deiim suitni... in norissimo dieruiu. — b) D'ailleurs, à toute époque, la parole évangélique rencontrera des ri'fractaires. Non onines obediunt Evangelio. Rom., XI, 16. Jésus-Christ avait dit lui-même : Qjd non crediderit, condeninabitur. Marc, xvi, 16. Il y aura même de tout temps et partout des hommes qui persécuteront la vérité dans la per.sonne de ses prédicateurs. Tradcnl los in Iribulalioneni et occident vos et erilis nilii, (,iiiiiihiis genlibus propter nomen meuni. Matll] , wiv. 11. I.;i dernière persécution sera la plus IcniMr /■;,■/(.., (;/„(' tribulalio magna qualis non fuit ah iiiilio iiiHiidi usque modo, neque fiel. Matth., xxiv, 21. — c) Knlin, il y aura des défections parmi les fidèles, oporleL heereses esse, II Tim., iv, 3, et cela, jusqu'à la fin du moude; Siiiriliis manifeste dicit quia in novis-

sir:,s ,/.,/,, ; „. ,i„„lani a fide. II Tim., iv,

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