‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 624 sur 741 · I' ' I ' -'" contemporaine de l'Ante · texte numérisé non relu

I' ' I ' -'" contemporaine de l'Ante

clin-' Ml l 'lusieurs deces te.\tesont été

iiiUriM' Il ; p,i; -aiii; Aui,u.-,liii dans une de ses lettres, Episl., \cis,delin.siec., P. L., t. xxxiii, col. 923, où après avoir cité Rom., x, li, 15, il continue ainsi : In quibus ergo grntibus nondum est Ecdesia, oporlet ut onines, qui ihi fi(L'>-iiil c/vi/t!)// ; iiiiuN's l'yiim génies promissee Siiiil. iifii "1,1, 1rs honiiiics un i iiiii ii> geiiliuni : in céleris

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inijjlcbiluj- : L'iitis odtu omnibus propler nomen meum nisi in o>iinibus genlibus sint et qui oderint et quos oderint.

2. La catholicité de l'Ki^lise s!i;nifie donc une universalité seul.!,,. i;i I ..]' . I M. 111. ni I lii. iiclue. Ainsi

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progressivement dans les dilférentes directions du monde, et qu'à sa suite il se soit fondé des Églises particulières toutes unies entre elles par leur soumission à la même autorité de magistère et de gouvernement. Ici on verra des Églises à l'état naissant, ailleurs elles seront florissantes, plus loin elles auront été décimées par l'hérésie ou par la persécution ; il y aura même des régions d'où elles auront disparu et d'autres où elles n'auront pu encoi-e se fonder; néanmoins, leur diffusion aura une telle ampleur que son universalité sera manifeste et que l'on pourra dire que de ses mailles plus ou moins serrées, suivant les temps et suivant les lieux, le lilel du pêcheur couvre tout l'univers.

La grande majorité des théologiens s'accorde à rejeter l'hypothèse émise par Bellarmin d'une catholicité purement successive et soutient que, d'après l'Écriture et les Pères, pour être catholique, l'Église doit être simultanément présente dans tout l'univers au sens moral large expliqué ci-dessus. En effet :

a) Les prophéties de l'Écriture ne peuvent s'entendre que d'une catholicité simultanée. L'héritage promis au Christ : Dabo tibi génies hxreditatein tuam et possessionem tuam terminos lerrss, Ps. Il, 8, emljrasse néces-

sairement à la fois l'univers entier. La petite pierre qui deviendra une grande montagne et remplira le monde

entier jusqu'à la fin c de l'Église ; donc ce nuité, et en même lemi i -i . .; l nlin,

que dans Malachie le Miioliq

au sacerdoce lévitique, i|iii ei.ui liuiité à texte : Ab orlu solis usqiie ad occasum.

dans Daniel la figure -^' nie sans disconti-

I 11 lin, si l'on ohserve liiiolique est opposé

mité à une nation, le loco

sacripcatur oblatio munda, prend nécessairement la signification d'une catholicité simultanée. — b) Il en est de même dans les Pères. Le nom de catholicité est pour eux synonyme de la diffusion visiblement universelle de l'Église à l'époque où ils écrivent. Dans leurs ouvrages contre les hérétiques, ils reprochent constamment à ceux-ci d'être une secte locale en rupture de l'unité de foi visible dans l'Église partout répandue; parfois même pour montrer qu'elle est réellement ubique diffusa. S. Optât de Miléve, Cont. Parmen., 1. II, /'. L., t. XI, col. 9i2 sq. Knfin, ils déclarent expressément que l'Église ne peut jamais être amoindrie au point de n'occuper qu'un coin du monde. Ainsi, saint Augustin, après avoir annoncé dans son livre, De unilale Ecclesix, que son but est de rechercher où est l'Église : inter nos et donatistas qun'stio est : ubi sil Ecdesia, c. Il, démontre qu'elle doit être à la fois partout répandue et conclut, c. XIX, en invitant les donatistes à prouver qu'elle pourrait être réduite à ne se trouver qu'en Afrique. Taie aliquid proferle vel ununi quo aperlissime Africa declarelur, vel in reliquis sala derelicla, vel ad principium renovandi et implendi orbis sola servala. — c) Les raisons apportées par Bellarmin sont d'ailleiii- iii~iirii-;iiiies. Il n'est pas nécessaire, dit-il, que II ,li- |. Il . he catholique, existe en tous lieux du lu ml. ^11 loiite, mais cela ne contredit pas la nécesMle cl une diilusion moralement et simultanément universelle. Le même théologien ajoute que, même réduite à une seule province, l'Église ne cesserait pas d'être catholique, pourvu que cette province eût manifestement gardé la foi de l'Église catholique des temps antérieurs; mais cette affirmation n'est pas exacte. La province en question serait en réalité toute l'Église catholique, et cela ne peut être, puisque la catholicité propre à l'Église consiste dans une dilfusion universelle et perpétuelle de l'Église dans le monde.

3" La catholicité morale et simultanée est une note de la véritable Église. — 1 . Parmi les propriétés qui appartiennent exclusivement à la véritable Église, plusieurs sont naturellement visibles et fournissent dés lors une sorte de signalement qui permet de reconnaître cette Église partout où elle existe : c'est pourquoi on a donné à ces propriétés le nom de notes de l'Église. La catholicité est une de ces notes. En effet, le fait de l'ample diffusion d'une société religieuse dans le monde entier est de soi facile à constater : d'autre part, ce même fait est une propriété exclusive de l'Église fondée par Jésus-Christ. Ce dernier point seul est à établir. — a) Les textes souvent cités de l'Écriture expriment clairement que l'héritage universel de Jésus-Christ, que la montagne qui doit couvrir toute la terre sont uniques dans leur genre et qu'aucun culte universel ne s'établira à côté de celui qui, de l'aurore au couchant, remplacera la religion particularisle d'Israël. C'est pourquoi saint Augustin,- In Epist. Joa., tr. III, n. 7, P. t., t. xxxv, col. 2001, partant de ce principe qu'il n'y a pas deux héritages du Christ, disait aux donatistes : Tenemus Christi hsereditatem : illi eani non tenent : non communicant orbi teifarum : non communicant universitati redemptsc sanguine Domini. — b) La catholicité signifie la diffusion dans tout l'univers de l'Église une et indivisible fondée par Jésus-Christ, et non pas la dispersion de différentes Églises à travers le monde. Donc sans l'unité de foi et de gouvernement établie par Jésus-Christ, point de vraie catholicité. Mais cette foi

CATHOLICITE

dont la catholicité exprime l'unité universelle, c'est la foi prêchée par les apôtres; ce gouvernement auquel sont soumis tous les iidèles dans le monde entier, c'est celui des légitimes successeurs des apôtres. Donc encore, sans apostolicité, point de catholicité. Par conséquent, la catholicité est exclusivement propre à la véritable Église et la fait connaître au même titre que les deux notes qu'elle sous-entend. Le lien de ces trois choses : unité, catholicité, apostolicité. est mis en évidence par les Pères les plus anciens, témoin saint Irénée, Cotit. hxr., iv, 33, n. 8, P. G., t. vu, col. 1077 : Agnitio vera est doctrina apostolorum et anliguus Ecclesix status in tiniverso niundo et character corporis Chrisli seciindum sticcessioiies episœpointni guibusilli eam guœ in unoquogue loco est Ecclesiam tradiderunt. Cf. Franzelin, De div. trad., th. vi, viii. — e) Rappelons enfin l'usage constant que les Pères dans leurs écrits contre les hérétiques ont fait de la catholicité comme d'un critérium de la vérité de l'Église qui possède cette note et de la fausseté des sectes d'où elle est absente. — d) On peut objecter que si la catholicité était une note de l'Église, elle aurait existé, ainsi que l'unité et l'apostolicité, dés le commencement de l'Église. Or il n'en est pas ainsi de la catholicité de fait. Il faut répondre que la catholicité n'est pas, comme l'unité et l'apostolicité, une note constitutive de l'Église : celle-ci pouvait exister une et apostolique avant d'avoir atteint sa taille normale, mesurée par la catholicité. De fait, Jésus- Christ avait voulu que l'Évangile fût annoncé d'abord à Jérusalem, en Judée et en Samarie, aux gentils dans le monde entier. Act., i, 8. Néanmoins, l'Église accusa dés ses origines sa tendance à la catholicité. Lorsqu'au sortir du cénacle les apôtres parlèrent à chacun de leurs premiers auditeurs sa propre langue, cela présageait, disent les Pères, que l'Église parlerait toutes les langues de l'univers. Cf. Hurter, SS. Pair, opuscula selecta, t. xxvii, p. 187 sq. Saint Paul pouvait déjà dire que l'Évangile était prêché partout, Rom., i, 8; cf. i, 23, et saint Ignace martyr montrait aux fidèles de Smyme les évêques répandus dans tout l'univers, episcopi per orbem sparsi.

2. Dès lors que la note de catholicité distingue la véritable Église des sectes hérétiques ou schismatiques, il ne pourra jamais arriver qu'aucune d'elles s'étende au point d'éclipser l'universalité de la véritable Église. Ou bien elle restera purement locale ou bien en s'étendant elle se divisera. Sarmenla ubi précisa sunl ibi remanserunt, disait saint Augustin des hérésies de son temps. Sei'ni.,xL\i,decitrapastoi:,c.\lu, n.l8, P. L., t. xxx\ii. col. 280. Mais ne pourrait-il arriver que le nombre des adhérents d'une secte confinée en quelque partie du monde vienne à égaler ou à surpasser le nombre des catholiques? Suarez, Befensio fidei, 1. I, c.xvi, n. 8, dit très justement qu'il ne faut pas confondre le nombre des fidèles avec leur diffusion; que celle-ci est l'élément essentiel de la catholicité. Il est donc possible, absolument parlant, conclut-il, que le nombre total des hérétiques, ou même celui des adhérents d'une seule secte, surpasse celui des catholiques.

3. On peut enfin se demander si la catholicité ne serait pas un motif de crédibilité pei mettant de démontrer directement la divinité de l'Église'? Il faut répondre affirmativement avec le concile du Vatican qui, Const. de fide, c. m, Denzinger, n. 10i2, met l'unité catholique, catholicam unitatem, au nombre des motifs de crédibilité. Jamais, en effet, autrement que par une intervention di\ine, le même credo n'aurait pu s'imposer depuis tant de siècles, par la seule force de la conviction et malgré tant d'obsUcles, dans le monde entier à des nations de civilisations si différentes et à des hommes de toute condition sociale. Comme on le voit, la catholicité de l'Église est intimement liée à deux autres motifs de crédibilité, l'admirable propagation et

l'invincible stabilité de l'Église, double miracle d'ordre moral sans lequel la perpétuelle catholicité de l'Église ne saurait être expliquée. La validité de cette preuve n'est pas affaiblie par le fait que les infidèles sont beaucoup plus nombreux que les enfants de l'Église. Ceuxci n'en forment pas moins une société considérable par le nombre et qui, par sa diffusion universelle, s'impose au monde entier. C'est ainsi, dit saint Augustin, Conl. Faust., 1. XIII, c. XVI, P. L., t. XLir. col. 291, que dans une moisson, c'est le bon grain qui l'emporte, quoique la paille fasse plus de volume. Agnoscenda est paucitas illa guani Dominus prsecipue comniendat in ingesti atgue innumei-abili multitudine toto orbe diffusa;qux paucitas tanquani granoruni in comparalione muUitudinis palearum paucitas dicittir; per se auteni tantani massam fmmenti facit ut omnes...inconiparabili multitudine surgeret.

4° Seule, l'Église catltoligue romaine possède la véritable catholicité. —Il y a lieu d'examiner séparément les sectes protestantes, puis les Églises schismatiques d'Orient et de Russie, enfin l'Église catholique romaine. 1. \ leur tour les sectes protestantes peuvent être considérées soit collectivement soit isolément. — a) Prises collectivement, les sectes protestantes n'ont entre elles aucun lien d'unité, voir Unité, car le nom de protestantisme, qui semble les réunir, n'est qu'un nom de guerre et signifie simplement qu'elles rejettent la foi et l'autorité de l'Église romaine. En réalité elles forment autant d'Églises distinctes par le nom qu'elles portent officiellement, par leurs symboles ou confessions de foi, enfin par l'autorité suprême, généralement nationale, qu'elles reconnaissent en matière religieuse. Par conséquent, fussent-ils répandus dans tout l'univers, les protestants ne formeraient pas une seule Église partout répandue. D'autre part, les conditions dans lesquelles le protestantisme est né, s'est propagé et a vécu, ne sont point celles qui devaient, par la volonté de Jésus-Christ, préparer, accompagner et conserver la catholicité de fait. L'Église devait naître à Jérusalem, du sortir du cénacle; de là, elle se répandrait partout en convertissant les gentils et en se prolongeant ainsi dans l'espace et dans le temps, elle ne cesserait pas de rester la même. Au contraire, le protestantisme, né quinze siècles trop tard, a tout d'abord répudié la catholicité en se soumettant partout à l'autorité civile; ses progrès lui sont venus de la défection de populations jusque-là catholiques et non point de la conversion des gentils, œuvre dont il ne s'est que tardivement occupé; cf. Kirclienlexikon, art. Mission, t. viii, col. 1G14 sq. ; enfin, en s'étendant, le protestantisme s'est divisé en sectes indépendantes qui n'ont presque rien conservé de la doctrine qu'il enseignait au début. — 6) Pour les mêmes motifs, aucune des sectes protestantes ne peut prétendre à la catholicité. L'anglicanisme est la seule qui puisse arrêter un instant l'attention en raison de son unité et de sa diffusion apparente. On comptait, en 1879, cf. Ragey, L'anglocatholicisme, p. XLVii sq., disséminés sur tous les points du globe, 277 évêques anglicans en communion avec le siège de Canlorbéry. Mais on s'aperçoit aussitôt que tous ces sièges épiscopaux, à huit ou dix près, sont établis dans les pays de colonisation ou de domination anglaise. Leur ensemble peut bien former une Église anglaise, mais non une Église catholique, c'est-à-dire internationale. Ce caractère de particularisme est nettement accusé dans l'article 27 de la Confession anglicane (1562), où l'autorité religieuse suprême est dévolue au pouvoir royal. Cette autorité ne peut d'ailleurs s'exercer que dans le Royaume- Uni. Au dehors, les évêques anglicans, c'est-à-dire près des deux tiers, ne sont unis à Cantorbéry que par les liens d'une commune sympathie et non par la soumission et l'obéissance. Entre eux aucun lien légal. Enfin, au point de vue de la foi, sans parler des divergences

CATIIOLICITl': — CATROU

doclrinales qui existent entre la Haute, la Large et la lîassc-ft{;liso, les andicans sont divisi's sur nombre de

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2. La plupart des observations précédentes s'appliquent également à l'Église schismatique d'Orient, celle de Russie y compri^p n' Crtto Église manque de l'unité et de la diUusin n > - lii -, car elle est divisée en différents palii.iii il imli ^ niiiuits les uns des

autres, etqui tous n'iim-. m ,iiii | (rimlorilé au delà

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des Russes. I.c -ilu- in ni il. Im ni-i ilnit son

existence à la di i,vii,.ii il I lIi-i- p n n, nh. i . - qui se sont mises ainsi en dchm il. I mn'. ,ni > ln| m : ((uani à convertir, selon l'oiili' in ' im i l i us infidèles, ni les Grecs nilcs lin n n n .1, ii.fidire vrai, de souci. Cf. Kircic',:.' , •!. ,,, ,,i, - / , >i.|. I(i:f5sq. Ils croient cependant à ^l■:,^lisl■ calliuliriiir, en ce sens que l'Église n'est limitée à aucun temps, à aucun lieu, à aucun peuple, ou encore que sa foi, qui, disent-ils, est aussi la leur, s'est répandue dans le monde entier, mais ils n'osent point avancer que leur Kglisc possède en fait cette universelle dilfusion. Cf. VV'ilmers, De Ecclesia Chrisli. n. 'M± — A plus forte raison, aucune des pailii- lin -rin-iiii' oriental, ni l'Église grecque seule, m Min. i ni. ne peuvent revendiquer la note

decatliiili.il. I . I I. ml ne pourrail-on pasdire qu'elles

sont un, p, .1. I I -li^i' \niivni'<^ello don! rmili'c fraction si'iMii I l li-n .1 M,-, 1,1, îii ' i:,ii,. Ii\ ].,.ili.',,. mémo est insniii. iL.l.l.n |,iii-,|ii,' i,.ii. I. ~ li.n- .Iniimn entre les Éi:li-,- .,liiHn,,ii,|ii, . ,l(iii, m . i l l .li-. ,,rcidentale soiii I.II-. V I II, s II ,,ii! |,,,. 1,1 r..i .1,. I I Jis,. occi-

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|||..|I.- m. ni 1,1 i.ilin.iiit,' .In |ii|i,. et la procos>i,,ii ,/ /',!/;■,■ /,:',,.,;>,, ilii ^.iiiil l-|,iit; elles sont Ec''|i,ii — ,!-■ Il „li>c uci.nlLiil.ik', iJui.Miu elles ne reconniii , ni |'.i~ il.iiis le pape le chef suprême de l'Églis,': II-, n. j.i iiM'Ut donc faire avec les Occidentaux un, -ni, I l;Ii- ,iiii soit catholique. Disons enfin que si l'Hylise devait résulter de cette fédération de Rome avec l'Orient schismatique, il faudrait en conclure que l'Église a cessé d'exister par le fait de la rupture entre ces deux fractions de l'Église.

3. L'Église dite catholique romaine possède manifestement la note de catholicité. — o) Ce qui me retient dans l'Église, disait saint Augustin, Cont. epist. Manich. fundament., c. iv, n. 5, P. L., t. XLii, col. 175, c'est le nom de catholique que l'on donne à elle seule, à ce point que pas un hérétique, quand un étranger lui demande où s'assemblent les catholiques, n'ose indiquer son église ou sa maison de prière, et pourtant ils veulent tous qu'on les appelle catholiques. Il est clair que ce fait, dont l'actualité est toujours frappante, est un aveu imposé par l'évidence même. — 6) En effet, l'Église romaine, dont l'unité est la plus étroite qui se puisse imaginer, est manifestement répandue dans tout l'univers. Ses évêques et ses établissements de missions se voient sur tous les points du monde; ses fidèles parlent toutes les langues du globe et appartiennent à toutes les nationalités qui se le partagent. Leur nombre est d'ailleurs imposant : sous ce rapport, comme au point de vue géographique, aucune secte chrétienne ne peut se comparer à l'Église romaine. Il semble même que cette Église surpasse numériquement toutes les

sectes réunies. Sa catholicité, tant absolue que relative, est donc hors de doute. Cf. Wcrner, Orhis catliolicus.

- c) .lé-ii-rini-l ,1 ^.,llln ,|i,,' -,,ii F-Ji-,,' di'vlnt Catholique p.ii ; I III lin ,1 '. n ,,n . . I ,|ii','lli' I,' restât toujoiii- in lii.i. II! 11. 1 .1,1 lin,' lu'i'sonte

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ni. il,' ,ii\ l'is et contre tous ml.' I.i imiissée interne qui ,.iit IKvangile. Sans doute, II' Il subi de graves défec- I, s iiii schisme d'Orient ou slaute, mais sa catholicité

a converli luule- I, - n,,!i,.irelle continue cell, ,i hm. ,,i| les obstacles, l;mi . -I imi--, la porte ,'i r:iir. |. m !i i r |i;nl

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n'a pas éti'' éclipsée par ces douloureux événements. On constate, en effet, qu'aux époques où ils se produisent, l'Église romaine réparait ailleurs ses pertes par de nouveaux accroissements. Ainsi, dans le temps qui s'écoula entre le commencement du schisme de Constantinople (xii« siècle) et la défection totale de la Russie (vers le milieu du xv siècle; cf. l'ieiling, La Russie et le sai>il-si,:ir. I',iri~. l^'.ii; , I l^li-.,' prenait pied et s'établis-.iii .1.111 I \ll.i.i,.n - ni. iiii ionale, la Norvège, l.'i linLnnl, . I , l.ii! n il I I in.\lvnnle, pour no

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tielles, l'Kylise l'oiiiaiii tant toutes les désertio quel les siècles n'ont Pacien : Chrislianus n nien.

iin.ii-. pi'nvidcnii-ni'vé, nonobs- 111 nom sous Ic- -iier avec saint i/Mliciis cogno-

Bellnnnin, Du rohrilih n. I-:r,-l,'xi„. 1. IV, ,-. ii ; Si. arc/,, De /îde, disp. III ; De/', n .'■'■.., M , . '.i. | Mnn,.. r,<i,:i.de Ecclesia C/iristi . M . /* ^ ^'' '' /'. .'/esia

C/iristi, Ratisbonii. . i- /, i /. , ' . Dic-

tionnaire apolututi'i" ... ..r/./. .,'/...../.<.■. .m /.//..^.■, m ; J. Turmel, Histoire de lu tlieukifiie ito.iawe depuis torirjiiie jusqu'au concile de Trente, Paris, laC'», p. tba-ieB, 2W.

H. MOUBEAU.

CATROU François, jésuite, né à Paris, le 28 décembre 1659, entré dans la Compagnie de Jésus le 5 novembre 1677, se distingua comme littérateur et comme historien. Appliqué d'abord à l'enseignement, puis à la prédication, il renonça à la chaire, malgré ses succès, dégoûté, dit-on, de la somme de temps perdu à apprendre par cœur, et jugeant que sa mémoire faisait tort à son esprit. Appliqué successivement aux collèges de Rouen, Rennes, Bourges, Eu, Compiègne, La Flèche, Tours, Orléans, Paris, il fui enfin fixé dans la capitale. En 1701 il y fonda le Journal de Trévoux qu'il devait diriger durant ses douze premières années. Il s'y acquit une réputation de bon critique. La composition de divers ouvrages continua à occuper sa féconde activité jusqu'à la fin de sa vie. Il mourut h Paris le 12 oclolire 1737.

Ses iii'in, ip.il, . |,nl.1n,,ii,iii- - lin 7?.w,.;,'f des

anabfii'h ■ r i : \' r i,.",", I ,n, . , , i ,, «; , iii-'12, Amster,l.,n p.ii', 1 . I ' ,." n ilans

la reliyiLjn p, i^ic^id,,',, ny.n.^ .t... .nn/,,n,iu i , Paris, ■1706; in-12, 1733, 1738, 1740 ; ï Histoire des Irembleurs, in-12, 1733. Pour les deux premiers de ces ouvrages l'auteur assure avoir emprunté ses renseignements aux œuvres de Fox, de Penn et de Keith, et consulté en outre sur les points douteux plusieurs savants anglais. Il les composa plutôt en historien qu'en polémiste, ne voulant point, disait-il, tirer des faits rapportés « un préjugé en faveur de la religion catholique contre la religion protestante ». Il avait même annoncé, mais ne tint pas sa promesse, qu'il donnerait ensuite au publie l'histoire des sectes fanatiques dans l'Église romaine. Cependant il fait observer qu'à ses yeux, entre les protestants et les catholiques, il y a cette différence « que les maximes des premiers ont pu donner occasion de renouveler le

CATROU

CAUSE

fanatisme, et que les règles de la foi établies par les seconds vont à l'anéantir. » Quant aux quakers, il démontre que leur tremblement n'a rien de surnaturel- Fâcheusement impressionné par les excès des camisards, dans les Cévennes, il applaudit à la révocation de Tédit de Nantes.

Journal de Trêvoxix, octobre 1702, p. 214, 230; Journal des sravans, supplément, 1707, p. 125-133 ; Éloges historiques, du P. Catrou, dans le Journal de Trévoux, avril 1738, p. 651-664, et dans la Bibliothèque /française, t. xxix, p. 31-34 ; Sommervogel, Bibliothèque de la C" de Jésus, t. n, col. 882-889 ; t. ixcol. 14-15 ; une notice inédite.

H. Chébot.

CATTANEO Sébastien, né à Milan d'une famille nolili'. . iih.i. nlOescent, au couvent des frères prêcheurs de S.iiiiI-I,ii-|mi -r. dans sa ville natale. Le chapitre général dr lonlr,' de {ÔS9 le confirma provincial de Hongrie. Devrim Ihcdluvirii ilrr,iiclM'Vi'((iicdfSalzbourg, ce dernier \>- inuiniil à I cviclii' dr (lliii'in^ee. août 1589, afin de s'aidfi- dr >i-s servies d;ui^ I nliuinislralion do son diocèse. Transféré, comme auxili m' 1 '■■■•■•■];.'■ de

Vigevano, par Clément VIII, il mouriii i iinline,

le 28 avril 1609. — l» JEwcAîWdioJi .,, , <,,„-

troversiain vocantur omnibus verse pn-iain, culiunbus perulUe ac pernecessarium , in-S", Ingolstadt, 1589; 2» ExpUcalio in catechismum romanum ex décréta concilii Tridentini et PU V jussu editum, in-S», Ingolstadt, 1590; 3» Summula casuum conscientise, in-S», Trente,-1592, 1600,1603; in-16,Brixen, 1609;4" Tractatus de censiiWs, Graz, 1588: Padoue, 1589; 5» Tractatus de examine ordinandorum , Graz, 1589.

Quétif-Echard, Scriptores ordinis prasdicatorum,l. il, p. 369.

CATUMSYRITUS Jean-Baptiste, théologien italogrec, né à Reggio. Il fut r].-u- -.,„ .olI,-.' de Saint- Athanase, où il olitint lediplum ■ il d.., i, m rn théologie. On a de lui deux onvrnce< i|im -. imIim i i ni. à l'époque dr I ■.! : ' ■■. ■;...;. d . '" M . - ,.. L !„|.|M - ; 1» Vcra Il , 'lia, Venise,

lr,:; / , ,. rirca pro-

1(333. Ce second \olume comprend une série de traités théologiques. Les deux premiers, ayant chacun une pagination distincte, ont pour objet la procession du Saint- Esprit. Voici les titres de^ I mit/- -iiivants : 1» Quxsliunculx circa processii'i , s,„,i;', Sancti in qua gratis et falso accusatur /m , . < I - 1 1 / iieca, seu patnarca Cyrilius Constanliriiipiiliiinii'^ m 'itliodoxo sensu explicatus, p. 1-6; 2» QuiksIiuiicuIx circa concejilioneni B. Virginis, p. 7-30; 3» De panopUa seu totali armatura lia'retiivnini omnium circa sacramenta, hoc est de adnllryatis ohlninrntisqur nrlorthita quatuor canonibus apii'^loInriiiH . i/ni ii'il iiliihi siuii nisi compendium apiiiliniiilii iiiliilirr.ii nii,,' /;, lAementis Romani in sui^ iiriii IiliriK t:,jiisiiiiiii,,,iiiin apostolicarum, gratis el falso dcfensarum a Francisco Turriano jesuila, p. 31-91; 4» Conclusiones theologicse contra hsereticaliter adulteratuni doctoreni Petrum Arcadium ejusque defensores quoscumque, p. 91-100. Le but de Catumsyritus est d'exposer la doctrine de l'Église grecque sur les sacrements, contra falsam atque erroneam mullorum, ac gratis pro eorum libidine excogitalam concordiam. Ces mots contiennent une allusion directe au fameux ouvrage d'Arcudius : De concordia Ecclesise orientalis atque occidenlalis in septem sacramentoruni administratione, 'Patih, 1619, 1626. Voir 1. 1, col. 1772. Dès la publication de cet ouvrage, Catumsyritus présenta à l'ambassadeur d'Espagne une] requête dans laquelle il accusait Arcudius d'hérésie et prétendait que son livre favorisait les erreurs des luthériens et des calvinistes. Arcudius, prétend-il, s'est plu à tromper les Latins. Catumsyritus prend la défense de plusieurs théologiens grecs orthodoxes, dont la doctrine, à son avis, a été

sciemment altérée par Arcudius. Ses critiques parfois violentes visent en même temps Bellarmin, Suarez et d'autres jésuites. Moreri a porté sur Catumsyritus un jugement très sévère : « Il fait paraître plus d'emportement que de solidité : il traite son sujet avec une méthode trop scolastique et avec trop de subtilité : son livre est rempli d'égarements et d'absurdités : il a quelque chose de dur contre la cour de Rome et qui parait affecté. » Si dans la chaleur de la polémique, il dépasse la mesure, il ne mérite pas toutefois les reproches de Papodopoli-Comnène, qui l'appelle grand scélérat, menteur, ignorant. Ses traités témoignent en faveur de son érudition et de la connaissance qu'il a de la théologie scolastique. Goar reconnaît qu'il a attaqué non seulement Arcudius, mais aussi plusieurs dogmes catholiques. Aussi, par un décret du 9 mai 1636, laS.C. de l'Indexa condamné tous les ouvrages de Catumsyritus qui ne sont pas corrigés par l'auteur et imprimés à Rome. Goar ajoute qu'on lui avait défendu de publier de nouveaux écrits. La nouvelle de eette condamnation répandue en Grèce fut aceie Hli ■ .v. r -iiisl'action par les orthodoxes

qui regardai, m i ; n i iins comme un ennemi acharné

de leur race .i dr inn nir. lieorges Coressius de Chio écrivait à ce sujet a .Mattliieu Caryophylles : Quodver" nuncias damnalum isUiic libruni inimici nostri, mili miiiim, ciim seiam quanti nos Romse liabeamti, . quamqueincuriose sit aula reriim nostrarum... Laudiijfitur auteJKsiiJia»! . Rûdota accuse Catumsyritus d'avoir altéré l'euchologe grec, pour le rendre conforme au rituel latin. Il loue cependant sa soumission aux décrets de l'Index. Legrand assure que le premier des ouvrages de Catumsyritus est d'une insigne rareté; le second est tout à fait inconnu. Legrand ne le mentionne pas. Il s'en trouve deux exemplaires <à la bibliothèque Barberini, annexée à la Vaticane. Allatius cite un ouvrage inédit de llatthieu Caryophylles contre Catumsyritus, et Legrand une réponse d'Arcudius à son adversaire. Voir t. I, col. 1173.

Haljert, '.ip/upwTtx ris, 1670, p. 357-363,

p.4tK: Pa)iadn,u,li-(;i

Liber pontiflcalis Ecclesiae grxcse, Pa- S-393; rabricius, Bibliotheca grseca, t. x, mène, Prœnoîiones mystagogicx, Padoue,

:i'.16; Goai-, Euchologium, Venise, 1730.

1 line, progressa e stato présente delrilv I763,t. III, p. 203; Moreri, Dictionnairi

<. i. Il, p. 214; Spano-Bolani, Storia iii ■I triiij'i priniitivi sino all'anno di Cristi il-l'.'J ; l.e.i;rand. Bibliographie helléniqu' :;"r-:;ii:;: t. m, p. 199; Hurter, Nomencln-

A. Palmieri.

CAUCAUBARDiTES. Voir Condobaidites.

CAUSE. Cette notion si attaquée sous toutes ses formes et dans toutes ses applications, mais d'un usage constant en théologie, est des plus importantes. Nous emploierons, pour la fixer, d'abord le procédé analytique, puis la synthèse, nous en montrerons, au fur et à mesure des développements, les aspects théologiques.

I. Étude analytique. — Nous prouverons l'existence : 1» d'une cause matérielle et d'une cause formelle; 2»d'unr cause efficiente; 3» d'une cause exemplaire; 4" d'une cause finale; 5» nous indiquerons leurs applications théologiques.

/. EXISTE.\CE D'UyE CAUSE MATÉRIELLE ET fl'l'.VL

CAUSE FORMELLE. — Il y a dansle monde des changements substantiels. — 1» Il y en a de naturels et de quotidiens. Voici un trait souvent raconté par les missionnaires : Un lion abat une gazelle, en dévore une partie et, repu, sr retire. Des sauvages surviennent, sont heureux de recueillir les reliefs de la gazelle, de les accommoder et de s'en nourrir. Après leur repas, des débris restent, qui tombent en putréfaction. Voilà donc la chair d'un même animal qui devient la chair du lion, de la substance humaine et ces éléments inorganiques en lesquels se

CAUSE

Iraiisforment, après de multiples étapes, les débris qui n'ont pas servi d'aliment. La chair qui, d'abord, fut animée par l'âme de la gazelle, est ensuite vivifiée par une autre Ame dans le corps du lion, par une âme humaine dans la personne des sauvages, par un principe spécifique essentiellement divers dans chacun des résidus organiques. Il y a donc un fond qui passe indilléremment dans le corps de la gazelle, dans celui du lion, ou de l'homme, ou dans les substances de décompo-sition. Il est un élément constitutif de ces diverses natures, il concourt à leur être, il les cause à sa manière, il est leur matière, leur matière première, leur cause matérielle.

Mais puisqu'il est indifférent à subsister dans des corps divers, il ne peut difl'érencier ceux-ci, ni expliquer leur caractère spécifique. Il ne suffit pas pour constituer à lui seul une substance, quelle qu'elle soit, il ne peut même jamais exister séparément, il lui faut le concours d'un autre élément, principe vital, ou principe spécifique essentiel des natures inférieures. Celui-ci est, avec la matière, cause de l'être. On l'appelle forme substantielle ou cause formelle.

11 se trouve donc, dans chaque coi-ps, un double élément constitutif, une double cause : un élément mobile et de passage, qui va d'une nature à l'autre duns le phénomène d'assimilation, de désasslmilation, d'analyse ou de synthèse chimique; et un élément de st;ibililé et de détermination spécifique. Les corps résultent intimement de l'union de deux causes, la cause matérielle et la cause formelle.

2" Il exisledes changementswiiracideHoique la théologie connaît et qui lui démontrent surnaturellement l'existence des deux mêmes causes. Le Sauveur, aux noces de Cana, change l'eau en vin. Il y a différence spécifique de l'un à l'autre. Un élément passe de la nature d'eau à celle de vin : élément commun, indifférent de soi à être eau ou vin, et qui, sur l'ordre du divin thaumaturge, cesse d'être l'un pour devenir l'autre; c'est la matière première ou cause matérielle. Un autre élément cesse qui était dans l'eau, qui la faisait être eau, lui en assurait la nature et lui en conférait les propriétés; c'est une forme substantielle. Aussitôt qu'il disparait, un nouvel élément survient qui se substitue au précédent et donne à la matière la détermination spécifique du vin. la fait être substance du vin au lieu d'être comme auparavant la substance de l'eau; c'est une forme substantielle ou cause formelle.

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