‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 626 sur 741 · IV. EXISTENCE DE LA CAUSE FINALE. — Il V a, dans le · texte numérisé non relu

IV. EXISTENCE DE LA CAUSE FINALE. — Il V a, dans le

monde, une autre causalité encore, et que l'observation impartiale des faits nous dénonce. A nous en tenir au seul fait de la vie, si nous ne savons pas toujours pourquoi il y a de la vie, pourquoi il y a des êtres vivants, nous découvrons du moins pourquoi telle foime de vie, telle fonction, tel organe existent. L'anatomie nous en donne maintes preuves. Elle nous montre d'abord une adaptation évidente des organes de la vie à de certaines fonctions : « Est-il possible de nier que l'œil ne soit affecté à la vision? Ce serait tomber dans un excès fantastique d'absurdité que de supposer qu'il n'y a pas un rapport de cause à effet entre l'œil et la vision. Ce n'est pas par hasard que l'œil voit... .\ous a\uns pris l'œil comme exemple: mais nous an iiMii- m -si larn pu prendre tout autre organe : l'oreille jiar i\' iii|ilr, .m Ir cœur, ou l'estomac, ou le cerveau, ou les niuscirs. (,iiii donc pourrait empêcher le physiologiste de prétendre que l'oreille a été faite pour entendre, le cœur pour lancer le sang dans les parties, l'estomac pour digérer, le cerveau pour sentir et percevoir, les muscles pour produire du mouvement? L'adaptation de l'organe à la fonction est tellement parfaite que la conclusion s'impose d'une adaptation non fortuite, mais voulue. » Richet, Le problème des causes finales, c. I, Paris, 1903, p. 6, 7. La physiologie n'est pas moins explicite et « nous montre une extraordinaire complexité dans le jeu des parties. Par exemple, pour entrer dans le détail, lorsqu'un corps étranger irritant vient toucher la muqueuse laryngée, cette excitation des nerfs laryngés va aussitôt, par un réllexe d'arrêt, provoquer la toux et suspendre l'inspiration. Est-ce que le physiol.i^islr ipn nisriLiir r| étudie la physiologie n'a pas Ir iIi.hL ri m, nr Ir drioir, d'indiquer que cette toux réllrM' n rsl |ias s,,,,^ cnisr'.' Au contraire, il doit hardiment proclamer que cette toux réflexe a une cause finale, et une cause finale qui paraît bien évidente. Il faut que l'objet étranger soit expulsé au moyen d'une expiration violente, il faut que si criir r\|.iiMliiiii ést sanseffct, la respiration s'arrête, aliii ; . i;ir m inraiion nouvelle ne fasse pas descendre

P'''" iriii iliiis les bronches l'objet offensif. Je

pouuais , lUi uiir centaine d'exemples analogues, et plus encore, peut-être, car la physiologie tout entière n'est guère que la méthodique explication de ces divers mécanismes protecteurs ». Richet, op. cit., p. 8, 9. Ces

phénomènes montrent que le vivant est construit pour vivre et pour réaliser au mieux en lui l'acte de la vie et combattre tout ce qui s'y oppose. Si du détail on passe à l'ensemble, si de l'individu on passe à l'espèce, on est amené aux mêmes constatations. « Voici, par exemple, l'instinct de la reproduction, dont la force est prodigieuse, qui détermine les actes de quantité d'êtres avec une énergie sauvage que rien n'arrête. Dira-t-on que cet instinct de reproduction n'a pas une utilité, un but. Cet instinct irrésistible est absolument nécessaire à la vie de l'espèce, et on ne comprendrait pas la prolongation de la vie à la surface de la terre si cet instinct venait à faire défaut. La vie terrestre alors est-elle une conséquence ou un but? C'est là le seul point litigieux entre les partisans et les adversaires des causes finales. Les uns diront que la vie persiste parce qu'il y a un instinct et des fonctions de reproduction; les autres diront qu'il y a un instinct et des fonctions de reproduction parce que la vie existe. Pour moi, en voyant les moyens, à la fois minutieux et puissants, que la nature ,1 uns r)i iruvre pour assurer la iirip/liuir ilr l'espèce, |r nr prn\ pa S supposcr quc cos i'\l i ariilniaiirs ri cuuipli-

Irll.l .In liasai-d. 'j'y vois là une iulunlr" ties àrrèlée, couiiiir ini iiiiiii luiii, en vue d'un résultat. » Richel, op. i-ii.. p. IJ, i:!. Nous venons de dire des faits. « Or est-il prnnis il'.iller plus loin? Devons-nous à ce point nous désintéresser de toute théorie, qu'après avoir constaté d'une part l'adaptation des organes et des fonctions à la vie de chaque être, d'autre part l'effort immense de tous les êtres vers la vie, et partout l'amour de la vie réalisé par la perfection des moyens de défense vitale, pouvons-nous, dis-je. rester sur celte simple constatation et nous est-il interdit d'aller plus loin? Ne devons-nous pas adiiirilrr niir Irn.laiirr à vivre, une sorte de finalité preiuirir ,|iii , -I I,, ,1, IriKjucer à cette cause finale preinirrr. .r ^riiil -iiiipi-rr une mutilation dans la pens.r, liirliri, ,,/, ,,/ . p, 19, 20. Cette idée de la fin.alili' -'tiii|iM-r irllriiirnl ijur uniis l'afllrmons même

quaiiil I- nr priunii- rn piVcisrilapplication.» Chaque

fois (\uv Ir pli\sinlM;^isir ml Ir liiolni;iste étudient une fonction nouvelle, immédiateiiienl ils en trouvent l'adaptation à la vie de l'être; et ils sont même tellement inféodés à cette notion de l'utilité qu'ils ne pourraient pas raisonner autrement. Supposons qu'un anatomiste découvre chez les ascidies un nouvel organe sensoriel ; aussitôt il supposera que cet organe a une fonction, que cette fonction sert à l'ascidie pour protéger l'individu ou l'espèce, et il lui paraîtra mille fois absurde d'admettre que cet organe est inutile, que cette fonction est inutile, tant la notion de finalité, qu'il l'avoue ou non, s'impose à son esprit. Même s'il n'arrive pas tout de suite à élucider quel est le rôle précis de ce nouvel organe, il va résolument chercher à le déterminer, et il ne s'arrêtera dans sa recherche qu'après avoir trouvé, étant persuadé que cette recherche sera fructueuse et aboutira... Ainsi la finaUté domine la physiologie et la biologie générales. » Richet, op. cit., p. 135, 136.

On trouve dans la matière minérale une tendance analogue, non pas à vivre puisqu'elle e.st privée de vie, mais à prendre toujours l'état de la plus grande stabilité. La chimie montre en effet que les combinaisons préférées de la nature sont celles dont les produits sont plus stables, la physique et la cristallographie enseignent que chaque corps obéit, dans ses tendances, à la loi de la stabilité d'équilibre.

Il y a donc des causes finales dans le monde. Elles causent, mais à leur façon, et avant d'être. Elles sont des effets-causes. La vision pour laquelle l'œil est construit est à la fois l'effet et la cause de l'œil; c'est l'œil qui la produit, mais elle influe d'avance sur la construction de l'œil, elle est en quelque sorte la cause de sa propre cause. Or comme elle ne peut l'être en tant

ciiroxislaiu,'. .•Ili- doit l'être en tant que prévue et vouliif, v[ ici rncoiv loxistence des causes finales nous prouve liiez l.i (MHS,' piemière du monde, l'existence de la voloiih'. Il \ :i |in'vision (cause exemplaire), et volition du liiii iiMiis,' iliiale). Nous trouvons la causalité linalf Iciiiirs les l'cis qu'un phénomène est produit à cause de l'avenir et prédéterminé par lui.

De tout ce qui précède, nous pouvons conclure qu'il y a plusieurs genres de causalité, mais que tous se rencontrent dans un caractère commun qui junt -^cM-vir ;'i leur définition et qu'Aristote expiiMH iiiiM lii|ii^micr terme d'où procède, soit lili' . ■ - -i ■< '\n'- I i ^iiud

dite, soit le devenir, soit la coniKii^-.mrr ,1 n h^sr.

llaiSn \ihi ciyv xoivôv xaiv àpxûv m irpi.iTov eîvai ôOev r, èfJTiv r, fiyye.-ryii r, ytyvMffXETat. Mclapli., 1. IV, c. I.

La dernière expression s'applique aux causes logiques ou principes scientifiques dont nniif u'.ivoii'i prit; à parler ici. La première concerne l;i < .m-' nuii i n Ile et la cause formelle, causes internes cnn-hhiinr-, d,. |a quid-

dité ou essence, la seconde couwnii mu t i l.t cause

efficieule, ii l:i e;iiiM' liiiale >■! mr ,, l.i ,mii<,. exemplaire, e:ill-rN cxlrllie-, ipil .l^leili ni {.■ :lr\,l\il\

V. Ami: w;m\> //// .,/./.,/..' / ~ l.rx.-ieiice des causes lÉiaU'i ielk- el l'uiiiielle, des cmim , , Ih. e nie, (Inale et exemplaire, est de la plus liauli' li:uiIi' m iliéologie où la plupart des polémiques du c'.lr .iiilnuloxe consistent à rétablir la notion de caM-:ilil. , r\ ., \\\ri- lo rùle de chacune des causes. Suivani ^pn l.i i ,iii-,ilii(' productrice du monde est considére( eum i mente ou

extérieure, la théologie est panlle i i i miliMiloxe; le

panoosiidsMie met en danger la duclnne Un ulu^iquc par sa conrn-.ioii ili- .Mn<es matérielle et formelle; le fatalisme s:ip| -mini sur Une fausse intelligence de la

causaliln e\innpliiin, l'amoralismo sur la m'^aliun des

causes lin.llr-, Ir nulnl l.ili-lne SUI' 1.1 -n|ipîT--h,II ,ir-

causes rllimnile- Mip-i inniv- , l.iin.m- ,, Iiii-,,il

dans la Tl iiillr 1,1 n,iii~,ililn ,ui Inni il. 1 .i.ln.ii nn-l- rieuse ut nuinaMenle de la yeucl .Uiuli dnilie, I ucc.usiuu nalisme supprime toute causalité liuie, l'agnosticisme rompt le lien qui rattache la cause à l'ell'et et qui permet au rai-sonnemenl d'aller de l'un à l'autre. - II. Ktiih: sn \ i in moi k. — 1» Nature de la cause matérielle; ■!■• \:iini. lie la cause formelle; 3» Nature de la cause eHirienir, 1" PHncipe de causalité; 5" Nature de la cause exemplaire; 6" Nature de la cause finale. 7. .Y.lïX';iK fl£ LA CAUSE MATÉRIELLE. — 1" La philosophie et la théologie scolastiques distinguent la matière prcmih-e et la matière seconde. Celle-ci est la substance corporelle ou même immatérielle toute constituée, servant de substralum et de terrain à des modifications accidentelles. L'homme vivant et complet dans sa nature d'homme, est, par le baptême, élevé à l'ordre surnaturel, il reçoit la grâce et tout l'être surnaturel qui fait le chrétien; une faute grave le jette en déchéance, bientôt il se repent, est absous de son péché, puis retombe, se relève. Ces alternatives de chutes et de relèvements ont l'homme pour théâtre; il est le substralum qui subit ces transformations morales, il est matière seconde de changements surnaturels. On explique plus coniinnni hieiil celle doctrine par l'exemple de la statue, l'n iii.irlin , -i lui' d'une carrière; l'ouvrier s'en empare. .Sil.i-i-iI du n, lable ou cuvette? Il sera dieu et représentera Jupiler ou Apollon. Le marbre est la matière seconde qui reçoit une modification accidentelle, une figure qui détermine sa forme, mais n'atteint pas sa substance.

. 2" Quand, au contraire, la substance est atteinte, qu'à une nature en succède une autre, le résidu, ce qui persiste sous les transformations substantielles, se nomme matière première. Il importe de distinguer au moins logiquement deux états de la matière première ; ou elle se présente revêtue de virtualités et de déterminations sourdes qui l'enchaînent dans une certaine

ISE 2020

mesure, ou elle se conçoit absolument nue et pure do tout alliage. La matière de chair morte qui devient aliment ou qui se corrompt peut devenir un certain nombre de substances, mais elle est incapable de constituer toute substance : elle fait partie d'un cercle fermé, d'où elle ne peut sortir; il y a une série fixe de substances auxquelles elle peut appartenir, jamais elle n'entrera dans une nature étrangère à cette série. Cela vient de ce qu'elle n'est pas exempte de toute déterrnin:ilion, do tniile rictn.-ition : qiinnd elle passe d'une -ulid.inci- .1 111)1- iiili'e. elle -e -l'.p.iie liicH du principe -piiilnpie ili' l.i |iLeiiinr !■ -nli-i.iin e. ni. lis elle en garde ipielipie MiliNilil,', il \ :i en elle de- Iraces dc Ce qu'elle a été, et ces restes d'existences antérieures lui imposent ses transformations futures, ils la déterminent à devenir ceci et non cela. En devenant de l'eau l'oxygène perd sa nature d'oxygène, l'hydrogène perd sa nature d'hydrogène, mais la matière de l'un et de l'autre garde quelque chose, quelque détermination, quelque impulsion, qiu' l.i nature d'hydroeénc et d'oxygène a laissée en elle el ipii ! m ., ennipiiser de l'eau. Si, au contraire, iiin-. liiiiin.ii 1 I il' liMCtion, nous pouvons nous repi I 1 ni. r un. m iin i . ii-'|)ourvue non seulement de toiile n.iiiii. |i I iii'im , .1 ipii n'est ni minéral, ni

métal, m n . i.il, m il, ni homme, mais encore

dépouilli . il. I. ni. ninilit' inianant de ces natures spéciliqui'-. m. lin 11' iihIiii. 1 1 nie à tout état substantiel, pouvant être tout corps et n'en étant aucun. Nous possédons alors la matière première pure. Les déterminations qui viennent s'ajouter à elle pour la faire entrer dans telle ou telle série, dans telle ou telle nature, sont des formes substantielles. Sans doute la matière première n'est jamais sans une forme substanlielle, comme le marbre n'est jamais sans une (igure .'\l''l ienie, in.ii- l'Ile n'en l'-l p.is nn 'in- ili-lillile eiimme

'■ 111.11 In I n . -1 |i.i. iili nliln' .ne. I.i h pu I .lecom-

p.i^li.' II. m. ni.' .pin 1.1 in.illi'i. pi .1111. ri' n ■- I jamais ie,:ili-n,' i.in- une lui'nie suli-laiitielle, .iiii-i dans ses mi^jrations successives n'apparait-elle jamais sans les déterminations virtuelles dont nous avons parlé, héritage des formes antérieures qui prépare et amène les états postérieurs. On ne réduit pas, par des forces naturelles, la matière première à l'état de puissance absolument pure. Cf. Chollet, De la notion d'ordre, c, li, n. .48, Paris, s. d., p. 49.

3» Cette distinction est nécessaire pour marquer la différence qui sépare les changements substantiels natui-els des changements substantiels miraculeux. Les premiers sont liés par les virtualités et enfermés dans un cercle. L'eau décomposée donne nécessairement une quantité déterminée d'hydrogène et d'oxygène, et ne peut se résoudre en d'autres substances. Les changements miraculeux sont indépendants de la loi des virtualités. A Cana, sur l'ordre de Jésus, l'eau se change en vin : la matière première est dépouillée non seulement de la forme substantielle d'eau, mais encore de l'héritage de virtualités que celle-ci laisse d'ordinaire après elle, et à la façon d'une matière absolument pure, est prête à devenir, par la volonté du Sauveur, toute substance corporelle; elle se change en vin comme elle aurait pu se transmuer en sang, ou en un liquide quelconque.

■i" Irons-nous plus loin et invoquerons-nous la transsubstanliation? Ici le miracle révèle une opération plus profonde encore de la divinité. Si nous en croyons l'Ange de l'École, ce n'est plus la matière première du pain et du vin qui, restant elle-même, se dépouille de la forme substantielle du pain et de la forme substantielle du vin pour revêtir à la place la forme substantielle du corps et la forme substantielle du sang du Christ, mais le changement atteint simultanément la matière et la forme. 11 a pour base Vêtre lui-même, id quod est entitalis, dit l'Ange de l'École, l'être qui est commun au

CAUSE

pain et au corps du Christ, l'être qui est commun au vin et au sang du Sauveur. L'être de la matière première du pain se dépouille des différences qui le distinguent de l'être de la matière première du corps du Christ, l'être de la forme substantielle du pain se dépouille des difl'érences qui le distinguent de l'être de la forme substantielle du corps du Christ, et les différences étant ainsi éliminées, il ne reste rien que de commun, et cet élément qui n'est ni la matière première ni la forme du pain, mais l'être des deux, se transsubstantie en l'être de la matière et de la forme, c'est-à-dire du corps du Christ. Virtute agenlis finiti non potest forma in formam mutari, nec materia in materiam; sed virtute agentis infiniti (quod habet actioneni in totum ens), potest taJis conversio fieri, quia vtrigue formée et titrigiienialeriseestcomniunis naturaentis; et id quod est entitalis in una, potest auctor enlis converlere in id quod est entitalis in altéra, stiblato eo per quod ah allero distinguebatiir. Sum. theol., III", q. Lxxv, a. 4, ad 3'"". Pareil mystère s'accomplit entre le vin eucharistique et le sang rédempteur. Ce miracle révèle donc une passivité spéciale de la matière première, passivité qui s'appelle la puissance obédienlielle (voir ce mot), et qui en éclaire par suite le concept et le rôle théologique. Cf. Chollet, Thèses theologicee ad prolytatiis gradum obtinendiini, th. xxv, Lille, 1889, p. 76.

5» Si nous cherchons en quoi consiste la causalité de la matirre et jusqu'où elle s'étend, sur le premier point la philosophie nous répond que la matière est cause interne, c'est-à-dire qu'elle concourt à l'être des substances corporelles à la façon d'un élément constitutif, et cela en passant par trois étapes successives : 1. elle reçoit la forme, en quoi Jean de Saint-Thomas, Pliil. nat., part. I, q. xi, a. 1, a raison de lui attribuer un rôle réceptif; 2. elle est unie à la forme, ce qui lui fait donner par Suarez, Disp. nwtaphys., disp. XIII, sect. IX, n. 9, un rôle unitif; 3. unie à la forme, elle constitue le composé ou la substance corporelle. Elle est donc doublement cause, elle l'est de la forme substantielle qui ne peut exister qu'en elle : Materia est causa formée in quantum forma non est nisi in materia, S. Thomas, Opusc. de principiis naturx; elle l'est du composé dont elle est un des éléments constitutifs. C'est donc par sa présence et sa réalité, et non par une activité quelconque, qu'elle cause.

6" On comprend dès lors jusqu'où s'étend l'empire de la cause matérielle. Il ne dépasse pas les bornes du monde corporel. Cependant la théologie se demande s'il y a une cause matérielle des anges, et saint Thomas répond que, selon toute probabilité, il n'y a pas de matière dans les anges, et que, si, contrairement à toute vraisemblance, il y en avait une, elle ne pourrait aucunement être pareille à celle qui entre dans la composition des corps : Relinquilur quod materia, si qua sit in spiritualibus substantiis, non est eadem cum materia corporalium reruni, sed midto altior et sublimior, utpote recipiens foi-mam secundum ejus totalitatent. De substantiis separatis, c. vu. Rapprocher cette thèse de la théorie de la materia primo prima de Scot, voir Ame, t. i, col. 1028.

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