CHALCÉDOINE
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mémo Fils, Notre - Seigneur Jésus-Christ, complet quant à sa divinité, complet aussi quant à son humanité, vrai Dieu et en même temps vrai homme, composé d'une âme raisonnable et d'un corps, consubstantiel au Père par sa divinité, consubstantiel à nous par son humanité, en tout semblable à nous, sauf pour ce qui est du péché ; engendré du Père, avant tous les siècles, quant à sa divinité ; quant à son humanité, né pour nous, dans les derniers temps, de Marie, la "Vierge, et la Mère de Dieu; nous confessons un seul et même Christ Jésus, fils
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être en deux natures, sans qu'il y ait ni confusion, ni transformation, ni division, ni sépai'ation entre elles : car la différence des deux natures n'est nullement supprimée par leur union ; tout au contraire, les attributs de chaque nature sont sauvegardés, et subsistent en une seule personne et en une seule hyposlase ; et nous confessons, non pas (un fils) partagé ou divisé en deux personnes, mais bien un seul et même fils, lils unique et Dieu Verbe, Notre- Seigneur Jésus-Christ ; tel qu'il a été prédit jadis par- les prophètes, tel que, lui-même, il s'est révélé à nous et tel que le symbole des Pères nous l'a tait connaître. Ces différents points de doctrine une fois déterminés et formulés avec toute l'attention et toute la précision possible, le saint et œcuménique synode déclare qu'il n'est loisible à personne de proposer une autre croyance ou de l'enseigner aux autres. Quant à ceux qui oseraient soit constituer une autre doctrine, soit présenter, ou enseigner, ou livrer un autre symbole à ceux qui désirent revenir de l'hellénisme, ou du judaïsme, ou de toute autre hérésie, à la connaissance de la vérité, s'ils sont évèques ou clercs, qu'ils soient exclus, les évèques de l'épiscopat, les clercs de la cléricature ; s'ils sont moines ou laïques, qu'ils soient anathème.
IV. Histoire du formulaire. — Avant d'aborder l'explication du texte dogmatique en question, il importe de savoir comment, et à la suite de quelles circonstances, les Pères furent amenés, après s'y être d'abord refusés, à rédiger le formulaire dont il fait partie intégrante. Nous n'avons pour cela qu'à consulter les actes du concile.
Déjà, vers la fin de la I" session, laquelle avait été
consacrée presque tout entière à la revision du procès de Flavien et de ses partisans tranché d'une manière si inique au conciliabule d'Éphèse, les commissaires impériaux avaient invité les évèques à exposer, chacun par écrit, son sentiment sur le dogme en discussion. Ils avaient ajouté que l'on devait d'ailleurs s'en tenir [aux règles de foi contenues dans les symboles de Nicée et de Conslantinople, tout en s'inspirant des écrits des Pères qui avaient été lus et approuvés au concile d'Éphèse, en particulier des lettres de saint Cyrille, ainsi que de la récente lettre dogmatique du pape à Flavien. Mansi, t. vi, col. 935. La discussion qui venait de se dérouler à l'occasion de la lecture des actes synodaux du conciliabule d'Éphèse avait déjà pu, grâce aux révélations piquantes et aux remarques intéressantes qu'elle avait provoquées sur les théories d'Eutychès et sur les agissements de Dioscore, éclairer suffisamment les Pères du concile sur la gravité de la question et sur la portée des déclarations qui leur étaient demandées. Celte discussion avait permis, entre autres choses, de lixer certains points de la théorie monophysite d'Eutychès restés jusque-là obscurs pour beaucoup de ses adversaires, peut-être même pour plusieurs de ses plus ardents partisans. A propos de la comparution d'Eutychès devant le conciliabule d'Éphèse et de la profession de foi écrite qu'il y avait remise à ses juges, Diogène de Cyzique fit observer que l'hérésiarque s'était bien gardé, tout en reproduisant le symbole de Nicée, de le reproduire avec l'addition qu'y avaient introduite les Pères du concile de Constantinople : tôv o-apxoOévTa (Nicée), éx 7rvEiJ|jiaTo; àYi'ovi xai Mapiaç tti; itap6Évou (Constantinople), Mansi, t. vi. col. 631, trahissant par cette omission sa négation de la consubstantialité du Verbe incarné avec Marie, et par conséquent, avec la nature humaine. Plus loin, à propos du passage dans lequel Eutychés anathématise « Manès... et ceux qui disent que la chair de .lésus-Christ est descendue du ciel, » Eusèbe de Doryléc fit remarquer à son tour qu'Eutychès avait bien consenti à reconnaître que la chair du Christ ne venait pas du ciel, mais que, malgré les instances les plus pressantes, il n'avait jamais voulu dire d'où elle sortait, ni s'expliquer sur la manière dont, selon lui, l'incarnation avait eu lieu. Ibid., col. 634. Basile de Séleucie fit, lui aussi, une déclaration intéressante et qui avait le mérite de poser nettement la question. Accusé par Dioscore d'avoir varié dans ses opinions, il rappela les termes de la profession de foi qu'il avait formulée au synode de Constantinople contre Eutychés : il adorait un seul Seigneur Jésus-Christ, qu'il reconnais.sait être, après l'incarnation, en deux natures complètes, la nature humaine et la nature divine unies hyposlatiquement (xaO'ÙTooracriv); et à Eutychés, qui admettait bien deux natures avant l'incarnation, mais ne voulait plus parler que d'une seule nature après l'incarnation, il reprochait d'introduire dans le Christ iin mélange et une confusion des natures. Plus lard, à Éphése, troublé par les menaces des partisans d'Eutychès, il avait eu la faiblesse d'atténuer cette première déclaration si franchement orthodoxe et de concéder aux monophysites que, s'ils acceptaient de parler avec saint Cyrille d'une iiE(7apxi.>- IxÉvy) xai Èvavâpwmîffaca ç-jut;, il se tiendrait pour satisfait. Mansi, t. vi, col. 634-639.
Dans la II» session (10 octobre), les Pères abordèrent directement la question dogmatique. Les commissaires impériaux leur avaient rappelé, dès le début, l'invitation qu'ils leur avaient adressée la veille d'exprimer leur sentiment sur le point de foi, objet de la controverse. Ils avaient ajouté qu'on ne leur demandait pas un nouvel exposé de la foi (exOe^i;), mais une simple confirmation des décisions conciliaires antérieures et des déclarations des Pères y relatives. Mansi, t. vi, col. 953. Cécropius de Sébastopolis fit alors observer que lui et nombre de ses collègues avaient déjà souscrit à la