‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 670 sur 741 · CHALCÉDOINE · texte numérisé non relu

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règle de foi (tOtio;) donnée par l'archevêque de Rome sur la question eutychienne. Les commissaires trouvèrent cela insuffisant et insistèrent pour que chacun des métropolitains supérieurs se réunit avec un ou deux des cvêques de sa juridiction et, après avoir délibéré sur la foi. formulât le résultat de cette délibération. Ce ser.nl, Jimit- liiil-il-;, le moyen de lever tous les doutes, en il/iii:i i|ii,iiii 11 - dissidents, s'il s'en trouvait encore. Les c'\r(|iif> ~.' n iianchèrent derrière les prescriptions du troisiome concile œcuménique pour se refuser à constituer un nouvel exposé de la foi chrétienne. FIorentius de Sardes ajouta que l'on devait en tout cas, si une nouvelle formule de foi était nécessaire, la préparer à loisir; mais que, pour lui, il considérait la lettre du pape comme bien suffisante. Mansi, t. vi, col. 953. Un donna alors lecture, sur la proposition de Cécropius de Sébastopolis, des documents qui pouvaient éclairer la foi des Pères : c'étaient le symbole de Nicée avec les anatlièmes contre l'hérésie arienne, celui de Constantinople auquel on adjoignit deux lettres de saint Cyrille, l'une adressée à Nestorius et qui avait été approuvée à Éphèse, en 431, l'autre postérieure à ce concile et envoyée à Jean d'Anlioche, en 433, comme signe et gage de l'accord que l'on venait de conclure entre Orientaux (Antiochiens) et Égyptiens ; on y ajouta enfin la lettre dogmatique de saint Léon à Flavien. Mansi, t. vi. col. 955-959. La lecture de cette dernière lettre souleva quelques rem,iii|ii.s et pinvoqua même des réserves de la part des .h/qn. - illlhiir et de Palestine. Ils signalèrent trois pa,".ui , ihii, inits dans lesquels les expressions employi'c p,ir k- pipe leur paraissaient accentuer trop fortement la séparation entre l'élément liumain et l'élément divin dans le Christ et favoriser par là même le nestorianisme. C'étaient, au c. m : Et ad persolvondum conditionis nostrœ debitum, natura inviolabilis naturx est imita passibili; ut guod nostris reniediis congruebat, umis atqtie idem mediator Dei et hominuni, hoinn Chrislus Jésus, et mon posset ex uno et morinon posset ex allero ; au c.iv: Agrif enim utraque forma cum alterius communione, quod proprium est, Verbo sciUcet opérante quod Verbi est, et carne exequente quod camis est. Ûnum horum coruscal miraculis, alius succumbit injuriis; et à la fin du même chapitre : Quamvis in Domino Jesu Christo Dei et bominis una persona sit: nlitid tnmen est, unde in utroque commnnis est r.^iitinn.'Vin . aliud unde commu- 7iis est gloria. De iiuxirn rnnn illi est minor Pâtre Jiumauitas, de Pain' ilh esl .tijikiUs cum Pâtre divinilas. Mansi, t. vi, col. 971-971.

On essaya de résoudre ces doutes et de lever ces scrupules en signalant aux évêques qui les manifestaient des passages de saint Cyrille analogues, quant au sens, quelquefois même identiques par l'expression. Néanmoins ils n'étaient pas encore pleinement rassurés et réclamèrent, par l'entremise d'Atticus de Nicopolis, en Epire, quelques jours de réflexion et d'examen. Ils demandèrent aussi qu'on leur remit, afin de l'étudier plus à loisir, une copie de la lettre de saint Cyrille à Nestorius 5 laquelle se trouvaient joints les douze anathématismes. D'autres évêques firent alors observer que si l'on devait délibérer sur la question dogmatique, il valait mieux que l'on en délibérât en commun. Entre des exigences contraires, les commissaires impériaux adoptèrent un moyen terme et décidèrent une suspension de séances pour une durée de cinq jours. Pendant ce temps, les membres du concile pourraient se réunir chez Anatole, archevêque de Constantinople, discuter en commun et ainsi s'éclairer mutuellement et dissiper les derniers scrupules de ceux qui hésitaient encore. Et comme à cette proposition beaucoup s'exclamaient disant qu'il ne subsistait plus pour eux aucun doute et qu'ils avaient déjà pleinement souscrit à la lettre du pape, les commissaires ajoutèrent qu'en ce cas, il n'était pas né-

que tous prissent part à ces réunions, qu'Anatole pourrait choisir parmi les évêques qui avaient adhéré à la lettre dogmatique ceux qui lui paraîtraient les plus aptes à éclairer et à convaincre les hésitants. Mansi. t. vi, col. 974-975.

On se sépara là-dessus, non toutefois sans s'être pris assez vivement à partie, entre Orientaux et Égyptiens, à propos d'un projet d'amnistie en faveur des chefs et des inspirateurs du conciliabule d'Éphèse condamnés précédemment, au cours de la première session, et menacés de déposition.

Avant l'expiration du délai de cinq jours qui leur avait été imparti par les commissaires, les Pères tinrent, le 13 octobre, une II» session générale où fut instruite à fond l'affaire de Dioscore, le principal meneur du parti monophysite. Les commissaires n'y assistèrent pas, soit qu'ils n'eussent pas été informés, soit qu'ils se fussent volontairement abstenus, afin de laisser aux Pères toute liberté de se prononcer. Mansi, t. vi, col. 975-1102.

La IV« session s'ouvrit le 17 octobre, deux jours après la date primitivement fi.xée. On y lut d'abord quelques extraits des actes des deux premières sessions; puis les commissaires demandèrent aux Pères ce qu'ils avaient décidé entre eux touchant la foi. Le légat du pape, Pa.schasinus, prit la parole et déclara que le synode conservait intacte la règle de foi tracée par le concile de Nicée, confirmer. :ipi, , :<\niv été complétée sur certains points, p:M I - I' r- .!ii Concile de Constantinople; il approuve, ;i|niii,i-t-)!, 1- plication de ce symbole développée à Éphe.-u p.u s, uni Cyrille; enfin, comme le saint pape Léon, archevêque de toutes les Églises (TtauMv Twv ÈxxXyiTiMv àpxcETT'ffxoTtoç), a dans sa lettre contre Eutychès parfaitement exposé la vraie foi sur ce point, le saint synode y adhère pleinement, sans en rien retrancher et sans y rien ajouter. Mansi, t. vu, col. 7 sq. Des acclamations unanimes soulignèrent cette déclaration du légat pontifical. Les commissaires demandèrent alors aux Pères de confirmer par un serment sur l'Évangile la déclaration qu'ils venaient d'approuver. Anatole prêta le premier le serment demandé; puis vinrent les légats du pape et, à leur suite, les autres membres de l'assemblée. Lorsque arriva le tour des lllyriens, l'un d'eux, Sozon de Philippes, se leva et lut au nom de ses confrères un factuni rédigé à l'avance, dans lequel ils déclaraient tous leurs doutes résolus à la suite des explications qui leur avaient été données par les légats du pape et des anatlièmes lancés par eux contre tous ceux qui diviseraient le Christ ou qui mettraient en doute que les propriétés divines ne soient unies en lui àa^f/yruii; xai aTpÉTVTMi; xai àSiatpÉTw;. Mansi, t. vu, col. 27-31. Ses dernières expressions méritent d'être remarquées, car elles figureront dans le formulaire dogmatique du concile. Ananie de Capitolias lut ensuite, au nom des évêques de Palestine, une déclaration analogue. Ibid., col. 34. Il ajouta seulement qu'il y aurait quelque utilité à ce que les légats du pape renouvelassent en public les déclarations faites par eux dans les réunions privées sur les points en question. Ibid., col. 31. On ne dit pas dans les actes quel fut le sort de cette motion. Cent soixante et un évêques exprimèrent ainsi leur avis et le confirmèrent par un serment; les autres, sur le désir des commissaires, et pour abréger, votèrent tous ensemble et par acclamation.

On réintégra ensuite dans l'assemblée conciliaire, mais seulement après en avoir référé à l'empereur, les cinq évêques qui en avaient été exclus dès la I" session : Juvénal de Jérusalem, Thalassius de Césarée, Eusèbe d'Ancyre, Eustathe de Béryte et Basile de Séleucie. Us avaient reconnu leur erreur et souscrit à la lettre du pape. Quant à Dioscore, il resta définitivement exclu du concile et déposé de son siège patriarcal. Mansi, t. vu, col. 47.

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Il ne restait donc, en fait de dissidents, que Dioscore et son groupe d'évcîques égyptiens. Ceux-ci, au nombre de treize, avaient remis la veille à l'empereur une profession de foi que celui-ci transmit à l'assemblée, pour qu'elle en prit connaissance et décidât de son orthodoxie. Les signataires de ce document déclaraient adhérer à la vraie foi et analhématiser Arius, Eunomius, les manichéens et les nestoriens, ainsi que ceux qui soutiennent que la chair du Chist est descendue du ciel et n'a pas été prise de la Vierge Marie. Ces dernières paroles pouvaient être considérées à la rigueur comme visant Eutychès ; mais le nom de l'hérésiarque ne s'y trouvant pas mentionné expressément, les Pères déclarèrent insuffisante la profession de foi en question. Mansi, t. vu, col. 51. Là-dessus, les légats du pape exigèrent des Égyptiens une réponse nette et précise sur les deux points suivants : adhéraient-ils sans restriction à la lettre du pape et consentaient-ils à analhématiser Eutychès? Ibid., col. 53. Le deuxième point ne soulîrit pas difficulté; Hiéracus d'Aplineum prononça au nom de tous l'anathème contre Eutychès. Quant au premier, il en alla autrement. Les dissidents prétendirent ne pouvoir se prononcer encore; il leur fallait, disaient-ils, réserver toute décision sur ce point jusqu'à la nomination du nouveau patriarche d'Alexandrie, attendu qu'ils devaient en tout se conformer à l'avis de leur primat. Une décision prise sans ce dernier n'aurait aucune valeur et ne serait pas acceptée par le peuple. On eut beau insister, les presser de toutes les façons; on ne put venir à bout de leur obstination, et l'on décida finalement qu'ils ne quitteraient pas Constantinople avant la nomination de leur patriarche et la solution de la question. Mansi, t. VII, col. 54-62.

Les Pères firent comparaître ensuite devant eux, Mansi, t. vu, col. 51 sq., un certain nombre de prêtres et d'archimandrites eutychiens qui avaient, eux aussi, mais avant l'ouverture du concile, fait parvenir à l'empereur une supplique rédigée dans un sens nettement monophysite. Pressés de désavouer leurs erreurs, ils se retranchèrent derrière des formules vagues et d'une orthodoxie plus que douteuse. Parmi eux se trouvait le fameux Barsumas, l'un des agents les plus actifs du conciliabule d'Éphèse et du monophysisme parmi les moines de Syrie. Voir col. 434-435. L'un de leurs chefs, l'archimandrite Dorothée, tenta l'apologie d'Eutychès. Comme on voulait savoir de lui s'il admettait cette théorie de l'hérésiarque « que la chair du Christ n'est pas de même substance que la nôtre », il se contenta de réciter ce passage du symbole de Constantinople : trapxMÔlvTa iy. Tf,ç TtapOévou xai ÈvavepwitT,oavTa et refusa de s'expliquer plus clairement. On remit à plus tard le prononcé du jugement sur son cas et sur celui de ses compagnons, mais finalement l'affaire en resta là.

C'est dans la V^ session (22 octobre) que devait être définitivement tranchée la question restée jusqu'ici en suspens de l'opportunité d'une décision dogmatique. A plusieurs reprises, dans les sessions du 10 et du 17 octobre, les Pères avaient témoigné assez clairement ne pas vouloir en publier de nouvelle. Ils revinrent ensuite sur cette première résolution et se décidèrent finalement à constituer un nouvel exposé de la foi, au moins sur les points controversés; sans que l'on puisse savoir au reste quels motifs déterminèrent chez eux ce changement de résolution. Le 20 octobre, ils avaient tenu deux fois séance pour examiner l'affaire des archimandrites égyptiens Carosus et Dorothée, ainsi que celle de Photius de Tyr. Les actes de cette double session ont été fondus par les compilateurs et les éditeurs avec ceux de la IV», de sorte que la VII= session est devenue pour ceu.\-ci la \'. Cf. Hefele, Concil., t. ii, p. 39i. Il est probable qu'au moment où se tint cette double session il était dt'jà décidé en principe que l'on rédigerait un nouveau formulaire dogmatique. Nous y voyons, en effet, Eustathe

de Béryte demander que l'on sursoie au jugement de son différend avec Photius de Tyr jusqu'après l'acceptation: de ce formulaire. Mansi, t. vt, col. 859.

De fait, dès le début de la session qui est dans les actes actuels la V«, il est donné lecture aux Pères d'une formule de foi que l'on soumet à leur approbation. Les actes ne nous disent ni quand, ni par qui elle avait été rédigée. Léonce de Byzance, De sectis, act. iv, P. G., t. i.xxxvi, col. 1236, nous a heureusement conservé ce détail intéressant que le texte en avait été arrêté la veille, dimanche 21 octobre, par une commission réunie chez Anatole. Tillemont pense, avec Baronius, qu'à en juger par l'ardeur qu'il apporta à la défendre, Anatole devait être le principal inspirateur de cette formule. Mémoires, t. xv, p. 677. Elle n'a pas été insérée dans les actes; il est donc malaisé d'en déterminer la valeur et la portée; mais les appréciations dont elle fut l'objet nous permettent de supposer que, tout en étant orthodoxe dans le fond, elle péchait par défaut de clarté ou de précision dans les termes. C'était, vu la nature du débat, un défaut grave et de conséquence. A peine la lecture en fut-elle achevée que des objections et des protestations furent formulées par divers membres de l'assemblée. A Jean de Germanicie qui réclamait des modifications, Anatole fit observer que le texte en avait été unanimement approuvé la veille. Il ajouta qu'elle était parfaitement orthodoxe et, en particulier, que l'expression de OeoTÔy.o; devait y trouver place. Mansi, t. vu, col. 99-102. Cette dernière remarque, renouvelée peu après, laisse supposer qu'il y avait quelque divergence de vue sur ce point, sans doute entre Égyptiens et Orientaux. Les légats du pape intervinrent alors dans la discussion pour déclarer, eux aussi, que la formule en question leur semblait insuffisante. 11 est donc vraisemblable qu'ils n'avaient pas pris part à la réunion préparatoire tenue la veille chez Anatole, ou, s'ils s'y étaient trouvés présents, qu'ils avaient préféré attendre, pour formuler leurs réserves, la séance générale où ils se croyaient sans doute plus assurés d'être écoutés et soutenus. Ils allèrent jusqu'à menacer, si l'on ne s'en tenait pas à la lettre du pape, de réclamer leurs papiers et de reprendre la route de l'Occident, où l'on ne manquerait pas, disaient-ils, de tenir un nouveau concile. En demandant que l'on s'en tint à la lettre du pape, les légats voulaient-ils exclure absolument toute nouvelle formule de foi, ou simplement obtenir que l'on ne s'écartât pas, dans la rédaction de cette formule, du sens et, si possible, des termes mêmes du document pontifical? Cette seconde alternative serait plutôt la vraie, puisqu'il semble résulter de la discusion qui suivit que le désaccord portait sur une question de termes et d'expressions. Mansi, t. vil, col. 102-106. Les commissaires impériaux crurent mettre tout le monde d'accord en proposant de confier à une commission mixte, qui serait composée de représentants du patriarcat d'Antioche, au nombre de six, de représentants de l'exarchat d'Éphèse, des provinces d'IUyrie, de Thrace et de Pont, au nombre de trois pour chacune de ces subdivisions ecclésiastiques, et présidée par Anatole et les légats du pape, le soin de rédiger, séance tenante et en leur présence, une nouvelle formule qui serait ensuite soumise à l'approbation des Pères. La majorité était d'avis de n'accepter aucune modification et de s'en tenir à la formule proposée. Elle traita même Jean de Germanicie de nestorien, pour avoir proposé certains changements. L'objet de tout ce pénible débat était une simple formule de trois mots à peine, mais pleine de sens et d'une importance capitale dans la question. Il s'agissait de savoir si l'on adopterait pour exprimer l'union des deux natures dans le Christ, la formule : Ix 5Jo çJTeuv, ou si l'on dirait qu'il y a en lui deux natures : S-Jo yjdei; sîvai. Cette dernière expression, déjà adoptée par Flavien pour combattre le monophysisme, Âcta concil. Constantinop., Mansi, t. vi.

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col. 73i-738, 742-743, 746, avait l'avantage d'exprimer clairement la persistance des deux natures dans le Christ après l'union ; c'est celle que défendaient les légats. L'autre, bien que susceptible d'une interprétation orthodoxe, restait justement suspecte à cause des réserves et des sous-entendus qu'elle pouvait dissimuler. Dire que le Christ était de deux natures, ix 6Jo çj^ewv, n'impliquait pas nécessairement qu'il fût encore en deux natures, l'union une fois réalisée. La formule avait donc un arrière-goùt monophysite très prononcé, et les plus acharnés partisans d'Eutychès, tels que Dioscore, pouvaient parfaitement l'admettre, sans compromettre en rien leur théorie. Ce dernier s'étant même vanté d'avoir fait ccnd.Tmner Flavien parce qu'il avait soutenu qu'il y avait iloux natures dans le Christ : ô'jo ç-JaEijeînEv EÎvat, il importiiil nnx Pèies du concile de ne laisser subsister aucun doute sur leur pensée et d'exclure toute expression équivoque et dont les hérétiques pussent abuser. C'est ce que firent remarquer avec beaucoup de bon sens et de loyauté les commissaires impériaux, inspirés peut-être par les légats du pape. Anatole, l'inspirateur et le défenseur de la formule incriminée, n'en avait-il pas remarqué le caractère louche et équivoque, ou bien dissimulait-il derrière elle une arrière-pensée qui eût été rien moins qu'orthodoxe'? L'insistance avec laquelle il s'empressa de justifier Dioscore de tout soupçon d'hétérodoxie, en affirmant que, s'il avait été condamné, ce n'était point à cause d'erreurs sur la foi, mais pour avoir osé excommunier le pape et résister au concile, laisse planer quelque doute sur la pureté et la francliise de ses intentions. Il semble avoir parfaitement saisi le caractère équivoque de la formule qu'il défendait et contre les commissaires impériaux et contre les légats du pape. Mansi, t. vu, col. 102-lOi.

Les commissaires insistèrent et firent remarquer que le synode, ayant approuvé unanimement la lettre de Léon, ne pouvait moins faire que d'accepter la doctrine qui y était contenue. Mansi, t. vu, col. lO-i. Mais la majorité des évèques ne voulait pas entendre parler d'une autre formule que de celle d'Anatole. Il fallut pour vaincre leur obstination recourir à l'autorité de l'empereur. Celui-ci, informé de l'incident, fit parvenir au synode un décret dont la teneur était la suivante : ou bien les Pères consentiraient à constituer la commission proposée par les commissaires et à lui confier la solution du différend, ou bien chaque métropolitain ferait en son nom et au nom de ses suffragants une déclaration de foi explicite et nette; au cas où l'une et l'autre de ces deux alternatives seraient rejetées, le concile serait dissous et il en serait convoqué un nouveau en Occident pour résoudre la question laissée en suspens. Mansi, t. vir, col. 105.

Loin de céder, les opposants ne s'en montrèrent que plus obstinés. « Qui ne veut pas souscrire à la formule proposée, disaient les lUyriens, celui-là est nestorien, qu'il parte pour Rome, si cela lui plait. » Évidemment, pour eux, la formule de la lettre dogmatique in duabus naturis, avait l'inconvénient de trop faire ressortir la distinction des deux natures; en dépit des explications fournies par les légats du pape, elle restait à leurs yeux suspecte de nestorianisme. Mansi, t. vu, col. 106. Les commissaires, une dernière fois, posèrent la question en termes aussi précis que possible. « Dioscore, dirent-ils, ne veut pas reconnaître qu'il y a deux natures dans le Christ, To èx o-Jo çÛctewv ûé^ofxai, to ôè ouo oy ôs/ofiatî tandis que Léon affirme qu'il y a dans le Christ deux natures unies entre elles, ào-jyxÛTw;, iTpéTiTwç, àSiaipé- Tto;. Qui voulez-vous suivre, Léon ou Dioscore? » Tous de s'écrier : « Nous croyons comme Léon et non comme Dioscore. — Acceptez donc dans votre déclaration de foi, reprirent les commissaires, l'enseignement de Léon. » Mansi, t. vu, col. 106. Les actes, tronqués sans doute à cet endroit, ne nous disent pas quelle réponse la majo-

rité opposa à cette sommation. Il est peu vraisemblable que la discussion ait immédiatement pris fin et que l'assemblée se soit ralliée à l'unanimité, et sans résister plus longtemps, au projet de constituer une commission. C'est cependant ce qui finit par être accepté. La commission, composée en tout de vingt-trois membres, se réunit immédiatement dans la chapelle de Sainte-Euphémie et n'en sortit qu'avec une nouvelle formule de foi, dont Aétius, diacre de l'Église de Constantinople, donna, séance tenante, lecture aux Pères assemblés. Elle fut accueillie par les acclamations unanimes du concile et remise aux commissaires pour être présentée à l'empereur. Mansi. t. vu. col. 118.

Il est probable que YAllocutio adressée à l'empereur Marcien au nom du synode, Mansi, t. vu, col. 455, fut rédigée dans la même séance et transmise en même temps que le décret de foi. Comme elle porte presque exclusivement sur la lettre dogmatique de saint Léon, dont elle fait l'apologie et qu'elle défend de tout reproche d'innovation en matière de foi, on peut, semble-t-il, admettre avec Tillemont, Mémoires, t. xv, p. 713, qu'elle fut composée en entier par les seuls légats du pape. Cela est d'autant plus vraisemblable que le texte de cette allocution porte moins le cachet d'une traduction que celui d'une rédaction originale.

Le 25 octobre, eut lieu, en présence de l'empereur et de l'impératrice, une séance solennelle dans laquelle, après une brève allocution de l'empereur, Aétius donna lecture du décret dogmatique.

Puis tous les évèques présents y apposèrent leur signature; après quoi ils saluèrent l'empereur et l'impératrice des acclamations d'usage. Le concile avait terminé la partie dogmatique de sa tache, il ne lui restait plus qu'à régler des questions de discipline.

V. Explication du décret dogmatique. — Le décret dogmatique auquel le concile de Chalcédoine a attaché son nom, Mansi, t. vu, col. 108-118, ne revêt point, comme ceux des deux premiers conciles œcuméniques, la forme d'un symbole court et précis; c'est plutôt un exposé assez développé de la foi chrétienne sur l'incarnation. Après un préambule d'une quinzaine de lignes sur les hérésies en général, les Pères mentionnent, pour les approuver, les trois premiers synodes œcuméniques ; puis ils insèrent en entier comme règles invariables de la foi, les symboles de Nicée et de Constantinople. Mansi, t. vu, col. 110-112. Ils opposent ensuite aux hérésies de Nestorius et d'Eutychès, résumées en une formule courte mais très précise, les deux lettres de saint Cyrille déjà mentionnées, l'une à Nestorius, Epist., IV, P. G., t. Lxxvii, col. 43-50, l'autre à Jean d'Antioche, Epist., XXXIX, col. 173-182, ainsi que la lettre dogmatique de saint Léon à Flavien, Epist., xxviii, P. L., t. Liv, col. 755-782; enfin, ils donnent à leur tour un abrégé des croyances catholiques sur le mystère de l'incarnation, abrégé dirigé spécialement contre les erreurs de Nestorius et d'Eutychès. Remarquons, en passant, que le concile ne fait aucune mention expresse de la célèbre lettre de saint Cyrille à Nestorius qui se termine par les XII anathématismes. £pist., xvii, P. G., t. LXXVii,col. 106- 122. Atticus de Nicopolis avait cependant attiré l'attention des Pères sur celte pièce importante de la controverse christologique. Mansi. t. vu, col. 973. Il avait demandé qu'on la communiquât aux membres de l'assemblée, soit comme règle de foi à l'égal des deux autres lettres, soit à titre de simple document. Nous ne voyons nulle part dans les actes du concile que l'on ait donné suite à cette proposition. Les Pères de Chalcédoine se contentèrent d'englober cette lettre dans l'approbation générale qu'ils accordèrent aux décisions du concile d'Éphèse et, par suite, à la doctrine christologique de saint Cyrille. Us ne jugèrent pas à propos de la mentionner expressément et de lui donner la consécration de leur autorité. C'est sans doute que cette lettre, avec les anathé

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inatismes qui la terminent, étant dirigée contre l'hérésie de Nestorius, renfermait certaines expressions qu'ils ne trouvèrent pas conformes à celles qu'ils avaient cru devoir adopter contre l'erreur d'Eutychès. On aurait pu les accuser de favoriser le monophysisme tout en condamnant Eutychès, et le parti des Orientaux très puissant au concile ne l'eût pas toléré. Notons aussi que le concile laisse de côté, et à dessein, l'expression « d'une nature dans le Christ «, en dépit de l'autorité de saint Cyrille qui avait cru pouvoir s'en servir sous cette forme : |j.(a (piiaiç toû ©eo-j Aôyou at<jnp%u>\i.hr\. Il la rejette, non évidemment pour condamner, même tacitement, ce saint docteur, mais pour éviter un terme qui eût pu prêter à équivoque.

Pour expliquer, même brièvement, les termes principaux de ce décret, force nous est de donner un rapide aperçu de la théorie monophysite d'Eutychès qui y est spécialement visée. Cette théorie portait sur trois points distincts. Eutychès niait, en premier lieu, que la chair du Christ eût été tirée de celle de la Vierge, et par conséquent qu'elle nous fût consubstanlielle, ô(j.ooO(rioi; Tiiiîv. C'est ce qu'avail soutenu l'hérésiarque devant les mandataires du synode venus pour l'interroger, à l'époque où Flavien instruisit son premier procès. Mansi, t. vi, col. 700. Il leur avait déclaré en même temps admettre [liav fjffiv TO'j 0£oO oapxoOsvToç, et croire cependant que Jésus-Christ est t6),eio; ©eôc et TéXeioç avOpmTto;. Lorsque, après plusieurs sommations, il se décida à comparaître en personne devant le synode, dans la session du 22 novembre, Mansi, t. vi, col. 732, ce fut pour y confirmer en ces termes sa première déclaration : à'w; oTri!Ji,Epov oùx EtTtov TÔ cTMiia TOÛ Kupfou xa'i 0EOÛ fiiiûv éiJLOoûo-tov •ri|itv.76)rf., col. 741. Flavien témoigne aussi de ce point de la doctrine d'Eutychès dans sa lettre à saint Léon. Epist., XXII, P. L., t. Liv, col. 728. Si la chair du Christ n'était pas tirée de celle de la Vierge, d'où venait-elle, d'après l'hérésiarque? Théodoret de Cyr, De hxi:, iv, 13, P. G., t. LXXXiii, col. 437, et Anastase le Sinaïle, '08tiyo;, c. v, P. G., t. Lxxxix, col. 99, affirment que pour lui la chair du Christ avait une origine céleste et n'avait fait que passer, comme à travers un canal, par le sein de la Vierge; c'est pourquoi, tout en étant une chair humaine, elle ne nous était pas consubstantielle. Ajoutons, pour être complet, qu'accusé sur ce point, Eutychès avait repoussé comme une calomnie l'imputation d'une pareille doctrine. Synode du 13 avril 449, Mansi, t. vi, col. 778. Il est fort possible qu'après l'avoir lancée et soutenue, il y ait ensuite renoncé, laissant d'ailleurs mutilée et incomplète sa théorie sur l'origine de l'humanité du Christ. Cf. Tillemont, Mémoires, t. xv, p. 488. Le point principal de l'hérésie d'Eutychès était la négation de la dualité de nature dans le Christ. Comme on lui demandait s'il reconnaissait deux natures en Jésus-Christ, il répondit ; înioloySi èx 6Jo 9j(xeù)v Y'Y^" vr,c8at tov Kûpiov •f)[X(i3v upb Ty\ç svwireti);, [xerà Se ttiv EvrofTiv (itav ç'jîTiv é|xoXoyM. Mansi, t. VI, col. 474. Ainsi donc, deux natures avant l'union, une seule nature après l'union, telle était la formule du dogme eutychien. Son auteur prétendait s'en tenir sur ce point à la plus pure doctrine des Pères, en particulier de saint Athanase et de saint Cyrille; il visait évidemment, en parlant ainsi, la fameuse formule de saint Cyrille : \i.ix çûsiç TO'j ©EoO Aoyou (TEoapxwjiÉvr). Pressé de se rétracter, il refusa et fut condamné.

Quelle était au juste la pensée d'Eutychès, lorsqu'il parlait de deux natures avant l'union'? Saint Léon dans sa Iriii-,;'! luIiiTi ilfCos,£'p!s«.,xxv,P.L.,t.Liv,col.808, cIh i< il. ,1 --\| ilii|uer et à expliquer à son correspondant la 1(11 iiiiil. '|i 1 hnvsiarque, en attribuant à celui-ci l'opinion oiiyi'i]i>h' ili' la préexistence des âmes. Eutychès, dit-il, aura cru peut-être que l'âme du Christ avait préexisté dans le ciel, avant d'entrer en contact dans le sein de la Vierge avec la divinité du Verbe. Cette explication

est sans doute trop favorable et suppose dans le moine ignorant et têtu qu'était au fond Eutychès beaucoup plus de philosophie et de logique que n'en pouvait contenir son étroit cerveau. C'est du moins l'impression que laissent son système de défense et ses procédés d'argumentation en face de ses juges. Il se contente d'affirmer, sans jamais rien justifier, ni surtout rien expliquer. Il n'avait pas évidemment de système arrêté sur ce point de sa théorie ; et il est permis de voir avec Petau, De incarnat., i, 14, Anvers, 1700, t. v, p. 35, dans son affirmation de deux natures avant l'union, moins une opinion raisonnée qu'une impasse où il fut poussé par l'ignorance et l'irréflexion. Il tenait essentiellement, c'était le point fondamental de son système, à ce qu'il n'y eût dans le Christ qu'une seule nature formée par l'union de la divinité avec l'humanité. La formule : « une seule nature après l'union, » l'amena naturellement à cette autre formule : « deux natures avant l'union, » par laquelle' il croyait traduire cette expression des Pères que le Christ est de deux natures, Ix 8jo çJffEwv. Il ne songeait même pas à compléter, par une hypothèse quelconque sur la préexistence à l'union de l'humanité du Christ, la théorie hybride qui naisssail de l'expression ainsi travestie des Pères. Les monophysites imaginèrent dans la suite de combler cette lacune, en distinguant entre l'incarnation aâpxwo-iv et l'unition Evuaiv, qu'ils définissaient, celle-ci : i-riv twv StEOTÔiTwv (Tuvâçetav, celle-là : t-?,; rrapxô; Tf|V àvâXïiAiv. Théodoret, £rantsies, dial. II, P. G., t. Lxxxill, col. 137. Dans l'incarnation, disaient-ils, il y a deux natures distinctes; survient en suite l'unitio, qui les combine en une seule. Quant à tirer d'eux à quel moment se produisit cette unitio qui succéda à l'incarnation, il n'y fallait pas songer.

Ce qu'il y avait de plus clair dans le système d'Eutychès, c'était en somme la théorie de l'unité de nature. 11 suffit de se reporter pour ce point aux actes des synodes et aux lettres de saint Léon précédemment cités. Flavien, dans sa lettre à saint Léon, Epist., xxvi, P. L., t. LIV, col. 748, résume le fond du système dans cette claire formule : irpô nèv tt,? £vav6p(.)7tr|(T£u); toO o-MTrjpoç Ti[i(iv 'Iti^où XpiffToO S'JO ç-Jo-Ei; sivai, 6e6tt,toç xal àv6pïri7:r,(T£wç- [xsTa Se Trjv ëvtOfTiv [jLÎav çufftv •(e'^o-vi'ia.i. Or ceci ne peut s'expliquer que do l'une ou de l'autre de ces trois manières : ou bien l'une des deux disparait absorbée dans l'autre; ou bien toutes deux disparaissent transformées en une troisième ; ou bien toutes deux restent intactes, unies simplement en une troisième. Quelle était de ces trois hypothèses celle à laquelle se rangeait Eutychès'? Théodoret, Eranistes, dial. 11, P. G., t. Lxxxiii, col. 154, met sur les lèvres de son interlocuteur monophysite cette opinion que, dans l'union, la divinité aurait absorbé l'humanité comme la mer absorbe la goutte de miel versée dans son sein. Et rejetant, pour exprimer cette absorption, le terme de confusion, (jJYx'Jtr';> le monophysite la définit ainsi : o-jx àçavKHiôv Tr|; ),Eiç6Eto-c,ç çOoeidç ).£yonEv, à),>.à tt|V ei? 6E(iTYiToc oûofav liETaëoXïiv Était-ce là la véritable pensée d'Eutychès? Il est bien difficile de l'affirmer. Sur ce point, comme sur beaucoup d'autres, l'hérésiarque n'avait pas sans doute d'opinion arrêtée. Il refusait bien de caractériser l'union des deux natures par le terme de .TJYzuTi;, mais logiquement son système aboutissait à la théorie contenue dans cette expression. C'est ce que lui avait fait remarquer Basile de Séleucie au moment de sa condamnation. Mansi, t. vi, col. 745. Des théories explicatives de l'union d'après le système monophysite, celle qui compromettait le moins la réalité des deux natures, en admettant dans le Christ une rencontre de ces deux natures quelque peu analogue à celle du corps et de l'Ame dans l'homme, ne fut imaginée que plus tard et défendue surtout par les timothéens. En somme, Eutychès avait trois points à son actif : il niait

CHALCEDOINE

la consubstantialité du Christ avec l'homme, et en arrivait par là logiquement à refuser à Marie, tout aussi bien que Nestorius, le titre de ôso-rtixoç ; il admettait, quelle que fut la manière, l'absorption de l'humanité dans la divinité; et il prétendait, d'accord en cela avec lui-même, ne plus pouvoir parler après l'union que d'une seule nature. Cette théorie rappelait, par certains de ses éléments, celle d'Apollinaire et menait à peu près aux mêmes conséquences. Rien d'étonnant donc que le nom de cet hérésiarque ait été, à plusieurs reprises au cours des débats conciliaires et jusque dans le décret dogmatique, rapproché de celui d'Eutychès.

Reprenons avec ces données le texte de ces décrets, en nous rappelant d'ailleurs qu'il ne visait pas seulement le monophysisme eutychien, et qu'il constituait plutôt un exposé général de la théorie orthodoxe de l'incarnation défigurée par les exagérations opposées des systèmes de Nestorius et d'Eutychès. Loofs. art. Christotogie, dans Realencyklopâdie, t. iv, p. 51, assure que ce décret constitua comme une sorte de compromis entre la théorie alexandrine modérée de l'incarnation représentée par saint Cyrille, et la pure théorie occidentale, incarnée dans la lettre dogmatique de saint Léon, avec, toutefois, une prépondérance marquée de cette dernière sur la théorie rivale. Et il prétend que c'est parce qu'il n'y avait dans cette formule qu'un compromis, et non pas une solution nette et définitive de la question, que la controverse se prolongea si longtemps et avec tant d'acharnement. Cf. J. Labourt, Le christianisme dans l'empire perse sous la dynastie sassanide (S34-652), Paris, 1904, p. 257-261. Il serait plus vrai de dire que le décret du concile de Chalcédoine assura le triomphe définitif de la vraie et authentique doctrine catholique de l'incarnation sur les systèmes qui l'altéraient ou la mutilaient, et coupa court, par la clarté et la précision iiiV']iii.cli;iMf di's termes avec lesquels il la formula. ;iii\ mlr, p,. tilimis individuelles et fantaisistes des textes >\,- I Kciituie et de la pensée, parfois obscure et hésitante, il faut l'avouer, des Pères sur ce point. Quant aux luttes et aux controverses qui s'ensuivirent, on sera tout aussi près de la vérité, sinon plus, en les mettant sur le compte de cet incurable esprit de parti et de nationalité qui fut toujours et qui reste encore le trait distinctif de l'Orient.

Un examen quelque peu attentif du décret précité permrt .l'y rviidinn-, incorporés dans la trame du texte, un I II, Mil iiniMliv de termes, d'expressions même, ei]]|.i nul.- il' liulr pièce aux différents documents sign.ili < |i|ii~ huit. Helevons, en particulier, l'analogie frappante qui existe entre le passage : i'va, xct'i tov aOrov 6\>.rj}.oyv.y\)\6-j... ÈxMapia; Tri; ïrapOévoy, elle passage suivant de la profession de foi dcneloppée par saint Cyrille dans son Epist. ad nrienl., i.xxxyyii. P. G., t. LXXVII, col. 176-177 : Tbv -jîo-, to-: (->eo-: tv, aovov:/?, Him zé\no-i

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