DEGRÉS DE LA CU.iniTÉ P.inF.itTE EN CETTE VIE
— 1» Saint Thomas, Sum. theol., II» II=, q. xxiv, a. 9, s'appuyant sur saint Augustin, In Epist. Joa. ad Parthos, tr. V, c. III, n. 4, P. l., t. xxxv, col. 2014 : cum
CHARITE
fiieril nata, nutritur; cum fuerit nutrila, rohoratw ; cum fuerit roborata, perficitiir, énuméio li'ois degrés
de cliarité parfaite. — a) La clin il. , m t'cartant
simplement ce qui est conli .n - l i in ililection, ita scilicet qiwd nihil cogih'l ii , ininsedi-
lectioni sit contrarium et hac in, le^Uo l... m/iiniMnis omnibus caritatem habenlibus. Sum. theuL, II» II», q. XXIV, a. 8; q. CLXXXiv, a. 3, ad 3<"». Cette charité est encore appelée caritas incipientium , parce que son effort principal est de s'éloigner du péché grave et de résister aux inclinations qui y entraînent. II» II»^, q. xxiv, a. 9. — 6) La charité des proficientes qui s'ellorcent de réaliser ce qui est agréable à Dieu, sans cependant éviter tout ce qui lui déplaît ou sans tourner constamment vers lui toute l'énergie de leurs aU'ections. — c) La charité des perfecli qui s'efforcent de garder en tout une union intime avec Dieu en évitant tout ce qui lui déplaît et en accomplissant tout ce qui lui est plus agréable. S. Thomas, Sum. llieoL, II» II*, q. xxiv, a. 8, 9; q. CLXXXIII, a. 4; q. CLXXXIV, a. 3.
2» Le degré de perfection intensive de la charité ne va pas nécessairement de pair avec la perfection de la connaissance. Ces deux perfections sont d'ordre différent. Tandis que la perfection de l'amour consiste dans l'union affective avec le bien présent ou espéré, la perfection de la connaissance est une parfaite équation entre la vérité objective et la perception. S. Thomas, Sum. tlieoL, I" II»-, q. xxvii, a. 2, ad a""» ; II» II*, q. XXVI, a. 7; Quœst. disp.. De caritate, a. 4, ad 4""'. Ces deux perfections n'ayant aucune connexion nécessaire, piuvi ni n'. lie point proportionnées. Ainsi dans
la di\ 1- III 11. .Ml Dieu est connu par la foi surtout
sous son iiii il.iii .1 iMcompréhensibilité et d'une manière indisinule, l.i rmmaissance est très imparfaite relativement aux attributs qui restent presque tous invisibles. L'amour envers Dieu est cependant très intense.
Mais si la charité peut en perfection surpasser la connaissance, elle ne peut jamais se produire sans quelque connaissance. Les expressions apparemment divergentes de certains auteurs mystiques signifient seulement que la contemplation mystique peut n'être accompagnée d'aucun acte discursif ou d'aucun raisonnement. Thomas de Vall^ornera, Myslica theologia divi Tlinniœ, n. 1127 sq., 113'i scj., Turin, 1891, t. ii, p.205sq.,209 sq. ; Bossuet, Mystici in tiUo, part. I, a.l, c. l, n. 1 sq., Paris, 1836, t. X, p. 401 sq.; Massoulié, Traité de la véritable oraison d'après les principes de saint Thomas, Paris, 1901, t. i, p. 55 sq.; Meynard, Traité de la vie intérieure, Paris. 1899, t. n, p. 27 sq. ; Poulain, Des grâces d'oraison, 3" édit., Paris, 1901, p. 112 sq. Il est d'ailleurs très vrai qu'une intense charité envers Dieu, par les intimes jouissances qu'elle procure, augmente la connaissance expérimentale du divin et dispose en même temps l'âme à recevoir de nouvelles lumières. Nous ne nous arrêterons point à réfuter ce préjugé que la science est par elle-même un obstacle à la vraie dévotion. Elle n'est un obstacle que si elle se confie entièrement en elle-même. Quand elle reste parfaitement soumise à Dieu, elle aide plutôt la dévotion. Scientia et quidguid aliud ad magmtudinem perlinet, occasio est quod honw confidat de seipso, et ideo non totaliter se Deo tradat; et inde est quod hujusmodi quandoque occasionaliter devotionem impediunt : et in simplicibus et niulieribus devolio abundat elationeni comprimendo; si tamen scientiam et quamcumque aliam perfectionem homo perfecte Deo subdat, ex hoc ipso devotio augetur. S. Thomas, Sum. theol., II» II»', q. L.xxxil, a. 3, ad 3>"°.
3" La pratique de la parfaite charité n'est point nécessairement liée à l'observance des conseils évangéliques. S. Thomas, Sum. theol., II» II», q. Lxxxiv, a. 4. Celle-ci cependant aide habituellement à mieux réaliser la charité et à la maintenir plus efficacement. S. Tho-
nas, Sum. theol, II» II»-, q. ci.xxxiv, a. 3; Cont. gent., 1. III, c. cxxx; Opusculum, xvii, c. vi. —4» A plus forte raison la charité peut-elle être très parfaite en dehors des états mystiques. C'est cependant un fait bien attesté que les âmes qui profitent sagement de ces divines faveurs en retirent le plus souvent un considérable accroissement de charité. — 5» Si parfaite que soit la charité possédée en cette vie, elle ne peut jamais être un continuel état d'union avec Dieu. Ce privilège n'appartient qu'à la vie bienheureuse. S.Thomas, Sum. theol., II» II»*, q. xxiv, a. 8; Qusest. disp.. De caritate, a. 10. — 6» La perfection de la charité, si intense qu'elle puisse être, ne comporte jamais, ne peut même jamais comporter un amour divin absolument désintéressé, entièrement exempt de tout amour de soi, si légitime qu'il fut. Nous l'avons prouvé précédemmenten exposant la nature du motif de la charité.
///. ge::èse de l'.u-te de cnARirÉ p.iitF.iiTE. — l" C'est une vérité de foi qu'aucun acte de charité surnaturelle ne peut être produit sans le secours d'une grâce absolument surnaturelle. // conc. Arausicanum, can. 25, Denzinger, Enchiridion, n. 168. — 2» Cette grâce absolument nécessaire est-elle toujours une grâce simplement actuelle, même pour l'acte de charité parfaite immédiatement antérieur â la justification ? estelle, dans ce dernier cas, la grâce sanctifiante à la fois principe de vie surnaturelle dans l'âme justifiée et cause dispositive à la justification '.' Question librement discutée par les théologiens et dépendante de cette controverse plus générale : les dispositions immédiates à la grâce sanctifiante proviennent-elles d'une grâce actuelle simplement surnaturelle ou de la grâce sanctifiante simultanément forme accidentelle et cause dispositive à la réception de cette même forme'? "Voir Grâce. — 3° L'acte de charité parfaite peut être immédiatement produit sans avoir été précédé de dispositions préparatoires plus ou moins éloignées. Témoin de subites conversions miraculeuses dûment constatées. C'est d'ailleurs ce qui résulte du fait communément admis de la sanctification des anges et de la sanctification d'Adam au premier moment de leur existence. Il est cependant dans l'ordre habituel que l'acte de charité parfaite soit précédé de l'amour imparfait immédiatement antérieur à l'acte d'espérance. D'où résulte dans l'ordre surnaturel l'importance de ces dispositions préparatoires. S. Thomas, Sum. theol., II» II», q. xvii, a. 8.