‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 675 sur 741 · IV. EFFETS DE L'ACTE DE CBAniTÉ PARFAITE EX · texte numérisé non relu

IV. EFFETS DE L'ACTE DE CBAniTÉ PARFAITE EX

DEBons DE L'ACTiox SACBAMEXTBLLE. — U Justification extrasacramentelle immédiatement produite dans l'âme. — 1. Fait de l'infaillible connexion entre l'acte de charité parfaite et la justification. — a) Principe général. — C'est une vérité certaine que la grâce sanctifiante est toujours infailliblement produite dans l'âme, toutes les fois que l'âme apporte comme disposition un acte de charité parfaite renfermant la volonté d'accomplir tout ce qui est exigé par Dieu pour la justification. — a. C'est une déduction certaine de tous ces textes de l'Écriture qui identifient pratiquement la charité actuelle avec l'intégral pardon immédiatement accordé par Dieu au pécheur. Prov.. viii, 17; x, 12; Joa., xiv, 21, 23; Luc, vu, 47; I Pet., iv, 8; I Joa., m, 14 sq. ; IV, 7, ou qui identifient la parfaite contrition ou conversion avec l'entière rémission des péchés. Ezech., xviii, 21 sq.; -xxxiii, 11 sq. ; Zach., i, 3. Cette charité telle qu'elle est décrite, ne peut être qu'un amour d'amitié envers Dieu et cette entière conversion ne peut être réalisée qu'à la même condition. Cet amour d'amitié auquel la rémission des péchés ou la justification est infailliblement attribuée n'étant autre que la charité parfaite, c'est donc elle qui assure toujours la possession de la grâce sanctifiante. C'est ce qui résulte de l'identification absolument affirmée entre l'une et l'autre.

CHARITE

sans réserve ni restriction. — 6. Toute la tradition attribue le même effet à la parfaite pénitence, conversion ou charité, ce qui en réalité se ramène à la charité d'où seulement procède l'entière conversion ou pénitence. Nous indiquerons seulement les principaux passages des Pères avec les textes de l'Écriture sur lesquels ils appuient leur enseignement. Tertullien, De psenitentia, c. iv, P. L., t. i, col. 1233 sq., cite Ezech., XVIII, 21, 23; xxxiii, 11; S. Cyprien, De lapsis, c. XXXVI, P. L., t. IV, col. 493 sq., cite Ezech.. xxxiii, 11; Joël, II, 13; Is., xxx, 15, suivant la traduction des Septante; Origène, In Lev., homil. ii, n. 4, P. G., t. XII, col. 418, s'appuie sur Luc, vu, 47; I Pet., IV, 8; S. Pacien, Epist., m, ad SyiiipronianKm, n. 8, 16, P. L., t. XIII, col. 1068, 1074, cite Is., xxx, 15, d'après les Septante; Is., lv. 7; .Toel, n. 12 sq. ; S. Ambroise, Epist., Lxvii, P. L., t. xvi, col. 1250 sq., cite Luc, xxiii, 53; S. Jean Chrysostome, In II Tim., homil. vil, n. 3, P. G., t. Lxii. col. 640, d'après Rom., xiii, 10; S. Augustin, In Epist. Joa. ad Pavthos, tr. V, n. 7, P. L., t. xxxiv, col. 2016, invoque I Joa., m, 9; De irinilate, 1. XV, c. cxviii, P. L., t. XLii, col. 1082 sq., d'après Rom., v, 5; S. Grégoire le Grand, In Evangelia, homil. xxxiii, P. L., t. lxxvi, col. 1241 sq., cite Luc, VII, 47. Les auteurs subséquents jusqu'à Hugues de Saint-Victor reproduisent ces mêmes affirmations des Pères des six premiers siècles. Hugues de Saint- Victor (11141), De sacramentis, 1. II, part. XIV, c viii, P. i., t. CLXxvi,col.564sq.,citePs. xxxi, 5;Is., Lviii.9; Ezech., XVIII, 21. Cependant Hugues, tout en admettant que la contrition obtient toujours la rémission de Vobduratio mentis correspondant à la tache du péché, nie que son effet s'étende à toute la rémission du debitum futurœ damnationis que produit seule l'absolution sacramentfllf. 7.,.r. r,î. l'ierre Lombard, IV Sent., dist. XVII, /'. /... I. (A( 11, c^'l. 880 sq., admet intégralement l'efficacili il. 1.1 cuulrilion qu'il base sur Ps. xxxi, 5; L, 19, mais il iiatlribue à l'absohition sacramentelle qu'un rôle purement déclaratif. Voir 1. 1, col. 173 sq. Plusieurs auteurs de la fin du xii' siècle et du commencement du xiiF suivent partiellement les idées de Hugues ou de Pierre Lomljard sur le rùle de l'absolulion, sans mettre en question le principe de reflicacilé de la contrition. Voir t. I, col. 174 sq. Saint Thomas maintient dans toute son intégrité l'eflicacité de la contrition, Sum. theol., Suppl., q. v, et celle de la charité parfaite, Suni. t/ieo(. , II« Ilif, q. xxiv, a. V2, ad 5"'», pour l'entière rémission des péchés. Ce qu'il concilie avec l'efficacité du sacrement, par cette observation que la contrition doit comprendre quelque volonté de recevoir le sacrement et qu'en ce sens l'effet n'est produit que d'une manière dépendante du sacrement. Conl. gent., 1. IV, c. LX.Mi. Voir t. I, col. 177 sq. Cette doctrine de l'efficacité de toute contrition ou de toute charité parfaite fut communément suivie par les théologiens subséquents jusqu'au xvp siècle. ,\ partir de cette époque quelques lln'olo-iens hi restreignirent considérablement. Suivant .C.hien, Qicrst. iii IV Sent., priesei'tim circa sacraincnta, q. ii; Quœst. quodlibelicœ, q. v, a. 3, la contrition parfaite et par conséquent la charité elle-même, ne cause la justification que si elle est produite avec le maximum d'intensité actuellement possible. .Xihicii s jppuie principalement sur ces textes de l'Écritvii. i|iii rsi!j. ni (|ue l'on se convertisse à Dieu de toulciini. lii'iii,, i\, 29; Is., LXVi, 2; Joël, li, 12, ou qu'on l'aiiiiu de lùul suu cœur et de toutes ses forces. Deut., VI, 5; Matth., xxii, 37; Marc, xii, 30; Luc, x, 27. Les théologiens contemporains combattirent communément cette opinion. Melchior ,Cano, Relectiones de pœnitenlia, part. III, Opéra, Venise, 1759, p. 410 sq. ; Dominique Soto, In IV Sent., dist. XVII, q. ii. a. 4, Douai, 1613, p. 414 sq. ; Vega, De jnsli/icatione, 1. XIll, c. XXIV, Cologne, 1572, p. 556 sq. Malgré la désapproba-

tion indirecte du concile de Trente n'exigeant dans la contrition aucune intensité pour la pleine justification de l'âme, sess. XIV, c. iv, l'opinion d'Adrien fut encore partiellement soutenue parBerti (•{■ 1766), De theologicis disciplinis, 1. XXXIV, part. I, c. v, et par Gazzaniga (t 1799), Preelectiones theologicx, l. ix, disp. VI, C; v, n. 134, 141. Nonobstant l'enseignement du concile de Trente, Baius, s'appuyant sur sa fausse notion de la justice, proposit, 42, 69, Denzinger, Enchiridion, n. 922, 949, et sur un concept exagéré de la nécessité des sacrements de baptême et de pénitence, avait soutenu que la charité parfaite soit dans les catéchumènes, soit dans les fidèles repentants peut exister sans la rémission des péchés. Proposit. 31-33, 70, 71, Denzinger, n. 911 sq., 950 sq. Estius (f 1613) avait affirmé une erreur presque identique à celle de Baius en disant que la contrition ou la charité parfaite, même avec la volonté de recevoir le sacrement de baptême ou de pénitence, ne justifie effectiveuient que dans le cas d'extrême nécessité ou à l'article de la mort quand le recours au prêtre est impossible, ou quand le sacrement ne peut être demandé ou reçu sans grave scandale ou sans danger dépêcher. In IV Sent., dist. XVII, pari. II. Ces affirmations de Baius et même celles d'Estius contredisent l'enseignement catholique, d'après le concile de Trente, sess. XIV, c. iv, et d'après les propositions condamnées dans Baius. Bellarmin, De pxnitentia, l.IV, c. XIll -q : Viisciuez, In III"'", t. Il, disp, CLII, c I,n, 3; SylNiii-, ;- ,.(-/.,. /,',ii. Sum. theol. , Ci. v, a, 1, concl. 2; SÏiart/, Ih ji^eiiiirnlia, disp. IV, sect. vu, n. 1; Lugo, De pœnilcnlia, disp. V, sect. VIII, n. 98 sq.; Salmanticenses. Cursus théologiens. De pssnitentia, disp, VII, n. 65; Billot, De Ecclesise sacramentis, Rome, 1895, t. II, p. 120 sq.

6) Application particulière ù l'efficacité de la contrition ou de la charité parfaite en face de la nécessite du sacrement de baptême. — Le principe général que nous venons de prouver nous conduit à cette conclusion. Dès lors que la contrition ou la charité parfaite, accompagnée de la volonté de recevoir le baptême, existe réellement dans un catéchumène adulte, son àme est aussitôt justifiée même avant la réception du sacrement. Conséquemment si cet adulte, sans aucune faute de sa part, est de fait privé du sacrement ou dans l'impossibilité de le recevoir, il obtiendra néanmoins la récompense éternelle à cause de la grâce sanctifiante qu'il possède. Car Dieu, voulant le salut de tous les hommes et leur donnant la possibilité de remplir les conditions nécessaires au salut, ne peut exiger un accomplissement absolument impossible dans l'occurrence. Il accepte la bonne volonté comme suffisante, dès lors qu'elle est accompagnée de la foi et de la contrition ou de la charité parfaite, deux dispositions toujours absolument nécessaires dans les adultes, à tel point qu'elles ne peuvent jamais être suppléées. Cette conséquence, admise dune manière générale par les Pères des premiers siècles pour ce qui concerne le salut des hérétiques ou des infidèles, est aussi formellement appliquée au cas du baptême par saint Ambroise et saint Augustin. Saint Anibroise, De obilu Valentiniani consolatio, n. 51, P. L., t. xvi, col. 1374, s'appuie sur Sap., iv, 7. Saint Augustin, De baplismo contra donalistas, 1. IV, c. xxii, xxv, P. L., t. XLiii, col. 173 sq., 176, affirme que l'actuelle réception du baptême peut être suffisamment suppléée de deux manières, par le martyre et par la foi et la conversion du cœur. L'efficacité de cette suppléance est prouvée par Rom., X, 10. Une seule condition est exigée, c'est que le baptême ne puisse réellement être reçu, si forte ad cclebrandum mysterium baptismi in angustiis temporum succurri non potest, ou encore, cuni ministeriutn baptismi non contemptus religionis sed articulus necessitatis excludit. Incidemment, le saint docteur s'efforce de montrer que ces modes de suppléance du baptême

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