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se sont réalistes dans le bienheureux larron. Pour ]a réalisation du martyre il s'appuie sur l'assertion de saint Cyprien, Epist., Lxxiii, n. 2-2, P. L., t. m, col. 1121 sq., à laquelle il ne parait cependant point donner pleine créance : BafUistui sane vicem aluiuando impleri' passioneiii lie lalmnc illo ciii non baptizalo dictum est : Hodie nircum eris in paradiso, Luc.,xxni, 43, non levé documeiilum idem beatus Cyprianus assiiniit. Cette raison ne pouvant le convaincre entièrement, il cherche <Jans ce bienheureux larron l'accomplissement du second mode de suppléance, per fidem conversionemque corflis, qui lui parait dans la circonstance le principal moyen de salut : Neqne enim lalro ille pro nomine Christi crucipxus est, sed pro meritis facinorum suot-um : nec quia credidit passi/s est, sed dum patitur credidit. Mais quelle que soit à cette époque la pensée d'Augustin sur le cas du bon larron, sa doctrine sur la suppléance du baptême per fidem conversionemque corilis dans le cas de nécessité en reste essentiellement indépendante, avec sa base scripturaire, Rom., x, 10 : Corde creditur adjustitiam, ore atitem confessio fit ad salutem. Aussi quand Augustin modifie plus tard (419- 420) ses explications relativement à ce larron' pénitent. De anima et ejus origine, 1. 1, c. ix, P. L., t. XLiv, col. 480 sq. ; Quœst. in Heplateuchitm, 1. III, c. i.xxxiv, P. L., t. xxxiv, col. 713; Retract., 1. Il, c. xviii, P. L., t. xxxii, col. 638, sa doctrine sur la suppléance du baptême n'en sbufl're aucune atteinte,. Il ne fait que changer sa position relativement à ce cas particulier, surtout en n'y affirmant plus aussi absolument l'absence du baptême : Cum dicerem vicem baptismi posse habere passionem, non satis idoneum posui illiiis latronis exemplttm qui utriim non fueril baptizatus incertum est. Retract., loc. cit., ou même en admettant plutôt le fait du baptême, cum sit incertum magisque ilbim baptizatum fuisse credendum sit. Retract., 1. II, c. i.v, n. 3, P. L., t. XXXII, col. 653.
Quant à l'assertion d'Augustin, nemo fit membrum Chrisli nisi aiit baptismale in Christo aut morte pro Cliristo, De anima et ejiis origine, loc. cit., elle ne contredit pas nécessairement l'affirmation si formelle du De baptismo qui n'est nullement rétractée ni ici ni ailleurs. Aussi bien, d'après tout le contexte, Augustin se préoccupe principalement de défendre contre les pélagiens la nécessité absolue du baptême pour les enfants. C'est le point de départ de son argumentation au commencement du c. IX ; c'en est aussi la conclusion à la fin du même chapitre. Pour ces enfants, la parole reste strictement vraie : dans l'ordre actuel aucun ne peut obtenir le salut éternel wisi aut baptismale in Christo aut morte pro Christo. Il est vrai qu'Augustin applique cette conclusion au cas du larron pénitent et qu'il s'efforce d'expliquer comment, d'après cette doctrine, son salut a pu être obtenu. C'est une preuve décisive que la conclusion est universelle, pour les adultes comme pour les enfants. Mais toute universelle qu'elle est, elle ne s'entend point dans le même sens strict dans l'une et l'autre hypothèse.
Car finalement le salut de ce pénitent, s'il n'a vraiment point été baptisé, est principalement attribué à ses excellentes dispositions de foi, d'espérance et de charité envers Jésus mourant, dispositions qui autorisent à considérer sa mort comme équivalente au martyre : Tanto namque pondère appensum est, tantttmque valuitapud eum qui novit hœc appendere, quod confessus est Dominum crucifixum, quantum si fuisset pro Domino crucifixus. Et un peu plus loin : Sed etiam nostrum quis non consideret, quanta fide, quanta spe, quanta caritate mortem pro Christo vivenle susciperc poluit, qui vitam in moriente queesivit. Il ne s'agit point du martyre véritable, mais seulement d'une sorte d'équivalence au martyre, provenant surtout des parfaites dispositions actuellement réalisées. Explication