‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 677 sur 741 · ITE · texte numérisé non relu

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bien conforme à celle du De baptismo, loc. cit., où saint .Augustin disait à propos du larron repentant : Quod etiam atque etiam consiJ, ,i/,> , . ,. <i non tantum passionem pro nomine Cil I ■ - l'uiilismo

deeratposse supplere, sed etiam > •tienique

cordis, si forte ad celebrandu,,. m-iitij (,:,u baptismi in angustiis temporum succurri nuti polesl. £.\plication nullement rétractée dans la suite. Car dans ses Rétractations, 1. II, c. xviii, P. L., t. xxxii, col. 638, Augustin, revisant cet endroit du De baptismo, ne fait que cette seule remarque : Non satis idoneum posui illius latronis exenipluni qui ulruni non ftterit baptizatus incertum est. Sur quoi Hugues de Saint-Victor, De sacramentis, 1. II, part. VI, c. vu, P. L., t. clxxvi, col. 454, remarque justement : In hoc loco exemplum tanlum quod ad probalionem senlentiœ adduxerat correxit, ipsam sententiam non reprobavit. Pierre Lombard raisonne de même : Relractavit quidem e.remplum, sed non sententiam. In IV Sent., dist. IV, n. 4, P. L., t. cxcii, col. 848, ainsi que saint Bernard, Tractatus de baptismo, c. n, P. L., t. CLXXXii, col. 1036. D'ailleurs, si la parole citée du De anima avait un sens aussi exclusif, comment pourrait-on la concilier avec ce passage presque contemporain dans lequel .\ugustin affirme que le centurion Corneille avait été déjà sanctifié avant de recevoir le baptême : Nec superflua judicala est visibilis sanclificatio quam invisibilis jam priecesserat. Quœst. in Ileptateuchum, 1. 111, c. Lxxxiv, P. L., t. xxxiv, col. TIS. Pour toutes ces raisons nous ne pouvons admettre d'une manière absolue avec M. Turmel, Histoire de la théologie positive, Paris, 1904, p. 125, qu'en 419 dans le De anima, le saint docteur ne parla plus que du martyre comme supplément au baptême. Le texte presque identique de saint Fulgence, De veritate prœdeslinatiotiis, 1. III, c.xix, n. 29, P.L., t. Lxv, col. 667 : Sed manifestum est omnem qui non fuerit aut in nomine Christo sanctificato latice, aut pro Chrisli nomine et ejus Ecclesia proprio sanguine baptizatus, ignis leterni combustions damnandum, s'applique immédiatement aux seuls enfants qui meurent sans avoir été régénérés par l'eau du baptême, ou sans la grâce du martyre. C'est ce qu'indique tout le contexte de ce passage où Fulgence traite directement le problème de l'origine de l'âme humaine. De ce que les enfants non régénérés par le baptême ou par le martyre sont éternellement damnés, il conclut que l'àme elle-même a été souillée par le péché originel, ce qui lui parait se concilier difficilement avec la création immédiate de l'âme par Dieu. L'affirmation de Gcnnade, De ecclesiasticis dogmatibus, c. XLi, P. L., t. XLii, col. 1220 : Baptizatis tantum iter esse salutis crcdamus. Nullum catechumenum quamvis in bonis operibus defunctum, vitam œteniam habere credamus, e.ccepto martyrio ubi tota baptismi sacramentacomplentur, parait signifier que seuls le baptême effectif et le martyre assurent l'immédiate possession du salut, parce que seuls ils effacent ou éteignent entièrement tous les péchés : illi peceataomniadimittuntur,inistoe.c^tinguuntur.ï{abari Maur (t 856), De universo, 1. IV. c. x, P. L., t. cxi, col. 102, ne fait que reproduire littéralement le texte de Gennade, auquel il laisse ainsi son sens originel. Au xiF siècle, Hugues de Saint-Victor, De sacramentis, 1. II, part. VI,"c. VII, P. L., t. clxxvi, et saint Bernard. Tractatus de baptismo, c. ii, n. 7, mentionnent une erreur niant la suffisance du baptême chez les adultes même en cas de nécessité. Cette erreur ne peut être que celle d'Abélard, formulée dans sa Theologia christiana, 1. II, P. L., t. CLXXViii, col. 1205, où il considère la suffisance du baptême de désir dans les catéchumènes comme opposée à l'Évangile et à la tradition : Gum hoc non solum Evangelio ventm et sanctis doctoribus adversari penitus videatur. Saint Bernard, loc. cit., réfute cette ei-reuren s'appuyant sur l'enseignement

de saint Ambroise et de saint Augustin, sur l'affirmation de Jésus-Christ, Marc, xvi, 16, qui promet le salut pour l'éternité à qui croira et sera baptisé, et refuse le salut seulement à qui persiste dans le refus de croire : Nimirum innuens solam interdum fidem sufficere ad salutem, et sine ipsa sufficere nihil. B'ailleurs comment Dieu pourrait-il condamnera l'éternelle réprobation une âme qui lui est unie par la charité? Daninabil fidelem Simm Deiis '? damnàbil, inquam, hominem pro se eliam paralum niori:' L'équité ne demande-t-elle point que l'on tienne compte de la bonne volonté, quand son accomplissement n'est empêché que par une absolue nécessité? Quid planius quod voluntas pro facto repiitetur, vbi factum excludit nécessitas? Si l'incontestable efficacité dii martyre ne provient que de la parfaite confession de la foi, ajoute le saint docteur, noti video cur non ipsa ipque et sine martyrio apud Deuni lantumdem possil, ctd et sine martyrii probamento procnl dubio innotescit. De ces autorités et de ces raisonnements, Bernard conclut : Sic sola fides et mentis ad Deiim conversio sine effusione sanguinis et sine perfusione aquse, salutem sine dubio operatur volenti sed non valenti, prohibente mortis articula, baptizari. Hugues de Saint-Victor, qui avait consulté Bernard sur cette grave question, reproduit son enseignement. Comme Bernard, il s'appuie sur l'autorité d'Augustin. Quant au texte, Joa., m, .">, .sur lîilisohie nécessité du baptême pour le salut, il esl i\pli,|ii.' |.;.r Jo.t., xi, 26, Qui crédit in vie non morielu, n, ;rl, ■,■,,,, m, qui en tempère la rigueur. Comme lii'ininl. lliii:ihs signale la diversité d'expressions dans 1 antillifse evangélique, Marc, xvi, 16, et il en conclut que seul est réprouvé le refus de croire, mais non l'impossibilité de recevoir le baptême, pour qui en a la volonté. De sacramentis, 1. II, part. 'SI, c VII, P. 1,., t. CLXXvi, col. 453 sq. L'auteur de la Summa sententiarum , qui parait être de l'école de Hugues, tout en empruntant beaucoup à celle d'Abélard, voir t. I. col. .l'i sf|.. r,|.nMliiit ici la doctrine et les argumenl.s dr Ih.uir.. T, . V. c. v, P. L.,t. CLXXVI, col. 131. Il dit plii> Imi MM llriiinii ,|ue Hugues : Si tune morireiitur ciiui /nli'iii ri < nnlatem habeant, ccrtum est eos non daninari. In carilale enim tuillus ilmininliir. I.nr, cit., col. 132. A la même époque, i.i;,ii.ii. Iirrrrt.. part. III, De consecratione, dist. lY, o. \\\i\, Ih'i.Iis,,,, vicem, P. L., t. lxxxvii, col. 1805 sq., enregistre les passages du De baptismo où saint Augustin exprime la suffisance du baptême de désir per fidem conversionemque cordis. Pierre Lombard, IV Sent., dist. IV, n. 4, P. L., t. cxcii, col. 847 sq., dit formellement : Nec tanluni passio vicem baptismi implet, sed etiam fides et contritio ubi nécessitas excludit sacramentum , sicut aperte docet Augustinus. Les bases scripturaires sont celles d'Augustin, surtout Rom., x, 10; les autorités patristiques, Ambroise et Augustin. Pierre Lombard justifie ce dernier contre le reproche de changement de doctrine, en s'appujant sur Hetract.,\. II, c. .wiii, où n'est rétracté que l'exemple du larron pénitent. L'enseignement de Hugues, de Bernard et de Pierre Lombard, communément suivi par les théologiens, dirige le pape Innocent III dans deux réponses doctrinales postérieurement insérées dans les décrétales de Grégoire IX. La première réponse, donnée à l'évêque de Metz, concerne un juif qui, à l'article de la mort et n'ayant autour de lui que des juifs, s'était lui-même plongé dans l'eau en prononçant les paroles de la forme. Innocent répond que ce baptême ne peut être valide, parce que la parole du Christ, Matth.,xxviii, 19, exige une distinction de personne entre le ministre et le sujet. Cependant, si talis conlinuo decessisset , ad patriani protinus evolasset propter sacramenti fidem et non propter fidei sacramentum. La deuxième réponse, adressée à l'évêque de Crémone, concerne un prêtre qui venait de mourir sans avoir été validement baptisé, quia in sanctœ matris

Ecclesix fide et Cliristi nominis confessione perseveraverit, ab originali peccato sohttum et cseleslis patries gaudium esse adeptuni adserimus incunclanler. Puis après avoir cité les témoignages d'Augustin et d'Ambroise. Innocent conclut : Sopitis igitur gusestionibus doclorum, Palrum sentenliam teneas, et in ecclesia tua juges preces hostiasque Deo offerri jubeas pro presbytero memorato.

Pierre Lombard avait particulièrement insisté sur les preuves patristiques. Saint Thomas, Suin. theol., III», q. Lxvi, a. 2; q. LXVIII, a. 2; Quodlibetum, vi, q. m, a. 4, ne fait qu'indiquer l'autorité de l'Kcrilure, Prov., XV, 27; Act., xv, 9, l'autorité d'Ambroise et celle d'Augustin, De baptismo contra donalistas, 1. IV, c. xxii; Qusesl. in Heptateuchum, 1. III, c. Lxxxiv. Il expose surtout l'argument théologique. Dans une âme déjà unie à lui par la foi et la charité effective. Dieu accepte comme suffisants pour le salut le désir et la disposition de la volonté, quand l'accomplissement de ce qu'il exige pour le salut est d'une réelle impossibilité. Cette raison est particulièrement décisive lorsqu'il s'agit uniquement de l'effet de sacrements auxquels la puissance divine ne peut être nécessairement enchaînée, puisqu'elle les a librement établis. Siim. theol., III", q. lxviii, a. 2.

Le texte Joa., m, 5, doit être interprété en ce sens que celui qui désire la régénération du baptême est vraiment régénéré dans son cœur, ce qui suffit pour Dieu à qui tous les cœurs sont ouverts. Loc. cit., ad l»"". La parole de Gennade, alors faussement attribuée à Augustin, signifie que le baptême efi'ectif et le martyre produisent seuls l'entière rémission de toute la peine, tandis que le baptême de désir laisse, au moins habituellement, quelque peine encore inexpiée. Loc. cit., ad 2""'; III", q. LXix, a. 4, ad 2"™. Toutefois le sacrement de baptême reste nécessaire pour le salul, en ce sens que s'il ne peut être administré, la volonté même implicite de le recevoir peut suffire. Sum. Iheol., III», q. LXix, a. 4, ad 2>"", 3'"°. Ce baptême de désir est d'ailleurs indifféremment appelé baptisnius psciiitenlim, III», q. Lxvi, a. 11, ou baptismiis /laminis. Loc. cit., a. 12.

Du xiir au xvi" siècle, les théologiens scolastiques, dans leurs commentaires sur le 1. IV des Sentences, reproduisent cet enseignement de saint Thomas, particulièrement saint Bonaventure, In IV Sent., dist. IV, part. II, a. 1, q. i; Duns Scot. q. vi; Durand, q. viii; Thomas de Strasbourg, a. 4; Denys le chartreux, q. vi; Gabriel Biel, q. ii, a. 1, concl. 8; Dominique Soto, dist. V, a. 2. Enseignement indirectement approuvé par le concile de Trente dans cette déclaration formelle ne comportant aucune distinction entre désir explicite et implicite : Quss guident translatio post Evangelium promulgatum sine lavaci-o regenerationis aut ejus vota fieri non potest sicut scriptum : Nisi guis renatus fuerit ex aqua et Spiritu Sanclo, non potest inlroire in regnum Dei. Sess. VI, c. iv.

Cependant au xvi« siècle, Melchior Cano (f 1560) émet l'opinion que le baptême de désir suffit pour le salut dans la seule hypothèse où ce désir explicite est basé sur une foi également explicite en Jésus-Christ et en son baptême. Belectio de pxnilentia, part. V, concl. 3, Opéra, Venise, 1759, p. 431. Cano appuie son assertion sur Marc, xvi, 16, entendu en ce sens que la foi, nécessaire au salut, est l'adhésion à cette prédication de la nécessité de la foi et du baptême. Interprétation qu'il dit confirmée par l'autorité des Pères, particulièrement par saint Augustin. Cette nécessité d'un désir explicite, Cano ne l'affirme absolument que pour l'obtention du salut. Il n'est point aussi formel sur sa nécessité pour la simple justification, conformément à ce qu'il avait enseigné sur la suffisance de la foi implicite en la doctrine de Jésus-Christ pour obtenir la justification. Relectio de sacramentis, part. II, op. cit., p. 378 sq. Les théologiens contemporains, en même temps qu'ils sont

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