J-2 43 CHA
unanimes à 'd('fendre la suffisance du baptême de désir .11 cas de nécessité, Vega, De justificalione, 1. V, c. XIV ; Bellarmin, De baiJtisnio, 1. VI, c. vi; Vasquez, In III"'", disp. CLII, c. i; Suarez, De sacfamentis, disp. XXVII, sect. ii, n. 2 sq. ; Sylvius, In 111"^, q. Lxvi, a. 11, q. I, soutiennent communément la suffisance du désir implicite, en se basant sur ce que la nécessité d'un désir formellement explicite n'est impérieusement exiyée ni par la nature de la justification dans l'onlrc actuel ni par un spécial commandement divin. In m, iiir Irmps les bases théologiques de Cano soni |ii.i I , iiiiilinissibles. Sa distinction entre les dispoMh .11- -nlli .inlrs pour la justification et celles qui sont sUickiiiuiil lequises pour le salut contredit l'intime corrélation entre la grâce et la gloire affirmée par le concile de Trente. L'assertion de Cano sur la nécessité de la foi explicite et surtout l'application qu'il en fait à la foi explicite au baptême, loin d'être démontrées, doivent être jugées inadmissibles. Vasquez, Jn Ilh"', disp. CLII, c. Ii; Suarez, loc. cit., n. 9 sq. ; Salmanticenses, Cursus théologiens. De pxnitenlia, disp. IV, n. 14.
Néanmoins, Estius, In IV Sent., dist. IV, p. xvii, Venise, 1748, t. v, p. 112, reprenant et exagérant encore l'opinion de Cano, conclut de l'absolue nécessité du baptême qu'on doit toujours le désirer expressément quand on ne le peut recevoir actuellement, sed ita necessarium est ut cum haberi potest onmino suscipi debeat sub periculo seternx salutis, et cum haberi non potest, debeat expresse desiderari et voto suscipi, id quod non oportet de sacramentis aliis. Conclusion que rien n'autorise ni dans les textes scripturaires, ni dans la tradition, ni dans les définitions de l'Église. Aussi cette opinion reste entièrement isolée, et à partir du xvii" siècle rien ne rompt plus l'harmonie du consentement théologique sur la suffisance éventuelle du baptême de désir, bien que quelques théologiens comme Gonet, De baptismo, disp. III, a. 1, n. 28, soutiennent encore comme plus probable que le désir explicite est toujours nécessaire, pour la justification comme pour le salut. Si ces théologiens ne visaient que le cas normal des fidèles suffisamment instruits et actuellement attentifs à l'obligation qui leur incombe, leur manière de s'exprimer serait très exacte. Mais s'ils veulent appliquer ce principe même aux non-catholiques invinciblement privés du secours de la révélation chrétienne intégrale ou même invinciblement inattentifs à la stricte obligation actuelle, leur opinion doit être écartée, comme le serait une interprétation analogue de la nécessité d'appartenir à l'Église catholique. Car c'est une vérité certaine que Dieu ne requiert indispensablement pour le salut que les dispositions ou conditions strictement nécessaires d'après la constitution de l'ordre surnaturel, telles que la foi et la charité. Ce qui est exigé par la seule volonté libre de Dieu comme moyen normal pour l'acquisition et la conservation de la foi et de la charité, comme l'adhésion actuelle à l'Église catholique et la réception de certains sacrements, ne peut être indispensablement requis pour le salut que dans la seule mesure où il est moralement possible pour tel individu. C'est une nécessaire conséquence de la volonté divine de sauver tous les hommes. Car Dieu n'ayant établi ces moyens que pour faciliter aux adultes l'acquisition du salut, ne peut les requérir nécessairement quand par la faute d'autrui ou quelque inéluctable nécessité leur emploi reste impossible. En cette occurrence. Dieu accepte la seule réalisation possible, c'est-à-dire la volonté expresse ou seulement implicite d'accomplir ce qui est demandé. Volonté expresse ou explicite pour qui connaît l'institution divine et prête une suffisante attention à sa stricte obligation. Volonté simplement implicite dans le cas d'invincible ignorance du commandement divin ou d'absolue inadvertance à