SAINTES
Les diverses questions d'ordre théologique concernant le saint chrême peuvent se ramener à cinq chefs principaux : 1. Origines et histoire. II. Éléments constitutifs. 111. Consécration. IV. Symbolisme. V. Usages.
1. Origines et histoire. — Dans son acception primitive et profane, le mot ypia\i.3., d'où provient par l'intermédiaire du latin chrisma le mot chrême, signifiait toute matière pouvant servir à oindre : fard, onguent, huile ou essence parfumée. Il n'est pas rare que ce terme, dans la littérature ecclésiastique des premiers siècles, retienne encore quelque chose de celte signifiaition extensive. Saint Justin l'applique indistinctement à toute espèce d'huile sanctifiée, de myrrhe et d'onguents, Dial. cuni Tryph., P. G., t. vi, "col. 681; saint Augustin à l'huile dont étaient oints les rois. De civil. Dei, XVII, 10, P. I.., t. XLi, col. 543; Innocent 1" à Ihuile des moribonds. Epist., xxv, ad. Décent., n. 8, P. L., t. XX, col. 559; Denzinger, Enchiridion, n. 461. Dans l'oraison qui accompagne la bénédiction de l'huile des infirmes, le mot clirisina est encore employé par les Sacramentaires gélasien et grégorien. P. L., t. LXXIV, col. 1100; t. Lxxviii, col. 83t Toutefois, sous les désignations variées de k'î.aiov, xpt(j|ii, ji-jpov, oleum, unguenlum, clirisnia, l'existence d'une huile spécialement ré-
servée à des rites consécratoires, notamment à l'onclion des néophytes et des confirmands, se trouve attestée dans l'Église, à défaut de textes scripturaires, par un ensemble de documents patristiques, canoniques et liturgiques très nets dont la série se rattache d'assez près a la Iradition apostolique et qui invoquent parfois directement cette tradition.
Déjà au w siècle, Théophile d'Antioche fait mention de « l'huile de Dieu » employée à oindre les fidèles et aussi ancienne que le nom même de chrétien. 'H(iEï; TO-JTOvi EÏvcxEv y.aî.oOiisOa XptiTTiavot ÔTi ypi'ofiEOa È'),a'.ov 0£oj. Ad AutoL, I, 12, P. G., t. vr, col. '1041. D'autre part un texte important de saint Irénée, Conl. hier., I, 21, 3, P. G., t. VII, col. 664, constate que les valenliniens et les gnostiques se servaient pour les onctions postbaptismales d'un onguent balsamique, tm omô tw àîto (3a),.7âii.o'j- Comme le fait se trouve simplement consigné, sans correctif aucun, dans un ouvrage destiné précisément à relever les erreurs commises par ces hérétiques dans l'administration des sacrements, on est en droit de conjecturer que ce fait, loin de constituer une innovation condamnable, n'offre rien que de conforme aux usages catholiques, d'où il émane. Voir sur ce passage la note de Feuardent, ibid., col. 1489 sq.
Au III» siècle. Clément d'Alexandrie, Stronu, li, 9, P. G., t. VIII, col. 980, reproduisant un passage d'Hermas, Sim., ix, 16, Opéra Pair. aposL, édit. Funk, t. I, p. 532. laisse percer une discrète allusion à la ffipayt; du baptême. Toutefois, bien que ce terme désigne habituellement chez les Grecs l'onction cruciale imprimée au front du néophyte avec l'huile sainte, cf. Arcudius, De concordia Ecclesix occid. et orient., ii, 8, Paris, 1672, p. 88 sq. ; Assémani, Codex littirg. Eccles. imiversœ, Rome, 1749, t. ii, p. xxxvii, l'allusion semble trop indécise pour que l'on puisse, comme l'a fait lleimbucher, en déduire des conclusions rigoureuses touchant le rite sacramentel de la confirmation. Heimbucher, Die heilige Firmung, .\ugsbourg, 1889, p. 32. Comparer avec le texte de saint Clément celui de saint Cyrille de Jérusalem, Cat., m, de bapt., P. G., t.xxxiii, col. 432, et spécialement l'expression Tr.v 8i' CoaTo; (TjpaYîôa. Mais Origène,/» Epist. ad Rom.,\, 3, P. G., t. XIV, col. 1038, mentionne explicitement le chrême visible, chrisma visibUe, suivant la traduction de Rufin, et il en appelle sur ce point à la tradition fondamentale de l'Église : secundwn typum Ecclesiis traditum,omnes baplizati sunius in aguis istis visibilibus et in chrisniaie visibili.
Dans l'Église latine les témoignages sont des plus précis. Tertullicn parle à plusieurs reprises de l'huile dont le Christ oint ses fidèles, oletim quo suos ungit, Adv. Marcion., i, 14, P. L., t. ii, col. 262, et il est clair, d'après le contexte et ce que nous savons des théories de Marcion, que TertuUien rapporte à Jésus- Christ lui-même l'institution de cette onction chrismale. C'est l'appellation qu'il lui donne dans son traité De baptismo, 7, P. L., t. i, col. 1206 : Christus dicitur a chrismale, quod est unctio, et il décrit nettement, au même endroit, les effets spirituels que produit en nous cette onction, héritage lointain des rites mosaïques, de pristina disciplina. Voir aussi De resur., 8, P. L., t. II, col. 806. Saint Cyprien, dans la lettre synodale où il communique aux évêques de Numidie les actes du V« concile tenu à Carthage en 255, applique également l'appellation de chrême à l'onction postbaptismale. Epist., Lxx, ad Jamiar., 2, P. t., t. m, col. 1040; édit. Hartel, t. ii, p. 768. Et vraisemblablement cette onction chrismale est représentée encore par le signaculiimdominict(}n, qui constitue, dans la lettre à Jubaianus, le parachèvement du chrétien. Epist., Lxxiii, ad Jubaian., P. L., t. m, col. 1110. La même expression se retrouve dans la lettre du pape Corneille à Fabius d'Antioche rapportée par Eusébe, B. E., vi, 43, P. G., t. xx,
col. 624; elle deviendra plus tard d'un usage courant pour désigner l'onction faite avec le chrême au front des confirmands. Cf. Ambroise, De myster., vu, 42, P. L., t. XVI, col. 402; Prudence, Psycliomacb., P. L., t. LX, col. 50; Paulin de Noie, Épist. ad Delphin., x, 3, P. L.. t. Lxi, col. 189; Léon le Grand, Serm. in na- 4iril. linm.. iv. G, P. L.,i. Liv, col. 207; Tliéodoret, In Coiilu-.. I, 1, P. G., t. Lxxxi, col. 60; Hœret. fabul. com/i.. III. O.P. G., t. Lxxxiii, col. 407, où il convient de souligner l'expression : to Traviyiov /piafia.
Le iv siècle est riche en documents ecclésiastiques qui exaltent particulièrement la vertu du chrême. Optât de Milève, De scliism. donat., vu, 3, P. L., t. xi, col. 1089, déclare que l'huile chrisinale doit au nom du Clirisl, en même temps que son nom, la suavité de ses salutaires effets. Saint P;icien de Barcelone, .4(/ Sympfon., I, 6, P. L., t. XIII. col. 10.">7, en fait remonter aux apôtres l'instiluliuii, h-iin.,.jii,' ni ex aposlolis jure (le/ïiiit. Le chrême isl .i|i|i. |. ruii-ii. nt du Saint-Esprit, Spii-itiis Saiicli inif,n, ■,,!,,. ,ln,l.. H, 7, P. L., t. XIII, col 1062' la conlirmation reçoit dès lors le nom de siciement du chrême clunnxatis sanamenlum Senn cJtInjt G P I t \iii col 1093 ^Tint \mbroise D I ^ r A 1 \ I col ')s 1 1 ! n le
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\u leste les documents du v= sitck et des iges sui \ants confirment ces données dune manieie éclatante Après le poète Prudence qui mentionne comme une institution commune à toute la chrétienté le chrême éternel, chrisnia perenne, Psychomach., P. L., t. LX, col. 50; Cathem., vi, anle somnum, P. L., t. Lix, col. ."i.îi, un liMnoiv'nage décisif du pape Innocent I" rap[Nl|.. i|ii,. In-iji' ilu cliréme est dans la tradition de l'i'.^li-'. A>(./., \\\, ,„/ li.'cenl., m. 6, P. L., t. xx, col. .V. 1. I,oi'.i.|u,' ( Mhin l'crivait ces mots à l'adresse des c^itholiques : « Ll'où prennent-ils l'huile qu'ils appellent de saluf? Qui les a enseignez de chercher salut en l'huile et lui attribuer puissance de conforter spirituellement'? » Inslitulion chrétienne iv, 19, 7, Genève,
l.b62, p. 914, ignorait-il que telle était la formelle doctrine de saint Augustin et ses textuelles paroles? Pour lui, le chrême est l'huile du Christ, l'huile du salut, olenm Christi, olenni salutaris, Serm., CCLXVI, in vigil. Pentec, 1, 7, P. L., t. xxxvill, col. 1225,1229; c'est une huile symbolique, figurative du Saint-Esprit, Enarral. in Ps. A7./r. 19, P. L., t. xxxvi, col. 505; l'huile qui sacre les chrétiens, Serm. de catacbjsmo,!, P. L., t. XL, col. 693; dès lors la confirmation est le sacrement du chrême, sacranientunt chrismatis. Contra 1,11er. l'etil.. II. lOi, 239, P. L., t. xuii, col. 342; In Ep'st. .h... tr. III, 12, P. L., t. xxxv, col. 2004. Saint Léon le Grand célèbre aussi le chrême du salut destiné à fournir le sceau de l'éternité, accepis/is chrisma salutii et xignaciiUoti vilœ œleinie. .Seriii., iv, in nalivit. Dom., 6, P. L., t. Liv. col. 207. Le chrême est appelé encore par Jlaxime de Turin l'huile de la sanctification, chrismate, id est oleo sanclificalionis. Tract., III, de bapt., P. L., t. Lvii, col. 778. Salvien de Marseille le déclare inséparable des constitutions ecclésiastiques : c'est le chrême de l'Ésclise, rhrisnta ecclesiasticum, et il nous vient de Dieu lu m me titre que I Evangile et le baptême Deguheinal D i m 2 P L,l lui, col. 58. Outie le pseudo \ml roise Desaciamenti , m, 2, P.L., t \\i col to4 \ on aussi Jean Diacre Epist adSenar., b T L l Li\ col 403
Ln Oiitnt m me unanimité dans les affirmations de h docliint et I s luu n e de la piete Théodoret voit dans le chieme un sl i i iomI I emblème de la grâce. In Cant t 1 G l lwm col 60 Les Constitutions apos(o((</i(es 1 appellent I huile sainte la force des confesseurs Constit apost , m 16 17 P G t i, col. 797, 800 Dans les Canons d Hippolyte, dans les Canons des Egiipt t dans 1 Tt Ui t I l ^ 6 , il reçoit le
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tebl ils., ( h) isti, Majence
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ntitm D. N. J.
p 12b, Die jEgyptische Kirchen-
•dnung, dans Achelis op cit , p 99 Par l'interpr lation sMïiboIique dont il rele\ h liturgie sacramen- Idk du sainl cl jf j zzltzo'jnU
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aux plus haut toi 1 i pl lion bui ll merveilleux instrument des dûmes opérations jj Oe oj jiOpo-j. De ectie!, Ine) , n 10 v \ P G,t m col 481,500.
Il serait supeillu de citei tous les témoignages qui reproduisent ult iieuiemenl ces données ou qui les comment nt Le uns contentent de mentionner le fait de linstitulion lu élu me ou de lappeler succinc- 1 I pi i] Il Us le I Eglise. Ainsi / ; loiœ'um, P. t.,
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