CHRÉTIENS DE SAINT-JEAN. Voir Mandéens
CHRISMANN Phllîppe Néri, né à Hindelang en
Allyiui l'ii IT.'il cl uniro chez les récoUets de Fiissen en 1770. puisciu'eii 1783 il était âgé de 32 ans et habitait au couvent depuis treize ans. Il était alors lecteur ou profes.scui- de théologie. En 1792, il était encore professeur do tliéologie et d'histoire ecclésiastique, mais au couvent d'Augsbourg, et le 23 mai de cette année, il présidait dans l'église du couvent du Saint-Sépulcre de celle ville la soutenance, faite par son disciple, le P. Antoine Wt'lsrlpT, ilf il'i-r.s extraites de son livre : Régula fidei calli<: < r ■ " 'm ilognialuni credendorum, Campidon . !Ti ' -is sont publiées en appendice dans
cetlr [11. hihii .cliiion. En 1801, Chrismann était noté h'clor i'))uTiltis et .incien gardien du couvent d'Augsbourg, et il venait d'être récemment nommé déliniteur de la province de la Haute-Allemagne ou de Strasbourg, à laquelle il appnrii'nnit licpni'i ■-.■i profos-^inn religieuse. Il était renoiiiiii' Ciiiiihif pi < ilic.iinnv i iii i^ii..rc la date de sa mort. S.i l:,:i,il,i /nln .< r\r irpi'u.luiP' par Migne, Theologiœ ciirs/.s . ,.)ii/:(,'/»,s. I'.uk. isll. i, vi. col. 877- 1070. Philippc-.Iac(|ues Spindler en pnlli.i nm- -J ,,lition, in-8», Augsbourg, 1844, et avec un innurMi niic seulement, (•<<(■(/., 1846, et 'Wurzbourg, ISM. \;-,.iii Irs rationalistes de son temps, Chrismann leiul.ciL .i niluiie au minimum le recueil des dogmes à croire. Il a trop restreint en particulier l'objet de l'infaillibilité de l'Église. Très cliaudoiiient recommandée par DoUinger, sa /ii'.^i/r> ii.iri lui , .iniliiiiiioe par le Saint-Office, le 20 j.iii ' 1 ' '' '1 Index. Seule, l'édition de
Wm/l II l'i i I '■ par la condamnation.
Th I, VI, col. 877; Hurler, N'onien-
cfci/i' j, I yinges, Gescliichte der Fran-
:isl.<" !■ i II < 'i'. [>.210;AUgemeinedeutschc
Bu,/. ',, l.i;,. P' . . Ml, p. 480; H.Reusch, Der/n-
rfe.i ,;. . ,1, b^:c,,Li< l:.i^ !.:-,. li.ji^n, 1885, t. ii, p. 1006; Scheeben, dans Dcr KatUulik, 186'J, . i, p. 26D sq.
E. Manc:ENOT.
CHRIST. Voir Jésus-Christ.
CHRISTIANISME RATIONNEL ou DÉISME
ANGLAIS. Les dernières années du xvii» siècle et la première moitié du xviiF virent paraître en Angleterre un groupe de ■philosophes, dont le dessein commun fut de ramener le christianisme à la mesure du raisonnable et du démontrable, en excluant la révélation, le mystère et le miracle. Ils ne sont pas des athées : ils affirment des croyances religieuses ; leur but n'est pas non plus, comme de quelques-uns à cette époque, de concilier simplement la raison et la foi ; leurs croyances religieuses ne se fondent que sur la raison; ils ne nient pas cependant d'une façon absolue la révélation; peut-être même leur dessein n'est-il pas d'abolir le christianisme tout entier, mais ils nient la possibilité d'une révélation dont l'objet dépasserait la raison et partant l'utilité fondamentale de toute révélation; ils déclarent impossibles prophéties et miracles, et rejettent ainsi les preuves extrinsèques que le christianisme et la révélation donnent de leur divine origine. Ils n'acceptent donc comme vérités que les données de la religion naturelle et comme preuve que la rationalité intrinsèque. C'est le christianisme sans le surnaturel.
Entre la révélation de mystères — au sens où la religion entend ce dernier mot — révélation nécessairement limitée à un nombre restreint de privilégiés, et l'immutabilité, la perfection ou la justice de Dieu, disent les déistes anglais, il y a contradiction. Dieu est parfait et immuable; la nature aussi est immuable. Dieu
a donc du établir pour l'homme, dès la première heure, une loi parfaite et immuable. Il doit à sa justice de la faire connaître à tous également : une doctrine ne vient pas de Dieu qui ne peut être connue de tous. Dés lors, la raison qui est accordée à tous sans exception, qui est la luniiorr .'■elaii-mt tout lirmiini\ n'r-^t-elle pas la source autlu-rili.|ii<' il. il .m'' i. Ii i. II-.' ' n'en est-elle pas k
mesuii il II' |ii-. m ili II i.i II. philosophique et
scieiitiliipii' ' s il en r,i .1111-1. riiir.jiiccvable, le mystère, pa.s plus que le contradicloire, no saurait être vérité religieuse, et, somme toute la révélation est inutile : « Tout ce qu'elle enseigne de véritable, la raison avait qualité pour le découvrir et le reste ne compte pas. » En fait, disent-ils encore — car ils ont un aussi profond mépris du judaïsme que Voltaire — quelle invraisen>blance à faire d'une obscure tribu à demi barbare, perdue dans un coin de l'Orient, la gardienne des secrets de Dieu! Comment confondre le code de prescriptions frivoles, de dogmes ridicules, qui constituent le judaïsme, avec la loi éternelle de Dieu? Cette loi n'est-elle pas plus proche de la religion de Confucius?
C'est à la lumière de ces principes qu'il faut interpréter les Écritures. Ce qu'elles apportent au monde ne peut être inconcevable -lu- pi in. il- n'.Hre pas la vérité. Aucune de leurs alliin.:! n i ii|ues ne saurait
même être admise san pi i inelles et sans
une évidente consislaiie , P. pi. pin lies ne sauraient donc être prises dans le sens littéral ; ce ne sont que des allégories. Allégories aussi les miracles, ou s'ils sont plus, nous ne pourrons jamais en avoir la preuve expérimentale. D'ailleurs ipi' pi n ,. i il nt-ils? Toutes les
religions en ofi'rent; li i le distinguer les
vrais miracles des fau\ i . i la valeur intrin-
sèque de la doctrine. I.i' im 1.-11 i-,i -.ur lequel repose la révélation ne saurait donner certitude que si les vérités révélées « portent le caractère irrécusable d'une sagesse divine et d'une saine raison ».
Le credo des déistes anglais est nécessairement court. En général ils acceptent comme rationnellement évidentes ou démontrées l'existence de Dieu, l'immortalité de l'âme, la vie future, mais sans la possibilité de peines éternelles. La morale et le culte sont plus simplifiés encore. « Obéir à la nature, tel est l'unique précepte de la religion, le résumé du culte universel... Celui qui dirige ses appétits naturels de la manière la plus utile à la fois pour l'exercice de sa raison, la santé de son corps et les jouissances des sens, peut.étre certain qu'il ne pourra jamais offenser son créateur. Puisque Dieu, en effet, gouverne toutes choses conformément à leur nature, il ne doit pas exiger de ses créatures raisonnables une autre conduite que celle qui est conforme à leur nature. » La loi naturelle contient donc toute morale. Il n'y a non plus d'autre culte que de lui obéir : la religion se ramène à « une constante volonté de nous rendre agréables à Dieu en agissant selon la fin de la création ». Le formalisme des sacerdoces et l'ascétisme sont antireligieux.
Ces doctrines furent soutenues pour la première fois en Angleterre par Herbert de Cherbury( 1581-1648), dans un livre intitulé : De uen'iaie, Paris, 1624. Voir col. 2357 sq. Elles reparaissent en 1680 dans deux ouvrages de Blount (1654-1693) : Les deux premiers livres de Philostrale concernant la vie d'Apollonius de Ttjanes; Grande est la Diane d'Éphése. Sans les partager vraiment, Locke (1632-1704) achève de les réveiller dans son ouvrage : Le chrislianismc raisonnable, Londres, 1695. A ce moment d'ailleurs tout conspire en leur faveur. La révolution de 1686 atteint derrière les Stuarts l'anglicanisme avec ses dogmes révélés, nombreux et très précis; de Hollande derrière Guillaume III arrivent plus que jamais l'arminianismeet lesocianisme, mais aussi les négations irrévérencieuses du Dictionnaire de Bayle (1695-1697), voir col. 488-491 ; et ces affirmations du Traclalns theolo-