‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 723 sur 741 · I -i.. demanda le saint chrême à la · texte numérisé non relu

I -i.. demanda le saint chrême à la

I I I I .1 . . M hinlinople, et cela se pratique

. M. .1 . iiij.iii ,1 1:1.1 I ' h i lippes, p. 29.

3" Ihi cvfic'dc d'Épliise (45/) jusqu'à la conqucle latine (liOi). — Durant le long cours de sept siècles, l'histoire de l'Église de Chypre n'oPI're pas d'événements imp.irl.inN I,.- C\].i-i. .l.- ."iir. ni :'. -ni. if des calamités

-.11- Il I ■ i" ' I'; M lui . ■ .'i.int troissièclcs

..n\ 111, ,1-1. M.- .:. - \i .!m -, !,,!,. . :.i 11, leurs reprises il.' .|niii.'i II III |.,.\, .l.-.,i-i. [.Il li -. Imndes musulmanes, 'rmilcl'i.is leur Église u'i'lail p.is morte. Ses représentants intervinrent toujours dans les grandes assemblées de la chrétienté. Au brigandage d'Éphèse (149) on rein.Trqne la pn'senre d'Ohinpius, archevêque lie Consh.nii.i ,\I.,ii-i, I, '. ;, .-..!, l'.ii'.i l',.i nii les membres (lu concil.' .1.- I ,li,.|. .■.Ii.in.'. .111 \..ii I |.ipliane de Soli, ICpaplirndii.' (!.' Tiiiiiisses, el Si.lei il.. Théodosiana. iMansi, I. vi, col. .'><i8, ,")77. Dans la querelle monothélite, Serge, archevêque de Constantia, combattit énergiquement l'hérésie nouvelle, et dans un synode particulier, condamnii reeilir-se (l'Ili'-rneliiis. Ledécretana-

thémisant les b.'i. ii.|ii. s I' n\..\.' |.,ii' Serge au pape

Théodore !"■ i(i4-J l'.i'.i .. . ,,iii|.,.^n. .1 .m., lettre où il exaltait la priiiL.nii ...miin. ll,..l..il. p..X);Mansi, t. X, col, '.H;!-'.iir. 1,.- h ,.n.., I,i-ii - 1 . ii.-..iili . i-erit un

cbampii iir.'].i.l.' .1.- I ,.. ili...!..- 1 ■ .L.n- 1. |..r^unne

do Gcoi'i;. s, ,11 . Ii.'\.'.|n. .!.■ ( :..|i-l.inli,i , lin.- I-' ~..i disant concile ù'tunu uuiue de 7.">'i ri,i|)ii.i d .iiuIIk nie .nec .saint Germain de Çonstantinople el saint Jean Damascène. Lequien, Oriens christianus, t. il, col. 1051. Georges ne se borna pas A combattre les iconoclastes de vive voix. On lui attribue une NouOsuia yÉpovro; itep't tûv âyioiv îixdviov, conservée dans le codex 197 de la bibliothèque synodale de Moscou. Vladimir, Sisteniatitchescoe Opisanie rukopisei Moskovskoi siiml.iiiw Inldintcki, .Moscou, 1894, p. 228. Ce docunieni . , ' in' h n,iL;iière par Mélioransky et offre des don n. mi i -..ni. s pour l'histoire des iconocla-les. f7/ie(. /./A /i , , . n ijnanil

O'fiiiiieilique i,^,, i|Ui ,-,uiLliuiiii,i d nne ni.iiueie ilelinitive le culte des saintes images, nous trouvons plusieurs évèques de Chypre, Constantin de Constantia, Eustathe de Soli, Spiridion de Cliviri, Théodore de Kitium, Georges de Triinillm^. .\1. i.m.li.' d'Am.'iIhus. Lequien, Ur'iens c/iristiainr-.. i, n. e..l, Idil lnlj; .\Iansi, t. XII, col. 994-985. A l,i V -. --1..11, 1 ,,i, 1 .■ .■.pie Constantin joua un rôle impoil.iiil. l.inraiil le ie;;ne de l'empereur Constantin Copronvme (741-745), l'ile de Chypre était devenue le lieu de déportation des moines, qui en dépit d'une persécution atroce exercée contre eux, persistaient à approuver le culte des images. Theophanes, P. G., t. CVIII, col. 897.

Pendant la domination arabe, l'Église de Chypre, qui avait eu jusqu'au vif siècle un épanouissement merveilleux de vie chrétienne, eut à subir des malheurs sans nombre. La première invasion des musulmans dans l'ile remonte à l'an 632. Le calife Abou-bekhr s'empara de Kitium. Pm [.Im .■-■'n' :■ , TA . ..-«f.. 15, P. G., t. C.XIII, col. |(ll-!..A 11 I ■ ! - K.Tipi;,

Athènes, 1890, p. 275. In ..W-i.. m \l..,uieh,

avec une Hotte de 170O mm- ,.n\ , 1 i lii - . iLiniiiation sur l'île. Theophanes, Cliron., P. u., t. cviii, col. 701 ; Vasiliev, Vizantiia i Araby, Saint-Pétersbourg, 1900, t. I, p. 53. Beaucoup d'indigènes furent massacrés et l'église de la métropole Constantia, élevée par saint Épiphane, fut détruite et profanée. Cédrénus, P. G., t. cxxi, col. 825; Paul Diacre, 1. XIX, P. L., t. xcv, col. 1049. La ville elle-même ayant été réduite en ruines,

CHYPRE (ÉGLISE DE

le siège métropolitain fut transféré à Arsinoé, appelée aussi Ammotlioslûs, et par les Européens Famagouste.

Phrank.iu.l. -. w, .,(,. p. 399-401.

Au .■ al-R.iM,

de E^.sil

Il II ht du ix« siècle l'armée de Haroun- . il il . s y livrant à des atrocités inouïes, i lin- Mil les églises et les monastères. ; Il ,1 1 \ iii,col.9ti9. L'archevêquedeConsl - I I . ne put recouvrer sa liberté qu'en

lull. iliiiiirs. Hackett, p. 48. Les victoires Macédonien (867-886) et de Nicéphore Phodélivrèrent Chypre des pirates qui l'avaient transformée en un champ de pillage. Léon Diacre, P. G., t. cwu, col. 698-700; Cédrénus, P. G-, t. c.x.xii, col. 73-76; Zonaras, P. G., t. cxxxv, col. 108-113. Cependant, sauf quelques exceptions, les Arabes laissèrent au.x Cypriotes la liberté de professer leurs croyances. Vainqueurs et vaincus vivaient comme en deux camps opposés, sans se confondre, restant toujours étrangers de race et de religion. Les Grecs gardaient une neutralité absolue, s'abstenant de prendre parti soit pour les Arabes soit pour les Byzantins. Cette acceptation de la domination arabe leur valut une certaine tranquillité : « ils en étaient réduits à ne plus sentir le joug de l'esclavage, à ne pas se soucier de leur condition de peuple vaincu et soumis aux infidèles. » Vasiliev, op. cit., Saint-Pétersbourg, 1902, t. II, p. 52.

Lorsque l'île, sous Nicéphore PhocaSjfutdéfmitivement soustraite à la domination musulmane, le chrislianisme y refleurit. Les églises détruites par les Arabes furent rebâties, mais la plupart dt-s monuments anciens, des monastères, des bibliolln(|iiis .liiiiiil perdus à tout jamais. La vie monasti.|ii. ml r. p. mlant un renouveau de jeunesse. Sous rniiii.'i .m AI. m-; Comnène(1081- 1118), le moine Isaïe tri^ca le cukbie monastère de Kjkkos, pour lequel il obtint de l'empereur l'icône de la sainte Vierge appelée 'E),£0j<7a, que la tradition attribue à saiul Luc. Éphrem de Jérusalem, flEptYpi?'; TTJ; hy-.: T..,,,T. ,.; /a: (ia^i/.ixî,; \i.o-if,i xoO Kuxxo-j. Venisi-, Il I ii;. Il-, 0/1. fi(., p. 38-39. Sous Manuel Cornu. 11. Il,, II-,, l,.s moines Ignace et Procope fondùrLiil I, 11. Il .1' ,. ,!,• Mâchera, et pendant le règne d'Isaac U l'An;^,. I l.s,", li;i.">i, le monastère de Saint- Néophyte le ii'ilii- lui l..,li, 1,,'s Comnènes enrichirent ces monastères ilc |iii\ il,.,^,.^ ,l de propriétés. Cependant la dornim

l'était pas de ,i,. I, nr délivrance du l,\/,,iihiis s'arrogeaient lit' ,!,' Cliypre. L'affaire 1 en fournit une preuve.

nature à consoler les (a|.i joug des Arabes. Les pain,, 1 des droits sur l'Église aul,,, de Jean, évèque d'Amathus,

Ayant été déposé de son siège par l'archevêque de Constantia, il en appela à l'empereur Manuel Comnène. Le patriarch, I.ii,a-(',hi \~.i\, i;:!,,.- il I.Ti-I IfiOieutla mission de jugiT 1. ,1,11. I'. 11.1 II .M--,, I,, -,iii,.iicf du métropolite de Clninc. I., ,l..,-i.ii .lu |.,,lii,,i-, li,' -appuyait sur le •12= can.iii lin >\ii, .,!.■■ .1. i . .i ili,..'. .1 .i|ires lequel le nombre des évoques ai'j.. l - ■ lu-i i - i . ..nil.nnner un de leurs confrères ne drv II i i i, mi ii.nr a douze. Gédéon, Ux-^^i^;. /iv.'A lL.:w:.|. .;(.:;, I ;,,l„ii,i.jii. P. G.. t. cxxw m. . .,1 "7 CI. I.liiysovorghes ne pensait pas qu'il

pouvail I .11 .les circonstances qui rendaient

iinpo--,!.' 1 I In. Il de ce canon, comme il paraît

s'en èlr. 1 . Il 1.1 - puur la condamnation de l'évêque

d'Amathus. llacketL, p. 51-55.

Le mécontentement causé par la domination byzantine éclata quelquefois en révolte ouverte, par exemple sous le règne de Michel IV le Paphiagonien (1034-1041). et d'Alexis I" Comnène (1081-1118). Cédrénus, P. G., t. cxxii, col. 281; Zonaras, P. G., t. cxxxv, col. 300-301 ; Anne Comnène, P. G., t. cxxxi, col. 660-661. Les conditions de l'île ne firent qu'empirer, lorsqu'un aventurier de la maison des Comnènes, Isaac, Choniates, P. G., t. cxxxix, col. 644, devint maître absolu de l'île. Il s'y comporta en véritable tyran. 11 mérite bien l'épithète de

bourreau impitoyable dont le gratifie Choniates, P. G., t. cxxxix, col. 732. Il surpassa en cruauté même Andronic Comnène; et ses violences et son orgueil rendirent odieuse sa domination et procurèrent aux Latins l'occasion d'occuper l'île et de s'en emparer.

//. L'ÉGLIUE de CHYPRE SOUS LA D031I.\AT10.\ LATI.\E

(1191-1571). — 1» Vile de Chypre sous les Lusigimns. — Au mois de mai 1191, Richard Cœur de Lion, en route pour la Terre-Sainte, débarquait à Limassol, et n'ayant pu obtenir réparation des outrages faits à ses croisés par Isaac Comnène, eut recours aux armes et en quelques jours s'empara de l'île. La domination latine s'établissait à Chypre, et plus heureuse qu'à Constantinople, gardait sa conquête quatre siècles durant. Nous n'avons pas à retracer les événements politiques qui amenèrent l'île de Chypre sous le sceptre des Lusignans. Nous n'avons qu'à raconter brièvement les vicissitudes de l'Église orthodoxe cypriote sous la domination latine. L'histoire de cette longue période n'est pas sans reproche pour le clergé latin. En blâmant les violences exercées par quelques prélats latins contré les orthodoxes de Chypre, nous n'en rendrons responsables ni l'Église catholique, ni la papauté. Les haines violentes qui, après la prise de Constantinople par les Latins en 1204, séparèrent l'Occident latin de l'Orient grec, expliquent en partie les abus de pouvoir commis par les évêques latins à Chypre. Quelques papes blâmèrent le zèle exagéré, ou le fanatisme réel de certains prélats latins, et prirent la défense des orthodoxes. Les historiens orthodoxes se plaisent à reprocher aux catholiques les souvenirs douloureux que le clergé latin a laissés dans l'île. Ils ne devraient pas oublier toutefois les atrocités inouïes auxquelles leiu's ancéires se sont livrés à l'égard des Latins.

Richard Cœur de Lion ne pouvant garder sa conquête, parce qu'il voulait concentrer toute son armée en Palestine, proposa aux templiers de l'acheter, et d'y tenir garnison. Ceux-ci acceptèrent. Le prix d'achat fut fixé à 100 000 besants d'or. Les templiers en versèrent 40000 en acompte, et occupèrent le château de Nicosie. Guillaume de Tyr, 1. XXIV, c. xiii, P. L., t. CCI, col. 946- 947. Les Cypriotes ne pouvaient supporter le joug latin. A la haine produite par la différence de religion, et les griefs des Grecs contre les Latins, s'ajoutait le souvenir des cruautés que Renaud de Chàtillon, le fameux aventurier franc d'Antioche, y avait commises en 1155. Très mal disposé contre les Grecs, Renaud de Chàtillon se plut à maltraiter les membres du clergé. Cinname, P. G., t. cixim, col. 521 ; Schlumberger, Renaud de Chàtillon, prince d'Antioche, Paris, 1898, p. 77. Les Cypriotes résolurent de massacrer les templiers. Leur plan échoua. Les templiers, sortant de la forteresse avec l'héroïsme du désespoir, passèrent au fil de l'épée la grande majorité des habitants de Nicosie. Amadi, p. 83-85; Strambaldi, p. 8. Comme leur situation à Chypre était devenue inte-

nable, ils I, 11, h la céda à i .m .1.

la Mardi,'. ., e..

besants d or ()u seigneur de l'îU laissa l'Église s biens et de ses 1 de Lusignan (1194-1205

il I". Celui-ci à son tour .■ Hugues VIII, comte de t aux templiers les 40000.

ili'boursés. Le nouveau allermir sa domination,, pleine jouissance de ses p. 74. Mais sous Amaury ■ grec eut sérieusement

craindre la perte de son indépendance. Amaury décida d'établir dans l'île la hiérarchie latine. Cette mesure était exigée par le grand nombre de Latins qui s'étaient fixés à Chypre. Mais tout en pourvoyant aux besoins religieux de ses sujets latins, le roi de Chypre avait en vue la conversion des orthodoxes grecs au catholicisme. La latinisation des Cypriotes aurait contribué à la stabilité de sa dynastie. Célestin 111 poussait Amaury dans cette voie nouvelle. Dans une lettre datée du 20 février 1196, il loue le zèle du roi, 7"! a suis tandem erronbus suo diligenti studio re-

CIIVPKK (EGLISE DE)

vocatam a belualo tei-menlalorwni schismate ad unilatem orthndoxir malris F.cdesiw rrâncere studio se can-

l,;i,r,l. \I,,s-I,.,liir, nistnh'r ,lr C7,./,„v, I. 111, n, (TIO :

encore sensiblement ses iMiniunifés. 1,^- li' ii\ ( .-niriiiinions auraient pu vivre en paix ainsi imiih., ii. i- m mil aurait fallu, rhez les Grecs, une résii;ii.iii.iÈi \,.i~iii. .Ir rali:ii iiiMiî. I rli.^z les Latins, une uioileraliun i|ui ei'il îi, I ! ilion d'un devoir. » Mas-Latrie, //is- Unrr , . , 1 i,p. m.

Tcini li il I L I ,r.'csconservèrenlles(|uatorziM'-vèclit'S

qu'ils posséJaieni dans l'ile. Les hislmi. n- .1. I I .lise cypriote ne sont pas d'accord

talent dans l'ile avant 1

grecs qui ei

L'archimandrite Cyprien, toujours purle a exaj^eiei- le rôle et la grandeur passée de son pays natal, en porte le nombre à trente et un, dont six métropoles et vingtcinq éparcllies. 'loropia yyt'irj'/o-ny.r, tr,; v/.to'j K-jitpou, p. 391. D'après le S\iirl,,l/nios ,|r llhi ,,. 1, ■<, les éparcllies cypriotes étaiiril ,111 1 il'ii .1. i|iiin/e, P. G.,

t. CXIII, col. 151, et il. lie i/r il .i|.iv~ 1.1 .\. ///a episcopatum, P. G., t. cvii, cl, ;;02, el .\il.- hHx:,|,:,trin<:. P. G., t.cxx.vii, col. 1097. Lequien en coiii|iir -. i/r. m, ,f //s

chrislianus, t. ii, col. lOiS-lOiô. Nous dmii ~ l,i liM. .!.■

Hiéroclès i|iu. en dehors de Constanti.t s.il.iiniii' . -i. •■

de r:nvl„Ai.i....r,„,,iilr,|,ul,„v.'M'"v • -.1 ,, .|,,v:

Tarn;,-...., ImIiuim, \in, i-, UiiiMnn. r,,,.l,,,-. \,- ,

Soli, l„iii.ll,u-. Im, 1.,, ,,,(,!,. 11). i;,M|.., M, .1.. Ml, -, hunltllUS, LeikusKi. Ilackell, p. 210-2i.;. .'^l U-^ l.i.i,» iuii;.ervèrent leur organisation ecclésiastique, il n'en fut pas de même de leurs églises. Plusieurs de celles-ci furent occupées par le clergé latin, à l'entretien duquel on affecta une partie des dîmes et des revenus ecclésiastiques. Les Grecs jetèrent les hauts cris : ils voyaient l'avenir de leur Église en danger. « Le soleil se couvre de nuages, écrivait Néophyte de Chypre en poussant au noir le tableau de son ile natale tombée sous la domination latine. Notre condition est semblable à celle d'un navire ballotté par une furieuse tempête, et peut-être nous sommes encore plus à plaindre parce que la tempête sur mer a ses accalmies, tandis que chez nous la tourmente ne fait qu'augmenter. » P. G., t. cx.xxv, col. 496-497.

Sous Hugues l" (1205-1218) ou plutôt sous la régence de .sa femme Alix de Champagne, l'Église grecque suhit de nouvelles atteintes dans son indépendance. Au mois d'octobre 1220, la noblesse cypriote et le clergé latin se il'unirent à Limassol pour régler le différend survenu au sujet du partage des hiens ecclésiastiques. Dans cette assemblée on reconnut aux membres du clergé gi'ec, mariés ou non, le droit de ne pas être soumis au servage et aux corvées. Mais cette concession n'était accordée qu'à ceux qui prêteraient serment d'obéissance et de lidélité à l'évêque latin. Mas-Latrie, t. m, p. 612. Les ecclésiastiques grecs étaient tenus de ne point sortir de la ville ou du village où ils étaient fixés. Les serfs ne pouvaient aspirer aux ordres sacrés. Les abbés devaient demander aux évoques latins l'approbation de leur nomination. On défendait aux Grecs de réclamer les biens des monastères et des églises qui avaient été confisqués par les Latins. Mas-Latrie, ibid., p. 611-612. Le cardinal Pelage, évêque d'Albano, dont Georges Acropolite nous a laissé un portrait rien moins que flatteur, P. G., t. cxL, col. 1028-1029, voulut hâter l'œuvre de conversion des Grecs par des violences blâmables. Treize moines furent appréhendés et jetés en prison. Ils persistèrent à rejeter les croyances de l'Église latine, et à prêcher l'orthodoxie. D'après un anonyme cité par Allatius, on leur fit subir le dernier supplice. Quelquesuns furent attachés à la queue des chevaux et traînés au milieu des rochers et des pierres; les autres périrent

dans les (lammes en présence du cardinal Pelage et d'une foule immense de Latins. Leurs cendres furent disper.sées. All.ilius jiislili.' cet ;iil.' d'intolérance. Opus erat, dil-i\. elli. , h s ///,,/,//,/ r/,,,- /h/, 7 rebelles et veritati^ oppuyiKti, Il rs nmi r:ihi,, srJ jfrrd et igné in sa- )ii(ii-i'iu nirnh-ni n'<hi, rrr, I :,iiiiin;hK occidenlalis et <if,,'iii,iii-i /.-,/, M, r. ]i. ii'.it; ,\ son avis, cette punition ' >• iiipi MM ■1,1 II Mi I , -.,111 , |iiinr ôter aux Grecs l'envie ili - iii.ni, I nin'iv I I lIi-i- l.iline. Ibid.. p. 696-700.

l-ii I "-I I-'--' ^ 1' 1 ■ ! iMii lil il,' 1 M-;mx ell'orts

pour -, iii, ;,, 1,1, , - il, i,i,v|,i, , . iniiiliction. 11

consrir ,1' , I ;■,, l'i h il, , I I,, ,;, I ,' - ,, ,,;< il désirait iviliiii. I, iMijin - ^1 , I-- I I ,1, il il-, . mil, |i,.^ vicaires du mcti'opûlile ou ai-elievèciue laliii. Les évcques grecs ne devaient exercer leur juridiction que sous la pleine dépendance de l'ordinaire latin. Il exigeait en outre qu'on put interjiti'i- :i|ip> I ,lii lril,iin:il ,1,' r,'v.',[ii,"' -ree au tribunal cl,' 1 , .i'i|ii, l.,lii, , in,',,,, ,\i",i,,,i- li'-i' u

ajouter la s. 1 , , ni .l i, ii|i ,|ui leur était plus odieuse que 1 ii'i \li: : m , 1 ,-■. furent vaines à

cause de l'inli„u.-iH..uice du L,,É,lni.,l l'i-l:,::.-. .pii m

qualité de légat apostolique trouvait ,m 111 i[ii--

du saint-siège. Les réclamations des ( ,, 1 ,,1

pas écoutées à Rome. Le 23 jaiiviei' IJj' Hum III. dans une lettre à Alix de Cliaii, JIM il, im,,! • ' ,, regret de ne pouvoir maint<'M II ii m 1, ]. 1 i .im. Ce serait une chose monstnuMi , ih ni il ,|,i n ui dans la même Église deux cbel.^ ,lu m. me iiiii- ,1 de la même autorité dans la hiérarchie. 11 insistait sur la nécessité de ne point permettre aux évêques grecs de rester dans les diocèses latins. Raynaldi, Annales, an. 1222, n. 8-9, Lucques, t. i, p. 319. L'archevêque grec Néophyte ne voulut pas se soumettre aux prescriptions du saint- siège; il fut déposé et envoyé en exil avec son clergé. Sathas, MEo-aiiovtxïi gigXio6r,/.r„ t. 11, p. 7. Le 14 septembre 1222, Pelage ratifia une nouvelle convention entre la noblesse et les évêques latins. Les nombreux sièges épiscopaux des Grecs furent supprimés. On en garda seulement quaire, Nicosie, Paphos, Limassol et Famagouste. Mais les évêques grecs n'eurent pas le droit de résider dans ces villes. On les fixa dans des villages obscurs : celui de Nicosie à Soli, celui de Paphos à Arsinoé; celui de Nicosie à Lefkara, et celui de Famagouste à Carpasie. On réitéra les décrets concernant la soumission et le serment de fidélité que les prêtres grecs devaient prêteraux Latins. Les abbés grecs étaient tenus d'obéir aux évêques latins secundmn Deum et stattita canonuni ; on déterminait le nombre de religieux pour chaque monastère grec ; à l'égard des évêques grecs on statuait : Obedientes erunt romanse Ecclesise et arcbiepiscopo et episcopis latinis, secundimi consueludinem regni Jerosoliniitani. Mas-Latrie, t. m, p. 622.

Le clergé grec ne put se résigner à accepter cette convention. S'il cédait aux exigences des Latins, il encourait le reproche de pactiser avec Vhérésie latine, et il devenait un objet de haine pour l'hellénisme entier. S'il laissait le champ libre aux Latins, le troupeau orthodoxe se serait trouvé sans défense contre les tentatives de latinisation de l'île. Mas-Latrie, t. 1, p. 212-213. Dans cette pénible occurrence, les Grecs eurent recours au patriarche de Constantinople, Germain 11 (1222-1240), qui, depuis la prise de Constantinople par les Latins,

CHYPRE (EGLISE DE

habitait à Nicée. Les Cypriotes lui envoyèrent comme délégués Léonce, évêque de Soli, et un autre Léonce,

higouméno fin monnslére des Apsinthes. Ceux-ci se présentèniil :iii |i ilriii-clie et à son synode l't exposèrent l'état l.iiiM iiiill. il.' l'Kylise cypriote : » Les àiiies sont raen.ic. I s, lindil-ils : la voix de l'ICglise sainte est sur -le point (l'être étoulTée. Le clergé latin a bouleversé nos églises, envahi nos domaines et porté une main sacrilège sur les choses saintes. Notre léL;itinie pasteur Néophyte a été chassé, et remplacé par un houime étranger et inexpert pris parmi les L;itiii-. (.'■I lniiiiine veut que nos évéques et nos prêtres l'.i^v. m l.ur ^unmission dans les mains des évèques latins, > il- n oli. i-sent p:is. iN i, \uieut obligés de quiltn I il-, - t -ils'éloiijieiii l.ur liniipeau sera à la mein ilr- L.ilui-, sans |.,i-i. i:r -t -,iii- Miaitre. » Mansi, t. \\ii. .mI, |():ii- •1077; V. G-, [. LXL.eol. 605-608. Au mois dt juilietl2i;3. le sjnode communiqua ses décisions aux délégués cypriotes. Tout d'abord il penchait à la modération, et conseillait aux Cypriotes de se soumettre jusqu'à ce que la tourmente fût passée. Mais une révolte du parti contraire aux Latins l'obligea à revenir sur sa décision. Philippes, p. 52. Par une lettre patriarcale, éditée par Colelii'r. le svnoile et Cermain 11 conseillèrent aux préliils , \|,n.i|.- i|i ■■■ il'T imijours aux Latins dans les quesiinii, II., ni il ,h,, |,[ri l'installation dans leurs chari;i - pu \r-. . .ei|ur- liliiis, et l'appel à leurs tribunaux, ilais ils déclarèrent qu'ils devaient être inébranlables au sujet du serment d'obéissance et de fidélité aux évèques latins. Les fidèles ne devaient plus recevoir les sacrements des prêtres grecs assermentés. ( Il vaut mieux, écrivait Germain, prier toul -eul ii;iiis ,;i maison, que d'aller faire la collecte a\rr d, - in- h, > qui partagent les erreurs latines, ou qui, s.iii- pili.- poni les églises envahies et souillées, regardent le p;ipe comme leur pontife. » P. G., t. cxj,, col. 613. Germain traitait le clergé latin de troupeau de loups rapaces. Pour lui, reconnaître la suprématie romaine, c'était condaiiiii.i II' [Jii-sr (Kl 1 I— lise orientale. Mieux valait subir II - plu- cliii I - liiiinili, liions, l'exil et le joug musulman. .\l,i>-L,iii II'. I, 1. |i IW. Afin de venir en aide aux Cypriotes, Germain i < i i . 1 1 ni -si ,iii p.iin' HiV^oire IX etauxcardinaux.il nj. ii' m n ii i line, sur sa tyrannie et son avin i 1 i i ; n ,i : ; -i -chisme qui désolait les deux l';:ti i-, i,ii^niii IX.ilms sa réponse, lui iiiurilr.i que l'I'iylisc grecque, s.'parée du centii' ilr I iiniii . - i.iit tombée entre les mains du pouvoir I:iii|ii. il ipi, |ii siège romain avait reçu de Dieu le gliiiin !i:i' II' i[ pirifnri. Piclilcr, C.c^rhichle der kiixhli. ' , / : ; Miiiii h. ISiii, I. I, p, -.m-d'si; Bull.' I iL' .1 lunn. I, m, p. 173.

En

conilit avec le clergé latin. Grégoire IX se montrait sévère à l'égard des orthodoxes. Ils quittèrent en grand nombre l'ile avec leurs évèques et, emportant leurs vases sncn's. ils cherchèrent un abri en Arménie. GréguiiT l\ rliiivi.i alors l'archevêque latin Eustorge de noniiiii j ili - -N|i'is latins aux places laissées vacantes p:ir les lirees, et pria le pouvoir civil de prêter main-forte au métropolite latin. l!:i\n.ilili, ;iii. 1240, n. 44-45, t. II, p. 248-249. lleureiis,ii,i m, ,lii Mis-Latrie, on n'appliqua pas ces mesures esir, un-. i|iii eussent provoqué un exode des Cypriotes. Uiàlucrc Jcs archevêques de Chypre, p. 208.

Sous Innocent IV, la politique du clergé latin à l'égard des Grecs eut un caractère moins agressif, mais pour peu de temps, l'.n Lnlnniisr ,lii riuilin.il lliides de Cbàteauroux, (Il II : m ilu -.mil -n -ji , l- ( .ri r- demandèrent au pape il I 1 iv II mil Lii - il.ins l.i inui--.ince de leurs :in.-ieii- iii I II. l'i-isiiieiil pdilicnlièreinent

sur II ' pi atorzesièges épiscopaux

^u'il !, proclamer leur entière

'ncle[i' Il I In ;^c latin, et de supprimer

les entraves créées aux vocations religieuses. Eudes de Chàteauroux ne put se décider à leur accorder ces privilèges, supprimés sous Célestin III et le cardinal Pelage. Raynaldi, an. 1250, n. 40-42, t. ii, p. 431-432; Mas- Lalrie, t. i, p. 357. Cependant on fit droit à certaines réclamations des Grecs. Par sa bulle du 20 décembre 1251, Innocent IV approuvait la nomination de Germain au siège métropolitain de Chypre. Celui-ci fut consacré par ses sufifragants. Le cardinal Eudes l'installa dans son siège malgré l'opposition et les colères du clergé latin. Germain et ses évéques prononcèrent le serment de fidélité et d'obéissance à l'Église romaine. L'animosité entre Grecs et Latins aurait diminué sous le gouvernement de Germain, très estimé pour sa prudence et ses vertus, si un prélat lalin, très zélé, mais d'une humeur très belliqueuse, n'eût pas essayé de nouveau de supprimer dans l'ile l'inlluence du clergé grec. Hugues de Fagiano, né au village de ce nom, auprès de Pise, par son savoir et ses vertus était bien digne du poste qu'on lui avait confié à Chypre. Élevé au siège métropolitain de Nicosie, il entreprit avec zèle la conversion des Grecs au catholicisme. Le dimanche des Rameaux de 1251, au cimetière latin de Nicosie, il lança l'anathème contre les Grecs qui refusaient d'admettre la supri'ni.iiin rmii.miii. el de prêter serment de fidélité aux i\.iipn - lihii- Il frappait de la même peine les Grecs (pu, iiMi i.> -tiuiint le rit romain, n'assistaient pas le dimanche aux olliccs latins, et ceux qui ne payaient pas les dîmes. Mansi, t. .\xvii, col. 311-316. Mais il ne trouva d'appui ni auprès du roi de Chypre Henri I«s ni auprès du h'gat Kudes de Chrileauroux. Ne pouvant se résigner à tnh i- r l,i pn-nni n iln niétropolite grec Germain, dont 1 i L nimn .i,,,it i in , niiilniiéepar le saintsiège et le légal. IIh.-ik- ipniPi I ile m se retira en Toscane, après avoir )ete 1 interdit sur le royaume.

En 1254, Innocent IV promulguait sa constitution concernant les divergences entre Grecs et Latins dans l'administration des sacrements. 11 considèçe comme un péché nioilnl In inariiige des divorcés, toléré par l'Église grecque. II.mmI.Ii, an. 1254, n. 7-11, t. il, p. 494496; iVlansi, I. xwi, cul. :;-22-3:35. Après la mort de Henri I"" (1253), Hugues de fagiano reprit possession de son siège, et leva l'interdit. La régente Plaisance d'Antioche l'accueillit avec égards, mais persista à témoigner aux Grecs la bienveillance dont ils avaient été l'objet de la part d'Innocent IV. Mas-Latrie, 1. 1, p. 364. Hugues de Fagiano, entraîné par son zèle, traitait de tiédeur et d'indifl'érence à l'égard du catholicisme la modération de la reine. Il écrivait en ce sens ;'i fliin T.r - linl -ji-n Inu.i son zèle, mais n'écouta pas S(- iji ' i ii i i un pnlilique d'intolérance. Innoceni I \ i i Il I ni I trilonnez expressément à rarcluiiiin 1 Ils I .nipm, Liiins de ne point inquiéter les Grecs et de ne rien exiger d'eux de plus que ce qui est marqué dans notre présente déclaration. » BuUariutn romamtm, édit. de Turin, 1858, t. m, p. 583; Raynaldi, an. 1254. La reine était bien disposée à l'égard des Grecs, mais elle ne voulait pas mécontenter les Latins. Hugues de Fagiano se laissait au contraire entraîner par son zèle à des excès regrettables. Il reconnaissait que Germain était un prélat digne de respect pour son savoir et sa conduite morale, mais sa présence dans l'ile lui paraissait un amoindrissement de la suprématie latine. Après le départ du légat, Hugues ne tint plus compte des décisions du saint-siège. Il recommença à aigrir les orthodoxes, Germain en particulier, par ses vexations et son ingérence dans le gouvernement intérieur de leur Église. Un jour il cita même Germain à son tribunal. Celui-ci, fort de son droit, refusa de s'y rendre et en appela au souverain pontife. Il partit pour Rome avec ses trois suffragants. Hugues, loin de s'apaiser, lança l'e.xcommunication contre Germain, le dépouilla de ses fonctions, et envoya ses commissaires à Rome. Alexandre IV chargea le cardinal Eudes de

CHVPllE (ÉGLISE DE)

C'.hàteauroux d'insli'uire le procès. L'ancien lôgat de Chypre était le plus à même de connaître et d'apprécier la valeur réelle des pièces du débat. Les commissaires de l'archevêque lalin exposèrent leurs griefs. Ils citaient à l'appui de leurs récriminations le décret de Célestin m l't 1m loiivcnlion signée par le cardinal Pelage, toiKliiMi II. ml i. direction suprême dans l'Église de Cln|ii I I [ ! ' (lormain était contraire aux canons de 11 !i 1 lice de son autorité de métropolite un al u. di [j^u^uir. Son élection était entachée d'un défaut radical, parce que les évêques qui l'avaient consacré se trouvaient alors sous le coup de l'excommunication. Le proci-s liMÎnail en longueur. Les évêques grecs se pl.iuiiii . ni .Il ciii.- Il lit. m lolontaire, d'autant pUi>.|iii II] I II liii - h 1- ne leur permettait pas lie I Ml. 1 II , .1 I I ti I ,11 ii|. i;il)les que comportait l.jur -ij.jui a l;uiiiL. Ul>. lui.-, il,- supplièrent le pape de trancher lui-même le dillérend et de régler leur situation. Alexandre IV y consentit de hon gré et, le Sjuillet 1260, il proimil^ua, à .Viiai.»!, la faiiunso bulle de la constitution de rr li-i i \|ii ini Ii i , m Mi m I 2no, n. 36-39, t. m, p. OO-c: mi r ; -i . i -■ , ,,i que les Grecs n'aumii n' : hi lui , i iir évèchés, comprenant 1.1 in. uil .IliuIl,. .11... u. u.. .- limites que les évêchés latins. Les cHéqucsgn^cs cependant seraient placés sous la juridiction suprême de l'archevêque latin. Pour mettre un terme aux incùnvi'nienls auxquels donnait lieu la inliil il i .li 1,11,1 NI - 1 I , - I 1 I lllll-

dans la même ville. .\l .ii. r. , i i

grecs, des domiciles iliit I II' . 1:1 \: ! .,i

résider dans la vallr..' ..I- .^,.'li, .. 1 ijh- -' 'l' I iV , .ilni de Paplios à Arsinoé, aujourd'hui Ario.sdans lu Kilani ; celui de Lin'iassol à Lefkara, au sommet du mont Macliéra ; celui de Famngouste à lîiso-Girpassi, dans le

prLiiii.iiil.ii|| i.nli!. riii,- l.i.l -I iili.'iiient les évêques

gn.-LV II Mil , i. 11' ,1 m- |i ,11 - , i!! - I rexception de celui de l.iiM >-- il |ii; 1 1 I : I , 1 1, Il I I .Icrgé grec de chaque iliii.'.i- -' I .,iit l.i .il ml .l,| iiummer ses évêques.

La nomination, d'après la bulle, devait être approuvée par l'évêque latin du même diocèse et la consécration fut déférée à ses collègues réunis sous la présidence de l'archevêque latin, qui l'investissait du droit d'inspection et de gouvernement sur ses monastères, églises, clergé et lidèles. L'évêque grec devait jurer fidélité et obéissance à rÉglise romaine. La déposition ou translation des évêques de leur diocèse appartenait .exclusivement au souverain pontife. Dans les procès ecclésiastiques entre Grecs, l'évêque grec était seul appelé à juger sans aucune intervention de l'évêque latin. Si l'un des plaideurs était Latin, l'instruction du procès appartenait de droit à l'évêque latin, sauf appel à l'archevêque de Nicosie et au saint-siège. Une fois par an, l'évêque grec, suivi de son clergé et de ses higoumènes, était tenu de prendre part au synode convoqué par l'évêque latin. En tournée pastorale, l'évêque lalin devait recevoir des Grecs les mêmes marques de déférence et les mêmes honneurs que les évêques latins étaient tenus de rendre à leur archevêque en semblable occurrence. On détermina les redevances pécuniaires auxquelles étaient tenus les évêques grecs à l'endroit de l'archevêque latin, lorsque celui-ci faisait la visite générale de l'ile. On décida enfin que les dîmes, dans toute l'étendue de l'île, appartiendraient aux Latins, et que personne n'avait le droit de protester contre cette mesure. Des dispositions particulières furent prises à l'égard de Germain, qui joui.ssait d'une excellente réputation à la cour de Rome. Le souverain pontife le confirma jusqu'à la mort dans sa charge de métropolitain. Il le nomma archevêque de Soli, le laissant libre d'opter entre cette ville ou Nicosie, où les Grecs avaient l'église de Saint-Barnabe. Germain prêta serment comme évêque de Soli. Ce serment ne le privait pas des prérogatives inhérentes à sa dignité ; il gardait le droit d'installer les

évêques de son rite, une fois que l'ordinaire latin s'était prononcé sur la validité de leur élection. Il lui appartenait d'inspecter les monastères et les églises des Grecs et d'exercer sa juridiction de métropolitain. Mansi, t. xxiii, col. 1037-1046; U.aynaldi, an. 1260, n. 40-50, t. m, p. 66- 68; Hackett, p. 122-123.

2» Depuis la amslitulion cypriote jusqu'à la fin de la domination latine. — Hugues de Fagiano n'acquies(,a pas aux décisions de la cour romaine réglant l'organisation de l'Kglise de Chypre. Les égards témoignés à Germain lui parurent une atteinte portée à ses prérogatives et à la suprématie de la hiérarchie latine. Il démissionna de nouveau et se retira en Toscane, où il mourut en odeur (if siint.t.i. C.ii.iinl.nit. la constitution cypriote, loin il.i I. 1, !.. r 1., pi, vii^, ,1,. l'Église grecque, n'avait fait (|ii.- r,.l,,.i->, , .-..ii-i,!. I ablrinenf. « La nouvelle constitution niipiia IlUiI de IKy!!^.. Liv..f.|n.. .^t lui .'.la t.. ni espoir de rester sur le pied il, I . . hii i , il ii-,, latine.» Mas-Latrie, 1. 1, p. 3.Si I II ' i | -

tement, ditPhilippes, p. 58, au tl. i -, K.iin , 'i nu. i l.-s Grecs furent très mécontents, et commencèrent à tourner leurs regards vers Constantinople, retombée aux mains de leurs anciens maîtres. Les Paléologues songeaient à reconquérir l'ile, et excitaient les indigènes à s'insurger contre les usurpateurs étrangers. Mais Us Cypriotes ne répondirent pas à ces instigations. Les rois de Chypre, pour écarter tout prétexte de révolte, 'lui I li iil à ménager les Grecs et s'abstenaient de i |ii.r rigoureusement les lois sanctionnées I I II. Leur tolérance souleva parfois je mécon- I I.' Il iii li. s prélats latins, qui accusèrent le gouvernement de connivence coupable avec le schisme. Dans une de ses lettres à Hugues d'Antioche, Urbain IV se plaint de son peu de zélo à seconder efficacement les évêques latins. « Les Ci .. n'ul, -, i , , ni |.,- les règles sanctionnées par la c., Il , i n . '\. Ils mé-

prisent ceux de leurs jii 11 I I ! ■ iii.i iii la suprématie romaine et la - niii- ' lI I I ^ii-.: ,. .Iholique : ils s'éloignent de leurs églises et leur refusent les offrandes et les cens, et les privent de la sorte de tout moyen de subsistance. Ces prêtres malheureux restent à la charge de l'archevêque latin de Nicosie. » Mas- Latrie, t. I, p. 393. L'archevêque de Nicosie se rendit même auprès du pape à Orvicto pour lui exposer la condition de son Église, en butte à la fois à l'hostilité haineuse des Grecs et à l'indifTérence du pouvoir civil. La hiérarchie latine restait désarmée en face des Grecs, parce que ses édits et ses sentences n'étaient pas exécutés. Urbain IV insistait de nouveau auprès du roi de Chypre, se plaignant que l'archevêque ne fût plus rien dans sa métropole. II n'était plus qu'un simple prêtre. Mas-Latrie, t. i, p. 394 ; t. m, p. 655 ; Raynaldi, an. 1264, n. 66, t. m, p. 153-154.

Forts de l'appui du gouvernement, les Grecs de Chypre défendirent avec plus d'ardeur les privilèges de leur Église. En 1313, à Nicosie, le légat du pape, Pierre de Pleine-Chassaigne, archevêque de Rodez, faillit être échappé par la populace. Raynaldi, an. 1309, n. 33-34. t. IV, p. 479-480. Au mois d'octobre 1326, Jean XXII exhortait, mais en vain, Raimond, patriarche de .lérusalem, à extirper l'hérésie de l'île. Raynaldi, an. 1326, n. 28, t. v, p. 330-331. En 1359-1360, le carme français saint Pierre Thomas, légat du saint-siège en Orient pour y traiter l'union des Églises avec Jean Paléologue, Raynaldi, an. 1359, n. 16-17, t. vn, p. 44-45, se rendait à Chypre et convoquait les évêques grecs à l'église de Sainte-Sophie de Nicosie. Il fit fermer les portes de l'église et voulut les ctnverlir, de gré ou de force, les chroniqueurs se contredisent sur ce point, à la foi catholique. Le peuple apprit, selon l'expression du chroniqueur grec Mâcheras, que le légat cherchait à métamorphoser les Grecs en Latins : il y eut une émeute. La foule entoura l'église, et mit le feu i la porte d'entrée.

CHYPRE (EGLISE DE

La police intervint, et délivra les évéques grecs. Le cardinal Thomas se plaignit auprès du roi ; il regardait l'ollense faite à sa personne comme étant faite à la chaire de Pierre. Le roi promit de châtier les coupables; mais s'empressa aussi de l'éloigner de l'île. Mâcheras, p. 56- 57; Cyprien, p. 158-159. Malgré les efforts des évéques latins, l'influence grecque grandissait à Chypre. Dans une lettre d'Urbain "v (29 mai 1368) à l'archevêque Raymond de la Pradéle, le pape se plaint que la noblesse, suivant l'exemple des Grecs, célèbre les mariages et les baptêmes dans les maisons particulières et non dans les églises. Les églises grecques, ajoute-t-il, sont fréquentées par beaucoup de femmes latines qui y écoutent des sermons dangereux pour leur foi. Mas-Lalrie, t. m, p. 757-758. Il engageait l'arclievèque à ne pas tolérer ces abus. La communion in rliviiiis devait être tolérée dans l'ile parce que la constitution de l'archevêque Philippe, datée de Nicosie (1350), défendait aux prêtres grecs d'administrer les sacrements aux Latins et viceversa, nisi in casu necessilatis evidenlis. Mansi, t. xxvi, col. 380.

En 1405, la Grande-Église de Constanlinople traita avec les Cypriotes pour les rattacher plus étroitement à l'orthodoxie. Les patriarcats grecs considéraient les fidèles de Chypre comme des apostats, en raison du serment de fidélité qu'ils avaient prêté à l'Église latine, bien que leur liturgie ne contînt aucune mention du pape. Joseph Bryennios fut chargé de régler les conditions de cette union. Il séjourna dans l'ile quelque temps et dut se convaincre qu'il ne fallait pas espérer le prompt retour des Cypriotes à l'unité orthodoxe. Sept ans après, les évéques de Chypre écrivirent de nouveau à Constanlinople pour réclamer l'union avec la Grande- Église. L'avis de Bryennios fut encore une fois défavorable. Il déclara qu'en recevant dans l'orthodoxie les Cypriotes habitués aux usages latins, on risquait d'entrer en communion avec l'Église latine. Philippes, p. 63.

Le concile de Florence ne produisit pas de bons résultats pour la pacification religieuse de l'ile. Les Latins soupçonnaient à bon droit la sincérité de la soumission des Grecs et ils les tenaient à l'écart. Les Grecs se plaignirent à Eugène IV de ce que les Latins, malgré le décret du concile, fuyaient leur société, et refusaient de les admettre aux mariages, aux funérailles, aux processions et aux autres solennités. Raynaldi, an. 1441, n. 6, t. ix, p. 370. Les Latins cependant avaient de bonnes raisons d'agir de la sorte. En effet, les Grecs prétendaient qu'à la suite du concile de Florence l'Église latine avait dû accepter les doctrines de l'Église grecque, et que les canons de ce concile étaient contraires à la foi. L'orthodoxie cypriote était alors soutenue par la reine Hélène Paléologue, fille de Théodore, despote du Péloponnèse, et depuis 1441, femme de Jean II, roi de Chypre. La reine dominait le caractère faible de son mari, et gouvernait à sa guise le royaume. Elle en profita pour délivrer de ses entraves l'Église orthodoxe cypriote, étendre dans l'ile l'influence de l'hellénisme, et y protéger la religion des Grecs. Bustron, p. 459. Elle disposa même à son gré du siège métropolitain de Nicosie, et nomma à ce poste, occupé par les Latins depuis l'installation des Lusignans, une de ses créatures, le fils de sa nourrice, un Grec de naissance. N'ayant pu réussir, elle commença une rude persécution contre l'archevêque Galésio de Montolif, qui dut se réfugier à Rhodes (14i2). Le saint-siège s'alarma de l'influence grandissante de l'Église orthodoxe dans l'ile de Chypre. Nicolas V chargea André, archevêque de Nicosie et son légat en Orient, de travailler avec plus de zèle à la conversion des Grecs, en exigeant, s'il le fallait, l'aide du bras séculier. Cette lettre, datée du 3aoùt 1447, était un appel à l'énergie des prélats latins contre les Grecs. Raynaldi, an. 1447, n. 27, t. ix, p. 513-514; Mas-Latrie, Histoire des archevêques latins, p. 288.

En 1489, l'ile tomba sous la domination vénitienne. Les Grecs n'en furent pas plus heureux. En général, les Vénitiens n'ont pas laissé de bons souvenirs dans leurs possessions du Levant. Les Grecs leur reprochent l'intolérance religieuse et politique. A Chypre, les Vénitiens fermèrent les écoles grecques, et soumirent les indigènes à un s\?l.'iii.> (Ir \r\,iii.)ns qui en força une grande partie à l'iiii^ii r .11 A^ir-Mineure. L'Église orthodoxe, dont le prosiiL" ir,i\ ;iii m c|u'un relèvement éphémère sous la reinf llil.ri.- l':i|i uloguc (f 1458), retomba dans l'état lamentaljle où elle était auparavant. Les Grecs, fatigués de la domination latine, tournaient leurs regards vers les Turcs, dont les flottes et les armées chassaient les Vénitiens de leurs fiefs d'Orient. Après une lutte épique, qui rendit célèbre le nom de Marc-Antoine Bragadino, Nicosie et Famagouste tombèrent aux mains desTurcs ( 157 1 ). Lusignan, p. 105. Les Grecs poussèrent des cris de joie. Ce fut avec des sentiments d'allégresse qu'ils assistèrent à ce changement de domination. Philippes, p. 69. Leur orthodoxie, sous le joug des Latins, était devenue suspecte. Les Turcs leur permettraient de suivre leurs usages en pleine liberté. Leur méprise fut amère. Ils ne tardèrent pas à se convaincre que l'intransigeance latine valait mieux que le fanatisme musulman. Les Turcs victorieux noyèrent les Grecs et les Latins dans une mare de sang, et à plusieurs reprises l'orthodoxie cypriote eut à regretter la joie que lui causa la défaite des Latins.

/;/. L'ÉGLISE CYPRIOTE SOUS LE JOUG -VC'.SfL.V.l.V. —

La conquête musulmane réduisit les Cypriotes à la dernière extrémité. Leur Église eut bien de la peine à se relever des ruines amoncelées par les jî^nissaires de l'Islam. Les évéques, la plupart des higoumènes et des dignitaires ecclésiastiques avaient été mis à mort; les monastères rasés ou transformés en écuries; les églises profanées et changées en mosquées. Cyprien, p. 300; Lusignan, p. 80. L'ile de Chypre fut annexée à l'empire des Osmanlis comme le septième pachalik d'Asie. Soumis définitivement au joug de l'Islam, les Cypriotes songèrent à réorganiser les épaves de leur Église. Ils envoyèrent une mission au grand-vizir Mehmed pacha, le suppliant de leur permettre de rétablir dans l'ile les anciens évêchés, et d'avoir recours, dans ce but, au patriarche de Constanlinople. Leur requête fut accueillie favorablement. On leur permit d'avoir des évéques et de racheter les monastères confisqués par les 'Turcs. Sakellarios, t. i, p. 560. L'Église grecque fut alors organisée sur de nouvelles bases. Toutefois on ne rétablit pas les quatorze sièges épiscopaux qui existaient avant la domination latine. L'archevêque fixa sa résidence à Leucosie; l'évêque de Paphos s'établit à Ktèma, celui de Limassol dans cette ville, et celui de Carpasie à Ammokhostos. Dans la suite, ce dernier évèché fut supprimé et enclavé dans les limites de l'archevêché de Nicosie. A sa place on rétablit l'ancienne éparchie de Cérines. Les trois évéques prirent le titre de métropolite. Ils furent placés sous la juridiction de l'archevêque comme ses suflragants.

Les débuts de l'Église cypriote sous la domination ottomane ne furent pas heureux, au témoignage des historiens grecs. Les Cypriotes respiraient à peine, qu'un moine arabe, natif de Syrie, oû'rit 3000 sequins d'or au grand-vizir Mehmed en échange de l'archevêché de Chypre. Ce honteux marché fut conclu, et le patriarche de Constanlinople consacra le moine simoniaque. Avec une escorte de deux janissaires, le nouveau pasteur se rendit au milieu de son troupeau épuisé, et, selon l'expression de Cyprien, pressura ses ouailles pour retrouver les 3 000 sequins d'or que lui avait coûtés sa crosse, et, s'il était possible, en tirer le double. Les Cypriotes, outrés de ce procédé, envoyèrent une députation à Constanlinople et proposèrent un autre candidat au siège de Leucosie. Ce candidat arrivait trop tard. Il avait été

CHYPRE (EGLISE DE

provenu par un aiil l'emporta dans celle ner son ambition à dépensé plu à ses amis tère tli' Kn

dis qii'iiii

iioine ami du patriarche, qui iiM' ans lioiineiirs. Il dut bor-

\' i II. il l' iplios, après avoir III 1 . i|iiiii-^ d'or, empruntés II. I-, I. Iiij.iiiiuéne du monas- ■leve au siej^e de Limassol, lan- , curé (èçrifjLÉpioi;) de l'éKlise de

! !. Il iil celui d'Ammokhostos. Ces événemeiii-. -.■ jn .ilm-^ii-ont en 1572.

L'Iiistûire de l'iiylise cypriote depuis la conquête ottomane jusqu'à la guerre de l'indépendance grecque est une suite presque ininterrompue de querelles intérieures et de luttes d'ambition. En 1592, éclata un dilTérend entre les évêques et la communauté grecque au sujet de la nomination du nouvel archevêque. Léonce Eustratios, higoumcne du monastère de Saint- Jean de Pipé à Leucosie, y prit une part très active. Salhas, NsosUr.vix^ ^ùaXayia, Athènes, 1867, p. 182. On l'accusa d'avoir sur l'eucharistie et sur la procession du Saint-Esprit des sentiments contraires à ceux des théologiens orthodoxes et favorables aux Latins. Mélétios Pighas, patriarche d'Alexandrie, interrogé à ce sujet, recommanda aux Cypriotes de tenir aux croyances de leurs ancêtres, et de ne point adhérer à des nouvautés dangereuses. Philippes, p. 77-78. En 1598, l'archevêque de Leucosie, Athanase, fut accusé auprès du patriarche Mélétios Pighas de plusieurs méfaits. Si nous en croyoHs les plaintes de ses ouailles, il avait détruit les vieux antiiiierisia, voir t. i, col. 1389-1391, pour en faire de nouveaux et retirer de l'argent de leur vente; il avait brisé le trône de Germain, patriarche de Jérusalem, conservé à Cbypre, pour s'emparer des reliques qui y étaient enfermées; il av.-ut violé les canons orthodoxes rel.nlif? nn\ inari,T^'c« prohibés par l'Eglise grecque. Il\|i~il;iiili. p. 1 l'.i M. Il lios Pighas, qui était alors à Consl,iuliii..|il.- I 11 .|ii;ilii. .1.' vicaire du patriarche œcuméniiitie . I.V.iTI.V.Ili . l'.ril,,.u, llaTptapxi/ot Ilfvaxs;, Constantinople, 189(>, p. 5i0-5'il, demanda des informations à Athanase lui-même ; il attendit en vain la réponse. Sur de nouvelle?

envoya dans l'ile des di'l accusations portées ccmM Il fut déposé. Mathieu 1 1 tantinople, renouvela crw une lettre synodale datée p. 5i2; Sathas, Msffaïuv Philippes, p.

d'Antioche,

nstances des Cypriotes, il ■ V f lii-i- une enquête. Les I II iHaient fondées.

1 II II I ;. il L-iarche de Consul Il .II' déposition par mois de juin 1600. Gédéon, Pi8XioOrixr„ t. III, p. 549; A cette occasion, Joachim, patriarche vendiqua ses droits de suprématie sur

l'Eglise de Chypre. A l'appui de ses prétentions, il cita un canon du concile de Nicée (le canon arabique) qui lui réservait la consécration de l'archevêque de Chypre. Mélétios Pighas prit la défense de l'autocéphalie cypriote et fit observer que le canon invoqué était inconnu dans l'Église orthodoxe, et que des documents apocryphes n'étaient pas de nature à affermir ses prétendus droits. Philippes, p. 81-85. Au siège archiépiscopal de Chypre, laissé vacant par la déposition d' Athanase, fut appelé Benjamin (1602), dont l'élection fut confirmée par Mathieu II et Néophyte II (1602-1603).

Vers le milieu du xvii« siècle, le patriarche de Constantinople, Joannikios, d'accord avec son synode, promulgua une lettre patriarcale qui fixait les relations de dépendance des évêques cypriotes vis-à-vis de leur archevêque. Par ignorance ou par ambition, les évêques des éparchies de Chypre s'étaient arrogé le droit de jouir, dans les limites de l'archevêché, des prérogatives et des honneurs dont l'archevêque jouissait dans les diocèses de ses sufTragants. La constitution de Joannikios est en vigueur encore de nos jours. Philippes, p. 87-9o. En 1668, l'archevêque Nicéphore réunit un synode de prêtres et de moines et condamna les erreurs des protestants. Les décrets du synode, selon Philippes, furent recueillis par le hiéromoine Hilarion Cigalas, an-

WCT. DE THÉOL. CATHOL.

cien élève du collège grec de Rome, Sathas, Nîi-"/)./,- •/•.■/.r, ç'.Xoloyia, p. 300, 301, traduits en latin, et puitliés dans la Perpétuité de la foi, 1. XII, édil. Migno. t. i, col. 1221-122i. Lequien, Oriens christianus, t. ii, col. 1056; Hackett, p. 661-671. En 1671, Hilarion Ciga-

■ '■■"'<■'■ ii^i'ii ll.|^,.illé de

.1 il III i'- Il :-l676),

iNcopal islantii|uants a.iin II ,S-1731) s pour

las, qui, après le synodr il. I,.

concert avec Nectarios, |i.i i

à la rédaction du faim u i nàna, Jassy, 1682, fut ■ I.m de Chypre, Philippes, p. 96, nople en 1682. Il n'y eut pas i sous ses successeurs Jacques !• (1690-1705), Jacqiii- II ilTlii se rendit à Cuii^l.iîiliiiii|il.| :<\ implorer la cirihi.nr. .In -u

ouailles accalilirs (!.■ I lU iuiii.iN, il cipi-ouM'es par

la famine. Philolhée (1731-1759) montra beaucoup de zèle pour la discipline et pour les écoles. Il eut beaucoup à souflrir de la part de son troupeau et des Turcs. Philippe^-- p In:! loi l'.i-ii IT,Vi-I7i;i; , Chrysanthos (1767-lSlii .irin ,, i lui M ;,,, i,i exposés aux plus oili.n-i- I II I II, natures

avaient appau\ n lil [lu ''n iiiiniii l.r nlnie des

chrétien^ .1,111 iMi imii n (limiruianl. Les archevêques I - i;, ni lin 1 I I nir de la Sublime Porte

unediiiiiiuiiii.il il iNi|i 1.1,1 I iirs tentatives échouaient devant le .^>>l. un n-, ,l ii i,, imivnnrratie et du despotisme musulmiiiis, An\ .1. I.

ils avaient chenli. a im|i|i.

1601, il y eut d.-, [.,,,i,|m Nicosie et Franeois AMu mission secrète par le .In nuel I"'. L'archevêque |h.

s'emparer de l'ile, tamli^ raient l'occupation en m .

bien réduite en nomlnn que la hiérarchie grecqu.

tie dans l'ile, dont l'entrée et aux jésuites. Ces appels joignit à ses titres celui du renouvelés plusieurs foiécho. Sakellarios, t. i, p. "i les archevêques de Leur..

spirituels et temporels di acquirent même une grandi- inlln m ,iu|ii.i, de la Sublime Porte, et tinrent parfoi- . n . ir i I ,.iuverneurs. Sous Sélim III, leur autoi i! iii. uur I .ipogée. Mais ces succès éphémères ne cuujun leiil p.i.- la tourmente qui s'abattit sur eux en 1821. A cette époque l'ile comptait 80 000 chrétiens et 20000 musulmans. Lorsque les Grecs arborèrent l'étendard de la révolte, le comité révolutionnaire invita les Cypriotes à grossir les rangs des insurgés. Ceux-ci refusèrent leur concours. Cependant, ils donnèrent de l'argent pour soutenir la révolution. Sakellarios, p. 580. Mais la neutralité des Cypriotes ne désarma point le gouvernement turc, résolu à apaiser le mouvement insurrectionnel grec par un massacre systématique. Le gouverneur de Chypre, Kutchuk Mehmed, décidé à prévenir dans l'ile toute velléité de révolte, s'entendit avec les aghas musulmans pour supprimer les Cypriotes les plus influents et les plus riches. Il donna d'abord aux chrétiens l'ordre de remettre les armes qu'ils avaient chez eux. Cet ordre fut exécuté le 23 avril 1821. Puis, par une suite d'intrigues abominables, on convoqua à Leucosie les personnages les plus influents de l'ilin (iii \ :i\ait réuni une garnison turque de 4 000 solilii^ l.i >.i juillil 1821, les portes de Leucosie furent fen . il l,i place publique devint le théâtre de scène- tlliojable; de carnage. Les trois métropolites, Chrysantos de Paphos, Mélétios de Kitium, et Laurent de Cérines, tombèrent les premiers sous le glaive du bourreau. L'archevêque, le vieux Cyprien, fut pendu à un mûrier, son archi-

iination turque,

• les Latins. En

laichevèque de

. 1 li.ii.- d'une

I iiirli- laiima-

ii .Il >.i\oio de

lui eu lacilite-

i^arnison turque

lime conditions

irs la supréma-

aux protestants

de Savoie, qui

ime do Chypre, furent

l'ii^jlnrunt toujours sans

ml iiiiH'S àeu.x-mémes

I 11' I II venus les chefs

||| ii|i|n. Quelques-uns

diacre et son secrétaire à un platane voisin. Le lendemain, on immola les higoumènes des monastères. Le délégué de l'Église de Constantinople, Georges Mansoui-as, subit le même sort. Le massacre dura dix jours. Les notables de l'île et beaucoup de uiemljres du clerjc payèrent de leur sang l'enlliousiasuic de leurs ancêtres iH.iii 1,1 ilnhiii] iliui] hiu^uliaane. Les ossements des viclii,,, , lui, ni , ni.iiVv ,1'iiis l'enclos de l'église de la rii iinnihi' ni, ri (Il lyTJ dans l'église elle-même à diuile de laultl. Saktlkuios, p. r>S 1 -."iRt ; T'iiilippes, p. 120-122. .\près la tourmenir, Knlolnik Mrlmi.Ml ordonna de nommer de nouveaux r\. .pi. -, l.r- ( ,\].i i.iiis. à deux reprises, s'adressèrcul a l,i i.ijndi-l'.^liM' de Constantinople, demandant qu'on leur envoyât des prélats pour consacrer les nouveaux pasteurs. Le patriarcat û'cuménique invita le patriarche d'Antioche, Séraphim, à remplir cet office. Peu après abordèrent à Chypre les archevêques Joannikios d'Epiphanie, Gennade de Séleucie et Méthode d'Émèse. Ils se rendirent à Leucosie et consacrèrent Us candidats aux sièges vacants, proposés par le gouveriiini , I.'Im.i uuioine Joachim, économe de l'église de Sailli li,iiM,ilH, lui l'iu archevêque; les archidiacres des m. Il- p-1. - ili i'.iplios, Panarète, de Kitium, Léonce, et de Cl uni, s, D.miascène, occupèrent les sièges où, après les masi>acres du 9 juillet, ils exerçaient leur juridiction. La connaissance approfondie du turc valut à Joachim la première dignité de la hiérarchie cypriote. La Sublime-Porle confirma aux prélats les anciens privilèges. Elle rendit à l'archevêque les vases sacrés, qui pendant les massacres étaient toraliés au pouvoir des Turcs. M:t\a .lo:ifliim s'empressa de les vendre pour gagner pli il' ili II - cadeaux les bonnes grâces de ses luaili' -, ' t ■ |,,.i iii i a ses ouailles de nouveaux désastres. .lo.'uliiin lisjl isjîl et son successeur immédiat, Damascène de ('.•iim - lS-2i-l,'^-27!, ne i e.-|éreiil pas longtemps au poin un , Mil II- Ici 1,1 ,1 -I' iliiniilie. Panarète de Paphos leiii -lee.il,! i lN-J7-lsio, .i tr,i\:iill;i à obtenir du gouvernenienl une diininuliun d inipuls, el à réorganiser l'école grecque dissoute en 1S21. En 1840, il fut obligé de démissionner et de céder sa place à Joannikios, exarque de l'archevêché durant les massacres. Joannikios (1840-1849) déploya une grande activité, et par son influence personnelle auprès de la Sublime- Porte obtint quelques concessions pour l'ile. A sa mort.

CHYPRE (EGLISE DE

sur le siège ar archimandrile d quelques anie • services à smi successeur, JI.m nouvelle au reli vrant des éci.ili archevêché, -In

■piscopal de Clivpre monta Cyrille, n rlie\èe|ii' , |.^'i',i-iy5i), qui dans les I' -iiii ,Hliiiiiii-ii,iiion rendit d'utiles - niiil l'liili|.|-.-, p. 128-130. Son I s,', I - 1 .xf ;:, , ili.iina une impulsion mnl lill, iMirr lie son troupeau, ou-

liii- 1' - 1 1,-- il villages de son

,inl ii:ii -on exemple le zèle des aunes iiM'i|iie-.. il . moyant à ses frais des jeunes gens parfiiii 1,111- , Indes de théologie à Athènes. Philippes. |i, |:il, .\ -.1 mort, les suffrages des électeurs se porlèreiit sur 1 hiêrodiacre Sophrone, directeur du gymnase de Nicosie, qui gouverna l'Église cypriote pendant 35 ans (1865-1900).

Sous son adminisiration, l'ile changea de maîtres. Les Anglais SX , |,,l,|ii, ni pour dc-fendre la Turquie contre la poliiii|iii (I 1 x|i ni-ioii lusse en Asie-Mineure. Leur occupaliun. i|iii iliii- Il liiie^age diplomatique devait être leiiipoiaii, , -tulle lii,n ili'li nitive. Le 10 juillet 1878,aprês lioi^ -i, , |, - ,|, ,1, -|,iiii-i,ie. le crois.sant ces- ■i|ii,,'- il les forleresses de Il eiil lie Joie à cette nouvelle.

|ouy musulman. A entendre le l'ut de courte durée. Ceux iliMU anglais, le Pallas, qui ,1 III- le port de Limassol, ne 1 I M liii L^rec Frankoudes, 1" iii le liis llotta à la place '/,, II. ','<i<-l. A en croire un

sait

de

iloUe

l'ile

Ils.

les

qui

le -2

patriote grec, les Anglais imitent les procédés les plus mauvais de l'administration turque : ils flattent les musulmans, ils étouffent l'hellénisme, et à la fin du xix« siècle ils ont renouvelé les crimes du ténébreux moyen âge. Ibkl., p. 363-364. Sans doute, ces récriminations intéressées du patriotisme grec sont exagérées. Les politiciens d'Athènes voudraient que l'Angleterre leur fit gracieusement cadeau de l'île. Les Anglais au contraire préfèrent la garder pour eux. Inde irx.

En ce qui la concerne, l'Église cypriote risque de subir les infiltrations délétères du protestantisme. Les évêques s'efforcent de garder de bonnes relations avec l'anglicanisme, l'archevêque Sophrone alla à Londres et y fut reçu avec de grands honneurs par les évêques anglicans. Lopoukhine, Pravoslavtiaia bogoslovskaia enlziklopediia, Saint-Pélersbourg, 1900, p. 753. A Chypre, il s'est formé une société protestante, The Cyprus Society, pour assister les évêques orthodoxes dans l'éducation de leur clergé. Un pasteur anglican est chargé de l'inspection des écoles chrétiennes et musulmanes. Hore, Student's histortj of the Greek Clmrcli, Londres, 1902, p. 462. Les évêques et le clergé anglican affirment aux Cypriotes que, sous la dominalion anglaise, ne se renouvelleront pas les excès regrettables de la domination latine. Le prosélytisme n'entre pas dans leurs plans. L'Eglise cypriote gardera son indépendance traditionnelle, ses rites et ses croyances dogmatiques. Hackett, p. 237. L'avenir nous dira si ces promesses seront tenues et si l'orthodoxie, en faisant cause commune avec l'anglicanisme, n'aura pas à subir de graves influences doclrinales.

ir. ÉTAT ACTUEL. — 1" Statistique. — En 1Ë05, l'Église de Chypre comprend un archevêché et trois diocèses. L'archevêché a sous sa juridiction les districts de Clixtliii. iiiiiii, Mesiioi i.i, .\iiiniokliostos et Karpasso ;, ledioei-,il,'l',ipli,,-, I,- ili-lriei- île r.iplios, Chrysokhou, Kelokeil,ii:i l'i .\Mlini,iii . eiliii ilr Kiiium, les districts de Lariuikii, Limassol, Kilaïuon el tpiskopi; celui de Cérines, les districts de Cérines, Morphou et Soli. L'archevêque porte le nom de Nea Justinianopolis ou de Chypre ; l'évêque de Paphos le titre de métropolite, d'exarque d'Arsinoé et de Roman; celui de Kitium le titre de métropolite de cette ville, et de président d'Amathus, de la nouvelle cité de Limassol, et de Curi (îipoeSpo; 'A(ia6oCvT04, vÉa; ito>.£m; A£(ji,-()(;oOy.ai Kovipiou); celui de Cérines, le titre de métropolite de la même ville et de président de Soli. Les revenus du clergé proviennent des y.àvovizà, redevance fixe des églises de chaque diocèse, des çcXoTiiia, ou honoraires payés au clergé, des XEi-oupY'xi, ou contributions de chaqu village pour l'honoraire de la messe que l'archevêqu y célèbre une fois par an, de dîmes en nature (^riTsiat), des renies de monastères supprimés, etc. La condition économique de l'île s'étant beaucoup améliorée, la situation matérielle du clergé grec n'est pas si pitoyable qu'elle l'était sous les Turcs. Le clergé, marié ou non, compte un personnel d'environ mille prêtres. Hackelt, p. 269. Son niveau intellectuel est très bas. Les Grecs mêmes le reconnaissaient. j< Au point de vue de l'instruction, écrivait la ^iXiiiyl du 7 mai 1894, notre chrgé est descendu très bas, et on compte sur les doigts les clercs instruits. Le synode qui siège à Leucosie étudii un projet de fondation d'une haute école ecclésiastique, qui serait pour Chypre ce que sont les écoles grecques de théologie de Halki et de Jérusalem. La nouvelle écolei serait établie dans le monastère de Sainte-Paraskévi, et ' aurait un premier noyau d'une trentaine d'élèves. L'archevêque, les métropoles et les églises contribueraient aux frais de son entretien. » 'ExxÀïiiriaaiixï) 'AXri^sia, 1903, n. 10, p. 116. Pour répandre l'instruction et fendre l'orthodoxie contre les infiltrations protestantes, les Cypriotes ont fondé un sylloge connu sous le nom d' 'OpôoôoS'î.. ■E/./.'/,r,(7io<rrT:7.r| 'Alifina, 1903, n. 12, p. 143.

CHYPRE (EGLISE DE

1 rrron5;fnipiit âc 1891, sur une population de

-'"Il liiliiiiiii l'ili' lie Chypre comptait -158585 or-

i'' II' lins, 1131 maronites, 915 latins,

Il I lis, et 201 protestants de l'Église

jiil. Il- 1 1 II M 1,1 xt'S forment les trois quarts de

■ |,iil.itiou loUilij. Us sont concentrés en grande ma-

1 ilans les districts de Liraassol, Nicosie, Cérines,

1 i^DUste, Larnaka. Le noyau le plus important de

iliiiansse trouve dans le district dePaphos. Hackett,

SU; ISessariune, 2« série, 7» année, 1903, t. iv, p. 299.

I I il actuel des quatre éparchies, d'après les docu-

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