‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 724 sur 741 · I- iifliciels de 189i, est le suivant : L'éparcliie de · texte numérisé non relu

I- iifliciels de 189i, est le suivant : L'éparcliie de

- compte 240 clercs, c'est-à-dire 225 prêtres et ludiacres. Les prêtres mariés sont 205, et les

- avec les prêtres qui gardent le célibat et portent I leligieux (paaaoïpopot) 20. Ce clergé exerce son

I rt> en 95 villages. L'éparchie de Paphos renferme I Monastères, celui de Saint-Néophyte le reclus,

1 I II. p. 348-355, celui de la Vierge ChrysorrigaiTo rîjcXpuffoppriYaTÎcro-riç), et celui de la Trooditissi (to Tf,« TpwoôiT:(Tur,;). Philippes, p. 40-41. lis remontent au XII» siècle. Le premier est soumis à l'archevêque; les autres dépendent du métropolite de Paphos. Dans le gouvernement de son diocèse, l'évêque est aidé d'un archimandrite, d'un exarque et d'un archidiacre; les églises sont administrées par des épitropies spéciales, dont les membres sont nommés par les paroissiens de cette église, et confirmés par l'autorité ecclésiastique.

La métropole de Kitium comprend les deux villes de Larnaca et de Limassol, et 100 villages environ; son clergé est composé de 174 prêtres et 18 hiérodiacres. Deux monastères, celui de Saint-Georges et celui de Stavrovouni, dépendent de la juridiction du métropolite, et ne sont habités que par trois hiéromoines. L'évêché de Cérines compte 150 à 180 prêtres mariés et hiéromoines. L'archevêché de Leucosie a un clergé de 280 à 300 membres, appartenant au clergé séculier t au monachisme. Les dignitaires de l'archevêché sont archimandrite, l'exarque, l'archidiacre et l'économe. L'archevêque exerce sa juridiction sur les importants monastères de Kykko et de Mâchera. Hackett, p. 671-679. D'après une statistique très récente, les églises grecques orthodoxes de Cliypre s'élèvent au chillre de 607, les monastères de 37, les écoles grecques de 287, fréquentées par 19 111 élèves. Les frais d'entretien de ces écoles montent à la somme de 5761 livres sterling. 'Exy.Xr,- (jiacTTtxii 'AXr.eeta, 13,26 mai 1905, n. 19, p. 233.

2» Récents événements. — Au mois de mai 1900, l'archevêque Sophrone expirait après avoir gouverné son Église pendant 25 ans. Il s'était occupé avec zèle

relever le niveau de l'instruction dans les rangs de

n clergé et de ses ouailles, et sa mort fut l'objet d'unanimes regrets. Lopoukhine, Istoriia khristianskoi tzerkvi IX viekk', Saint-Pétersbourg, 1901, t. ii, p. 330. Sa mort devait être le signal de troubles politiques et religieux, qui n'ont guère cessé depuis lors, et ont donné lieu à des épisodes sanglants. L'élection du premier chef de la hiérarchie cypriote appartient au synode, qui en temps ordinaire se compose de l'archevêque, président de droit, des trois métropolites de Paphos, Cérines et Kitium, et de quatre dignitaires ecclésiastiques, l'archimandrite de l'archevêché, l'exarque de Carpasie, et les higoumènes de Kykko et de Mâchera. Le métropolite de Paphos est appelé à la présidence du synode pendant la vacance du siège archiépiscopal. C'est pourquoi il porte le titre d'-JivÉp-iixoç. Hackett, p. 261. Le métropolite de Paphos étant mort peu après l'archevêque Sophrone, le métropolite de Kitium, qui 1' ■ le troisième rang dans la hiérarchie cypriote,

II le synode. Deux candidats étaient en présence ; i I ipolite de Kitium lui-même, Cyrille, et le métrolii' Cérines, nommé aussi Cyrille. Comme il n'y

I lias' de canouismos pour régler l'élection de l'ar-

chevêque, le synode recourut à la mesure suivante : tous les orthodoxes de l'ile, âgés de 20 ans révolus, furent convoqués dans chaque village à nommer 200 délégués : ceux-ci devaient choisir parmi eux 60 délégués généraux pour élire, d'accord avec le saintsynode, le nouvel archevêque. Paximadas, 'Iirropfa to-j (ju-j-xpôvo-j lxy."/,r,(jta!;Tixo-j !;T,Tr,jiaTo; Tf,; KÛTtpo-j, Athènes, 1902, p. 5. On procéda aux élections : 46 délégués se prononcèrent en faveur du métropolite de Kitium, les autres et les membres du synode en faveur de celui de Cérines. Ma' Cyrille de Kitium avait les sympathies des laïques, parce qu'il était député à la commission législative cypriote, et chef du parti national de l'hellénisme, qui ne s'habitue pas à la domination anglaise. Le synode, favorable au métropolite de Cérines, força par son attitude le métropolite de Kitium à se démettre des fonctions de président. Il déclara aussi la nullité de l'élection. Les 46 délégués, dont les sulfrages s'étaient portés sur Ma' Cyrille de Kitium, protestèrent, et bientôt l'île entière fut le théâtre de discordes et de querelles intestines. Le clergé était divisé. Les prêtres ne savaient plus à qui obéir : les uns nommaient à la liturgie le métropolite de Kitium, d'autres le synode, d'autres tout évoque orthodoxe. 'Exx/.r,-ji=«îTixr, 'AX/jOesa, 1902, n. 6, p. 57-58. Le synode en appela au patriarche œcuménique, à condition toutefois que celui-ci ne porterait pas atteinte aux privilèges séculaires de l'archevêché cypriote. Sur ces entrefaites, deux autres membres du synode moururent, l'exarque de Carpasie et l'higoumcne de Mâchera. Le métropolite de Cérines et les deux autres membres du synode s'empressèrent de donner un successeur à l'higoumène de Mâchera, et payant d'audace, nommèrent au siège vacant de Paphos l'archimandrite Panarète Donlinghéri, directeur de l'Anaplasis et adversaire de Cyrille de Kitium. Paximadas, p. 8. Le patriarche de Constantinople déclara celle désignation contraire aux canons ecclésiastiques ; le synode d'Athènes fut du même avis. M" Panarète ne put trouver d'évêques consécrateurs. Le gouvernement grec favorisait le métropolite de Kitium, chef du parti national. Théarvic, Pour le siège archiépiscopal de Chypre, dans les Échos d'Orient, 1901-1902, p. 397-403. Le patriarche Constantin V, décidé à intervenir à tout prix dans ce différend, annonça au synode de Chypre l'envoi prochain d'exarques qui rétabliraient la paix. Le métropolite de Cérines n'accepta pas cette intervention et répondit sèchement qu'il recevait des conseils et non des ordres, Paximadas, p. 2, et qu'il rejetait absolument toute ingérence étrangère ($Evtxr,M). Le ministre de l'instruction publique de Grèce, Ath. Eutaxias, fut prié de donner son avis, non pas en raison de sa charge, mais à cause de sa compétence en droit canonique. Il déclara que le synode ne pouvait plus continuer son œuvre, et que la meilleure solution était de s'en remettre à la décision du patriarche œcuménique, qui jouit de la primauté d'honneur (là itpïoDeîa tî]? Tijifi;). Le gouvernement anglais appuya les protestations du métropolite de Cérines, et Bt des remontrances au patriarche au sujet de son intervention.

Le nouveau patriarche Joachim III, dès son avènement au trône, résolut d'agir avec plus d'énergie à l'égard de l'Église cypriote. Le 4 août 1901, il écrivit aux Cypriotes et leur conseilla de mettre un terme à leurs dissensions religieuses. Peu après, il envoya comme exarque l'hiérodiacre D. Georgiadès, professeur à l'école de Halki. 'Exx),-r,(7iaoTixi-, 'A).r,e£ia, 1901, n. 43, p. 418; n. 44, p. 436; n. 46, p. 455-456. Celui-ci s'empressa d'annoncer au patriarche que tout allait à souhait, et que les deux partis s'étaient réconciliés. Les événements allaient lui donner un démenti formel. Les Cypriotes continuèrent leurs dissentiments. Dans l'intervalle, les élections politiques eurent lieu, et les suffrages des électeurs se portèrent sur les partisans de M'J' Cjrille

CHYPRE (ÉGLISE DE

de Kitium. Les nouveaux députés travaillèrent avec ardeur au triomphe de leur candidat. En novembre 1901, les patriarches de Constantinople et de Jérusalem et l'archimandrite Germain Grigoras, représentant du patriarche d'Alexandrie, envoyèrent aux deux prélats une lettre pour les engager à l'entente. 'Ey.v./.ri'jia.aTiy.r, 'A'i.rfiBia, 1902, n. 5, p. 51-53. Voyant qu'ils n'aboutissaient pas, les trois patriarches voulurent trancher par eux-mêmes le différend. Ils présentèrent aux délégués cypriotes une liste de trois candidats au siège archiépiscopal, Joachim, métropolite de Mélénik, Mélèce, évèque de Kyriukonpolis dans le patriarcat de Jérusalem, et I ;urliii]i,iinli iii i,ic,in' Constantinides. Les

évèque? ilr ImIiu I i i n - pi otestérent ensemble,

le patriaiiln il .\; ..iinii i. i, iiiilia point le consentement donne par sou ii'pn-M-iil.iiit à cette mesure et les deux évêques de Mélénik et de Kyriakoupolis déclinèrent la candidature au siège de Chypre. 'Ex/./.r.ataoTixr, 'A),r,6s'.a, 1902, n. 7, p. 79. Le patriarche grec ne se découragea pas de son échec : il proposa deux nouveaux candidats, Ms' Philarète, métropolite de Didymotéichos, et l'archimandrite Gérasime, higoumène de

Kykko. 'ExxÀr,<7'.ï7-:yT

Ceux-ci refusèreni ,- 1 -

1 Kiiir , f furent remplacés par

les métropolites il. M. •

ni 11, ! de Castoria, qui sui-

virent l'exempl- Ar l. i

- |.M.h,,.ssours. Seul l'archi-

mandrile '.i .. n ' i

candidalni. i • i • h.i.m

'- l'.Mi, -,,,,- u,-i...\,ù-de

Cérines i, ,. ■ •

,1 ■]". \l cviill. .1. Iulium

Il -iiii 1 ;•■. Le paUiarclie de

1 N. complaisante à ces

rin,,. ,1 - . : •IMI. !i. ' ~

'■•" 1 ni à l'Église cypriote

l|l| li ,JI,ul - ii-,.-,^ 1 -i\

•.-|u.- |,.ur juger l'évéque de

Kiluilil. M:" C>lille dr

Ccrines fut enchanté de cette

nouvelle, et remercia

le pdriarche avec effusion.

'E/./.'/.r,TmG-:y.r 'A/rtlîl3

, 1902, n. 18. p. 196-197. Mais

.son adviT^ni-'' r.'ii.MvIit

que la venue de ces évêques à

Chjpi-e s,-i ,ii m, •,'..!.-

un llagrante de l'aulocéphalie

cypriote. 1 • .-

A>-^6£ta, 1902, n. 31, p. 330.

Le patriar. , i: i. ■ il

i-li T do son pruji't. On s'avisa

alors d'iiiM ; M ' i

il' ImI iiiiii ,1 l'i • mil ' li.n 1 aux

p^ 197 ■>.,..- I, ^ n .!-' n: V.-- 1, -..11 ....,ï.^'',u-nv s'arrangci .i.cc .-t.- ,uui,-. I.,.,., ,,;.i7T.,'.:, '.\/.'ji:%, 1902, n. 51, p. 555. Le désordre et le trouble durèrent toute l'année 1903, malgré de nouvelles missives du patriarche. 'Exx).r,(rcaoTi-XTi 'Alrfi-ctix. 1903, n. 33, p. 350. Il en fut de même en 1904. Le patri.u.li, J,,,h liim -., du laisser l'ile à elle-même. En févrici r."'',. <|, , d, l,.-iiés des deux partis se réunirent san- -n - I - m- \oulaientque les patriarcats grecs vinssent eu aulc a ILylise cypriote en envoyanl trois évêques comme simples speotateurs et conseillers ; les autres préféraient que ces envoyés eus.sent pleins pouvoirs pour accomplir leur mission. 'Exx/.r.friKcmxT, 'A'/.rfina, 1904, n. 12, p. 125-126. Le patriarche Joachim opposa alors un refus catégorique à toute demande d'intervention. 'E/xXYiutaoTi/.iî 'A),T,6cia, 190i, n. 37, p. 434. En 1905, la pacification religieuse de l'ile est loin d'être réalisée. A en croire les correspondants de la presse orthodoxe russe, le gouvernement anglais, par politique, entretient la discorde, Tzerkmiji Viestnik, 1905, n. 1, col. 17. Les divisions des orthodoxes ne servent qu'au progrès de la propai;ande protestante. Tzerkvnyi Viestnik, 1904. n. 27. col. 862; Tzerkovnjia Viedomosti, 1904, n. 1, p. 21; n. 45, p. 1826-1827. Ces événements prouvent une fois de plus la nécessité d'un chef suprême, juge en dernier ressort des conilits qui éclatent au sein des Églises particulières.

II. L'ÉGLISE LATINE. - 1» Hiérarchie. — Célestin III organisa l'Église latine de Chypre. Le clergé latin y avait déjà des représentants, bien qu'il n'y constituât pas auparavant une hiérarchie proprement dite. Ilackett,

p. 467. Un chapitre de chanoines était établi à Nicosie,

coh il 1 il (le la bulle de Célestin III du 3 janvier

11'.'" /' '• r.hypre, t. m, p. 605-606. Plusieurs

cil M Ml desservies par-des prêtres, venus de

l.i >;>ii' I 11 -iiiiede Guy de Lusignan. CItorograf'fia, p. 31; Loredano, Historié de' re' Lusignani, p. 33. Une de ces chapelles avait été attribuée par Amaury de Lusignan à la communanté dite du Templum Domini. Histoire de Chypre, t. m, p. 598-599. Mais en présence du clergé grec toujours hostile, toujours aux aguets pour secouer le joug des Latins, et aussi en vue de renforcer la domination latine dans l'ile, il fallait organiser la hiérarchie latine. Dans le courant de l'année 1195, Amaury chargea l'archidiacre de Laodicée de se rendre à Rome et d'obtenir de Célestin III que l'Église latine eût dans l'ile une existence légale. Par une bulle du 20 février 1196, le pape accéda à ces désirs et chargea r*chidiacre de Laodicée et Alain, chancelier du roi et archidiacre de Lydda, de régler tout ce qui concernait l'établissement de la nouvelle Église latine, ses dotations, ses revenus. P. L., t. ccvi, col. 1147-1148. Le siège archiépiscopal latin fut fixé à Nicosie, la ville la plus importante du nouveau royaume cypriote, et à sa juridiction furent soumis les trois évêques suffragants de Paphos, Limassol et Famagouste. L'archidiocèse latin renfermait les anciennes éparchies grecques de Leucosie, Thrimythus, Kitium, Lapithos, Cérines, Chytri, Soli et Tamassos; le diocèse de Paphos, les éparchies de Paphos et d'Arsinoé ; celui de Limassol les éparchies de Curium et d'Amathus; celui de Famagouste les éparchies de Salamine et de Carpasie. Lequien, Oriens chrislianus, t. m, col. 1229-1232, donne une liste de plusieurs évêques de Cérines entre les années 1301-1S55. Mais aucun document ne parle de ce siège latin, et Lequien, suivant la juste remarque de Mas-Latrie, a confondu Cérines avec la Cyrénaïque dont on cite plusieurs évêques in partibus, ou avec le nom d'un autre siège épiscopal. Histoire des archevêques latins, p. 207-208; Hackett, p. 587-588. Le premier archevêque de l'ile fut Alain. Le chapitre métropolitain procéda à son élection dans le courant de l'année 1196, et cette élection fut approuvée par le pape. Histoire des archevêques, p. 208-309. Par une bulle du 13 décembre 1196, Célestin III confirma les privilèges et les possessions de l'archevêque. Celuici eut comme dotation de son siège les villages d'Ornithi et d'Aphandia, et le droit de lever des dîmes dans di.Ksept localités. Le pape lui accordait le privilège de porter le pallium aux grandes fêtes de l'année liturgique. /'. L., t. ccvi, col. 1189-1191. Il y ajouta plusieurs dispositions concernant les biens de l'Église : les clercs ne pourront céder leursbénéfices sans le consentement du métropolitain, ni les transmettre en héritage. Par une lettre du 3 janvier 1197, et en réponse à la demande du chapitre de Nicosie, le pape envova le piillium à Alain. P. L., t. CMvi, col. 1194-1195. X.m- u:r...u- pas d'autres renseignements sur le preini de

Chypre, dont le nom ne ligure pas d;i 11- > - wio-

tius. Il ne vivait plus en 1205. Histon, i ;!"'s,

p. 209. A cette époque. Innocent III conliruiait 1 élection faite par l'archevêque de Nicosie défunt, bonœ meiitoriœ, du trésorier de l'église de Limassol. Histoire de Chypre, t. n, p. 33-34; P. L., t. cc.viv, col. 756. La nomination du second archevêque de Nicosie doit être placée dans les premiers mois de 1206. On ne connaît pas au juste le nom de ce titulaire. Lequien l'appelle Durand. Oriens christiatiKS, t. m, col. 1201. Mais la nomination de celui-ci doit être retardée jusqu'à 1211. Mas-Latrie suppose qu'il s'appelait Thierry ou Terry; ce nom est mentionné dans un obituaire de Notre-Dame de Paris : Terriens, Nichossiensis archiepiscopus, Guérard, Carlulaire de l'église Xotre-Dame de Paris, Paris, 1850, t. iv. p. 87, et par la seule initiale dans une lettre de Grégoire IX du 9 avril 1232. Histoire de Chypre, t. m. p. 623-633.

CHYPRE (ÉGLISE DE

Sons le gouvernement de Tliierry, Thomas Morosini, premier patriarche latin de Constantinople, brigua pour olilenir que la province ecclésiastique de Chypre fût soumise à la juridiction de son siège. P. L., t. ccxv, col. 966. Ses tontalives n'aboutirent pas. L'Église de Chypre, mémo sons la domination latine, continua à

jouir de rauloi-i'plmlii' qu'ollo po>;=:i'il:iil rlrpni^ ilrs

siècles. Cepond. ml li vni III niJ>,iiii , ,:.,,! , |,|.

de Nicosie ilr -.■ i.mli. ,i l:<iiiM I x . n . i .i .11

gués pour Irillhhi'l' Ir .lilV.'lrn.l qui v.linl >]'■ -IIILII

entre lui et le p.itriaiclie de Cnnsliinliiioph'. Ilislnin'dt' Chypre, t. ii, p. ;i.'^.-:î('), Kn 12I0-I'2II, les chanoines de Nicosie nommèrent au sièye archic'piscopal un certain Durand; ce choix ne fut pas agréé p.ir lo ^nint «iéuo. Les chanoines s'élaienl permisse pré'^.niM m jimn' roi Hugues 1" de Lnsignan deux can.lhid- ^^ 1. mi tenir à celui qu'il pn^firail. Des acctis:ilMiiv ;n.iiil . i,-

portées contrr If m l 'lu. hmocent III cliargea Albert.

patriarche de In h-iI, m, ,1 rx.iminer l'alTaire, et si l'élu pouvait réponili- ,i r. - hih .liions, de le consacrer et de lui conférer \v p.iihuii]. l'oUhast, Regesta j-onli/icuni romanorum, t. i, n. 43Ô0, P. L., t. ccxvi, col. 42i. Le patriarche de Jérusalem reconnut que les accusations portées contre Durand étaient fausses, mais il refusa de confirmer sa nomination, parce que les chanoines de Nicosie avaient appelé le roi à se prononcer sur les deux candidats. Innocent III approuva pleinement cette décision. Dans trois lettres des -13 et 15 janvier, adressées au roi de Chypre, au chapitre de Nicosie et au patriarche de Jérusalem, Potthast, t. i, n. 4646, 4649, 4650, il insiste sur la nécessité de procéder à une nouvelle élection, la première étant entachée d'un vice radical. Le pape revendique avec fermeté les droits de l'Kglise. el la pleine indépendance du pouvoir ecclésiastique dans le choix de ses pasteurs. Il reproche au roi d'empiéter sur les droits de l'Église, P. L., t. ccxvi, col. 733, et ordonne aux chanoines de nommer un nouveau titulaire. Le patriarche de Jérusalem, l'archevêque de Césarée et l'évéque de Saint-Jean d'Acre sont chargés de confirmer ou de réformer ce choix. P. L., loc. cit., col. 734. On ne connaît pas l'issue du conllit. Probablement l'élection de Durand fut définilivement annulée. Histoire des archevêques, p. 213. Les chanoines de Nicosie durent nommer à sa place le patriarche Albert, dont le nom ne figure pas non plus dans VOriens chrislianu$. Il est mentionné par les deux chroniqueurs de Chypre, Amadi. Chronique, p. 27, etFlorio Bustron, p. 82, qui lui attribuent la pose de la première pierre de la cathédrale de Sainte-Sophie à Nicosie. D'après ce dernier, il eut comme successeur Eustorgede Monlaigu, né d'une riche famille de chevaliers d'Auvergne. Pendant les longues années de son gouvernement (1217-1250), Eustorge laissa d'innombrables souvenirs dans l'histoire des royaumes d'Orient, histoire des archevêques, p. 211 L'Église de Chypre lui fut redevable en grande partie de sa prospérité. Nous n'avons pas à faire ressortir son rôle et son action politiques. Mas-Latrie juge ainsi son action religieuse : « Il se montra sévère défenseur des droits de l'Église contre les grands et les petits, les laïques et les clercs, et en même temps administrateur généet dévoué. Il régla avec la royauté et la noblesse des bases équitables la question des dîmes et des anciennes terres ecclésiastiques : il favorisa le développement du clergé régulier, il accrut les domaines de l'église métropolitaine, il augmenta le nombre de ses clercs et la splendeur du culte; il construisit un archevêché et termina l'église de Sainte-Sophie qu'Albert avait commencée. » Histoire des archevêques, p. 2-15. Les deux conventions de Limassol (1220) et de Famagouste (1222) réglaient les relations entre les barons et le clergé au sujet des dîmes, et subordonnaient le clergé grec à l'Église latine. Par ces conventions la noblesse s'obligeait à payer à l'Église la dîme de tous

de ses biens, Histoire de Chypre, t. m, p. 612, et le clergé 5 son tour promettait de laisser les chevaliers dans la libre jouissance des possessions qui autrefois avaient appartenu aux monastères et aux églises grecques. Ces dispositions parurent à la nobles.se une charge trop lourde pour elle. La reine Alix de Champn^iif I t Ir- iKirons latins de Clivpr.' .m npp. lèrent au

i - \1 lisGérold, patriarclii' d 1- ru-, il. m il légat

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les abus et à y mainlenir la disci recommande de ne pas muUipI ité, Pressulti. llerjfsla lin

les nesloriens i 'illi ,1 n latins, ihid., u. IT'.!' // 619; il raulori>. . mi, dehors des liuid. - d.^ ,,ii m il engage les éM'.pn-- , v|ii ,.,\ des desservants di hnr . li-.

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^'iplii. , I SCS ressources.

:jii II .un. s pièces de Grcksiiui II zèle d'Eustorge, lut-siège une plus grande légats romains dans l'île, donna pris

IX critiques (di,ii,..iiii'.Hi\. ipii. au mois de 1-. d.. I lupii .1 signala l'oubli

du II.. .1, Lairan de 1215

duj liduK s. ., L ignorance, écrisource de toutes les erreurs. »

Le légat donna ordre d'établir

une école de grammaire et une c'cole de théologie ; Nicosie, et des écoles pour les enruiK d.m- les villages les plus importants des diur. -.- I .im- Il trouva que le nombre des chanoines il. ut h .p i.-iriint et peu en rapport avec les revenu,s con^id. r.djle.s dont l'église cathédrale était pourvue, et décida qu'il fallait en élever le nombre jusqu'à douze. Il recommanda enfin de multiplier les paroisses. Eustorge mourut le 28 avril 1250, selon Amadi, Chronique, p. 200. Histoire de Chypre, t. I, p. 355. Il eut pour successeur Hugues de Fagiar.o, ou de Pise, doyen du chapitre métropolitain de Rouen, qui se rendit à Chypre vers l'an 1248, et y revêtit l'habit des chanoines réguliers de Saint-Augustin au monastère de Lapais. La consécration du nouvel évêque eut lieu le 9avriri251. Une lettre d'Innocent III, du 22 décembre 1251, l'autorise à p. .ri. i I |. .Ilinni, et lui donne le titre d'archevêque. /fis/ ../«es,

p. 232. Il se distingua par son /. [. . . ni i sou-

vent aux clercs de fréquenter les ..lii .. . -. ui.niia très ferme dans la défense des droits de son Église contre les empiétements de la maison royale et de la noblesse, et les documents du cartulaire de .Sainte-Sophie témoignent de ses vertus et de l'austérité de ses mœurs. Peut-être, au jugement de Mas-Latrie, lui eùt-il fallu un esprit moins absolu et plus disposé aux ménagements que nécessitait la transition dans le domaine religieux de la vieille suprématie grecque à la suprématie latine. Revue historique, 1877, t. v, p. 68. Après sa retraite et sa mort en Toscane, Meniorieistorichedipiù uomini illustrijiisani, Pise, 1792, p. 91-116, le siège archiépiscopal de Nicosie fut occupé par Rertrand, selqn la chronologie de Mas-Latrie, et ensuite par Raphaël, qui, dans un synode provincial tenu à Nicosie, donna les règles pour l'administration des sacrements, lorsque les Latins ne professaient pas la même doctrine que les Grecs. Sous Jean d'Ancône, franciscain (1288), le patriarche de Je-

CHYPRE (EGLISE DE

rusalem essaya de dépouiller l'Église de Chypre de ses prérogatives et de ses ressources, et ses tentatives allaient être couronnées de succès, grâce à la faiblesse et à la bonté de l'archevêque, si le pape Urbain IV, par sa bulle du 26 avril 1291, n'eût pas empêché ses usurpations. Mas-Latrie, Documents nouveaux servant de preuve ii l'Histoire de Vil,' de Clnipre. p. 349. En 1295, sans que les document u..<\^ , n i. >. l..nt les motifs, Jean d'Ancônc fui trau-l i - i -i ^ A,- Torres en S-jrdai-ne. Ughelli, li,i},„ ^.^ ■;, -i , ,1,1 t. i, col. 779. r,,4,Ma",l- T.Mi.iv-. ,|iii lui Micceda en |-27i, prit fait et c;ni il 11 ri I I 1. ri résista à Boniface YIII qui

lui li.i.iiii li'iiii' n iviUrer dans son diocèse. Pour cet .icIl 't. iI.-mIh iw, ,n,v, pour sa conduite à l'égard du roi de France qu'il poussait à une rébellion ouverte contre le pape, il fut privé de l'administration spirituelle et temporelle de son diocèse. Raynaldi, an. 1303, n. 37, t. IV, p. 354. L'évêque de Limassol, pendant la longue absence de Gérard, gouverna l'Église de Nicosie. Sa mort eut lieu en 1315, d'après une note du martyrologe de Saint-Lazare. GaUia christiana, Paris, 1728, t. IV, col. 650. Clém.-nl V. en i;;|-J. avail appel.' au siège de Nicosie le doiniiU' ain .Ir.ni .1,1 ij.jnlr, .|iii ne prit possession qu'en loIlL Aju.ali. Clm, nique, p. 'iiin. Lile traversait alors une période de prospérité; mais le luxe régnait dans le clergé. Le zélé dominicain travailla à rétablir la discipline ecclésiastique, défendit aux clercs de s'occuper de commerce, et sanctionna d'autres dispositions très utiles au développement de la vie chrétienne parmi ses ouailles. Histoire des archevêques, p. 257. Sa générosité est attestée par les chroniqueurs cypriotes. H .l'ien-,. .Ir= tninnirs considérables pour rembelli>>' I n ■' - i ' Sa charité envers les

pauvres .lu n ; i, i i l:;:!0, à la suite d'une

terrible iiien.lil -h Mnh.iMi. p. 27, il ouvrit sa

maison et les ureniers de l'archovêché aux affamés et aux victimes de ce désastre. Amadi, p. 405-4f)6. Sa générosité rayonna même au dehors de l'ile et les églises de la Toscane eurent part à ses largesses. Histoire des archevêques, p. 261.

Son successeur, le cardinal Elle de Nabinaux, nommé par Jean XXII le 16 novembre 1332, s'appliqua dans sa tournée pastorale à déraciner les abus qui s'étaient glissés dans l'ile et qui persistaient malgré les efforts et les décrets de ses prédécesseurs. Dans ses constitutions il se plaint que ces décrets restent lettre morte, et que l'ambition et l'amour des richesses .se rencontrent parmi ses prêtres. Mansi, t. xxvi, col. 371. Philippe I" de Chambarlhac (1344), savant prélat, originaire du Périgord. obtint de Clément '\"I des prérogatives extraordinaires, entre autres celle de se rendre à Rome toutes les fois qu'il l'aurait jugé opportun, iïisfoice des archevêques, p. 270. Citons parmi ses successeurs Raymond de La Pradèle (1366), à qui le B. Urbain V écrivit pour lui recommander de défendre aux Latins la fréquentation des églises grecques; Hugues de Lusignan, troisième lils du roi Jacques I" et d'Héloisede Brunswick, nouiuié cardinal en 1426; Gal.-sio de Monlolif . lH2i, qui eut à subir l'hostilité constante de la reine de Cliypre, Hélène Paléologue, et vécut pendant quelques années en dehors de sou diocèse, Jauna, t. ii, p. 947; André de Rhodes (1447), célèbre dominicain qui joua un rôle si glorieux au concile de Florence, et fut chargé par Nicolas V de défendre aux Grecs de Rhodes et de Chypre de répandre le faux bruit que les Latins avaient été obligés de reconnaître l'excellence et la pureté de leur doctrine, Raynaldi, an. 1441, n. 6, t. vi, p. 370; le cardinal Isidore île Kiev, archevêque commendataire, qui ne mit pas le pied dans son diocèse; Guillaume Gonème, de l'ordre de Saint-Augustin, qui, au milieu des plus grandes contrariétés, ne se départit jamais de son humilité et contribua puissamment à répandre et à affermir dans l'ile les religieux de son ordre, Loredano,

42; Louis Perez Fabrice (1171), qui fut un des adles plus résolus de la politique vénitienne à Chypre; Benoit Soranzo (1484), contre lequel la république de Venise exerça les plus odieuses tracasseries ; Philippe Mocénigo, le dernier archevêque, élu à celte dignité par Pie IV à la fin de l'an 1559. Il travailla à réveiller le sentiment religieux chez ses ouailles; il prit part au concile de Trente, vint en aide à Venise dans la formidable guerre qui lui coûta la perte de Chypre, et après la reddition de Famagousie (1571), il se rendit à Rome, y composa un ouvrage sur la perfection chrétienne, et mourut en 1586.

Au XVI' siècle, le saint-siège avait accordé aux Vénitiens ce qu'il n'avait pas voulu octroyer à la maison de Lusignan. Par concession de Pie IV (1559-1565) la république de Venise eut le droit de patronage sur l'archevêché de Nicosie. Elle présentait quatre candidats à ce siège et le pape se réservait le choix définitif du titulaire. Reinhard, t. ii, p. 126-127.

Les archevêques latins de Chypre, dont Mas-Latrie nous a laissé une histoire très documentée, montrèrent ordinairement beaucoup de zèle pour la discipline et pour la défense des droits de l'Église. En face des Grecs, ils tenaient à avoir un clergé distingué par ses mœurs et sa doctrine, et les synodes tenus à plusieurs reprises dans l'île visaient à conserver cette supériorité du clergé latin. Il est regrettable que les circonstances politiques aient souvent empêché les archevêques de résider dans l'île, ou d'y rester continuellement. Outre les archevêques qui, comme Hugues de Fagiano, Gérard de Langres, Jean del Conte, etc., quittèrent leur diocèse ou en restèrent longtemps absents, il y eut plusieurs archevêques commendataires qui ne connureni 1- ~i,^,. de Nicosie que par ses revenus, très consid. i aMes. Conrad Caraccioli (1W2), Etienne de Carrare .HiiCn, Hugues II de Lusignan, Isidore de Kiev, Antoine Tuneto (1464), Jean-François Brusato. L'absence du chef ecclésiastique, ainsi que le constata l'archevêque Aldobrandini des Ursins en 1502, exerçait une influence funeste sur la discipline et les mœurs du clergé. Histoire des archevêques, p. 316. Le dominicain Félix Fabri se plaignait amèrement à la fin du xv» siècle de la négligence des évêques à résider dans l'ile et à accomplir leur ministère. Evagatoriuni in Terrant Sanctam, t. m, p. 242. Il déplorait qu'on achetât l'épiscopat, et il n'épargnait pas ses lazzi à certain évêque cypriote juvenis, imberbis, fœmineam habens faciem et mores per omnia muliebres. Ibid., p. 243.

Ajoutons que bon nombre des titulaires appartenaient à la noblesse et se trouvaient mêlés à des questions politiques, qui les éloignaient parfois de l'accomplissement des devoirs de leur charge. Ceux qui y laissèrent un souvenir inoubliable de vertu et de zèle appartiennent d'ordinaire aux ordres religieux. Citons le B. Hugues de Fagiano, Jean d'Ancône, Jean del Conte, Élie de Nabinaux, Guillaume Gonéme.

La liste des archevêques latins de Chypre, d'après Mas-Lalrie, contient 34 noms dans l'intervalle de près de (piatre siècles (1196-1571). Celle de Lequien 30 seulement. Urieiis christianus, t. m, col. 1201-1216. Cette différence provient de ce que Lequien ignorait des documents découverts dans la suite, surtout le cartulaire de Sainte- Sophie, qui est une des sources les plus importantes de l'histoire de l'Église latine de Cliypre. La liste des évêques de Paphos dans VOrietis clirislianus, t. m, col. 1217-1220, comprend 15 noms depuis 1298 jusqu'à 1570 (31 chez Hackett); celle de Famagouste, siège mentionné par Innocent III dans une lettre au patriarclie de Jérusalem du 17 mai 1211, Raynaldi, an. 1211, n. 25, t. 1, p. 314, 23noms entre les années 1211-1570; Oriens christianus, i. m, col. 1219-1224 (42 jusqu'à 1588, d'après Hackett); l'évêché de Famagouste, dans le même intervalle,2i noms, ibid., col. 1223-1230 (42 d'après Hackett).

CHYPRE (ÉGLISE DE i

i" Les luttes des évêqucs. — Dès ses origines, la liio- 1 irchie laline de Chypre se trouva en désaccord avec la maison royale de Lusignan el la noblesse cypriote. Les causes de cet antagonisme étaient à la fois religieuses et civiles. Tout d'abord, les rois de Chypre tenaient pour des raisons politiques à ne point mécontenter leurs sujets grecs et à ne point froisser leurs sentiments religieux. Les évèques latins, obéissant aux conseils d'un zèle parfois imprudent, ne voulaient pas acquir-i rr .(1) . nir-tii I ~ Ml- |ii m! -ih' Mi - I i.i^ i!i' Clixin-o

Orées et Latins n'eut presque pas de trêve, el la puissance laïque prit la défense des intérêts religieux de la population indigène, comme pour lui faire oublier sa

sujétion politique. Jl i La hiérarchie lalii, ment contre les Giv^ aux empiétemenls ilr triarches de Jérusali

, . 'i ' iii'reques, p. au».

I - se défendre seule- ' 1 1 résister longtemps ^ iN -lu ,(int-siége et des pa- Cette résistance explique les nombreux documents où les papes confirment les privilèges de l'archevêque de Nicosie, et défendent aux légats de prononcer contre celui-ci la sentence d'excommunication, sans qu'il en soit informé au préalable. Ainsi l'archevêque Eustorge porta plainte contre le cardinal Eudes de Chàteauroux qui s'était permis de blâmer sévèrement son administration. Documents nouveaux,

Le patriarche de Jérusalem intervint souvent dans les affaires de l'Église cypriote. Il était appelé à réprimer les ,abus, à couronner les rois, à visiter les églises de Chypre. Le patriarche Guillaume II en 1267 accomplit ces deux dernières fonctions. /'. L., t. cet, col. 1050; Popov, LatinskaiaJerusalittisliaia Patriarkhiia, Saint- Pétersbourg, 1903, t. Il, p. 59-60. Quelques-uns poussèrent loin leurs prétentions. Raoul de Grandville (129-1), exploitant la faiblesse ou la grande bonté d'âme de Jean d'Ancône, archevêque de Nicosie, exerça dans l'île des •droits exorbitants, qui exigèrent à la fin l'intervention de Nicolas IV. Le pape lui reproche de moissonner dans le champ d'autrui, de mépriser la juridiction de l'archevêque, d'accomplir les fonctions épiscopales dans le diocèse de ce dernier, de le dépouiller de ses prérogatives et de ses biens, et de lui extorquer de fortes sommes d'argent. Documents nouveaux, p. 349-351. Il l'engage à respecter les droits du siège de Nicosie. Dans ces luttes les archevêques se réclamaient de l'autocéphalie de leur Église, qu'ils avaient héritée des Grecs. En 1481, l'archevêque Victor Marcello écrivait à Sixte IV : Nec invenitur uncjuam quod patfiarchatus Hierosolyniitani jurisdictio Cypri archiepiscopum subdititm habuit. Documents nouveaux, p. 506. Les patriarches de Jérusalem, lorsqu'ils évacuèrent définitivement la Terre-Sainte, et devinrent des simples titulaires, résidaient parfois à Chypre dans une maison contiguë au couvent de Saint-Dominique de Nicosie, à l'intérieur de la citadelle. Lusignan, Corona terza, p. 157. Leur ingérence diminua au fur et à mesure que le patriarcat latin de Jérusalem devint un titre simplement honorifique. Plusieurs de ces patriarches furent appelés au siège de Nicosie : le légat Pierre de Pleine-Chassaigne, qui gouverna le diocèse durant l'absence de Jean del Conte (1309-1315), Popov, t. ii, p. 64, le cardinal Élie de Nabinaux, p. 65, le cardinal Hugues de Lusignan, p. 66.

Une autre source de conflits qui durèrent jusqu'à la ' fin de la domination latine, fut la question des revenus et des biens de l'Église. Le roi Guy de Lusignan avait distribué des fiefs, des biens et des franchises à tous ceux qui se rendaient dans l'ile avec l'intention de s'y établir. Il se forma ainsi un noyau de noblesse, qui gardait l'esprit et les principes de la féodalité française

d'où elle était sortie. Histoire de Chypre, t. i, p. 45. La hiérarchie latine, apns la siippi cssiou dos .'véchés grecs et leur réduiiinii ."i ,|m|| .ii.ii:,, ,1-. li-n- ,!.< évêchés supprimés . i i n,,, ,,,- , , \ , , , ,.

sources déjà considi II i i' lu i; ., h - uI

les dîmes que les cIiliiIili- il- i li;pi'j - . [.ului 'jIj.i^' s à payer. Mais les évéques latins n'étaient point salisfaits et ils réclamaient dans leur totalité les biens possédés par la noblesse, et ayant .nutrefois appartenu à l'Église grecque, même avant l.i n'illin riiin' liii'iarchie latine. « Cette prétenlMu h; \i i I iiiif, était exagérée el inadmissible, n // - ' ' ./.,v>, t. i.

p. 205. Par la convention do Ijhii-,-! il IJJ.i, la noblesse s'obligea à payer réguliorement lu dimo, mais ces promesses ne furent pas tenues, et il s'ensuivit des tiraillements fréquents entre les clercs et les laïques dans l'île de Chypre. A plusieurs reprises les papes furent obligés de rappeler aux Lusignans et aux chevaliers cypriotes leurs engagemcnis. llonorius III écrivit en 1224 et 1225 à la reine et à la noblesse, les engageant à ne point violer les convenlions de 1220 et de 1222. Par une lettre du 4 août 1228, Grégoire IX se plaignit que les chevaliers, occasionem frirolam mendicantes, n'oli-i i viiiiil |i,i- los articles signés par eux: il revint à l.i oLu.i A.,u- mio lettre adressée a Gérold, patriarche ilo i ii -' m h . I.uant de nouveau que les raisons apport I - o nlii 1- nvendicalions de la hiérarchie latine sont frivoles; en 12;52, à la suite d'un arbitrage conclu par les archevêques do Césarée et de Nazareth des évéques de Chypre et dans le conflit de la noblesse cypriote, il répète que les chevaliers teneantur irrefrayabililcr nbservare les conventions précédentes; en 1237, le même pape Grégoire IX se plaint aussi à la reine et au roi de Chypre de leur négligence â payer exactement les dîmes, sans tenir compte des excommunications lancées à plusieurs reprises contre les coupables. Pressutti, liegesta Honorii papfe III, n. 4998, t. II, p. 249; n. 5361, p. 315; Potthast, n. 8250; Histoire de Chypre, t. m, p. 631, 633-636, 041-642. Cependant ces exhortations du saint-siège restaient toujours sans effet, et les plaintes des évêques n'amenaient pas à résipiscence les récalcitrants. A la mort de Grégoire IX, l'archevêque Euslorge s'adressa à Innocent IV pour obtenir que justice fût faite. Il conjurait le souverain pontife d'écrire directement au roi, parce que les chevaliers ne reculaient pas devant les menaces d'excommunication. Histoire des archevêques, p. 225. Hugues de Fagiano agit avec plus de vigueur, mais toujours inutilement. Alexandre IV l'engagea à procéder même par voie d'excommunication contre ceux qui ne voulaient pas se soumettre au payement de la dîme, et il écrivit à la reine de Chypre, l'exhortant à respecter les droits de l'Église. Histoire des archevcques, p. 235. Les plaintes des évêques latins devinrent plus pressantes, lorsque, après la prise de Saint-Jean d'Acre par les Arabes (1291), le roi Henri II établit un impôt extraordinaire sur tous les habitants du royaume afin de pourvoir à la défense de l'île. Jean d'Ancone, malgré son caractère pacifique, qui parfois touchait à la faiblesse, se crut en devoir de protester contre une mesure qui frappait les ecclésiastiques plus lourdement que les laïques, Histoire des archevêques, p. 249, et plus tard Boniface VIII ajoutait ses protestations à celles de l'archevêque de Nicosie. Raynaldi, an. 1299, n. 37, t. IV, p. 277. Jean del Conte, dans sa constitution du 17 juin 1321, menace d'excommunication les usurpateurs des biens de l'Église. Clément VI, sur les instances de Philippe 1" de Chambarlhac, recommande au roi de Chypre (16 juillet 1345) d'obliger les chevaliers à payer exactement les dîmes. Histoire de Chypre, t. m, p. 738-732. Dans la suite, la rigueur des évêques cypriotes se ralentit sur ce point, et la cause doit en être attribuée aux fréquentes vacances du

CHYPRE (EGLISE DE

siège arcliicpiscopal el

l'abst'i

réitérée de ses tilu-

3" Les synodes. — An mUi. n île ces luttes mes- (|uines d'arKcnt, la vilain- ^l- I IJi-r latine de Chypre se manifeste dans If- mmmI, - i. nuis souvent pour régler les questions de .Iim ij-liii,. et Irancher les différends avec les Grecs. D'après les Conslitutiones Ecclesise Kicosiensis, les évèques latins de l'île étaient tenus de se réunir une ou deux fois pour traiter les questions relatives à la discipline col. 311. Hugues de Fistatuts disciplinaires, indérivcnt en grande parlir laïques l'obéissance et second exhorte le clergé âpre concurrence son zèle de snrtf rj soit pas désri i.

Mansi, t. x.x\i.

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