‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 728 sur 741 · II. I . Ilinl · texte numérisé non relu

II. I . Ilinl

I Cli-l .-^ilué un un jour riiére inac- !• l'autorité pour affit-nt céleste, lotre mor- '"(. adver-

VI, col. 8o2.

11 est assez difficile de concilier entre elles les idées incidemment émises par saint Théophile d'Antioche sur le paradis terrestre, sur le paradis de>- 'In- i l -m Ir , i. I. Ad Autol, II, 2-i, 26, 36, P. G., t. vi. . i m-'i ln'.i:;.

1116; 01(0, Corpus apologelarum, f 'I ' m,

p. 120-122, 12-4, 174. Le passage le plu- .lui .1 , rjui qui affirme l'existence d'un ciel invisible distinct du firmament et créé par Dieu au premier jour, ÉtÉpou oùpotvoC Toj àôpaT0UTip.rv ovToç, II, 13. P. G., ibid., col. 1073; Otto, ibid., p. 96. Mais il est impossible à la critique de décider si le paradis des élus est identifié avec le paradis terrestre ou avec le ciel. Cf. Atzberger, Geschichte der christlichen Eschatologie iniierlialb der vovmcanischeii Xeit, Fribourg-en-Brisgau, 1896, p. 553, 598.

Dans saint Irénée se retrouvent toutes les données de la tradition catholique. Il est vrai que lui aussi distingue le ciel du paradis et de la cité sainte. Cont. hxr., 1. V, c. XXXVI, n. 1, P. G., t. vir, col. 1122; cf. \. V, c. v, n. 1, ibid., col. 1135. Mais cette dislinclion représente surtout une inégalité de jouissance dans la possession d'une récompense, en raison de l'inégalité des mérites. Car tous les justes, du moins après leur i-ésurrection, jouiront de la vue du Christ, Tza-nsuyvj yip ô StoTrip opaOTjuôxai, et le Christ est dans les cieux. Cont. hmr., 1. V, c. xxxvi, n. 1; 1. III, c. xil, n. 3, ibid., col. 1122, 895; cf. 1. V, c. XXXI, n. 2; 1. IV, c. xxxiii, n. 13; 1. III, c. XII, n. 9, ibid., col. 1209, 1082, 902. Les élus jouiront également de la vue de Dieu, D.ï-j'jôy-a.i eÎ; tv' o''!hv rrj'j 0EOÛ, 1. V, c. XXXI, n. 2; 1. III, c. .xii, n. 3, ibid., col. 1209, 895; ils posséderont l'immortalité par .Jésûs- Christ qui est la paix des âmes et leur réconfort, et l'on verra briller la gloire du Père, après le renouvellement des mondes, dans la cité de Dieu, 1. V, c. xxxv, n. 2; 1. III, c. XVI, n. 4. Ibid., col. 1220-12-21, 924. Xoivs n'avons qu'à rapprocher de ces donnéc'> Ir^; \u.'s rsch.itologiques de saint Hippolyte; le disciplr iv|,imiIiiiI liil.'lement le maître. Le Christ nous a ohm ri li ,s cinix, un il est monté le premier, a-jTÔ; TtpûToç £■; oOpjtvjj; i.ix-

CIEL

6aç. Serm. in Elcanam et Annam, P. G., t. x, col. 864; édit. Bonwetsch et Aclielis, Die gnechischen chrislUchen Schrifsleller, Leipzig, 1897, 1. 1, p. 122. Dans le royaume du Christ sont rassemblés les prophètes, les martyrs, les apôtres, et c'est au ciel que l'on reçoit la couronne de vie impérissable, àçÔocT'i: i7Toy.;'u=-jrjv \j\i.'.'i èv toi; oOpavoîc OTlçavov. De Aiir,rl,r,st,>. IW . .->9, P. G., t. X. col. 752, 780; cdit. Bon«. i~, h ,1 Ad.- lis, p. 20, 39. Le Christ est l'arbre de vie. r- ii\ i|im ili^^iirnt goûter celte vie, en jouiront .'lii nrll' h, ni il- . mi l.i face de Dieu, avec Adam et ton- 1- - i i ' ; ,- /.' in Proverbia, P. G., t. X, col. i;j", .i: I ■ I Achelis, p. 163.

Quand les tradiliun- -iiu-l- Jj- iji-'iniers âges commencent à se synthétiser eu un aggrégat succinct de doctrines, l'école catéchétique d'Alexandrie n'a que peu de choses à surajouter à ces données substantielles qu'elle contribuera beaucoup à développer. Pour Clément d'Alexandrie, la récompense des justes réside dans le ciel, qui est notre royaume et notre héritage, |xio-(lov r,[xïv paiTiXeiav oCpavwv, ■/./.r,povo|i:av oOfavùv. Coh. ad gent., c. I, P. G., t. vm, col. 60, 65; cf. Pssd., m. 7, P. G., t. IX, col. 608-609; édit. Slahlin, Leipzig, 1905, p. 258- 260. Aux élus est réservée la vision de Dieu, Weô; èttonrvkza:. C,J,. „J :iri,l,-s, c. I; Slrom., v, 1, P. G., t. vm, col. 0."): I i\. ( mI 17. ri celte contemplation divine leur vient du (In 1-1 '../,, ad ge/il., c. I, P. G., t. VIII, col. 68. Ton-; lr< saillie sont réunis au ciel où habitent les anges, Pœd., ii, 12; Slrom., vu, 2, P. G., t. ix, col. 5il ; t. VIII, col. 408; sur eux règne le Christ, Strom., vii, 10, P. G., t. IX. col. 480. et ils régnent avec lui, Pxd., III, 7; Cûh. - '■ :/ , ' . I. P. G., t. IX, col. 608; t. VIII, col. 60. I, il I ' lil comme le séjour de

l'éternel repos mi ii- ,; ivi^a-jo;; âv tm Ôeôi,

Pied.,i, 13, P. (, I i\. r,.|. ;;7:3. de la vie véritable, TT); i'vTu; o-j'oi]; ^tor,;, et de la gloire, Strom., iv, 7, P. G., t. VIII, col. 1255, un lieu de délices et d'inlinie béatitude, Strom.. v. 14: Pœd., i, 9, P. G., t. ix, col. 181; t. VIII, cr.l rî-iiv ,-dif. ^'ililin, p. 139; la patrie d'en haut, ri - ' nd gent., c. ix,

P. G., t. VIII, Ci] ]•>:■, ,;, , eliir,3,P. G.,

t. IX, col. 608; édil 11, lin, 11(1. y.M/.v n„d sludies, Cambridge, 1897, t. V, n. 2, p. i. (Jrigoiie commence à soumettre à l'analyse et à la réllexion philosophiques ces croyances. II convient que la conception et la description de ce monde invisible ne sont point chose aisée. De princ, 1. II, c. m, n. 6, P. G., t. xi, col. 193, et lui-même compliquera de graves erreurs ces difficultés. Toutefois .son universalisme, en afiirmant le salut de toute créature, ne fait point hi p.nl c-iilr :in\ invtr- ri .nix pécheurs

purifiés. Ceux-ci. .I.m- |r i,,lr fnlnr. ].,i-r,lrront la

terre des vivants, l.unli- i|ui |r- -.uni- ri Ir- parfaits jouiront du roxaunir dos citux. iie pnnv., I. II, c. m, n. 7, ihid., col. I'.l8. ,lésus-Christ est monté au ciel pour nous ouvrir la demeure éternelle, oii nous vivrons avec lui dans la claire vue de Dieu. De princ, 1. II, c. .xi, n. 6; 1. I, c. VI, n. 2; De oralione, n. 11, P. G., t. xi, col. 246, 166, 449. Origéne se demande où est le ciel, quelle en est la gloire et l'excellence. Il émet l'opinion que le ciel pourrait bien n'être pas séparé du xôonoç, tout en étant distinct du firmament, o-jpavôv ëxspov i:«pà t"o (TTEpitouï. Mais qui aura le dernier mot de ces choses'? De princ, I. II. c. m, n. 6; Cont. Celsum, vu, 31, P. G., t. XI, col. 195, 1465; Kdelschau, Origenes Werke, Leipzig, 1899, t. I, p. 182. Quoi qu'il en soit, c'est un monde ultra-terrestre, et la constitution des corps glorieux leur permettra d'habiter ces régions supérieures et élhérées, èv alôÉpt xai toi; àvuTÉpto a-JtoO touoiç. Cont. Cehuni, m, 42, P. G., t. xi, col. 973; édit. Koetschau, t. i, p. 240. Quant aux conditions générales de l'existence dans ce monde futur dont nous n'avons ici-bas que de fuyants emblèmes, l'idéalisme d'Origène se contente de signaler le caractère contemplatif de cette vie bienheureuse, où brillera la vraie lumière, àlrfinm tpw;. Cont. '

Celsum, vil, 31, P. G., t. xi, col. 1465; édit. Koetschau, t. Il, p. 182; Comment, iit ilalthmtan lom. xv, P. G., t, XIII, col. 1321; In Ps. xxri, 5; In Ps. xxxviir, 7, Pitra, Analecta sacra, t. ii, p. 480; t. m, p. 30.

Préoccupé surtout de l'imminence des derniers temps et dos rnnséqnoncps immédiates rattachées par la fanl:n-ir ,\--~ niill' 11,11 i-ir- à la prochaine parousie, Tertnilirii -riiiOIr ]i , u i i ii d r 1' qu'uuc atteutiou rcstreinle 3 1.1 iiin-idri;itiun dn cirl. Le réalisme de son génie se prêtait d'ailleurs assez mal à une étude approfondie des problèmes que soulève, en dehors du dogme, la pensée de l'au-delà. Mais l'ensemble de la doctrine catholique n'en est pas moins, à l'occasion, fermement exposée, et en magnifique langage. Dès les premières lignes de \'Apologétique,\e ciel apparaît comme la patrie et l'espoir de la « secte » persécutée. Scit se peregrinam in terris agere,... sedem, spem, gratiam, dignitatem in cselis habere. Apologet., c. i, P. L., t. i, col. 260. C'est vers le ciel, séjour du Dieu vivant, que le chrétien tourne ses regards. Ad casliini respicit. Xovi enim sedem Dei viin, c. XVII, ibid., col. 377. C'est au ciel que le Christ est monté après sa mort et nous y monterons un jour à sa suite. De anima, 55, P. L., t. ii, col. 742-744; édit. Reifferscheid et Wis-owi, d.ins le Corpus scriptorum ecclesiasticoruin hn i^rinu . Vionne, 1890, t. XX a, p. 388-389; De res. r,,, r,,s. ,■ x, m. P. L., ibid., col. 856 ; De orat., Tl, P. L., ,l„.l.. col. 1166; édit. de Vienne, ibid., p. 187; cf. d'AIés, La théologie de TertuUien, Paris, 1905, p. 281, 446-418. Avec plus de force encore dans la pensée et une plénitude d'expression qui évoque à la fois tous les différents aspects du ciel, saint Cyprien ne cesse de rappeler, dans les sombres jours de la persécution, les rayonnantes espérances d'outre-tombe. Que la mort nous ravisse à la terre, à ce monde décevant, aussitôt nous serons transportés aux royaumes du ciel, dans le paradis. Epist. ad Fortunat., c. xii, P. L., t. iv, col. 674; édit. Hartel, dans le Corpus scriptorum eccles. latin.. Vienne, 1868, t. i, p. 347. Le Christ nous montre la voie, il nous ramène avec lui au ciel, et non seulement les martyrs, mais tous ceux qui suivront le Seigneur jusqu'au bout. Epist. ad Fortunat., ibid.; Liber ad Demelrianum, c. xx, P. L., t. iv, col. 676; édit. Hartel, t. I. p. 365. Pour eux la récompense est immédiate : ni miUenium ni délai. Nidli patet cxlum, terra adhuc salva, ne dixerim c;aî(sa,avait dit TertuUien, De anima, 55, P. L., t. II, col. 744. Clauduntur in persecutionibus terrai, sed pater cselum, répond avec autorité Cyprien, et tous seront réunis en un même lieu, in eodem loco, dans le royaume même du Christ, avec lui et avec Dieu. Epist. ad Fortunat., c. xii, xiii ; Liber ad Demetrianum, c. XXV, P. L., t. IV, col. 674, 676, 563; édit. Hartel, p. 345-346, 347, 370. Et quelles infinies jouissances, débordant nos propres désirs, et quelle gloire ! Voir Dieu et converser avec le Christ, et cela toujours, dans la patrie commune, au milieu de nos amis et de nos proches, de tous les amis de Dieu ! Dans ce séjour de l'éternelle lumière, resplendissant de la clarté divine, heureux d'un inconcevable bonheur que rehaussera la joie intime de n'avoir point à le perdre, nous régnerons et notre règne, comme celui du Christ, sera un perpétuel triomphe. 0 dies nie qualis et quantus adveniet,... (juse erit gloria et quanta lœtitia admitti est Deum videas, lionorari esl •khi l'.luisin Domino Deo tuosalulis ac lucis xternœ ijinnlnnu ,'<ii.i,:s.... cum justis et Dei amicis in regno c:clut'in,i di't;r inimortalitatis voluplate gaudere.'... Cum clanlas super nos Dei fulseril, tant beati erimus et Ixti dignalione Domini honorali. Epist., LVi, ad Thibarilanos, P. L., t. iv, col. 357; Epist., LViii, édit. Hartel, t. i, p. 665; cf. De mortalilate, c. xxvi, P. L., t. IV, 601 ; édit. Hartel, t. i, p. 313.

A cet expressif et éclatant témoignage de l'Église d'Afrique, le plus saillant aussi de toute la période anténicéenne, les témoignages subséquents des autres Églises

CIEL

ijouloront rioii de particulièrement notable. Saint .'jjûiri' le Tlmnmaliirge accentue pourtant la pensée hlihi. iiiil,' .1 ■ rriiiMir .i\cc Dieu et les conséquences in II ~ <|!ii il.'i ,-iii .11 I Miller pour la nature humaine.

l'irliiii .!■ \l. in il nomme la reine du ciel, )•<;-

"' ',i;,s(is, ri i|n il rl,'\r jusqu'au trône de la divinité,

super i:lierubim juxla diiiiiilatem sedet,

remarque, dont le développement donnera

à de magnifiques aperçus dans la théolop

que la nature de rhommc pu r. ..nii,

Dieu, se trouve en quelqui' -

renas naturas adeo elevtn-'

Sermo panegyricus in sanrhm, /). - j. ',,,',

per virgineni Mariam, 4, dans Pitia, .1/;

t. IV, p. 407. La solidarité qui unit au plus étroit tous les

habitants du ciel, le Clirist, les anges et les saints, est

mise égali-iih ni , n viir Innu.' i r, ,1 ].■ i i. I ,iii]iarait avec

ses caracli I - il nh i m: > :„i, i, i .lu bonheur

dans une

7»! Origen

émet cette u plus tard des Pères, l'ieste avec lattis... ler- Jeificaret.

■III etsemtecla sacra,

VJi->

cf.

ratio pancytjrica, P. G., t. x, col. 1100; Koetschau, Des Gregorios Thaumatwgos Dankrede an Origenes, Fribourg-cn-Brisgau, 189i, p. 37. Victorin de Petlau se contenli' (I'.-i|ni--. i i i:unl- IimIN 1:i .l.ir-

trine commune. .S. /r 1/ . . r \i. '.i. r wn, ir.,

P. L.; t. V, col. ;«'.! I nhii ^.iin \| llinilr il lilMiip,. 1,1. I en relief la douce r,niili ml. .im liiiiulicIu-im il. |ii.ii les élus comme des iils auprès do leur père, et qui fera des vierges un chœur à part, en société plus directe avec le Christ, tôv -/ofO"' rôv â^i'ov aCTiji twv :tap9évMv. Convivium decem virginum, 1. VII, c. m, P. G., t. xviii, col. 128. Il semble aussi placer le ciel dans le voisinage

immédiat des étoiles. r>,v sôpav ïyiv/ t?,; ■!^'^yf,; Èv toî; oOfavoï; xai it>.r,<7ti;£tv -'li; ïstoo:;, 1. VIII, C. X, ibid., col. 153. Cf. De res., 5, ibid., col. 312; Bonwetsch, Me- Ihoditis von Olyinptis, Schriften, Erlangen. t. i, p. 77.

2. Période postnicéenne. — La doctrine catholique du ciel est immuablement fixée dans ses lignes principales par les Pères anténicéens : tous sont unanimes à affirmer l'existence d'une vie ultra-terrestre commune à tous les bienheureux, dans un séjour particulier qui est le ciel. Çà et là commencent à se dégager les caractères distinctifs de ce séjour : c'est un lieu de lumière au sein de la divinité, de gloire avec le Christ à jamais régnant, de paix avec les justes unis par la douce charité. Le développement normal de la doctrine portera surtout dans la suite sur ces points secondaires; et comme les problèmes de l'au-delà auront toujours le privilège de s'imposer à l'attention des penseurs et de tenir en éveil la curiosité des foules, il n'est pas étonnant de voir surgir dans l'esprit des plus grands docteurs de l'Église ou de l'École un certain nombre de questions insolubles qui ne pouvaient prêter qu'à des réponses inconsistantes, vaines, parfois naïves aussi, mais dont il serait superflu et tout aussi vain de s'émouvoir. La curiosité humaine pourra changer d'objet au cours des âges, elle ne changera point de nature. Surtout il convient de ne pas prêter à des hypothèses une valeur quelles ne revendiquent point, et suivant le mot d'un scolastique, habitué pourtant aux solutions ingénieuses ou faciles, il es;t certains dires des saints qu'il faut savoir interpréter sainement. Sunt aliqua sanctoriim dicta sane interprelanda. Biel, Comnientarii in IV Sent, libres, dist. XLV, q. i, Brescia, 1754, t. ir, p. 523-524. D'autre part, il n'est pas non plus hors de propos de signaler, quand ils se présentent, ces documents d'ordre spécial qui intéressent à divers égards l'histoire de la pensée religieuse.

a] Eglise latine. — La théologie superficielle de Lactance pourrait servir au besoin de transition entre les tendances des deux époques, entre la période d'affirmation et la période de recherches. Tout en admettant encore le délai de la récompense finale jusqu'au jour de

la résurrection. Divin, institut.. 1. Vil, c. xxi, P. L., t. vr, col. 802-803, elle met en relief suffisamment la nature des biens célestes, les joies do la présence de Dieu, la transformation de nos facultés adaplé'es aux conditions nouvelles de ce séjour de délices, de liiniicre et d'immortalité, qui sera notre royaume. In bonis csslestibus collocali... prœsenti Deogralias agent... quodeos ad regntini vitamque perpeiuam suscitarit.De resur. animx, c. xxiii, î'fcid., col. 806. Et tramformabit Deus homines in siniilitudineni angclorum ,c. xxvi, ibid., col. 814. Cf. c. xxvir, col. 821. Déjà aussi des interrogations se posent sur l'état des élus dans ce monde tout autre, et Lactance note avec intérêt que le séjour du ciel ne fera rien oublier des choses de ce monde terrestre. Prioris vitse factorumqicc omnium memores erunt. De resxr. animiE, c. xxiii, ibid., col. 806. Saint Hilaire de Poitiers insiste également sur les propriétés nouvelles acquises dans la gloire céleste par notre nature corporelle. Tract, in Ps. cxxxviil, n. 22, P. L., t. ix, col. 804; édit. Hartel dans le Corpus scriptoriiin ecclesiasticonmi. Vienne, 1891, t. xxil, p. 7,59. Le ciel est le royaume du bonheur, où luira un jour éternel; le Christ lui-même viendra nous introduire dans ce royaume forum.' f^/^/. //,/ iiiiniitum Dominus, in aeternum illud .' / /.( introducens. Tract, in Ps. cxx.

Il II. I i.t.n: édit. Hartel, p. 569-570. Mais il

c iiM 11' i I iniii|uorque, pour saint Hilaire, l'entrée dans la gloire éternelle devait être différée jusqu'à la fin des temps et que le royaume de Dieu, ouvert aux

iirrerln

distinct

nii.illirs

hommes seulement après dans sa pensée du royaume les âmes après la mort. Tru, i / ~ n ±2 ■

in Ps. Il, n. 49, ibid., cl -'. y" :i: M niM, p. 759, 74. A remarquer aus-i I mi hn [. i--i., .\iderament motivé par les préoccupations populaires, où le saint évêque condescend à expliquer assez au long ce que sera la température du ciel, beata temperies, et répond à ceux qui interprétaient dans un sens littéral le verset du Ps. cxx : Per diem sol non urel te nei/ue luna per noclem. Tract, in Ps. cxx, n. 16, ibid., col. 6G0; édit. Hartel, p. 569-570. Voir l'Introduction de dom Constant aux œuvres de saint Hilaire, c. vi, P. X., t. IX, p. 95. La pensée saillante de saint Ambroise, dans sa doctrine sur le ciel, est assurément celle de l'union mystique des élus. A maintes reprises le ciel est décrit comme le lieu du repos, ad requiem supernam. De ohitu Theodosii oratio, n. 30, P. L., t. xvr, col. 1396; de la lumière éternelle, n. 32, ibid.; de la gloire impérissable. Epist., x.xii, de bono mortis, c. x, n. 47, P. L., t. XIV, col. 561. Mais toutes ces considérations secondaires n'ofl'renl jamais le relief d'expression et l'insistance émue que met le saint docteur à dépeindre les rapports des élus entre eux et avec Dieu, le charme de leur commerce, la douce et sympathique charité qui les unit. Ce n'est plus seulement l'union avec Dieu, c'est l'adhésion à la divinité. In intelligibili secreto totvs intentus atque adhserens Deo. De obitu Theodosii oratio, n. 29, P. L., t. XVI, col. 1394; cf. Epist., xxii, de bono mortis, c. xi, n. 48, P. L., t. xiv, coL 562. La joie de vivre avec le Christ pour n'en être jamais séparé n'est pas exprimée moins vivement. De obitu Theodosii, n. 31, P. L., t. XVI, col. 1396; Expositio Evangelii secundum l.ucam, c. x, n. 12, P. L., t. xv, col. 14*7. Une idée nouvelle se dégage dans le traité De vii-ijinibus, 1. II, c. II, n. 16-17, P. L., t. xvi, col. 211, c'est l'allégresse commune aux bienheureux et la grâce accueillante de Marie lorsqu'une âme monte de la terre au ciel. 0 guantis illa [Maria) virginibiis occurret! Cette pensée se retrouve en plusieurs autres passages. Gratien vient lui-même à la rencontre de son frère Valentinien pour l'introduire dans le séjour de la félicité, iii propriain mansionem: un cortège spécial d'âmes saintes les accompagne; les anges et tous les élus

CIEL

prennent part à leur joie. De obitu Valentiniani consotaiio, n. 71, 77, P. L., t. XVI, col. 1379, "1381. Ce sera 1111 lioiihi'iii l.uil particulier de converser ainsi avec les ^;iiiib, liu . irl (l;iiis lu paix profonde. Bona reqnies...

Cl/ll

De

i-2, P. L., t. XVI, col. 1395-1396.

vs.lh - ...../.. -rv,c. XVII, n. 113, iftid., col. 333.

- , Ml II. ii^alement sur cette pensée do-

luMi I . il -ill.i - niii >-.int à sa mère lui conlie sa joie de trouver dans le ciel une autre mère, Marie. Habeo pro te Mariani matt-em Domini. La compagnie des saints, de ceux mêmes qu'elle n'avait jamais connus, lui est infiniment plus douce que toutes les amitiés de la terre. 0 qiianto inelior est iste comitatiis! Ejnsl., XXXIX, ad Paidam super obitu BlœsiUx filhi', n. 6, P. L., t. XXII, col. 472. Avec les chœurs des anges, les liens ne sont ni moins intimes ni moins hienfaisants. Episl., XXIII, ad Marcellam de e.rilu Lea',P. L.,\. xxii, col. 4"26. Une des jouissances les plus vives sera d'être avec le Christ, de suivre .lésus, Jesum qiietn niiiic Blssilla seqiiiliir. Epul., xxxix, ad Paidam, n. 2, P. L., t. xxii, col. -466: CaïuDient. in Ecclesiaslen, P. L.. t. xxiii, col. 1086. Le Sauveur sera notre chef dans les àoux. Commnif. in EpisL ml Ep/irsioa. c. iv,

n. S, /'. /,., 1. \NS, <M|,,S:l-i. r[ 1,.>,'.|m- l'iuolarl^lll II-

rllcl- (Ir r lti.,llMlir, I :.,,, I ,u ,;, I . n, Ef^sl. Il :,,l r.,.-

ri,lll,n,s.v \. li.li. /'. /... t. WX.Cul.TM.l.r clil i-l |"iur

les bienheureux la vraie patrie; iiiu- I nniiii .iilntueuse persiste après la mort entre Ir- -muN Jn ri. ! .1 leurs amis de la terre. Comment, m /,/<■..'. // .... (..,/■.. c. V, n. 6, P. L., t. XXX. col. 784. A'/ji»i.. ,\x\ix, ad Paulam, n. 1,P. L.. t. xxii. col. 473.

Toutes les questions agilées de son temps sur la nature de cette existence ultra-terrestre et sur la condition des élus dans le ciel, saint Augustin les a reprises et discutées, sans réussir toujours à les résoudre. Fréquemment sa pensée est llottante et il est juste de reconnaître qu'elle a varié au cours des ans. Hue le ciel soit le st-jour commun et la récompense des saints, te lieu de la vision héatifique, du don personnel de Dieu et des jouissances infinies qui en découlent, aucun Père de l'Église ne l'a plus souvent redit, ni .iv. .■ un relief plus saisissant. Tu, Domnir. ,/.'.■,,, i,:.i,,i illr. Nehridius, Cu,)/ess., 1. IX. c. m, n. il, 1: 1... L wxii. col. 765; cf. Serni.. i:i<:\\\\. n. 1-2, 1'. L.. t. xxxwii, col. 1455; Enarnil. m l's. , \i\. n. 0, P. L., t. xxxvii, col. 1602. Le Clui-i r^i mi , -aleinent par les saints sous l'aspect béalilianl ilr sa di\inité, secundum bealificam prsesenliam sua- dirijiitalis. Epist., CLXiv, n. 8, P. L., t. XXXIII, col. 712. Mais si tous les saints jouissent ainsi de la vue de Dieu, et se trouvent auprès du Père et avec le Christ, Serm., cccxxxi, n. 1, P. L., t. xxxviii, col. 1459; De civit.Dei, 1. XX, c. IX, n. 2, P. L.,t. XLi, col. 674, il est à remarquer que cette jouissance est donnée comme incomplète avant la résurrection et que le ciel, dans la pensée de saint Aui;iistiri. e^t poiii' ainsi dire partagé en régions distinctes, nj liil.ii.i, 1.^ .iivers. Les saints ne sont pas encore l.i ou il^ s, imii .ipivs la parousie : Nf,iid,i)i, erix )(/)( eriiHl s^n,ri. ,,,,,/,... ,/ici-

Cf. Une prirrr nii-'lilr ,'11

la Revue bèm'ili, i mr. r.in

Il serait suiieillu lui p

poursuivre dans le délai

doctrine catholique du cie

/■• ' ., I. \\\\l, rul. .il,l : II-, iMi.lil. t.i.' il...- ,..: som- 1M< I .!. - .•|..|r,, ,„ ,;/.„/ s,n,nH,nn ,.■,.'»,.,, I Ir l.r::rs, ad

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' ' II. III. ih-hiiri loiiiriois du ciel des anges, ^' ■■ t .". . /;././.,,.'/(../,. c. LXIII, P. L., t. XL,

'-'■■•'■■ -l'I II -i .i.:i'- que le paudisou le Sein d'Abraham. In Joa., tr. XCI, Epist., cLXXXVii, ad Dardanum, n. 7; Senn., CCLXXX, n. 5, P. L., t. xxxv, col. 1860; t. xxxm, col. 835; t. xxxviii, col. 1283. Au reste, la pensée du grand docteur revêt toujours sur ce point une forme dubitative : c'est une question, qui pour lui reste pendante, de savoir si oui ou non les saints sont déjà en possession du royaume éternel. Retracl., 1. I,

c. XIV, n. 2, P. L., t. XXXII, col. 606. Il avoue ne pouvoir déterminer en quoi consiste le sein d'Abraham. Confes., 1. IX, c. m, n. 6, /'. L., t. xxxii, col. 765. D'autre part, si le paradis est distinct du ciel, où pourrait-on imaginer qu'il soif? Enarrat. in Ps. xxx, serm. m, n. 8, P. L., t. xxxvi, col. 252. Aussi émet-il parfois l'avis que ces diverses dénominations pourraient bien n'exprimer qu'une seule et même chose, le commun séjour de tous les bienheureux. Si tamen non aliquid unmn est dii'ersis nominibus appellatum, iibi sunt animée beatorum. De Genesi ad Ulteram, 1. XII, c. xxxiv, n. 65, P. L., t. xxxiv, col. 483. Dans le même traité, saint Augustin déclare que ce séjour multiple ou unique des élus ressemble à un lieu matériel, loca similia corporalibus , 1. XII, c. xxxii, n. 60, ibid., col. 480; mais quand il s'agit de satisfaire la curiosité pressante de ses auditeurs qui demandent oi'i est le lieu de la vision béatilique, où est le ciel, il se contente de répondre avec ce tour d'esprit heureux qui est souvent elle/ lui l'expédient du génie : « Vous voudriez bien siiMiii ,.11 sr trouve ce séjour tranquille où l'on voit Iiii u l.H ( 11 lini. : Dieu lui-même après cette vie sera Ir Inii il. 11.1,^ ,'iiiics.'» Qui sinus est in facie Dei a me r.tpi'rhihi audire. Ipse (Deus) post liane vilam sit /mi»s ii,,xI,;: Enarrat. in Ps. xxx, serm. m, n. 8, /' /,.. I, xxxvi, col, 252. On remarque aussi sa préoccupaliiiii .1 . ciiiter de l'esprit des fidèles toute conception 1. .ili~l. I. niellant l'au-delà. Regnuni cselorum, regnum :.rn,i>,i, ,1,111)1, societatem cum angelis, xternam vitam, ,'l,i iiiillds oriltir, mdlus moritur, hoc percipite. .Se,,,,.. XVIII. c. IV. n. 2, P. /.., t. xxvill, col. 130.

I,iii'r .1 suint Augustin, dans

iiit di' vue théologique de

les développements de la

ou des hjpothèses plus ou moins acceptables qu'elle a suscitées. Nous nous bornerons à quelques indications sommaires. Honorât, évêque de Cirta, dans les consolations qu'il adresse à un chrétien exilé pour sa foi, met surtout en lumière l'honneur insigne que nous vaudra l'amitié des plus i;iMii(ls saints (lu ciel. K/iixlnld ciiusolatoria ad Arcaiinii,!, I'. I... t. I. cul. .'iiis. Siilpice Sévère, Diai., il, i:i. /', /... I. .v.v, c..|. JlM. :i\.iii rxprimé déjà en termes d une siniplicUe cluinaaule celte pensée gracieuse. Cf. S. Paulin de Noie, Poema XVllI, De sancto Felice natalitium carmen VI, v. 139-155, P. L., t. LXi, col. 494-495; édit, Hartel, dans le Corpus scriptoruin ecclesiasticorum. Vienne, 1894, t. xxx, p. 103-104; Isidore de Péluse, Epist., 1. II, epist. eu; 1. V, epist. cccxcvi, P. L., t. lxxviii, col. 604, 1564.

Cassien s'attache à démontrer que le royaume du ciel est le royaume de la vie et qu'il y a place encore dans cette surabondance d'activité vitale, pour les sentiments humains dont nous garderons là-liaut le meilleur et le plus doux. Collât., h 1. c. \iv, P. L., t. XLix, col. 500- 503; édit. IPetscheiii,-. iLui- !.. lioi-pus script, eccles. iaîin.. Vienne, t, xiii. p. 21.-l'i s. ini Pierre Chrysologue se représente les niarlws re^plclldissants des lumières de la gloire future, Serm., CLXXiv, in D. Felicitatem martyrem, P. L., t. lu, col. 565, et dans les harmonies des cieux faisant éclater surtout ce splendide privilège de la béatitude, la charité. Serm., xxii, de lerrenorum cura despicienda, ibid., col. 262-263. Cf. Serm., cxxix, in D. Cijprianum martyrem, ibid., col. 555; Serm., cxix, de vero cursu pro corona glorise, ibid., col. 526. Le rhéteur .lulien Pomère consacre un traité spécial à la vie du ciel, qu'il appelle la vie contemplative, d'un nom qui caractérise à ses yeux le bonheur essentiel des élus et qui se retrouvera dans la plupart des écrits mystiques du moven âge. Cf. De vita contemplât iva, 1. I, c. I, n. 1-2; c." vi, n. 2, P. L., t. Lix, col. 419, 424. Chez les écrivains ecclésiastiques des siècles suivants,

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il suffit de citer saint Avit de Vienne, qui célèbre souvent la gloire et la paix du royaume céleste, la communauté de vie avec les anges. Homil., 1. VII, sermo in ordinatione episcopi, édit. Peiper, dans les Momimenta Germanise historica auctorum cmtiquonmi, Berlin, 1883, t. VI, p. 117; llomiL, 1. XXV, dicta in basilica ianclorum Acatinensinm, ibid.,p. 146; Epist. ad Gundobadttni, ibid., p. 33; Homil., 1. Vil, sermo die i Rogationuni, ibid., p. 115. Saint Pierre apparaît comme le portier du ciel, i//<' rsploritin jniui,.,- frtniK. Homil., 1. VII, seniio ,in ordin. rjiisc. i/'iJ.. [> IJl. Le Christ, par son union sublinn' a l.i miIi-i.uih- i- ^■^ll , ijuia celsiludini stibstantix acIiHis uiiiui.ilai c^lU dotnitius faclus esl. Contra arianos, c. -wii, ibid., p. 7. Cf. S. l'ulgence. De ftde ad Petrum, c. XLlil, P. L., t. XL, col. 777 ; Primasius d'Adruméle, Comment, in Epist. ad Heb., IX, 8; XI, 39, P. L., t. lxviii, col. 740, 744. Grégoire de Tours indique la prééminence de Marie dans le ciel et son rôle maternel à l'égard des élus qu'elle accueille dans les cieux. Miracula sancti Martini, 1. 1, c. v, P. L., t. LXXi, col. 919.

Pour Cassiodo're, les élus sont réunis dans le sein d'Abraham, ou ils attendent l'entrée dans le royaume; mais ils jouiront un jour de toutes les récompenses promises dans les cieux. De anima, c. vu ; Jn Ps. ci, c. xvii ; In Ps. xxrv, c. xii, P. L., t. lxx, col. 1301, 713, 180. Fortunat chante la joie spéciale qu'éprouvent les vierges d'être réunies dans le ciel à Marie, leur reine. Miscellanea, 1. IV, c. xxvi; 1. VIII, c. vi, vu, P. L., t. Lxxxviii, col. 175, 267, 282. Saint Grégoire le Grand insiste sur les jouissances intellectuelles de la vue de Dieu, Dial., 1. IV, c. xxiii, P. L., t. Lxxvii, col. 376, sans négliger le détail ordinaire des biens qui découlent de la vision béatifique. Moral., 1. XII, c. ix, xxi, XLiii, P. L., t^ Lxxv, col. 666, 992, 999, 1038; Dial., 1. IV, c. xxv, xxviii, XXIX, t. Lxxvii, col. 357, 365, 666. Cf. Isidore de Séville, Sent., 1. III, c. Lxil, n. 7-10, P. L., t. Lxxxil, col. 737-738; De fide calltolica contra Jiidxos, 1. 1, c. LViii, P. L., t. Lxxxiii, col. 495-496; S. Julien de Tolède, Prognosticon, 1. II, c. m, xii, xxx, P. L., t. xcvi, col. 476, 480, 495.

Du VU" au XII» siècle, reparaissent sans changement appréciable les enseignements de saint Ambroise, de saint Augustin et de saint Grégoire le Grand. Saint Bède reprend à son compte les idées de saint Basile sur la constitution du ciel ; mais il en fait l'objet d'une création proprement dite, qui a coïncidé avec la création des anges. Hexaemeron, 1. I, c. i, P. L., t. xci, col. 14. Il s'étend longuement ailleurs sur les sublimes jouissances de la vision béatifique et sur les merveilleuses harmonies des cieux. Homilia, xi, in vigllia Pentecosles, P. L., t. xciv. col. 192-194; Exposit. in I"" Epist. Joa., c. m, n. 5. P. L., t. xciii, col. 109. Voir aussi .\lcuin, Epist., cxiii, ad Paiiliniim patriarcham, P. t., t. c, col. 342- 313; llaymon d'ilalberstadt, Expositio in Apoc, vi, 10, P. L., t.'cxvii, col. 1030; Candide de Fulda, Epist., Num Ckristus corporels ocuUs Deum videre potuerit, n. 7, P. L., t. cvi, col. 106; Raban Maur, De clericorum instilulione, 1. II, c. XL, P. L., t. cvn, col. 353-354. D'après lui, Élie aurait été enlevé dans le ciel atmosphérique ; le ciel des anges, où Dieu révèle les abîmes de sa divinité, est au-dessus du firmament, dont il n'est point distinct. Il est vTaisemblable que ce sont deux parties d'un même tout. L'assemblée des élus constitue le royaume des cieux. De universo, 1. IX, c. m, P. L., t. cxi, col. 263-265. Voir S. Pierre Damien, Opusc., L, Institulio monialis, c. xv, l'. L., t. CXLV, col. 748. L'autorité de saint Augustin a fait hésiter saint Bernard .sur la question du délai de la béatitude. In festo omnium sanctortim, serm. iv, n. 2, P. L., t. CLXXXiii, col. 472. Mais la pensée du ciel est dominante dans ses écrits, coniplaisamment exprimée parfois en descriptions qui ne négligent aucun détail. De diversis, serm. xlii, n. 5,

7, ibid., col. 663-665. Il aime à mettre en vi non seulement les splendeurs de la divine gloire, Serm., XXI, de excellentia divinse visionis, ibid., col. 940-944; mais surtout l'union douce et forte qui des saints ne fait qu'une âme. In vigilia SS. Pétri et Pauli apostolorum, ibid., col. 406, et la vie angélique qui sera l'apanage des élus du ciel. Serm., xxvii, de ornatu sponsse et qualiter anima sancta in cailvm dicatur, P. L., t. CLXXXIII, col. &12.

b) Église grecque. — Les problèmes spéculatifs et les recherches curieuses sur l'au-delà semblent préoccuper moins vivement les Grecs que les Latins, et nous n'avons guère à enregistrer chez eux que l'enseignement correct de la doctrine reçue, à le prendre toutefois dans ses grandes lignes, en dehors de la question du délai de la récompense et de celle aussi de l'universalité du salut, questions secondaires au point de vue qui nous occupe. Eusèbe de Césarée montre l'ime de Constantin réunie à Dieu, aJTiT) 0ïù ajvoOiiav, revêtue des splendeurs de la lumière et fixant son regard vers les voûtes du ciel, itpb; aJTaïç oCf avi'ai; i'^cViv. Devita Constantini, P. G., t. XX, col. 912-913. Ces derniers mots, s'ils ont un sens précis, impliqueraient une distinction, et dès lors une succession de séjours dans le ciel. Telle est aussi, à n'en pas douter, l'opinion de saint Athanase, lorsqu'il enseigne que le Christ, par sa mort, nous a introduits de nouveau dans le paradis et tracé le chemin du ciel, Etaoôo'i êv -(il Ttapa5Et<T(i), âvoSôv ts eï; oCpavo-jç ôko-j irpôSpopioî 2i(TTi),9£v Oorèp t,|j.(ôv. Expositio fidei, n. 1, P. G., t. XXVI, col. 201. Mais la voie est libre il nous rejoindrons le Sauveur. De incarnait, ,,, /i, , 1 V, ' < contra arianos, c. m, P. G., t. xxvi. ; i / / / Iteortast., c. v, n. 3, ibid., col. 1380. A* i ; ii-

tout ressortir l'union des ,àmes saintiis d.ui-. Il l.liu.^t avec qui nous ne formons qu'un seul corps mystique. De incarn. Dei Verbi, c. v, ibid., col. 992. Un autre passage cité par saint Jean Damascène, De his qui in fide doiTiiierunt, 31, P. G., t. xcv, col. 277, nous dépeint l'assemblée des justes dans l'attente de la gloire finale qui suivra la résurrection : en étroite communion de pensée et de sentiments, tous se réjouissent de leur bonheur et du bonheur de tous, à>,Xr,Àotç ij/jx!xûç (TjvsCvai xat CT'jve-jçpa'ivî'iTÔat.

La distinction du ciel et du paradis ne se retrouve pas dans saint Basile, qui emploie indifféremment les deux dénominations. Homil., xix, iti quadraginta martiji-es, P. (t., t. XXXI, col. 524. Les élus sont avec les anges et leur àme est portée au ciel par les anges. Homil., xviii, in Gordium mart\irem,S, ibid., col. 505; cf. S. Cvrille de Jérusalem, Cat., m, de baptismo, 5, P. G., t. xxxiii, col. 433; Cat.,xi\\ de Cliristi resurrectione, ^6, ibid., col. 860; mais les an;:.- \ i ni li,!i inité, tandis que les bienheureux ne cuiii. '. |. ■ i, l ii n face à face qu'après la résurrection, - i

•jioi TT,; àvaircioswi;, t6t£ xaGaEitû6ï)(j(io-: i ; :■; -y',7:,-',; ixpô; 7up6(7uwov YvwaEwi;. Homil. in Ps. xxxiij, n. 10, ibid., col. 377. Dans celte brillante demeure qu'est le ciel, TT|V iitEpoupâviov ytipav, Tr,v îrsptçavr, xa'i Xaprapàv, Homil., l, in Ps. xiv, n. 1, ibid., col. 253, les élus s'épanouiront comme des Heurs. Homil. in Ps. xxvrii, col. 288; cf. Homil. in Ps. xu\; n. 9, col. 408. Les saints seront entre eux et avec Dieu comme des amis, et cette intime affection constitue l'une des caractéristiques de la sainteté, jiovoi çt'Xo! ©eoOy.a'i à).>,v.oi; ây.oi. Homil. in Ps. XLir, n. 2, col. 391. Saint Basile est le premier qui se soit occupé, au point de vue physique, de l'origine et de la constitution du ciel empyrée : à ce titre il a exercé une influence prépondérante sur la théologie spéculative du moyen âge. Pour lui, le ciel est beaucoup plus ancien que le monde visible; il est même éternel, sans relation avec le temps. Mais il échappe à toute définition : impossible d'en donner une idée même approximative. On peut dire que c'était un lieu ou quelque

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chose d'analogue, propre à recevoir les natures angéliques. IIv t:: 7:fî'7Ô-^T = çj< tf.; toû xo(7[io-j •(t'iir;tii>i xarimar,:: T-:, ;.-:',/•. -1 "'-■-. vy;';: 7ipÉ7rou<70t, r, 07tÉp-/povo;,

T|aù.i,:. j ' .1 '•' Ih'xaemeron,n.ô, p. G.,

t. xxix. I ! ' i Ml M ^1 dans ce lieu une lumière ^spiritUL.I.., lai;^ puiii Id IVIicilé de ceux qui s'attachent au Seigneur, cm; -/oriTov i;pé7tov tt; iiaxapioT-fiXi tmv ytXo'jv- TMv TÔv Kjp'.ov, et il l'avait peuplé de natures intelligentes et invisibles, d'une légion d'anges et d'archanges qui en étaient l'ornement. D'autre part, il faut reconnaître que ce ciel supérieur est distinct du firmament, puisqu'il a été créé avant toutes choses.

La différence provient de leur nature et de leur destination, le lirmament étant d'essence moins subtile que le ciel, (7T£p£wT6pa; ç-juio):, et son rôle physique se reliant beaucoup plus étroitement au mouvement général de l'univers. Xpuiw Èiot'psxov tiVi iiavri Tzaç.îyou.fir,;. D'ailleurs, l'Écriture nous enseigne la pluralité des cieux et il n'y a rien là qui puisse heurter la raison des philosophes. L'agencement, qu'ils ont imaginé, des sept orbes | où se meuvent les planètes, est-il plus simple à concevoir'? Ibid., n. 4, col. 59-60.

Sans se soucier d'atteindre à ces considérations plutôt métaphysiques, saint Cyrille de Jérusalem se contente de signaler la grandeur de la récompense, Cat., xviii, de carnis resurrectione, n. 4, P. G., t. xxxiii, col. 1021, et la parfaite sécurité dont les élus jouiront dans le ciel, Cat., XXIII, mijstagogica,\, col. 1121. Toutefois les premiers versets de la Genèse l'induisent à penser que le ciel, demeure des anges, est constitué par la matière aqueuse, àyYéXwv iyiiaizr,\i.x ù o-jpavô;, à),).' il Côiiwv ojpavo:'. C'est que l'eau surpasse en beauté tous les éléments : par elle nous est conférée la grâce du baptême ; de même elle contribue à la gloire du ciel. Cal., m, de baptismo, n. 5, col. 433. Il faut admettre aussi la pluralité des cieux : le troisième ciel, où saint Paul a été enlevé, sidontilie avec le paradis. Cat., xiv, de resurrectione, n. 26, col. 860.

Les aspects poétiques du ciel trouvent en Cappadoce d'éloquents interprètes. Saint Grégoire de Nazianze exalte en traits brillants les splendeurs de la gloire et de la béatitude célestes. Orat., vii, in laudem Cmsarii fratris, 17, 21, P. G., t. xxxv, col. 776, 785. Mourir, c'est aller à son Seigneur et s'unir aux chœurs des anges. Orat., vu, in laudem sororis suie Gorgoniœ, 23, col. 816-817. Là, dans les délices du royaume éternel, nous jouirons parfaitement de la trinité des personnes divines. Orat., xxiv, in laudem sancti Cypriani, 19, col. 1192. Le ciel est le séjour de la beauté : nous la contemplerons, nous la posséderons. Orat., vu, in laudem Cœsarii fratris, 21, col. 782. L'intelligence ne peut saisir la grandeur des biens qui nous attendent, jusqu'à devenir les fils de la divinité, divinité nousmêmes, -jibv vevÉ(r6ai ©eoC, 6e6v «-Otov. Ibid., 23, col. 785. Le ciel sera une fête perpétuelle, Orat., xxiv, in laudem sancti Cypriani, n. 19, col. 1192, et notre grand bonheur sera de contempler la trinité des personnes divines. Orat., XLiii, in laudem Basilii magni, P. G., t. XXXVI, col. 605; cf. Oi-at., xxxix, theologica, m, n. 20, col. 102. La beauté du ciel devient aussi le thème préféré de saint Grégoire de Nysse. Tract, in Psalmos, c. VII, P. G., t. XLiv, col. 453-456. Quels délices surtout de contempler Dieu, la lumière éternelle, et de s'asseoir à la table des anges! Orat. in funere Pulcheriae, P. G., t. XLVi,col. 870; cf. Yita atque encomium S. Ephrxm, col. 848-849. Saint Jean Chrysostome ajoute à ces accents la note affectueuse et ardente de son âme : il trouve bien douce la mort qui réunit les âmes saintes au Christ, Trpb; t'ov Xpirrr'ov 7t3tpaii2|i7iEi. Homil. desanctis martyribus Bernice et Prosdore. n. 3, P. G., t. i,, col. 633. Le bonheur le plus intense sor.i de voir Dieu, WoHii/. , xxxii, inEpist.adRom.,n.3,P.G., t. lx, col. 079, c'est-à-dire de le connaître jusqu'à lévidcnce et dans la perfection,

opawiv TT|V fiibrj'.v ÀÉf tov xrjv aajEdrÔTy Homil., xxxiv, in Epist. I ad Cor..

col. 288; cf. Homil., x, in Epist. Il , t. LXi, col. 469. Et non seulement In. de sa propre essence et de sa beaut.> des divines splendeurs dt-

■/IpTi^yLÉvr,'/.

G., t. LXI,

11, 1,9. G., i.vi-lateur e layonneir les élus

une parure de gloire incomparable. Tout sera joie, bonté, paix, amour. L'harmonie qui régnera dans les coeurs et qui réglera toutes les activités sera plus parfaite et plus douce que celle de la cithare. Suivant les affinités particulières s'établiront les groupements divers des élus, 8f|Hoi Siicpopoi. Mais tout l'éclat du ciel lui viendra de la présence du divin roi. In bealum Philogonium homil., VI, P. G., t. XLViii, col. 749; cf. Ad Theodorum lapsum, 1. I, c. XI, P. G., t. XLViii, col. 292. Mêmes conceptions et mêmes certitudes chez saint Cyrille d'Alexandrie. La récompense est assurée, Adversus an- Ihropomorphislas, c. xvi, P. G., t. Lxxvi, col. 1105 : nous irons dans la cité d'en haut, nous mêler aux chœurs des anges, xoï; -ûv iy.'wv àyyÉXuv (i-jva-j>.ite<76ai y/ipoi;. Exposilio in Joannis Evangelium, xi, col. 532. Au milieu de ces ineffables délices, la jouissance la plus haute est d'être avec le Christ et de contempler sa gloire, n. 12, ibid.,co\. 568. Cf. Théodoret, Comment, in Epist. ad Heb., c. xi, n. 39-40, P. G., t. Lxxxii, col. 769; Hœrel. fabul. compendium, I. V, c. xx, P. G., t. Lxxxill,

Sans modifier dans leur fond ces doctrines, les écrivains postérieurs, du vis au w siècle, s'ingénient à dégager çà et là certains détails qui répondent mieux aux aspirations populaires ou à l'orientation propre de leur esprit. C'est ainsi que l'idée néoplatonicienne d'achèvement, de perfection idéale exerce une influence marquée sur l'enseignement eschatologique du pseudo- Denys. Notre bonheur, comme notre gloire, sera de mener au ciel une existence tout angélique, qui fera sortir de leurs limiles naturelles nos facultés, àYYE),0Etiifi, -j..-;..,. ; . , . -.un -> -ï/.avoTr.r: Ttapà ç-jaiv,

mais] Il 'iivinisnominihus,^.^!,

c. II. /'. '. lii > J \ I le vie deviendra sembla-

ble à Celle du Cliii,-l, /■^■.z-.:i:lr,;, elle sera divinisée, 9£0£i8r|Ç, et prendra quelque chose de l'immutabilité même de Dieu, arpsTiTo; xa-à tyjv Oeiav X,wi-t, àyTipu; -ù.tibi'jii, De cselesti Inerarchia, c. vu, col. 553-554, 560; elle brillera de toutes les splendeurs célestes, swtiut;xt„ çavoTtxTi, col. 560-561. Cf. Stiglmayr, Die Eschatologie des Pseudo-Dionysius, dans Zeitschrift fur katholisrJie Théologie, Inspruck, 1898, t. xxiil, p. 2-4. Pour André de Césarée, les justes attendent dans le sein d'Abraham l'heure de la récompense ; mais rien ne peut faire soupçonner le radieux' éclat du bonheur des élus dans la céleste Jérusalem. Comment, in Apoc, c. xvii, P. G., t. cvi, col. 272, 596. Dans l'éloge funèbre de l'archimandrite Eutychius, le prêtre Eustrate développe surtout la pensée de la vue de Dieu au ciel, dans la trinité des personnes. Encomium S. Eutychii, c. x, n. 91, P. G., t. Lxxxvi, col. 2378. Le panégyrique des martyrs composé par le diacre Constantin et lu partiellement au II* concile œcuménique de Nicée, en 787, s'attache surtout à faire ressortir la bienheureuse familiarité qui unit tous les élus dans la communauté d'un même bonheur et dune même gloire, dont la source est Dieu, âx -où r?,: ,',^-V; zr-r; j-ï • '^l' > - ''" Laudatio omnium martyr^m, . n :;i;, lu. /' (.',. i. i \\\\ iii. eol.520, 525. André de .l.i u-.ilem -uiili;iie mie |,.ie >p,-eiale des élus, celle de se trouver plus intimemenl présent, autant qu'il est possible de l'être, au regard même de Dieu. 0£bv S<rov éçixt'ov ôpwv xal ôpwijLEvoc, Oco(., XVIII, P. G.', t. xciv, col. 1206; Orat., xvi, col. 1170; cf. S. Jean Damascéne, De fide orllind., 1. III, c. xxix; 1. IV, c. xxvii, /'. 6'., t. xciv, col. 1102, 1219; Naucratius, Encyclica deohitu S. Tlœodori SludiUe, P. G., t. xcix, col. 1833. Nicétas de Byzance se réprésente sainte Thècle comme

,li ilioe, près de la reine du ciel et à la droite du roi, jouissant par la claire vision et sans limites de l'unique beauté désirable. Oral., xvi, in laudem S. Theclse, P. G., t. cv, col. 332.

(•) Église syrienne. — Par l'abondance et la variété de SCS descriptions, par le tour de sentiment profondément religieux qui pénétre partout l'exposé de la doctrine, la littérature syriaque mérite, dans l'étude des questions escliatologiqties. une attention particulière. Conséquemment à sa tbéorie du sommeil des âmes, Apbraate diffère l'entrée dans la gloire pour les élus jusqu'au jour de la résurrection et du jugement universel, où les bons seront délinitivement séparés des méchants. Deni., viii, de resurreclione ntorluoruni, 22, dans Graffm, Patrologia sijriaca, Paris, 1894, t. I, p. 402. Mais alors le ciel nous accueillera dans toute la magnificence de ses gloires. C'est le séjour de la lumière, de la vie et de la grâce. Pour vêtement, nous aurons l'éclat de cette splendeur; pour nourriture, la divinité. L'air de ces régions sublimes sera infiniment doux et léger, comme il convient à des corps glorieusement ressuscites; de luimême il émettra des rayons éclatants, splendides et charmants à voir. Sur les arbres merveilleux plantés par le Seigneur, un éternel printemps sèmera les tleurs, épanouira les fruits, sous un feuillage à jamais verdoyant. Cette demeure glorieuse est immense, sans démarcations d'aucune sorte, et ses habitants distingueront tout aussi bien les lointains objets que les plus proches. Dent., XXII, De morte et novissimis teniporibiis, 12, p. 1014- 1015. Mais tout ce qu'on peut dire du ciel n'en suggérera jamais l'idée : il est mieux de l'appeler simplement l'habitation de Dieu, le siège de la vie, le lieu de toutes les perfections, la patrie des saints, la demeure de notre inconfusible espoir, n. 13, col. 1019.

Saint Éphrem recule aussi jusqu'à la résurrection l'admission des saints dans le royaume du Père. En attendant, les âmes sont au ciel, non point dans la partie suprême de la gloire, mais dans l'Kden, dans le paradis. In secundu7n adventum Doniini nostri Jesu Christi, dans les Opéra, Rome, 1732, t. i, p. 167; Carmina Nisihœna, carm. Lxxiir, édit. Bickell, Leipzig, 1866, p. 222- 223. 11 est difficile toutefois de déterminer exactement ce qui différencie ce séjour paradisiaque du ciel de l'éternelle gloire, s'il est vrai, comme l'a soutenu Bickell, Carm. Nisib., prolegomena, p. 24, que la jouissance immédiate de la vue de Dieu soit impliquée par saint Éphrem dans sa conception du paradis. Il n'y a pas lieu de discuter ici les textes invoqués par Bickell à l'appui de son opinion et reproduits généralement par les théologiens pour disculper le saint docteur de toute déviation doctrinale dans la question concernant le délai de la vision béatifique. Voir Intlitive (Vision). U suffit, au point de vue qui est le nôtre, que le ciel comprenne un jour le privilège souverain de la vision divine, ut aliquando obtingat tuo poliri aspectu. Necrosinta, can. 65, dans Opéra, Rome. 1746, t. vi, p. 333. A la fin des temps, les justes seront introduits par le Christ auprès du Père. In secunduni adventum Doniini nostri Jesu Christi, ibid.,t. i, p. 171. Mais déjà ils sont avec le Christ dont la vue les réjouit, Necrosima, can. 25, col. 273, mêlés aux chœurs des anges qui ont porté leur âme « dans le rovaume d'Éden ». au séjour de la lumière, can. 35, 83, p. 239, 291, 357. Une ineffable charité unit entre eux les saints. Ceux qui régnent déjà dans le ciel, viennent avec le Christ accueillir les nouveaux élus à leur entrée au paradis et les attendre, can. 10, p. 239; le père des croyants ouvre lui-même les portes du paradis. Can. 35, p. 291, trad. Bickell, Carm. Nisib., proleg., p. 25. Les âmes font l'ornement du ciel : comme autant de perles radieuses, elles sont enchâssées toutes dans la couronne de Jésus-Christ. Can. 7, p. 234. Déjà les élus jouissent de la félicité suprême ; ils recevront encore les illuminations de la céleste clarté. Can.

;î5, p. 225, 292; Parxnesis, xxxv, i.xiii, p. 487, 582; In secundum adventum ûomini, t. I, p. 167-169.

2" Hagiographie. — L'Église primitive nous offre dans ses martyrs des témoins spécialement accrédités de sa croyance au ciel. La vénération avec laquelle étaient recueillies leurs dernières paroles et conservés leurs /lc(es ou Passions, trouve, en effet, sa parfaite et naturelle justification dans l'autorité que conféraient à leur témoignage la confession solennelle de leur foi et l'expression devant la mort de leur invincible espérance.

Les Actes du martyre de saint Polycarpe, écrits au lendemain de sa mort (23 février 155), nous montrent le saint vieillard, les yeux levés vers le ciel, ivaSXsia; ei; ?bv ojpavov, et priant le Dieu des anges de le recevoir au nombre de ses martyrs. Martyrium Polycarpi, c. xiv, n. 1, Funk, Patres apostolici, Tubingue, t. T, p. 298. Du ciel descend une voix qui l'encourage, çmvt) ÈÇ oJpavoJ, c. IX, n. 1, ibid., p. 290. Nous voyons aussi que les martyrs de Smyrne s'animaient dans leurs tourments à cette même pensée des biens ineffables que leur réservait Dieu dans l'au-delà, c. ii, n. 3, ibid., p. 284. La relation du martyre de saint Ignace est plus explicite encore. Par sa mort le saint voulait prendre en quelque sorte possession du ciel, w; oOpavo-J ji'ev Im- ),a[i6ive(75a!. Acta martyrii, c. IV, n. I, ibid., p. 158. Cf. Allard, Histoire des persécutions pendant les deux premiers siècles, Paris. 1885, t. i, p. 116, 179. Il prie saint Polycarpe de l'aider à vaincre les fauves, afin qu'il lui soit donné de quitter plus tôt ce monde et de paraître devant le visage du Christ, "va ...èiiçavicOri tcô npoutônM Toj XpioToO, c. m, n. 2, ibid., p. 258. Sa hâte est grande d'aller vers son Seigneur, anouSTi npô; K-Jpiov, c. IV, n. 2, ibid., p. 260; "va ç6â<r7i icpôç ôv iiy6mi]aEi IvJptov, c. V, n. 4, ibid., p. 260. Après' sa mort un chrétien le voit en songe aux côtés du Seigneur, TcapesTûTa Tiô Kjp;a>, c. VII, n. 2, ibid., p. 264. En termes d'une haute fermeté, saint Justin manifeste son espérance d'aller recevoir au ciel la récompense de son martyre. On lui demande s'il s'imagine aller au ciel. « Ce n'est pas une imagination, répond-il; je le sais et j'en suis convaincu. » O-j/ Ottovow, à).).' lutoratiai xai Tî£7r).r,posôpr,!iïi. Acta martyrii Justini et sociorum, n. 5, dans Otto, Corpus apologetaruni christianO}-um sœculi secundi, léna, 1879, t. Il a, p. 276.

Les martyrs de Lyon expriment bien haut leur désir d'aller au plus tôt vers le Christ, ïmiz-joa-i itpb; Xpioxov; ils méritent de recevoir la couronne de l'immortalité, t'ov Tf,; iq;6ap<7;a; cT'savov. Epist. Ecclesianini Viennensis et Lugdunensis de martyrio S. Pothini episcopi, dans Eusèbe, H. E., 1. V, c. i, P. G., t. xx, col. 409, 424. Blandine laisse éclater sa joie de pouvoir bientôt prendre part au repas nuptial, rà; Et; vjujixbv Seïtivov x£ï.Xr,aévYi. Ibid., col. 429. Même assurance et mêmes espérances chez les martyrs de Scilli. Cittinus, devant ses juges, invoque fièrement le Dieu qui est au ciel. Secunda reprend : « Et moi aussi je crois en mon Dieu et je veux être en lui, » et volo in ipso esse. Acta proconsularia martyruni Scillitanorum, c. ii, m, dans Ruinart, Acta primorum martyrum selecta et sincera, Paris, 1689, p. 77-78. Speratus et ses autres compagnons rendent grâces à Dieu qui doit ce même jour les recevoir dans son ciel, qui dignatur nos hodie martyres accipere in cxlis, c. m, ibid., p. 78. Sainte Félicité montre à ses fils le ciel où les attend le Christ avec les saints. Videte, filii, cxluni et sursum adspicite, ibi vos expectat Christus cum sanctis suis. Passio sanctse Felicitatis et septeni fiUorum ejus, c. ii, ibid., p. 21. Le rapporteur ajoute que les saints martyrs se sont envolés'' dans les cieux où ils sont devenus les amis du Christ. Ad prxmia in cœlis percipienda convolarunt... Christi amici facti siint in regno cœloruni, c. iv, ibid., p. 23. L'idée en quelque sorte populaire du ciel est nettement exposée dans la célèbre vision de Satur,qui rappelle par

bien des traits les descriptions imagées des apocnplies. Dans les hauteurs du ciel, du côté de l'Orient, le saint aperçoit un immense espace semblable à un jardin fleuri et embaumé. Les anges viennent le recevoir et le conduisent dans un temple dont les murailles paraissent construites de pure lumière. Au centre, sur un trône irradié de splendeurs, était assis le roi du monde, vieillard doux et bénissant, qui accueillit avec une bonté toute gracieuse ses élus et leur donna place parmi les chœurs des saints, au royaume de la béatitude et de la cliarité. Franchi de Cavalieri, La Passio SS. Perpetuœ et Felicitatis, n. 11, dans ijô»iisf/ie QKartalschrift fi'tr clirUll. Altertumskimde und fïir Kircliengeschichte, Rome, 1896, p. 126-132; cf. Pillet, Les martyrs d'Afrique, Lille, 1885, p. 274-284. Sur le texte lîéÀtovrsç -bv ■jiptÔTov xôafjLov du manuscrit de Jérusalem publié à Londres par Harris et Gifford, cf. Duchesne, En quelle langue ont été écrits les Actes des saintes Perpétue et Fclicitr. Paris, 18W, p. 12-13. Voir aussi la note d'Holstenius, sur la vision de sainte Perpétue, dans Acta primor. martyr., de Ruinart, édit. d'Amsterdam, 1713, p. 94, 107.

Il est évident, d'après tous ces témoignages, que les premiers martyrs considéraient le ciel comme un séjour ultra-terrestre et le lieu de la récompense. Cette pensée est d'ailleurs exprimée directement dans la Passion des saints Monlan et Lucius. Un de leurs frères, Victor, favorisé d'une vision divine, interroge le Seigneur sur la vie future et demande où est le paradis. « 11 est hors du monde, répond le Seigneur. Ciii ille ait : Extra mîmdiim est. — .Te voudrais le voir. — Mais où sera ta foi'.' ') Passio SS.ilontani, Lucii rt alioruiii martyruni africanoruni. c. vu, dans Ruinart, ibid.. p. 237. Le caractère doi;niali(iiie du sujet, dans ces quelques mots, est nell^'iiii'iil mis eu Imnirre. fie plus, luiis les traits dislinehls L.iei iliiiM'iit .iMiilii.s ],,,i' l.i I ladition catliùlhiii'' :iii -. jMiir lit- liiciilii'iir.nv >r li mnent repro-

origine, dans ces antiques documents. Le ciel est avant tout le lieu où les élus seront réunis à Dieu et au Christ. » Qu'importe le genre de mort, répond Épipode à ses juges, pourvu que l'àrae monte au ciel auprès de celui qui l'a créée ! » Dum modo anima cselis invecta ad suiim revertatur auctorem. Alexandre fait une réponse analogue. Passio SS. Epipodii et Alexandri, c. vi, ix, ibid., p. 65-66. Les saints Montan et Lucius n'ont qu'un désir, celui d'aller au Christ dans le royaume. Qtise ad Cliristum et ad regnum durant faciamus. Passio SS. Montant et Lucii, c. xi, ihi,l.. p. 237. Des saints Fructuose, .\ugure et Euloge, il est ilit dans leurs Actes qu'ils ont mérité une belle habitation dans les cieux et qu'ils se tiennent à la droite du Christ. Meruerunt dignam habitationem in cxlis, ad dexteram Christi stantes. Acta SS. martyrum Fructuosi episcopi, Augurii et Eidogii diaconorum, c. vil, ibid., p. 223. C'est la conviction d. in! "-^i Mip'itM i-' que son mari Getulius et son li - - \ n, . n :,, i i t 1.' leur foi, vivent au milieu des :ii- , , - , ,, ,,iler angelos, citm

xternoregr. /'</s,-, - >.(,,, /,, Sj ,ni,l. ironie et septeni filiorum ejus, c. i, ibid., p. 19. Le ciel est la patrie commune, édifiée avec les mérites des saints, patria sempiterna, quœ meritis est ronstructa sanctorum. Passio SS. Epipoilu ri W, M.,„r ;. c. I, ibid., p. 62; Eusèbe, Demartyrii ' e. xi, P. G., t. xx, col.1504.

Il est repris- |,; , , i ,1, i,. séjour de la gloire. Passio sanctxSymi:' -;r. , i -l,i as Ruinart, ifeid., p. 19. C'est un royaume où les uiartyrs portent la couronne. Passio SS. Pionii et sociorum ejus, c. xxii, ibid., p. \Z~\Acta SS. martyr. Fructuosi episc, Augurii ctEulogii,c. v, i^'it'., p. 223; Eusèhe, Acta passionis S. PampliiU et sociuruiu, P. G., t. XX, col. 1456. L'expression : martijrio turonatus est la formule consacrée dans le Lilier ponli/icalis, pour désigner le martyre. Duchesne, Le

Liber pontificalis, Paris, 1886, p. 118, 122, 126. En même temps, le ciel apparaît comme le lieu du repos et de la paix. Stisccpit autem Dominus martyres sitos in pace. Acta SS. nuni. Fruituosi episc, etc., c. vu, Ruinart, ibid., ji, IJi!. Il esi ;iussi le lieu de la lumière. Festinauir ad lui-cu. est-il dit du martyr Pionius. Pa.s.sîo .SS. Pionii et soc. ejus inarl., c. xxii, ibid., p. 1.37. Au ciel, plus encore que sur la terre, se trouve la vie, la vraie vie, et c'est à cette pensée que recourt la mère de Symphorien pour exhorter, du hnut des remparts d'Autun, son vaillant fils au niirlM-. ILalir. nate, ad supernam vitant felici commutai uni,' iiii'iiahis. Acta sancti Symphoriayii martijris. c. vu, ihi.l., p. 72. Enfin à l'idée du ciel s'attache étroitement l'idée de béatitude, Acta SS~ mart. Fructuosi, etc., c. m, iliid., p. 266, et ce qui fait la valeur de tous ces biens, c'est qu'ils sont éternels. Symphorose met une particulière insistance à relever, devant Hadrien, ce caractère d'infinie durée. Gloriam sempiternam (possident) ; cum seterno rege vita seterna fruimtur in cxlis. Passio sanctx Symphorosse, etc., c. I, ibid., p. 19; cf. Passio S. Heliconidis, n. '20,Acta sanctorum, t. vi rnaii. p. 713.

Les mêmes données se remarquent plus lard dans les martyrologes qui ont remplacé les Actes des martyrs, dont ils sont en quelque sorte le résumé et dont, parfois, ils reproduisent textuellement les paroles. Dans le martyrologe dit du Vénérable Bède, comme dans les recueilssimilaires d'Usuard, P. L., t. cxxiii, col. 599 sq., ou desaint Adon, P. L., t. cxxill, col. 201 sq., il serait intéressant de relever le choix varié de clausules ou d'expressions qui servent à onr-icti-riser. à des titres divers, l'entrée des suinls rm eiid, S.iinl hi/ier est allé vers le Seigneur, r)ii;;/'.(r;f eJ l>n,,u,iiini S. l;éde, -l/aWi/roiogiuni,P. L., t. xcn, col. '.•■2:i. Siiinh' l'élagie est parvenue heureusement à la vie éternelle, ad vitam seternam féliciter migravit. Ibid., col. 1074. D'autres, comme les martyrs Martien et Satyrien, exhalent en présence des anges leur sainte âme qui arrive au royaume des cieux. Ibid., col. 1075. L'àme de saint Paul, premier ermite, a été portée par les anges dans le ciel, parmi les chœurs des apôtres et des prophètes. Ibid., col. 807. Les saints Fructuose, .\ugure et Euloge montent au ciel, portant des couronnes. Ibid., col. 819. Le Ménologe grec, publié au x» siècle par ordre de l'empereur Basile Porphyrogénète, reproduit avec la même fidélité les traditionnels enseignements et jusqu'aux expressions des premiers âges. Saint Isoïs le Grand monte vers le Dieu qu'il désirait posséder, itpb; ©eôv, ov Èîi=6ii[JiTiiTS, yaipwv iUSri\j.T,)jc-j. Menolog., part. III, julius, P. G., t. cxvii, col. ,525. Saint Cyrille d'Alexandrie se rend vers le Christ pour recevoir la vie éternelle, npô; Kûpcov

èf£6r,!XY;i£v, Wo\-xèl,r, Trv ïÙ/v/^ov r„rrv. Ibid.. Col. 265. L'âme du suint iii.irl\r \ii-iinn. .wqne d' Mexandrie,

oipavrr.,-" u=Tï -„rj i-y.,.., ;,.;,ï ,:->•, //.,./..cel. 28. Saint Porphyre reçoit la félicite étemelle, Tr,v aiornov stnôXau- (7iv. Ibid., col. 52; cf. De sancto Cyriaco abbate vita, c. I, n. 1, 1, Acta sanctorum , t. viii septembris, p. 147; Jean, diacre de Constantinople, Vita sancti Josephi hymnographi, c. XL, P. G., t. xcvi, col. 1238.

Quelle que soit la diversité des Églises, l'hagiographie primitive ne laisse pas de reproduire partout, avec une surprenante unanimité, cette conception fondamentale du ciel. Même pour les détails, si l'expression parfois se modifie et se nuance conformément au génie des langues ou des races, l'idée reste bien universellement la même, et l'on ne peut méconnaître l'origine commune, le fond identique de ces divers enseignements. Les Actes des martyrs de l'Église copte sont remplis de la pensée du ciel. Jésus-Christ, n le bon Sauveur, » vient consoler lui-même ses fidèles témoins et leur donner l'assurance que « leur maison est bâtie » dans la Jérusalem céleste, dans la cité de tous les justes. Martyre de saint Eusèbe

CIEL

publié par Hyvernal, Les Actes des martyrs de l'Egypte, Rome, 1886-1887, p. 10. Raphaël emporte l'âme du saint dans les cieux, au séjour de la gloire. Jbid., p. 38. Le I ciel est la région de la lumière. Martyre de saint Apater et d'iraï sa sœur, ibid., p. 103, la demeure de Jésus et des saints anges. Martyre de sahit Macaire d'An- ■hi\ ihhl.. p. .")!. Dans les fragments qui nous sont parvuiiii- il'- I N.s ./(' Pakliôme et Théodore, nous

voyons .nul l'iKI ■ demander à Dieu qu'il déchire,

à l'heinr cl.' >,i i I. If manuscrit de ses péchés, qu'il

lui donne, en échange des biens de la terre, les biens célestes, le centuple promis dans la Jérusalem céleste, et qu'il inscrive son nom au livre de vie, afin qu'il se réjouisse nver tons les s.tIiiIs. Ainéline.nii, Mnniiments

1888, I. IV, p. ti(l7-(;ilS. Ile saint .Miraliam, il est dit : « Certes, ses si'rviees sont dans les cieux près de ses pères et de celui <iu'il a aimé, le Christ. » Fragments de la Vie d'Abrakaiii, ibid., p. 753. Saint Schnoudi voit venir à sa rencontre le Christ avec les anges ets'entr'ouvrir les portes des cieux. Vie arabe de Schnoudi, ibid.. p. 474. La Vie copte de Schnoudi ajoute ces paroles ; « La paix soit avec toi, ô Schnoudi, le compagnon de Dieu et le bien-aimé du Christ, ô toi qui as reçu la couronne de lumière. » Ibid., p. 90-91. Le ciel est aussi représenté comme le lieu du repos « dans le sein de nos anciens pères Abraham, Isaac et Jacob » el comme le paradis de la joie. Panégyrique de saint Macaire de Tkôon, ibid., p. 162.

L'ensemble de ces données se retrouve sous des termes analogues dans la littérature syriaque. Aux marlyrs, le ciel réserve la vie et les gloires du triomphe. Certamen pluriinorum mnritirt'>^> '-f 1-"^'K- '■,<,,)>! eunuchi, dans Assémani, Aii" '• s , , 'tliiim et occiden-

;a(i«j)!, Rome I I ' ' j' '''<'■" I ' uit le préfet qui l'interroge. I.i mi I l hI^ < i-, . n' .|iii> son frère jouit

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p. 56; cl. .Ma,l,i,it(,ii .S5'. Sa,icli.,,iH.-.ui„ d .U..^,',jlti. ibid., p. 99. Ailleurs une bonne chrétienne encourage les confesseurs de la foi et leur représente qu'ils ne tarderont pas à être réunis à Dieu et aux saints du ciel. Acta SS. marliiiiiiji viqinli. ih'nl.. p. InS; M,i,liirium SS. Theclis, Ma,:., . \l.,',i !,.-,■. M„,i:,: .'I .1 .--.■. n,rjinum, i6id.,p.l27. Le s. lin I .'v. lin..' l;,iiliai\.-.i'iiiiiii l.iii rntendre au roi Saporque les chieticns éLioryeapar auu uidre possèdent le souverain bonheur ; ils sont au paradis, dans un lieu de délices, en compagnie des saints. Ce sont eux les vrais rois. Martyrium SS. Barbascemini , Seleucise et Clesiphontis episcopi et xri sociorimi, ibid., p. 117.

3» Épigraphie. — Sur toutes les pierres sépulcrales des catacombes et des premiers cimetières chrétiens est inscrit le dogme de la vie future et des récompenses célestes. 11 est naturel qu'après avoir été la grande inspiratrice de leur vie, cette pensée ait encore suivi les fidèles jusque dans la tombe, comme le résumé heureux de toutes leurs aspirations et la suprême consolation de leurs proches. Et non seulement ce bref et expressif langage des inscriptions funéraires reproduit partout l'affirmation dogmatique du ciel ; mais il est remarquable que dès les premiers jours il l'interprète dans tous les détails avec cette richesse d'aperçus qui caractérise, à rencontre du nihilisme ou de la survie fantomatique des païens, la croyance chrétienne à l'au-delà.

Les inscriptions chrétiennes de l'époque la plus reculée sont très simples et se bornent aux données essentitlles, attestant que le défunt est réuni à Dieu, au Christ, et qu'il vit dans la paix, ou formulant un vœu analogue. In Deo. In X°. In pace. EN IPHNE. Au IIP siècle, les formules succédèrent aux acclamations.

Une inscription de la voie Lavicane, la plus ancienne dont on ait pu fixer la date, et qui remonte à l'année 217, représente le ciel comme le séjour des âmes saintes auprès de Dieu, Receptus ad Deum. De fiossi, Iiiscriptiones christianx urbis Romai, Rome, 1861, t. i, n. 5, p. 9. Sur un sarcophage des cryptes vaticanes, se lit la même pensée : lit ad Deum. Ibid., n. 141, p. 180. De même, sur une inscription du musée de Latran : Accepta apud Deum. Jbid., n. 677, p. 293. La réunion avec le Christ est mentionnée fréquemment, d'abord dans une formule du cimetière de Calixte, de l'année 268 ou 269 : Benemerenti in X», ibid., n. 10, p. 16; puis dans une inscription grecque du cimetière de Domitille : ZHCAIC EN X,.,. .1 ,l:ms plus!. -.us inscriptions (In eiiii.'li.iv .1.' S.iinl.'- \^ii.- ; A' ,i,,,„l,-i ,,i aida ou du iiiM^c.' .lu l.alr'.in .sv,,,,.,^ /,■ ,„ \ , //,,,/,, n. 317^ p. 141; .Marucclii, /•;/.', /,e»/,s' ,r„,;'/i,'„l..g,.: ,:/,,-ctienne, Paris, 1889, t. i, p. 188. Le défunt est accueilli par les anges, accersitus ab angelis, sur une inscription de la voie Appienne de l'année 310. De Rossi, op. cit., n. 31, p. 31. Il vit au milieu des saints, dans la société des saints, dans la demeure des saints. Vibas inter sanctis : inscription du cimetière de Calixte, année 268 ou 279; Spiritus sociatus sanctis : marbre du musée de Latran ; Intra limina sanctorum : au musée Borghèse; Sriirat? [iÊT-i TMv àytoiv : inscription du cimetière de Calépode. Ibid., n. 10, p. 16; n. 159, p. 88; n. 319, p. 142; n. 402, p. 176.

Maintes fois, dans le langage épigraphique, le ciel apparaît comme le lieu du rafraîchissement, refrigeriuni. Cette expression, qui a donné lien à des interprétations fort diverses, est rendn.' ^,ii-,is^,ilil.' par l'allusion au purgatoire qu'elle imiili.pi- .-i il.ini l,s Actes de sainte Perpétue fournissent Ma.-. ml^l.iKU.nienl l'explication. La sainte aperçoit en songe son jeune frère Dinocrate, mort depuis quelques jours, essayant vainement de s'approcher d'une fontaine pour étancher sa soif. Devinant qu'il se trouve en un lieu de soufiiaii,.', elle intercède pour lui et le voit bientôt, 1 I lissant de lumière, atteindre la source et se dé- ■ili. 1er. Vidi... Dinocratem refrigerantem. Passio .s.s. iiuirlyrum Perpétuai et Feticitalis, c. Ii, n. 3-4, P. 1.., t. III, col. 35-37. Le mot refrigerium n'exclut pas

pour autant l'idée ainsi à r.'confurler 1 gerio ifl" "■ •. --.s

réconfort. Les agapes servaient miséreux. Inopes quosque refriliiUien, Apolog.,c. xxxix, P. L., lient aussi un soutien physique leur cachot. C'est en ce sens lendre l.'s in^evinii.ms inii sou-

pour 1..- ! .1

COmple\e i|U il laul .

haitent au défunt le « li. n .1 refrigerium : cimetière .l.- s op. cit., p. 193. Privai,! ,lii:. ,.

quités ,■/,, rh,'i,ii,-s, l'in ' Rossi. Bull, ■II, ,11, ,1, ,,, ' '■ p. 2-3, /,. ,.'h,.i,'

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BOIIO If;,,, ,1" M,,, ,■!',' Il Philippeville (Afrique l. '.

p. 819; cf. Le Blanl, /, ,, Gaule, antérieures au i > p. 305; VVolter, Die rôriin^.h.j. Bedentund fur kalhol. Lelire fort, 1866, p. 27.'

Comme dans les Actes des martyrs ou les écrits des Pères, le ciel est encore dans les formules épigraphiques un lieu de lumière et de splendeurs. Splendore cum lumine claro : inscription de l'année 363, au musée de Latran. De Rossi, Inscriptiones, t. i, n. 159, p. 88. In Christutn credens prsemia lucis habet : même époque. Kaufmann, Die sepulcralen Jenseitsdenkmâler der Antike und Urchrïstentums, Mayence, 1900, p. 65. Hic

• - 1,1 ... In \i naicchi, .-' Il<f,igera ,,'c (les antii-691; cf. De . Rome, 1863, ne. Secunda, 'ie derchristl.

L II, col. 684.

nscription de

/.'/(//.. t. VIII,

.. „„,'s de la . isr,:,, 1. II, beii and ihre irche. Franc-

2497 Cl

dormit Severianus cujus spiritus in luce Domini susceptus est : inscription de l'année 397. Kaufmann, ibid., p. G6. Dans la célèbre inscription de Pectorius, le Clirist est la lumière des trépassés, çwç tô Bkvovtwv. Le Blant' op. cit., t. I, p. 8: cf. Kraus, op. ci(., t. i,p. 524; Wilpert, Ehi Cijclus rliristolvdistiicr Genuilde aus der Kalakombeder licili'l. l'flius und ilairrlluins. !■ I ilidiir^-rn- Brisgau,1891.p.l7.|-ih'inMT,|.l,M,,r, r,,ii - L^ pli.' ■

exprime cette supplication ; « Vous, iiieu des esprits et de toute chair, vous qui avez aboli la mort, foulé l'enfer et donné la vie au monde, faites reposer mon âme dans le sein d'Abraham, d'isaac et de Jacob, dans le lieu de la lumière, dans le lieu du rafraîchissement, Èv TOTTw ç(0T£tvw, Iv ToiTw ova'l/-J-/c(i)ç, où il n'y a ni douleur, ni chagrin, ni soupir. » Bulletin de l'Institut égijrliry, dWicxnndnc. 1875, n. 13, p. Ittl-lOo; cf. Duniùul. \I,'-I,i,ni.'s J'iifiiiriilogie et d'épigraphie, Paris, ■18!l--'. |i .■.N-J-.-.s'i

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(a. -musée » refrige-

iii^ciiplmu ihi ciiiirliiic dr S^iiit-llei'mès. Maop. cit., t. i,p. 193. IPHNI COI EN OUPANCO. op. cit., t. II, col. 302; cf. De Rossi, BuUettino,

PliisiiMir^ dos inscriptions précédemment citées expi'iiii' m 1 iili i il' li/alitude. D'autres relèvent le caractère d' Ici iM I -■ l'iiir inclus dans la conception religieuse <lu ci.l. //.r, duiiuis setenia in qua rei/i>iffceiit. De Rossi, Inso-ipliones, t..i,n.'àôi. p. \'<''. J'.lc mt idn h(.r. Timothea, in X". Kraus, ojj. . i/.. l. ii, p :'iiiJ J'Armn donius in qua nunc ipsa sccurit qmrs.is . insrnpiiuii de l'an 363. Kaufmann, op. cil., p. 05. Lue uisciipliun du i\' siècle, De Rossi, Inscripliones, 1. 1, n. 317, p. 141, développe poétiquement une pensée analogue :

Per eximios paradis! régnât odores Tempore continuo vernant ubi gramina rivis.

Enfin l'idée de l'étroite charité qui unit les élus et qui les accueille à leur entrée dans les cioux <:p troirvo signalée dans plusieurs inscriptions. ','».( ...v/i/k i i /,, meruit occurrere X" : inscription li..ii\., il:iii- un hypogée de la basilique de Sainte-Praxiil.'. Iir lli.ssi, Inscripliones, 1. 1, n. 745, p. 325. Certains marbres épigraphiques font allusion au chœur des vierges recevant une jeune fille au ciel. Le Blant, Inscriptions chrétiennes de la Gaule, antérieures au viii' siècle, Paris, 1865, t. II, p. 539.

Que le ciel ainsi caractérisé sous ses multiples aspects soit représenté dans l'épigraphie chrétienne, comme un séjiMii- nllr.i-irrivsliv, ,i priiir r-i-il besoin de le faire

reiii:ii '|iii r. I, ili- |ii-li - .-l .m ciel, dans les hau-

teui- lin I 1.1, ,111 ili 1,1 ,|,,- ,i.|iv~. ijiii gaudet in astris : insciipUuu de laii LISl, du ciiialiere de Sainte-Agnès sur la voie Xomentane. De Rossi, Inscripliones, t. I, n. 303, p. 137. Membra dédit terris ut redderet astris vilam cœlo -natus : inscription datée de 386. De Rossi, ibid., n. 361, p. 159. Une autre inscription versifiée découverte au couvent de Saint-Paul sur la voie d'Ostie,et qui remonte à Tannée 385 ou 392, exprime, en la renforçant encore, la même pensée :

Non tamen haec tristes habitat post limina sedes Pro.xima sed Christo sidéra celsa tenet.

De Rossi, ibid., n. 566, p. 240; Kraus, op. cit., t. I, col. 652; cf. Wilpert, Die gottgeiveihten Jimgfrauen in denerstenJahrhunderlen derKirche, Fribourg-en-Brisgau, 1892, p. 48-49; Leclercq, Mélanges d'épigraphie

chrétienne, dans la Revue bénédictine, 1905, p. 437-457.

i" Iconographie. — Au sobre langage des inscriptions on opposerait vainement la richesse des moyens d'expression propres aux arts plastiques pour attribuer à l'iconographie un avantage marqué, au point de vue strictement dogmatique de la question du ciel, sur l'épigraphie chrétienne. Dans les sculptures des sarcophages et dans les fresques des catacombes, dans les verres à fond d'or et dans les mosaïques, la foi au séjour des élus se retrouve, symbolisée de mille façons ingénieuses ou naïves, simples ou grandioses ; mais on ne peut relever un seul trait nouveau, un seul caractère inédit qui vienne se surajouter aux données théologiques déjà recueillies et contribuer pour une part originale au développement de l'idée traditionnelle. Il faut en conclure que la doctrine de l'Église sur le ciel était fixée dès le w siècle immuablement ri qu'illr r[.\\l partout transmise sous des formes en qnilipie -ni Ir lii.ratiques, destinées à contenir la fantaisie .Ir I nii-P et à rendre

saisissable à tous l'expression de l:i mi'' el absolue

vérité. Les monuments iconographiques n'en constituent pas moins une source d'informations précieuses, qui offre à l'histoire du dogme une confirmation authentique, en même temps qu'une interprétation particulièrement attachante de la croyance primitive.

Le vol de la colombe est l'emblème le plus fréquem^ ment usité pour figurer l'entrée de l'àme innocente au ciel. Parfois ce symbole est accompagné des mots :- Spiritiis tinis, ou encore : In pace. Marucchi, op. cit., t. I, p. 163, 276. L'orante entourée de colombes est une image de l'âme en possession du séjour divin. Kaufmann, op. cit., p. 108-123. Il est évident que le ciel était conçvtj comme un séjour ultra-terrestre. On retrouve souvei la représentation du ciel étoile, comme dans le célèbre; hypogée des Acilii, qui en offre un bel exemple, et cette manière de figurer le ciel s'est conservée jusqu'au iv« siècle. D'autres monuments comme le sarcophage de' Junius Bassus ou le tombeau du Vatican reproduit pari Bottari, Sculture e pitture sacre esiratte da cimiten' di Monta, Rome, 1737, t. i, pi. xv, xxxili, représentent le ciel sous la forme d'une draperie llottantei tenue par un vieillard ou par une main de femme. Audessus apparaît Jésus au milieu des docteurs, emblème de la sagesse incréée. C'est la traduction directe de la parole des prophètes ou du psalraiste : Il a étendu les cieux comme un voile, comme un pavillon. Ps. cm, 3. L'image du paradis, du jardin de délices, avec ses arbres! ornés d'un feuillage toujours vert et de fleurs toujoursj fraîches, exprime la pensée de l'infini bonheur toujours, renouvelé. Le fond des coupes offre souvent cet emblème, que l'on voit également sur plusieurs mosaïques di basiliques romaines. Sur les peintures murales desi catacombes, comme dans un cubiculum des cryptes de] Lucine ou au cimetière de Saint-Calixte, les fidèles sont représentés à l'ombre de ces beaux arbres, au milieu di ces fleurs, soit au naturel, soit sous la figure emblémi tique de la colombe ou d'un autre oiseau. Partout l'a: pect de la joie, l'épanouissement de la félicité. De R Roma solterranea, Rome, 1864, t. l, p. 323, tav. xil Rome, 1877, t. m. tav. i-iii. Ces oiseaux symbolisent même temps l'éternité. Tanjot c'est le phénix, avi l'idée qu'il évoquait du perpétuel rajeunissement, tantâl et plus anciennement, le paon, dont la chair était re gardée par les anciens comme incorruptible. On trouve un exemple remarquable sur une fresque di cimetière de' Cinque Santi. Le paon tient parfois la couronne. Kraus, op. cit., t. ii, col. 622-624, 615-616; De Rossi, Rom. sotterr., t. Ii, tav. xxviii ; Gan Storiadell' arte cristiana nei primi otlo secoli, Romi 1873-1881, t. II, p. 35, tav. xxx; p. 98, tav. LX.vxvill, CIV Bottari, op. cit., t. i, p. 52, tav. xv.

L'image du Bon Pasteur avec ses brebis rend à hait le caractère intime des liens qui unissent les élus'

1-24-140; Gari'ucci, lit aussi environné !.■ Marie, la reine ./( dei- aUckrislU- -'■•7, dans Archseolli'i-tum und Mit-

yage l'idée de la

iiiiu' sous la figure 'l'Iir M li';iduit la

|l|r ,lll rihi-lh ir (l Cm l.i(|llr >.■ ,1,-Mn.' 1,1 MillOUellC

rii.ii l\ I (|m -Miilrxr ilulH ulUL-llt le l-idu>iu (lo la porte.

li.i^iiii iii il iii-niplion au musée de Latran laisse i\Mii , 1,111, i ml, lirur un profil de colonnes. Maruc- <>}'. I II ,11, |i, :!ii7-:a)S. Ce séjour apparaît nettement lui' II' li'ii i!ii iihiiirlii^-i'nient, suivant le sens con- ■ ilr 11 iiiiii il -on I itiM^c du festin qui exprime 11,11! I Mil ni II 11 iili' \ii •, -.lints martyrs deNumidie, m-. Mil H M il lini- l'Hini.ignons, apparaît Agapius I nii |,ni II i,-iiii l;i jouissez-vous grandement,

ili Il M,' 111,11 1\ r ili' l.i veille, couronné de roses et

ni 11 |i iliii, .1' m, un \,>ii- MTêz avec nous les coniilii I 11 /' - '-N ' '- '' Miiiiani et aliorum II' A I , .\i,dansRuinart,

'.■Il . \ -■■" -- 1 11 l'ii 1 li I 1 .|ilos et des cham- ^e^jukialL.i ili^ cii.iiuiuljt o loiii.imes, ce sujet est lies fois reproduit par les fresques. Aringhi, Roma erranea vovissima, Rome, 1651, t. i, p. 77, 83. On vc aussi le \asê comme syinliole simplifié du rafrai- -eiiieiil .le I .lier au |i,ii,iili-. Il i,i piielle ainsi les acclaiM ni i,,|i,i.,- |,ii II- iii-criptions : /n re-

frigcno. Iirn- 276. II el.ul pi ciel comme le traduisent par verte à Taban tienne nommé

I 11 i" laliiie de représenter le

I liihiiere. Des lampes ardentes

II Sur une mosaïque découpar le P. Delattre, une chré-

1 est conduite par des colombes

vers un jardin céleste où des torches allumées brillent parmi les arbustes et les Heurs. Cette représentation s'inspire .n iilemnieiil de la vision de Satur. Bulletin des (iiii ; ■ ; iiiDes, 1885, t. m, p. 7-10. Le ciel, denieiir ' , ) : 1^1 figuré par la colombe au repos

sur mil 1 I Mil !i 11, Il lie et tenant dans son bec le rameau

d'oliviei . I.i' ii,, I iiiiinr lin Clii i~l I :ieeiiiii|i,i-ne fré-

queiiiiiieiii, l',iiliii- ii-i mil' ii^iii, -\i,iiii|iii ,ini apparaît à ei.li- il. I 1 1,^1 ml,' /,, , ,.,, M.nluin. ,,/,. cit., p. 188; Kiau.,, ujj. < w., I. il, col. S'iU. La ^luiie est manifestée à son tour dans les riches vêtements et les parures précieuses, colliers, bracelets, anneaux, dont sont ornés les saints, surtout les vierges admises aux noces de l'agneau. Boldetti, Osservazioni sopra i cimiteri de SS. marltjri ed anticin christiani di Roma, Rome, 1720, p. 194, tav. m. Enfin la charité qui unit les bienheureux et la commune joie qui accueille au ciel les élus se trouvent gracieusement exprimées dans un arcosolium découvert au cimetière de Cyriaque, dans une fresque du cimelière de Doniitille et sur d'autres monuiiieiiK ie.iim.^i.ipliiques. Une orante apparaît debout entre ilrii\ i» r-niniives qui l'accueillent avec une bonté souriaiile il i|ni I e, .rient devant elle une élégante tenture poni rinliiiiluire au séjour de l'éternelle gloire. Martigny, op. cit., p. 575; De Rossi, Bulletlino di arch. crist., 1863, p. 76; Garrucci, op. cit., t. ii, p. 147, tav. CLXXX.

5° Liturgie. — Dans le langage religieux de l'Église, fixé dans ses livres de prières, reparaissent avec plus de précision encore les mêmes données traditionnelles, celte fois comme l'expression authentique et officielle de la croyance catholique.

1. Liturçiie ro>naiiie. — Les expressions consacrées par le ilissel ou le Rituel romains, dans leur rédaction actuelle, pour désigner le ciel et les différents biens qui

s'y rattachent, sont très voisines, quand elles ne les reproduisent pas exactement, de celles qui figurent dans les plus anciens documents de la liturgie latine, dans le Missel gothique comme dans les sacramentaires grégorien, gélasien ou léonien, attestant par là que non seulement les doctrines étaient fixées dès la première heure, mais les formules mêmes qui les expriment. L'Église demande qu'il soit donné aux fidèles de parvenir au royaume des cieux, dans la demeure céleste, iti cœlesti regno, in cœlesti le./e. Mi.^snli' nmianum, Orationes pro defuncto epismi'n. in-n il.-fiuicto sacerdote, à la messe des morts. C.rIrsiKi ,.;;,(,( rnnscendere. Missale gothiciiiii.co]i,r[r .le l.i Mi.sk /irivin die sanctum Pasc/ia'. MimmIim 1, l.ii unim j-mu, 1748, t. H. col. .V.r, /„ i.r/es/, ,.,.,/e. ': leonianiim, Uroim .^ii/k/- il, ■fnm !,<:<. ibid., col. 4Ô4. In ca^lo vivcre. .s.n . m sianuni, lxih, Orat. et precesin ,1m e ratori, ihid.. col. 588. Il faut rem iii|. sous cette ili'sipn.-ifinn ilireele, l,i m.

relative ni il, m- |i-- li'\l.'- hlm

Mais on in |ieiil -e iniinvinll e -m I

est di'Clil iiil Il' -i|iiiie ili I I lia II

œtermi hrulllinli ,,,■. ml i„-,',„'hi:r II,;,

tiunt. lie- juii-- liilnn-. i|iii r.iiil h i~.,ii

riOSaSCJillifi r.isilllil. Mls~,ilr ,'nni.. Il,

sacenlolc a l.i me.sse îles diluats. Liieiuniuiii foin. Of/icimn defunclorum, oraison de vêpres. l'utura gau dia comprehendanl ; ad summa bona pervenire : ù

Venise,

lu-alori, )( Gela- III, , Munis que,

eiel est liniitifs.

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