‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 734 sur 741 · CIRCONCELLIONS · texte numérisé non relu

CIRCONCELLIONS

cadavres de ces suicidés des lionneurs sacrilèges, Cont. iiller. Petil., I, xxiv, 26, P. L., t. XLiii, col. 257; de célébrer l'anniversaire de leur mort au milieu d'un grand concours de peuple, Cont. epist. Parmen., III, vi, 29, P. L., I. XLiii, col. 106, et de les honorer comme des martyrs, Epist., Lxxxviii, 8, P. L., t. xxxiii, col. 307; Cont. Gaud., I, xxviii, 32, P. L., t. XLiii, col. 725; faux martyrs, quia marlyrem non facit pœna sed causa, Epist., cciv, 4, P. L., t. xxxiii, col. 940, en faveur desquels on invoquait bien à tort l'exemple de Razias du livre des Machabées. II Mach., xiv, il. Epist., cciv, 6-8, P. L., t. xxxiii, col. 941; Cont. Gaud., I, xxviii,32; xxxi, 36-40, P. L.,t. xuii, col. 725, 728-731. Ces mots de saint Augustin peignent les circoncelUons : Qiiis ncscil hoc geniis homhntm in horrendis facino ribus inijuietiwi,ab utilibus operibus otiosum, crudelissimum in mortibus aUenis,vilissimiim itt suis..., universo mundo pêne famosissimum Africani erroris opprobriunt? Cont. Gaud., I, xxvin, 32, P. L., t. XLiii, col. 725.

On voit par ces quelques détails combien peu les circoncelUons étaient fondés à se vanter d'être les fidèles observateurs de la continence et de l'ascétisme. Aussi a-t-on eu tort de prétendre qu'ils furent les fondateurs de la vie cénobitique dans l'.ifrique proconsulaire et les provinces voisines ou, du moins, qu'ils servirent d'intermédiaires entre les ermites primitifs et les moines. Car si, d'une part, on ne peut affirmer avec A'ôlter, Der Ursprung des Mrinchtums, Tubingue, 1900, qu'ils n'eurent aucune tendance religieuse, qu'ils ne furent que des paysans aigris, désespérés, ou des brigands tempérés par des idées chrétiennes, on ne peut pas accorder, d'autre part, qu'ils soient nés d'une réaction contre le monachisme. Vers 350, la vie monastique ne semble pas .s'être déjà implantée dans l'Afrique proconsulaire, en Numidie ou en Mauritanie.

Tout porte à croire, au contraire, que l'introduction du monachisme dans l'Afrique proconsulaire et dans les provinces voisines est due au converti de Milan, à saint Augustin, qui, à son retour à Thagaste, s'installa avec quelques amis pour pratiquer en commun ce qu'ils avaient vu à Milan et à Rome, et qui, une fois devenu évêque d'Hippone, propagea autour de lui la vie monastique. Cf. dom Leclercq, L'Afrique chrétienne, t. ii, p. 70 sq. Voir t. i, col. 2275. Ce que l'on peut affirmer, c'est que les donatistes n'hésitèrent pas à vanter les circoncelUons et à les placer bien au-dessus des moines catholiques : étrange manière, en vérité, de faire la concurrence à l'Église, et prétention ridicule d'opposer de tels brigands aux véritables ascètes de la vie monastique. Saint Augustin se contenta d'en sourire. In Ps. cxxxii, 3, P. L., t. xxxvii, col. 1730. Ce qu'il y a de certain, c'est que les circoncelUons ne sont pas nés d'une réaction contre le monachisme, car Us ont précédé son apparition en Afrique, et que, loin d'être les modèles de la vie monastique, ils n'en furent qu'une triste parodie. Voir la Revue d'histoire ecclésiastique, Louvain, 1902, p. 85-86.

S Optât, De schismate donattsta) um, m, 4, 9, P Z, , t \i col 1003 sq S Augustin, Hœi , 69, P L , t \I.n, col 43, et passages cites dans 1 artR le \ il i--, Dt ùilusmatt Lnatistat um, dans son édition de I // Il hid/

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révolution sociale en Afrique, dans la Bévue des questions historiques, octobre 1904. p. 353-416: janvier 1905, p. 5-53. G. Bareille.

2. CIRCONCELLIONS, hérétiques du xiii' siècle. Ils nous sont connus seulement par les Annales Stadenses d'Albert, abbé de Sainte-Marie de Stade. Ils commencèrent leurs prédica lions, enl248, à Schwàbisch-llall (Hall en Souabe), in Hallis Suevorum, comme on lit dans l'édition des Monum. Germanise hislonca. Scriptores, Hanovre, 1859. t. XVI, p. 371 (corriger le texte donné par Raynaldi, Annal, ecclesiast., an. 1248, n. 15 : in ballii Suevorum). Voici le fond de leurs enseignements. Le pape est hérétique ; hérétiques aussi et simoniaques les évêques, les prélats inférieurs, les prêtres. Ce sont des séducteurs; plongés dans les vices et les péchés. Us n'ont pas le pouvoir d'absoudre et de célébrer la messe. Ni pape, ni évêque, ni personne au monde, n'a le droit de lancer un interdit; là où un interdit a été porté, il est légitime d'entendre la messe et de recevoir les sacrements. Les dominicains, les frères mineurs, pervertissent l'ÉgUse par leurs fausses prédicaUons; eux et les cisterciens, et tous les autres religieux, vivent mal. Nous seuls et nos compagnons, disaient-ils, vivons bien et prêchons la vérité. L'indulgence que nous vous doonons à la fin de nos discours n'est pas feinte ou composée par le pape et les évêques, mais elle est de solo Deo et ordine nostro. Un de ces prédicateurs ajouta : « Priez pour l'empereur Frédéric et son fils Cour qui sont justes et parfaits. Quant au pape, il ne pe lier ni absoudre, car il ne mène pas une vie apostolfc que. » L'annaliste raconte que Conrad protégea ces hé rétiques et, par là. crut bien servir la cause de son pèr Mais c'est le contraire qui advint; les prédicateurs tholiqucs combattirent ces affirmations et réussirent î détacher de Conrad un nombre de ses partisans as considérable pour qu'il dût s'enfuir de la Souabe et | gner la Bavière.

Nous avons là un épisode de la lutte entre Frédéric I et Innocent IV. L'empereur, qui avait pour programn d'être « le patron, le protecteur », c'est-à-dire le malt absolu de l'Église, et qui, pour en arriver là, vouW d'abord la « réformer » à sa manière, cf. J. L. A. Hu' lard-Bréholles, Historia diplomatica Friderici II, troduction, Paris, 1859, p. cdxcvii-cd.xviii; E. Gebhaï L'Italie mystique, 1890, p. 146-155, accentua ses inve tives et ses cris de guerre contre le pape quand celuin l'eut excommunié et déposé au concile de Lyon (12'" Au mois de mars 1249, à l'occasion d'un complot contre sa personne, il invoqua le concours des prie de la chrétienté contre Innocent IV et les prélat! « [afin, disait-il, qu'abaissant leur orgueil, nous aCfei missions l'Église notre mère, en lui donnant des guides" plus dignes de la diriger, dignioribus fulciendo recloribiis, et que nous puissions, comme c'est notre office, la réformer et l'améliorer pour la gloire de Dieu. » Huillard-BréhoUes, Historia diplomatica Frederici 11, Paris, 1866, t. vi 6, p. 705-707. Les sectaires de Hall entrèrent pleinement dans les vues de Frédéric II. E. Gebhart, op. cit., p. 155, observe que « Frédéric II revenait [ainsi à la théorie d'Arnaud de Brescia. que Frédéric I" avait frappée jadis dans la personne d'Arnaud » ; Frédéric II, à son tour, l'avait frappée indirecte- • ment dans ses consUtutions contre les hérétiques, où les arnaldistes figuraient avec tous les hérétiques contemporains. Au fond, pourtant, sa campagne contre le saint-siège s'inspirait de cette idée des arnaldistes et d'Arnaud, leur maître, que le pape et les prélats prévaricateurs sont déchus de leurs pouvoirs. Plus encore que l'empereur, les sectaires de Hall adoptèrent les idées des arnaldistes et frayèrent les voies au groupe vaudois des Pauvres de Lombardie. Voir t. i, col. 1974- 1975. D. Volter, dans Zeitschrift fiir Kirchengeschichte, Gotha, 18âl. t. IV, p. 360 sq., a rapproché des rensei-

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