‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 90 sur 741 · BAPTÊME DANS LA SAINTE ECRITURE · texte numérisé non relu

BAPTÊME DANS LA SAINTE ECRITURE

le liaptéme conféré avec la formule trinitaire. La parole du Sauveur, rapportée Matth.,-xxviii, 19, n'est pas authentique; elle représente une tradition postérieure au christianisme primitif et qui se fait jour au ii« siècle seulement. En effet, saint Paul ignore que Jésus ressuscité ait parlé aux apôtres et leur ait donné des ordres particuliers. D'autre part, la formule trinitaire est étrangère aux discours authentiques de Jésus, et si elle avait été prononcée par lui au sujet du baptême, elle n'aurait pas eu, au siècle apostolique, la valeur qu'elle devait avoir, puisqu'à cette époque le baptême a été conféré ^i; àîîTtv â|jiapTiwv et sic tô o'vo[jia XpidroC. Act., II, 38; Harnack, Lehrbucli der Dogmengescliicltte, 2« édit., Fribourg-en-Brisgau, 1888, t. i, p. 68, note 3; Holtzmann, Lchibiicli der Neutestamentlicben Théologie, Leipzig, 1897, t. I, p. 378-379. Les raisons de nier l'authenticité des paroles de Jésus, Matth., xxviii, 19, ne sont pas admissibles. Saint Paul, qui rappelle les apparitions de Jésus ressuscité, I Cor., xv, 5-9, mentionne en particulier celle qui fut faite aux apôtres réunis. Lui, à qui le Christ ressuscité a parlé, ne pouvait ignorer les communications faites aux autres apôtres. Lui-même a été baptisé par .\nanie. S'il n'a pas reçu la mission de baptiser, mais d'évangéliser, il a cependant baptisé quelques chrétiens. S'il se réjouit de n'avoir conféré le baptême à aucun Corinthien, c'est pour que personne ne se flatte d'avoir été baptisé au nom de Paul. I Cor., i, 14-16. Le baptême était donc nécessaire aux yeux de saint Paul, quoiqu'il ne se crût pas oliligé de l'administrer personnellement. Par ailleurs, la formule trinitaire a eu dès l'origine l'autorité qui lui revenait comme institution de Jésus-Christ. Jamais le baptême n'a été conféré s'.; i'?E(Tiv à|j.apTiwv. Cette expression indiquait un effet du baptême, la rémission des péchés; elle n'était pas la formule eiiiployi'i-. Cette formule exprimait au nom de qui le saoreiiieîit l'Iail administré. La formule : Ak nom de Jésus, était narrative plutôt que liturgique, ainsi qu'il résulte des faits rapportés plus haut. KUe ne pouvait être insolite sur les lèvres de Jésus qui parle si souvent du Père, du Fils qui est un avec le Père, et du Saint- Esprit. Enlin, saint Paul, en mentionnant les trois personnes divines pour montrer l'efficacité du baptême, 1 Cor., VI, 11, la paraphrase au lieu de la transcrire littéralement. Il savait donc que le baptême s'administre au nom de la sainte Trinité. A. Michiels, L'origine de répiscopal, Louvain, 1900, p. 52, note 2; p. 78, note. IV. Nécessité et conditions exigées. — Le baptême est nécessaire pour être sauvé. C'est Jésus-Christ luimême qui nous l'affirme, dans son entretien avec N'icodérae : « En vérité, en vérité je te le dis : si quelqu'un ne naît de nouveau, il nr pi-ul vuir le ro\a c de

■e et naitre de nouveau'.' »

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Dieu, dans II . m m .1- -un- l..iij..iii- I I ^h-c, tantôt sous la foriiii- iiiiiil.nil. ni I.:.-, l,iiil.,i -.iiis la forme Iriomphanli' an ciel, .1 iiuelqui'fois l'une et l'autre en même temps. La parole de Jésus, dans ce passage, a évidemment toute l'extension possible, et elle signifie que II' li:i|ili''in<- i-~l iii'c.-.;^:iiii- pour entrer, non seulement dan- Il 11 I. Il .1,1 11 IIS sur la terre, mais aussi

l.i- B'agil

Il comme il faut, quand il si l'on ne remplit deux

conditions préalables. La première est la foi. « Celui qui croira et sera baptisé, dit Jésus-Christ à ses apôtres, celui-là sera sauvé. » Marc.,xvi, 10. La foi d'abord, le baptême ensuite. La seconde partie du verset : Qui vero non crediderit condemnabitur, qui est l'antithèse de la première, ne prouve pas cependant que la foi seule, el non le baptême, est nécessaire au salut, car il va de soi que ceux qui ne croiront pas ne consentiront pas à être baptisés et ne seront pas sauvés. Les apôtres et les disciples tiennent le même langage. Les Samaritains et Simon le magicien lui-même ne sont baptisés que lorsqu'ils ont cru à la prédication de Philippe touchant le royaume de Dieu. Act., viii, 12, 13. Quand l'eunuque de la reine Candace dit au diacre Philippe : « Voilà de l'eau, qu'est-ce qui empêche que je sois baptisé ? » Philippe lui répondit : « Tu peux l'être, si tu crois de tout Ion cœur, n Et aussitôt l'eunuque fit sa profession de foi : « Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. » Philippe lui administra immédiatement le baptême. Act., VIII, 36-39. Le baptême de saint Paul a été précédé de sa conversion et de sa foi en Jésus. Act., ix, 18 ; xxii, 16. Corneille a cru avant d'être baptisé, Act., x, 33, ainsi que Lydie, Act., xi, li, le geôlier de Paul, Act., xvi, 31, Crispus. Act., xviii, 8. La seconde condition est le repentir des péchés commis antérieurement. Saint Pierre indique cette condition dans le discours qu'il adressa au peuple le jour de la Pentecôte : « Faites pénitence, (ie-avoT,(iaTs, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour la rémission de ses péchés. » Act., Il, 38. Il s'agit là clairement, comme l'indique le texte original, du repentir sincère du péché, qui doit précéder le baptême. Ces deux dispositions se rencontraient souvent et facilement réunies chez les Juifs ou les prosélytes pieux et fidèles. Aussi les Juifs de Jérusalem, l'eunuque de la reine Candace, Saul, le centurion Corneille n'ont pas besoin d'une longue préparation pour recevoir le baptême. La prédication les amenait vite à la foi et à la pénitence, auxquelles la grâce divine les sollicitait intérieurement. Ils ne devaient, d'ailleurs, éprouver aucune difliculté à passer par le bain baptismal pour être introduits dans la société chrétienne, puisque les pa'iens étaient agrégés à la religion juive par un rite baptismal, qui n'avait toutefois d'autre effet que de leur conférer la pureté légale. Voir Schiirer, Gescbiclile des jûdischen Volkes im Zeilalter Jesu Cliristi, 3« édit., Leipzig, 1898, t. m, p. 129-132.

V. Effets. — 1» Mode d'action du baptême. — Des paroles de Jésus à Nicodème, on peut inférer quel est le mode d'action du rite baptismal. L'expression « renaître ex aqua et Spiritu Sancto » montre que cette régénération est r.-uvre de deux facteurs distincts, l'eau et le - nul I -I I 11. que l'Écriture ne craint pas d'assimiler iiii 1 I 1 !■ sous un certain rapport, celui d'une cauiliii . 1 1 iille : ex aqua et... L'eau est cause du bap- Uim-, .111»! Iiien que le Saint-Esprit; mais, bien entendu, d une manière différente. Chacun des deux agents doit avoir l'activité qui convient à sa propre nature. L'agent principal étant évidemment le Saint-Esprit, l'eau ne peut être qu'un agent secondaire, un instrument qu'il élève à la hauteur d'une causfe, pour servir à la production de la régénéralion baptismale. C'est cette activité que les théologiens scolastiques exprimeront plus lard d'une façon technique, en employant la formule ex opère operalo. Voir A. Loisy, Nicodème, dans la Revue d'histoire el de lilléralure religieuses, Paris, 1899, t. iv, p. 489- 497. .Ajoutons que l'eau, matière du baptême, doit être unie à la forme dont nous avons parlé, pour être efficace. De là le mot de saint Paul : Mundans lavacro aquse in verbo vitm. Eph., v, 26.

2" Effets produits par le baptêtne. — Le premier effet du baptême, et celui que Jésus-Christ semble donner comme sa caractéristique spéciale, est une nouvelle naissance d'ordre spirituel..;! laciuelle correspond lU'ces-

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