‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 94 sur 741 · VII.:), ..Iil Tunk, p. 22. C'est ce qui explique cette · texte numérisé non relu

VII.:), ..Iil Tunk, p. 22. C'est ce qui explique cette

i:,inièie de parler d'IIermas : « Quand nous descendons

I .ns l'eau, » Mand., iv, 3; « il faut sortir de l'eau pour • lie sauvé; on y descend mort et on remonte vivant, » >îmih, IX, 16, Opéra Pair, apost., édit. Funk, t. i, p. 396, 532; et cette autre de TertuUien .: egressi de lavacro, De bapt., 7; Cuni de illo sanctissimo lavacro novi natalisascendilis. De bapt., 20, P. L., I. i, col. 1206, 1224. Cf. Comlit. apost., vil, 43, P. G., t. i, 1045; .\mbroise, Demyst., m, II, P. L., t. xvi, col. 392.

Or cette immersion se répétait trois fois. La Didaché l'insinue, 'l'ortnllion l'aflirme : Non semel sed 1er ad siiiguhi iiiiuiiiin in p^rsiirtas singulas tinguimur. Adv. Pr(u..-2ti, /■./.., t. ri.. •,, 1.190 :Oe cor. nii?.,3,iMd., col. 79. Ile même S. liasil. •./*.' .s';,,r. .Sanc^., xv. 35, P. G., t. XXXII, col. 132 ; S. Cyrille de lérusalem, Ca<., XX, 4, P. G., t. xxxili, col. 1080. L'homme descend dans l'eau, dit Grégoire de Nysse, et y est plongé trois fois. Cat., 35, P. G., t. xi.v, col. 85. On retrouve le même témoignage dans saint Chrysostome. In Joa., homil. xxv, 2, P. G., t. Lix, col. 'loi; In Coios., homil. vi, 4, P. G., t. LXII, col. 342. Cf. pseudo Denys, De eccl. hier., ii, 2, 7, P. G., t. m, col. 396. L'auleur du De sacramentis note qu'on pose au catéchumène une triple interrogation et qu'à chaque réponse on le plonge dans l'eau. De sacr., II, vu, 20, P. L., t. XVI, col. 429. Cette triple immersion appartient, comme tant d'autres pratiques, à la coutume de l'Église conservée par la tradition. Et miilta alla, dit saint Jérôme, qiiiB per tradilionem in Ecdesia observantur, auctoritatcm sibi scriptœ legis usurpavet'unl, velut in lavacro ter caput mergitare. Dial. cont. Lucif., 8, P. L., t. xxill, col. 172. Était-ce là une règle imprescriptible? Les Canons apostoliques prononcent la déposition contre l'évéque ou le prêtre qui ne pratiquerait qu'une seule immersion. Can. 50, P. L., t. I.xvil, col. 148, ou can. 49, dans Hardouin, t. I, col. 21. Il n'est pas dit que, dans ce cas, le baptême fût considéré comme nul. L'usage de ne pratiquer qu'une seule immersion est d'origine iién'liqiic. En Orient, c'est Kunomius qui fut le premier à l'inlruduire, au rapport de Tbéodoret, llieret. fab., iv, :;. P. G., t. Lxxxiii, col. 420; Sozomène, // . E., vi, 26, /'. G., t. I.xvil, col. 1361. En Occident, vers la lin du \r' siècle, l'évêque de Braga dut exiger la triple immersion. Il prend à partie et déclare entachée de sabellianisme la coutume nouvelle que la haine de l'hérésie arienne avait introduite en Espagne. Dans sa réponse à l'évêque de Volterre, Pelage I" ne parle que .secondairement de la triple immersion. S'il la mentionne, ce n'est pas pour la présenter comme étant de droit divin,

II y voit seulement une correspondance de fait avec l'emploi de la formule trinitaire. Duchesne, Églises séparées, p. !K)-92. Léandre, évêque de Séville, trouve la même coutume d'une seule immersion et consulte Grégoire le Grand pour savoir s'il fallait tenir pour valide le bap-

tême conféré de la sorte. Le pape répond que cette coutume ne met pas d'obstacle à la validité du sacrement : Nihil officit. Mais en même temps il donne la raison de la pratique romaine .Nos autem quod tertio mergimus triduanœ sepulturse sacramenla signamus, ut, dum tertio infans ab aquis educitur, resurrectio triduani lemporis exprimatur. Epist., 1. I, epist. XLiii, P. t., t. Lxxvii, col. 498. Plus tard le IV" concile de Tolède, constatant la persistance, en Espagne, de la diversité des usages dans la collation du baptême, rappelle la consultation de Léandre, la réponse de Grégoire le Grand, et décide qu'il ne faut plus pratiquer qu'une seule immersion, à cause de l'hérésie arienne, cfan. 6, Hardouin, Act. concil., t. m, col. 581. C'est donc en Espagne que l'unité d'immersion prit pour la première fois un caractère officiel chez les catholiques. Si, chez les grecs, l'immersion était totale et le néophyte plongé tout entier dans l'eau |de manière à disparaître complètement, en Occident, elle « n'est pas le bain pris par plongeon en pleine eau ou dans une piscine: c'est à peu prés la douche prise au-dessus d'un large vase > . Duchesne, Églises séparées, Paris, 1896, p. 9i. Voir Bai'tême dans les monuments chrétiens. Le baptisé a les pieds immergés, mais la mersio, qui confère le baptême, consiste dans r.pblution de la tête par affusion de l'eau. Elle se répète trois fois, sans que le néophyte sorte de la piscine. C'est une tinctio. Ce mode de collation du baptême par immersion exigeait naturellement des récipients assez vastes, sur la forme desquels rien ne fut primitivement statué. On baptise, disait saint .lustin, Apol., I, 61, P. G., t. vi, col. 420, là où l'on trouve l'eau nécessaire. C'était donc auprès d'une source, sur le bord d'une rivière, dans une citerne ou une piscine, partout où se rencontrait un endroit propice. .\ Rome, -saint Pierre avait baptisé dans le Tibre, TertuUien, De hapt., 4, P. L., t. I, col. 1203; et pendant les trois premiers siècles on baptisa dans les catacombes à cause des persécutions. Mais, dés que la paix fut accordée à l'Église, on se mit en mesure d'avoir des locaux spéciaux pour conférer le baptême avec toute la solennité possible, et on construisit stib dio des édifices connus sous le nom de baptistères. Voir Baptistères.

2» Infusion ou aspersion. — Le baptême par immersion était le baptême ordinaire; mais il n'était pas le seul pratiqué. Car, soit par défaut d'eau suffisante, comme on en trouve le premier témoignage dans la Didaché, VII, 3, édit. Funk, p. 22, soit à cause de maladie ou en cas de nécessité urgente, on se contentait du baptême par infusion ou par aspersion. Toutefois ce dernier mode de collation était considéré comme un pis aller, bien qu'il fût tenu pour valide et jamais on n'a pensé à le renouveler; il en sera question plus bas au sujet des cliniques. Kinalement, dans l'usage ecclésiastique latin, et longtemps après l'époque palristique, il devait remplacer le baptême par immersion. Le rite ainsi simplifié a toujours été regardé comme valide. Duchesne, Églises séparées,

V. Ministre. — 1" Dans la collation solennelle. — Pendant les premiers siècles l'initiation chrétienne était entourée de la plus grande solennité. Elle comprenait (rois rites essentiels par la collation des trois sacrements du baptême, de la confirmation et de l'eucharistie. C'était donc à l'évêque que revenait le droit de présider, entouré de son presbyterium. Mais le plus souvent l'évêque se contentait de présider, laissant à ses prêtres le soin de procédera l'administration du baptême; après quoi il administrait lui-même le sacrement de conlirmalion et célébrait le saint sacrifice, pendant lequel il donnait la communion aux nouveaux baptis.'s. Saint lionne dAnlioche ditqu'il n'est pas pernii- li. I. .|.li-. i ^.iii~ I . \. i|iiiv Smi/rn., viii,2. Opéra Pal. .i/. f . ■ .lil I uni, , i i. |i -iiO. Serait-ce que la présence d. I |i i.- i lui-. p.iiir la validité'.' Le Teslamenlin» It. A. ./. (,.,,. lit. Ual.mani,

BAPTÊME D'APRÈS LES PÈRES GRECS ET LATINS

Mayence, 1899, p. 125, l'iS, la suppose. L'évêque fait les onctions, mais le prêtre baptise. Le diacre aide le prêtre et descend dans la piscine avec le néoplivte. Cf. canons 116-120 de saint Hippol\te, Achelis. Hip r.,,,r,,,rs Hippo- ?yti, Leipzig, 1891, p. 95-96. Cf. ans; - I i ^ ,n . Hier., LXXIX, 4, p. G., t. XLII, col. 7i.:>. li ., ,. ilnii qu'au moins le consentement de l'évêque u^t r.Mi,>-, ainsi que le marquent formellement TertuUien, De bapt., 17, P. L., t. ,1, col. 1218; les Canons apostoliques, can. 50, P. G., t. I.XVII, col. 148; can. 49, dans Hardouin, Act. concil., t. I, col. 21; les Constit. apost., m, 11, P. G., t. I, col. 788; l'auteur du De sacramentis, III. i, 1, P. L., t. svi, col. 431 ; Augustin, De bapt. cont. donaU, m, 18, 23, P. L., t. XLiii, col. 150. Saint Cyrille de Jérusalem désigne comme ministres du baptême les évêques, les prêtres et les diacres. Cat., xvii, 35, P. G., t. xxxiii, col. 1009. Mais les prêtres et les diacres ne peuvent procéder à la collation du baptême sans la permission de l'évêque. Jérôme, Dial. cont. Lxicif., 9, P. L., t. XXIII, col. 173. Ainsi donc la collalion solennelle du baptême était présidée par l'évêque entouré et aidé par les prêtres et les diacres. Les attributions étaient partagées entre les ministres. Mais quand les églises furent multipliées dans le même lieu et quand on eut créé, en dehors de la ville épiscopale, des paroisses suffragantes, on dut nécessairement confier aux prêtres de ces paroisses le droit de donner solennellement le baptême. Ms'' Duchesne. Origines du culte chrétien, Paris, 1889, p. 32i. Le diacre baptise à défaut de prêtre. TertuUien, De bapt., 17, P. L., t. 1, col. 1218; Cottst. apost., vm, 28, P. G., t. I, col. 1125: Testamentum D. N. .T. C... :Mavence, 1899, p. 132. Lr- (".-),>?;/.-/:..,. ,v;^,.^^^:,., , i,r..ni;-,.iil aux laïques, m Im ,,,,;■: .yr .u: ,!-•-, ■;, . m, 11,

ifcirf., r,>l, Tss. il ;i.i,r -..|.'iii ' ■,,. 'li ' hii^éme.

lennelle du baptême; il ne leur permet la collation du sacrement que dans l'extrême nécessité. Èpist. ad episcopos Lucanise, c. vu, Jalfé, 636.

2" Dans la collalion privée. — En dehors de cette collation solennelle du baptême, maintes circonstances pouvaient exiger la collation immédiate de ce sacrement sans qu'il fût possible de recourir à un membre du clergé. Dans ces conditions, on reconnut aux simples fidèles, aux laïques, le droit de baptiser. TertuUien, De bapt., 17, P. L., t. I, col. 1218; Liber de exhortât, castit., 7, P. L., t. H, col. 922. Le Liber ;., lï'-Vi.-.-ri;.-. rrlit. Duchesne, Paris, 1886, t. I, p. 137. al ) ' | Victor (189-198) une constitution en viit i ! ' h baptême peut être conféré, en cas 0. i -i: . n luiporte

en quel lieu, par un chrétien à un païen qui a, au préalable, récité le symbole. En pareil cas le concile d'Elvire exige que le fidèle qui baptise n'ait pas violé l'intégrité de son baptême et ne soit pas bigame. Can. 38, dans Hardouin, Act. concil., t. I, col. 254. D'après Cyrille de Jérusalem, le baptême peut être conféré par les ignol's dùclfs, par les esclaves comme par ' ' II. :ij, P. G., t. xxxiii, col.

l'nit ut sine chrismate '•[Iter, neque diaconus

• - , j,.„J fréquenter, si tanien

■.iiiius eliam licere laicis. Dial. cont.

t. xxiii, col. 173. En quelques en-

■ ha|itêiiie conféré par les laïques fut tenu en

■ : 1 I nil' \.i|iiii'. Saint Grégoire

m - . ' ! ml exposé à un i I - 1 r.u le baptême ' ' ' - ';i.Jij;;-Lr p.a ses compagnons même en ce cas de.\lrêun; nécessité, Carm., 1. II, sect. I, carm. xi, P. G., t. xxxvii, col. 1039, 1041; Orat., xvill, n. 1, P. G., t. XXXV, col. 1024, enseignait, devenu évèque, qu'on pouvait se faire administrer le baptême "-• n'importe quel évêque ou quel prêtre, sans faire dignité de son diocèse ou à ses qualités,

rants comnn' \ les pci^ m:

et epi-.

jus huL'i ,..,:

necessitan coy, Lucif., 9, P.

droits, Cl' l.a|it suspiciM de N.i, naufi.. sans av. Il •'

attention i

pourvu qu'il ne soit pas exclu de la communion ecclésiastique; il ne parlait pas des clercs et des laïques. Orat., XL, 26, P. G., t. xxxvi, col. 396. Cf. ibid., t. xxxv, col. 113-114. SainI I! i~i|.\ ■!•■ ^mi coté, se rappelant les sentiments de saiiii ï:\[iii-ii . i ,li -aint Firmilien au sujet du baptême des li. H ii.|ui-. i ïtimc qu'il faut considérer ceux qui étaient Uiptisé.-5 liur» de l'église comme baptisés par de simples laïques et qu'en conséquence il y a lieu de les purifier par le baptême de l'église. Epist., CLXxxviii, can. 1, P. G., t. xxxii, col. 668. Il sait cependant que d'autres, même en Asie, pensent et agissent différemment; il laisse à chacun la liberté. L'Ambrosiaster, Comment, in Epist. adEphes., iv, 11, 12, P. L., t. xvii, col. 388, remarque qu'à l'origine de l'Église omnes baplizabant et il relate plusieurs exemples fournis par les Actes des apôtres. II explique ainsi la pratique primitive : Vt ergo cresceret plebs et multiplicaretur, omnibus inter initia concessum est baptizare. Mais quand l'Église fut organisée et la hiérarchie établie, il en fut autrement. D'où, à son époque, neque clerici vel laici baptizant. L'opinion générale tenait autrefois pour valide le baptême conféré par de simples laïques. Il était de règle que le fidèle baptisé par un laïque devait aussitôt que possible se présenter à l'évêque pour recevoir de lui l'imposition des mains et la confirmation, rej:ruilie comme le complément du baptême; c'est ce que le concile d'Elvire appelle perfectionnement, can. 38; le même cas et la même obligation se présentaient quand un diacre avait été seul à conférer le baptême. L'évêque, dit ce concile, doit intervenir alors pour parfaire le baptisé; que si le baptisé vient à mourir avant d'avoir été confirmé, son salut n'en reste pas moins assuré. Can. 77, dans Hardouin, Act. concil, 1. 1, col. 254, 258. 11 allait de soi qu'un laïque ne devait baptiser qu'en cas de nécessité. S. Gélase, Epist. ad episcopos Lucaniee, c. vu, JalTé, 636. Mais s'il Muaii a rmiférer le baptême sans qu'il y eût nécessili . il n-mpaii une fonction qui n'était pas la sienne, ûb>t/iii' ~,unl Aii^;iistin; il baptisait validement, mais illicitement. Cont. epist. Parmen., ii, 13, 29, P. L.,t. XLiii, col. 71. Cf. Epist., cc.xxviii, ad Honorât., n. 8, P. L., t. XXXIII, col. 1016. Et si, dans le cas de nécessité, il venait à refuser de baptiser, TertuUien le déclare reus perditi hominis. De bapt., 17, P. L., t. I, col. 1218.

Les femmes pouvaient-elles baptiser? Certains hérétiques n'hésitèrent pas à conférer aux femmes le privilège de donner solennellement le baptême; par exemple, Marcion, Épiphane, Hier., XLii, 4, P. G., t. XLi, col. 700; les pépuziens, Épiphane, Hxr., XLix, 3, ibid., col. 881 ; .\ugvistin, Hser., 27, P. L., t. xlii, col. 31 ; les coUyridiens. Épiphane, Hœr., lxxix, 3, P. G., t. xlii, col. 744. Du temps de TertuUien, quelques hérétiques légitimaient le ministère des femmes dans la collation du baptême par les Acta Pauli. Le docteur de Carthage fait observer que ces Actes sont faux, qu'ils sont loin de traduire la pensée de saint Paul, car le grand apôtre ne permettait pas aux femmes d'enseigner. De bapt., 17, P. L., t. i, col. 1219. Sans doute la pétulance qui pousse la femme à usurper les fonctions de l'enseigneinent dans l'église peut la porter aussi à conférer le baptême ; TertuUien ne l'ignore pas. Mais quand il signale l'audace des femmes hérétiques qui osent enseigner, disputer et exorciser, il ajoute : Et forsan tingere. Prsescript., xi.i, P. L.. t. ii,

col. 56. En tout cas, il refuse à la l. m |. ili.iit île

baptiser. Les Constitutions apostnl' : ' . m nt la

même défense, III, 9, P. G., t. I, col. 7^1 I i -J tu .ni, en effet, que la femine qui baptise couri un li.ui^cr peu ordinaire, car elle commet un acte contraire à la loi et impie. Le IVi- concile de Carthage dit : Mulier baptizare non prsesumat. Can. 100, dans Hardouin, Act. concîl., 1. 1, col. 984. .\ ce canon le Maître des Sentences et Gratien ajoutèrent la restriction suivante : Nisi necessitate cogente. Cf. S.Thomas, Sum. theol., III», q. Lxvii, a. 4,

BAPTÊME D'APRÈS LES PÈRES GRECS ET LATINS

ad l""». Saint Épiphane, loc. cit., remarque que la sainte Vierge elle-même n'a pas reçu le pouvoir de baptiser et qu'aucune femme n'a fait partie du collège apostolique. Ce témoignage pourrait à la rigueur être restreint à l'administration solennelle du baptême à laquelle les femmes ne sont pas députées. Dans celle-ci toutefois, les femmes sont accompagnées d'autres femmes, qui les dépouillent de leurs vêtements. Can. 1 14 de S. Hippolyte, .\clielis, Die Canones Hippolyli, p. 94. Le Testament de Noire-Seigiieui; édit. Rahmani, Mayence, 1899, p. 138, 120, confie ce soin aux « veuves », qui tiennent les femmes sous un voile pendant la cérémonie du baptême. S. Épiphane, Hier., Lxxix, 3, 4, P. G., t. xlii, col. 744, 745, attribue aux diaconesses ce ministère exigé par les règles de la bienséance. Sur la controverse relative au baptême conféré par les hérétiques, voir III. Baptême coNFÉnÉ p.\R i.F.s HÉRKTKjrKS i^Conlvoverse sw la validité (lu).

(Juant à 1,1 question de savoir si un infidèle peut baptiser, il n'est pas trace dans la littérature patristique qu'elle ait été posée. Elle aurait été résolue négativement par tous ceux qui refusaient aux hérétiques le pouvoir de baptiser, sous le prétexte que, n'ayant pas le baptême, ils ne sauraient le donner. C'est saint .\ugustin qui la signale le premier, la traitant plutôt de question oiseuse, sans V insister et sans la résoudre. Cont. epist. Par-nxen., ■ II, 13", 30; De bapt. cont. donat., vu, 53, 101, P. L., t. XLili, col. 72, 242. Il pose cependant un principe général qui permet de croire qu'il regardait comme valide tout baptême, à la seule condition qu'il eût été conféré avec la formule trinilaire. Car, après avoir rapporté la plupart des hypothèses qu'on pouvait émettre au sujet de celui qui donne et de celui qui reçoit je baptême, il termine par ces mots : Nequaquam dubilareni habere eos haplismum , r/ui ubicumque et a quibiiscumque illud verbis evangelicis consecratum, sine sua simulatione et ctmi aliqtia fide accepissent. De bapt. cont. donat., vu, 53, 102, P. L., t. XLiii, col. ai3.

3" Foi et qualités du ministre. — D'ailleurs, les Pères devaient être amenés à déterminer avec précision quel était le rôle de ministre ordinaire ou extraordinaire dans la collation du sacrement. La controverse relative à la validité du baptême des hérétiques et le schisme des donatistes leur ont donné l'occasion de fixer exactement la nature de l'intervention du ministre. Les Pères ont vu que le sacrement a une efficacité propre qui lui vient, non de l'homme qui baptise, mais de .lésus-Christ, auteur du baptême, et sur laquelle le ministre, simple intermédiaire, ne peut rien, étant tout à la fois incapable de produire la grâce ou d'y mettre obstacle quand il baptise. Les débals concernant la rebaptisation des hérétiques ont fait voir que la valeur du baptême ne dépendait pas de la foi du ministre. Voir III. Baptême conféré PAR LES IIÉRÉTIQLES {Controverse sur la validité du). La qualité du ministre y est aussi étrangère. En Orient, saint Cyrille de .lérusalem écrit : « Qu'importe que le ministre soit ignorant ou savant, esclave ou libre; le baptême n'est pas une grâce qui dépend de lui, mais une largesse faite aux hommes par Dieu. » Cat., xvn, îj, P. G., t. xxxiil, col. 1009. Saint Grégoire de Nazianze dit à son tour : « Qu'importe le ministre? Voici deux anneaux, l'un en or, l'autre en fer; les deux impriment la même image; la T^payi; de l'un ne diffère pas de la lypa-'i'ï de l'autre. Ainsi des ministres : ils peuvent différer d'excellence de vie, ils n'en confèrent pas moins le baptême. » Orat., xi., 26, /'. G., t. xxxvi, col. 396. Saint Grégoire de Nysse écrit : « C'est Dieu qui donne i l'eau (baptismale) sa vertu. La régénération s'opère par les trois personnes divines, » Cat., 3i, 39, P. G., t. xi,v, col. 85, 100; et ailleurs : « L'eau n'est que le signe extérieur de la purification intérieure qui se fait par le Saint-Esprit. » In bapt. Christ., P. G., t. XLVi, col. 581. D'après saint Chrysostome, ce qu'il faut considérer ce n'.'sl pas celui qui ilonne le baptême, mais celui au nom

duquel il est donné. In I Cor., homil. m, 2; la vertu du baptême ne dépend pas du ministre qui le confère, In

I Coc, homil. viii, 1, P. G., t. i.xi, col. 25, 69; ce n'est ni un ange ni un archange qui intervient dans les dons de Dieu, mais c'est le Père, le Fils et le Saint-Esprit qui font tout, le prêtre ne prêtant que le concours de sa langue et de sa main; il n'est donc pas juste que la malice du ministre mette obstacle à ceux qui s'approchent avec foi des symboles de notre .salut. InJoa., homil. Lxxxvi, 4, P. G., t". Lix, col. 472, 473.

En Occident, saint Ambroise, après avoir observé que aqua non mundat sine spiritu, ajoute : Non mérita personanim considères sed officia sacerdotum.Demyst.,i\', 19; V, 27, P. L., t. xvi, col. 394, 397. Pour réfuter les donatistes qui prétendaient que les pécheurs, au moins les pécheurs publics, aussi bien que les hérétiques et les schismatiques, ne pouvaient pas administrer valideraent le baptême, saint Optât enseigne que le sacrement est saint-par lui-même et non par les hommes ; car c'est Dieu qui lave et non l'homme. De schisni. donat., v, 4, P. L., t. XI, col. 1051. In baptismate Trinitas, non ministri persona, operatur, car le baptême a sa valeur propre et est indépendant du ministre. Ibid., v, 7, col. 1057. C'est surtout à saint .\ugustin que l'on doit la mise en pleine lumière de la valeur intime du .sacrement et de son indépendance par rapport à la qualité du ministre.

II n'y a baptême, dit-il, que lorsqu'il est conféré avec la formule prescrite par le Christ; sans elle, pas de .sacrement. De bapt. cont. donat., vi, 2.5, 47, P. L., t. XMir, col. 214; avec elle le baptême exi?to : il peut être donné et reçu, en dehors di' l"Ji ^' ' . i, 1, col. 109. Le liaptêmeestsaintparli, I ji il se trouve, ifcid., I, 12, 29; IV, 10, 16 ; \ . J ! J i J 1 . col. 119, 164, 191,

199; il a sa valeur pii.jn - i.i hii, Cont. Cresc,

IV, 16,19; 18, 21, col. 559, 56U; et cela, à cause de celui qui en est l'auteur. De bapt. cont. donat., m, -i, 6; iv, 12, 18; 21, 28; v, 21, 29, col. 143, 168, 173, 191. Car c'est le baptême du Christ. Cont. litter. Petilian., m, 3i, 34 ; 39, 45; Cont. Crescon., iv, 20, 24, col. 368, 371, 562. C'est la grâce qui opère en lui, Senu., xcix, 13, P. L., t. xxxvm, col. 602; c'est Dieu qui est présent dans la formule évangélique et sanctifie le sacrement, De bapt. cont. donat., VI, 25, 47, P. L., t. xi.iii, col. 214; en réalité c'est Jésus-Christ qui baptise. In Joa.,\r. V, 11 ; VI, 6; VII, 3, P. L., t. XXXV, col. 1419, 1428, 1439. Par suite, la valeur du baptême est indépendante de celui ((ui le confère. In ,ha., tr. V, 15, col. 1422. Quels que soient le mérite ou le démérite du ministre. De bapt. cont. donat., iv, 2l,28,/>. L., t. XLiii, col. 173,son immoralité, i6id.,iii, 10,15, col. 144, sa perversité, ibid.,\; 3,3; 21, 29; vi, 1, 2; 5, 7, col. 178, 191, 198, 200, ses erreurs, ibid., iv, 15, 22, col. 168, sa foi, ibid., m, 14, 19, col. 146, le baptême qu'il donne garde son efficacité propre; il la conserve même chez des ministres indignes et sacrilèges, Cont. litter. Petilian., ii, 168, 2i7, col. 345, car il ne peut être en rien pollué par les crimes de celui qui le confère. De bapt. cont. donat., m, 10, 15; rv, 12, 18; v, 19, 27, col. 145, 166, 190. En conséquence, conclut saint Augustin, in ista quœstione non cogitandum quis det sed (juid det, aut quis accipiat sed qtiid accipini, aut quis habeat sed quid liabeat. De bapl. conl. donat., iv, 10, 16, col. 164. Quid tibi facit malus minisicr, ubi est Domintis? In Joa., tr. V, 11, P. L., t. xxxv, col. 1419. Mémento sacramentis Dci niliil obesse mores ntalorum hominum. Cont. litter. Petit., u, M, i\0, P. L., t. XLlii, col. 298. Ainsi qu'il est facile de le constater par ces quelques citations, la pensée de l'évêque d'Ilippone est aussi nette que possible; heureusement formulée, elle a contribué, pour une large part, à préciser le rôle du ministre dans l'administration des sacrements. Les . Pères qui ont suivi, ainsi que les théologiens, restent, sur ce point, les tributaires de saint Augustin.

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