‹ Dictionnaire de théologie catholique (volume 5)Chapitre 99 sur 741 · X. RitES;dE LADMIM-Tr-.TI 1-. î irxNELLE. — •]» JourS · texte numérisé non relu

X. RitES;dE LADMIM-Tr-.TI 1-. î irxNELLE. — •]» JourS

déterminés. — Rien dm- 'I i, i' ni dans la nature du baptême n'indiqui I n ni i innée où l'on doit de préférence conférer n -.i. i, miii. liés le début on a baptisé selon les circonstances de temps et de lieu, mais plus tard on n'a baptisé chaque jour que les malades seulement, Ambrosiaster, Co>n>uent. in epist. ad Eph., iv,

II, 12, P. L., t. XVII, col. 388; on n'a aucune preuve positive que, pendant les deux premiers siècles, on ait fait choix d'une date plutôt que d'une autre. Mais, selon toute vraisemblance, c'est la fête de Pâques et celle de la Pentecôte qu'on dut choi-sir pour la collation du baptême; la première, parce que le baptême tire toute son efficacité de la Passion de Notre-Seigneur, parce qu'il rappelle par sa triple immersion la mort, la sépulture et les trois jours passés dans le sépulcre, et que dès lors il convenait de faire coïncider la régénération des fidèles avec l'anniversaire de la résurrection glorieuse de Jésus- Christ ; la seconde, parce que c'est le jour de la Pentecôte que les apôtres reçurent le baptême de feu et que saint Pierre baptisa les premiers convertis. De facultatif qu'il était, l'usage s'imposa facilement comme une loi, dès que l'Église s'appliqua à entourer la collation de ce sacrement de la plus grande solennité. Tertullien, en effet, indique ces deux datés mémorables, sans invoquer toutefois la tradition en sa faveur, mais en en donnant plutôt des l'aisons d'ordre dogmatique. De bapt., 19, P. L., t. I, col. 1222. Pour l'Occident, nous possédons, entre autres, les témoignages positifs de saint Jérôme, Dial. adv. lMcifer.,8, P. L., t. xxiii,col.l72; InZacli.,

III, c. XIV, 8, P. L., t. XXV, col. 1258, et de saint Augustin, Serai., CCX, 1, 2, P. L., t. xxxviii, col. 1048; De bapt. cont. donal., v, 6, 7, P. L., t. XLlli, col. 180. Pour l'Orient, ceux du pseudo-Basile, De bapt., homil. XIII, 1, P. G., t. XXXI, col. 424, et de saint Cyrille de Jérusalem dans ses catéchèses préparatoires à la grande fête pascale.

Vers le iv» siècle se manifeste la tendance à augmenter, dans le cours de l'année, les dates de la collation solennelle du baptême. C'est ainsi que s'introduisit en Orient l'usage de baptiser à l'Epiphanie, qu'on appelait la fête des Lumières. Grégoire de Nazianze le signale. Orat., XL, 24, P. G., t. xxxvi, col, 392, Un ami de saint Chrysostome, Sévérien de Cabales, écrivit vers 401 un traité aujourd'hui perdu, sur le baptême et la solennité de l'Epiphanie. Cet usage oriental de baptiser à l'Epiphanie passa en Sicile, puis en Afrique, Victor de Vite, Persec. vandal., ii, 17, P. L., t. i.viii,col. 216, et jusqu'en Espagne. Dans ce dernier pays on y ajouta mémo la fête de Noël ainsi que l'anniversaire des apôtres et des martjrs. A Jérusalem, on prit également l'habitude de 'baptiser au jour anniversaire de la dédicace de la basilique du Saint-Sépulcre. Sozomène,//. E., ii, 26, P. G., t. LXVii, col. 1008. En Gaule, on baptisa à Noël, comme

lAPTÈME D'APRÈS LES PÈRES GRECS ET LATINS

en témoigne le célèbre baptême de Clovis et des Francs Grégoire de Tours, De gloria confes., Lxxvi, P. L., t. Lxxi, col. 883, et même le jour de la Nativité de saint Jean-Baptiste. Grégoire de Tours, Hist. Franc. ,\ni, 9, P. L., t. LXXi.col. 4Ô4.

L'Église romaine s'en tint aux deux dates primitives et ne cessa de prolester contre cette extension abusive. Le pape Sirice, dans sa lettre à l'évêque deTarragone, rt-prouva l'usage espagnol : Quibus solis diebus, id est Pascatis et Pentecostes, ad fidem con/liientibus generalia baptlsmatis tradlcoiirenit sac>-amenta. Epist. ad Himer., ii, 3, P. L., t. xiii, col. 113i; JaCfé, Regest., t. i, p. 40. Saint Léon le Grand blâme assez vertement les évèques de Sicile de ce qu'ils baptisent à l'Epiphanie, car c'est contraire aux usages et à la tradition de l'Église romaine. Epist., xvi, 6, P. L., t. Liv, col. 701. Dans une lettre aux évèques de la Campanie et du Picenum, il se plaint amèrement de l'habitude prise, contrairement à la tradition apostolique, de conférer le baptême aux fêtes des martyrs. Êpisf., CLXViii,!, i6i(i.,col. 1210. Le II"- concile de Màcon, tenu en 585, fait entendre les mêmes plaintes. Can. 3, Hardouin, .4c(a concil., t.iii, col. 461. Les fêtes de Pâques et de la Pentecôte, telles étaient donc les dates ordinaires de la collation solennelle du baptême; c'est ce qui inspire à l'auteur du Depascha cette apostrophe à la solennité pascale : Combien d'àmes purifiées par la grâce sortent aujourd'hui de l'urne baptismale, blanche armée s'élan^-ant des ondes limpides, lavant au fleuve du salut les vieillessouilluresdu péché! DePasc., X, 89 sq., P. L., t. VII, col. 288. Il allait de soi que, la nécessité primant tout, on conférait le baptême à n'importe quelle date, lorsque le moindre relard pouvait offrir des dangers. C'est ainsi que TertuUienécritavec justesse: Cœterutn onmis dies Domiiii est, omnis hora, omne tempus habile baptismo. Si de solemnitate, interest; si ■ te gratia, nihil referl. De bapl., 19, P. L., t. i, col. 1222. C'est ainsi que saint Augustin remarque que la collation du baptême n'est pas exclusivement rattach(''e à la fête de Pâques, car la nécessité impose l'obligation de baptiser perlotum annum, à n'importe (|uelle date. Serm., ccx, c. i, 2, P. L., t. xxxviii, col. 10i8. Le pape Sirice, qui proteste contre la collation solennelle du bapiême en dehors des deux dates fixées par l'usage romain, exige néanmoins qu'on admette au baptême, dès qu'ils le demandent, outre les enfants non encore parvenus à l'âge de raison, les malades, les soldats en campagne, les marins, et en général toute personne en danger de morl. Loc. cil. Chaque jour les prêtres pouvaient être appelés à conférer ainsi le baptême, en cas de nécessité, et c'est l'une des raisons qu'invoque le pape saint Innocent I" pour obliger les prêtres à la continence. E/iiit. ad Victric., ii, c. ix, .12 ; Epist. ad Exsupei:, vi, c. I, 2, P. L., t. XX, col. 476, 497.

2» Rites et cérémonies. — Laissant de côté tout ce qui regarde la préparation éloignée au baptême avec la série de ses catéchèses ou scrutins, «)'arfi«io et redditio sym- '•"H, et la série de ses rites particuliers, imposition des iiciins, exorcismes, insufflations, usage du sel, effetn, |iii feront l'objet d'un article à 'part (voir Catécuijik- ■.\r), nous nous en tiendrons aux rites et cérémonies '|iii précèdent immédiatement la collation du baptême. l.i'S saintes huiles ont été exorcisées et bénites, soit le

iidi saint.

l'était

'usage romain, soit le samedi

linf, comme l'insinuent les canonsd'IIippolyte, can. Illi, 17. Achelis, Die Kanones llipiioh/li, p. 95; Ti'slamennn D. N. J. C, Mayence, 1899,' p. 126. 11 ne reste lus qu'à pénétrer d.ms le baptistère, où se fait très lonnellenient la bé-nédiction de l'eau baptismale. Mais, ■inl de procéder â la collation du baptême, le com- ■ lent doit manifester publiquement qu'il renonce au irti du démon : de là un triple renoncement en usage ms toute l'Église. Parmi les Pères latins, Terlullien, ''■ •■(„:, 3, P. L., I. II, col. 79; De sperl., 10, P. L., I

t. I, col. 6fô; Arabroise, De inysl., ii, 5; pseudo- Ambroise, De sacr., i, 2, 15, P. L., t. xvi, col. 390, 419; Hilaire, In i}s., xiv, 14, P. L., t. ix, col. 306; Jérôme, Epist., cxxx, 7, P. L., t. xxii, col. 1113; Augustin, Epist., cxciv, 10, P. L., t. xxxiii, col. 889: De bapt. cont. donat., v, 20, 21, P. L., t. XLiii, col. 190; De pecc. orig., 40,45; De niipt., i, 20, 22, P. L., t. xi.iv, col. 408, 426; parmi les Pères grecs, Origéne, In Niirn., homil. XII, 4, P. G., t. xii, col. 666; Basile, De Spir. S«nc<., XI, 27, 66, P. G., t. xxxji, col. 113, 188; Camms d'Hippulyte, can. 119. C'est, tourné vers l'Occident et la main étendue, que le compétent renonce à Satan, Cyrille de Jérusalem, Cat., xix, 2-8, P. G., t. xxxill, col. 1068rl072; puis, se tournant vers l'Orient, il s'attache à Jésus-Christ. Pseudo-Denys, Ecoles, hier.. Il, 2, 6, P. G., t. m, col. 396. La formule de renoncement varie selon* les lieux; elle se compléta par une formule d'adhésion à Jésus-Christ, comme le marque le pseudo- Denys. D'après Chrysostome, à ces mots : Je renonce à Satan..., on ajoutait ceux-ci : Et je m'attache à vous, ô Christ. In Col., horail. vi, 4, P. G., t. lxii, col. 342; .id Hhun., Il, 4, P. G., l. XLix, col. 239. Toutes ces cérémonies ont déjà pris une partie de la soirée et de la nuit. On est arrivé ainsi à l'heure du gallicinium, comme disent les canons d'Hippolyte,can. 112. Achelis, op. cit., p. 94. Désormais tout est prêt; le baptême va être conféré.

Lesélus sontentiérement dépouillés de leurs vêtements; mais les précautions sont prises pour ne point blesser les lois de la décence; les hommes, sous la direction de l'un des membres du clergé, sont à part ; les femmes, également à part, sont aidées par d'autres femmes, can. 114 d'Hippolyte, p. 95, ou sont sous la direction des diaconesses. Const. aposl., m, 15, 16, P. G., l. i, col. 797; S. Épiphane, Hxr., lxxix, n. 3, P. G., t. XLii, col. 744. Du reste, il n'y a pas à rougir d'une telle nudité qui rappelle celle de nos premiers parents au jardin terrestre ; Adam et Eve ne rougissaient pas avant leur faute. Cyrille de Jérusalem. Cat., xx, 2, P. G., t. xxxill, col. 1080. L'auteur du De singularilale clericorum, dans les œuvres de saint Cyprien, édit. Ilartel, append., p. 189, ne comprend pas que in ipso baptismale cujuiquam nttditas erubescat, ubi Adam et Evx renovatiir infantia, nec exponit sed potius cœcipit lunicam. Cf. pseudo-Denys, Eccles. hier., ii, 2, 7, P. G., t. m, col. 306. Toutefois, la nudité n'était pas complète partout, car saint Chrysostome dit que les élus conservaient une tunique. Ad illiim. cat., I, 2, P. G., t. xi.ix, col. 225. Outre l'immersion, qui rendait nécessaire ce dépouillement, il y avait la raison empruntée au symbolisme : l'élu, dans sa nudité, rappelait .\dam, il rappelait aussi le nouvel .4dam, le Christ sur la croix.

Avant de descendre dans la piscine baptismale, une triple interrogation avait lieu. On demandait à l'élu : Croyez-vous en Dieu le Père tout-puissant? Croyez-vous en Jésus-Christ, son fils unique, Notre-Seigneur, né et mort? Croyez-vous au Saint-Esprit, à la sainte Église, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair ? La fornuile de l'interrogation pouvait varier à quelques termes près; elle renfermait en substance les dogmes principaux de la foi chrétienne. On confesse Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit, dit Origène. In Exod., homil. VIII, i, P. G., I. xii, col. 351. L'une de ces questions est ainsi rappelée par saint Cyprien : Credis in vitam œternam cl remissioneni peccatnriini per sanctam Ecclesiam-? Epist., i.xx, 2, P. L., t. m, col. tOlO. Au moment du baptême, dit s;iinl Hilaire, les élus doivent confesser qu'ils croient en Dieu le Fils, à sa passion et â sa résurrection, et huir professinnis sacramcnto fides redditur. In Malth., xv. 8, P. L., t. ix, col. 1006: In ;>»•., xiv, 14, P. L., t. ix, col. :J06. Solemne est post Trinitatis confessioneni inlerrogare : a-edis sanclam Ecclesiani:' credis rentissionem peccatoriini ?

BAPTEME D'APRÈS LES PÈRES GRECS ET LATINS

S. Jérôme, Dial. adv. Lucif., 12, P. L.. t. xxiii, col. 175. C'est ce que saint Athanase appelait la grande et bienheureuse profession de foi à la Trinité. De Trinit. et Spir. Sanct., 7, P. G., t. xxvi, col. 1197. Nombreuses sont les allusions des Pères à cette interrogation. Voir en particulier S. Ambroise, De myst., ii, 15; pseudo-Ambroise, De sacr., ii, 7, 20, P. L., t. xvi, col. 390, 429; S. Augustin, Cont. Utter. Petil., m, 8, 9, P. L., t.XLiii, col. 353 ; S. Athanase, Apol. cont. arian., 83, P. G., t. XXV, col. 397; S. Grégoire de Nazianze, Orat., XL, 45, P. G., t. xxxvt,col. 424; S. Chrvsostome, In I Cor., homil. xi., 1, 2, P. G., t. lxi, col. 347,348; Conslit. apost., viii, 41, P. G., t. i, col. 1041 ; pseudo- Denys, Eccles. hier., ii, 2, 7, P. G., t. m, col. 396. Après avoir renoncé à Satan, le visage tourné vers l' Occident, ran. 119 d'Hippolyte, Achelis, o/i. cit., p. 95-95; TestameiiL l> N. J. r , ,,. 1 16-118, et, à Milan, après avoir cracli ' 11, voir t. i, col. 966, les élus se

reloiiiii. !' I :ii|ient, la région de la lumière,

poiii' Il I' In iii\ .(ucstions, observe saint Cvrille de

Jérusalem. Cat., xix, 9, P. G.,' t. xxxiii. col. 1073. Chacun a été interrogé pour savoir s il croyait au nom du Père, du Fils et du Saint-Ksprit. et vous avez confessé alors la confession salutaire. c;i|xo"/.oYYÎ<7a-j tv/ TtoTvip'.ov ôiioXoYiav. Cal., xx, 4, col. 1080. D'après les canons d'Hippolyte, l'élu, avant de descendre dans l'eau, fait face à l'Orient et une fois oint de riuiile de l'exorcisme, il dit: Ego credo et rue inrlirm , ,.,,,„, ;, , ' ,>ntm tota pompa lua,oPater,el Fih. f I S/. . -,, Cm. 122, Achelis. p. 96. Cf. 7t^s^'., ,.„/.-,, /- V ' - , p. 128. Après quoi, il descend d;in.i 1 lmu cl .-ulal l.i iiiple interrogalioii. ,1 l,i(|n.|l.' il répond trois fois. Ici, la formule de l'iniri I i.L.Liiiiii , vi plus explicite et précise en même tcmp? r. Il, lin- |i..iiii- dogmatiques, en particulier pour ce i|iii I. .11,1 1 , |.i i.cssion du Saint-Esprit. Credis in Jesiini ' !,nni Dei, queni peperit Maria

Vii-ya r < >, I n , qui venit ad salvanduni genus

humainnn , y." , . ,., ,//,,(,s eut pro nobis suh Pontio Pilato, qui inurluuii est cl rr^nrrmi ,i >iinrtuis tertia die et ascendil ad cselos sr'l.'hfm- ,,,l >l, xlcrani Patris et veiiiet judicaturus rii'w ri iiiu,lin,s' Credis in Spiritmn Sanctum, Paracietum, procedentem a Pâtre Filioque! Can. 127-131, Achelis, p.96-97; Testamenlum, A chaque réponse affirmative, l'élu est plongé chaque immersion le ministre prononce

'' S),:,,!. s ^,,,,, ,, ./iii aequalis est. i^. |i '■'' I' il-iMiii point rappelle le ■' "•' - / 'III personas sin-

• \-' I' riiiM ■, 1 ; rnix., 26, P. L., il- il II ■ -. |i ,• li; ii; iii's que l'immeriiiqih'r lim- rliriii,' réponse. Il est qu'elle avait lieu pendant qu'était prononcée la formule du baptême, à chacun des noms des personnes de la Trinité. De plus, selon la remarque de M'if Duchesne, Origines, p. 302, l'immersion baptismale nt' doit pas s'entendre en ce sens que l'on plongeât entiéremcnl dans l'uau la personne baptisée. Celle-ci entrait dans la piscine, où la hauteur de l'eau n'était pas suffisante pour dépasser la taille d'un adulte; puis on la plaçait sous l'une des bouches d'où s'échappaient des jets d'eau ; ou encore, on puisait de l'eau dans la piscine elle-mèm.^ pour la répandre sur la tête du baptisé.^ C'est aiii-i (|nr' Il |i;i|iii.nie est représenté sur les anciens monuiiii iii- \ ;i Ml. H.\ptéme dans les monuments CHRÉTiKxv. L,| l,-si.,ii,rni ,1e Nuire-Seigneur, p. 126,

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indique 1 ordre à suivTr les enfants d'abord, Ks enfin, viennent au bapi vouer à Dieu sa virginit Au sortir de la piscine, 1

ion du baptême : ulte. les femmes i quelqu'un veut isé par l'évêque.

baptisé recevait une onction

ile parfumée du saint chrême, le jiOpov des

Celte onction, connue de TertuUien, De bapt., 7, P. L., t. I, col. 1206; de saint Ambroise, i5c h!i/s(., vi, 29; du pseudo-.\mbroise. De sncr., ii, 7, 24; m, 1, P. L., t. XVI, col. 398, 430, 431 ; de saint Cyrille de Jérusalem, Cat., XXI, 1, P. G., t. XXXIII, col. 1089; de saint Jérôme, Dial. adv. Lucif.. 9. P. L., t. xxiii, col. 173, et faite avec le saint chrême, appartient-elle au sacrement de baptême ou à celui de confirmation? Actuellement, dans les usages de l'ÉijIise romaine, le baptisé est oint de chrême par le prêtre qui vient de le baptiser; mais, quand il se présente pour recevoir la confirmation, il reçoit une nouvelle onction de la main de l'évêque. Du temps des Pères, il n'est pas question de cette double onction postbaptismale, l'une complément du baptême, l'autre appartenant au sacrement de confirmation. Les Pères latins signalent bien l'onction qui suit immédiatement la collation du baptême; mais, lorsqu'ils rappellent la collation de la confirmation, ils se contentent d'indiquer l'imposition des mains faite par l'évêque avec la prière qui l'accompagne, sans mentionner l'onction. C'est ainsi que Terlullien dit : Dehinc nianiis imponitur, per benedictionem advocans et invitans Spiritum Sancluni. De bapt., 8, P. L., t. i, col. 1207. De même saint Ambroise, après avoir parlé de l'onction faite sur la tète du baptisé, ne dit pas s'il y en a une autre quand le baptisé reçoit le signaculum spiritale et les sept dons du Saint-Esprit. De myst., vu, 42, P. L., t. xvi, col. 403. Le pseudo-Ambroise dit que le prêtre, en oignant le baptisé, prononce ces mots : Ipse (Deus) te ungat in l'itam seternam, De sacr., ii, 7, 24, P. L., t. XVI, col. 430; et ce n'est qu'à la suite qu'il signale le spiritale signaculum, conféré par l'invocation de l'Esprit aux sept dons. De sacr., m, 2, 8, col. 434. Saint Jérôme dit : Sine chrisniate et episcopi jussione, neque presbyter neque diaconus jus habent baptizandi, Dial. adv. Lucif., 9, P. L., t. xxiil, col. 173; ce qui semble indiquer que la chrismatio appartient au rite baptismal ; car il ajoute que le Saint-Esprit ne se reçoit que par l'invocation et l'imposition des mains de l'évêque. Ibid. Saint Cyrille de Jérusalem consacre une catéchèse à la chrismatio. Cat., xxi, Ttsp'i xP^'P'»"»!- ^*'^ <^'^^' '^ seule onction postbaptismale dont il parle, et c'est manifestement celle de la confirmation. Car ce chrême, dit-il, produit en nous ■ le Saint-Esprit, et tandis qu'on l'applique au front, aux oreilles, aux narines et à la poitrine, il est l'instrument dune grâce multiple et fortifiante, l'âme est sanctifiée par l'Esprit saint et vivifiant. Cat., X.XI, 3, P. G., t. xxxin, col. 1092. D'après les Canons d'Hippolyte, c'est un prêtre qui reçoit le néophyte, quand il sort de la piscine, et l'oint sous forme de croix, avec le chrême sj/apistiaç, au front, à la bouche, à la poitrine et sur tout le corps, en disant : Je t'oins au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Can. 134, Achelis, p. 98. Cf. Testamentum D. N. J. C, p. 128. Quand l'évêque intervient à son tour, c'est pour imposer les mains et prononcer la prière appropriée à ce rite. Can. 136, Achelis, p. 98. Deinde insignil frontes eorum signo charitatis osculaturque eos, dicens : Dominus vobiscum, can. 139, Achelis, p. 99; mais, ici, il n'est point question d'une nouvelle chrismatio. Elle est expressément mentionnée dans le Testament, p. 130. Il en est de même dans les Constitutions apostoliques et le pseudo-Denys, l'onction qui suit immédiatement le baptême est la ffçpoc'!; avec le jijpov, et la seule. Const. apost., VII, 22, 43, 44, P. G., t. i, col. 1012, iO^;Eccl. hier., II, 2, 7, P. G., t. m, col. 396. Mais Innocent I"-, dans sa lettre à Decentius, évêque d'Eugubio, m, 6, P. L., t. XX, col. 554; t. lxvii, col. 239; Jaffé, 1. 1, p. 47, n. 311, et, à sa suite, saint Isidore de Séville constatent l'existence d'une double onction après le baptême, l'une faite par le prêtre qui baptise, que l'évêque soit ou non présent, l'autre réservée à l'évêque seul, quand il confirme : Hoc auteni solis pontificibus deberi ut l'el consignent.

BAPTÊME D'APRÈS LES PÈRES GRECS ET LATINS

rel ut Paracletum Spiritum tradant... Nami presbijteris, seu extra episcopitm, sive prœsenle episcopo, ciim baplizanl, christnatr hnplhntnt iingcre licet..., mm lann'n fronlem c.r i'ihI,',!, ,>I,',. ^if/nare, quod solis flehelKf episropix, i-mu infin,,! S/,i,:in,,i paracletum. De eccles. offic, II, xxvii, 1. P. /,.. I. i xxxiii, col. 825. C'est qu'en Occident on distingua la chrismation de la consignation ; la première resta attachée au baptême et rentra dans les attributions ordinaires du prêtre qui baptisait; la seconde fut réservée à l'évêque avec l'imposition des mains quand il conflrmait. En Orient, au contraire, cette distinction n'existant pas, le prêtre baptisait et consignait, c'est-à-dire confirmait. Même en Ég)ple, où pourtant existait cette distinction, le prêtre confirmait. Ambrosiaster, in Eph., iv, M, P. L., t. xvii. col. 388; Quwst. V.et N. T., ci,P. L., t.xxxv.col. 2302. II semble que c'était aussi l'usage dans les pays de rit gallican; en Gaule, concile d'Orange de 441, can. 1,2; concile d'Épaone de 517, can. 16, Hardouin, Act. concil., t. I, col. 1783; t. II, col. 1049; en Espagne, I" concile de Tolèdq de 400, can. 20, Hardouin, Acl. concil., t. I, col. 992, et Capitula Martini, can. 52, P. L., t. cxxx, col. 585. Déjà saint Innocent, dans sa lettre à Decentius, constatait cet usage qui accordait aux prêtres le droit de confirmer, mais le réprouvait, en réservant à l'évêque seul le droit de faire l'onction sur le front, quand il confirmait. Epist., xxv, ad Décent., m, 6, P. L., t. xx, col. .551; Jaffé, t. i, p. 47, n. 311.

C'est :iprps celle onction que le baptisé revêtait des vètcmenls bl.Tncs, symbole de l'innocence reconquise et de la pureté de l'âme, qu'il portait jusqu'au dimanche suivant. Ambroise,/)e ni i/sj., vii,34, P.L., t.xvi, col. 399; Grégoire de Nazianze, Oral., XL, 25, P. G., t. xxxvi, col. 393; Chrysostome, In (ien. ,\\om\\. xxxix, 5, P. G., t. LUI, col. 368; Augustin, Se>-m., cxx, 3; ccxxiil, 1, P. L., t. xxxviii, col. 677, 1092; pseudo-Denys, Eccl. hier., ii, 3, 8, P. G., t. m, col. 404. Il sortait du baptistère et se rendait au consignatoriuni pour y recevoir le sacrement de confirmation. Puis, processionnellement, au chant des psaumes, prélude de l'harmonie du ciel, un flambeau allumé à la main, symbole de l'illumination intérieure qui en faisait ilr xuis illnuiinés, f'OTtCiSiitvo!, tous les nouveaux l>a|ili-' ~, i\ r li rliTgé, entraient dans l'église, Grégoiredc ,\ i/i m/ , ",.i/.,xL, 46, P. G., t. xxxvi, col. 425; et là, .iu\ i.irnn.r.- lueurs de cette inoubliable matinée de Pâques, ils assistaient, pour la première fois,à la liturgie eucharistique et recevaient la communion, non sans échanger avec leurs frères nouveaux le l.,ii-. r i]. pu ., Cnn. Ili/,pùi., can, 141, Achelis, p. 99. C- n i i i ,,,[■',, 1rs, comme on

les appelait, étaient n li! mn. .{■■- .ni. mis nouveau-

nés dans la foi. ihi lu i,i--,mI. < m leur Imuneur, le lait et le miel qu'on leur servait après la communion, premier repas tout symbolique qui mettait un terme à leur jeune. TertuUien, De coron., m; Adv. Marcion., I, 14, P. L.,t. II, col. 79, 262; Clément d'Alexandrie, Pœrfaff., I, 6, P. G., t. VIII, col. 308-309; Slroni., v, 10, P. G., t, IX, col, 100; S, .lérome, Dial. adv. Lucif., 8, P. L., t. xxiii, col. 172; Canons d'Hippohjte, can. 144,148, Achelis, p. 101. La liturgie romaine en a conservé le souvenir dans lu messe du dimanche de l'octave de Pâques; l'inlroïl, en effet, commence par ces mots : Quasi modo geniti infantes sine dolo lac et mel concupiscile.

A Milan et en Espagne, on lavait les pieds aux nouveaux baptisés. C'est une coutume, dont témoigne saint Aiiiliroise, I),' mijst., vu, :{2; mais qui n'est pas romaine, niiiarque le psiurlo-Ambroisc, et qu'il convient de ne pa» abandonner. Uesacr., m, 1, .5, P. L., I. xvi, col. 398, i:t;i. L'n canon du concile d'Elvire, vers 300, concerne cette coutume; à le lire do la manière suivante : Ncque pcdet eorum lavandisunt a sacerdolibus sed a clericis, le concile aurait intordit cet usage aux prêtres pour le

confier aux clercs inférieurs; à le lire, au contraire, comme on le trouve dans certains manuscrits : Nequ'e pedes eorum lavandi swit sacerdotibus vel a clericis , il l'a complètement supprimé, comme le pense Ms' Duchesne. Les origines du culte, 2» édit., p. 314. Can. 48, Hardouin, Act. concil., t. i, col. 255. En Espagne encore et dans quelques églises d'Orient, les baptisés devaient faire une offrande. C'est l'une des objections que réfute, en passant, saint Grégoire de Nazianze contre ceux (jui retardaient la réception du baptême, en disant : >( Où est le présent que j'offrirai? » Orat., xl, 25, />. G.. t. xxxvi, col. 393. Le concile d'Elvire l'interdit formellement : Emendan placuit, ut hi qui baptizantur, ut /ieri solebal, nummos in concha non mittant, ne sacerdos quod gratis accepit pyetio distrahere videatur. Can. 43, loc. cit.

Mn' Duchesne a étudié avec sa compétence habituelle les rites de l'initiation chrétienne, en distinguant les lieux et les milieux, d'abord suivant l'usage romain, puis suivant l'usage gallican, enfin dans les églises orientales. Cette étude distincte terminée, il a comparé entre eus les rites baptismaux et sous la diversité des rituels, il a facilement retrouvé partout les mêmes cérémonies principales. S'occupant ensuite de leur antiquité, il a constaté qu'elles étaient toutes en usage au commencement du iv« siècle. Elles ont donc été introduites, conclut-il, avant la paix de l'Église et même avant la persécution de Dioclétien. Remontant enfin le cours des trois siècles antérieurs, il les rencontre presque toutes, sauf l'onction préalable au baptême, mentionnées par TertuUien, qui en parle comme de choses reçues, reçues partout et depuis longtemps. Les sectes gnostiques antérieures avaient fait des emprunts au rituel déjà établi lors de leur sépaiatiou. Les l'éres apostoliques et les apologistes du ii ^i. vie „.■ |,., rient que du baptême d'eau et de l'impositi ii il. - m, mm-, C's résultats montrent nettement la liaule .mjU |ui1.' ,1, ^riles baptismaux. Voir Origines du culte e/^v/it,,, 2' edit p. 318-325.

TertuUien, De baptismo, P. L., t. i, col. 1197 sq. ; Origène, loc. cit. ; S. Cyprien, toc. cit. ; Nicétas de Romatiana, Comjistentibus ad baptismum libettisex, d'après Gennade, Oe tiir. iti., XXII, P. L., t. lviii, col. 1873; le v. De .lymbolo, dans P. L.', t. LU, col. 865 sq. ; Anonyme, De rebaptisniate, P. L., t. m, col. 1183; S. Ambroise, De mysteriis, P. L., t. xvi, col. 389 sq.; Anonyme, parmi les œuvres de S. .'Vmbroise, De sacramenlts. P. L., t. XVI, col. 417 sq. ; Pacien, De baptismo, P. L., t. xiiii col. 1089 sq. ; Maxime de Turin, Deftaplisnio, tr. III, P. L., t.LVii, col. 771 sq. ; Cyrille de Jérusalem, Catéchèses, P. G., t. xx.xnii col. 369 sq. ; Basile, De Spiritu Sancto, xv, P. G., t. xxxii, col. 128 sq.; Epist. ad Amphitochium, cxcix, ibid., col. 715; Serm., vu, de peccato, viii, de pœnitentia, recueillis par Siméon Métapliraste, ibid., col. 1212 sq. ; Anonyme, De baptismo, liomil. xiii, ad sanctum baptisma, parmi les œuvres de S. Basile, P. G., t. XXXI, col. 423, 1513; Grégoire de Nazianze, Oral., XL, P. G., t. XXXVI, col. 360 sq. ; Grégoire do Nysse, Oratio catechetica magna, P. G., t. xlv, col. 9 sq.; De infantibus qui pnemalure abripiuntur ; Contra différentes baptismum ; In bapli.fmiim Christi, P. G., t. XLVI, col. 161, 415, 580; Sermo in satictiim Paschaet recens ittuminatos, parmi les Spuria de S. Athanase, P. G., t. xxviii, col. 1080; Chrysostome, Ad i7/i(minandos, i, ii. De baptismo 'Christi; homil. xxi, xxv sur le renoncement et le pacte, P. G., t. xlix, col. 224, 363 et passim ; Sophronius, Debaptismateapostolorum.trae., P. G.,t.Lxxxvii[ cxjI. 3372; S. Zenon, Sept invilalions à la fontaine baptismale, P. G., (. XI, col. 253 sq. : S. Jérùme, Epist. ad Oceannm, lxix! P. L., t. XXII, col. 653 sq.; Dialogus adversus Luciferiatws, P. L., t, XXIII, col. 155 sq. ; S. Augustin, Serm. ad compctenles, lvi-i.ix; ccxii-ccxv, in traditione et redditione symboti ; ccxciv, de baptismo paruulorum, P. L., t. xxxviii, cul. 377, 1058, 1335; De catecliizandis rudibus; De symbole ad catechumenas, P. L., t, XL, col. 309, 627; De baplispu) contra donatislus, P. 1.., t. XLiii ; Peregrinatio Sitoiœ, édit. Geyer, Vienne, 1898; S. Léon lo Grand, Epist., xvi, ad universos episcopos per Siciliam constilutos, P. L., t. i.iv, col. 695 ; S. Isidore, De of/lciis, 11,21-27, P. /,., t. LXXXill, col. 814; S. Hildefonso. De cognitione baptismi, P. L., I. xcvi. col. 111 ; Cumofim Hi,,pul,,i,. dans

lAPTÈME DES HÉRÉTIQUES (CONTROVERSE RELATIVE AU

SI" Duchesne, Les origines du culte chrétien, 1' édil., 1898, II. 505, et dans les Texte uni Untersuchungen zur Geschichte ,lpr iiltchiisll. Literalur, Leipzig, 1891, t. vi, fasc. 4; Constit.

,.,.ùst., P. G., t. I.

Travaux ; l'etau, r/ieotoaicocum dogmatum, Pai-is, 1644-1650 ; Marlène, De miliquis Ecclesix ritibus. n^.uon, 1700 ; Visconti (Vicecomes), Obsei-vationes ecclesw.<ii ' '/ ■ ''/•fismi

ritibus et cxremoniis, MUan, iGiô: I' "i no-

mine Jesu C;i)-is(i, Milan, 1733; Dii^i , olog.

tismute vun livr Tuufe. ihid., lUUO.p. 425-402; lieck, Der Libvr (le rebaptismate und die Taufe, dans le Katlwlik, 1900, t. xxi, p. 40-64.

G. Bareille.

III. BAPTÊME DES HÉRÉTIQUES (Controverse reia «iveau). — I- Historique de la controverse. II. Thèse des rebaptisants. III. Décret du pape Etienne. lY. Le l..i|ai'iii. '!'■- l,i'i.'li>iii'- ,.|ii. - -aint Cyprien.

I lli-;.. I , I ■ , ".r.RSE. — Vers la fin du

11 -i.rli . .|ii III : I. . , ; Il II tiques Commencèrent à louibei' m ili-'i 'ilii 1" iiH'i'ii|i ilr leurs membres, touchés de la grâce, demandèrent à entrer dans le sein de l'Église catholique. C'est alors que se posa la question de savoir à quelles conditions on admettrait dans l'Église les hérétiques au moment de leur conversion. Deux cas se présentaient : ou bien il s'agissait de catholiques passés à l'hérésie et, par suite, coupables; ici, pas de difficulté : on leur imposait la pénitence avec un stage plus ou moins long d'œuvres salisfactoires, à la suite duquel avait lieu la réconciliation ; ou bien il s'agissait d'hérétiques ayant reoii le baptême dans l'hérésie; ici, la question ftait i^r.nv.--. r; on la r.'solut dans des sens différents. T.iiiili- 'iiii In- 1. j. mial fut d'imposer seule-

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I I : I -uni clans l'Afrique

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