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L/>' COA I ROI ERSES ET TRAITÉS COMPLÉMENTAIRES

— C'est le groupe le plus important, puisqu'il comprend l'œuvre capitale de Bellarmin avec quelques ouvrages qui s'y rattachent d'une façon plus étroite.

1" Disput<itiones de controversiis christianse fidei adversus Itujus U-mporis hwrelivos. — Cours de controverse professé au Collège romain de 1570 à 1588. 11 fut d'abord imprimé à Ingolstadt en trois in-folio, dont le premier parul en L586, après l'écrit sur la translation de l'empire romain, Autob., S 28, le second en 1588, e-t h- troisième en 1593. Bellarmin revit son œuvre et en lit l'aire à Venise, en 1590, une nouvelle édition en quatre volumes, qui devrait servir de modèle pour toutes celles qui suivraient. Dans Yadmonilio, il dit avoir remarqué dans la première édition aliqua errata

non levis momenti ; mais rien n'autorise à soutenir que les jésuites d'Ingolstadt s'y seraient permis des changementsdésapprouvés par Bellarmin. VoirLiévin de Meyer, op. cit., 1. II, c. xx, t. i, p. 149 sq. Le contenu général de 1 ouvrage répond au but que se proposait l'auteur, de réunir en un seul corps les travaux de détail faits aupa- i ravant sur les points discutés en matière de religion. Le tome Ier traite des règles de la foi ; il renferme trois controverses générales : lre, del a parole de Dieu, écrite ou conservée par la tradition, 1. IV; 2e, du Christ chef de toute l'Église, 1. V; 3", du souverain pontife, son vicaire ici-bas, 1. V. A cette troisième controverse se rattachent les graves questions du pouvoir du pape au spirituel et au temporel. Le tome n a pour objet l'Église; il se divise en quatre controverses générales : lre, de l'Église réunie en concile ou dispersée par toute la terre, 1. IV; 2«, des membres de l'Église militante, clercs, moines et laïques, 1. III ; 3e, de l'Église souffrante en purgatoire, 1. II; 4e, de l'Église triomphante aux cieux, 1. III. A la seconde controverse appartiennent ces questions importantes : immunité des clercs, vœux religieux, origine et nature du pouvoir civil. Le tome m est consacré tout entier aux sacrements, répartis en cinq controverses : lrc, des sacrements en général, 1. II ; 2e du baptême et de la confirmation, 1. II ; 3e, de l'eucharistie, 1. VI; 4e, de la pénitence, 1. IV; 5e, de l'extrême-onction, de l'ordre et du mariage, 1. III. A la quatrième controverse se rattachent les deux livres, publiés à part, des indulgences et du jubilé. Le tome iv s'occupe de la grâce en trois controverses générales ; lre, de la grâce du premier homme, 1. I ; 2e, de la perte de la grâce et de l'état de péché, 1. VI ; 3e du recouvrement de la grâce, matière importante qui se subdivise en trois controverses spéciales : de la grâce et du libre arbitre, 1. VI; de la justification, 1. V; des bonnes œuvres, 1. III. Les Controverses ont eu de très nombreuses éditions, dont les suivantes sont particulièrement appréciées: Paris, 1608, édition des Triadelphes; Prague, 1721; Rome, 1832 sq. Des traductions françaises partielles se trouvent à la Bibliothèque nationale de Paris.

2° De exemptione clericorum liber I, in-12, Paris, 1599. — Opuscule destiné à préciser et à compléter ce que l'auteur des Controverses avait dit précédemment de l'exemption des clercs. Dans le c. i, Bellarmin se demande si les clercs sont exempts du joug de la puissance séculière. Oui, répond-il, ils le sont, et de droit divin, dans les causes ecclésiastiques. Mais s'il s'agit des lois civiles qui ne sont point en opposition avec les sacrés canons et leurs devoirs d'état, les clercs doivent observer ces lois; ils le doivent pour le bien commun et le bon ordre de la société, obligatione non coactira, sed soluni direcliva. Aussi, en cas de violation, leurs juges naturels ne sont point les juges séculiers. Leurs biens jouissent de l'immunité ecclésiastique. Ces privilèges ont pour origine le droit humain et, dans une certaine mesure, le droit divin. Dans le c. il, l'auteur va plus loin et pose cette question : L'exemption des clercs estelle de droit naturel? Non, si l'on considère le droit naturel proprement dit, celui qui est fondé sur les premiers principes et leurs conséquences prochaines; oui, si l'on considère le droit des gens, dont l'objet sont ces conséquences éloignées qui ont besoin d'être déterminées et sanctionnées par les lois positives. Le c. ni résout les objections. Bellarmin dut défendre ces principes dans ses trois grandes luttes politico-religieuses. Voir surtout le traité contre Barclay, c. xxxtv sq. Dans les éditions postérieures des Controverses, L'opuscule /'<• exemptione clericorum se trouve incorporé au tome il, De membris Ecclesise, 1. I, c. icxviii-xxx.

3" Deindulgentiis et jubilœo libri duo, in-8", Cologne, 1599. —Traité complet sur les indulgences. Il devait faire V suite, dans les Controverses, au sacrement de la pénitence, mais le manque de loisirs força Bellarmin à en

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ajourner la publication; elle eut lieu très à propos, au moment où Clément VIII se préparait à proclamer le grand jubilé de l'an 1600. Dans le 1. I, l'auteur résout avec clarté et méthode les questions dogmatiques relatives aux indulgences : leur nature, leur légitimité fondée sur le trésor spirituel de l'Église et le pouvoir qu'elle a de le dispenser, leurs variétés, leurs fruits et leur utilité, enfin les conditions nécessaires pour leur promulgation et pour leur application aux fidèles, vivants ou trépassés. Le 1. II est une réponse aux attaques des novateurs, Luther, Calvin, Hesshus et Kemnitz. C'est à tort que, dans la Selbstbiographie, p. 133 sq., Dollinger et Reusch ont prétendu voir une sorte d'opposition entre la doctrine contenue dans cet ouvrage et les réflexions d'ordre pratique que Bellarmin expose au P. Carminata dans une lettre privée du 5 septembre 1608. Voir Couderc, op. cit., t. I, p. 244 sq.

4° Becognitio librorum omnium Boberti Bellarmini... ab ipso... édita. Accessit correctorium errorum, qui typographorum negligentia in libros ejusdem cardinalis edilionis venetse irrepserunt, in-fol., Rome, 1607; in-8°, Ingolstadt, 1608. — Comme le titre l'indique, la partie principale de ce volume est une revue des ouvrages que Bellarmin avait publiés avant 1607: « J'ai expliqué des passages obscurs, dit-il lui-même au début, j'en ai complété d'autres trop laconiques, ailleurs j'ai fait des corrections, mettant ainsi la dernière main à l'ensemble de mes œuvres. » Presque toules les remarques se rapportent aux Controverses, quelques-unes à l'opuscule De tvanslatione imperii. Sauf ce qui concerne le traité De gratia et libero arbitrio, les changements ou additions sont, en général, peu considérables, mais il en est qu'il est nécessaire de connaître, pour avoir sur plusieurs points importants la pensée exacte et définitive du cardinal. Ainsi, dans le traité De summo pontifice, 1. IV, c. vm, il révoque en doute la chute du pape saint Marcellin qu'il avait admise auparavant; 1. V, c. IV, il précise la nature du royaume du Christ; De eucharistia, 1. III, c. xm, il explique en quel sens, d'après lui, la transsubstantiation peut se dire conversio adductiva; De justi/icatione, 1. I, c. xvn; 1. III, c. ix, il justifie ce qu'il avait dit de la loi comme causa fornialis inchoata justificationis, et de l'incertitude où nous sommes par rapport à notre sanctification. D'autres exemples se rencontreront au cours de cette étude. A la fin du volume il y a un correctorium ou longue liste d'errata se rapportant à l'édition des Controverses faite à Venise en 1596, édition qui, par la négligence de l'imprimeur, s'était trouvée plus défectueuse encore que celle d'Ingolstadt.

//. ŒUVRES DE POLÉMIQUE SPÉCIALE. — 1» De trans-

latione imperii romani a Grœcis ad Francus, adversus Matthiam Flaccium lllyricum, libri très, in-8°, Anvers, 1589(etnonl58i). — Un des principaux champions du pur luthéranisme, Matthias Flack Frankowitz, avait publiée Bâle, en 1566, un livre De translatione imperii romani ad Germanos ; il y niait que l'empire romain eût été transféré des Grecs aux Germains par l'autorité pontificale ; si le fait avait eu lieu, ajoutait-il, ce transfert n'aurait été qu'un abus de pouvoir de la part des papes. Comme ce livre faisait beaucoup de mal dans les cours allemandes, Bellarmin en entreprit la réfutation en 1584, mais il semble que la publication ait été différée jusqu'en 1589. Dollinger, Die Selbstbiographie, p. 88. Dans le 1. I, l'auteur établit d'abord que l'empire romain a été réellement transféré des Grecs aux Francs par l'autorité du souverain pontife, Charlemagne n'étant parvenu à la dignité impériale par aucun autre titre ; puis il soutient, c. xn, qu'en déplaçant ainsi l'autorité impériale, le pape n'a fait qu'user de son droit et de son devoir de déposer les rois et les princes chrétiens, quand la cause du Christ et de l'Église le demande. Dans le 1. II, Bellarmin montre que ce pouvoir s'est appliqué

une seconde fois en 962, quand le pape Jean XII fit passer l'autorité impériale delà famille de Charlemagne et de la nation franque à la famille des Othons et à la nation saxonne. Le 1. III tend à prouver que l'institution des sept électeurs de l'empire est le fait du pape Grégoire V, en 996 ; thèse historique généralement abandonnée maintenant. Sur la question de droit, l'ouvrage De translatione imperii n'est qu'une application de la doctrine de l'auteur des Controverses sur le pouvoir indirect du pape dans les choses temporelles.

2° Judicium... de libro, quem lutherani vocant, Concordise, in-8°, Ingolstadt, 1585. — Les luthériens avaient publié Le livre de la Concorde d'abord en allemand, en 1580, puis en latin, en 1584. Bellarmin y signale de très graves erreurs contre le symbole des apôtres et de nombreuses faussetés ; il relève six erreurs sur la personne du Christ et soixante-sept mensonges. Dans une nouvelle édition, en 1599, il ajouta une Brevis apologia; il y raconte, au début, quelle occasion l'avait amené à publier son Jugement de la Concorde.

3° Besponsio ad prœcipua capita apologiœ, quœfalso calholica inscribitur, pro succcssione Henrici Navarreni in Francorum regnum, auctore Francisco Bomulo, in-8°, Rome, 1586. — Cet ouvrage ne figure pas dans les éditions des œuvres complètes du cardinal. Pendant longtemps on a hésité à lui en attribuer la paternité; mais le doute n'est plus possible. Bibliothèque delà Compagnie de Jésus, édit. C. Sommervogel, t. i, col. 1180. C'est la réponse à une apologie en faveur des droits de Henri de Navarre au trône de France, publiée à Paris en 1585 et qui parait avoir eu pour auteur Pierre de Belloy. Bellarmin, désigné par ses prénoms de François Romulus, s'arrête à ce seul argument: Le chef suprême de l'Église, Sixte V, a déclaré Henri de Navarre hérétique notoire et relaps ; il l'a, comme tel, privé du droit de succession et l'a déclaré incapable de porter la couronne des rois chrétiens. Le développement contient quatre parties. L'auteur de l'apologie se dit faussement catholique; son langage témoigne d'un hérétique, sinon d'un athée. Le secle des huguenots, à laquelle Henri de Navarre appartient, est une secte hérétique, que l'Église catholique a depuis longtemps condamnée. Le siège apostolique a le droit de déposer les princes hérétiques, et de les priver du droit de régner sur lès peuples catholiques. Ce serait donc faire acte d'imprudence et manquer de zèle pour la foi orthodoxe, que de ne pas faire tous ses efforts pour écarter du trône un prince hérétique, jugé et condamné par l'Église. Les idées émises sur le pouvoir du pape dans l'écrit De translatione imperii, c. xu, se retrouvent et sont même développées-dans la troisième partie du présent ouvrage.

4° De controversia Lovanii nuper exorta inter facultatem theologicam et professorem quemdam S. /. — Tel est le titre exact du petit traité que Bellarmin composa vers 1588, pour défendre Lessius contre la censure portée par la faculté de théologie de Louvain. On le trouve imprimé dans Liévin de Meyer, op. cit., t. i, p. 780 sq.. sous ce titre: Scriptum B. P. Boberti, Bellarmini in defensionem doctrines P. Lessii. Après avoir remarqué que les controverses relatives à la providence, à la grâce suffisante et efficace, à la prédestination et à la persévérance, viennent toutes d'une même source, la divergence de vues sur la manière dont Dieu concourt avec le libre arbitre, Bellarmin soutient que le système des prédéterminations physiques ne peut pas se recommander de la tradition catholique, la plupart des scolastiques et des Pères enseignant expressément que la volonté n'est pas prédéterminée dans les actes libres; il justifie ensuite dans le détail les assertions de Lessius. Dans cet écrit, comme dans l'échange de lettres qui eut lieu à la même occasion, le professeur du Collège romain ne fait de réserves que sur deux points : l'élection à la gloire ex prsescientia meritorum, et la troisième

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proposition de Lessius sur l'Ecriture sainte : Liber aliquis (qualis forte est secundus Maeliabœorum) kumana industriel sine assistentia Spiritus Sancti scriptus, si Spiritus Suintas postea tesletur ibi nihil esse.falsum, ■efficitur Scripturasacra. Schneemann,op. cit., p. 13Ssq., 4SI. On peut lire dans ce même auteur l'appréciation plus sévère que porta Bellarmin sur les vingt propositions de Jacques .lanson, déférées à Rome, et son jugement sur toute la controverse : Censura ad sentenlias Lovanio missas, p. 366; Sententia Bellarmini de controversia Lovaniensi, p. 367 sq.

5° Responsio ml librum anonymum,cujus titulusest: Aviso piacevole tl<il<> alla bella Italia. — Cet opuscule, divisé en vingt-quatre chapitres, parut d'abord comme appendice au traité De summo pont ifice, dans l'édition des Controverses faite à Venise en 1599; il se retrouve aussi parmi les Opuscula dans les œuvres complètes de Bellarmin. L'Avis bienveillant donné à la belle Italie par un jeune gentil/tomme français n'était qu'un pamphlet, où Nicolas Perrot se déchaînait sans mesure contre Sixte-Quint et la papauté; il prétendait montrer l'Antéchrist dans le souverain pontife, opposait à la cour romaine des textes empruntés à Dante, Pétrarque et Boccace, enfin, pour terminer dignement, lançait contre le pape cinquante et un poèmes satiriques. Après avoir relevé finement le procédé' peu noble de ce gentilhomme anonyme qui traitait en riant des sujets les plus sacrés, le cardinal renverse avec vigueur les arguments que le jeune pamphlétaire avait prétendu •emprunter à la tradition catholique pour décrier la papauté; aux textes invoqués des grands poètes italiens, il oppose les passages nombreux et si beaux, où ils ont fait entendre des accents tout autres; enfin il réduit à néant les accusations satiriques portées contre Sixte- Quint et les papes.

0° Befutatio libelli de cultu imaginum, qui falso synodus Parisiensis inscribitur. — Opuscule très court, qui parut dans l'édition vénitienne des Controverses, comme appendice au traité De cultu imaginum ; il élait dirigé contre une publication anonyme, faite à Francfort en 1596 : Synodus parisiensis de imaginibus, anno 824. Ex vetustissimo codice descripta. Bellarmin soumet à une sévère critique les données du manuscrit invoqué et la doctrine, peu favorable au culte des images, qu'on y attribue au synode parisien de 824; il conclut à un faux synode et à un manuscrit sans autorité; conclusion qui, aujourd'hui, n'est plus adoptée. Hefele, Histoire des conciles, trad. Delarc, t. v, p. 236 sq.

7° Risposla del cardinal Bellarmino ad un librclto inlitolato : Bisposta di un doltore di teologia ad una lettera scritlagli... sopra il brève di censure délia Santila di Paolo V..., in-4°, Rome, 1606. — 8U Bisposta... ad un libretto inlitolato : Traltato e risolulione sopra la validità délie scornuniclic di Giov. Gersone, in-4°, Rome, 1606. — 9° Bisposta... al Traltato dei selle teologi di Venezia sopra l'interdetto... ed aile opposizioiii di F. Paolo Servita contra la prima scrittura dell' islesso cardinale, in-4°, Home, 1606. — 10° Bisposta... alla difesa délie otto proposizioni di Giovanni Mareiglio Napolitano, in-4°, Borne, 1606. — Tous ces écrits se rapportent à la controverse vénitienne; l'objet en est suffisamment connu par ce qui a été dit de cette controverse dans la notice historique. Ils se retrouvent traduits en latin et groupés autrement dans les éditions complètes dis œuvres de Bellarmin, par exemple dans l'édition de Cologne, 1017, t. vu, p. 1027 sq.

11" Responsio Matthœi Torti presbyteri, et theologi papiensis, adlibrum interiptum: Triplici nodo triplex cuneus, in-8°, Cologne 1608, — C'est la réponse à l'apologie de Jacques [•' ; réponse digne et solide où, sans négliger les points secondaires, ni particulier les accusations portées par h' roi d Angleterre contre ses sujets catholiques, le champion du saint-siège insiste avanl

: tout et à bon droit sur la question capitale, le serment d'allégeance. Pour Jacques Ier, le principal moyen de défense consistait à soutenir qu'il s'agissait uniquement de l'hommage civil, dû par des sujets à leur prince légitime. Afin de montrer que la portée du serment dépasse l'ordre purement politique, Bellarmin en invoque d'abord le titre, qui témoigne manifestement d'une préoccupation religieuse :ad detegendoset reprimsndos papistas. Argument d'autant plus fort que, d'après un historien anglican, le serment avait été rédigé avec l'intention expresse de mettre une distinction entre les catholiques qui niaient et ceux qui admettaient dans le pape le pouvoir de déposer les rois. S. Gardiner, History of Engiand front Un; accession of James 1, in-S", Londres, 1887, t. i, p. 288. Le cardinal examine ensuite

] le contenu même du serment; trois pouvoirs y sont niés qui, suivant la doctrine énoncée dans plusieurs conciles généraux, appartiennent au pape : pouvoir de déposer les rois quand le bien spirituel de l'Église le demande, pouvoir de les excommunier en cas d'hérésie, pouvoir de délier les chrétiens des vœux et des serments quand la gloire de Dieu et le saint des âmes l'exigent. Comparant enfin la formule de Jacques Ier avec le serment de suprématie imposé par Henri VIII, il n'y reconnaît qu'une diflércnce d'expression, ce qui est dans l'un d'une façon nette et explicite se trouvant dans l'autre d'une façon implicite, en termes obscurs, équivoques et captieux. Appréciation qui n'étonnera guère, si l'on remarque qu'un historien protestant a dit du serment d'allégeance, qu'il était en fait une reconnaissance de la suprématie royale. L. Ranke, Englische Geschic/Ue, in-8», Berlin, 1859, t. i, p. 542,

12° Apologia Boberli S. B. E. cardinalis Bellarmini, pro responsione sua ad librum Jacobi, Magnse Briiannise régis, cujus tilulus est : Triplici nodo tripler cuneus: in gua apologia refellitur prwfalio monitoria régis cjusdem, in-4°, Rome, 16C9. — Comme l'écrit de Jacques Ie' qui la provoqua, cette apologie était adressée à l'empereur et à tous les rois et princes catholiques. Cf. Episl. famil., lxviii. Avec un calme et une majesté d'allure qui contrastent singulièrement avec le ton prétentieux et la marche lourde de son adversaire, l'habile conlroversiste relève d'abord la dignité, méconnue par le roi d'Angleterre, du souverain pontificat et de la pourpre cardinalice; puis il discute sa prétendue justification du serment d'allégeance et défend contre ses attaques le pouvoir indirect du pape sur les choses temporelles et l'exemption des clercs. Comme pour se disculper d'être apostat et même hérétique, Jacques Ier avait fait une longue profession de foi, remarquable à titre de document historique, où il adhérait aux symboles des apôtres, de Nicée et de saint Athanase, puis aux dogmes tenus d'un consentement unanime par les Pères des quatre premiers siècles, mais s'opposait vivement aux doctrines de l'Église romaine touchant les Écritures, le culte des saints, des morts, des reliques et de la croix, le purgatoire, la transsubstantiation, la primauté et l'infaillibilité pontificale, etc., le cardinal le suit sur ce terrain ; on trouve par le fait même dans cet écrit une apologie substantielle et instructive des doctrines catholiques, que le chef de l'Église anglicane avait attaquées. Les trois derniers chapitres sont consacrés à la réfutation de trois listes de prétendus mensonges, histoires fausses ou dogmes nouveaux.

13° Tractatus de poleslate summi pontifias in rébus temporalibut, adversus Gulielmum Barclay, in-8», Borne, 1610. — Le titre de cet ouvrage en indique l'objet. Aux quarante et un chapitres du livre inachevé de Barclay, Bellarmin en oppose quarante-deux, où il soutient, en lui donnant de nouveaux développements, la doctrine du pouvoir indirect du pape, répond aux objections laites par l'adversaire et défend les arguments dont il s'était servi lui-même dans son traité De romano poil-

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tifi.ce, 1. V, c. vi sq. Dans les prolégomènes, il apporte les témoignages de nombreux auteurs de nationalités diverses, et des conciles généraux de Latran en 1215 et de Lyon en 1215.

14° Roberti S. B. E. card. Bcllarmini Examen ad librum falso inscription : Apologia cardinalis Bellarmiui pro jure principum, elc., auctore Bogero Widdringtono, catholico anglo, in-8°, Rome, 1612. — Cet ouvrage n'est connu que par son titre et par les indications données par le P. Zaccaria, qui se proposait de le publier dans une nouvelle édition des œuvres de Bellarmin. Couderc, Le vénérable cardinal Bellarmin, 2 vol. in 8°, Paris, 1893, t. n, p. 140. Le cardinal en parle luimême dons son autobiographie, g 50, et dans une lettre du 12 septembre 1612 à l'arehiprétre d'Angleterre Birkhead. Epist. famil., xcvi. Le cardinal Pas=ionei et beaucoup d'autres, avant ou après, ont prétendu identifier ce livre avec la réfutation de Ro^er Widdring, ton, publiée en 1613 à Cologne, par Adolphe Sehulcken, et insérée par Rocaberti dans sa Bibltotheca maxima ponlificia, Rome, 1698, t. il. L'identification est vraie en ce sens que le manuscrit de Bellarmin lut envoyée Cologne avec pleine liberté d'en tirer le parti qu'on jugerait convenable. Schulkan utilisa de fait, non seulement la doctrine, mais les trois quarts du temps, la rédaction même de Bellarmin. Ces conclusions différentes de celles qui avaient été émises précédemment reposent sur l'examen du manuscrit autographe retrouvé depuis lors par l'auteur de cet article et de la correspondance échangée entre Aquaviva et les Pèros de Cologne.

///. ŒUVRES D' EXEGESE ET DE LITTÉRATURE SA- CRÉE. — 1° In omnes Psalmos dilucida expositio, in-4°, Rome, 1611. — Commentaire remarquable, où le cœur n'eut pas moins de part que l'esprit. Epist. famil., xcviii. De là un parfum de piété et donction qui s'allie heureusement avec une intelligence du texte sérieuse et approfondie. Richard Simon a donné de cette œuvre une appréciation judicieuse : « La méthode que le cardinal Bellarmin a suivie dans son commentaire des Psaumes est bonne et digne de lui. Il examine le texte hébreu qui est l'original, puis les deux anciennes versions que l'Église a autorisées. Il n'est pas cependant assez critique, et il ne parait avoir su que médiocrement la langue hébraïque; de sorte qu'il se trompe quelquefois. Comme il a écrit après Génébrard, il a pris de lui la plupart de ce qui regarde la grammaire et la critique, en y changeant seulement quelque chose. Il y a aussi des endroits qu'il aurait pu expliquer plus à la lettre et selon le sens historique; mais il y a bien de l'apparence qu'il ne l'a pas voulu faire; afin que son commentaire fût plus utile aux chrétiens. » Histoire critique du Vieux Testament, 1. III, c. xn, in-4°, Rotterdam, 1685. Les exégètes protestants ont aussi rendu hommage à la valeur de cet ouvrage. Voir le P. Cornely, Introductio generalis, Paris, 1885, p. 681, 683. On compte plus de trente éditions et diverses traductions, en particulier une traduction française par l'abbé E. Darras, 3 in-8°, Paris, 1856.

2° De edilione lalina vulgata, quo sensu a cimeilio Tridentitio défini twnsit, ut ea pro au tliertticahabeatur. — Dissertation publiée en 1749, à Wurzbourg, par le P. Widenhofer, d'après un manuscrit autographe de Bellarmin, trouvé chez les jésuites de Malines. L'authenticité en a été défendue dans les Mémoires de Trévoux, septembre et octobre 1753, a. 94, 100, 105. L'auteur se demande en quel sens le concile de Trente a déclaré authentique la version latine de la Bible, dont l'Église se sert depuis saint Jérôme. Réponse : « Tous ceux que j'ai pu lire jusqu'à présent paraissent s'accorder sur di'ux points touchant la Vulgate, savoir : que cette version doit être regardée comme exempte de toute erreur, en ce qui concerne la foi catholique et les bonnes

mœurs, et qu'elle seule doit être conservée dans l'usage public des églises et des écoles, quoique d'ailleurs il puisse s'y trouver des fautes. » Onze témoignages sont cités, depuis Driedo jusqu'à Génébrard; puis la thèse est confirmée par cinq raisons, tirées soit du décret luimême, soit de la comparaison de la Vulgate avec les textes originaux, soit de l'expérience qui nous force à reconnaître des fautes en maint endroit de cette version. Comparer, dans les Controverses, le traité De verbo Dei, 1. II, c. x sq. Cette dissertation, sous sa forme actuelle, appartient à l'époque où Bellarmin était déjà professeur au Collège romain, car on y trouve cités plusieurs ouvrages, dont les premières éditions sont de 1577, 1578 et 1580. Mais il est possible qu'il y ait eu une première rédaction à Louvain. L'étude que Bellarmin lit alors de la sainte Écriture est attestée par un exemplaire de la Bible, annoté de sa main, qu'on conserve encore aujourd'hui à la bibliothèque de l'université de cette ville. Couderc, Le vénérable cardinal Bellarmin, 2 vol. in-8°, Paris, 1893, t. il, p. 141, note 2. En outre, une lettre adressée, le 1er avril 1575, au cardinal Sirlet, porte précisément sur le même objet que la dissertation. Voir, pour cette lettre, Mor Batiffol, La Vaticane de Paul II l à Paul V, Paris, 1890, p. 29 sq.; J. Thomas, Mélanges d'histoire et de littérature religieuse, in-12, Paris, 1899, p. 312 sq. On trouve une traduction française de la dissertation de Bellarmin dans la Bible de Vence, généralement au t. i, parmi les préliminaires.

3° Instituliones linguse hebraiese ex optimo quoque auctore colleclœ, et ad quantam maximam fieri poluit brevitatem, perspicuitalem alque ordinem revocatre, in-8°, Rome, 1578. — Bellarmin composa cette grammaire hébraïque à Louvain pour son propre usage, et s'en servit ensuite dans l'intérêt de ses élèves; c'est son premier ouvrage imprimé. Autob., § 23, 28. Dans quelques éditions, on ajouta un exercice sur le Ps. xxxi, et un lexique. Cette grammaire, de valeur secondaire, est depuis longtemps vieillie.

4° De scriptoribus ecclesiaslicis liber unus, in-4°, Rome, 1613. — Catalogue des écrivains ecclésiastiques jusqu'en 1500, avec une courte chronologie depuis la création du monde jusqu'en 1612. Dans une préface qui se lit dans les anciennes éditions, Bellarmin explique comment, professeur de théologie à Louvain, il fut amené à composer cet ouvrage en parcourant les auteurs anciens pour se servir de leur doctrine et aussi pour distinguer leurs écrits authentiques des apocryphes. Il le retoucha et l'augmenta quarante ans plus tard, avant de le publier. Livre assurément imparfait, mais remarquable pour l'époque et témoignant tout à la fois d'un travail considérable et d'un grand esprit d'initiative. Aussi valut-il à son auteur l'estime des érudits, même protestants, comme le proclameentreautres J. Fabricius. Historiabibliotliecœfabricianx, part. V, Wolfenbuttel, 1722, p. 448. 11 a eu plus de vingt éditions, dont la principale est celle du T. Jacques Sirmond, Paris, 1617. Le P. Labbe, André du Saussay et Casimir Oudin ont travaillé successivement à le rendre plus correct et plus complet.

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