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BÉNÉDICTINS (TRAVAUX DES

theca ascetica antiquo-nova, recueil d'ouvrages ascétiques dus à des bénédictins. Religieux de Saint-Emmeran de Ratisbonne, puis abbé de Michelfeld, Henri Hardter (fl738) est autrui- d'un traité intitulé : De efficacia panitentia in peccata venialia. Augustin Magg(-j-1736), moine de VVeingarten, a publié divers ouvrages sur des questions de théologie morale. Reginald Perckmayr (y 17 1J . de Saint-Ulrich d'Augsbourg, fait imprimer un traité De sacra/mentis. Prolesseur de théologie, Grégoire Kurtz y 1750), de Bamberg, est auteur d'une Theologia sophistica i*i compendic détecta sive 537 propositiones in theologia christiano-catholica maie noise. Anselme Schnell (-J-1751), moine de Weingarten, publie divers cours de théologie : Cursus theologise scholasticœ abbreviatus; Cursus theologia moralis abbreviatus ; Cursus theologise polemicse abbreviatus ; Cursus philosophise aristotelico-thomistica abbreviatus. L'ouvrage de Gérard Zurcher (1752), moine de Saint-Gall, Historia psenitenlise, ne se rapporte qu'indirectement à la théologie. François Pappus (f 1753), abbé de Merherau, dans son Scholaslicum personse ecclesiasticse breviarium, étudie diverses questions de droit et de théologie morale. Emilien Naisl (f 1753), moine de Weihenstephan en Bavière, connu surtout par ses ouvrages ascétiques, rélute les écrits du luthérien Louis de Seckendorf. Engelbert Hœrmann (f 1754), moine d'Attel, publie divers écrits intitulés : Responsum Niculai S. P. ad consulta Bulgarorum de baptismate in nomine Christi collato ab errore vindicatum ; Dogmatica Romani ponti/icis Joannis XXII sententia de statu animarum ante universalem corporum resurrectionem vindicata ; De humana Christi voluntale; Dogmata Ecelesiœ et scholse de peccato actuali. Outre un ouvrage de polémique, Examen theologicum doctrinee Quesnelliaiise, l'Écossais Marien Brockie (f 1757), professeur à Erfurt, publie Scotus a scoto propugnalus, seu principaliores quœstiones aristotelico-philosophica cum parergis ex universa philosophia ad mentem Joâ. Duns Scoti. Abbé de Roten en Bavière, Corbinien Graez(fl757) est auteur d'un traité de De alla clavium potestate circa materiam fidei. Thomas Schmitz (f 1758), moine de Brauweiller, publia une Theologia scholastica ad mentent D. Aquinatis. Président de la congrégation bavaroise et abbé de Tegernsee, Grégoire Plaichshirn est auteur des ouvrages suivants : Quœstiones disputatse thomislas itiler et scotistas; Meritum reviviscens ; Tb formate peccali; Gratia S. Augustini a diversis tant praterito quam nostro tempore imputatis erroribus Immunis. Célestin Oberndorfer (f 1765) publia divers écrits théologiques parmi lesquels Systema theologicodogmatico-historico-criticum ; De sacramento ordinis ; De usu formie conditionatœ ; Dissertatio de caritatis iiiiiio. Il laissa inachevée une Theologia âogmatico-historico-scholastica que termina son disciple, le bénédictin Anselme Zacherl (f 1806). Romain Eflingen (yl766), moine de Hheinau, prit part aux controverses qui agitèrent le xviii0 siècle par son Judicium D. T/iomse Aquinatis in ra usa maxime conlroversa, sive Concordia thomislica libertatis creatœ in linea gratiœ et naturœ cum inlriusçcu rf/iiinia rnlunlalis divinae sine prœtleterminatione physica et scientia média. Anselme Erb (f 1767,i, abbé d'Ottobeuren, publie un traité des cas réservés : Tractatus theologico-canonicus de casibus reservalis in génère et in specie, et Bède Cachée (f 1767), d'Ochsenhausen, est auteur d'un ouvrage intitulé: Spéculum m œnigmate, idest de Deo et at tribu tis ejus. Otto Sporer (y 1768) publie des Rccollecliones morales super theologiam universam. Marien Pruggbergei' i|- 177(1) étudie les lieux théologiques dans ses Fontes sacra doctrinee. Le Bavarois Virgile Sedlmayr (|- 1772), religieux de Wessobrunn, a laissé un grand nombre d'ouvrages parmi lesquels : <:ursus philosophia; iSystema thculoijtœ dogmatico-scholastica juxta metho-

dum S. Thoma Aquinatis ; Theologia mariana; Nobilitas B. Maria: V. sine labe conceplse ; Re/lexiones /.rceiiav in materiam de gratia; Praedeterminatio infallibilitans ad unum; Catalogus Itœresum. Outre plusieurs traités de philosophie nous devons à Lanfrid Henrich (f 1773) un écrit sur les hiérarchies angéliques : Hierarchia angelorum ail mentem Dionysii, et un ouvrage intitulé: Joannes Cassianus pelagianismi postulatus a R. D. Prospero Prantner vindicatus. Boniface Schrazenthaler (f 1775) publie un traité intitulé : Chris tus theologice expensus, sire disserlationes theologieaedogmaticii-iioleniico-scltolasticœdeYcrboet Verbo incarnatu. Gall Cartier (y 1777), d'Ettenheimunster, a laissé entre autres écrits : Tractatus theologicus de sacra Scriptura; Theologia universalis ad mentem et methodum celeberrimorum nostrse setatis theologorum ac S. Scriptura interpretum; Authoritas et infallibilitas SS. Pontificum in fidei et morum quastionibus dejiniendis stabilita. Il était frère de Germain Cartier, religieux dans le même monastère, connu par ses travaux sur les saintes Écritures. Anselme Molitor ou Muller (f 1778), abbé de Deggingen, est auteur d'un traité : De potestate Ecelesiœ legislativa, coaclica et dectaratoria. Un moine de Weingarten, Martin Burinn (y 1782), publie contre les protestants un écrit : De sécréta singtdoru»i peccalorum confessione, et un religieux d'Isnen, Willibald Lay (f 1795), traite la même question dans un ouvrage en langue allemande. Meinrad Schwikardt (f 1787), d'Ottobeuren, fait imprimer une dissertation De sacramento baptismatis juxta doctrinam et disciplinam Ecelesiœ atque theologise scltolaslico-dogmaticœ placita. Professeur à l'université d'Ingolstadt, Emilien Reit (f 1790) publie Systema theologise moralis christianœ, et Boniface Schleichert (f 1790). de Breunov et professeur à l'université de Prague, écrit ses Jnstitutiones historise literarix theologia} et une théologie apologétique contre les incrédules et les hérétiques de la fin du xvme siècle. Martin Gerbert (y 1793), abbé de Saint-Biaise en la Forêt-Noire, a laissé un grand nombre d'écrits parmi lesquels : Theologia velus et nova circa prsesentiam Christi; Demonstratio verœ rcligionis verœque Ecclesite; De communione poteslatis ecclcsiasticœ inter summos Ecclesise principes, pontifices et episcopos ; De légitima ecclesiaslica potestate; De sclectu theologico circa effectus sacramenlorum ; De eo quod est juris divini et ecclesiastici in sacramentis; Apparatus ad eruditionem theologicam ; De recto et perverso usu theologia, et une série d'ouvrages sous les titres de Principia theologise exegeticx ; Principia theologise dogmatiese, synùtolicx, mysticae, canoniew, moralis, sacramentalis, liturgica. Placide Sturmer (fl79i) et Célestin Trunk (f 1796) écrivent sur le mystère de la sainte Trinité, mais le premier semble favoriser le trithéisme. Le Bavarois Beda Mayr (179i) veut trouver un terrain de conciliation entre les catholiques et les protestants : il publie divers ouvrages dans ce but, mais ne sait pas se tenir à l'abri de toute erreur. Joseph Reindl traite la difficile question des enfants morts sans baptême dans un écrit intitulé : Justiâcatio parvuli sine martyrio et baptismate in re suscepto novis conatibus maie defensa. Outre des ouvrages de théologie : Compendium theologise dogmatica?, scholastica! et moralis; Institutiones theologia mystica, Dominique Schram (f 1797), de Banth, publie un utile ouvrage de patristique : Analysis operum SS. Patrum et scriptorum ecclesiasticorum. Romain Koegl (•[■ 1800), moine d'Ettal, s'efforce de résumer la doctrine de saint Jean Chrysostome dans un écrit auquel il donne le titre de Spiritits S. Chrysostomi, seu doctrina moralis ex ejusdem aureis operibu8. Jean-Baptiste Enhuber(-f- 1800), de Saint-Emmeran de Ratisbonne, avait préparc'' une édition des oeuvres d'Alcuin; niais ce travail ne fut pas public'' et il ne reste de cet auteur qu'une dissertation De luvresi Elipandi*

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2° En Italie, parmi les religieux de la congrégation du Mont-Cassin qui se distinguèrent dans les sciences théologiques, nous remarquons Bernard Bissus (-J- 1710), auteur de divers traités de morale sous le titre de Decas ad moralem scientiam et d'ouvrages intitulés : Hierurgia siverei divinse peraclio ; Crisis de probabilitate. Archéologue, littérateur et historien, Benoit Bacchini (f 1721) publie une dissertation De ecctcsiasticse hiérarchise originibus. Placide Caparelli (1727) fait paraître : Synopsis ad sacram dogmaticam thcologiam hebraicam grœco-latinam. Jean-Gaspar Beretta (-J-1736) se tait remarquer comme professeur de théologie et de philosophie à l'université de Padoue, et Placide Troici publie une Theologia positiva, polemica, scholastica et historien. Nicolas-Marie Tedeschi (fl7il), moine de Saint-Nicolas de Catane, professeur de théologie, membre de plusieurs congrégations romaines, évèque puis archevêque, s'applique à faire connaître et goûter la théologie de saint Anselme : Scholœ D. Anselmi doclrinse, et Sacrée theologiœ synopsis. Président de la congrégation du Mont-Cassin, Cyprien Benaglia (f 1750) est surtout connu comme philosophe : il est auteur d'un Examen philosophiez novee et veteris. Ange-Marie Quirini (f'1755), cardinal et évèque de Brescia, publie un Enchiridion grœcorum quod de illorum dogmalibus et ritibus romanorum pontificum décréta post schismalis epocham édita. A Jean-Baptiste Federici (1792) on doit une dissertation sur l'immaculée conception, et Nicolas- Antoine Giustiniani (f 1796) fait paraître une édition des œuvres de saint Athanase.

3° En Espagne, Jean-Baptiste Lardito (1700) professe à l'université de Salamanque et publie plusieurs ouvrages où il s'applique à commenter la doctrine de saint Anselme. Emmanuel Navarro (1708) fut également professeur à Salamanque et devint supérieur général de la congrégation de Valladolid. Il publia diverses dissertations De sacro-sancto Trinitalis mysterio ; De angelis ; De virtutibus theologicis. Benoit Jérôme Feijoo y Monténégro (fl76i) est auteur d'un ouvrage sur les principales erreurs de son époque. Dans le Portugal, un bénédictin, Jean de l'Expectation,fait paraître son Systema theolugicum ad mentent S. Anselmi, et Antoine-Joseph Bodriguez publie Demonslratio religionis chrislianse, et Theologise moralis et civilis traclatus. Au Brésil, Mathieu Pinna (1729) revendique les droits de la vérité dans un écrit intitulé : Defensio doctrinm S. Matris Ecclesise in conslitulione Unigenitus adversxis errores P. Quesnelli.

4° Les religieux de la congrégation de Saint-Maur continuent leurs éditions des Pères. Malheureusement le venin subtil de l'hérésie janséniste se fait trop souvent sentir dans leurs travaux. Les œuvres de saint Bernard sont éditées par dom Jean Mabillon (f 1707), qui écrivit la préface de l'édition des œuvres de saint Augustin publiées sous la direction de dom Thomas Blampin (f 1710). Ilildebert, évèque du Mans puis archevêque de Tours, eut pour éditeur dom Antoine Beaugendre (f 1708); saint Grégoire le Grand dom Thierry Buinart (-j-1709), qui fit également imprimer les Acta primorum martyrum sincera et collecta. Dom Gabriel Gerberon (f 1711) édita les œuvres de saint Anselme et publia Apologia pro Ruperto abbate Tuitiensi, où il montre que ce célèbre abbé n'a jamais erré dans sa doctrine sur l'eucharistie. Les œuvres de saint Irénée trouvent un éditeur dans dom Bené Massuet (-J-1716); celles de saint Jérôme sont publiées par dom Jean Martianay (-J-1717); celles de saint Cyrille de Jérusalem par dom Augustin Touttée (f 1718) et dom Prudent Maran (fl762), éditeur des œuvres de saint Cyprien et de saint Justin. Ce dernier avait été en outre le collaborateur de dom Julien Garnier (fl725) pour l'édition des œuvres de saint Basile. Dom Denis de Sainte-Marthe (f 1725) publie les ouvrages de saint Grégoire le Grand ; dom Pierre Coustant

(f 1721) ceux de saint Hilaire, et il avait préparé une grande collection des lettres des papes, dont un seul volume a paru. Les pères Charles (fl739) et Vincent de la Rue (f 1762) publient les œuvres d'Origène; dom Bernard de Montfaucon (f 1741) celles de saint Jean Chrysostome et de saint Athanase ; il édite en outre ce qui nous reste des Hrxaples d'Origène, les Analecta grseca seu varia opuscula grseca hactenus non édita et le livre de Philon sur la vie contemplative. Dom Charles Clémence! (fl778), avec l'aide de dom Louvart (f 1739) et de dom Maran, publie les œuvres de saint Grégoire de Nazianze. A ces travaux de patristique, il faut joindre l' Apparatus ad Bibliothecam maximam Pa'rum, de dom Nicolas le Nourry (f 1724) qui avait été le collaborateur de dom Jacques du Frische dans son édition de saint Ambroise et qui publia lui-même le De mortibus persecutorum de Lactance. Outre ces grandes éditions des Pères, il nous faut mentionner quelques autres travaux des bénédictins de la congrégation de Saint- Maur. Dom François Gesvres (f 1705) prit ouvertement la défense du trop célèbre Arnauld dans un écrit qu'il intitula : Defensio Arnaldina, seu analytica synopsis de correptione et gratia ab Ant. Arnaldo doctore et socio Sorbonico a. iGGA édita, ab omnibus reprehensorum calumniis vindicata. Dom Hugues Mathoud (f 1705) publie Roberli Pulli S. R. E. cardinalis et cancellarii, theologorum, ut vacant, scholaslicorimi antiquissimi sententiarum libri VIII. Item Pétri Pictaviensis... sententiarum libri V. Dom Claude David (•f 1705) est auteur d'une dissertation sur saint Denis l'Aréopagite où il s'efforce d'établir que ce saint est l'auteur des ouvrages qui portent son nom. Parmi les njmbreux écrits du pieux et docte Mabillon, on remarquera les préfaces des volumes des Acta sanctorum ordinis sancli Benedicti, renfermant des observations et dissertations fort utiles pour l'histoire du dogme et la discipline ecclésiastique; son traité des Études monastiques ; une lettre De cultu sanctorum ignotorum; une autre sur le discernement des anciennes reliques; une dissertation De pane eucharistico azymo et fermenlato, et un livre intitulé : La mort chrétienne sur le -modèle de Notre- Seigneur et de plusieurs saints. Il publia en outre une importante collection d'auteurs anciens sous le titre : Vêlera analecta, seu collectio velerum aliquot operum et opusculorum. A cette publication il faut joindre le Musxum italicum seu collectio veterum scriptorum ex bibliothecis italicis. Dans un grand nombre de ses travaux, il eut pour collaborateur dom Michel Germain (f 1694). Outre quelques traités contre les calvinistes, dom Michel Fouqueré (f 1709) a composé Celebris historia monothelitarurii atque Honorii controversia scruliniis octo comprehensa. Dom François Lamy (f 1711) a publié de nombreux ouvrages parmi lesquels : Vérité évidente de la religion chrétienne; Le nouvel athéisme renversé ou réfutation du système de Spinosa ; Lettre d'un théologien à un de ses amis sur un libelle qui a pour titre : Lettre de l'Abbé'" aux RR. Pères Bénédictins sur le * dernier tome de leur édition de saint Augustin; Lettres théologiques et morales sur quelques sujets importants ; L'incrédule amené à la religion par la raison en quelques entretiens où l'on traite de l'alliance de la raison avec la foi. Dom Gabriel Gerberon (f 1711) a été l'un des plus ardents défenseurs des doctrines jansénistes et a toujours refusé de se soumettre aux condamnations qui les frappaient. Dans presque tous ses écrits, publiés pour la plupart en pays étranger et sans nom d'auteur, se retrouvent ces erreurs et maintes fois ils n'ont d'autre but que de vouloir les défendre et les justifier. Parmi les ouvrages de ce religieux mort impénitent nous mentionnerons : Avis salutaires de la B. Vierge Marie à ses dévols indiscrets; Dissertation sur V Angélus ; Le miroir de la piété chrétienne où l'on

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considère avec des réflexions morales l'enchaînement des vérités catholiques de la prédestination et de la grâce de Dieu et de leur alliance avec la liberté de la créature ; Mémorial historique de ce qui s'est passé en France depuis l'année 1647 jusqu'en 1053 touchant les eirtij propositions tant à Paris qu'à Rome, et plusieurs autres ouvrages sur le jansénisme. Contre les sociniens et les protestants, dom Léonard Massiot (f 1717) écrit un Traité du sacerdoce et du sacrifice de Jésus-Christ et de son union avec les fidèles dans ce mystère. Dom Denis de Sainte-Marthe (f 1725), qui fut supérieur général de la congrégation de Saint-Maur, prend la délense de l'édition des œuvres de saint Augustin, et écrit contre les calvinistes un Traité de la confession auriculaire. Dom Louis Disant (fl726) publie un Traité historique et dogmatique des privilèges et exemptions ecclésiastiques. Après s'être montré ardent partisan des doctrines jansénistes et en avoir appelé de la bulle Unigenitus, dom Vincent Thuillier (f 1736) avait sincèrement reconnu son erreur et s'était soumis aux décisions du souverain pontife. Pour expliquer sa conduite, il publia deux Lettres d'un ancien professeur de théologie de la congrégation de Saint-Maur qui a révoqué son appel, à un autre professeur de la même congrégation qui persiste dans le sien. 11 a fait paraître en outre une Histoire de la nouvelle édition des œuvres de saint Augustin, et un choix d'auteurs anciens sous le titre : Vêtus disciplina monastica, seu Collectio auctorum O. S. B. qui de monastica disciplina tractarunt. Il avait préparé une Histoire de la constitution Unigenitus, dont la publication a été commencée par M. l'abbé Ingold. Dom Norbert Jomart (f 1738) a publié deux petits écrits intitulés : Avis touchant la crainte se.rvile; Avis important toucliaat la conscience erronée. Dom Edmond Martène (f 1739) ne s'occupa pas de travaux théologiques proprement dits : cependant son Commentaire sur la sainte Règle, son grand ouvrage De antiquis Ecclesiae rilibus, et surtout son Veterum scri plorum amplissima collectio doivent le faire placer parmi les religieux qui ont rendu de grands services aux sciences sacrées. Dom Edme Perreau (f 1741) a publié un Traité philosophique et théologique de la vérité. Dom Louis de la Taste mort évêque de lîethléem en 1754, a publié des Lettres théologiques contre les convulsions et les miracles attribués au diacre Paris. Dom Prudence Maran (-j-1762),que nous avons eu déjà l'occasion de nommer, est auteur de divers ouvrages de polémique : La divinité de N.-S. Jésus- Christ prouvée contre les hérétiques et les déistes par les Ecritures de l'Ancien et du Nouveau Testament ; La doctrine de l'Ecriture et des Pères sur les guérisons miraculeuses; Les grandeurs de Jésus-C/wist et la défense de sa divinité. C'est également contre les jansénistes et les philosophes que dom Nicolas Jamin (f 1782) publia Pensées lliéologiques relatives auxerreurs du temps présent. Outre une édition des œuvres de Bossuet, dom Pierre Deforis, qui mourut sur l'échafaud en L 794 victime delà Révolution, lit imprimer : Réfutation d'un nouvel ouvrage de J.-J. Rousseau, intitulé « Emile ou de l'Éducation »; Préseri<alif pour les fidèles contre les sophismes et les impiétés des incrédules ; L'importance et l'étendue des obligations de la vie monastique pour servir de réponse aux ennemis de l'ordre monastique; Exposition de la doctrine de l'Église sur les reclus chrétiennes.

5° Parmi les bénédictins français étrangers à la congrégation de Saint-Maur nous n'avons à citer que dom Hilarion Monnier qui dans une série de lettres s'efforça de prouver que saint Augustin est la règle qu'on doit suivre dans les matières de la grâce, et dom Charles Piettre (•{■ 1729), auteur d'un écrit intitulé: La vraye et fausse dévotion par forme d'entretiens entre un religieux et u.i protestant.

Dans la congrégation de Saint-Vanne, dom Mathieu Petit-Didier (f 1729), abbé de Scnones, publie un Traité de l'infaillibilité du pape, une Justification de la morale et de la discipline de Rome et de toute l'Italie, et une Dissertation historique et théologique sur le concile de Constance et l'infaillibilité du pape. Nous ne citerons de dom Calmet (-f 1757), lui aussi abbé de Senones, que ses Dissertations insérées dans ses commentaires sur l'Écriture sainte. Dom Georges Toussaint (1758) publia un traité De sacramento matrimonii. A dom Rémi Ceillier (f 1761) nous devons une volumineuse Histoire générale des auteurs ecclésiastiques, et à dom Bernard Maréchal (f 1770) une Concordantia Patrum Ecclesise grxcse et latinse. Abbé de Grégorienthal, dom Sinsart (f 1776) démontre contre les protestants La vérité de la religion calholit/ue, s'efforçant d'en mettre les preuves à la portée de tous; il défend le Dogme catholique sur l'éternité des peines, et expose contre les jansénistes Les vrais principes de saint Augustin sur la grâce et son accord avec la liberté. Il publie en outre un Recueil de pensées sur l'immatérialité de l'âme, son immortalité, et un Essai sur l'accord de la foi et de la raison louchant l'eucharistie. Dom Charles Chardon (f 1771) est l'auteur d'une Histoire des sacrements fort estimée: malheureusement, l'auteur refusa obstinément de reconnaître l'autorité de la bulle Unigenitus. Citons enfin dans cette même congrégation dom Jean-Raptiste Aubry (-j-1809) auteur de divers ouvrages parmi lesquels: Questions philosophiques sur la religion naturelle; Questions aux p/iilosophes du jour sur l'âme et la matière; L'anli- Condillac; Théorie sur l'âme des bêtes. 11 avait été chargé de continuer l'œuvre de dom Ceillier, mais rien ne fut publié de ce dernier travail. Voir t. i, col. 2264,

6° Tout le xvme siècle avait été agité par les querelles des jansénistes en révolte contre l'autorité du saintsiège et l'ordre de Saint-Renoît n'avait pas su toujours se préserver de l'erreur. Les doctrines impies des philosophes amenèrent la tourmente révolutionnaire qui, de la France, se répandit dans presque tous les pays de l'Europe. Les gouvernements issus de la Révolution s'emparèrent des monastères et en chassèrent les habitants dont beaucoup, pour demeurer fidèles à leurs vœux, n'hésitèrent pas à affronter la mort, l'exil et les plus cruelles souffrances. Trop souvent les trésors amassés pendant de longs siècles dans les bibliothèques des abbayes bénédictines lurent dispersés et enlevés à leurs légitimes possesseurs par la force ou par une législation plus redoutable que la violence. La vie bénédictine ne disparut pas cependant complètement et sur le sol de la vieille Europe les monastères ne tardèrent pas à se relever ou à reprendre une vie nouvelle.

XIV. Au xixe siècle. — 1» Parmi les bénédictins allemands ou autrichiens qui se firent remarquer par leurs travaux théologiques et moururent dans le cours du XIXe siècle, il nous faut mentionner Godefroid Lumper (f 1800), moine de Villingen, auteur d'une Historia theologica critica de vita, scriptis at<;ue dvetrina SS. Patrum, qui malheureusement s'arrête au me siècle; Jacques Chmell (f 1805), moine et abbé de Breunov, publie divers traités : De officio hominis erga Deum ; Apologia singularis orthodoxx catholicœque doctrimv de morali hominis impoleutia solis naturœ vitiatB viribus servandi legem naturalem, et des Vindiciœ conclu i œcumenici sexti;en tête de ce dernier travail l'auteur a placé une dissertation historique sur l'hérésie des monothélites. Plus tard un autre religieux de celle abbaye, Ronavcnture Muller (-j-1830), se fera remarquer comme apologiste. Nous devons à Lothaire Forlner (j- L805), de Bamberg, un livre De articulis fundamentalibus et mm fundamentalibus at> heterodoxis sine fundanicnin assertis. Marien Dobmayr (■{•1805), moine de Weisenohe, professeur de philosophie, d'histoire et de théologie, laissa une Theologia dogmalica, qui ne

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parut qu'après sa mort et dont un résumé fut publié en 1823 par Emmanuel Salomon (f 1845), moine de Saint- Emmeran de Ratisbonne, sous le titre : M. Dobmayr institutiones theologise in compendium redactx. Parmi les écrits de Placide Sprenger (f 1806), de Bantz, on remarque Thésaurus rei praclicse. Marc Stattmuller (-j- 1808), de Reichenau, a laissé un Enchiridion theologico-practicum, et Vital Môsl (f 1809), de Saint-Pierre de Salzbourg, quelques travaux de patristique. En 1809 mourait Grégoire Kohler, auteur d'un ouvrage intitulé : Principia théologies liturgicse. Moine de Saint-Emmeran de liatisbonne et professeur de théologie, Wolfgang Frœlich (f 1810) a laissé divers écrits parmi lesquels: De libertate humana; De conjugio sacerclotibus permittendo ;Jura S. sedis Romanœ; Quis est Pelrus f etc. Au même monastère appartint Rupert Aign (f 1813) auteur d'un Conspectus l/ieologicus de vitiis et peccatis, de legibus et sacramentis. Antoine Reyberger (-J-1818), abbé de Melk, publia des Institutiones ethicse Christian sa seu theologise moralis. Moine et prieur de Petersbausen, Udalric Pfeiffer (f 1819) a laissé un traité sur les devoirs de l'homme envers Dieu. Tobie Mollik (f 1824), de Saint-Martin de Pannonie, a publié do nombreux écrits parmi lesquels: Con<:ordia révélai ionis et ralionis circa œternœ vit» vel mortis prsedestinalioneni ; Synopsis catholicœ de gratia actuali doctrinse hujusque applicalio ; Diluilio errorum de votis et clericali cœlibatu ; An sil apostasis inler delicta civilia referenda; Incarnatio Iicdemptoris ; Sacrosanctum missse sacrificium rite ac pie celebrandi ratio cuni dissertatione de frequenli celebralione et fidelium sacra communione, et des dissertations sur la religion naturelle et la religion révélée, les sacrements, le culte des saints, la justification, l'Église, etc. Au même monastère appartinrent Isidore Ladislas Guzmics (f!839), mort abbé de Bakonybel, auteur d'une Theologia christiana fundamenlalis et d'une Theologia dogmatica, et Jean Molnar (f 1857), des Institutiones religionis cliristiano-calholicse. Léonard Rueff (-{-1828), moine de Weingarten, a publié une histoire des dogmes sous le titre Primse linese historicotheologicse. Le même sujet était également traité par Vincent Graesbock (f'1828), professeur de théologie, dans ses Primsa linese introductionis in theologiam dogmaticamchristiano-catholicam. MaximilienPrechtl (f 1832), moine de Michelfeld, fut élu le 14 janvier 1800 abbé de son monastère qui, deux années plus tard, était supprimé ; il publia divers écrits dans le but de ramener les protestants à l'Église romaine. Emilien Janitsch (-J-1838), moine de Gottweig, se fit remarquer comme apologiste. Célestin de Kœnigsdorf (f 1840) était abbé de Sainte- Croix de Dônauworth lors de la suppression de ce monastère en 1802; il publia Theologise in compendium redactce systema. Moine d'EJchingen, puis des Écossais de Vienne, Romain Mittich (f 1841) est auteur d'un ouvrage analogue: Systema imiverssa cliristiano-calholicse theologise. Dans son Das Verhâltniss der Philosop/iie, Raphaël Genhart (j 1841) expose les fondements philosophiques de la foi chrétienne et montre l'harmonie e-xistant entre la philosophie et les dogmes de la foi catholique. Grégoire-Thomas Ziegler (f 1852), moine de Wiblingen, après la suppression de son monastère, fut protesseur de philosophie à Cracovie, puis à Vienne, et lut honoré de la dignité épiscopale; il est auteur d'un ouvrage intitulé : l'rincipiurn theologise christiano-catholicse. Alphonse Sorg (f 4874), moine d'Admont, se prononça dans plusieurs écrits contre les doctrines de Gunther que détendit Théodore Gangauf (-J-1875), abbé de Saint-Etienne d'Augsbourg. Celui-ci, en 1850, renonça à son abbaye pour se livrer plus entièrement à l'étude de saint Augustin et parmi ses écrits nous mentionnerons: L'eberGlaubenund Wissen; Metaphysische Psychologie der h. Augustinus ; Der h. Auguslinus spéculative Lehre. Pius Zingerlé (f 1881) se fait remarauer

comme syriacisant et publie des Actes des martyrs traduits du syriaque, S. J. Ephrsemi syri sermones duo; Monumenta syriaca. Do m Suitbert Bàumer (-[-1894), de la congrégation de Saint-Martin de Beuron, publia une étude sur le symbole des apôtres et une histoire du bréviaire. A la même congrégation appartenait dom Benoit Radziwill (f 1895), qui, en 1872, avait fait paraître quelques écrits polémiques: Die kirchliche Auctoritât und das moderne Bewustein et Canossa oder Damascus.

2° En Ralie, nous avons à nommer Ange Luchi (f 1802), éditeur des œuvres de Venance Fortunat, et Fraja Frangipani (f 1819) qui publia quelques sermons de saint Augustin. Louis Vaccari (f 1887) est auteur d'un traité De gloriosa B. Marise V. assumptione.

3° Jean Brewer (f 1822), président de la congrégation anglo-bénédictine, publie un ouvrage intitulé : Religionis naluralis et revelatae principia, et M9r Guillaume Ullathorne (-j- 1889), évêque de Birmingham, est auteur de nombreux écrits sur les questions discutées à son époque, comme l'immaculée conception et l'infaillibilité du pape.

4° En Espagne, Bernard Sala (f 1885), moine du Mont- Serrat, publie un Compendium theologise moralis.

5° En 1833, dom Guéranger (-J- 1875) faisait revivre sur la terre de France l'ordre de Saint-Benoit dans le prieuré de Saint-Pierre de Solesmes,et en 1837, par la volonté de Grégoire XVI, ce petit monastère devenait une abbaye et le chef d'une nouvelle congrégation bénédictine. Parmi les nombreux ouvrages du premier abbé de Solesmes beaucoup se rapportent aux questions discutées dans le cours du xixe siècle: Mémoire sur la question de l'immaculée conception de la très sainte Vierge; De la monarchie pontificale; Défense de l'Eglise romaine contre les accusations du R. P. Gralry ; Réponse aux dernières objections contre la définition de l'infaillibilité papale à propos de la lettre de Mar d'Orléans à Mor de Matines ; Considérations sur la liturgie; Les institutions liturgiques ; L'année liturgique; Essai sur le naturalisme contemporain, et de nombreux articles publiés dans les revues et les journaux. Parmi les disciples de dom Guéranger se place au premier rang dom Jean-Baptiste Pitra (f 1889), cardinal de la sainte Église romaine, mort évêque de Porto et Sainte- Buline, et sous-doyen du sacré collège. Ses travaux patristiques furent publiés dans le Spicilegium Solesmense, les Analecta sacra Spicilegio Solesmensi parata, les Analecta novissima. Il eut une très grande part dans la publication des patrologies grecque et latine de l'abbé Migne. A lui et à ses confrères de Solesmes sont dues dans ces collections les éditions de Tertullien, de Minutius Félix, de saint Cyprien et de saint Jean Chrysostome. Cette congrégation était très florissante en France lorsque la persécution religieuse soulevée par la révolution qui depuis un siècle agite ce pays, força ses membres à se réfugier dans des régions plus calmes où en toute liberté ils peuvent prier Dieu et continuer pour sa plus grande gloire les travaux qu'ils avaient cru pouvoir entreprendre sur le sol de leur patrie.

Ziegelbauer, Historia rei literarise ordinis sancti Benedicti, 4 in-fot., Vienne, 1754; dom François, Bibliothèque générale drs écrivains de l'ordre de Saint-Benoit, 4 in-4°, Bouillon, 1777- 1778; Huiter, Nomenclator UterariUs théologies catholicse, 4 in-8% Inspruck, 1892-1809; dom Philippe Le Cerf de la Viéville, Bibliuthèque historique et critique des'autettrs de la congrégation de Saint-Maur, in-12, La Haye, 1736; Marianus Armellini, Bibliotheca benedictino-casinensis, in-fol., Assise, 1731 : dom Tassin, Histoire littéraire de la congrégation de Saint- Maur, in-4% Bruxelles, 1770; Scriptores ordinis S. Benedicti qui -1750-1880 fuerunt in imperio Austriaco-Hungarico, in-4% Vienne, 1881 ; dom F. Plaine, Séries chronologica scriptorum ordinis suncti Benedicti hispanorum ab anno 1750 ad a. 18Si, in-8% Raigern, 1885; Bibliographie des bénédictins de la congrégation de France, in-8°, Solesmes, 1889.

B. Helt.tebize.

BENEDICTION

1. BÉNÉDICTION. - I. Notion. II. Existence du pouvoir de bénir. III. Espèces. IV. Etlets et mode d'efficacité.

I. Notion. — 1° Diverses acceptions du mot. — Dans le langage biblique et ecclésiastique, la bénédiction, 6erâkâh, vV/ry-ix, benedictio, est prise dans des acceptions différentes. — 1. Adresséeà Dieu, elle a toutes les significations de la prière, l'adoration, la louange, l'action de grâces et l'invocation. I Cor., x, 16; Apoc, v, 12, 13;

12; S. Hilaire, Tract, in Ps. cxxxm, n. 1, P. L., t. IX, col. 750; S. Chrysostome, Exposit. in Ps. cxxxiv, n. 7, P. G., t. lv, col. 399; in Ps. cxliv, n. 1, ibid., col. 465. — 2. Dérivant de Dieu et se répandant sur l'homme et la nature, la bénédiction exprime la faveur divine, les dons et les bienfaits qu'elle apporte. Gen., xxviii, 4; xxxix, 5; xlix, 25, 26; Exod., xxxn, 29; Deut., xxxm, 23; Ps. m, 9; xxm, 5; lxxxiii, 8; cxxviii, 8; Prov., x, 6, 22; xxxn, 18; Is., xix, 24;xuv,3; lxv, 8;Ezech., xxxiv, 26; Joël, n,4; Eph., i, 3;Heb., vi, 7; S. Clément de Rome, 1 Cor., 31, dans Hilgenfeld, Novum Test, extra canonem, Leipzig, 1866, p. 35; Origène, Comment, in epist. ad Rom.,\. IX, n. 14, P. G., t. xiv, col. 1221 ; S. Hilaire, In Ps. lxvi, n. 2, 3, P. L., t. ix, col. 438; S. Chrysostome, Exposit. in Ps. cxm, n. 5, P. G., t. lv, col. 311-312; In epist. ad Rom., homil. xxx, n. 1, P. G., t. lx, col. 662. — 3. Quand elle a pour but d'attirer les dons et les bienfaits de Dieu, la bénédiction devient un souhait, un vœu en faveur de celui sur qui on veut faire descendre les faveurs et les grâces divines. Gen., xxvn, 35; Eccli., ni, 10, 11; Heb., xn, 17; Jac, m, 10. Cf. I Reg., xxm, 21; xxvi, 25; II Reg., n, 5; II Esd., xi, 2. Voir Dictionnaire de la Bible, Paris, 1894, t. i, col. 1580-1583.

2° Sens particulier dans lequel nous prenons ce mot ici. — Mais nous entendons parler exclusivement dans cet article de la bénédiction au sens liturgique, par conséquent de rites accomplis par les ministres sacrés au nom et par l'autorité de l'Église, soit pour consacrer des personnes ou des objets au service de Dieu, soit pour procurer aux fidèles de bons effets spirituels ou temporels. La bénédiction ainsi entendue se distingue de la simple prière ou supplication, faite par les ministres sacrés en leur nom privé ou même au nom de l'Église Comme dans la récitation du bréviaire. C'est l'exercice du pouvoir, conféré par l'Église à ses ministres, de bénir au nom de Dieu et de procurer par voie d'intercession publique des effets déterminés.

II. Existence du pouvoir ministériel de rénir. — 1° Dans l'ancienne alliance. — Dieu seul, dont l'empire sur le monde créé par lui est absolu, peut produire réellement dans ses créatures animées ou inanimées les effets propres de sa bénédiction. C'est ainsi qu'il a béni la création entière, Gen., i, 22, 28, et après le déluge, Noé et ses fils, Gen., ix, 1; plus tard, il bénit spécialement Abraham, Gen., xn, 2, 3; XXII, 17; xxiv, 1; Isaac, xxvn, 16; Jacob, xxxv, 9; Laban, xxx, 27; les Israélites, Deut., i, 11; xn, 7; Ps. xxvm, II; Putiphar à cause de Joseph, Gen., xxxix, 5; Samson, Jud., XIII, 2i;Job, XLII, 12; le septième jour, Gen., il, 3; le pain et l'eau, Exod., xxm, 25; les œuvres de Job, I, 10; la maison du juste. Prov., m, 33, etc. Il a béni les chrétiens en Jésus- Christ et leur a accordé par lui toute sorte de bénédictions spirituelles. Eph., i, 3. Toutefois, le pouvoir de bénir, qui est essentiellement un pouvoir divin, a été communiqué par Dieu aux créatures qui le représentaient sur terre. Mais tandis que Dieu, en bénissant, produit directement et d'autorité propre les effets de sa bénédiction, ses représentants et ses ministres procèdent par invocation de son nom et par supplication. Jacob demande d'être béni par l'être mystérieux avec qui il avait lutté', et il reçoit la bénédiction demandée. Gen., xxxn, 26, 29. Il appelle sur les (ils de Joseph la bénédiction de l'ange qui l'a préservé dans ses malheurs.

Gen., xlviii, 16. Les patriarches eux-mêmes bénissent leurs enfants. Isaac bénit Jucob à la place d'Ésaii, Gen., xxvn, 4, 7, 10, 27, 31, 33-41 ; xxvm, 1-4. lacob bénit les fils de Joseph, en posant ses mains sur leur tête, Gen., xlviii, 9, 15, et tous ses entants, sur son lit de mort. Gen., xlix, 28. Moïse, lui aussi, bénit tous les Israélites avant de mourir. Deut., XXXIII, 1. Lors de la dédicace du temple, Salomon bénit tout le peuple assemblé. III Reg., vin, 14, 55-61. Balaam avait déjà béni Israël par ordre du Seigneur. Nura., xxm, 11, 20; xxiv, 1.

Or, le pouvoir de bénir que Dieu accordait aux pères de famille et aux rois, il l'a conféré, dans l'ancienne loi, comme un pouvoir ordinaire à ses prêtres. Déjà Melchisédech, prêtre du Très-Haut, avait béni Abraham. Gen., xiv, 19, 20; Heb., vu, 1, 6. Et cette bénédiction était une preuve incontestable de la supériorité de Melchisédech sur Abraham. Sine ulla autem contradictione, quod minus est a meliore benedicitur. Heb., vu, 7. Le jour de sa consécration comme grand-prètre, Aaron bénit le peuple. Lev., ix, 22, 23. Ce ne fut pas un acte exceptionnel de son sacerdoce. Le Seigneur luimême en lit une des fonctions ordinaires du sacerdoce mosaïque. L'institution en est racontée. Num., vi, 23-27. En constituant l'office de bénir, Dieu indique la formule et l'efficacité delà bénédiction sacerdotale. Par la bouche de Moïse, il donne à Aaron et à ses fils l'ordre suivant : « Vous bénirez ainsi les enfants d'Israël et vous leur direz : Que le Seigneur te bénisse et qu'il te garde! Que le Seigneur te montre un visage bienveillant et qu'il ait pitié de toi! Que le Seigneur tourne vers loi son visage et qu'il te donne la paix! Ils invoqueront donc mon nom sur les enfants d'Israël, et je les bénirai. » La formule de la bénédiction sacerdotale contient trois supplications, dans chacune desquelles le nom du Seigneur est invoqué, et elle assure aux Israélites la protection, la bienveillance divine et la paix, qui est, dans l'Écriture, le résumé de tous les biens, parce qu'elle permet d'en jouir tranquillement. F. de Hummelauer, Numeri, Paris, 1899, p. 58-59. Par là, le Seigneur conférait réellement et à perpétuité aux prêtres juifs le pouvoir de bénir le peuple. Deut., x, 8; I Par., xxm, 13. Et cette bénédiction n'était pas une simple formule de prière; elle avait une réelle efficacité, Dieu promettant absolument de bénir lui-même les enfants d'Israël sur qui son nom aura été expressément invoqué. Num., VI, 27. Voir Procope de Gaza, Comment, in Num., P. G., t. lxxxvii a, col. 808. Les prêtres et les lévites remplirent solennellement cet office sous le règne d'É/.échias. II Par., xxx, 27. Le grand-prètre Simon étendait les mains sur l'assemblée d'Israël pour la bénir. Eccli., L, 22. L'auteur de l'Ecclésiastique, xxxvi, 18, 19, demande que la bénédiction d'Aaron obtienne son efficacité. Le Seigneur lui-même par la bouche de Malachie, II, 2, avait menacé les prêtres juifs, devenus prévaricateurs, de tenir leurs bénédictions pour malédiction, s'ils ne voulaient pas remplir sérieusement leurs devoirs. Cf. Knabenbauer, Comment, in prupltetas minores, Paris, 1886, t. n, p. 447.

D'après le Talmud, la bénédiction des prêtres juifs avait lieu chaque jour au Temple de Jérusalem au sacrifice du matin, et quand le Temple a été détruit, elle s'est continuée dans les synagogues à la prière du malin. Le jour du grand pardon, on la répétait à quatre reprises. Elle était prescrite par la loi, et elle ('tait obligatoire dans la prière du matin. Talmud de Jérusalem, traité Taanilh, IV, 1, trad. Schwab, Paris, 1883, p. 175-177. Elle se récitait en hébreu seulement. En province, les prêtres levaienl la main à la bailleur des épaules, pour bénir le peuple, et au Temple, ils plaçaient les deux mains au-dessus de leur tèle; toutefois, le grand-prètre ne les élevait pas au-dessus de sa tiare. Traité Sota, Vil, 2, 6, trad. Schwab, Paris, 1885, t. vu, p. 298, 308. Ils se

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tennient debout pendant la bénédiction. Traité Taanilh, IV, 1, p. 177. Tous les prêtres présents procédaient simultanément à la bénédiction ; les Israélites qui étaient placés derrière les prêtres n'étaient pas compris dans la bénédiction ; mais ceux qui étaient devant ou à côté en recevaient les ellets. Le pouvoir de bénir avait été conféré à toute la race sacerdotale; aussi la bénédiction d'un prêtre aux mœurs dissolues ou meurtrier n'était pas inefficace. Car, semble dire le Seigneur, de qui émane la bénédiction? N'est-ce pas en réalité de moi, comme il est écrit : « Ils invoqueront mon nom sur les enfants d'Israël! et je les bénirai. » Num., vi, 27. Traité Guitin, v, 7, trad., Schwab, Paris, 1887, t. ix, p. 32-33.

2° Sous la loi nouvelle. — Jésus-Christ, en diverses circonstances, a béni des personnes ou des choses. Les iemmesde la Galilée lui présentaient leurs enfants pour qu'il leur imposât les mains et priât pour eux. Les rabbins avaient coutume de bénir ainsi les petits enfants; ce qui explique la démarche spontanée des mères juives. Les disciples de Jésus voulant écarter les enfants, le Maître s'en indigna, fit approcher ces innocentes créatures et leur imposa les mains. Matth., xix, 13-15; Marc, x, 13-16. Beaucoup de commentateurs pensent aussi que les femmes juives, ayant vu les malades guéris et les démons chassés par l'imposition des mains du Sauveur, Luc, vi, 18, 19, lui apportaient leurs enfints pour que sa bénédiction éloignât d'eux les maux et attirât sur eux les biens. Knabenbauer, Comment, in Ev. sec. Matth., Paris, 1893, t. il, p. 150. Cf. Origène, Comment, in Matth., tom. xv, n. 6, P. G., t. xm, col. 1269. Avant de remonter au ciel, Jésus éleva ses mains et bénit ses disciples. Luc.,xxiv, 50. Pour multiplier les pains, il leva les yeux au ciel, les bénit et les rompit. Matth. xiv, 19; xv, 36; Joa., vi, 11. Sa bénédiction elle-même multipliait les pains et les poissons. Origène, Comment, in Matth., tom. xi, n. 2, P. G., t. xm, col. 908. A la dernière Cène, il bénit le pain et le vin, avant de les consacrer. Matth., xxvi, 26, 27. A Emmaùs, il prit du pain, le bénit, le rompit et le présenta à ses disciples qui le reconnurent alors, Luc, xxiv, 30, 31, èv tt] xXâ<rei toû apxou, 35, ■c'est-à-dire à sa manière habituelle de rompre le pain, après l'avoir béni, car bien plus probablement il n'est pas question de l'eucharistie, mais seulement de la bénédiction ordinaire avant le repas. Knabenbauer, Evangelium secundum Lucam, Paris, 1896 , p. 639. Les rabbins, d'ailleurs, avaient aussi la coutume de prier et de bénir Dieu avant le repas. Jésus, en adoptant les usages juifs, ne pratique pas seulement une cérémonie de son temps et il veut faire plus que réciter une prière. Il lève les yeux au ciel avant de bénir le pain, Matth., xiv, 19, qui se multiplie d'une façon prodigieuse. Il prie en tant qu'homme pour que sa bénédiction produise les effets que comme Dieu il aurait pu produire directement. Quand il impose les mains aux petits enfants, c'est pour réaliser en eux des effets salutaires, de même que par l'imposition de ses mains, il guérissait des malades. Matth., vin, 3. Sa puissance divine se manifestait par la guérison produite par le contact de ses mains. Quand il priait son Père, il était assuré de l'efficacité de sa prière et de sa bénédiction à cause de l'union morale de leurs volontés, union aussi étroite que celle de la volonté et ,de la toute-puissance en Dieu.

Or, Jésus a communiqué à ses disciples le pouvoir de faire des miracles par l'imposition des mains et la bénédiction, car leur salutation devait produire la paix dans les maisons où ils entraient. Matth., x, 8, 12, 13; Luc, x, 5, 6. Cette salutation n'était pas le salut de politesse ordinaire qu'on formule en pénétrant dans une maison; c'était une prière et une bénédiction, appelant sur les habitants la paix messianique et produisant son effet sur les âmes bien disposées. Knabenbauer, Comment, in Ev. sec. Matth., Paris, 1892, t. i, p. 386-387.

De fait, les disciples dans cette première mission guérissaient les malades et chassaient les démons. Luc, x, 17-20. Pour l'expulsion de certains démons, il fallait la prière et le jeûne. Matth., xvn, 15-20. Saint Marc, vi, 13, est seul à dire que les apôtres guérissaient les malades en les oignant d'huile. L'huile ainsi employée n'était pas un remède ordinaire. Il est évident qu'elle n'opérait ses heureux effets que grâce à la bénédiction divine, car il n'y a pas de rapport entre le remède usité et les guérisons obtenues. Il est vraisemblable, d'ailleurs, que cette huile avait été bénite au préalable. Knabenbauer, Comment, in Ev. sec. Marcum, Paris, 1894, p. 162-163. Avant de remonter au ciel, Jésus donna aux apôtres le pouvoir définitif et permanent de faire des miracles et de guérir les malades par l'imposition des mains. Marc, xvi, 17, 18. Les faits racontés dans les Actes montrent suffisamment que les apôtres ont usé de ce pouvoir divin.

1. Bénédiction des personnes. — Elle a été usitée par les apôtres et dans l'Église. On en trouve une preuve dans les formules de salutation qui commencent et terminent la plupart des épîtres apostoliques. Elles contiennent toutes les mots /dipcç, « grâce, » Eipvv " paix, » Rom., i, 7; I Cor., i, 7, etc. ; I Pet., i, 2; II Pet., i, 2, ou -/âptç, ë).£o;, « miséricorde, » eîpr,vr|. I Tim., I, 2; II Tim., i, 2. Ce ne sont pas des salutations ordinaires ni de simples prières, mais de réelles bénédictions. Elles sont des appels à Dieu, auteur de la grâce, de la paix et de la miséricorde, à Jésus-Christ, cause méritoire et efficiente de ces mêmes dons. Les apôtres les donnent, en vertu de leur ministère apostolique et en application des pouvoirs reçus de Dieu et de Jésus-Christ. Les Pères y ont vu de réelles bénédictions, pareilles à celles qui se faisaient au nom de Dieu dans l'Ancien Testament. Origène, Comment, in epist. ad Rom., 1. I, n. 8, P. G., t. xiv, col. 853; S. Jérôme, Comment, in epist. ad Tit., P. L., t. xxvi, col. 636; Théodoret, Int. epist. ad Rom., xvi, 24, P. G., t. lxxxii, col. 225; Int. epist. ad Gai., vi, 18, ibid., col. 504. Ce dernier écrivain, Epist., xcvni, P. G., t. lxxxiii, col. 1292, envoyait à son correspondant la bénédiction apostolique contenue II Tim., i, 16-18. Cette coutume de commencer une lettre par une bénédiction a été observée par les Pères apostoliques, saint Clément de Rome, saint Ignace et l'auteur de l'épitre attribuée à saint Barnabe. Aujourd'hui encore le pape donne la bénédiction apostolique au début des bulles et constitutions, et les évêques font de même en tète de leurs lettres pastorales.

D'ailleurs, les Pères ont enseigné que le pouvoir d& bénir, conféré par Dieu au sacerdoce aaronique, avait passé au sacerdoce chrétien et s'était transmis dans l'Église. Const. apost., 1. II, c lvii,P. G., t. i, col. 737; Théodoret, Qusest. in Num., q. xn, P. G., t. lxxx, col. 363; S. Isidore, De eccl. offre, 1. I, c. xvii, P. L., t. lxxxiii, col. 754; Hezychius, In Lev., 1. II, P. G., t. xem, col. 893-894. En réalité, la bénédiction sacerdotale a été usitée dans la liturgie chrétienne et en dehors. Tertullien, Liber de testimonio animée, c. Il, P. L., t. i, col. 611, en opposant les bénédictions des chrétiens aux malédictions des méchants, distingue chez les chrétiens deux sortes de bénédictions : Etiam quod pênes Deum bunitatis et benignitatis omnis benedictio inter nos summum sit disciplinée et conversât ionis sacramentum : Benedicat te Deus, tam facile pronuntias quam christiano necesse est. Or, il décrit, Adv. Marcion., 1. IV, c. xxiv, P. L., t. n, col. 419, le conversalionis sacramentum, en disant : Quse est enim inler vias benedictio, nisi ex occursu mutua salutatio? Et il rappelle l'ordre donné par Jésus-Christ à ses disciples de saluer les habitants des maisons où ils entraient. Luc, x, 5. Quant au disciplinas sacramentum, il faut l'entendre d'une bénédiction usitée dans le service divin, car disciplina dans la langue de Tertullien signifie

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souvent ce service. Or, si généralement il entend par bénédiction le sacrifice de la messe, voir Probst, Liturgie der drei ersten christl. Jahrhunderte, Tubingue, 1870, p. 196-201, néanmoins, à cause de la formule citée, on peut l'entendre cette fois d'une bénédiction liturgique sur le peuple, donnée dans le service divin. Dans l'ancienne messe, les catéchumènes, après que l'assemblée avait prié pour eux, s'inclinaient sous la main du pontife qui les bénissait. Const. apost., 1. VIII, c. vi. P. G., t. i, col. 1077; Testamentum l>. N. J. C, ('■dit. Rahmani, Mayence, 1899, p. 118. Il y avait aussi une bénédiction du prêtre pour les fidèles. Théodoret, In Ps. cr, 48, P. G., t. lxxx, col. 1736. A Rome, la messe terminée le pontife, en retournant au sacrarium, bénissait successivement les divers groupes de clercs et de fidèles qui s'échelonnaient sur son passage. L. Duchesne, Origines du culte chrétien, Paris, 1889, p. 179. A la messe gallicane, la bénédiction de l'évêque précédait la communion. Cf. Durand, De ritibus Ecclesise calliolicœ, 1. II, c. lvii, Lyon, 1595, p. 567; Bona, Rerum liturg., 1. II, c. xvi, dans Opéra, Venise, 1764, p. 315. Il en existait beaucoup de formules, variables selon la fête, dont l'usage survécut en France à l'adoption de la liturgie romaine. Cette bénédiction existe aussi dans les liturgies mozarabique et ambrosienne. Duchesne, op. cit., p. 212-214. Cf. t. i, col. 962. Le rite romain actuel comporte la bénédiction à la fin de toutes les messes, sauf aux messes des morts.

Les évêques et les prêtres bénissaient les fidèles en dehors de la messe. Les Constitutions apostoliques, 1. II, c. lviii, P. G., t. i, col. 740, recommandent à l'évêque de permettre à un évêque étranger de célébrer l'eucharistie et, si celui-ci refuse, de lui faire au moins bénir le peuple. Elles rapportent, 1. VIII, c. xxxvn, col. 1140, une formule de bénédiction épiscopale pour terminer l'office du soir. Au 1. III, c. x, col. 788, elles interdisent aux laïques d'usurper aucune des fonctions sacerdotales, parmi lesquelles elles indiquent e-JÀoyiav (juxpàv r\ ixeyâXviv. Des critiques ont vu dans la grande bénédiction celle des évêques et dans la petite celle des prêtres. Mais c'est sans fondement, car s'il est défendu aux diacres de donner la grande et la petite bénédiction, on n'interdit aux prêtres que l'ordination. L. VIII, c xxviii, xi. vi, eol. 1124-1125, 1153. Les prêtres ont donc aussi bien que les évêques le droit de donner ces deux bénédictions. Le prêtre, d'ailleurs, a pour fonction propre de bénir le peuple. L. III. c. xx, col. 804. II s'agit ici de la bénédiction solennelle et publique, qui probablement était appelée grande bénédiction comparativement a la bénédiction privée, qui était dite la petite bénédiction. Saint Basile, Epist., cxcix, n. 27, P. G., t. xxxn, col. 724, interdit au prêtre déposé en raison d'une union incestueuse de bénir soit en public soit en particulier. V.Vi'j'.iy. fàp âytatrjioù fj.eTàSo<r(ç è<7tiv. Or, ajoute-t-il, le prêtre, coupable même par pure ignorance, ne peut pas donner ce qu'il n'a pas. Cf. Balsainon et Zonaras, P. G., t. cxxxvm, col. 677, 680. Le concile in Trullo (692), can. 3, Mansi, ConciL, t. xi, col. 941, a porté une décision analogue. Cf. P. G., t. cxxxvn, col. 528, 529. Lo concile de Laodicée, tenu en 363, avait défendu, can. 32, Mansi, t. n, col. 570, de recevoir les bénédictions des hérétiques : ai' Tivéç eia-tv àXoyfat |j.àX>.ov V) eùXoyfat. Cf. P. '-'.. t. cxxxvn, col. 1380, 1381. La bénédiction sacerdotale différait de la prière par le rite comme par l i fficacité. Le prêtre, en priant, élevait les mains vers le ciel; en bénissant, il les imposai! de diverses manières sur ceux qu'il bénissait. Sur les rites différents de la bénédiction, voir Martigny, Dictionnaire des antiquités cht étiennes, 2« édit., Paris, 1877, p. 99-100. Toutefois les Pères on) enseigné que l'efficacité de la bénédiction des prêtres dérive de Dieu dont ils sont les ministres. Saint Césaire d'Arles, Serm., cclxxxv, n. 2, /'. /... i. xxxix, cul. 2284, dit aux Gdèles qu'en inclinant

leurs têtes sous la bénédiction du prêtre, ils s'humilient non devant un homme, mais devant Dieu. Dans le Senn., cclxxxvi, n. 5, ibid., col. 2286, il explique ainsi cette inclination : Quia benediclio vobis, licet per liominem, non tanien ab homine dalur. Et il ajoute: Nec attendatis si forte négligeas est qui exlùbet,sed Dominum respicite qui transmitlit ; benediclio enim quse vobis datur, vos et pluvia cselestis esse cognoscitur. Saint Prosper d'Aquitaine, In Ps. cxxvm, P. L., t. i.i, col. 375, remarque que les prophètes, les apôtres et les saints ont béni non en leur nom, mais au nom du Seigneur. Cassiodore, In Ps. cx.xvni, P. L., t. lxx, col. 938, dit : Ipsa est jirma et vera benedictio, quse sub Domini commemoratione prœstatur, a quo venit omne quod expedit. Cf. In Ps. cvn, col. 833. L'auteur àel'Opus hnperf. in Malth., homil. xxxii, P. G.,X. lvi, col. 805, en parlant de la bénédiction des enfants, dit que ce n'est pas le prêtre qui impose les mains, mais Jésus-Christ au nom de qui on les impose. Procope de Gaza, Comment, in Num., P. G., t. lxxxvii, col. 507, assure que tout le mérite de la bénédiction doit être rapporté à Dieu, de qui découle tout bien et tout don, et que Jésus-Christ est la voie par laquelle les bénédictions nous arrivent. Ilezychius, In Lee, P. G., t. xcin, col. 893-894, remarque que la bénédiction, donnée par les prêtres, descend du ciel, et que les prêtres ne la donnent pas de leur propre vertu, mais comme étant les représentants de Jésus-Christ.

2. Bénédiction des objets. — Dans le Nouveau Testament, il n'est question que de la bénédiction des aliments. Saint Paul expose à son disciple Timothée la doctrine qu'un bon ministre du Christ doit proposer aux fidèles pour les mettre en garde contre les erreurs des faux docteurs. Ceux-ci ordonnaient en particulier de « s'abstenir d'aliments que Dieu a créés pour que les fidèles et ceux qui ont connu la vérité en usent avec actions de grâces. Car tout ce que Dieu a créé est bon et rien ne doit être rejeté, pourvu qu'on le prenne avec action de grâces, parce que tout est sanctifié par la parole de Dieu et parla prière ». I Tim., iv, 3-5. De ce dernier verset on peut conclure que les premiers chrétiens, à l'exemple des Juifs, priaient avant le repas, non seulement pour remercier Dieu des aliments donnés par sa munificence, mais encore pour les sanctifier par la prière et les soustraire à la malédiction qui par suite du péché originel pèse sur toute la nature. Cf. Const. apost., 1. VII, c. xlix, P. G., t. i, col. 1057.

Les Pères ont reconnu la nécessité de bénir et de sanctifier les choses de la nature avant de s'en servir pour le culte ou dans l'usage privé. Pour la bénédiction de l'eau baptismale, voir col. 181-182. On bénissait aussi l'huile qui était employée dans l'administration de plusieurs sacrements. Pseudo-Denys l'Aréopagite, De eccl. hierarchia, c. iv, P. G., t. ni, col. 471 sq. ; Const. apost., 1. VII, c. xlii; 1. VIII, c. xxix, P. G., t. i, col. 1044, 1 125 ; Sacramcu taire gélasien, P. L., t. i.xxiv, col. 1100; Sacramentaire gallican, 1'. L., t. i.xxii. col. 569 sq. Voir Chrême et HUILES saintes. Sur l'usage du sel bénit dans l'administration du baptême, voir Ca- TÉCHUMÉNAT. On bénissait le pain en des circonstances différentes et ces pains bénits étaient nommés eulogies. Voir Pain BÉNIT. Le gnostique Théodote reconnaissait la bénédiction du pain, de l'huile el de l'eau ; le pain et l'huile bénits avaient une vertu spirituelle et l'eau exorcisée avail reçu la sanctification. Excerpta ex scriptis Theodoti, n. 82, /'. G., t. ix, cul. 696. A la collation solennelle du baptême, on bénissait le lait et le miel qu'on servait aux néophytes immédiatement après la communion. Voir col. 217. Le Testament de .Y. -S. ./.-(,'., 1. Il, 10, [>. 138, contient une formule de bénédiction des fruits. Elle est suivie de cette rubrique qu'on ne bénit pas les légumes, mais les fruitsdes arbres, les Heurs, les roses et les lis. Sur la bénédiction de l'huile el des pré-

BENEDICTION

mices, voir les Canons d'Hippolyte, n. 28, 29, 186-193, dans Achelis, Texte und Untersuch., Leipzig, 1891, t. vi, fasc. 4, p. 56, 112-114. On trouve plusieurs formules de bénédiction et de consécration dans la liturgie de Sérapion, évèque de Thmuis. G. Wobbermin, Allchristliche liturgische Stùcke aus der Kirche JEguplens, dans Texte und Untersuch., Leipzig, 1899, t. Il, fasc. 'ib. D'autres se lisent dans le Sacramentaire gélasien, 1. III, P. L., t. lxxiv, col. 1125 sq., et dans le Sacramentaire gallican, P. L., t. lxxii, col. 567 sq. Pour le rite ambrosien, voir Mercati, Antiche reliquie liturgiche ambrosiane e romane, etc., dans Studi e tcsti, Rome, 1902, t. vu, p. 1-32. Les bénédictions se sont multipliées au cours des âges et ont varié suivant les pays. Cf. Martène, De antiquis Ecclesise ritibus, 3in-4°, Rouen, 1700, passim. On les réunissait partois dans un livre spécial, le bénédictionnaire, benedictionalis liber, contenant les bénédictions à l'usage des évêques et des prêtres. Martigny, Dict. des antiquités chrétiennes, p. 434- 435. En les instituant, l'Église a usé, pour le bien des fidèles, du pouvoir que Jésus-Christ lui avait communiqué. Elle a aussi affirmé qu'elle conférait réellement à ses prêtres le pouvoir de bénir et elle a condamné les adversaires des bénédictions qu'elle autorise. Parmi ,les pouvoirs du lecteur, que mentionne le pontifical romain, il y a celui de benedicere panent et onines fructus novos. A l'ordination du prêtre, le pontile indique le droit de bénir parmi les devoirs des prêtres et il oint les inains de l'ordinand, ut quœcumque benedixerint benediccnlur et quœcumque consecraverinl consecrentur et sanctificenlur. Cette onction et cette formule ont été empruntées au rituel gallican. Duchesne, Origines du culte chrétien, p. 358. Au rapport de saint Augustin, Epist., clxxix, n. 4, P. L., t. xxxm, col. 775, Pelage rejetait les prières et les bénédictions de l'Eglise, parce que la nature peut par elle-même accomplir les œuvres de la justice sans le secours du Saint-Esprit. His itaque disputationib"s perversis et impiis, non solum contradicilur oralionibus nos tris, quibus a Domino pelimus quidquid sanclos petiisse legimus et tcnemus; verum ctiam benedictionibus nostris resislitur, quando super popuium dicimus, optantes eis et poscentes a Domino, ut eos abundare faciat in caritate invicem, etc. L'évêque d'IIippone continue la formule de bénédiction, en citant I Thess., in, 12; Eph., m, 16; Rom., xv, 13; puis il conclut : Ut quid eis ista petimus, quse populis a Domino petiisse apostolum novimus,si jam nalura nostra, creala cum libero arbitiio, omniahsec sibipotest suavolunlatc prœslare"? e\.c. Tous les évêques d'Afrique, réunis en concile à Cartilage en 416, écrivent au pape Innocent Ier au sujet de Pelage et de Célestius: Contradicitur etiam islorum contentione benedictionibus nostris, ut incassum super popuium dicere videamur, quidquid eis a Domino precamur, ut recte ac pie vivendo Mi placeant, vcl illa quœ. pro fidelibus precatur apostolus dicens : Flecto genua, etc. Eph., m, 14. Si ergo voluerimus, benedicendo, super popuium dicere: Da illi, Domine, virtutem corroborari per Spiritum tuuni, islorum nobis disputatis contradicit, affirmans liberum negari arbitrium, si hoc a Deo poscilur, quod in nostra est poteslate. P. Coustant, Epist. rom. pontif., Paris, 1721, t. i, p. 871-872. L'Église d'Afrique, s'appuyant sur les exemples de saint Paul, justifie contre Pelage les bénédictions ecclésiastiques et dénonce au pape cette erreur. Innocent III, dans la profession de foi qu'il a imposée aux vaudois, leur a fait déclarer qu'ils ne rejetaient plus les bénédictions, faites par un prêtre en état de péché mortel, mais qu'ils les acceptaient de grand cœur comme celles qui étaient données par le plus juste, car la malice de l'évèque ou du prêtre ne nuit ni aux sacrements qu'ils confèrent, ni aux offices ecclésiastiques qu'ils remplissent à l'égard de leurs ouailles. Denzinger, Enchiridion, n. 370. Quand Wiclef et les

protestants rejetèrent les bénédictions et toutes les cérémonies de l'Église, les papes et les conciles condamnèrent leurs erreurs et justifièrent les usages ecclésiastiques. Denzinger, n. 559; concile de Trente, sess. VII, De sacramentis in génère, can. 13; sess. XXII, De sacriftcio missee, c. v.

III. Espèces. — Les nombreuses bénédictions qui sont usitées maintenant dans l'Église peuvent se ranger en différentes catégories, selon que l'on considère leur nature et leurs effets, le ministre ou le rite.

1° Sous le rapport de leur nature et de leurs effets, elles se partagent en deux classes : on distingue les bénédictions consecrativœ ou constitulivx et invocatoriee. Les premières, qu'on pourrait appeler des consécrations, font que les personnes, les objets ou les lieux bénits ont une sorte de caractère sacré, sont enlevés aux usages de la vie commune et destinés au culte divin. De cette sorte, sont pour les personnes, la première tonsure, la bénédiction des abbés et des abbesses, voir t. I, col. 12-13, 18, la consécration des vierges; pour des choses et des lieux, la simple bénédiction ou la consécration d'une église, la consécration des autels, voir t. i, col. 2581-2582, les bénédictions d'un oratoire, d'un cimetière, des vases sacrés, du saint chrême, des saintes huiles, du sel et de l'eau pour le baptême, des ornements sacerdotaux, des Agnus Dci, voir t. i, col. 609, etc. Les objets bénits ne doivent plus servir à des usages profanes, même honnêtes, et il y aurait un sacrilège à les détourner de leur destination sainte et à les traiter indignement, surtout avec mépris. — Les secondes, qu'on appelle bénédictions simples, sont des invocations par lesquelles les ministres sacrés demandent à Dieu que dans sa bienveillance il accorde aux personnes et aux objets bénits quelque avantage spirituel ou temporel, sans que ces personnes et ces choses deviennent saintes ou sacrées et changent d'état au point de vue religieux. De cette sorte sont la bénédiction apostolique à l'article de la mort, voir t. I, col. 256-259, celle qui est donnée à des jours déterminés aux membres de quelques ordres religieux, la bénédiction papale, celle de l'évèque et du prêtre à la fin de la messe ou en dehors, la bénédiction donnée avec le saint-sacrement, la bénédiction nuptiale (voir ce mot), la bénédiction d'une maison, des champs, des fruits, des' aliments, etc. Les objets ainsi bénits peuvent être employés à des usages profanes, mais honnêtes, parce qu'ils n'ont pas été consacrés au service divin. Ainsi l'eau bénite peut servir de boisson; des cierges bénits peuvent être allumés pour s'éclairer. Saint Alphonse, Theologia nioralis, 1. VI, n. 94, déclare qu'on peut, sans péché, jeter aux chiens les os d'un agneau bénit, des œufs de Pâques, aussi bien que les mets bénits par un prêtre avant le repas, si on ne le lait pas par mépris.

2° Au point de vue du ministre, les bénédictions sont papales, ou réservées au souverain pontife, comme celles du pallium, des Agnus Dei, de la rose d'or, du glaive impérial ; é]iiscopales, c'est-à-dire réservées de droit à l'évèque; ce sont toutes celles qui se trouvent au pontifical ; on a inséré au rituel les bénédictions épiscopales qui, par induit ou par délégation, peuvent être données par un simple prêtre ; enfin sacerdotales, celles qui peuvent être données par un prêtre sans qu'il ait besoin d'une délégation spéciale ; elles se trouvent au missel et au rituel ; quelques-unes, au point de vue de la licéité, exigent que le ministre ait juridiction sur les sujets et sont de droit parochial, telle que la benediclio mulieris posl partum. Quelques bénédictions sacerdotales peuvent être dévolues aux diacres, par exemple celle du cierge pascal au samedi saint. Les réguliers, prélats ou simples religieux, ont relativement aux bénédictions des privilèges spéciaux.

On a publié en appendice à l'édition typique du rituel romain, Ilatisbonne, 18'Jû, une collection de bénédictions approuvées ou

BÉNÉDICTION

permises par le saint-siège. 11 y a des bénédictions non réservées approuvées pour certains diocèses, des bénédictions réservées aux évèques, mais généralement déléguées aux missionnaires, des bénédictions propres à plusieurs ordres religieux, pour lesquelles les prêtres séculiers ont besoin d'une délégation spéciale, enlin des bénédictions de diverse nature, très récemment autorisées par Léon XIII et la S. C. des Rites.

3° Sous le rapport du rite, les bénédictions sont dites réelles, lorsqu'elles comprennent l'onction faite avec le saint chrême, ou verbales, lorsqu'elles ne comportent que des paroles ou prières; elles sont solennelles ou simples, selon qu'elles sont données avec ou sans apparat. Chaque bénédiction a son rite propre. On trouve au rituel romain, tit. vm, c. I, les règles générales nui concernent les bénédictions données en dehors de la messe.

IV. Effets et mode d'efficacité. — 1° Effets. - Comme les bénédictions de l'Église sont un des principaux sacramentaux, nous pourrions dire d'un mot qu'elles produisent les effets ordinaires des sacramentaux. Voir Sacramental. Toutefois, elles ne produisent pas toutes les mêmes effets, et comme leur efficacité vient principalement de la prière de l'Église, il faut considérer les formules elles-mêmes des bénédictions pour savoir quels heureux effets l'Église attend de chacune d'elles. Or, dans quelques formules, telles que celle de la bénédiction des vases destinés à contenir les saintes huiles, il n'y a pas d'effet spécial demandé et la bénédiction n'a d'autre but que de destiner ces vases exclusivement à la conservation des saintes huiles par respect pour ces choses saintes. Mais d'autres formules, telles que celle de l'eau bénite, demandent à Dieu de communiquer à l'objet bénit virtutem benedictionis ou gratiam benedictionis, etc. Or, les théologiens se sont demandé si les objets bénits avaient en eux, en raison de leur bénédiction, une vertu spéciale inhérente, une force spirituelle propre. Saint Thomas, Sum. llieol., III", q. lxxxiii, a. 3, ad3um, a déclaré que : Ecclesia et altare et alia hujusmodi inanimata consecrantur, non quia si7it gratise susceptiva, sed quia ex consecratione adipiscuntur quamdam spiritualem virtutem, per quant apta reddunlur divino cultui, ut scilicel homines devotionem quamdam exinde percipiant, ut sint paratiores addivina, nisi hoc propler irreverenliam impedialur. Et le saint docteur en fournit plusieurs preuves. Les théologiens postérieurs ont généralement admis cette doctrine, au moins pour les bénédictions dites consécration et constitutives. Mais ils n'ont pas entendu cette vertu spirituelle d'une vertu inhérente à l'objet consacré. Ils n'y ont reconnu qu'une virtus transiens. Suarez, In III*m, disp. XV, sect. iv, n. 7, Opéra omnia, Paris, 1877, t. xx, p. 291-292, a expliqué cette vertu divine des lieux consacrés et bénits en disant: propler orationes Ecclesise Deuni ibi spéciale aliquod auxilium prsebere. Il ajoute, en effet, quando hsec sacramenlalia insuabenedictione specialiter ordinantur, per Ecclesiœ orationem, ad talcs effcclus, lune per modum impetrationis specialiter conferri a Deo laies e/fectus adhibitis hujusmodi sacramenlalibus ; ut, verbi gralia, credendum est, in templo consecrato ralione consecralionis Deuni specialius assistere ad exaudiendas fidelium orationes, vel eoruni animos ad devotionem excilandos, et sic de aiiis. Cajetan, In III*m, q. lxxxiii, a. 3, dans Opcra D. Thomœ, Anvers, 1612, t. XII, p. 277, avait interprété un peu différemment la pensée de saint Thomas. Il avait «lit : quodper hujusmodi consecraiiones adipiscuntur res consecratœ spiritualem virtutem inchoative et in hoc ipso sorliunlur divinam prœscntiam speciali modo. Consecraiiones siquidem eeclesiaslicœ. non sunt humana lantum opéra, sed sunt efficaces ex Christi tacerdotio, a quo sicut per scipsum efficaciam habent sacramcnlalcs operaliones, quia ab ipso immédiate sunt inslituta sacrunwnla, itaparlicipatum inministris

suis efficaciam prsebet consecrationibus qux ab ipsis fiunt, ilaquod ex Christi sacerdutio diffuso, participalo in nobis reverentiam et devotionem, sicut aquœ ex taetu carnis Christi redditse sunt habiles ad baptismum et hujusmodi habilitas vocatur spiritualis virtus inchoative. Par suite, Dieu devient présent aux choses consacrées d'une façon spéciale, sicut novo instrumenta ad excitandam reverentiam et devotionem. circa divinum cultum. Cette vertu spirituelle s'exerce, cum divina hujusmodi assistentia actualilerulitur re consecrala ad excitandum devotionem, reverentiam vel alinuem alium effeclum ad quem res consecrala est faciendum. Quelques théologiens étendent cette doctrine, même aux objets non consacrés, mais simplement bénits, tels qu'une médaille. Par le fait de leur consécration ou de leur bénédiction, ces objets n'ont aucune nouvelle qualité inhérente; ils ont avec Dieu une relation réelle en vertu de laquelle ils amènent Dieu à produire des effets spirituels en ceux qui se servent d'eux. Cette relation est permanente, puisqu'il reste toujours vrai qu'ils ont été bénits ou consacrés. Il y a donc dans les objets bénits une vertu indépendante du mérite du ministre et de celui qui s'en sert. Mais comme elle résulte des prières de l'Église et de la consécration de l'objet, elle ne produit pas physiquement son effet. Les bénédictions ne sont donc pas des causes efficientes proprement dites ; ce sont seulement des causes occasionnelles, en vertu desquelles Dieu excite dans l'âme de pieux mouvements.

Il y a dès lors lieu de s'étonner des sarcasmes lancés contre l'Église catholique au sujet des bénédictions et des consécrations par un écrivain, ordinairement mieux renseigné, Ilarnack, Lehrbuch der Dogmengescliichtc, 1890, t. m, p. 604, note. Dans notre doctrine, il n'y a rien qui soit contraire à la religion en esprit et en vérité, et l'Eglise romaine n'a pas réintroduit dans le christianisme le pharisaismeet le rabbinisme, repoussés par Jésus-Christ.

2° Mode d'efficacité. — Les bénédictions n'opèrent donc pas, comme les sacrements, ex opère operato ; malgré le sentiment contraire de quelques théologiens, elles agissent seulement ex opère operantis, per modum impetrationis Ecclesiœ. Toutefois, il ne faudrait pas les considérer comme de simples prières, comme des vœux, des souhaits, des invocations des secours divins. L'impétration est sans doute le caractère dominant de la bénédiction. Mais ce n'est pas une simple demande, telle que les fidèles en font en leur nom particulier et qui peut ne pas être exaucée. C'est une impétration faite au nom de l'Eglise, qui s'adresse à Dieu avec confiance. La demande est en quelque sorte impérative, parce que l'Église a reçu de Dieu le droit d'intercéder pour les fidèles et de leur appliquer par mode d'intercession les moyens de salut. Dieu, à cause de la prière de l'Église, accordera au fidèle pour qui elle intercède la grâce demandée, si d'ailleurs il est capable et digne de la recevoir. Toutelois, l'effet n'est pas certain et n'est pas produit infailliblement, parce que Dieu n'a pas promis expressément d'exaucer toujours la prière de son Eglise. Dans une étude savante et habilement conduite, le P. G. Arendt s'est efforcé de démontrer que les sacramentaux en général et les bénédictions ecclésiastiques en particulier avaient, de par leur institution, le droit d'exiger de Dieu la distribution des grâces suffisantes, el seulement la valeur déprécative pour demander les grâces efficaces. Il pense que Dieu, en accordant à l'Eglise le pouvoir de bénir, a promis absolument d'accorder â sa prière les secours suffisants, el il affirme que l'Eglise peut les exiger de Dieu au moins d'une façon générale, car il reconnaît qu'il est impossible de déterminer in specie et in individuo quelles sont les grâces suffisantes et quelles sont celles que l'Kgli-e, par ses bénédictions, exige que Dieu donne. Cette opinion, qu'il serait trop

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